משנה ברורה

Michna Beroura — siman 170

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Paroles de morale qu’un homme observera au repas
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Bienséance de table : ne pas parler en mâchant, netila en sortant, conduite envers le serviteur et l’hôte, mesures de pain et de coupe, respect des aînés, interdits d’apparence d’intérêt, soins pour ne pas gâter les aliments, et règles du zimoun.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETBienséance de table : parole, netila en sortant, serviteur et hôte, mesures, respect
À FAIRETorah à table
Entre les plats : Michna, halakha, Aggada ou morale. Après hamotsi, on peut dire « ה' est mon berger »
À FAIRENetila si l’on sort
Une main si l’on s’est frotté d’un côté ; les deux mains si les deux, ou après une heure ou deux dehors. Tenir du pain en parlant dispense
À FAIREL’aîné étend la main le premier
Vers l’écuelle ou les fruits. L’hôte fait ce que dit le maître de maison, sauf abstinence d’interdit
À ÉVITERParler en mâchant
Même des paroles de Torah : danger que l’aliment entre dans la trachée. D’un plat à l’autre, c’est permis
À ÉVITERGros morceau / deux coupes
Ne pas manger d’un coup la taille d’un œuf. Vin : deux gorgées pour une réviit ; ne pas apporter deux coupes d’un coup avant Birkat hamazone
À ÉVITERMorceau mordu ou coupe entamée
Ne pas les donner au prochain ni les remettre dans l’écuelle. Essuyer l’endroit où la bouche a touché
OUIS’adjoindre au zimoun
Si deux mangent un aliment qui oblige au zimoun, un troisième peut manger un peu sans permission : on présume le consentement
NONDonner sa part aux enfants pendant le repas
Interdit si le repas est juste. S’il reste beaucoup, les Aharonim sont plus souples
NONManger sans permission hors zimoun
S’ils mangent une chose qui n’oblige pas au zimoun, on ne mange pas sans permission
Ne pas parler pendant l’ingestion. En sortant longtemps, relaver. Honorer l’aîné et le maître de maison, ne pas dégoûter ni paraître glouton, ne pas faire honte à la table.

Glossaire

kane
trachée
veshet
œsophage
kova
opercule (épiglotte) à l’entrée de la trachée
kerout chofkha
apparence d’un homme dont le conduit a été tranché
heseah hadaat
détournement d’attention
yadayim askaniot
mains affairées (qui touchent à tout)
midat hassidout
mesure de piété
réviit
quart de log (mesure de liquide)
gargran
glouton
riba / ribbit
intérêt (usure)
zimoun
invitation à Birkat Hamazone à plusieurs
derekh erets
bienséance
talmid 'hakham
érudit
baal habayit
maître de maison
ilfas
casserole / plat de service

(א) אין משיחין בסעודה - אפילו בד"ת ודוקא בשעת אכילה גופא ומשום סכנה וכדלקמיה אבל בין תבשיל לתבשיל מותר ומצוה על כל אדם ללמוד תורה על שלחנו שכל שלחן שלא אמרו עליו ד"ת כאלו אכלו מזבחי מתים וכתב בשל"ה דילמוד משנה או הלכה או אגדה או ספרי מוסר ואינו יוצא במה שמברך בהמ"ז ועכ"פ יאמר איזה מזמור וטוב לומר אחר ברכת המוציא מזמור ה' רועי לא אחסר דהוא ד"ת ותפלה על מזונותיו:

On ne converse pas pendant le repas - Même en paroles de Torah, et seulement au moment même de l’ingestion, à cause du danger, comme plus bas. Mais d’un plat à l’autre, c’est permis. C’est une mitsva pour tout homme d’étudier la Torah à sa table, car toute table sur laquelle on n’a pas dit de paroles de Torah est comme si l’on avait mangé des sacrifices aux morts. Le Chlah écrit d’étudier une Michna, une halakha, une Aggada ou des livres de morale ; on ne s’acquitte pas par le seul fait de dire Birkat Hamazone. Quoi qu’il en soit, qu’on dise quelque psaume. Il est bon, après la berakha de hamotsi, de dire le psaume « ה' est mon berger, je ne manquerai de rien », car ce sont paroles de Torah et prière pour sa nourriture.

(ב) שמא יקדים וכו' - שכשיוצא הקול נפתח אותו כובע שע"פ הקנה ונכנס בו המאכל ומסתכן [רש"י]:

De peur que [la trachée] ne précède etc. - Quand la voix sort, s’ouvre cet opercule qui est à l’entrée de la trachée, l’aliment y pénètre, et l’on est en danger (Rachi).

(ג) נוטל ידו אחת - וצריך לברך ענט"י אם רוצה לאכול [מ"א] ועיין מה שכתבנו לעיל בסוף סימן קס"ד במ"ב בזה:

Il lave une main - Et il doit bénir « al netilat yadayim » s’il veut manger (Maguen Avraham). Voir ce que nous avons écrit plus haut à la fin du siman 164, dans le Michna Beroura à ce sujet.

(ד) ששפשף בה - ואם שפשף בשתי ידיו צריך ליטול שניהם ואיתא בגמרא דמצוה לשפשף הניצוצות של מי רגלים אם נתזו על רגליו שלא יראה ככרות שפכה וכנ"ל בסימן ג':

Dont il s’est frotté - S’il s’est frotté des deux mains, il doit laver les deux. Il est dit au Talmud qu’il est mitsva d’essuyer les gouttes d’urine si elles ont jailli sur ses pieds, afin de ne pas paraître comme atteint de « kerout chofkha » ; et voir plus haut siman 3.

(ה) אינו נוטל כלל - בין לאכילה בין לשתיה:

Il ne lave pas du tout - Ni pour manger ni pour boire.

(ו) ודאי צריך נטילה - ולענין ברכת ענט"י יש מהאחרונים שכתבו שלא לברך גם בזה ולעיל בסימן קס"ד הכרענו כדעת הח"א דבזה צריך לברך עי"ש:

Il faut certainement une netila - Quant à la berakha « al netilat yadayim », certains A’haronim ont écrit de ne pas bénir non plus en ce cas. Plus haut, siman 164, nous avons tranché comme l’avis du 'Hayé Adam : ici il faut bénir ; voir là-bas.

(ז) וה"מ לשתות - פי' שחוזר לביתו רק לשתות דאף לזה צריך נטילה שמא יבוא לאכול וכדלקמיה בהג"ה:

Cela ne vaut que pour boire - C’est-à-dire qu’il ne rentre chez lui que pour boire : même pour cela il faut une netila, de peur qu’il n’en vienne à manger, comme plus bas dans la glose.

(ח) ואם דיבר וכו' - איצא לחוץ קאי:

Et s’il a parlé etc. - Cela se rapporte à « il est sorti dehors ».

(ט) נוטל שתי ידיו - דכיון דהפליג שעה אחת או שתים הסיח דעתו מסעודתו ולא נזהר לשמור ידיו והן עסקניות [רש"י]. וכתב הברכי יוסף בשם ספר צרור החיים דכשנוטל פת בידו בשעה שמדבר א"צ נטילה שדעתו עליו ולא יסיח דעתו:

Il lave ses deux mains - Car, s’étant éloigné une heure ou deux, il a détourné son attention de son repas et n’a plus pris garde à ses mains, or elles sont affairées (Rachi). Le Birké Yossef écrit au nom du Séfer Tséror Ha'hayim : s’il tient du pain à la main pendant qu’il parle, il n’a pas besoin de netila, car son attention y est et il ne s’en détournera pas.

(י) כיון שהסיח דעתו - ובין אאכילה ובין אשתיה קאי כיון שהפליג. ומ"מ המוציא א"צ לברך שנית אף אם בודאי נגע במקום הטנופת [מ"א]:

Dès qu’il a détourné son attention - Cela vise tant le manger que le boire, dès qu’il s’est éloigné. Toutefois, pour hamotsi, il n’a pas à bénir une seconde fois, même s’il a certainement touché un endroit souillé (Maguen Avraham).

(יא) אבל בלא"ה א"צ וכו' - וכמו שפסק המחבר לעיל בסימן קנ"ח ס"ו:

Mais autrement, il n’est pas besoin etc. - Comme l’a tranché le Mé'haber plus haut, siman 158 seif 6.

(יב) זה את זה - והוא שלא יהא שהייתן הרבה ושלא יפסיק בדברי שיחה:

L’un l’autre - Pourvu que leur attente ne soit pas longue et qu’ils n’interrompent pas par des propos de conversation.

(יג) לשתות - וה"ה לדבר אחר. אין ד"א לת"ח לשתות מים בפני רבים אלא יהפוך פניו לצד אחר וי"א דדוקא שלא בשעת סעודה אבל בשעת סעודה שרי ושאר משקין מותר בכל גווני. בש"ס כתובות ס"ה אשה שאין בעלה עמה אין לה לשתות יין וכשהיא בדרך באכסניא אפילו בעלה עמה אסור וה"ה בשאר משקין המשכרין. ואם היא רגילה לשתות בפני בעלה מותרת לשתות מעט שלא בפני בעלה [מ"א]:

Pour boire - Et de même pour toute autre chose. Il n’est pas de bienséance pour un talmid 'hakham de boire de l’eau en public : qu’il tourne le visage d’un autre côté. Certains disent : seulement hors du repas ; pendant le repas, c’est permis. Les autres boissons sont permises en tout cas. Au Talmud, Ketouvot 65 : une femme dont le mari n’est pas avec elle ne doit pas boire de vin ; et quand elle est en voyage, à l’auberge, même si son mari est avec elle, c’est interdit ; de même pour les autres boissons enivrantes. Si elle a l’habitude de boire devant son mari, elle peut boire un peu hors de sa présence (Maguen Avraham).

(יד) מאכל השמש - ומ"מ מדת חסידות ליתן לו גם מיד דבר מועט כמ"ש בסימן קס"ט וע"ש במ"ב סק"ב:

La nourriture du serviteur - Toutefois, c’est une mesure de piété de lui donner aussi tout de suite un peu, comme il est écrit au siman 169 ; et voir là-bas au Michna Beroura seif katan 2.

(טו) אבל כשהשמש וכו' - פי' כשהשמש מערה מן האילפס לתוך הקערה אינו מדרך המוסר שישייר לעצמו באילפס אלא יערה הכל והם יניחו כל אחד בקערה מעט בשבילו:

Mais lorsque le serviteur etc. - C’est-à-dire : quand le serviteur verse de la casserole dans l’écuelle, ce n’est pas la bienséance qu’il s’en réserve dans la casserole ; qu’il verse tout, et chacun laissera un peu dans l’écuelle pour lui.

(טז) כל מה שיאמר וכו' - היינו אפילו דבר שיש בו קצת גסות ושררה שלא היה עושה כן האורח משום ענוה אעפ"כ יעשה [תוספות] ואם האורח נוהג איזה פרישות בדבר שעושה משום סרך איסור אינו מחוייב לשמוע לבעה"ב לעבור אבל דבר שהוא פרישות בעלמא טוב לגבר להסתיר מעשיו [שע"ת ע"ש]:

Tout ce que dira etc. - Même une chose où il y a un peu de lourdeur et d’autorité, que l’hôte n’aurait pas faite par humilité : qu’il le fasse néanmoins (Tossefot). Si l’hôte observe quelque abstinence en une chose qu’il fait par crainte d’un relent d’interdit, il n’est pas tenu d’écouter le maître de maison pour y contrevenir ; mais une abstinence de pure superérogation, il est bon pour un homme de cacher ses actes (Chaaré Techouva, voir là-bas).

(יז) יעשה - עיין בבגדי ישע שמצדד דהיינו דוקא זולת אכילה ושתיה אבל באכילה ושתיה אם אינו תאב לאכול ולשתות יותר והבעה"ב מפצירו לזה אינו מחוייב כדי שלא יזיק לו האכילה ואין בזה מניעת כבוד לבעה"ב אם אינו עושה כדבריו ע"ש:

Qu’il fasse - Voir dans Bigdé Yécha, qui incline : cela ne vise que hors du manger et du boire. Mais pour le manger et le boire, s’il n’a plus faim ni soif et que le maître de maison insiste, il n’est pas tenu, afin que l’aliment ne lui nuise pas ; et ce n’est pas manquer d’honneur au maître de maison que de ne pas faire selon sa parole. Voir là-bas.

(יח) קפדן בסעודתו - מפני שמונע ב"ב לתת כלום לעניים מפני יראת קפדנותו ועוד כי האורחים וב"ב מתביישים אז לאכול כי יחושו פן יתרגש ויקפיד על אכילתן:

Pointilleux à son repas - Parce qu’il empêche les gens de la maison de rien donner aux pauvres, par crainte de son humeur ; et encore, les hôtes et les gens de la maison ont alors honte de manger, craignant qu’il ne s’emporte et n’ait à redire sur leur nourriture.

(יט) לא יאכל אדם וכו' - והב"י מצדד דאפילו לאחוז בידו כביצה אינו כדאי אע"פ שאינו אוכל בבת אחת:

Qu’un homme ne mange pas etc. - Le Bet Yossef incline : même tenir à la main [un morceau] de la taille d’un œuf n’est pas convenable, bien qu’il ne mange pas d’un seul coup.

(כ) בבת אחת - ואם משייר אפילו מעט תו לא הוי גרגרן [מ"א]:

D’un seul coup - S’il en laisse même un peu, ce n’est plus un glouton (Maguen Avraham).

(כא) שנים דרך ארץ - פי' כששותהו בשני פעמים ועיין לקמן סימן ר"י מה שכתבנו שם:

Deux fois, c’est la bienséance - C’est-à-dire quand on le boit en deux fois. Voir plus bas siman 210 ce que nous y avons écrit.

(כב) כוס קטן - היינו פחות מרביעית. וכ"ז כשהאדם בינוני ובסתם יין אבל מי שכריסו רחבה או יין מתוק נשתנה השיעור והוא מותר בבת אחת אפילו ביותר מזה ולפ"ז בשכר שלנו שאינו חזק בודאי שיעורו יותר מרביעית [מ"א]:

Une petite coupe - C’est-à-dire moins d’une réviit. Tout cela, pour un homme moyen et pour du vin ordinaire. Mais qui a le ventre large, ou pour un vin doux, la mesure change : il est permis d’un seul coup, même davantage. Dès lors, pour notre bière, qui n’est pas forte, la mesure est certainement plus qu’une réviit (Maguen Avraham).

(כג) מראשו - פי' כי השום הלבן שבו מבפנים הוא המשובח שבו והעלין הירוקין שמלמעלה גרועין מהן ומחזי כרעבתן כשיתחיל לאכול מראשו [פרישה] ובשבת מותר משום חיבוב סעודת שבת:

Par sa tête - C’est-à-dire : la gousse blanche du dedans est ce qu’il y a de meilleur, et les feuilles vertes d’en haut sont plus médiocres ; commencer par la tête a l’air d’un glouton (Pericha). Le Chabbat, c’est permis, par amour du repas de Chabbat.

(כד) מעליו - מצד העלין:

Par le haut - Du côté des feuilles.

(כה) בידו השניה - ר"ל כמו הרוצה לקרוע בכח דבר מדבר שמחזיק בשתי ידיו לקרוע ובמסכת דרך ארץ שלפנינו הגירסא הטיפש שבהן אחז הקלח בידו אחת ונשכו בשיניו ע"ש משמע דדוקא באופן זה הוי גנאי ועיין בביאור הגר"א:

De l’autre main - C’est-à-dire comme qui veut déchirer avec force une chose d’une autre, et tient des deux mains pour déchirer. Dans le traité Derekh Erets qui est devant nous, la leçon est : « le sot d’entre eux saisit la tige d’une main et la mord des dents » ; voir là-bas. Il en résulte que ce n’est une honte que de cette façon. Voir le Béour du Gra.

(כו) לא ישוך וכו' - מפני שנמאסה לבריות:

Qu’il ne morde pas etc. - Parce que cela dégoûte les créatures.

(כז) לא ישתה וכו' ויברך בהמ"ז - דנראה כששותה אותם בב"א שעושה לשרות המאכל כדי שיוכל לחזור ולאכול אחר בהמ"ז עוד הרבה ובטור הגירסא לא יביא שתי כוסות ופירשו הרבה אחרונים דהכונה שרוצה לשתות עתה רק כוס אחד והשני יניחנו לברך עליו בהמ"ז אפ"ה לא יביאם בפעם אחד מפני הרואים שסבורים שבשביל להרבות בשתיה מכוין:

Qu’il ne boive pas etc. et qu’il bénisse Birkat Hamazone - Car s’il les boit d’un trait, on dirait qu’il le fait pour faire fondre l’aliment afin de pouvoir encore beaucoup manger après Birkat Hamazone. Dans le Tour, la leçon est : « qu’il n’apporte pas deux coupes » ; beaucoup d’A’haronim expliquent : il ne veut boire maintenant qu’une coupe, et laissera la seconde pour bénir dessus Birkat Hamazone ; même ainsi, qu’il ne les apporte pas d’un coup, à cause des regards : on croirait qu’il entend multiplier la boisson.

(כח) הגדול פושט וכו' - אפילו בדאיכא קערות טובא לא יפשוט ידו לקערה שלפניו עד שהגדול יפשוט תחלה לקערה שלפניו וה"ה במניחין פירות לפני כאו"א שיפשוט הגדול ידיו תחלה:

Le plus grand étend etc. - Même s’il y a beaucoup d’écuelles, qu’on n’étende pas la main vers l’écuelle qui est devant soi avant que le plus grand n’ait étendu la sienne vers l’écuelle qui est devant lui. De même quand on pose des fruits devant chacun : que le plus grand étende les mains le premier.

(כט) לבית - בעה"ב ופשוט דמיירי כשאינו מתארח שם בשכר:

À la maison - Du maître de maison. Et c’est évident qu’il s’agit de qui n’y est pas logé à titre onéreux.

(ל) תנו לי לאכול - ואם נתנו לפניו א"צ להמתין תו עד שיאמרו לו שיאכל:

Donnez-moi à manger - S’ils lui ont déjà servi, il n’a plus à attendre qu’on lui dise de manger.

(לא) משום רבית - כלומר דמחזי כריבית אבל מדינא לאו ריבית הוא דלא היה מתכוין בשעה שהאכילו בראשונה לכך:

À cause de l’intérêt - C’est-à-dire que cela a l’air d’intérêt ; mais de par la loi ce n’est pas de l’intérêt, car, au moment où il l’a nourri la première fois, il n’en avait pas l’intention.

(לב) אבל מותר לומר וכו' - דאינו מתכוון כלל בזה לחוב רק אומר כן דרך המוסר שלא יסרב נגד דבריו ויאכל עמו ולא יקשה בעיניו לאכול עמו בחנם והט"ז חוכך גם בזה להחמיר עי"ש:

Mais il est permis de dire etc. - Car il n’entend nullement créer une créance : il le dit par bienséance, pour que l’autre ne se refuse pas à sa parole et mange avec lui, et que cela ne lui pèse pas de manger avec lui gratis. Le Taz hésite à être rigoureux même en cela ; voir là-bas.

(לג) אפילו בסעודה וכו' - דהלא אינו אומר לו אז בשעת אכילה שהוא לפרעון על מה שעבר רק בדרך מתנה בעלמא:

Même pendant un repas etc. - Car il ne lui dit pas alors, au moment de manger, que c’est en remboursement de ce qui a précédé, mais à titre de don simplement.

(לד) פרוסה על גבי וכו' - היינו פרוסת פת והטעם שמא תפול הפרוסה לתוך הקערה וימאס האוכל. איתא בגמרא [ברכות ח'] כשיחתוך בשר יחתכנו ע"ג השלחן וכדומה ולא ע"ג היד שמא יפגע בידו וגם שמא יצא דם וימאס האוכל:

Un morceau sur etc. - C’est-à-dire un morceau de pain. La raison : de peur que le morceau ne tombe dans l’écuelle et ne gâte l’aliment. Il est dit au Talmud (Berakhot 8) : quand on coupe de la viande, qu’on la coupe sur la table ou semblable, et non sur la main, de peur de se blesser, et aussi de peur que du sang ne sorte et ne gâte l’aliment.

(לה) בפרוסה - ובלבד שיאכל אח"כ הפרוסה דאל"ה איכא בזיון אוכלין כדלקמן בסימן קע"א [אחרונים]:

Avec un morceau - Pourvu qu’il mange ensuite le morceau ; sinon, il y a mépris des aliments, comme plus bas au siman 171 (A’haronim).

(לו) ולא ישוך פרוסה וכו' - לכאורה הא נלמוד זה במכ"ש דסעיף י' דאפילו ע"ג השלחן אסור כ"ש ליתן לפני חבירו או בקערה אלא באמת גרסינן הכא מפרוסה [וכן הוא במסכת ד"א וברוקח] והיינו דאין הכונה על החתיכה גופא שאחזה בשיניו דזה אין להניחו אפילו על השלחן וכדלעיל בס"י אלא הכוונה על החתיכה שנשאר שנשך ממנה בשיניו איזה פרוסה דגם זו החתיכה לא יתן לפני חבירו לאכול או בקערה [א"ר ופרישה]:

Et qu’il ne morde pas un morceau etc. - À première vue, on l’apprendrait a fortiori du seif 10 : même sur la table c’est interdit, à plus forte raison de le donner à son prochain ou de le mettre dans l’écuelle. En réalité, on lit ici « d’un morceau » (ainsi dans le traité Derekh Erets et le Rokea'h) : l’intention n’est pas le morceau même qu’il a tenu des dents - celui-là, on ne le pose même pas sur la table, comme plus haut au seif 10 -, mais le morceau restant dont il a mordu aux dents quelque part : même ce morceau-là, qu’il ne le donne pas à son prochain à manger, ni dans l’écuelle (Eliya Rabba et Pericha).

(לז) ויתן לחבירו וכו' - שמא מחמת הבושה יקבל חבירו ממנו וישתה בע"כ ואולי חבירו מאיס ליה לשתות ממה ששייר זה דאפשר דנתערב רוקו שם ויחלה עי"ז ולפ"ז דוקא אם נותנו לידו אבל אם מניחו לפניו והוא לוקח מעצמו לית לן בה וט"ז כתב אני ראיתי בצואת ר"א הגדול שמזהיר מאד שלא לשתות ממה ששייר חבירו כי שמא יש לו חולי בתוך גופו ויצא רוח מפיו לאותו שיור ע"ש ועיין לקמן בסכ"ב דמהני קינוח מקום נשיקת הפה או במים כששופך מהם מעט דרך אותו מקום ששתה בפיו ולכאורה סותר לדברי ר"א הגדול ואולי דר"א הגדול מיירי דהראשון ששתה היה אדם שאין אנו מכירין אותו אם הוא בריא דאז יש לחוש יותר [א"ר] ועיין בפמ"ג:

Et qu’il donne à son prochain etc. - De peur que, par honte, son prochain ne l’accepte et ne boive malgré lui ; or peut-être cela dégoûte-t-il son prochain de boire de ce que celui-ci a laissé, car il se peut que de la salive s’y soit mêlée, et qu’il en tombe malade. Dès lors, seulement s’il le met dans sa main ; mais s’il le pose devant lui et que l’autre le prenne de lui-même, il n’y a pas matière. Le Taz écrit : j’ai vu dans le testament de Rabbi Eléazar Hagadol un avertissement très ferme de ne pas boire de ce qu’a laissé son prochain, car peut-être a-t-il une maladie dans le corps et un souffle est-il sorti de sa bouche vers ce reste ; voir là-bas. Voir plus bas au seif 22 : un essuyage de l’endroit où la bouche a touché, ou de l’eau qu’on en verse un peu par cet endroit où l’on a bu de la bouche, y suffit. Cela semble contredire les paroles de Rabbi Eléazar Hagadol ; peut-être celui-ci parle-t-il du premier buveur, un homme dont on ne sait s’il est sain : alors il y a plus à craindre (Eliya Rabba). Voir le Péri Meguadim.

(לח) ויניחנו על השלחן - שאין זה דרך כבוד להניח על השלחן כוס ריקם [לבוש]:

Et qu’il la pose sur la table - Ce n’est pas une façon honorable de laisser sur la table une coupe vide (Levouch).

(לט) לא יקח חלקו וכו' - הב"ח פי' הטעם שנראה שחלקו בזויה בעיניו ולא חפץ בה ומסרה לשמש ולכן יניחנה לפניו דמראה שמקובל בעיניו אלא דלפי שא"צ לאכול מסרה לבסוף לשמש ומ"ש המחבר דבר קלקול ר"ל שעי"ז יוכל לבוא לידי קטטה הבעה"ב עם האורח ולבוש פי' כפשוטו דלפיכך לא יתננו תיכף להשמש שמא יהיה קלקול בסעודה ויצטרך לחלק הזה לחלק לשאר המסובין אלא יניחנו עד אחר הסעודה ואח"כ יתן לו וכתב הט"ז דלפ"ז א"צ להמתין רק עד אחר שיניח לכל אחד חלקו כראוי. כתב מ"א כשעושה סעודה דרך ארץ להשקות בעצמו למסובין כדאיתא בקידושין ל"ב:

Qu’il ne prenne pas sa part etc. - Le Bach explique la raison : on dirait que sa part lui est méprisable et qu’il n’en veut pas, et qu’il l’a remise au serviteur. Qu’il la laisse donc devant lui, montrant qu’elle lui agrée ; seulement, n’en ayant plus besoin, il la remet à la fin au serviteur. Ce que le Mé'haber appelle « quelque désordre » veut dire : par là peut naître une querelle entre le maître de maison et l’hôte. Le Levouch l’explique au simple : qu’on ne le donne pas tout de suite au serviteur, de peur qu’il n’y ait un accroc au repas et qu’on n’ait besoin de cette part pour la distribuer aux autres convives ; qu’on la laisse jusqu’après le repas, puis on la lui donne. Le Taz écrit : dès lors, il n’est besoin d’attendre que jusqu’à ce qu’on ait posé devant chacun sa part comme il faut. Le Maguen Avraham écrit : quand on fait un repas, c’est la bienséance de verser soi-même à boire aux convives, comme il est dit dans Kiddouchin 32.

(מ) אינם רשאים וכו' - הוא תקנת חכמים מפני מעשה שהיה כדאיתא בחולין צ"ד מעשה באדם אחד שזימן ג' אורחים בשני בצורת ולא היה לו להניח לפניהם אלא כשלש ביצים בא בנו של בעה"ב נטל אחד מהן חלקו ונתן לו וכן שני וכן שלישי בא אביו של תינוק מצאו שמחזיק אחד בפיו ושתים בידו חבטו בקרקע ומת כיון שראתה אמו עלתה לגג ונפלה ומתה אף הוא עלה לגג ונפל ומת ע"ש. וכתבו המ"א וא"ר דדוקא בכה"ג דש"ס שהיתה סעודה מצומצמת ומתבייש בעה"ב כשיחסר להם אבל אם יש הרבה על השלחן שלא יחסר עי"ז רשאים ליתן להם ולפ"ז כ"ש אם כבר כלו לאכול ונשתייר מותר ליתן להם מהשיריים ובספר שמן רוקח חוכך בכל זה להחמיר:

Ils n’ont pas le droit etc. - C’est un décret des Sages, à cause d’un fait qui advint, comme il est dit dans 'Houllin 94 : un homme invita trois hôtes en année de disette et n’avait à poser devant eux que l’équivalent de trois œufs ; vint le fils du maître de maison : l’un [des hôtes] prit sa part et la lui donna, et de même le deuxième, et de même le troisième ; vint le père de l’enfant, le trouva tenant un [œuf] à la bouche et deux à la main, le frappa à terre et il mourut ; la mère le vit, monta au toit, tomba et mourut ; lui aussi monta au toit, tomba et mourut ; voir là-bas. Le Maguen Avraham et l’Eliya Rabba ont écrit : seulement dans un cas tel que celui du Talmud, où le repas était juste et le maître de maison aurait honte s’il leur en manquait ; mais s’il y a beaucoup sur la table, au point que rien n’y manquera, ils ont le droit de leur en donner. Dès lors, à plus forte raison si l’on a déjà fini de manger et qu’il reste, il est permis de leur donner des restes. Dans le livre Chémen Rokea'h, on hésite à être rigoureux en tout cela.

(מא) או לעבדו - י"א דדוקא לעבדו אסור אבל לשמש המשמש בסעודה שרי ויש אומרים דאף לשמש אסור:

Ou à son serviteur - Certains disent : seulement à son serviteur c’est interdit, mais au serviteur qui sert au repas, c’est permis. Et certains disent : même au serviteur, c’est interdit.

(מב) לא היו מסובין וכו' - אפילו בסעודת מצוה [אחרונים] ועיין בבה"ל:

Ils n’étaient pas attablés etc. - Même à un repas de mitsva (A’haronim). Voir au Béour Halakha.

(מג) אע"פ וכו' - דמסתמא נתרצו לזה שיאכל עמהם מעט משלהם כדי שיהיה להם זימון עי"ז וממילא אם אוכלין מידי דאין מזמנין עליו אין לו לאכול בלא רשות. וכתב הא"ר דאפשר דה"ה אם היו האוכלין תשעה [דבר שמזמנין ע"ז] יכול העשירי ג"כ לאכול בלא רשות דמסתמא ניחא להו כדי שיהא להם זימון בשם:

Bien que etc. - Car on présume qu’ils ont consenti à ce qu’il mange avec eux un peu du leur, afin d’avoir par là un zimoun. Dès lors, s’ils mangent une chose sur laquelle on ne fait pas zimoun, il n’a pas à manger sans permission. L’Eliya Rabba écrit qu’il se peut que de même, s’il y avait neuf mangeurs (d’une chose sur laquelle on fait zimoun), le dixième aussi peut manger sans permission : on présume que cela leur agrée, afin d’avoir un zimoun avec le Nom.

(מד) קנח מקום וכו' - עיין לעיל בסט"ז במה שכתבנו שם במ"ב:

Qu’il essuie l’endroit etc. - Voir plus haut au seif 16 ce que nous y avons écrit dans le Michna Beroura.

(מה) דרך שם - כדי לשטוף הרוק שנגע דרך שם ועיין מה שכתבנו לקמן בסימן רל"א מעניני אכילה. יזהר מאד שלא לאכול לב בהמה חיה ועוף [מ"א] כתב א"ר בשם של"ה ייטיב לבו בסעודתו אם מעט ואם הרבה יאכל פתו בשמחה. יאכל הטוב והמועיל לו לרפואה ולא מה שערב לו לפי שעה. ולא יישן סמוך לאכילה אלא ימתין אחר אכילה ועיין ברמב"ם הלכות דעות פ"ו שהאריך בדברים אלו והנהגתן. גם האריך בשל"ה ליזהר מרבוי אכילה ושתיה אלא יאכל וישתה רק להעמיד ולהברות את גופו מזומן לעבודת הנפש ובזה כל סעודותיו הוין סעודת מצוה וע"ש בא"ר שהביא עוד כמה ענינים הנוגעים בענין זה:

Par là - Afin de rincer la salive qui a touché par là. Voir ce que nous avons écrit plus bas au siman 231 sur les matières de nourriture. Qu’on prenne grand soin de ne pas manger le cœur d’une bête, d’un gibier ou d’un oiseau (Maguen Avraham). L’Eliya Rabba écrit au nom du Chlah : qu’on se réjouisse à son repas ; peu ou beaucoup, qu’on mange son pain dans la joie. Qu’on mange ce qui est bon et utile à sa santé, et non ce qui plaît seulement pour l’heure. Qu’on ne dorme pas tout près du repas, mais qu’on attende après avoir mangé. Voir le Rambam, Hilkhot Déot chapitre 6, qui s’est étendu sur ces choses et leur conduite. Le Chlah aussi s’est étendu : se garder de trop manger et trop boire ; qu’on ne mange et ne boive que pour soutenir et fortifier le corps, le tenant prêt au service de l’âme ; et par là tous ses repas sont repas de mitsva. Voir là-bas dans l’Eliya Rabba, qui a encore apporté plusieurs points touchant ce sujet.