שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 170

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · paroles de moussar qu'un homme pratiquera a la seouda · 22 seifim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Ne pas parler, attendre a la coupe, ne pas regarder, ne pas etre glouton, hotes, et sel apres le manger.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETParoles de moussar qu’un homme pratiquera à la seouda
À ÉVITERParler à la seouda
On ne parle pas à la seouda, de peur que le qane ne précède le veshet. Même celui qui a éternué : interdit de lui dire asouta.
À FAIRENetila s’il est sorti
S’il est sorti pour uriner : il prend une main dont il s’est frotté, et seulement devant tous. Pour boire ; pour manger, il prend même dehors. S’il a parlé et s’est éloigné : il prend ses deux mains.
À FAIREDeux s’attendent au plat
Quand l’un écarte sa main du plat pour boire, son compagnon interrompt jusqu’à ce qu’il achève. S’ils sont trois, les deux n’interrompent pas à cause de l’un. On laisse une pea dans le plat pour le shamash ; pas dans l’alepas.
À ÉVITERRegarder celui qui mange
On ne regarde pas au visage de celui qui mange, ni à sa portion, afin de ne pas le faire honte. Qu’un homme ne soit pas qapdan à sa seouda.
À ÉVITERVoie de glouton
Ne pas manger une tranche d’une kebeitsa ; ne pas boire sa coupe en une seule fois (deux : derekh erets ; trois : orgueil) ; ne pas manger ail ou oignon de sa tête ; ne pas mordre une tranche et la poser sur la table ; le grand tend la main d’abord. Qu’il n’étende pas une tranche sur le plat ; il essuie le plat avec une tranche.
À ÉVITERCoupe, miettes, part au shamash
Ne pas boire de la coupe et la donner à son compagnon, à cause d’un danger de vies. Tenir la coupe jusqu’au shamash. Ne pas ramasser des miettes sur la table. Ne pas mordre une tranche et la donner à son compagnon. L’entrant pose sa part, puis la donne au shamash.
NONHôtes qui donnent
Les orhim n’ont pas le droit de prendre de devant eux et de donner au fils ou à l’esclave du maître, à moins d’avoir pris permission. Qu’il ne dise pas « donnez-moi à manger » jusqu’à ce qu’eux disent.
OUIShamash sur deux
S’il servait sur deux : il mange avec eux même sans permission. Sur trois : seulement s’ils lui ont donné permission.
À FAIREAprès la coupe
S’il reste du vin pour le compagnon : essuyer le lieu du baiser de la bouche, à cause du dégoût ; ne pas verser, à cause de bal tash’hit. Après l’eau : en verser par là.
REMANetila et coupe
S’il n’a pas frotté et n’a pas touché un lieu de saleté, il ne prend pas ; s’il a fait ses besoins, certainement netila. Netila pour la boisson : dans la seouda seulement. Coupe très petite : permis en une fois ; très grande : en trois ou quatre.
REMAInvitation et sel
Ne pas dire « viens et mange avec moi ce que tu m’as fait manger » (crainte de ribit) ; permis : « viens et mange avec moi, et je mangerai avec toi à une autre fois ». Après tout manger, manger du sel ; après toute boisson, boire de l’eau — spécifiquement s’il n’y avait pas de sel dans le pain ou les aliments, et s’il n’a pas bu un mashqe où il y a de l’eau ; l’usage est de ne pas se garder.
À la seouda on ne parle pas, on ne regarde pas celui qui mange, on n’agit pas en glouton, et l’on attend le compagnon à la coupe. Les hôtes ne disposent pas des portions sans permission. Après la coupe on essuie, et le Rema rappelle sel et eau selon l’usage.

אין משיחין בסעודה שמא יקדים קנה לושט ואפילו מי שנתעטש [פי' שטארנודאר"י בלע"ז] בסעודה אסור לומר לו אסותא היו מסובין בסעודה ויצא אחד מהם להטיל מים נוטל ידו אחת ששפשף בה ואינו נוטל אלא בפני כולם שלא יחשדוהו שלא נטלו: הגה ואם לא שפשף אינו נוטל כלל אם לא נגע במקום טנופת אבל אם עשה צרכיו ודאי צריך נטילה: (הגהות אשירי פ"ב דברכות) והני מילי לשתות אבל לאכול נוטל אפילו בחוץ דמידע ידעי דאנינא (פירוש שמטרפת ומתבלבל דעתו) דעתיה ולא אכל בלא נטילה ואם דבר עם חבירו והפליג נוטל' שתי ידיו כיון שהסיח דעתו: הגה והא דבעינן נטילה לשתיה היינו בתוך הסעודה דחיישינן שמא יאכל אבל בלאו הכי אין צריך נטילה לשתיה: [הר"י ס"פ אלו דברים ורש"י פרק אמר להם הממונה]:

On ne parle pas à la seouda (repas), de peur que le qane (trachée) ne précède le veshet (œsophage). Et même celui qui a éternué [c'est-à-dire stornodari en langue étrangère] à la seouda : il est interdit de lui dire asouta. S'ils étaient accoudés à la seouda et que l'un d'eux est sorti pour uriner : il prend une main dont il s'est frotté, et il ne prend que devant tous, afin qu'on ne le soupçonne pas de n'avoir pas pris. (Rema : et s'il n'a pas frotté, il ne prend pas du tout, s'il n'a pas touché à un lieu de saleté ; mais s'il a fait ses besoins, certainement il faut une netila (Hagahot Asheri, deuxième pereq de Berakhot).) Et cela, pour boire ; mais pour manger, il prend même dehors, car ils savent que son esprit est anina (troublé) (c'est-à-dire que son esprit se trouble et se brouille) et qu'il n'a pas mangé sans netila. Et s'il a parlé avec son compagnon et s'est éloigné : il prend ses deux mains, du moment qu'il a détourné son esprit. (Rema : et ceci, qu'il faut une netila pour la boisson : c'est dans la seouda, car nous craignons qu'il ne mange ; mais hors de cela, il n'a pas besoin de netila pour la boisson [haRi, fin du pereq Elou Devarim, et Rashi, pereq Amar Lahem ha-Memoune].)

שנים ממתינים זה את זה בקערה שכשהאחד מסלק ידו מן הקערה לשתות חבירו מפסיק מלאכול עד שיגמור השתיה אבל אם הם שלשה אין השני' פוסקין בשביל האחד:

Deux s'attendent l'un l'autre au plat : que lorsque l'un écarte sa main du plat pour boire, son compagnon interrompt de manger jusqu'à ce qu'il achève la boisson. Mais s'ils sont trois, les deux n'interrompent pas à cause de l'un.

משיירין פאה בקערה כל אחד מהאוכלים והוא מאכל השמש אבל כשהשמש מערה מן האלפס לתוך הקערה אין דרך להניח באלפס כלום לצרכו:

On laisse une pea (portion) dans le plat, chacun des mangeurs, et c'est l'aliment du shamash (serveur). Mais lorsque le shamash verse de l'alepas (poêle) dans le plat, il n'est pas d'usage de laisser dans l'alepas quoi que ce soit pour son besoin.

אין מסתכלין בפני האוכל ולא במנתו שלא לביישו:

On ne regarde pas au visage de celui qui mange, ni à sa portion, afin de ne pas le faire honte.

הנכנס לבית כל מה שיאמר לו בעל הבית יעשה:

Celui qui entre dans une maison : tout ce que le maître de maison lui dira, qu'il le fasse.

לא יהא אדם קפדן [פי' כעסן או רגזן] בסעודתו:

Qu'un homme ne soit pas qapdan [c'est-à-dire coléreux ou irascible] à sa seouda.

לא יאכל אדם פרוסה כביצה ואם אכל (הרי) זה גרגרן:

Qu'un homme ne mange pas une tranche d'une kebeitsa (mesure d'un œuf) ; et s'il a mangé, voici c'est un glouton.

לא ישתה כוסו בבת אחת ואם שתה הרי זה גרגרן. שנים דרך ארץ שלשה הרי זה מגסי הרוח: הגה ומיהו כוס קטן מאד מותר לשתותו בבת אחת (ב"י) וכן גדול מאוד בשלשה או ארבעה פעמים (ד"ע):

Qu'il ne boive pas sa coupe en une seule fois ; et s'il a bu, voici c'est un glouton. Deux, c'est derekh erets (bonne manière) ; trois, voici il est des gens de l'orgueil. (Rema : toutefois, une coupe très petite, il est permis de la boire en une seule fois (Beit Yossef). Et de même une très grande, en trois ou quatre fois (Daat Atsmo).)

לא יאכל שום או בצל מראשו אלא מעליו ואם אכל הרי זה רעבתן: הגה ולא יאכל דרך רעבתנות ולא יאחוז המאכל בידו אחת ויתלוש ממנו בידו השנית. [טור]:

Qu'il ne mange pas de l'ail ou de l'oignon de sa tête, seulement de ses feuilles ; et s'il a mangé, voici c'est un glouton. (Rema : et qu'il ne mange pas d'une voie de gloutonnerie, et qu'il ne tienne pas l'aliment en une main et n'en arrache de l'autre main [Tour].)

לא ישוך פרוסה ויניחנה על גבי השלחן:

Qu'il ne morde pas une tranche et ne la pose pas sur la table.

לא ישתה אדם שני כוסות בבת אחת בתוך סעודתו ויברך ברכת המזון מפני שנרא' כגרגרן:

Qu'un homme ne boive pas deux coupes en une seule fois dans sa seouda et ne bénisse birkat ha-mazon, parce qu'il paraît comme glouton.

שנים שיושבין על השלחן הגדול פושט ידו תחלה והשולח ידו בפני מי שגדול ממנו הרי זה גרגרן:

Deux qui sont assis à la table : le grand tend sa main d'abord ; et celui qui envoie sa main devant celui qui est plus grand que lui, voici c'est un glouton.

הנכנס לבית לא יאמר תנו לי לאכול עד שיאמרו הם: הגה לא יאמר אדם לחבירו בא ואכול עמי מה שהאכלתני דהוי כפורע לו חובו ונראה כאלו הלוה לו ויש לחוש שיאכילהו יותר ואית ביה משום רבית אבל מותר לומר לו בא ואכול עמי ואאכול עמך בפעם אחרת ומותר לאכול עמו אחר כך אפי' בסעודה יותר גדולה. [ד"ע לפי' הטור]:

Celui qui entre dans une maison : qu'il ne dise pas « donnez-moi à manger » jusqu'à ce qu'eux disent. (Rema : qu'un homme ne dise pas à son compagnon : « viens et mange avec moi ce que tu m'as fait manger », car voici c'est comme s'il lui payait sa dette, et il paraît comme s'il lui avait prêté, et il y a à craindre qu'il ne le fasse manger plus, et il y a en cela à cause de ribit (usure). Mais il est permis de lui dire : « viens et mange avec moi, et je mangerai avec toi à une autre fois » ; et il est permis de manger avec lui ensuite, même à une seouda plus grande [Daat Atsmo selon l'explication du Tour].)

לא יפרוס אדם פרוסה על גבי הקערה אבל מקנח הקערה בפרוסה:

Qu'un homme n'étende pas une tranche sur le plat ; mais il essuie le plat avec une tranche.

לא ילקט פירורין ויניח על גבי השלחן מפני שהוא ממחה (פי' מטריד) דעתו של חבירו ולא ישוך פרוסה ויתננה לפני חבירו או לתוך הקערה לפי שאין דעת כל הבריות שוה:

Qu'il ne ramasse pas des miettes et ne les pose pas sur la table, parce qu'il mehahe (dérange) (c'est-à-dire il trouble) l'esprit de son compagnon. Et qu'il ne morde pas une tranche et ne la donne pas devant son compagnon, ou dans le plat, parce que l'esprit de toutes les créatures n'est pas égal.

לא ישתה מהכוס ויתן לחבירו מפני סכנת נפשות:

Qu'il ne boive pas de la coupe et ne la donne pas à son compagnon, à cause d'un danger de vies.

ולא ישתה כוס ויניחנו על השלחן אלא יאחזנו בידו עד שיבא השמש ויתננו לו:

Et qu'il ne boive pas une coupe et ne la pose pas sur la table ; seulement qu'il la tienne en sa main jusqu'à ce que le shamash vienne et qu'il la lui donne.

הנכנס לסעודה לא יקח חלקו ויתננו לשמש שמא יארע דבר קלקול בסעודה אלא יקחנה ויניחנו ואח"כ יתננו לו:

Celui qui entre à une seouda : qu'il ne prenne pas sa part et ne la donne pas au shamash, de peur qu'il n'arrive une chose de dérangement à la seouda ; seulement qu'il la prenne et la pose, et ensuite qu'il la lui donne.

אורחים הנכנסין אצל בעל הבית אינם רשאים ליטול מלפניהם וליתן לבנו או לעבדו של בעל הבית אלא אם כן נטלו רשות מבעל הבית:

Des orhim (hôtes) qui entrent chez le maître de maison : ils n'ont pas le droit de prendre de devant eux et de donner au fils ou à l'esclave du maître de maison, à moins qu'ils n'aient pris permission du maître de maison.

נקיי הדעת שבירושלים לא היו מסובין בסעודה אלא א"כ יודעים מי מסב עמהם מפני שגנאי הוא לתלמיד חכם לישב אצל עם הארץ בסעודה:

Les neqiyei ha-daat (gens délicats d'esprit) de Yerushalayim ne s'accoudaient à une seouda à moins qu'ils ne sachent qui s'accoude avec eux : parce que c'est une honte pour un talmid hakham (sage) de s'asseoir auprès d'un am ha-arets (ignorant) à une seouda.

השמש שהיה משמש על שנים הרי זה אוכל עמהם אף על פי שלא נתנו לו רשות היה משמש על שלשה אינו אוכל עמהם אא"כ נתנו לו רשות:

Le shamash qui servait sur deux : voici il mange avec eux, même s'ils ne lui ont pas donné permission. S'il servait sur trois : il ne mange pas avec eux, à moins qu'ils ne lui aient donné permission.

אחר ששתית ונשאר יין בכוס לשתיית חבירך קנח מקום נשיקת הפה משום מיאוס ולא תשפוך משום בל תשחית אחר שתיית מים שפוך מהם דרך שם: הגה אחר כל אכילתך אכול מלח ואחר כל שתייתך שתה מים וכמו שיתבאר לקמן סימן קע"ט ונ"ל דדוקא שלא היה מלח בפת או במאכלים שאכל וכן שלא שתה משקה שיש בו מים אבל בלאו הכי ליכא למיחש וכן נוהגין שלא ליזהר באכילת מלח ושתיית מים אחר הסעודה מטעם שנתברר:

Après que tu as bu et qu'il reste du vin dans la coupe pour la boisson de ton compagnon : essuie le lieu du baiser de la bouche, à cause du dégoût ; et ne verse pas, à cause de bal tash'hit (ne détruis pas). Après la boisson d'eau, verse-en par là. (Rema : après tout ton manger, mange du sel, et après toute ta boisson, bois de l'eau, comme il sera expliqué plus loin, siman 179. Et il me semble : spécifiquement qu'il n'y avait pas de sel dans le pain ou dans les aliments qu'il a mangés, et de même qu'il n'a pas bu un mashqe (liquide) où il y a de l'eau ; mais hors de cela, il n'y a pas à craindre. Et ainsi l'on a l'usage de ne pas se garder dans le manger de sel et la boisson d'eau après la seouda, pour la raison qui a été éclaircie.)