משנה ברורה

Michna Beroura — siman 174

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi de la bénédiction du vin pendant le repas
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le pain n'exempte pas le vin pendant le repas, à cause de l'importance du vin. Le vin exempte les autres boissons présentes ou prévues. Le vin d'avant le repas, de Kiddouch ou de Havdala à table peut exempter le vin du repas si l'intention y était. Une seule bénédiction suffit pour tout le vin du repas, sauf changement d'avis. Le Birkat hamazone exempte le vin du repas de la bénédiction finale. L'eau et les autres boissons sont subordonnées au repas. On ne fait pas, en principe, exempter les autres par la bénédiction du vin pendant le repas, par crainte du danger ; si on le fait, on dit savri.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETBénédiction du vin pendant le repas
À FAIREBénir hagafen sur le vin du repas
Le pain ne l’exempte pas, même avec intention explicite : le vin est trop important
À FAIREUne seule hagafen pour tout le vin du repas
Sauf changement d’avis (une seule coupe prévue, puis on se ravise)
À FAIREVin avant le repas, Kiddouch ou Havdala à table
Exempte le vin du repas si l’on avait l’intention d’en boire aussi pendant
À FAIREAutres boissons prévues pendant le repas
Lekhathila les poser devant soi au moment de hagafen. Pour les exempter, on peut aussi bénir avant netilat yadayim à l’endroit du repas, moins d’un revi’it, avec intention
À ÉVITERFaire exempter les autres pendant le repas
De principe on ne le fait pas : danger de répondre amen en mangeant. Si on le fait : savri rabotai, tous s’arrêtent et goûtent aussitôt
OUIVin qui exempte les autres boissons
Si elles sont devant lui au moment de hagafen, ou s’il s’est fixé à boire du vin
OUIBirkat hamazone
Exempte le vin du repas de la bénédiction finale. Chez nous, on ne retire pas les mains du pain : tout compte comme pendant le repas
NONEau et autres boissons pendant le repas
Subordonnées au repas : pas de bénédiction avant ni après. L’eau-de-vie après le repas : bénédiction
Le pain n’exempte pas le vin ; le vin exempte les autres boissons et tout le vin du repas. L’eau du repas n’a pas de bénédiction. On n’acquitte pas les autres sur le vin pendant le repas, sauf savri.

Glossaire

tefel
subordonné (aliment ou boisson secondaire, exempté par la bénédiction de l'essentiel)
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
nimlakh
se raviser, changer d'avis après la bénédiction
hesa'h hada'at
distraction de l'esprit, rupture d'intention
yayin saraf
eau-de-vie, schnaps
mé'ein chaloch
bénédiction d'une seule strophe (vin, cinq espèces, etc.)
revi'it
quart de log, mesure minimale pour la bénédiction finale des liquides
borei nefashot
bénédiction finale des aliments et boissons ordinaires
savri
« attention » : formule pour que les convives cessent de manger et écoutent
birchout
« avec votre permission » : demande d'autorisation de bénir
lakritz
boisson de réglisse

(א) ואין הפת פוטרו - היינו אע"פ ששותה לשרות האכילה שבמעיו וה"ז כדברים הבאים מחמת הסעודה תוך הסעודה שנפטרים בברכת הפת כמו שיתבאר לקמן מ"מ הואיל והיין הוא חשוב אינו נחשב טפל לפת להפטר בברכתו ואפילו כוון בפירוש בברכת הפת לפטור כל מה שישתה בתוך הסעודה לא מהני ליין:

et le pain ne l'exempte pas - C'est-à-dire : bien qu'il boive pour imbiber les aliments dans ses entrailles, et que ce soit comme les choses venant à cause du repas pendant le repas, exemptées par la bénédiction du pain comme on l'exposera plus loin, néanmoins, le vin étant important, il n'est pas considéré comme subordonné (tefel) au pain pour être exempté par sa bénédiction. Même s'il a eu l'intention explicite, dans la bénédiction du pain, d'exempter tout ce qu'il boirait pendant le repas, cela n'aide pas pour le vin.

(ב) יין פוטר וכו' - שהוא ראש וראשון לכל המשקים וכולם נטפלים לו [תוספות]:

le vin exempte, etc. - Car il est le premier et le chef de toutes les boissons, et toutes lui sont subordonnées [Tossafot].

(ג) כל מיני משקים - ובלבד שיהיו לפניו על השלחן בשעה שבירך על היין [דאלו לא היו לפניו בשעת ברכה אף שהביאו המשקין לפניו בשעה שעמד עדיין היין לפניו לא מהני וצריך לברך עליהם] ויש מקילין אפילו לא היו לפניו ורק שהיה דעתו עליהם וכ"ז בשלא קבע עצמו לשתות יין ורק כוס זה בלבד אבל אם קבע לשתות יין הסכימו כמה אחרונים דפוטר אפילו המשקין שלא היו לפניו בשעת ברכה כיון שבאו לפניו עכ"פ בעוד שהיין לפניו [ואם באו לפניו אחר גמר שתיית היין צריך לברך על המשקין כ"כ מהר"מ בנעט בביאורו אם לא שהיה דעתו על המשקין קודם גמר השתיה] ולכתחלה טוב יותר לעולם שיהיו שאר המשקין לפניו בעת ברכתו על היין. ודע שאם קידש על היין והוציא אחרים בברכתו אם לא טעמו מכוס של קידוש ורוצים לשתות שארי משקין אף שהיו לפניהם בשעה שבירך על היין צריכים לברך על המשקין כי הטעם שיין פוטר הוא משום שכל המשקים טפלים לו וכשאינו שותה לא שייך טעם זה ועיין בבה"ל מה שכתבנו עוד בענין זה:

toutes sortes de boissons - À condition qu'elles soient devant lui sur la table au moment où il a béni sur le vin [car si elles n'étaient pas devant lui au moment de la bénédiction, même si on les a apportées ensuite alors que le vin était encore devant lui, cela n'aide pas et il faut bénir sur elles]. Certains sont indulgents même si elles n'étaient pas devant lui, pourvu qu'il ait eu l'intention à leur sujet. Tout cela lorsqu'il ne s'est pas fixé à boire du vin, seulement cette coupe-là. Mais s'il s'est fixé à boire du vin, plusieurs Aharonim sont d'accord qu'il exempte même les boissons qui n'étaient pas devant lui au moment de la bénédiction, dès lors qu'elles sont venues devant lui pendant que le vin était encore là [et si elles sont venues après qu'il a fini de boire le vin, il faut bénir sur les boissons, ainsi a écrit Maharam Banet dans son commentaire, sauf s'il avait l'intention sur les boissons avant d'avoir fini de boire]. A priori (lekhathila) il est toujours mieux que les autres boissons soient devant lui au moment de sa bénédiction sur le vin. Sache que s'il a fait le Kiddouch sur le vin et a exempté d'autres par sa bénédiction, s'ils n'ont pas goûté de la coupe de Kiddouch et veulent boire d'autres boissons, même si celles-ci étaient devant eux au moment où il a béni sur le vin, ils doivent bénir sur les boissons : la raison pour laquelle le vin exempte est que toutes les boissons lui sont subordonnées, et s'il ne boit pas, cette raison ne s'applique pas ; voir au Biour Halakha ce que nous avons encore écrit à ce sujet.

(ד) אפילו מברכה ראשונה - ועיין לקמן סימן ר"ח סט"ז ובמ"ב שם לענין ברכה אחרונה:

même de la bénédiction première - Et voir plus loin siman 208 seif 16 et le MB là-bas au sujet de la bénédiction finale.

(ה) מניחו וכו' - דאפילו למ"ד בהמ"ז אינה טעונה כוס מ"מ מצוה מן המובחר יש בזה אם יוכל לעשות בכוס כדלקמן סימן קפ"ב ס"א ומ"מ אם הוא צמא לשתות ואין לו שאר משקין מוטב שישתה קודם כדי לצאת גם דעת המרדכי [שהובא ברמ"א לקמן סימן קצ"ז ס"ד] שסובר דכשתאב לשתות אינו חייב מה"ת לברך בהמ"ז עד שישתה:

il le réserve, etc. - Car même selon l'avis que le Birkat hamazone n'exige pas de coupe, il y a néanmoins une mitsva de choix à le faire sur une coupe, comme plus loin siman 182 seif 1. Toutefois, s'il a soif et n'a pas d'autres boissons, mieux vaut qu'il boive d'abord, afin de satisfaire aussi l'avis du Mordekhaï [cité par le Rema plus loin siman 197 seif 4] qui estime que lorsqu'on a soif, on n'est pas tenu par la Torah de bénir Birkat hamazone avant d'avoir bu.

(ו) אם קבע וכו' - כתבו האחרונים דל"ד קבע דה"ה אפילו אם שתה רק כוס אחד של יין קודם הסעודה דפוטר היין שבתוך הסעודה וכל זה אם דעתו לשתות גם בתוך הסעודה:

s'il s'est fixé, etc. - Les Aharonim ont écrit que ce n'est pas seulement s'il s'est fixé : même s'il n'a bu qu'une seule coupe de vin avant le repas, cela exempte le vin pendant le repas, le tout si son intention est de boire aussi pendant le repas.

(ז) שבתוך המזון - וה"ה דפוטר נמי יין שלאחר המזון קודם בהמ"ז [במקום שרגילין לשתות יין אחר גמר אכילתן או שהיה דעתו לזה בפירוש] אבל אם לא היה לו יין לפני המזון ובירך על היין שבתוך המזון צריך לברך שנית על יין שלאחר הסעודה כי יין שבתוך המזון אינו בא רק לשרות המאכל שבמעיו ואינו חשוב לפטור היין שלאחר המזון שבא לשתיה ולתענוג [ועיין בב"י שכתב דאם הוא צמא מחמת אכילתו אפילו נשתהא זמן הרבה אחר הסעודה אעפ"כ כל זמן שלא בירך בהמ"ז כיין שבתוך המזון דמי דבא לשרות המאכל וגם משמע קצת מדברי הרשב"א דאם הוא שותה מיד אחר האכילה ג"כ מסתמא כדי לשרות המאכל הוא בא] אך באמת אין דין זה מצוי בינינו שאין אנו מושכין ידינו מן הפת עד בהמ"ז וחשיב הכל תוך הסעודה ולפיכך ממילא יין שבתוך המזון פוטר גם יין שלאחר המזון דזה וזה לשרות:

pendant le repas - De même il exempte aussi le vin après le repas, avant Birkat hamazone [là où l'on a l'habitude de boire du vin après avoir fini de manger, ou s'il en avait l'intention explicite]. Mais s'il n'avait pas de vin avant le repas et a béni sur le vin pendant le repas, il doit bénir une seconde fois sur le vin après le repas : car le vin pendant le repas ne vient que pour imbiber l'aliment dans les entrailles, et n'est pas assez important pour exempter le vin après le repas, qui vient pour boire et pour le plaisir [voir au Beit Yossef qui a écrit que s'il a soif à cause de son repas, même s'il s'est écoulé longtemps après le repas, tant qu'il n'a pas béni Birkat hamazone c'est comme le vin pendant le repas, car il vient imbiber l'aliment ; et il ressort un peu des paroles du Rachba que s'il boit tout de suite après avoir mangé, c'est aussi présumé pour imbiber l'aliment]. Mais en vérité cette loi n'est pas courante chez nous : nous ne retirons pas les mains du pain jusqu'au Birkat hamazone, et tout est considéré comme pendant le repas ; aussi le vin pendant le repas exempte-t-il aussi le vin après le repas, l'un et l'autre servant à imbiber.

(ח) וכן יין של קידוש - קמ"ל דלא תימא דוקא יין קודם המזון דחשיב דבא לפתוח המעיים ולשתות פוטר בתוך הסעודה אבל יין קידוש דבא עיקרו למצוה אימא לא קמ"ל דפוטר. ונ"ל פשוט דבמדינתנו שאין אנו רגילין לשתות יין בתוך הסעודה אפילו בשבת אינו פוטר אלא א"כ היה דעתו לזה מתחלה וכמו שכתבתי מקודם:

et de même le vin de Kiddouch - Cela nous enseigne : que l'on ne dise pas que seul le vin avant le repas, considéré comme venant ouvrir l'appétit et pour boire, exempte pendant le repas, mais que le vin de Kiddouch, dont l'essentiel vient pour la mitsva, n'exempterait pas — il nous enseigne qu'il exempte. Et il me semble évident que dans notre pays, où nous n'avons pas l'habitude de boire du vin pendant le repas, même le Chabbat, il n'exempte que s'il en avait l'intention dès le début, comme je l'ai écrit plus haut.

(ט) שבתוך המזון - וה"ה שלאחר המזון [אחרונים]:

pendant le repas - Et de même après le repas [Aharonim].

(י) וכן המבדיל וכו' - ר"ל אע"ג דהבדלה אינה שייכא כלל לסעודה כמו קידוש אפ"ה כיון דהבדיל על השלחן ר"ל שהכין עצמו לסעודה שייכא לסעודה ומיירי כנ"ל שהיה בדעתו לשתות גם בתוך הסעודה:

et de même celui qui fait Havdala, etc. - C'est-à-dire : bien que la Havdala n'ait aucun lien avec le repas, contrairement au Kiddouch, néanmoins, puisqu'il a fait Havdala à table, c'est-à-dire qu'il s'est préparé pour le repas, elle a un lien avec le repas. Et il s'agit, comme ci-dessus, de celui qui avait l'intention de boire aussi pendant le repas.

(יא) שאין ברכת וכו' - הטעם כנ"ל דאינה שייכא לסעודה כמו קידוש [שאינה אלא במקום סעודה] וע"כ ס"ל להי"א דבעינן עכ"פ שיטול ידיו לסעודה מתחלה דבזה בודאי אתחלתא דסעודה היא:

que la bénédiction de… ne… - La raison est comme ci-dessus : elle n'a pas de lien avec le repas comme le Kiddouch [qui n'a lieu que là où il y a un repas]. Aussi les « certains disent » estiment-ils qu'il faut au moins qu'il se lave les mains pour le repas d'abord : en cela c'est certainement le début du repas.

(יב) יין הבדלה - כתב מ"א דדוקא יין הבדלה שאינו בא לצורך סעודה אבל ביין שלפני המזון דעלמא שבא לצורך סעודה לפתוח המעיים פוטר אפילו קודם נטילה יין שבתוך הסעודה ולהכי סתם המחבר בריש הסעיף ולא התנה דדוקא אחר נטילה:

le vin de Havdala - Le Magen Avraham a écrit : seulement le vin de Havdala, qui ne vient pas pour le besoin du repas ; mais le vin ordinaire avant le repas, qui vient pour le besoin du repas afin d'ouvrir l'appétit, exempte même avant le netilat yadayim le vin pendant le repas. C'est pourquoi le Mekhaber a parlé en termes généraux au début du seif, sans conditionner « seulement après le netilat yadayim ».

(יג) נטל ידיו - לאו דוקא דה"ה אם קבע עצמו לסעודה על השלחן [מ"א] ובא"ר חולק עליו וכן משמע מביאור הגר"א:

il s'est lavé les mains - Ce n'est pas exclusif : de même s'il s'est fixé pour le repas à table [Magen Avraham]. L'Eliya Rabba le conteste, et c'est aussi ce qui ressort du commentaire du Gra.

(יד) קודם הבדלה - וא"ת היכי שרי להפסיק בהבדלה בין נט"י להמוציא י"ל דלא הוי היסח הדעת כיון שדעתו לאכול ואינו רשאי לאכול בלי הבדלה אבל להפסיק בשתיית רשות בין נטילה להמוציא אסור:

avant la Havdala - Et si l'on objecte : comment est-il permis d'interrompre par la Havdala entre le netilat yadayim et hamotsi ? On répond que ce n'est pas une distraction de l'esprit (hesa'h hada'at), puisqu'il a l'intention de manger et n'a pas le droit de manger sans Havdala. Mais interrompre par une boisson facultative entre le netilat yadayim et hamotsi est interdit.

(טו) יכוין שלא להוציא - ואז יברך ברכה אחרונה על כוס זה קודם הסעודה:

qu'il ait l'intention de ne pas exempter - Et alors il bénira la bénédiction finale sur cette coupe avant le repas.

(טז) בתוך הסעודה - ר"ל אפילו שלא בבת אחת:

pendant le repas - C'est-à-dire même pas en une seule fois.

(יז) בברכה אחת - דמסתמא כשבירך בפה"ג על כוס האחד דעתו היה ג"כ על כל מה שישתה בתוך הסעודה:

par une seule bénédiction - Car présumément, quand il a béni borei peri hagafen sur l'une des coupes, son intention portait aussi sur tout ce qu'il boirait pendant le repas.

(יח) לא היה דעתו וכו' - ר"ל שהיה דעתו שלא לשתות אלא אותו הכוס ולא יותר אלא שאח"כ נמלך לשתות עוד וכתב הט"ז דה"ה לענין אכילה כגון שקנה לעצמו לחם א' לאכלו כולו וע"ד זה בירך ואח"כ נתאוה לאכול עוד ושולח לקנות עוד צריך לברך שנית המוציא [והטעם דמעשיו מוכיחין דלא היה בדעתו לאכול כ"א הלחם שקנה דאל"כ היה קונה יותר אלא שאח"כ נתאוה לאכול עוד] אבל אם יש לו בבית לחם וחותך לו חתיכה לאכול אותה ואח"כ רוצה לחתוך עוד אין זה נמלך דדרך אדם כן הוא דלפעמים בשעת ברכה חושב שיהיה די לו בחתיכה אחת ואח"כ כשרואה שאינו שבע בזה לוקח עוד:

il n'avait pas l'intention, etc. - C'est-à-dire qu'il avait l'intention de ne boire que cette coupe-là et pas davantage, puis il s'est ravisé (nimlakh) pour boire encore. Le Taz a écrit qu'il en va de même pour la nourriture : par exemple s'il s'est acheté un pain pour le manger tout entier et a béni dans cette intention, puis a eu envie d'en manger encore et envoie en acheter davantage, il doit bénir hamotsi une seconde fois [la raison : ses actes prouvent qu'il n'avait pas l'intention de manger que le pain qu'il avait acheté, sinon il en eût acheté plus ; seulement ensuite il a eu envie d'en manger encore]. Mais s'il a du pain à la maison, en coupe un morceau pour le manger, puis veut en couper encore, ce n'est pas un changement d'avis : c'est la voie de l'homme, qui parfois au moment de la bénédiction pense qu'un morceau lui suffira, puis voyant qu'il n'est pas rassasié en prend encore.

(יט) שבא לסעודה - היינו שאינו מן הקרואים אלא שבא דרך עראי לשם לכך אמרינן דהוי נמלך דבשעה שבירך לא היה יודע אם יתנו לו עוד וכדלקמן בסימן קע"ט סה"ו עי"ש במ"ב:

qui est venu au repas - C'est-à-dire qu'il n'est pas parmi les invités, mais est venu là de façon occasionnelle ; aussi dit-on que c'est un changement d'avis : au moment où il a béni, il ne savait pas si on lui en donnerait encore, comme plus loin siman 179 seif 6, voir là-bas dans le MB.

(כ) ומושיטין לו - ר"ל שלא בבת אחת אלא בזה אחר זה:

et on lui tend - C'est-à-dire non pas en une seule fois, mais l'une après l'autre.

(כא) על כוס ברכת נשואין - שיש שם הרבה מסובין וכל כיוצא בזה:

sur la coupe de la bénédiction de mariage - Car il y a là beaucoup de convives, et tout cas similaire.

(כב) כ"א צריך לברך - דמסתמא אינו מכוון לצאת בברכת המברך מאחר שאינו יודע אם יגיע לו ועיין לקמן סימן ק"צ במ"א סק"ז ובמ"ב שם:

chacun doit bénir - Car présumément il n'a pas l'intention de s'acquitter par la bénédiction de celui qui bénit, puisqu'il ne sait pas si la coupe lui parviendra ; voir plus loin siman 190 dans le Magen Avraham sk 7 et le MB là-bas.

(כג) אין לברך וכו' דבהמ"ז פוטרתו - כדין דברים הבאים מחמת הסעודה שנפטרין בבהמ"ז [כמש"כ בסימן קע"ז] דהיין מחמת הסעודה הוא חשיב דבא לשרות המאכל ואף דברכה ראשונה מברך על היין כנ"ל בס"א ברכה אחרונה לא:

on ne bénit pas, etc., car le Birkat hamazone l'exempte - Selon la loi des choses venant à cause du repas, qui sont exemptées par le Birkat hamazone [comme écrit au siman 177] : le vin est considéré comme venant à cause du repas, car il vient imbiber l'aliment. Même si l'on bénit la bénédiction première sur le vin, comme ci-dessus au seif 1, on ne bénit pas la bénédiction finale.

(כד) שלפני המזון - דכיון שבאים לפתוח המעיים להמשיך האדם לתאות המאכל הוי ג"כ כדברים הבאים מחמת הסעודה ופשוט דזה דוקא אם שותה סמוך למזון עכ"פ דהוי כאתחלתא דסעודה אבל בלא"ה לא:

celui d'avant le repas - Puisqu'ils viennent ouvrir l'appétit pour attirer l'homme vers le désir de manger, c'est aussi comme les choses venant à cause du repas. Et il est évident que cela n'est vrai que s'il boit au moins près du repas, ce qui est comme le début du repas ; sinon, non.

(כה) ואפילו לא וכו' - כצ"ל. ור"ל דאף דאז לא שייך לומר דהוא שתיה אחת עם אלה שבתוך הסעודה אפ"ה פוטר דהן עצמן בכלל סעודה הן וכנ"ל. ולענין מים ושארי משקין ששותה קודם המזון ואינו שותה בתוך המזון דעת הרבה אחרונים דצריך לברך עליהם ברכה אחרונה שאין בהמ"ז פוטרתן דמכיון ששתה אותם קודם המוציא אינם שייכים לסעודה כלל לבד יי"ש שוה ליין דהוא מעורר תאות המאכל ועיין בה"ל:

et même s'il n'a pas, etc. - Ainsi faut-il lire. C'est-à-dire : même si alors on ne peut pas dire que c'est une seule boisson avec celles du repas, néanmoins il exempte, car elles-mêmes font partie du repas, comme ci-dessus. Quant à l'eau et aux autres boissons que l'on boit avant le repas sans en boire pendant le repas, beaucoup d'Aharonim estiment qu'il faut bénir sur elles la bénédiction finale, le Birkat hamazone ne les exemptant pas : puisqu'on les a bues avant hamotsi, elles n'ont aucun lien avec le repas — sauf l'eau-de-vie (yayin saraf), qui est égale au vin car elle éveille le désir de manger ; voir au Biour Halakha.

(כו) וע"ל ס"ס רע"ב - ס"ז לענין קידוש דשם מבואר דגם בו ברכת המזון פוטרתו ועיין בה"ל מה שכתבנו בזה:

et voir plus haut à la fin du siman 272 - Seif 7 au sujet du Kiddouch : là il est exposé que le Birkat hamazone l'exempte aussi ; voir au Biour Halakha ce que nous avons écrit là-dessus.

(כז) ולענין יין של הבדלה - ר"ל דהם אינם באים לצורך סעודה ועיין שם שכתבנו דאם לא בירך קודם הסעודה לא יברך עוד ויפטרנו בברכת המזון. ולענין אם פוטר בהמ"ז היין ששתה אחר גמר הסעודה יש דעות בפוסקים י"א דאין בהמ"ז פוטרו בסתמא וצריך לברך על היין מעין שלש אם לא שכוון בהדיא בבהמ"ז לפטור גם היין דאז פטור בדיעבד כמבואר בסימן ר"ח סי"ז וי"א דאין צריך לברך ברכה אחרונה ובהמ"ז פוטרו בסתמא אף לכתחלה מיהו אין דין זה מצוי בינינו לפי המבואר לקמן בסימן קע"ז דאין אנו מושכין ידינו מן הפת עד בהמ"ז א"כ הוי הכל כבתוך הסעודה ובהמ"ז פוטרו [מ"א] ומיהו באמת לכתחלה טוב יותר שיכוון בעת בהמ"ז לפטור:

et quant au vin de Havdala - C'est-à-dire qu'ils ne viennent pas pour le besoin du repas ; voir là-bas que nous avons écrit : s'il n'a pas béni avant le repas, qu'il ne bénisse plus et que le Birkat hamazone l'exempte. Quant à savoir si le Birkat hamazone exempte le vin bu après la fin du repas, il y a des avis parmi les posekim : certains disent que le Birkat hamazone ne l'exempte pas par défaut et qu'il faut bénir sur le vin mé'ein chaloch, sauf s'il a eu l'intention explicite dans le Birkat hamazone d'exempter aussi le vin — alors il est exempt après coup (bediavad), comme exposé au siman 208 seif 17 ; d'autres disent qu'il n'est pas besoin de bénir la bénédiction finale et que le Birkat hamazone l'exempte par défaut, même a priori. Toutefois cette loi n'est pas courante chez nous, d'après ce qui est exposé plus loin au siman 177 : nous ne retirons pas les mains du pain jusqu'au Birkat hamazone, donc tout est comme pendant le repas et le Birkat hamazone l'exempte [Magen Avraham]. Toutefois, en vérité, a priori il est mieux d'avoir l'intention, au moment du Birkat hamazone, d'exempter.

(כח) אם אין לו יין וכו' - אסעיף א' קאי דאיין שבתוך הסעודה מברך ברכה ראשונה אף בתוך הסעודה משום חשיבותו אבל אשאר משקין לא דנטפלים להסעודה:

s'il n'a pas de vin, etc. - Cela se rapporte au seif 1 : sur le vin pendant le repas on bénit la bénédiction première même pendant le repas, à cause de son importance ; mais pas sur les autres boissons, qui sont subordonnées au repas.

(כט) כבאים מחמת הסעודה - בתוך הסעודה דמבואר בסימן קע"ז דאין מברכין עליהם דנפטרין בברכת המוציא:

comme venant à cause du repas - Pendant le repas, comme exposé au siman 177 : on ne bénit pas sur eux, car ils sont exemptés par la bénédiction hamotsi.

(ל) ואינם טעונים ברכה - לא לפניהם ולא לאחריהם ואפילו אם הם באים אחר גמר סעודה לדידן דאין אנו מושכין ידינו מן הפת וחשוב הכל כבתוך הסעודה:

et ils n'exigent pas de bénédiction - Ni avant ni après ; même s'ils viennent après la fin du repas, selon notre pratique : nous ne retirons pas les mains du pain, et tout est considéré comme pendant le repas.

(לא) המים - אליבא ריקנא וה"ה בשארי משקין:

l'eau - À jeun ; et de même les autres boissons.

(לב) וי"א לברך - היינו ברכה ראשונה דס"ל דדינו כמו פירות שאוכל בתוך הסעודה דצריך ברכה לפניה' אבל מברכה אחרונה לכו"ע נפטרין בבהמ"ז:

et certains disent de bénir - C'est-à-dire la bénédiction première : ils estiment que son statut est comme les fruits que l'on mange pendant le repas, qui exigent une bénédiction avant eux ; mais de la bénédiction finale, de l'avis de tous, ils sont exemptés par le Birkat hamazone.

(לג) המים - וה"ה לשאר כל המשקין ואע"ג דיין חשבינן ליה בא מחמת הסעודה [דרק משום חשיבותו צריך ברכה וכנ"ל] יין שאני דסעיד ליבא טפי וגם דבא להמשיך תאות האכילה משא"כ שארי משקין:

l'eau - Et de même toutes les autres boissons. Bien que nous considérions le vin comme venant à cause du repas [ce n'est qu'à cause de son importance qu'il faut une bénédiction, comme ci-dessus], le vin est différent : il soutient davantage le cœur et vient aussi attirer le désir de manger, ce qui n'est pas le cas des autres boissons.

(לד) בכל פעם דסתמא וכו' - ואף לדעה זו דוקא במים אמרינן דמסתמא נמלך הוא שאין אדם שותה מים אלא לצמאו אבל בשכר ומי דבש וכיו"ב לא חשיב בסתמא נמלך ובברכה אחת סגי לכו"ע אך לאקרי"ץ ודומיהן שאין שותין כ"א לצמאו דינם כמו מים לדעה זו [מ"א]:

à chaque fois, car par défaut, etc. - Et même selon cet avis, c'est seulement pour l'eau que l'on dit qu'il y a par défaut un changement d'avis : l'homme ne boit de l'eau que pour sa soif. Mais pour la bière, l'hydromel et similaires, on ne considère pas par défaut un changement d'avis, et une seule bénédiction suffit de l'avis de tous. Toutefois le lakritz et similaires, qu'on ne boit que pour la soif, ont le même statut que l'eau selon cet avis [Magen Avraham].

(לה) קודם נטילה - דלאחר נטילה אין לו להפסיק בשתיית משקין של רשות והבדלה דס"ד שאני משום דאסור לאכול קודם הבדלה:

avant le netilat yadayim - Car après le netilat yadayim, il ne doit pas interrompre par une boisson facultative. Et la Havdala, on aurait pu penser qu'elle est différente, parce qu'il est interdit de manger avant la Havdala.

(לו) במקום סעודתו - ולא ישנה מקומו דבשינוי מקום צריך לברך שנית כששותה אח"כ וכמבואר בסימן קע"ח וא"כ לא תיקן כלום:

à l'endroit de son repas - Et qu'il ne change pas de place : en changeant de place, il faudrait bénir une seconde fois quand il boit ensuite, comme exposé au siman 178, et alors il n'aurait rien arrangé.

(לז) ויברך וכו' - וכתבו האחרונים דיזהר לשתות פחות מרביעית דאם ישתה רביעית לא יועיל כלום בתיקונו דיכנס בספק ברכה אחרונה על המשקין האלו דאפשר דאין בהמ"ז פוטרתו דאין שייכים לסעודה מכיון ששתה קודם נטילה אכן אם יש לו כוס שכר לברך עליו בהמ"ז א"צ ליזהר בזה דברכת בנ"ר שיברך על הכוס יפטור גם את המשקין ששתה קודם בהמ"ז:

et il bénira, etc. - Les Aharonim ont écrit qu'il prenne garde de boire moins d'un revi'it : s'il boit un revi'it, son arrangement ne servira à rien, car il entrerait dans le doute d'une bénédiction finale sur ces boissons — il se peut que le Birkat hamazone ne les exempte pas, puisqu'elles n'ont pas de lien avec le repas du moment qu'il a bu avant le netilat yadayim. Toutefois, s'il a une coupe de bière pour bénir dessus le Birkat hamazone, il n'a pas à y prendre garde : la bénédiction borei nefashot qu'il bénira sur la coupe exemptera aussi les boissons bues avant le Birkat hamazone.

(לח) על דעת וכו' - או שיבקש לאחר שאינו אוכל שיברך על המשקה ויתכוון לפוטרו:

dans l'intention de, etc. - Ou qu'il demande à un autre qui ne mange pas de bénir sur la boisson et d'avoir l'intention de l'exempter.

(לט) והמנהג כסברא הראשונה - והטעם כדלעיל לפי שאין אכילה בלא שתיה והוי כדברים הבאים מחמת הסעודה ולענין יי"ש יש אחרונים שכתבו דצריך ברכה בתוך הסעודה משום שאין שותין אותו מחמת צמאון האכילה כשאר משקין אבל המ"א כתב דבתוך הסעודה א"צ ברכה משום דאז בא לעורר תאות המאכל וחשיב גם זה מחמת הסעודה [וה"ה בפירות הבאים להמשיך תאות האכילה כגון לימני"ש מלוחים או זית מליח או אוגערקע"ס מלוחים וכיו"ב ולא דמי לשאר פירות שבתוך הסעודה שצריך ברכה] וכן העתיקו איזה אחרונים כדעתו ובאמת היה ראוי לנהוג בזה כעצת המחבר לענין שאר משקין [דיברך על מעט מהיי"ש קודם נטילה ע"ד לפטור מה שישתה בתוך הסעודה] מפני שיש דעות בזה אלא שהעולם נהגו להקל ויש להם על מה לסמוך. וכ"ז בתוך הסעודה אבל אם שותה את היי"ש אחר סעודתו דאז בודאי דעתו רק לעכל המזון לכו"ע צריך ברכה [אחרונים] מ"מ נ"ל דאם אכל מאכל שמן ולקח מעט יי"ש להפיג השמנונית שבפיו אם רגיל בענין זה הוא בכלל טפל להאוכל וע"כ אף אם הוא אחר גמר סעודתו א"צ לברך. כתב הח"א דאם שותה אחר גמר סעודתו קאפ"ע הוא רק כדי לעכל המזון ולא דמי לשאר משקין וע"כ צריך לברך ברכה ראשונה ואינו מוכרח ונכון שיברך מתחלה על מעט צוקע"ר לפטור את הקאוו"ע. וכל זה שייך רק לענין חול אבל בשבת ויו"ט בשחרית אין שייך כ"ז דהרי בודאי כבר קידש על הכוס וממ"נ אם קידש על היין הלא פוטר כל המשקין [ובאופן המבואר לעיל בסק"ג] ואם קידש על השכר וכיו"ב הלא מברך שהכל וממילא נפטר גם זה:

et la coutume suit le premier avis - La raison est comme plus haut : il n'y a pas de repas sans boisson, et c'est comme les choses venant à cause du repas. Quant à l'eau-de-vie, certains Aharonim ont écrit qu'il faut une bénédiction pendant le repas, parce qu'on ne la boit pas à cause de la soif du repas comme les autres boissons. Mais le Magen Avraham a écrit que pendant le repas il n'est pas besoin de bénédiction, car alors elle vient éveiller le désir de manger et est aussi considérée comme venant à cause du repas [de même pour les fruits qui viennent attirer le désir de manger, comme les citrons salés, l'olive salée, les cornichons salés et similaires — ce n'est pas comme les autres fruits pendant le repas, qui exigent une bénédiction]. Quelques Aharonim ont copié son avis. En vérité, il conviendrait de pratiquer ici le conseil du Mekhaber pour les autres boissons [bénir sur un peu d'eau-de-vie avant le netilat yadayim dans l'intention d'exempter ce qu'on boira pendant le repas], car il y a des avis là-dessus ; mais le monde a l'habitude d'être indulgent et ils ont de quoi s'appuyer. Tout cela pendant le repas ; mais s'il boit l'eau-de-vie après son repas, alors son intention n'est certainement que de digérer la nourriture, et de l'avis de tous il faut une bénédiction [Aharonim]. Toutefois il me semble que s'il a mangé un aliment gras et a pris un peu d'eau-de-vie pour dissiper le gras de sa bouche, s'il en a l'habitude, c'est dans la catégorie du subordonné à l'aliment ; aussi, même après la fin de son repas, il n'a pas à bénir. Le Haï Adam a écrit que s'il boit du café après la fin de son repas, ce n'est que pour digérer la nourriture et ce n'est pas comme les autres boissons ; aussi faut-il bénir la bénédiction première. Ce n'est pas décisif, et il est correct de bénir d'abord sur un peu de sucre pour exempter le café. Tout cela ne concerne que les jours de semaine ; mais le Chabbat et Yom Tov le matin, rien de tout cela ne s'applique : car certainement il a déjà fait le Kiddouch sur la coupe, et de toute façon, s'il a fait le Kiddouch sur le vin, celui-ci exempte toutes les boissons [selon le mode exposé plus haut au sk 3] ; et s'il a fait le Kiddouch sur la bière ou similaire, il bénit shehakol et cela l'exempte aussi.

(מ) אפילו הסיבו יחד - ר"ל ולא כמו דאמרינן בעלמא [קס"ז סי"א] דאם הסיבו יחד אחד מוציא כולם ועדיף טפי משום ברוב עם הדרת מלך אבל בברכה שבתוך הסעודה לא יעשו כן:

même s'ils se sont accoudés ensemble - C'est-à-dire : et non comme on dit en général [siman 167 seif 11] que s'ils se sont accoudés ensemble, l'un exempte tous, et c'est même préférable à cause de « dans la multitude du peuple est la gloire du Roi » ; mais pour une bénédiction pendant le repas, qu'on ne fasse pas ainsi.

(מא) לענות אמן - ואף דקי"ל בכל מקום דשומע כעונה ועניית אמן אינו מעכב כלל לענין לצאת בהברכה חיישינן שמא יענו אמן ויסתכן [רא"ש וטור]:

pour répondre amen - Et bien que nous tenions partout que celui qui entend est comme celui qui prononce, et que répondre amen n'empêche en rien de s'acquitter par la bénédiction, nous craignons qu'ils répondent amen et se mettent en danger [Roch et Tour].

(מב) משום דחיישינן וכו' - היינו משום דעוסקין אז באכילה ואין בית הבליעה פנוי ומבואר בפוסקים דלדעה זו אף אם יניחו מלאכול ויכינו עצמם לשמוע הברכה ולענות אמן ג"כ לא מהני דמ"מ חיישינן שמא לא יזהרו להפסיק מלאכול ויבוא לידי סכנה [פרישה]:

parce que nous craignons, etc. - C'est-à-dire parce qu'ils sont alors occupés à manger et que le gosier n'est pas libre. Et il est exposé dans les posekim que selon cet avis, même s'ils cessent de manger et se préparent à entendre la bénédiction et à répondre amen, cela n'aide pas non plus : nous craignons néanmoins qu'ils ne prennent pas garde à s'interrompre de manger et en viennent au danger [Pericha].

(מג) ויש אומרים וכו' - דהם ס"ל הטעם דאין אחד יכול להוציא חבירו בברכת היין שבתוך הסעודה משום דטרודים הם לאכול ולא יתנו לב לכוון לשמוע ולצאת ולכן אם אמר מקודם שיברך סברי מורי ומניחים כולן לאכול ויכונו לבם להברכה שפיר דמי וגם משום סכנה ס"ל דאין כאן כיון שפסקו מלאכול:

et certains disent, etc. - Ils estiment que la raison pour laquelle l'un ne peut exempter son compagnon par la bénédiction du vin pendant le repas est qu'ils sont occupés à manger et ne prêteront pas attention pour entendre et s'acquitter. Aussi, s'il a dit auparavant savri morai et que tous cessent de manger et portent leur cœur à la bénédiction, c'est bien. Et quant au danger, ils estiment qu'il n'y en a pas, puisqu'ils ont cessé de manger.

(מד) אחד מברך לכולם - וצריכין שיטעמו כולם תיכף מהכוס ולא יפסיקו בין ברכה להשתיה [מ"א]:

l'un bénit pour tous - Et il faut que tous goûtent aussitôt de la coupe et n'interrompent pas entre la bénédiction et la boisson [Magen Avraham].

(מה) ויאמר סברי רבותי - ר"ל בברכה שבתוך הסעודה כשאחד מברך ומוציא כולם לא יאמר ברשות רבותי [דלשון זה אינו אלא נטילת רשות לברך] אלא סברי רבותי דהיינו שיפסקו מלאכול ויתנו לב לשמוע הברכה ולצאת כנ"ל:

et il dira savri rabotai - C'est-à-dire : pour une bénédiction pendant le repas, quand l'un bénit et exempte tous, qu'il ne dise pas birchout rabotai [cette formule n'est qu'une demande de permission de bénir], mais savri rabotai, c'est-à-dire qu'ils cessent de manger et prêtent attention pour entendre la bénédiction et s'acquitter, comme ci-dessus.

(מו) כל מקום וכו' - ר"ל כשאחד מוציא חבירו כמו קידוש והבדלה וכה"ג. ובחופה וברית מילה שאין נוהגין לומר סברי כלל הוא משום דרק במקום שצריך נטילת רשות אומרים על היין סברי במקום רשות אבל בחופה ומילה שאין נוטלין רשות אין לומר סברי כלל:

en tout lieu, etc. - C'est-à-dire quand l'un exempte son compagnon, comme Kiddouch, Havdala et similaires. Et sous la houppa et à la brit mila, où l'on n'a pas l'habitude de dire savri du tout, c'est parce que seulement là où il faut demander permission on dit sur le vin savri à la place de rechout ; mais sous la houppa et à la mila, où l'on ne demande pas permission, on ne dit pas savri du tout.

(מז) אין אומרים ברשות - פי' אף דהיה ראוי לומר יותר ברשות שהוא נטילת רשות מהמסובין שחפצים בו שיוציא אותם בברכתו אלא משום ברכת היין שבתוך הסעודה דמוכרח לומר סברי כדי שיפסיקו מלאכול נהגו לומר לשון זה בכל מקום שמברכין להוציא אחרים:

on ne dit pas birchout - C'est-à-dire : bien qu'il eût mieux valu dire birchout, qui est une demande de permission aux convives qui souhaitent qu'il les exempte par sa bénédiction, néanmoins, à cause de la bénédiction du vin pendant le repas, où l'on est forcé de dire savri pour qu'ils cessent de manger, on a pris l'habitude de dire cette formule partout où l'on bénit pour exempter les autres.