Quand on apporte un autre vin pendant le repas, on ne re-bénit pas borei peri hagafen mais hatov vehametiv, action de grâce pour l'abondance. Conditions : vrai changement de vin, et non simple remplacement du premier épuisé ; vins non présents ensemble à la première bénédiction ; on ne bénit pas sur un vin qu'on sait médiocre. Règles du blanc et du rouge, du nouveau et du vieux, des deux tonneaux. Il faut un compagnon qui partage le vin et boive des deux.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) יין אחר - ר"ל שמתחלה בירך על יין שבתוך המזון ואח"כ הביאו לו עוד יין אפילו הוא ממין אחר אפ"ה נפטר בברכה ראשונה ועיין לעיל בסימן קע"ד ס"ה:
un autre vin - C'est-à-dire : il a d'abord béni sur du vin pendant le repas, puis on lui a apporté encore du vin, même d'une autre espèce : néanmoins il est exempté par la première bénédiction ; voir plus haut siman 174 seif 5.
(ב) הטוב והמטיב - ומברך אותה בשם ומלכות והוא הודאה על ריבוי היין שנזדמן לו [ועוד כתבו הספרים טעם לנוסח זה כי ידוע שהאדם צריך למעט בתענוגי העולם ויין הלא מביא לידי שמחה ויכול לבוא לידי קלות ראש לכך סידרו נוסח זה של הטוב והמטיב שידוע שברכת הטוב והמטיב שבבהמ"ז תקנו על הרוגי ביתר שנתנו לקבורה ועי"ז יזכור יום המיתה ולא ימשך אחר היין הרבה]. ודוקא על יין שבתוך המזון [או שהיו מסובין לשתות בלא אכילה ואח"כ הביאו להם יין אחר וכדלקמיה בס"ה בהג"ה] אבל על כוס של בהמ"ז א"צ לברך עליו ברכת הטוב והמטיב אף שהוא מין יין אחר דהא כבר אמר הטוב והמטיב בבהמ"ז [מ"א]. בלילי פסח טוב לכתחלה שלא לשתות עוד מין אחר של יין בתוך הסעודה כדי שלא יצטרך לברך עליו הטוב והמטיב ויהיה נראה קצת כמוסיף על הכוסות אך אם הוא צמא וחושק לשתות ממנו יכול לברך עליו הטוב והמטיב [אחרונים]:
hatov vehametiv - Et il la bénit avec le Nom et la royauté ; c'est une action de grâce pour l'abondance de vin qui lui est échue [les livres ont encore écrit une raison pour cette formule : il est connu que l'homme doit réduire les plaisirs de ce monde, et le vin mène à la joie et peut mener à la légèreté ; aussi a-t-on fixé cette formule de hatov vehametiv, dont on sait que la bénédiction hatov vehametiv du Birkat hamazone a été instituée pour les tués de Beitar à qui l'on a donné une sépulture — par là il se souviendra du jour de la mort et ne se laissera pas trop entraîner après le vin]. Et seulement sur le vin pendant le repas [ou s'ils étaient accoudés à boire sans manger, puis on leur a apporté un autre vin, comme plus loin au seif 5 dans la glose]. Mais sur la coupe du Birkat hamazone, il n'est pas besoin de bénir hatov vehametiv, même si c'est une autre espèce de vin, car il a déjà dit hatov vehametiv dans le Birkat hamazone [Magen Avraham]. Les soirs de Pessa'h, il est bon a priori (lekhathila) de ne pas boire encore une autre espèce de vin pendant le repas, afin de ne pas avoir à bénir hatov vehametiv et que cela ne paraisse un peu comme un ajout aux coupes ; mais s'il a soif et désire en boire, il peut bénir hatov vehametiv [Aharonim].
(ג) אע"ג שאין לו וכו' - עיין במ"א בשם פוסקים שיש דעות בזה וע"כ הכריעו לדינא דאם יש להם מן הראשון והביאו השני כדי שיטעמו יין אחר משונה מן הראשון מברכין עליו הטוב והמטיב אבל אם אין להם כלל מראשון א"כ לא מחמת שינוי הביאו אלא מפני שכלה הראשון אין מברכין עליו שאין בזה ריבוי טובה כ"כ:
même s'il n'a plus, etc. - Voir au Magen Avraham au nom des posekim qu'il y a des avis là-dessus. Aussi a-t-on tranché en halakha : s'ils ont encore du premier et qu'on a apporté le second pour qu'ils goûtent un autre vin différent du premier, on bénit hatov vehametiv ; mais s'ils n'ont plus du tout du premier, alors on ne l'a pas apporté à cause du changement mais parce que le premier est épuisé : on ne bénit pas, car il n'y a pas là une telle abondance de bien.
(ד) ולאו דוקא וכו' מחדש - ר"ל שהביאו להם עתה בבית אלא ה"ה אם היה להם מתחלה שתי יינות בבית ודעתו לשתותם אלא שהיין השני לא היה מוכן לפניו על השלחן בשעת ברכת בפה"ג וכדלקמיה [לבוש] ודעת הל"ח דכשהם בביתו בשעת ברכת בפה"ג ודעתו לשתותם כמונח לפניו על השלחן דמי וא"צ לברך ברכת הטוב וספק ברכות להקל:
et ce n'est pas seulement… nouvellement - C'est-à-dire qu'on les leur a apportés maintenant dans la maison ; de même s'ils avaient dès le début deux vins dans la maison et l'intention de les boire, mais que le second vin n'était pas prêt devant lui sur la table au moment de borei peri hagafen, comme plus loin [Levouch]. L'avis du Le'hem 'Hamoudot : lorsqu'ils sont dans sa maison au moment de borei peri hagafen et qu'il a l'intention de les boire, c'est comme s'ils étaient posés devant lui sur la table, et il n'a pas à bénir hatov vehametiv ; et le doute en matière de bénédictions est à l'indulgence.
(ה) שלא היו לפניו וכו' - או שעבר ובירך על הגרוע תחלה צריך לברך ברכת הטוב על היין השני:
qui n'étaient pas devant lui, etc. - Ou s'il a transgressé et a béni d'abord sur le médiocre, il doit bénir hatov vehametiv sur le second vin.
(ו) אלא בפה"ג - ר"ל על היין המשובח וממילא נפטר היין הגרוע מכל וכל וכן פסקו האחרונים:
seulement borei peri hagafen - C'est-à-dire sur le vin excellent, et de ce fait le vin médiocre est entièrement exempté ; ainsi ont tranché les Aharonim.
(ז) שאינו יודע שהוא גרוע - אבל אם יודע שהוא גרוע אפי' מעט לא יברך עליו אף שהוא מין אחר [אחרונים]:
s'il ne sait pas qu'il est médiocre - Mais s'il sait qu'il est médiocre, même un peu, qu'il ne bénisse pas sur lui, même si c'est une autre espèce [Aharonim].
(ח) ממנו - כתב הט"ז דוקא אם הוא מסתפק שמא הוא גרוע רק ממנו אבל אם הוא מסתפק שמא הוא גרוע מאד עד שאינו ראוי לשתות אלא מדוחק לא יברך עליו ברכת הטוב:
que lui - Le Taz a écrit : seulement s'il doute qu'il soit seulement un peu plus médiocre que lui ; mais s'il doute qu'il soit très médiocre, au point de n'être buvable que par nécessité, qu'il ne bénisse pas hatov vehametiv.
(ט) ואין חילוק וכו' - היינו בין לענין ברכת בפה"ג שאין צריך לברך אפילו מחדש לישן ובין לענין ברכת הטוב שצריך לברך אפילו כששניהם חדשים [הגר"א] והטעם דכיון שהובאו משני כלים חשיבי כשני מינים וכדלקמן בס"ו:
et il n'y a pas de différence, etc. - C'est-à-dire : ni pour borei peri hagafen, qu'il n'est pas besoin de bénir même du nouveau à l'ancien, ni pour hatov vehametiv, qu'il faut bénir même si les deux sont nouveaux [le Gra]. La raison : puisqu'ils ont été apportés de deux récipients, on les considère comme deux espèces, comme plus loin au seif 6.
(י) או אחד חדש וכו' - ודוקא מחדש לישן אבל מישן לחדש בסתמא לא אא"כ ידוע לו שהחדש ההוא טוב כמו הישן [עט"ז וא"ר וש"א]:
ou l'un nouveau, etc. - Et seulement du nouveau à l'ancien ; mais de l'ancien au nouveau, par défaut non — sauf s'il sait que ce nouveau-là est aussi bon que l'ancien [Ateret Zvi, Eliya Rabba et d'autres].
(יא) תוך שלשים יום - לאפוקי ממאן דס"ל דאם שתה תוך ל' מיין זה אין חביב עליו כ"כ ולא יברך עליו ברכת הטוב קמ"ל:
dans les trente jours - Pour exclure l'avis selon lequel s'il a bu de ce vin dans les trente jours, il ne lui est plus tant cher et il ne bénirait pas hatov vehametiv — cela nous enseigne le contraire.
(יב) יותר גרוע - ר"ל גרוע קצת אבל אם הוא גרוע הרבה לא יברך:
plus médiocre - C'est-à-dire un peu médiocre ; mais s'il est très médiocre, qu'il ne bénisse pas.
(יג) יותר מן האדום - ומ"מ אם שתה לבן תחלה ואח"כ הביאו לו אדום מברך עליו ברכת הטוב אם יודע שהאדום משובח יותר אבל בסתמא לא מפני שהלבן בריא יותר לגוף ונחשב אדום לגביה כגרוע ממנו:
plus que le rouge - Toutefois, s'il a bu du blanc d'abord et qu'on lui a ensuite apporté du rouge, il bénit hatov vehametiv s'il sait que le rouge est meilleur ; mais par défaut non, parce que le blanc est plus sain pour le corps et le rouge est considéré par rapport à lui comme plus médiocre.
(יד) על הטוב וכו' - ואם מסופק לו איזהו טוב ואיזהו רע מותר לו לכתחלה לברך בפה"ג על האחת וברכת הטוב על השני אף שהובאו לפניו לכתחלה שניהן כאחת וזהו מדינא ומ"מ טוב להדר כשיש לו ספק איזהו טוב שמתחלה יסלק אחת מן השלחן ואח"כ יברך בפה"ג על האחת ואח"כ יברך ברכת הטוב על השני ויוצא בזה ידי כל החששות. כתב בא"ר דכן אם רוצה לברך על כמה יינות יסירם עכ"פ מהשלחן בשעת ברכה ראשונה ואח"כ כששותה אפילו כמה יינות מברך על כ"א ברכת הטוב:
sur le bon, etc. - Et s'il doute lequel est bon et lequel est mauvais, il lui est permis a priori de bénir borei peri hagafen sur l'un et hatov vehametiv sur l'autre, même s'ils ont été apportés devant lui dès le début tous les deux ensemble : c'est la loi. Toutefois il est bon de s'efforcer, en cas de doute sur lequel est bon, de retirer d'abord l'un de la table, puis de bénir borei peri hagafen sur l'un, puis hatov vehametiv sur le second : ainsi il sort de toutes les craintes. L'Eliya Rabba a écrit : de même, s'il veut bénir sur plusieurs vins, qu'il les retire au moins de la table au moment de la première bénédiction ; ensuite, quand il boit, même plusieurs vins, il bénit hatov vehametiv sur chacun.
(טו) עמו - ושותה מאותו יין אבל אם אינו שותה אלא הוא לבדו או ששותה רק חבירו לבדו אין מברכין ע"ז ברכת הטוב גם בעינן דוקא שיהיה לחבירו שותפות באותו היין אבל אם הוא רק אורח בעלמא שבעה"ב נתן לו לשתות לא יכול לומר ברכת הטוב וכתב המ"א דגם הבעה"ב לא יכול לומר ברכה זו באופן זה אם לא שהבעה"ב העמיד הקנקן על השלחן לשתות מי שירצה הוי כשותפות ויכול אף האורח לברך ואשתו ובניו כיון שצריך לפרנסן הוי כאלו יש להם חלק בו. גם בעינן שישתו בחבורה ביחד ולא זה בחדר זה וזה בחדר זה. גם הסכימו כמה אחרונים שאין לברך ברכת הטוב אלא כששתו שניהם משתי היינות אבל אם שתו שניהם רק מיין הראשון ומיין השני שתה רק אחד או להיפך אין לברך. כתבו האחרונים בברכת הטוב יכול לברך בדיעבד אף שכבר שתה ונזכר כשהיין בפיו שבולעו ומברך אח"כ אבל אם נזכר אחר שכבר שתה אין כדאי לברך ומיהו כשיש עוד יין בקנקן לכו"ע יכול לברך דדמי למי ששכח לברך המוציא ונזכר קודם גמר סעודה [פמ"ג]:
avec lui - Et il boit de ce vin. Mais s'il ne boit pas, lui seul, ou que seul son compagnon boit, on ne bénit pas hatov vehametiv. Il faut aussi précisément que le compagnon ait une part dans ce vin ; s'il n'est qu'un hôte quelconque à qui le maître de maison a donné à boire, il ne peut pas dire hatov vehametiv. Et le Magen Avraham a écrit que le maître de maison non plus ne peut pas dire cette bénédiction de cette façon — sauf si le maître de maison a posé le pichet sur la table pour que boive qui voudra : c'est comme une association, et même l'hôte peut bénir ; et sa femme et ses enfants, puisqu'il doit les nourrir, c'est comme s'ils avaient une part. Il faut aussi qu'ils boivent en groupe ensemble, et non l'un dans une pièce et l'autre dans une autre. Plusieurs Aharonim sont aussi d'accord qu'on ne bénit hatov vehametiv que s'ils ont tous deux bu des deux vins ; mais s'ils ont tous deux bu seulement du premier et que du second un seul a bu, ou l'inverse, on ne bénit pas. Les Aharonim ont écrit : pour hatov vehametiv, on peut bénir après coup (bediavad) même s'il a déjà bu et s'en est souvenu alors que le vin est encore dans sa bouche : il l'avale et bénit ensuite. Mais s'il s'en est souvenu après avoir déjà bu, il ne convient pas de bénir. Toutefois s'il reste encore du vin dans le pichet, de l'avis de tous il peut bénir : c'est comme celui qui a oublié de bénir hamotsi et s'en souvient avant la fin du repas [Peri Megadim].
(טז) חשיבי כשני מינים - דכיון שכל אחד היה תוסס בחבית בפ"ע בשיעור זמן זה עדיין חדש הוא ויכול להשתנות כל אחד בטעמו משא"כ אחר ארבעים יום הוא בכלל יין ישן ואין משתנה טעמו ומין אחד הוא ואין זה בכלל שינוי יין:
on les considère comme deux espèces - Puisque chacun a fermenté dans un tonneau à part pendant ce laps de temps, il est encore nouveau et chacun peut changer de goût ; ce qui n'est pas le cas après quarante jours : il entre dans la catégorie du vin vieux, son goût ne change plus, c'est une seule espèce, et ce n'est pas un changement de vin.