Le pain exempte les mets qui accompagnent le repas (viandes, poissons, plats, légumes servant à tremper le pain). Les fruits et sucreries de dessert exigent une bénédiction avant, même pendant le repas. Le Birkat hamazone les couvre après s'ils sont liés au repas. Distinctions selon que l'on mange avec ou sans pain, selon la fixation du repas, et résumé pratique pour les fruits.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) ללפת בהם וכו' - ודייסא אף שהיא עבה ואינו מלפת בהם הפת ונאכל בפ"ע מ"מ כיון שבאת להשביע עיקר סעודה היא ונטפלת להפת וה"ה כל מיני תבשילין הרגילין לבוא לתוך סעודת הפת [רא"ש]:
pour y tremper le pain, etc. - Même une bouillie (dayssa) épaisse, qu'on ne trempe pas avec le pain et qu'on mange à part, fait néanmoins partie de l'essentiel du repas puisqu'elle vient pour rassasier : elle est subordonnée (tefel) au pain. Il en va de même de tous les plats habituellement servis dans un repas de pain [Roch].
(ב) בלא פת - דכיון שתמיד באים ללפת את הפת מעיקר הסעודה הם ונטפלים להפת:
sans pain - Puisqu'ils viennent toujours pour accompagner le pain, ils font partie de l'essentiel du repas et sont subordonnés au pain.
(ג) פוטרתן - ואם אינו חפץ לאכול פת אלא אוכל מעט פת כדי לפוטרם כתבו האחרונים דיש להסתפק אם יכול לפוטרם דלא שייך לומר שהם נטפלים להפת כיון שלא היה חפץ באכילתו וכ"ש כשאכל רק פחות מכזית או אולי כיון דדרך העולם לקבוע סעודה על הפת ברכת הפת פוטרתן בכל גווני וע"כ כתבו דבאופן זה טוב יותר שיברך על השארי דברים הברכה הראויה לכל אחת ולא יאכל פת כלל אם לא בשבת ויו"ט דאז מצוה לאכול כזית פת חשוב הוא ונעשו הכל טפלים לו:
les exempte - Si l'on n'a pas envie de pain et qu'on n'en mange un peu que pour les exempter, les Aharonim ont écrit qu'il y a doute : peut-on dire qu'ils sont subordonnés au pain, puisqu'on n'avait pas envie d'en manger ? À plus forte raison si l'on n'a mangé que moins d'un kezayit. Ou bien, l'usage étant de fixer le repas sur le pain, la bénédiction du pain les exempte dans tous les cas. Aussi ont-ils écrit qu'en ce cas il vaut mieux bénir sur chaque aliment la bénédiction qui lui est propre et ne pas manger de pain du tout — sauf le Chabbat et Yom Tov, où il y a mitsva de manger un kezayit de pain : celui-ci est alors important et tout lui devient subordonné.
(ד) כגון תאנים וכו' - וכן כל דבר שבא רק לקינוח ולא להשביע. ואפילו היו הפירות לפניו בשעה שבירך המוציא. ואפילו הם מבושלים ג"כ אין הפת פוטרתן כיון שאין שייכים לפת [אחרונים] ואפילו אם בישלו הפירות עם בשר משמע מכמה אחרונים דצריך לברך עליהם דאין הפירות נעשין טפילין להבשר והוא דלא כדעת הח"א שכתב דהפירות טפלין לגבי הבשר אכן בספר יד הקטנה מצאתי שמצדד ג"כ לומר דלא יברך אלא דכתב טעם אחר בזה דהיכא דמבשל הפירות עם בשר או עם שומן ודבש ועושה מהן תבשיל (שקורין עפי"ל צימע"ס או מהאגסים שקורין בארי"ן) נראה שכל עיקרן הן באין למזון ולסעודה ולא לקינוח בעלמא אלא בתורת תבשיל כשאר תבשילין שנעשין מלפת וירק שא"צ לברך עליהם מטעם זה ומסיים דלצאת ידי ספק כשרוצה לאכול צימע"ס מפירות מבושלים יקח תחלה איזה פרי חי ויברך עליה להוציא את זה ואם אין לו פרי חי יאכל תחלה וסוף עם פת עי"ש. ואין בכלל זה מה שמביאין מעט פירות מבושלין לקינוח סעודה [שקורין קאמפאט] דזה אין בא למזון כלל רק לקינוח סעודה וצריך ברכה:
comme des figues, etc. - De même tout ce qui vient seulement en dessert (kinouah) et non pour rassasier. Même si les fruits étaient devant lui au moment de hamotsi. Même cuits, le pain ne les exempte pas, car ils n'ont pas de lien avec le pain [Aharonim]. Même cuits avec de la viande, plusieurs Aharonim impliquent qu'il faut bénir sur eux : les fruits ne deviennent pas subordonnés à la viande — contrairement au Haï Adam, qui les dit subordonnés à la viande. Dans le Yad ha-Ketana, j'ai trouvé qu'il penche aussi à ne pas bénir, mais pour une autre raison : quand on cuit les fruits avec de la viande, de la graisse et du miel, et qu'on en fait un plat (appelé epl tsimmes, ou avec des poires barn), leur essence est d'être un aliment de repas, non un simple dessert : c'est un plat comme ceux de légumes, sur lesquels on ne bénit pas. Il conclut que, pour sortir du doute, si l'on veut manger un tsimmes de fruits cuits, on prendra d'abord un fruit cru et on bénira dessus pour l'exempter ; à défaut de fruit cru, on en mangera au début et à la fin avec du pain, voir là-bas. N'entre pas dans cette catégorie le peu de fruits cuits apportés en dessert (appelé kompott) : cela ne vient pas nourrir, seulement en dessert, et il faut une bénédiction.
(ה) וכל מיני פירות - ה"ה חזרת וקשואין ומלפפונות חיין או צנון ובצל ג"כ צריך לברך עליהן אכן אם אוכל חזרת או צנון ובצל וכדומה עם בשר הן נעשין טפל לבשר והבשר ללחם [פמ"ג]:
et toutes sortes de fruits - De même la laitue, les courges et les concombres crus, ou le radis et l'oignon : il faut aussi bénir sur eux. Toutefois, si l'on mange laitue, radis, oignon et similaires avec de la viande, ils deviennent subordonnés à la viande, et la viande au pain [Peri Megadim].
(ו) וע"ל סימן קס"ח - דשם נתבאר לענין פת כיסנין כשאוכלין באמצע סעודתו:
et voir plus haut siman 168 - Là est exposé le cas du pain kisnin lorsqu'on en mange au milieu du repas.
(ז) ברהמ"ז פוטרתם - דלענין בהמ"ז נטפלים הם להסעודה דכיון שעתיד לברך על כל מה שאכל גם זה נכלל עמו:
le Birkat hamazone les exempte - Pour le Birkat hamazone, ils sont subordonnés au repas : puisqu'on va bénir sur tout ce qu'on a mangé, cela y est inclus.
(ח) ואם בתחלת אכילתו וכו' - ר"ל שתחלת אכילת אותן פירות היה עם פת וגם כונתו הוא לאכול עמהם פת גם אח"כ אף שאכל עמהם באמצע בלא פת א"צ לברך עליהם דכיון שאכל אותם תחלה וסוף עם פת נחשבין כדברים הבאים מחמת הסעודה בתוך הסעודה דא"צ ברכה כנ"ל אך כ"ז דוקא כשהובאו ללפת בהם את הפת ולא לקינוח דאם הובאו רק לקינוח אף שאכל עמהם מקצת פת תחלה וסוף לא מהני ומה שאוכל בלא פת צריך ברכה. וגם לא מיירי כשעיקר קביעות סעודתו היתה על אלו הפירות דאז א"צ שיאכל גם לבסוף עם פת דוקא ורק כיון שהתחיל לאכול עם פת שוב אין מברך עליהם אף כשאכלן אח"כ לבדן לכו"ע כמבואר בס"ג:
et si au début de sa consommation, etc. - C'est-à-dire : le début de la consommation de ces fruits s'est fait avec du pain, et son intention est d'en manger encore avec du pain ensuite ; même s'il en a mangé au milieu sans pain, il n'a pas à bénir sur eux, car les ayant mangés au début et à la fin avec du pain, on les considère comme des choses venant à cause du repas pendant le repas, qui n'exigent pas de bénédiction, comme ci-dessus. Mais tout cela seulement s'ils ont été apportés pour accompagner le pain, non en dessert : s'ils n'ont été apportés qu'en dessert, même s'il en a mangé un peu avec du pain au début et à la fin, cela n'aide pas, et ce qu'il mange sans pain exige une bénédiction. On ne parle pas non plus du cas où l'essentiel de la fixation de son repas était sur ces fruits : alors il n'est pas nécessaire de manger aussi à la fin avec du pain précisément ; du seul fait qu'il a commencé avec du pain, on ne bénit plus sur eux même s'il les mange ensuite seuls, de l'avis de tous, comme exposé au seif 3.
(ט) ובסוף אכל עמהם - ואם אין בדעתו לאכול עוד עם פת צריך לברך על הפירות לפניהם ועיין בבה"ל:
et à la fin il en a mangé avec eux - S'il n'a pas l'intention de manger encore avec du pain, il doit bénir sur les fruits avant eux ; voir au Biour Halakha.
(י) אינם טעונים ברכה - והאחרונים כתבו דראוי ליזהר לכתחלה כשהובאו לפניו פירות בתוך הסעודה ללפת בהם את הפת שיברך מתחלה עליהם קודם שיאכלם עם הפת ויאכלם קצת בפ"ע ואח"כ יוכל לאכול בין עם פת בין בלא פת כי יש מהראשונים דסברי דאפילו אם אוכל תחלה וסוף עם פת אם אוכל באמצע בלא פת צריך לברך ובדיעבד אם לא בירך מתחלה מותר לאכול אך שיראה לאכול גם לבסוף עם פת. אמנם אם עיקר קביעת סעודתו היתה מתחלה על הפירות אז לכו"ע אפילו אם אוכל אח"כ בלא פת א"צ לברך כמ"ש בס"ג. אם אכל פשטיד"א שממולא עם פירות א"צ לברך על הפירות דנטפלים הם להקמח ועיין לעיל בסימן קס"ח במ"ב:
ils n'exigent pas de bénédiction - Les Aharonim ont écrit qu'il convient de veiller a priori (lekhathila), lorsque des fruits ont été apportés pendant le repas pour accompagner le pain, à bénir d'abord sur eux avant de les manger avec le pain, et d'en manger un peu à part ; ensuite on pourra en manger avec ou sans pain. Car certains Rishonim estiment que même si l'on mange au début et à la fin avec du pain, si l'on en mange au milieu sans pain, il faut bénir. Après coup (bediavad), si l'on n'a pas béni au début, il est permis de manger, mais que l'on veille à manger aussi à la fin avec du pain. Toutefois, si l'essentiel de la fixation du repas était dès le début sur les fruits, alors de l'avis de tous, même si l'on en mange ensuite sans pain, on n'a pas à bénir, comme au seif 3. Si l'on a mangé une tourte (pashtida) farcie de fruits, on n'a pas à bénir sur les fruits : ils sont subordonnés à la farine ; voir plus haut siman 168 dans le MB.
(יא) הבאים מחמת הסעודה - כגון בשר ודגים וכיו"ב וכנ"ל:
qui viennent à cause du repas - Comme la viande, le poisson et similaires, comme ci-dessus.
(יב) שלא מחמת הסעודה - כמו פירות ומיני מתיקה הבאים רק לקינוח וכנ"ל:
qui ne viennent pas à cause du repas - Comme les fruits et les sucreries qui ne viennent qu'en dessert, comme ci-dessus.
(יג) בין לאחריהם - ואף אם אכל דברים שברכתן מעין שלש לא נפטרו בבהמ"ז דבהמ"ז אינו פוטר מעין שלש כמ"ש לקמן בסימן ר"ח סי"ז ע"ש:
ni après eux - Même si l'on a mangé des choses dont la bénédiction est mé'ein chaloch, elles ne sont pas exemptées par le Birkat hamazone, car le Birkat hamazone n'exempte pas mé'ein chaloch, comme écrit plus loin siman 208 seif 17, voir là-bas.
(יד) תוך עיקר הסעודה - דאחר שמשכו ידיהם מן הפת שוב אין נטפלים אליו ולכן צריכין ברכה בפני עצמם בין לפניהם בין לאחריהם:
pendant l'essentiel du repas - Après qu'on a retiré les mains du pain, ils ne lui sont plus subordonnés ; aussi faut-il une bénédiction propre, avant et après.
(טו) ואם קובע וכו' - ר"ל שקביעת סעודתו ללפת הפת היה רק אלו הפירות וע"כ נחשבים הם כשאר דברים הנזכרים לעיל בס"א:
et s'il fixe, etc. - C'est-à-dire que la fixation de son repas pour accompagner le pain n'était que ces fruits ; aussi les considère-t-on comme les autres choses mentionnées plus haut au seif 1.
(טז) ויש חולקין - ס"ל דמ"מ אם אכל מהם בתחלה בלא פת אינם נעשים טפל להסעודה וצריך לברך עליהם בתחלה:
et certains contestent - Ils estiment que néanmoins, s'il en a mangé au début sans pain, ils ne deviennent pas subordonnés au repas et il faut bénir sur eux au début.
(יז) ואע"פ וכו' מאחר וכו' - ר"ל דאף דבס"א אמרינן שיאכל פת דוקא גם לבסוף בזה שעיקר קביעת סעודתו מתחלה היה רק על אלו הפירות יוכל לאכול אח"כ לכו"ע בלא ברכה אף שאין דעתו לאכול עמהם עוד פת:
et bien que… puisque… - C'est-à-dire : même si au seif 1 on dit qu'il faut manger du pain précisément aussi à la fin, ici, où l'essentiel de la fixation du repas dès le début n'était que sur ces fruits, il pourra ensuite manger de l'avis de tous sans bénédiction, même s'il n'a pas l'intention de manger encore du pain avec eux.
(יח) שלא היו וכו' - ואפילו לא היה ג"כ דעתו עליהם בפירוש דכיון שקובע עצמו לאכילה הרי מן הסתם דעתו על כל מה שיביאו לו [מ"א בסי' רי"ב]:
qui n'étaient pas, etc. - Et même s'il n'avait pas non plus l'intention explicite à leur sujet : puisqu'il se fixe pour manger, son intention porte par défaut sur tout ce qu'on lui apportera [Magen Avraham au siman 212].
(יט) ברכה כלל - פי' למה שאוכל עם הפת ומה שאוכל בלא פת נתבאר בסעיפים הקודמים:
aucune bénédiction - C'est-à-dire pour ce qu'il mange avec le pain ; ce qu'il mange sans pain a été exposé dans les seifim précédents.
(כ) שדרכן לבוא וכו' - ר"ל וגם אוכלן עם הפת כיון שהוא מבית אחרים שבודאי לא היה דעתו עליהם כלל אין נפטרין בברכת הפת:
dont la coutume est de venir, etc. - C'est-à-dire : même s'il les mange avec le pain, puisqu'il est chez autrui et n'avait certainement aucune intention à leur sujet, ils ne sont pas exemptés par la bénédiction du pain.
(כא) על כל מה וכו' - והיינו כשהביאו לו דברים הבאים מחמת הסעודה וכנ"ל בס"א דאלו אם הביאו לו מיני פירות לא מהני אפי' היה דעתו לזה בשעת ברכת המוציא שיוכל לאכלן אח"כ בלי ברכה [ואפילו בפירות שלו] אא"כ מלפת בהם הפת. קיצור דיני פירות הבאים בתוך הסעודה: אם אוכל עם הפת פשיטא שא"צ כלל ברכה דנעשה טפל לפת ואפילו לא היה דעתו לזה בפירוש בשעת ברכת המוציא. ואם אוכל בלא פת פשיטא שצריך ברכה לפניהם ואפילו הם מבושלים דהוי שלא מחמת הסעודה רק לקינוח בעלמא. אבל אם רוצה לאכול פירות קצת עם הפת וקצת בלא פת בזה יש דעות חלוקות ע"כ יש לנהוג שיאכל תחלה מעט בלא פת ויברך עליהן ואח"כ יוכל לאכול שאר הפירות בין בפת ובין בלא פת. וזהו בקובע סעודתו ללפת הפת בשאר דברים אבל בקובע סעודתו ללפת הפת בפירות כיון שאכל מתחלה פירות עם פת יוכל לאכול בסוף פירות בלא פת בלא ברכה:
sur tout ce que… - C'est-à-dire lorsqu'on lui a apporté des choses venant à cause du repas, comme ci-dessus au seif 1. Car si on lui a apporté des fruits, cela n'aide pas, même s'il en avait l'intention au moment de hamotsi, pour pouvoir les manger ensuite sans bénédiction [même pour ses propres fruits], à moins qu'il n'accompagne le pain avec eux. Résumé des lois des fruits apportés pendant le repas : s'il les mange avec le pain, aucune bénédiction n'est nécessaire — ils deviennent subordonnés au pain, même sans intention explicite au moment de hamotsi. S'il les mange sans pain, il faut une bénédiction avant eux, même s'ils sont cuits, car ce n'est pas à cause du repas, seulement un simple dessert. S'il veut en manger un peu avec le pain et un peu sans pain, les avis sont partagés ; aussi faut-il pratiquer ainsi : manger d'abord un peu sans pain et bénir sur eux, puis on pourra manger le reste avec ou sans pain. Cela vaut quand on fixe son repas pour accompagner le pain avec d'autres choses ; mais quand on fixe son repas pour accompagner le pain avec des fruits, dès qu'on a mangé au début des fruits avec du pain, on pourra à la fin manger des fruits sans pain sans bénédiction.