Une consommation interdite n'autorise ni bénédiction ni zimmoun, sauf danger de mort où l'aliment devient permis. Des convives qui ne peuvent pas manger du même pain (neder, viande et lait) ne s'associent pas.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) דבר איסור - אפילו אין איסורו בעצם אלא משום שהוא אסר ע"ע דבר זה:
Chose interdite - même si l'interdiction n'est pas inhérente à l'aliment, mais seulement parce qu'il s'est interdit cette chose à lui-même.
(ב) ואין מברכין עליו - וה"ה שאין עונין אמן על ברכתו:
Et l'on ne bénit pas dessus - et de même on ne répond pas amen à sa bénédiction.
(ג) לא בתחלה וכו' - הואיל ודבר איסור הוא ויש עבירה באכילתו מנאץ את ה' בברכתו ע"ז וכענין שנאמר בוצע ברך נאץ ה':
Ni au début, etc. - puisque c'est une chose interdite et qu'il y a une faute dans sa consommation, il outrage ה' par la bénédiction qu'il récite dessus, selon le verset : « Celui qui profite [d'un bien mal acquis] et bénit outrage ה'. »
(ד) ולא בסוף - ואפילו אם אכל כדי שביעה ואם אכל בשוגג ונזכר אחר אכילתו דעת הט"ז ועוד כמה אחרונים דבזה יוכל לברך בסוף [והיינו אפילו לא אכל כדי שביעה] דבזה לא שייך נאוץ אלא דלענין זימון אפילו בשוגג אין לזמן ע"ז דאכילת איסור לא חשיבא קביעות. אם גנב או גזל חטים וטחנן ואפאן י"א שאע"פ שקנאן בשינוי והרי הם שלו אלא שחייב לשלם לו דמים עבורם מ"מ אסור לברך ע"ז בין ברכה ראשונה ובין בהמ"ז דלענין ברכה דאית בה הזכרת השם חמיר טפי ותמיד הוא בכלל נאוץ וי"א דהואיל וקנה יכול לברך ודעת המ"א דלענין בהמ"ז אם אכל כדי שביעה יש להורות בזה שיברך בהמ"ז דהוא דאורייתא ויש להחמיר ולברך:
Ni à la fin - même s'il a mangé à satiété. S'il a mangé par shogeg (par erreur) et s'en est souvenu après avoir mangé, l'avis du Taz et de plusieurs Aharonim est qu'il peut alors bénir à la fin [même s'il n'a pas mangé à satiété], car l'outrage n'a pas lieu en ce cas ; mais pour le zimmoun, même en shogeg, on ne fait pas de zimmoun là-dessus, car une consommation interdite n'est pas considérée comme une keviout. S'il a volé ou extorqué du blé, l'a moulu et en a cuit du pain, certains disent que, bien qu'il l'ait acquis par transformation et que le pain soit sien — sauf qu'il doit en payer la valeur —, il est néanmoins interdit de bénir dessus, tant la bénédiction initiale que Birkat hamazone, car une bénédiction qui comporte la mention du Nom est plus grave, et il reste toujours dans le cas de l'outrage ; d'autres disent que, puisqu'il a acquis, il peut bénir. L'avis du Magen Avraham est que, pour Birkat hamazone, s'il a mangé à satiété, on doit lui enseigner de réciter Birkat hamazone, car c'est une obligation de la Torah, et il y a lieu d'être strict et de bénir.
(ה) דבר איסור - ואפי' אכל איסור דאורייתא במקום סכנה כגון מפני חולי והטעם דכיון דסכנה הוא התירא קאכיל ואדרבה מצוה קעביד להציל נפשו וכדכתיב וחי בהם ואחז"ל וחי בהם ולא שימות בהם:
Chose interdite - et même s'il a mangé un interdit de la Torah en situation de danger, par exemple à cause d'une maladie. La raison : puisque c'est un danger, c'est une chose permise qu'il mange, et au contraire il accomplit une mitsva en sauvant sa vie, comme il est écrit « et tu vivras par elles », et nos Sages ont dit : « et tu vivras par elles — et non que tu meures par elles ».
(ו) וע"ל סי' ר"ד - דשם נשנה דין זה ונתבאר שם בס"ח בהג"ה דאם אנסוהו לאכול אינו מברך אע"ג דהיה מוכרח לאכול מפני הסכנה וע"ש במ"ב:
Et voir plus haut siman 204 - car là cette loi est reprise, et il est expliqué au seif 8 dans la glose que s'il a été anos (contraint) à manger, il ne bénit pas, bien qu'il ait été forcé de manger à cause du danger ; voir là-bas dans le MB.
(ז) מצטרפין - אע"פ שכל אחד אוכל מככרו:
Ils s'associent - même si chacun mange de son propre pain.
(ח) אינם מצטרפין - שכל צירוף לזימון אינו אלא כשהם יכולים להתחבר יחד באכילתן לאכול לחם אחד וכאן כ"א נזהר מלחם חבירו:
Ils ne s'associent pas - car toute association pour le zimmoun n'a lieu que lorsqu'ils peuvent se joindre dans leur consommation pour manger un même pain ; or ici chacun se garde du pain de l'autre.
(ט) לשלשה שמודרים וכו' - בין שכל אחד מהם מודר מחבירו בין שאחד מודר מהשנים והשנים ממנו דעכ"פ אותו האחד אינו יכול לאכול משלהם והם משלו לכך אינם מצטרפין אבל כששנים מודרים מאחד והוא אינו מודר מהם ודאי מצטרפין כיון שהאחד יכול לאכול עמהם. כתבו הפוסקים דה"ה כשאחד אוכל חלב או גבינה והשנים בשר מצטרפין שהאוכל גבינה הרי יכול לאכול מלחמם אע"פ שהוא מלוכלך בבשר אם יקנח פיו וידיחנו [והמנהג שהאוכל גבינה הוא המברך ברכת הזימון ולא להיפוך שהוא הגורם להזימון] אבל אם אוכל גבינה קשה אינן מצטרפין שהמנהג עכשיו שלא לאכול בשר אחר גבינה קשה ע"י קינוח והדחה וכן מר"ח עד ט"ב שאין אוכלים בשר רק בסעודת מצוה ויש שנזהרין גם בזה ואוכלין רק מאכלי חלב כמו שכתב בסימן תקנ"א אותן שנזהרין מבשר ואוכלין חלב אין מצטרפין עם אוכלי בשר דהרי אין יכולין לאכול זה עם זה אלא אם כן אכלו כזית פת קודם שאוכלי בשר התחילו לאכול בשר בלחמם שאז עדיין היו יכולין לאכול ביחד או שאחד מבני הסעודה אכל כזית לחם אחר שאינו מלוכלך לא בבשר ולא בחלב שזה מצרף את כולם שהרי כולם יכולים לאכול מלחמו:
Pour trois qui sont mudarim, etc. - que chacun d'eux soit mudar vis-à-vis de l'autre, ou qu'un soit mudar vis-à-vis des deux et les deux vis-à-vis de lui : en tout état de cause, celui-là ne peut manger de chez eux ni eux de chez lui, donc ils ne s'associent pas. Mais si deux sont mudarim vis-à-vis d'un seul, et que celui-ci n'est pas mudar vis-à-vis d'eux, ils s'associent certainement, puisque l'un peut manger avec eux. Les décisionnaires ont écrit qu'il en va de même si l'un mange du lait ou du fromage et les deux de la viande : ils s'associent, car celui qui mange du fromage peut manger de leur pain, même s'il est souillé de viande, s'il s'essuie la bouche et se rince [et l'usage est que celui qui mange du fromage récite la bénédiction du zimmoun, et non l'inverse, car c'est lui qui provoque le zimmoun]. Mais s'il mange du fromage dur, ils ne s'associent pas, car l'usage aujourd'hui est de ne pas manger de viande après du fromage dur, même après s'être essuyé et rincé. De même, de Roch Hodesh jusqu'à Tisha beAv, où l'on ne mange de viande que dans un repas de mitsva — et certains s'en gardent même alors et ne mangent que des aliments lactés, comme il est écrit au siman 551 : ceux qui s'abstiennent de viande et mangent du lait ne s'associent pas avec ceux qui mangent de la viande, car ils ne peuvent manger les uns avec les autres — à moins qu'ils n'aient mangé un kezayit de pain avant que les mangeurs de viande n'aient commencé à manger de la viande avec leur pain, car alors ils pouvaient encore manger ensemble ; ou qu'un des convives ait mangé un kezayit d'un autre pain qui n'est souillé ni de viande ni de lait : celui-là associe tout le monde, car tous peuvent manger de son pain.