משנה ברורה

Michna Beroura — siman 197

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois de l'association au zimmoun de trois ou de dix
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Un troisième s'associe s'il reste encore de quoi manger. Un kezayit de légume ou une coupe suffit selon les avis ; lekhathila on lui donne du pain. Celui qui a mangé à satiété doit acquitter les autres.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLois de l'association au zimmoun de trois ou de dix
À FAIRETroisième qui arrive
S'ils pourraient encore manger un peu (fruits, dessert), il s'associe ; mitsva de lui donner à manger ; il doit s'installer à leur table. Même logique pour dix.
À ÉVITER« Apporte et nous bénirons »
Ils ont déjà détourné l'esprit du repas : le nouveau venu ne s'associe pas. S'il a déjà dit la bénédiction finale, plus de zimmoun sur lui.
OUIKezayit de légume ou une coupe
Pour trois, cela suffit pour s'associer et répondre Baroukh sheakhalnou ; même légume trempé dans la saumure. La boisson compte comme manger.
NONEau seule
Le Mechaber : l'eau ne nourrit pas, elle n'associe pas. Le Magen Avraham conteste ; Bigdei Yésha, Magen Guibborim et Hemdat Moshe suivent le Mechaber.
À FAIRELekhathila du pain
On l'encourage à manger du pain. S'il refuse : Mechaber — ne rien lui donner (éviter le doute). Usage actuel des Aharonim : lui donner à boire ou un aliment. Bediavad, on fait le zimmoun avec lui.
OUIPour dix
Certains exigent un kezayit de pain (mention du Nom) ; d'autres suffisent d'une céréale (mé'ein chaloch), d'un légume ou d'une boisson.
À FAIREQui acquitte
Mitsva que celui qui a mangé à satiété (obligation de la Torah) bénisse pour les autres. Si chacun bénit pour soi, même un kezayit peut faire le zimmoun. Bon de craindre l'avis : que bénisse aussi celui qui a bu après avoir mangé.
NONSans avoir mangé
De la Torah l'arévout suffirait, mais les Sages exigent un kezayit pour ne pas dire « nous avons mangé » en mensonge. Birkat hamazone n'acquitte pas mé'ein chaloch ni bore nefashot (sauf dattes ou vin, bediavad).
Un troisième s'associe tant que le repas n'est pas clos et qu'il mange quelque chose. Lekhathila on lui donne du pain. Celui qui est tenu de la Torah (satiété) doit acquitter les autres.

Glossaire

zimmoun
invitation à réciter Birkat hamazone à plusieurs
kezayit
volume d'une olive
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
mé'ein chaloch
bénédiction « à la manière des trois », après céréales, vin ou fruits des sept espèces
bore nefashot
bénédiction finale après les autres aliments et boissons
Mechaber
l'auteur du Choulhan Aroukh
Birkat hamazone
bénédiction après le repas de pain

(א) ובא שלישי - ורוצה לאכול ולהצטרף עמהם לזימון:

Et un troisième arrive - et veut manger et s'associer à eux pour le zimmoun.

(ב) מצו למיכל מיניה - היינו שאינם שבעים כ"כ ואם היו מביאים להם דברים הממשיכים את הלב לקינוח סעודה כגון פירות וכמהין ופטריות וגוזלות וכה"ג היו יכולין לאכול ואפילו מעט מהם:

Ils pourraient encore en manger - c'est-à-dire qu'ils ne sont pas tellement rassasiés, et que si on leur apportait des choses qui attirent le cœur pour le dessert, comme des fruits, des champignons, des cèpes, des pigeonneaux et analogues, ils pourraient encore en manger, même un peu.

(ג) מצטרף בהדייהו - דחשבינן להו כאלו לא גמרו סעודתן עדיין והוא שקבע עמהם דהיינו שאכל אצלם בשלחן שיושבים וכמ"ש בסי' קצ"ג ס"ב ע"ש במ"ב. כתב במאמר מרדכי דה"ה אם אחד גמר סעודתו מתחלה ואח"כ באו שנים אצלו ואוכלין ג"כ מצטרף בהדייהו לזימון אם היו מביאים לו מידי ומצי למיכל מניה ע"ש עוד כתב דה"ה בכל זה לענין צירוף עשרה לזמן בשם:

Il s'associe à eux - car on les considère comme n'ayant pas encore achevé leur repas. Encore faut-il qu'il se soit installé avec eux, c'est-à-dire qu'il ait mangé chez eux à la table où ils sont assis, comme il est écrit au siman 193 seif 2 ; voir là-bas dans le MB. Le Maamar Mordekhai a écrit qu'il en va de même si l'un a d'abord achevé son repas, puis que deux sont venus chez lui et mangent : il s'associe aussi à eux pour le zimmoun, si on lui apportait quelque chose et qu'il pourrait encore en manger ; voir encore là-bas. Il a aussi écrit que tout cela vaut également pour l'association de dix afin de faire le zimmoun avec le Nom.

(ד) וחייבים ליתן וכו' - לאו דוקא אלא שר"ל שמצוה ליתן לו וכמו שכתב לעיל בריש סימן קצ"ג:

Et ils sont tenus de lui donner, etc. - ce n'est pas à prendre au pied de la lettre : cela veut dire qu'il y a une mitsva de lui donner, comme il l'a écrit plus haut au début du siman 193.

(ה) אינו מצטרף עמהם - דכיון שאמרו כן הרי כבר הסיחו דעתם מאכילה ושתיה ואסור להם שוב לאכול כמבואר לעיל בסימן קע"ט ס"א בדעה הראשונה ולהכי אינו יכול להצטרף עמהם דכבר נסתלקו מאכילתם הראשונה ועיין בה"ל:

Il ne s'associe pas à eux - car, puisqu'ils ont dit cela, ils ont déjà détourné leur esprit du manger et du boire, et il leur est interdit de manger encore, comme il est exposé plus haut au siman 179 seif 1 selon le premier avis. C'est pourquoi il ne peut s'associer à eux, car ils se sont déjà retirés de leur première consommation. Voir le Biour Halakha.

(ו) וע"ל סי' קע"ט - דשם נתבארו פרטי דינים של הב לן ונברך ונט"י:

Et voir plus haut siman 179 - car là sont exposés les détails des lois de « apporte-nous [de l'eau] et nous bénirons » et de netilat yadayim.

(ז) ואחד אכל וכו' - דאף דעל ירק אין מברכין בהמ"ז מ"מ יכול להצטרף ולענות ברוך שאכלנו משלו:

Et l'un a mangé, etc. - car, bien que sur un légume on ne récite pas Birkat hamazone, il peut néanmoins s'associer et répondre Baroukh sheakhalnou michélo.

(ח) כזית ירק - טעמו דכיון שאומר שאכלנו ואין אכילה פחותה מכזית או משום דבעינן שיתחייב עכ"פ בשום ברכה ובפחות מכזית אין חיוב בשום ברכה אחר אכילתו כמבואר לקמן סי' ר"י:

Un kezayit de légume - sa raison : puisqu'il dit « nous avons mangé », et qu'il n'y a pas de consommation inférieure à un kezayit ; ou bien parce qu'il faut qu'il soit tenu au moins d'une bénédiction quelconque, et qu'en moins d'un kezayit il n'y a d'obligation d'aucune bénédiction après sa consommation, comme il est exposé plus bas au siman 210.

(ט) מצטרפין - ואם כבר בירך ברכה אחרונה שוב אין יכולין לזמן עליו דכבר נסתלק מהם [מ"א וש"א]:

Ils s'associent - et s'il a déjà récité la bénédiction finale, on ne peut plus faire le zimmoun sur lui, car il s'est déjà retiré d'eux [Magen Avraham et d'autres Aharonim].

(י) בציר - היינו שטבל ירק בהציר ובין כולם היה רק כזית אפ"ה מצטרף:

Dans de la saumure - c'est-à-dire qu'il a trempé un légume dans la saumure, et qu'entre tous il n'y avait qu'un kezayit : même ainsi il s'associe.

(יא) כוס אחד - דשתיה בכלל אכילה ויכול לומר שאכלנו:

Une seule coupe - car la boisson est comprise dans le manger, et il peut dire « nous avons mangé ».

(יב) חוץ מן המים - דמים לא זייני ואינו חשוב להצטרף אפי' הוא צמא ורוצה לשתות ומ"א חולק ופסק דמצטרף דכל שתיה בכלל אכילה היא והעתיקוהו איזה אחרונים להלכה אכן בספר בגדי ישע ובמגן גבורים הסכימו להמחבר וכן מצדד בספר חמד משה:

Hormis l'eau - car l'eau ne nourrit pas, et elle n'a pas assez d'importance pour s'associer, même s'il a soif et veut boire. Le Magen Avraham conteste et tranche qu'il s'associe, car toute boisson est comprise dans le manger ; quelques Aharonim l'ont recopié pour la pratique. Mais le livre Bigdei Yésha et Magen Guibborim se sont rangés au Mechaber, et le livre Hemdat Moshe incline aussi ainsi.

(יג) המברך אחד וכו' - דכיון שהוא מוציא את חבריו בברכת הזימון חמיר טפי:

Le bénédisant, l'un, etc. - car, puisqu'il acquitte ses compagnons de la bénédiction du zimmoun, c'est plus grave.

(יד) ירק - וה"ה איזה משקה וכנ"ל:

Un légume - et de même une boisson quelconque, comme ci-dessus.

(טו) צריך לברך - לאחר שגמר לשמוע ברכת הזימון:

Il doit bénir - après qu'il a fini d'entendre la bénédiction du zimmoun.

(טז) ואינו נפטר - ר"ל אפילו אם ירצה לכוין לצאת בבהמ"ז ג"כ לא מהני כדקי"ל [לקמן בסימן ר"ח סי"ז ובאחרונים שם] דאין ברכת שלשה פוטרת מעין שלשה ולא ברכת בנ"ר אך אם אכל תמרים או שתה יין בודאי מהני בדיעבד דהא קי"ל בסימן ר"ח דאם בדיעבד בירך עליהן בהמ"ז יצא ולפי מה דפסקו שם כמה אחרונים דאף על דייסא אם בירך בהמ"ז יצא גם בדייסא דינא הכי וכתב המ"א דמ"מ לכתחלה יכוין בהם שלא לצאת בבהמ"ז דצריך לברך על כל מין ברכתו הראויה לו:

Et il n'en est pas dispensé - c'est-à-dire que même s'il veut avoir l'intention de s'acquitter aussi de Birkat hamazone, cela ne sert pas, comme nous tenons [plus bas au siman 208 seif 17 et les Aharonim là-bas] que la bénédiction de trois n'acquitte pas de mé'ein chaloch, ni la bénédiction bore nefashot. Toutefois, s'il a mangé des dattes ou bu du vin, cela sert certainement bediavad (après coup), car nous tenons au siman 208 que s'il a récité Birkat hamazone dessus bediavad, il s'est acquitté. Et selon ce qu'ont tranché là plusieurs Aharonim, que même sur une bouillie, s'il a récité Birkat hamazone, il s'est acquitté, la loi est la même pour la bouillie. Le Magen Avraham a écrit que, néanmoins, lekhathila (a priori) il aura l'intention, pour ces aliments, de ne pas s'acquitter par Birkat hamazone, car il doit réciter sur chaque espèce la bénédiction qui lui convient.

(יז) להצטרף לעשרה - דבלאו דידיה יש חיוב זימון מן האוכלים פת ולא בעינן ליה אלא להזכרת השם:

Pour s'associer à dix - car, sans lui, l'obligation de zimmoun existe déjà de la part de ceux qui ont mangé du pain, et on n'a besoin de lui que pour la mention du Nom.

(יח) כזית פת - דמחוייב בבהמ"ז:

Un kezayit de pain - car il est tenu à Birkat hamazone.

(יט) דבכזית דגן וכו' - היינו כגון דייסא וכיוצא בו ממיני מזון שחייב לברך עליו ברכה אחת מעין שלש:

Car avec un kezayit de céréale, etc. - c'est-à-dire par exemple une bouillie et analogues, parmi les espèces nourrissantes sur lesquelles on est tenu de réciter une bénédiction mé'ein chaloch.

(כ) דבירק ובכל מאכל - וה"ה שתיה וכנ"ל בס"ב לענין עשרה וטעם דעה זו דס"ל דלענין צירוף לזימון אקילו גם לענין שלשה כיון ששנים מהן אכלו פת ומחויבין בבהמ"ז והוא שהשלישי אכל כזית שמחויב עכ"פ לברך ברכה אחרונה:

Car avec un légume et tout aliment - et de même une boisson, comme ci-dessus au seif 2 au sujet de dix. La raison de cet avis : pour l'association au zimmoun, on a aussi allégé pour trois, puisque deux d'entre eux ont mangé du pain et sont tenus à Birkat hamazone, et que le troisième a mangé un kezayit qui l'oblige au moins à une bénédiction finale.

(כא) הלכך שנים וכו' - הוא מדברי המחבר להכריע בין השיטות דלכתחלה יש לזרזו שיאכל פת דוקא כדי לצאת ידי דעה ראשונה ואם אינו רוצה לא יתנו לו כלל כדי שלא להכניס עצמן לספק חיוב אך בדיעבד אם אירע שנתנו לו איזה דבר שאינו פת צריך לחוש לדעה שניה ולזמן עמו:

Dès lors, deux, etc. - ce sont les paroles du Mechaber pour trancher entre les avis : lekhathila, il faut l'encourager à manger du pain précisément, afin de sortir d'affaire selon le premier avis ; et s'il ne veut pas, qu'on ne lui donne rien du tout, afin de ne pas s'introduire dans un doute d'obligation. Mais bediavad, s'il est arrivé qu'on lui ait donné quelque chose qui n'est pas du pain, il faut craindre le second avis et faire le zimmoun avec lui.

(כב) לשתות - ועכשיו נוהגים שאם לא רצה לאכול פת נותנים לו לכתחלה לשתות או לאכול איזה דבר וכדעה האחרונה [אחרונים]:

À boire - et maintenant l'usage est que, s'il n'a pas voulu manger de pain, on lui donne lekhathila à boire ou à manger quelque chose, conformément au dernier avis [Aharonim].

(כג) מצוה וכו' - דכיון דהרבה מהם אכלו כדי שביעה ומחוייבים בבהמ"ז מן התורה מוטב שיוציאם ג"כ אותו שאכל כדי שביעה ומחוייב מן התורה כמותו. וכתבו האחרונים דכ"ז אם מוציאם בבהמ"ז אבל אם מברכים כל אחד בפני עצמו אלא שאחד מזמן עליהם לא קפדינן כולי האי ולכתחלה יכול לזמן עליהם אף מי שלא אכל כ"א כזית:

C'est une mitsva, etc. - car, puisque beaucoup d'entre eux ont mangé à satiété et sont tenus à Birkat hamazone de la Torah, il vaut mieux que les acquitte aussi celui qui a mangé à satiété et qui est tenu de la Torah comme eux. Les Aharonim ont écrit que tout cela vaut s'il les acquitte de Birkat hamazone ; mais s'ils bénissent chacun pour soi et qu'un seul fait le zimmoun sur eux, on n'y tient pas tant, et lekhathila même celui qui n'a mangé qu'un kezayit peut faire le zimmoun sur eux.

(כד) יכול להוציא וכו' - דמן התורה יכול להוציא חבירו בבהמ"ז אע"פ שלא אכל כלל כיון שחבירו כבר אכל וחייב לברך וכל ישראל ערבים זה בזה אלא מפני שאומר שקר במה שאומר שאכלנו והוא לא אכל הצריכוהו חכמים שיאכל כזית מתחלה ועיין במ"א שמסתפק דלפ"ז אם הם רק שנים דבלא"ה אינם מזמנים אפשר דיכול להוציא חבירו שאינו יודע לברך אפילו אם לא אכל כלל ומצדד להחמיר וכ"כ בא"ר דמדרבנן בכל גווני אין אחד מוציא חבירו בבהמ"ז אא"כ הוא ג"כ מחוייב בדבר וכן מוכח בהדיא בחידושי הרא"ה לברכות ובריטב"א ר"ה כ"ט ובשיטה מקובצת ברכות דף מ"ח ע"ש:

Il peut acquitter, etc. - car de la Torah il peut acquitter son compagnon de Birkat hamazone même s'il n'a pas mangé du tout, puisque son compagnon a déjà mangé et est tenu de bénir, et que tout Israël est garant l'un de l'autre. Seulement, parce qu'il dirait un mensonge en disant « nous avons mangé » alors qu'il n'a pas mangé, les Sages lui ont demandé de manger d'abord un kezayit. Voir le Magen Avraham qui doute : d'après cela, s'ils ne sont que deux — et que de toute façon ils ne font pas de zimmoun — il se pourrait qu'il puisse acquitter son compagnon qui ne sait pas bénir, même s'il n'a pas mangé du tout ; il incline à être strict. Et ainsi a écrit l'Elyah Rabba : de rabbanan, en tout cas, l'un n'acquitte pas l'autre de Birkat hamazone à moins d'être lui aussi tenu de la chose. C'est aussi ce qui ressort explicitement des Hidoushei HaRaah sur Berakhot, du Ritva Roch Hachana 29, et du Chita Mekoubetset Berakhot 48 ; voir là-bas.

(כה) י"א שאינו חייב וכו' - דס"ל דמה דדריש ר"מ בגמרא ואכלת זו אכילה ושבעת זו שתיה הכוונה דאם שתה לאחר אכילה אז חייב לברך ואם לאו אינו חייב אלא מדרבנן:

Certains disent qu'il n'est pas tenu, etc. - car ils tiennent que ce que Rabbi Méir expose dans le Talmud : « tu mangeras — c'est le manger ; tu te rassasieras — c'est le boire », signifie que s'il a bu après avoir mangé, alors il est tenu de bénir, et sinon il n'est tenu que de rabbanan.

(כו) והוא תאב לשתות - דאם אינו תאב לשתות לכו"ע חייב מדאורייתא אף בלי שתיה:

Et il a soif de boire - car s'il n'a pas soif de boire, de l'avis de tous il est tenu de la Torah même sans boire.

(כז) וטוב ליזהר לכתחלה - ר"ל דלפי פסק המחבר מקודם דאם יש מי שמחוייב בדבר מדאורייתא שיודע לברך מצוה שיברך הוא להוציא אחרים טוב לחוש גם לשיטה זו שיברך מי ששתה אחר אכילתו להוציא אחרים דהוא מחוייב בודאי מדאורייתא אם לא שאותן ששתו אין יודעין לברך דאז יוכל להוציא אותן אפילו מי שלא שתה וכמו שכתב גם המחבר לענין כדי שביעה:

Et il est bon de veiller lekhathila - c'est-à-dire que, selon la décision du Mechaber plus haut, s'il y a quelqu'un tenu de la Torah qui sait bénir, c'est une mitsva que ce soit lui qui bénisse pour acquitter les autres : il est bon de craindre aussi cet avis, et que bénisse pour acquitter les autres celui qui a bu après avoir mangé, car il est tenu à coup sûr de la Torah — à moins que ceux qui ont bu ne sachent pas bénir, auquel cas même celui qui n'a pas bu peut les acquitter, comme l'a aussi écrit le Mechaber au sujet de la satiété.

(כח) שיברך מי ששתה - ואעפ"כ אם מקצתן אכלו לשובע ולא שתו ומקצתן לא אכלו לשובע ושתו מוטב שיברכו אותן שאכלו לשובע דחייבין מדאורייתא לדעת הפוסקים אף שלא שתו ודעת המרדכי בשם הרא"מ דעת יחידאה היא. מי שהיה שבע קודם שאכל ואכל אכילה גסה שלא היה צריך לאותה אכילה אעפ"כ אם נהנה גרונו מאותה אכילה מברך עליו לפניו ולאחריו ומוציא אחרים ואם נפשו קצה עליו ואינו נהנה גרונו אינו ראוי לברך לא לפניה ולא לאחריה לפי שזו אינה חשובה אכילה כלל לכל מצות שבתורה כמו שנתבאר בסימן תע"ו ובסימן תרי"ב:

Que bénisse celui qui a bu - et néanmoins, si une partie d'entre eux ont mangé à satiété sans boire, et une partie n'ont pas mangé à satiété mais ont bu, il vaut mieux que bénissent ceux qui ont mangé à satiété, car ils sont tenus de la Torah selon l'avis des décisionnaires même sans avoir bu ; l'avis du Mordekhaï au nom du Raam est un avis isolé. Celui qui était déjà rassasié avant de manger et a fait une consommation excessive dont il n'avait pas besoin : néanmoins, s'il a joui de cette consommation dans sa gorge, il bénit dessus avant et après, et acquitte les autres. Si son âme en a du dégoût et qu'il ne jouit pas dans sa gorge, il n'est pas apte à bénir ni avant ni après, car cela n'est pas considéré comme une consommation du tout pour toutes les mitsvot de la Torah, comme il a été exposé aux simanim 476 et 612.