משנה ברורה

Michna Beroura — siman 201

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Qui est le bénédisant
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le plus grand en sagesse mène le zimoun. L'hôte qui mange du pain du maître de maison bénit et bénit le maître. On n'avance pas un am haarets avant un talmid ‘hakham. Honneur du kohen et du lévi. Refuser de bénir quand on vous le donne raccourcit les jours. On donne d'abord la récompense à celui qui bénit.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETQui est le bénédisant
À FAIRELe plus grand en sagesse
Il mène le zimmoun. Aujourd'hui chacun bénit pour soi à voix basse ; les gens de bien l'honorent en le faisant mézamen.
À FAIREL'hôte
S'il mange le pain du maître de maison, on lui donne de bénir et il bénit le maître. S'il y a plusieurs hôtes, le maître choisit, même le plus petit.
À FAIREKohen et lévi
Mitsva d'avancer le kohen aussi sage, même devant un talmid 'hakham plus grand ; on avance aussi le lévi devant l'Israël s'ils sont égaux. « Tu le sanctifieras » vise toute chose de sainteté.
À ÉVITERAvancer un am haarets devant un talmid 'hakham
On fait haïr la Torah aux yeux de la foule. Même s'il est kohen, le rang de la Torah l'emporte.
À ÉVITERRefuser quand on vous donne de bénir
L'hôte qui refuse raccourcit ses jours : en ne bénissant pas le maître, il se cause une malédiction. On donne d'abord la récompense à celui qui bénit, plutôt qu'à celui qui répond amen.
OUIMaître de maison
C'est lui qui donne à qui il veut parmi sa maison ou ses hôtes ; il peut bénir lui-même.
OUIEndeuillé
En certains lieux on lui donne de bénir les douze mois, seulement si tous mangent du leur.
NONLe plus grand qui crache
Un autre bénit : il n'est pas convenable qu'il s'interrompe sans cesse tandis que les autres attendent.
NONL'attendre s'il tarde
On n'est pas tenu de l'attendre jusqu'à la fin de son repas : un autre bénit, lui répond.
Le plus grand en sagesse mène le zimmoun. L'hôte qui mange le pain du maître bénit et bénit le maître. On n'avance pas un am haarets avant un talmid 'hakham. Refuser de bénir quand on vous le donne raccourcit les jours.

Glossaire

mezamen
celui qui mène le zimoun
baal habayit
maître de maison
am haarets
homme du commun, ignorant
talmid ‘hakham
disciple des sages
lekhathila
a priori
vekidashto
« tu le sanctifieras », commandement de sanctifier le kohen (Lévitique 21, 8)
lévi
lévite
tsédaka
aumône
hoscht
mucosités, expectorations

(א) גדול מברך - היינו הגדול בחכמה שבכל המסובין הוא יהיה המברך בהמ"ז לכולם ואף דהשתא המנהג שכל א' מברך לעצמו בלחש וכדלעיל בסימן קפ"ג מ"מ מנהג ד"א לכבדו שיהיה הוא המזמן ומיירי שכל המסובין הם בעלי בתים שאכלו משלהן דאם היה א' בעה"ב הדבר תלוי בו ליתן לאורח לברך וכדלקמיה או למי שירצה מבני ביתו ויברך ג"כ לבעה"ב. אם הגדול מוציא ליחה [שקורין הוש"ט] יברך אחר כי אין זה נכון שיפסיק הרבה פעמים ויהיה רוקק והאחרים ימתינו [אחרונים]. יש מקומות שנוהגין שנותנין לאבל [שעל אביו ואמו כל י"ב חודש] לברך ודוקא כשכולם שוים דהיינו שכולם אוכלים משלהם אבל כשאוכל מפתו של בעה"ב תלוי ברצון בעה"ב למי שירצה יתן וכ"ש אם רוצה בעצמו לברך:

Le plus grand bénit - c'est-à-dire le plus grand en sagesse parmi tous les convives sera le bénédisant de la Birkat hamazone pour tous. Bien qu'à présent l'usage soit que chacun bénisse pour soi à voix basse, comme plus haut au siman 183, l'usage des gens de bien est néanmoins de l'honorer en le faisant mezamen. Il s'agit de cas où tous les convives sont maîtres de maison et ont mangé du leur : si l'un était le maître de maison, la chose dépend de lui, de donner à l'hôte de bénir, comme plus loin, ou à qui il voudra parmi les gens de sa maison, et celui-ci bénira aussi pour le maître de maison. Si le plus grand crache des mucosités (ce qu'on appelle hoscht), qu'un autre bénisse : il n'est pas convenable qu'il s'interrompe de nombreuses fois et crache, tandis que les autres attendent [A'haronim]. Il est des lieux où l'on a l'usage de donner à l'endeuillé — pour son père ou sa mère, tous les douze mois — de bénir, et seulement lorsque tous sont égaux, c'est-à-dire que tous mangent du leur ; mais s'il mange du pain du maître de maison, cela dépend de la volonté du maître de maison, qui donnera à qui il voudra, et à plus forte raison s'il veut lui-même bénir.

(ב) בסוף - הסעודה כל היכא דאי מייתי להו מידי מצו למיכל וכדלעיל בסימן קצ"ז ס"א ע"ש ומסתברא דאם משהה בסעודתיה אין מחוייבין להמתין עליו עד שיגמור סעודתו כדי שיהיה הוא המברך אלא מברך אחר והוא יענה:

À la fin - du repas, partout où, si on leur apportait quelque chose, ils pourraient encore manger, comme plus haut au siman 197 seif 1, voir là. Il est raisonnable que s'il tarde dans son repas, on n'est pas tenu de l'attendre jusqu'à ce qu'il finisse son repas afin qu'il soit le bénédisant : un autre bénit et lui répond.

(ג) אם יש שם אורח - היינו כשהוא אוכל מפתו של בעה"ב:

S'il y a là un hôte - c'est-à-dire lorsqu'il mange du pain du maître de maison.

(ד) מברך אפי' וכו' - ואם יש שם כמה אורחים תלוי לפי דעתו של בעה"ב ואפילו ליתן לקטן שבהם:

Il bénit même, etc. - s'il y a là plusieurs hôtes, cela dépend de l'avis du maître de maison, même de donner au plus petit d'entre eux.

(ה) ומה ברכה מברכו וכו' - בספר לחם חמודות תמה למה אנו משנים נוסח הברכה דבעה"ב ממה שנאמר בש"ס:

Et quelle bénédiction le bénit-il, etc. - dans le livre Lé'hem ‘Hamoudot on s'étonne de ce que nous changeons la formule de la bénédiction du maître de maison par rapport à ce qui est dit dans le Talmud.

(ו) רשאי - שלא תקנו ליתן לאורח אלא לטובתו כדי שיברכנו וכ"ש אם האורח אינו הגון בעיניו דיש לו לעשות כן:

Il est autorisé - on n'a institué de donner à l'hôte que pour son bien, afin qu'il le bénisse ; à plus forte raison si l'hôte n'est pas convenable à ses yeux, il a à agir ainsi.

(ז) למי שירצה - היינו דאפילו אם א' סמוך על שלחנו ומשלם לו דמי מזונו שאותו א"צ לברך לבעה"ב ג"כ רשאי ליתן לו לברך:

À qui il voudra - même si l'un est établi à sa table et lui paie le prix de sa nourriture, celui-là n'ayant pas à bénir le maître de maison, il est aussi autorisé à lui donner de bénir.

(ח) לא יקדים וכו' - ואמרינן בגמרא דהוא בכלל משניאי אהבו מות שמשניא את התורה בפני ההמון שיאמרו שאינה חשובה כ"כ בראותם שהחכם שפל לפני ע"ה דאף שהוא כהן מעלת התורה גדולה ממעלת הכהונה:

Il n'avancera pas, etc. - et l'on dit dans la Guemara que cela entre dans « ceux qui font haïr ce qui est aimé aiment la mort » : il fait haïr la Torah aux yeux de la foule, qui dira qu'elle n'est pas si importante, voyant le sage s'abaisser devant un am haarets. Même s'il est kohen, le rang de la Torah est plus grand que le rang de la prêtrise.

(ט) דרך חק וכו' - ר"ל שמקדימו מפני משפט הכהונה:

À titre de règle, etc. - c'est-à-dire qu'il l'avance en raison du droit de la prêtrise.

(י) רשות - ר"ל אין בזה פחיתות ערך לת"ח מדאינו מברך בלתי רשותו ואפילו אם הוא אינו כהן יכול ליתן לו רשות לברך:

Facultatif - il n'y a en cela nulle diminution de valeur pour le talmid ‘hakham, du fait qu'il ne bénit qu'avec sa permission ; même s'il n'est pas kohen, il peut lui donner permission de bénir.

(יא) אבל כהן ת"ח וכו' - וה"ה כששניהם אינם חכמים:

Mais un kohen talmid ‘hakham, etc. - et de même lorsque ni l'un ni l'autre ne sont sages.

(יב) מצוה להקדימו וכו' - ואפילו אם הת"ח הוא גדול ממנו דאין עליו חיוב לכבדו מחמת מצות וקדשתו מ"מ טוב שיקדים הכהן לפניו כיון שהוא ג"כ חכם והעושה כן הוא מאריך ימים:

C'est une mitsva de l'avancer, etc. - même si le talmid ‘hakham est plus grand que lui, et qu'il n'a pas d'obligation de l'honorer au titre du commandement « tu le sanctifieras », il est néanmoins bon d'avancer le kohen devant lui, puisqu'il est aussi sage ; qui agit ainsi allonge ses jours.

(יג) לפתוח ראשון - בקריאת התורה ולברך ראשון בסעודה בברכת המוציא ובבהמ"ז וכן להוציא בקידוש דוקדשתו הוא לכל דבר שבקדושה וכתבו הפוסקים דבכלל לפתוח ראשון הוא להיות ראש המדברים בכל קבוץ עם ולדרוש תחלה וה"ה בישיבה ידבר בראש ועיין במ"א שמצדד דהלימוד מוקדשתו הוא דאורייתא (ולא אסמכתא בעלמא) ומ"מ אם הכהן רוצה לחלוק כבוד לאחר בכל זה רשאי ורק בקריאת התורה אינו יכול למחול וכדלעיל בסימן קל"ה במ"ב סק"ט אמרי' בגמרא דהכהן יטול מנה יפה ראשון [ור"ל שישראל צריך ליתן לכהן מנה יפה ראשון לכל המסובין] והיינו דוקא בחברים המסובין בסעודה או בצדקה אבל כשהכהן חולק איזה שותפות עם חבירו ישראל לא דאדרבה אמרינן בגמרא כל הנותן עינו בחלק יפה אינו רואה סימן ברכה לעולם וצ"ע למה אין נזהרין עכשיו להקדים לכהן לכל הנך מילי [מ"א וע"ש שמצדד למצוא קצת טעם למנהג ומ"מ לכתחלה בודאי יש ליזהר בזה]. טוב להקדים הלוי ג"כ לישראל אם הם שוין בחכמה בבהמ"ז ובהמוציא וכן בנתינת הצדקה דהא מקדימין אותו בקריאה ג"כ לפני ישראל:

Ouvrir le premier - à la lecture de la Torah, et bénir le premier au repas, à Hamotsi et à la Birkat hamazone, et de même acquitter au Kiddouch : « tu le sanctifieras » vise toute chose de sainteté. Les décisionnaires ont écrit qu'ouvrir le premier comprend d'être le premier à parler dans tout rassemblement du peuple et de prêcher d'abord ; de même à l'étude il parlera en tête. Voir au Maguen Avraham, qui penche pour que l'enseignement tiré de « tu le sanctifieras » soit de la Torah, et non un simple appui. Toutefois, si le kohen veut céder l'honneur à un autre en tout cela, il le peut ; seulement à la lecture de la Torah il ne peut pas pardonner, comme plus haut au siman 135 dans le MB seif katan 9. On dit dans la Guemara que le kohen prendra une belle portion le premier — c'est-à-dire qu'un Israël doit donner au kohen une belle portion le premier de tous les convives —, et cela seulement parmi des compagnons attablés au repas ou pour la tsédaka ; mais lorsque le kohen partage une association avec son compagnon Israël, non : au contraire, on dit dans la Guemara que quiconque porte l'œil sur la belle part ne voit jamais de signe de bénédiction. Il y a lieu de s'étonner que l'on ne prenne plus garde aujourd'hui à avancer le kohen en toutes ces choses [Maguen Avraham ; voir là, où il cherche quelque raison à l'usage ; néanmoins, lekhathila (a priori) il faut certainement y prendre garde]. Il est bon d'avancer aussi le lévi devant l'Israël s'ils sont égaux en sagesse, pour la Birkat hamazone et Hamotsi, et de même pour le don de la tsédaka, car on l'avance aussi à la lecture devant l'Israël.

(יד) שנותנים לו לברך - ר"ל אורח שנותנים לו לברך בהמ"ז ואינו מברך מקצר ימיו משום דבדין כשהאורח מברך לבעה"ב וכנ"ל ובזה שנמנע לברך את בעה"ב שהוא מזרע אברהם שנאמר בו ואברכה מברכיך ומכלל הן אתה שומע לאו נמצא גורם קללה לעצמו וכתב המ"א ודוקא כשמברכין על הכוס דאז החיוב על האורח לברך את בעה"ב. ונ"ל שר"ל שבלא זה אין גורם קללה אבל בודאי אין נכון לאדם לדחות מצוה הבאה לידו:

Que l'on lui donne de bénir - c'est-à-dire un hôte à qui l'on donne de réciter la Birkat hamazone et qui ne bénit pas : il raccourcit ses jours, car en droit, lorsque l'hôte bénit, il bénit le maître de maison, comme ci-dessus ; et en s'abstenant de bénir le maître de maison, qui est de la semence d'Avraham dont il est dit « Je bénirai ceux qui te bénissent », de l'affirmation tu entends la négation : il se cause une malédiction. Le Maguen Avraham a écrit : seulement lorsqu'on bénit sur la coupe, alors l'obligation pèse sur l'hôte de bénir le maître de maison. Il me semble que cela signifie : hors de ce cas il ne se cause pas de malédiction, mais certainement il n'est pas convenable à l'homme de repousser une mitsva qui lui arrive.

(טו) לברך - שיהיה הוא המזמן ומוציא אחרים ידי חובתן ולא לשמוע ולענות אמן שאף שהשומע כעונה ועונה אמן כמוציא ברכה מפיו מ"מ ממהרין ליתן שכר תחלה להמברך:

De bénir - qu'il soit le mezamen et acquitte les autres de leur obligation, et non d'écouter et de répondre amen : bien que l'auditeur soit comme celui qui prononce, et que celui qui répond amen soit comme celui qui fait sortir la bénédiction de sa bouche, néanmoins on se hâte de donner d'abord la récompense au bénédisant.