Boré péri haets sur les fruits de l'arbre, sauf le vin (Boré péri hagafen). Mélanges au vin, raisins verts, pépins, huile, jus, fruits broyés et confitures, miel de dattes, fruits cuits ou crus, nougat, sucre, gingembre et épices. En cas de doute : Chéhakol, ou Boré péri haadama si le doute est seulement entre haets et haadama.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) פירות האילן - בין משבעת המינים ובין שאינם משבעת המינים:
Les fruits de l'arbre - qu'ils soient des Sept Espèces ou qu'ils n'en soient pas.
(ב) חוץ מהיין וכו' - מפני שהוא סועד הלב ומשמחו קבעו לו ברכה בפני עצמה:
Hormis le vin, etc. - parce qu'il soutient le cœur et le réjouit, on lui a fixé une bénédiction à part.
(ג) בורא פה"ג - ואפילו זב מעצמו מהענבים בלי דריכה [פמ"ג]. ואם טעה ובירך על היין בפה"ע עיין לקמן בסימן ר"ח סי"ד במ"ב:
Boré péri hagafen - même s'il s'écoule de lui-même des raisins sans pressurage [Pri Megadim]. S'il s'est trompé et a béni sur le vin Boré péri haets, voir plus loin au siman 208 seif 14 dans le MB.
(ד) בין מבושל - דע"י הבישול אין משתנה היין לגריעותא. ואין חילוק בין אם בישל יין גופא או שבישל הענבים והצמוקים כדי לעשות מהן יין:
Qu'il soit cuit - par la cuisson le vin ne se dégrade pas. Nulle différence entre cuire le vin lui-même ou cuire les raisins et les raisins secs pour en faire du vin.
(ה) דהיינו שנותנין וכו' - ואע"פ שנשתנה טעמיה וריחיה עי"ז ממה שהיה מקודם אפ"ה לא נשתנה היין לגריעותא והיין עיקר לגבי אידך לפיכך מברכין עליו בפה"ג:
C'est-à-dire que l'on met, etc. - bien que son goût et son odeur en soient changés par rapport à ce qu'ils étaient auparavant, le vin ne s'en trouve pas dégradé, et le vin est l'essentiel par rapport à l'autre ; aussi l'on bénit sur lui Boré péri hagafen.
(ו) דבש ופלפלין - ואפילו שליש דבש ושליש פלפלין ויותר מזה אפ"ה היין עיקר שהם לא באו רק להשביחו ולהטעימו:
Miel et poivre - même un tiers de miel et un tiers de poivre et davantage : néanmoins le vin est l'essentiel, car ils n'ont été mis que pour l'améliorer et l'assaisonner.
(ז) בשכר - ושכר של כל המינים שוים בזה לבד ממיני משקין שפוגמים ומפסידין טעם היין מיד שנתערב בהם כ"כ עד שנפסד טעם היין מברך שהכל:
Avec de la bière - et la bière de toutes les espèces est égale en cela, hormis les sortes de boissons qui altèrent et gâtent le goût du vin dès qu'elles y sont mêlées au point que le goût du vin est perdu : on bénit alors Chéhakol.
(ח) אם הרוב יין וכו' - כדקיי"ל כל שהוא עיקר ועמו טפילה מברך על העיקר ופוטר את הטפילה וכל מין שהוא הרוב הוא העיקר והמיעוט טפל הוא לו:
Si le plus grand est le vin, etc. - selon la règle : tout ce qui est essentiel, et avec lui un accessoire, on bénit sur l'essentiel et l'on acquitte l'accessoire ; toute espèce qui est la majorité est l'essentiel, et la minorité lui est accessoire.
(ט) מברך בפה"ג - והוא שלא נתבטל טעם היין ע"י התערובות:
On bénit Boré péri hagafen - à condition que le goût du vin n'ait pas été annulé par le mélange.
(י) ואם הרוב שכר וכו' - ולא דמי להא דקי"ל לקמן בסימן ר"ד ס"ה בהג"ה דדי שיש ביין מעט יותר מאחד בששה נגד המים ע"ש דהתם דרך מזיגת יין הוא במים וע"כ לא שייך לומר דיתבטל היין נגד המים שנמזגו בם דנעשה הכל כמין אחד משא"כ בשכר דאין דרך למזוג בם וכשני מינים בעלמא דמי דכל מין שהוא הרוב הוא העיקר ועיין בביאור הגר"א שדעתו לדינא דגם בעניננו שוה למזיגת יין במים:
Et si le plus grand est la bière, etc. - cela ne ressemble pas à ce qui est statué plus loin au siman 204 seif 5 dans la glose : il suffit qu'il y ait dans le vin un peu plus d'une part sur six face à l'eau, voir là. Là-bas, la manière de couper le vin est avec de l'eau ; aussi l'on ne dit pas que le vin s'annule face à l'eau avec laquelle on l'a coupé, car le tout est devenu comme une seule espèce. Il n'en va pas de même de la bière, dont on n'a pas l'usage de couper le vin avec elle, et ce sont comme deux espèces quelconques : toute espèce qui est la majorité est l'essentiel. Voir dans le commentaire du Gra, dont l'avis halakhique est que dans notre cas aussi c'est égal à la coupe du vin avec de l'eau.
(יא) לכפול הלבן - בגדלו:
Que le blanc double - en grandeur.
(יב) בפה"א - דכל דבר שגדל על האילן ואינו עיקר הפרי בפה"א [טור]:
Boré péri haadama - tout ce qui pousse sur l'arbre et n'est pas le fruit essentiel : Boré péri haadama [Tour].
(יג) ומתוך שלא נודע וכו' - שיש כמה מינים גדולים וקטנים:
Et parce que l'on ne sait pas, etc. - il y a plusieurs espèces, grandes et petites.
(יד) לעולם מברך וכו' - משום דבדיעבד אם בירך בפה"א על פה"ע יצא כדלקמן בסימן ר"ו. ומ"מ בכגון זה אין לאכול מהם כשיעור שחייב ברכה אחרונה אלא בתוך הסעודה כיון שהוא ספק אם יברך אחריהם מעין ג' או בנ"ר [אהע"ו ומא"מ]:
Toujours on bénit, etc. - parce que bediavad (après coup), si l'on a béni Boré péri haadama sur ce qui requiert Boré péri haets, on s'est acquitté, comme plus loin au siman 206. Néanmoins, en un tel cas, on ne mangera pas d'eux la mesure qui oblige à une bénédiction finale, sinon au cours du repas, puisqu'il y a doute si l'on bénira après eux méèn chaloch ou Boré néfachot [Even Haozer et Maamar Mordekhai].
(טו) גדול ביותר - ואם לפי מראית עין כבר נגמר בישולו אין נ"מ כלל בגדלו ובכל אופן מברך עליו בפה"ע וכן אם החרצנים שלהם נראה מבחוץ בודאי הוא קרוב להתבשל ומברך עליהם בפה"ע לכו"ע:
Très grand - et si, à vue d'œil, sa maturation est déjà achevée, la grandeur n'importe en rien, et de toute façon on bénit sur lui Boré péri haets. De même si leurs pépins se voient au-dehors, il est certainement proche de mûrir, et l'on bénit sur eux Boré péri haets selon tous.
(טז) משיוציאו פרי - אע"ג שהם עדיין קטנים ביותר:
Dès qu'ils produisent un fruit - bien qu'ils soient encore tout petits.
(יז) עפוץ - חמוץ:
Astringent - acide.
(יח) עד שאינו ראוי וכו' - מבואר מזה דאם עכ"פ נאכלים ע"י הדחק אע"ג שחמוצים ומרים הם כדרך פירות בקטנותם אפ"ה מברך עליהם ברכתם הראויה ובח"א וכן בספר עוללות אפרים פקפקו בדין זה ודעתם דבכגון זה אינו מברך אלא שהכל אם לא שבישלן או שמתקן באור דאז מברך עליו בפה"ע כיון שהוא פרי בעצם אלא שצריך תקון:
Au point qu'il n'est pas propre, etc. - il en ressort que s'ils se mangent du moins avec effort, bien qu'ils soient acides et amers comme le sont les fruits dans leur petitesse, on bénit néanmoins sur eux leur bénédiction due. Dans le ‘Hayé Adam et de même dans le livre Olélot Éfrayim on a contesté cette règle : leur avis est qu'en un tel cas on ne bénit que Chéhakol, à moins qu'on les ait cuits ou adoucis au feu ; alors on bénit sur lui Boré péri haets, puisqu'il est fruit en soi, seulement il a besoin d'une préparation.
(יט) אין מברכין עליו כלל - דכעץ בעלמא חשיב ואפי' מתקן ע"י אור ג"כ אין מברך עליו רק שהכל וכדין גרעינין שמתקן לקמן בס"ג. כתב בח"א דלפ"ז מיני פירות שמרקחין ומטגנין בדבש וכיו"ב בעודם קטנים מאד אם לא היו ראוין לאכול קודם ריקוחן כלל אין מברכין עליהם כ"א שהכל לאחר ריקוחן ועיין בבה"ל מה שכתבנו לענין תפוחים:
On ne bénit pas du tout sur lui - il est considéré comme du bois quelconque ; même si on l'adoucit au feu, on ne bénit sur lui que Chéhakol, comme la règle des pépins que l'on prépare, plus loin au seif 3. Le ‘Hayé Adam a écrit : d'après cela, les sortes de fruits que l'on confit et fait frire dans le miel et semblable alors qu'ils sont encore tout petits, s'ils n'étaient pas propres à manger du tout avant le confisage, on ne bénit sur eux après le confisage que Chéhakol. Voir dans le Béour Halakha ce que nous avons écrit au sujet des pommes.
(כ) עד שיראה בהן וכו' - דאז חשיב פרי אבל כ"ז ג"כ דוקא אם לא היו מרים ביותר וכנ"ל:
Jusqu'à ce que l'on y voie, etc. - alors il est considéré comme fruit ; mais cela aussi seulement s'ils n'étaient pas trop amers, comme ci-dessus.
(כא) מברך וכו' - וכן הסכים המ"א והגר"א וע"ש בביאור הגר"א שמחמיר עוד יותר בענין זה כמו שכתבנו בבה"ל:
On bénit, etc. - et le Maguen Avraham et le Gra l'ont approuvé. Voir là dans le commentaire du Gra, qui est encore plus rigoureux en cette matière, comme nous l'avons écrit dans le Béour Halakha.
(כב) בורא פה"א - היינו אפי' הם מתוקים דעדיין אינם עיקר פרי:
Boré péri haadama - même s'ils sont doux, car ce n'est pas encore le fruit essentiel.
(כג) מתוקים - לאו דוקא אלא כל שהחיך נהנה ממנו במקצת והטעם שמברך בפה"ע משום דהם נמי חלק מחלקי הפרי והרבה אחרונים חולקים ע"ז וס"ל דאינו מברך בפה"ע דלא הוי כפרי גופא ואינו מברך עליהם אלא בפה"א וכן הסכמת הגר"א. ואם בירך בפה"ע יצא בדיעבד [דרך החיים] ואם אוכל הגרעין אחר שאוכל הפרי מסתברא דלכו"ע נפטר בברכת בפה"ע שבירך על הפרי משום דהוי טפל לפרי:
Doux - non pas exclusivement : tout ce dont le palais jouit un peu. La raison pour laquelle on bénit Boré péri haets est qu'ils sont aussi une des parties du fruit. Beaucoup d'A'haronim contestent cela et tiennent que l'on ne bénit pas Boré péri haets, car ce n'est pas comme le fruit lui-même, et l'on ne bénit sur eux que Boré péri haadama ; ainsi l'accord du Gra. Si l'on a béni Boré péri haets, on s'est acquitté bediavad [Derekh Ha'hayim]. Si l'on mange le pépin après avoir mangé le fruit, il est raisonnable que selon tous il soit acquitté par la bénédiction Boré péri haets dite sur le fruit, car il est accessoire au fruit.
(כד) מרים - היינו שאינם ראויים לאכול אפילו ע"י הדחק וכנ"ל בסוף ס"ב:
Amers - c'est-à-dire qu'ils ne sont pas propres à manger même avec effort, comme ci-dessus à la fin du seif 2.
(כה) מברך עליהם שהכל - הרבה אחרונים הקשו ע"ז ודעתייהו דלדעת המחבר דגרעינין הוי כפרי גופא א"כ גם במרים ומתקן ע"י איזה דבר נמי מברך עליהם בפה"ע וכמו גבי שקדים המרים המבואר בס"ה ויש מתרצים דאפילו לדעה זו לא עדיפא גרעינין כשקדים גופא שהם עיקר הפרי משא"כ בגרעינין ולהכי אם הם מרים לא מקרי פרי כלל ולא מהני במה שממתקן אח"כ מיהו לדינא אין לזוז מפסק השו"ע דבלא"ה כתבנו מקודם דעת הרבה אחרונים והגר"א מכללם לחלוק על עיקר דינא דמחבר ולדידהו גם גרעינין מתוקין אינו מברך עליהם לכל היותר רק בפה"א דלאו פרי נינהו וממילא במרים ומתקן ע"י האור אינו מברך עליהם אלא שהכל:
On bénit sur eux Chéhakol - beaucoup d'A'haronim ont objecté à cela : selon l'avis du Mekhabèr, les pépins sont comme le fruit lui-même ; donc aussi les amers que l'on adoucit par quelque chose, on bénit sur eux Boré péri haets, comme pour les amandes amères exposées au seif 5. Certains répondent : même selon cet avis, les pépins ne sont pas meilleurs que les amandes elles-mêmes, qui sont le fruit essentiel ; or les pépins, s'ils sont amers, ne s'appellent pas fruit du tout, et cela n'aide pas de les adoucir ensuite. Toutefois, pour la pratique, on ne s'écarte pas de la décision du Choul'han Aroukh ; de toute façon nous avons écrit plus haut l'avis de beaucoup d'A'haronim et du Gra parmi eux, qui contestent la règle essentielle du Mekhabèr : selon eux, même les pépins doux, on ne bénit sur eux tout au plus que Boré péri haadama, car ce ne sont pas un fruit ; par conséquent les amers que l'on adoucit au feu, on ne bénit sur eux que Chéhakol.
(כו) כמות שהוא - בלא תערובות ד"א להחליש כח השמן:
Tel quel - sans mélange d'autre chose pour affaiblir la force de l'huile.
(כז) דאזוקי מזיק ליה - ואפילו חושש בגרונו נמי אינו מברך דשמן כמות שהוא אין נהנה ממנו:
Cela lui est nuisible - même s'il a mal à la gorge, il ne bénit pas non plus : l'huile telle quelle, on n'en jouit pas.
(כח) עם פת - פי' אע"ג דעם פת אינו מזיק ליה השמן ואדרבה נהנה מזה אבל עכ"פ אינו מברך עליו משום דהו"ל פת עיקר ומיפטר בברכת הפת:
Avec du pain - c'est-à-dire : bien qu'avec du pain l'huile ne lui soit pas nuisible, et qu'au contraire on en jouisse, néanmoins on ne bénit pas sur elle, car le pain est l'essentiel et l'on s'acquitte par la bénédiction du pain.
(כט) ופוטר את הטפלה - ואפילו היה שמן הרבה נמי אינו אלא טפל לפת וכ"ז באוכל השמן ללפת בו הפת אבל אם אוכל השמן מפני שחושש בגרונו רק אוכל לזה מעט פת כדי שיוכל לאכול השמן עמו ולא יזיקנו בזה מקרי השמן עיקר ופוטר הפת הטפלה לו וא"צ ליטול ידיו ולברך המוציא ויש חולקים וס"ל דאף בכה"ג הפת עיקר [א"ר ע"ש]:
Et l'on acquitte l'accessoire - même s'il y avait beaucoup d'huile, elle n'est qu'accessoire au pain. Tout cela lorsque l'on mange l'huile pour y tremper le pain ; mais si l'on mange l'huile parce que l'on a mal à la gorge, et que l'on ne mange un peu de pain que pour pouvoir manger l'huile avec lui et qu'elle ne nuise pas : alors l'huile est l'essentiel et acquitte le pain qui lui est accessoire, et l'on n'a pas besoin de se laver les mains ni de bénir Hamotsi. Certains contestent et tiennent que même en ce cas le pain est l'essentiel [Élyah Rabba, voir là].
(ל) עם מי סלקא - וה"ה אם עירבו עם איזה שאר משקה בענין שנהנה מהשמן עי"ז ואינו מזיקו:
Avec de l'eau de betterave - et de même si on l'a mêlée à quelque autre boisson de façon que l'on jouisse de l'huile par là et qu'elle ne nuise pas.
(לא) הו"ל שמן עיקר - דמרכך ומרפא את הגרון ואע"ג דהאניגרון מרובה על השמן דלא אזלינן כאן בתר רוב המשקה אלא כל דבר שעיקר כוונתו הוא עיקר לענין הברכה והשני נפטר בברכתו:
L'huile est l'essentiel - elle assouplit et guérit la gorge. Bien que l'anigron soit plus abondant que l'huile, on ne va pas ici après la majorité de la boisson : toute chose dont l'intention principale porte sur elle est l'essentiel pour la bénédiction, et la seconde s'acquitte par sa bénédiction.
(לב) ומברך עליו בפה"ע - ולאחריו מעין ג' אם שתה כשיעור:
Et l'on bénit sur elle Boré péri haets - et après elle méèn chaloch, si l'on a bu la mesure.
(לג) אניגרון עיקר - ומשמע מדברי הט"ז דמיירי שמי הסילקא הם הרוב לגבי שמן ולפיכך השמן נטפל לו אבל המ"א כתב דאפילו באניגרון מועט נמי אניגרון עיקר כל שאינו לרפואה אלא לאכול ומברך על האניגרון ופוטר השמן:
L'anigron est l'essentiel - il ressort des paroles du Taz qu'il s'agit de cas où l'eau de betterave est la majorité face à l'huile, et c'est pourquoi l'huile lui est accessoire. Mais le Maguen Avraham a écrit que même avec peu d'anigron, l'anigron est l'essentiel, dès lors que ce n'est pas pour se soigner mais pour manger, et l'on bénit sur l'anigron et l'on acquitte l'huile.
(לד) שהכל - כ"כ הרמב"ם שם וכ"מ בתר"י והמג"א תמה דהא מבואר לקמן בסי' ר"ה דברכת מי השלקות הוא בפה"א והגר"א מיישבו דהכא שמתקנו לשתיה הרי הוא כמשקה וברכתו שהכל:
Chéhakol - ainsi le Rambam là-bas, et de même il appert du Talmidé Rabbenou Yona. Le Maguen Avraham s'étonne : il est exposé plus loin au siman 205 que la bénédiction de l'eau des légumes bouillis est Boré péri haadama. Le Gra l'explique : ici, puisqu'on la prépare pour la boisson, elle est comme une boisson, et sa bénédiction est Chéhakol.
(לה) מברך בפה"ע - ואע"ג דבמתוקים קטנים אינו מברך אלא שהכל וכדלקמן סימן ר"ד שאני התם דאינו גמר פירא ובודאי לא נטעי להו אדעתא לאכלם קודם שיתבשלו משא"כ הכא דבגדלם לא יהיו ראוין כלל לאכילה נטעי להו שפיר אדעתא למיכל בקטנותם וזהו גמר פירא שלהם:
On bénit Boré péri haets - bien que sur les doux tout petits on ne bénisse que Chéhakol, comme plus loin au siman 204 : là-bas ce n'est pas l'achèvement du fruit, et certainement on ne les plante pas dans l'intention de les manger avant qu'ils mûrissent. Ici, au contraire, dans leur grandeur ils ne seront aucunement propres à manger : on les plante bien dans l'intention de les manger dans leur petitesse, et c'est là l'achèvement de leur fruit.
(לו) ואם מתקן - דכיון דנשתנו למעליותא ע"י המיתוק באור הו"ל כשאר פירות שאין ראוין לאכול חיין ונתבשלו דמברך כשהן מבושלין בפה"ע וכדלקמן בסי"ב:
Et si on les adoucit - puisqu'ils ont été changés en mieux par l'adoucissement au feu, ils sont comme les autres fruits qui ne sont pas propres à manger crus et que l'on a cuits : on bénit, une fois cuits, Boré péri haets, comme plus loin au seif 12.
(לז) מברך בפה"ע - וה"ה שאר מיני פירות שהם חמוצים או מרים ואינם ראוים לאכילה כלל ומיתקן או בישלן שמברך בפה"ע דהלא באמת פרי הוא אלא שאינו ראוי לאכילה כך לכך מהני מיתוק:
On bénit Boré péri haets - et de même les autres sortes de fruits acides ou amers et aucunement propres à manger, que l'on a adoucis ou cuits : on bénit Boré péri haets, car c'est vraiment un fruit, seulement il n'est pas propre à manger ainsi ; aussi l'adoucissement est efficace.
(לח) על העלין ועל התמרות - שאינן חשובין להקרא פרי העץ:
Sur les feuilles et sur les pousses - elles ne sont pas considérées pour s'appeler fruit de l'arbre.
(לט) ועל הקפריסין וכו' - משום דאינו עיקר הפרי. ומ"מ בדיעבד אם בירך על הקפריסין בפה"ע יצא. ולענין קליפת פאמערנצי"ן שטוגנין בדבש יש דעות בין האחרונים אם לברך עליהן שהכל או פה"ע ופרי האדמה וע"כ יש לברך עליהן שהכל ובדיעבד אם בירך פה"ע או פה"א יצא:
Et sur les câpres, etc. - parce que ce n'est pas le fruit essentiel. Néanmoins, bediavad, si l'on a béni sur les câpres Boré péri haets, on s'est acquitté. Quant à l'écorce de bigarade que l'on fait frire dans le miel, il y a des avis parmi les A'haronim s'il faut bénir sur elles Chéhakol, ou Boré péri haets, ou Boré péri haadama ; aussi l'on bénira sur elles Chéhakol, et bediavad, si l'on a béni Boré péri haets ou Boré péri haadama, on s'est acquitté.
(מ) שמיעכן ביד ועשה וכו' - פי' אף שנתרסק עי"ז לגמרי אפ"ה מברכין פרי העץ משום דכיון דעדיין ממשן קיים שייך לברך עליהם פרי העץ וה"ה לענין פה"א כגון ער"ד עפי"ל שמיעכן ועשאן כעיסה:
Qu'il a broyés à la main et en a fait, etc. - c'est-à-dire : même s'ils ont été complètement écrasés par là, on bénit néanmoins Boré péri haets, parce que leur substance existe encore, et il convient de bénir sur eux Boré péri haets. De même pour Boré péri haadama, par exemple des pommes de terre que l'on a broyées et dont on a fait comme une pâte.
(מא) הנקרא פאווידל"א - שעושין מגודגדניות ושאר מינים שמוציאין גרעיניהן ומבשלין אותם עד שהם נימוחו לגמרי:
Que l'on appelle powidl - que l'on fait de cerises et d'autres espèces : on en ôte les noyaux et on les cuit jusqu'à ce qu'ils soient complètement fondus.
(מב) וי"א לברך עליהם שהכל - בזה נחלקו האחרונים יש מהם שסוברים דהי"א לא פליג כ"א אפאווידלא משום שנימוחו לגמרי ולא ניכר צורתן כלל אבל בדין המחבר דמיירי בתמרים שנתרסקו שניכר תוארן וצורתן אף כשמתרסקין לגמרי מודו דמברך פה"ע ויש מהם שסוברין דהי"א פליג גם אדין המחבר וס"ל דכיון דנתרסקו לגמרי מברך שהכל ולדינא אין נ"מ בזה דאף אם נימא דהי"א פליג גם אתמרי' שנתרסקו מ"מ להלכ' קי"ל כדעת המחבר דהיכא שממשן קיים לא נשתנית ברכתן ורק בפאווידלא שאבד כל צורתו ולא ניכר כלל מה הוא אז לכתחלה מברך שהכל וכהכרעת הרמ"א דבברכה זו יוצא על הכל בדיעבד [אכן לענין ברכה אחרונה אין עצה אי אתרמי לענין דברים שהוא משבעה מינים וכדאיתא בסימן ר"ח סי"ג דברכת בנ"ר אינה פוטרת מעין ג' ולא מעין ג' פוטרת בנ"ר אם לא שיאכל גם פרי משבעת המינים וגם דבר שברכתו בנ"ר לפטור גם את זה ממ"נ [פמ"ג] ואם אין לו נראה לי שיוכל לברך מעין שלש כי כן משמע מלשון הרמ"א דתופס לעיקר הדין שברכתו פה"ע]:
Et certains disent de bénir sur eux Chéhakol - en cela les A'haronim sont divisés. Certains tiennent que le « certains disent » ne conteste que le powidl, parce qu'ils sont complètement fondus et que leur forme n'est plus du tout reconnaissable ; mais dans la règle du Mekhabèr, qui vise des dattes écrasées dont l'aspect et la forme se reconnaissent encore même complètement écrasées, ils conviennent que l'on bénit Boré péri haets. D'autres tiennent que le « certains disent » conteste aussi la règle du Mekhabèr, et que puisqu'ils ont été complètement écrasés on bénit Chéhakol. Pour la pratique, cela n'y change rien : même si l'on dit que le « certains disent » conteste aussi les dattes écrasées, néanmoins en halakha nous tenons comme l'avis du Mekhabèr : là où leur substance existe, leur bénédiction n'a pas changé. Seulement pour le powidl, qui a perdu toute sa forme et dont on ne reconnaît plus du tout ce que c'est, alors lekhathila (a priori) on bénit Chéhakol, selon la décision du Rema : par cette bénédiction on s'acquitte de tout bediavad. Toutefois, pour la bénédiction finale, il n'y a pas de conseil si le cas se présente pour des choses des Sept Espèces, comme il est dit au siman 208 seif 13 : la bénédiction Boré néfachot n'acquitte pas méèn chaloch, ni méèn chaloch n'acquitte Boré néfachot, à moins que l'on mange aussi un fruit des Sept Espèces et aussi une chose dont la bénédiction est Boré néfachot, pour acquitter aussi celle-ci de toute façon [Pri Megadim]. Si l'on n'en a pas, il me semble que l'on peut bénir méèn chaloch, car ainsi il ressort du langage du Rema, qui tient pour règle essentielle que sa bénédiction est Boré péri haets.
(מג) לברך שהכל - וע"כ מיני אגרע"ס וייגדע"ס ומאלינע"ס וכיו"ב שסוחטין אותן ומרקחין אותם בדבש וצוקע"ר מברכין עליהם שהכל כיון שהם מרוסקים ונימוחים לגמרי ואבד מהם צורתן ובדיעבד אם בירך עליהם ברכתו הראויה יצא:
De bénir Chéhakol - aussi les sortes de groseilles, baies et framboises et semblables que l'on presse et confit dans le miel et le sucre : on bénit sur elles Chéhakol, puisqu'elles sont écrasées et complètement fondues et qu'elles ont perdu leur forme. Bediavad, si l'on a béni sur elles leur bénédiction due, on s'est acquitté.
(מד) יצא - ואם רוב דרך אכילת אותן פירות הוא ע"י ריסוק אף לכתחלה מברך ברכתו הראויה בין לענין פה"ע או פרי האדמה כגון מאכל שמבשלין מדלועין שקורין קירבעס וכן אינגבע"ר ושארי בשמים שחוקים שאוכלין עם צוקער מברכין בפה"א ועיין לקמן סי' ר"ח ס"ח בהג"ה מדינים אלו:
On s'est acquitté - et si la manière habituelle de manger ces fruits est par écrasement, même lekhathila on bénit leur bénédiction due, que ce soit Boré péri haets ou Boré péri haadama : par exemple un mets que l'on cuit de courges que l'on appelle kirbes, et de même le gingembre et autres épices broyées que l'on mange avec du sucre : on bénit Boré péri haadama. Voir plus loin siman 208 seif 8 dans la glose au sujet de ces règles.
(מה) הזב מהתמרים - וה"ה היוצא ע"י כתישה וסחיטה:
Ce qui s'écoule des dattes - et de même ce qui sort par broyage et pressurage.
(מו) עליו שהכל - דמה דכתיב בתורה זית שמן ודבש היינו תמרים היוצא מהן דבש אבל דבש גופא זיעה בעלמא הוא ואינו בכלל פרי:
Sur lui Chéhakol - ce qui est écrit dans la Torah « olive, huile et miel », c'est le miel qui sort des dattes ; mais le miel lui-même n'est qu'une transpiration quelconque et n'entre pas dans la catégorie de fruit.
(מז) על משקין היוצאין וכו' - כגון יין תפוחים וכה"ג בין אי איתרמי שיצא מאליהן ובין שיצא ע"י כתישה וסחיטה ברכתן שהכל דזיעה בעלמא הוא דאין נקרא משקה אלא היוצא מן הזיתים והענבים בלבד:
Sur les liquides qui sortent, etc. - par exemple le vin de pommes et semblable, qu'il se soit trouvé qu'il soit sorti de lui-même ou qu'il soit sorti par broyage et pressurage : leur bénédiction est Chéhakol, car ce n'est qu'une transpiration quelconque. On n'appelle liquide ayant rang de fruit que ce qui sort des olives et des raisins seulement.
(מח) סופי ענבים - היינו ענבים הנמצאים בגפנים בימות החורף שאין מתבשלין לעולם ועושין מהם חומץ:
Les extrémités de raisins - c'est-à-dire les raisins que l'on trouve sur les vignes en hiver, qui ne mûrissent jamais, et dont on fait du vinaigre.
(מט) שבישלם ושרפם וכו' - היינו שע"י שריפת החום נתבשלו ונתייבשו ונשתנו לקלקולא [רש"י] ושארי מפרשים פירשו דנובלות היינו מין תמרים שאין מתבשלין על האילן ואין נכשרין לאכילה אלא תולשין אותן ומחממין אותן בעפר ומתבשלין או נותנין אותן במחצלאות או בתבן להתחמם עד שיתבשלו:
Qu'il les a cuits et brûlés, etc. - c'est-à-dire que par la brûlure de la chaleur ils ont cuit, séché et se sont dégradés [Rachi]. D'autres commentateurs ont expliqué que les novlot sont une sorte de dattes qui ne mûrissent pas sur l'arbre et ne deviennent propres à manger que si on les cueille et les réchauffe dans la terre et qu'elles mûrissent, ou qu'on les met dans des nattes ou de la paille pour qu'elles se réchauffent jusqu'à mûrir.
(נ) מברך שהכל - ואחריהם בנ"ר ולא דמי לס"ב גבי בוסר דאפילו לא הגיע לכפול הלבן דמברכין עליו בפה"א ומ"ש סופי ענבים דמברכין עליהם שהכל י"ל דשאני התם דענבים מעליא נינהו אלא שלא נגמרו עדיין משא"כ הכא דמקולקלים הם דאין עומדין אלא לחומץ ולא עדיפי ממשקין היוצאין מהן דברכתן רק שהכל וזהו ג"כ טעם היש מפרשים בנובלות תמרים דמברכין עליהן שהכל דגריעי משאר תמרים שאין מתבשלין על האילן לעולם:
On bénit Chéhakol - et après eux Boré néfachot. Cela ne ressemble pas au seif 2 au sujet du boser : même s'il n'a pas atteint le stade où le blanc double, on bénit sur lui Boré péri haadama. Quant aux extrémités de raisins sur lesquelles on bénit Chéhakol, on peut dire que là-bas ce sont de bons raisins, seulement ils n'ont pas encore achevé ; ici au contraire ils sont dégradés, n'étant destinés qu'au vinaigre, et ne valent pas mieux que les liquides qui en sortent, dont la bénédiction n'est que Chéhakol. C'est aussi la raison des « certains expliquent » au sujet des novlot de dattes, sur lesquelles on bénit Chéhakol : elles sont inférieures aux autres dattes, qui ne mûrissent jamais sur l'arbre.
(נא) פירות ששראן - מעל"ע דבזה רגילין ליתן טעם במים:
Des fruits que l'on a fait tremper - un nycthémère : c'est ainsi que l'on a l'habitude de donner du goût à l'eau.
(נב) אלא שהכל - דלא הוי אלא זיעה בעלמא כדלעיל ס"ח ולא דמי למיא דסילקא ודכולהו שלקי דמברכין עלייהו בפה"א וכדלקמן בסימן ר"ה ס"ב משום דהתם רוב אכילת אותן ירקות הוא ע"י שליקה משא"כ הכא בפירות דלאו דרכייהו למישלק או לכבשן אלא לאוכלם בעין לכן לא אמרינן שיהיו שליקתן וכבישתן כמותן מיהו בפירות שרוב אכילתן הוא ע"י בישול או כבישה מי שליקתן וכבישתן כמותן ומברך עלייהו בפה"ע לכו"ע וכ"ז בפירות שמתחלת נטיעתם נטעי להו אדעתא לאוכלם מבושלים או כבושים אבל בפירות שדרכן לאוכלן חיים רק שיש שמיבשין אותן ואח"כ מבשלין אותן אין מברך על רוטבן לעולם רק שהכל אע"ג דדרך כולן לבשלן כשהן יבשין מ"מ תחלת נטיעתן לא נטעי להו אדעת ליבשן אלא לאוכלן חיין ולענין פלוימי"ן יבשים או קרשי"ן כתב הח"א דבמדינות שגדילים שם הרבה מסתמא נטעי להו ברובא אדעתא ליבשן וא"כ ברכתן של רוטבן בפה"ע:
Sinon Chéhakol - ce n'est qu'une transpiration quelconque, comme plus haut au seif 8. Cela ne ressemble pas à l'eau de betterave et à l'eau de tous les légumes bouillis, sur laquelle on bénit Boré péri haadama, comme plus loin au siman 205 seif 2 : là-bas la majorité de la consommation de ces légumes se fait par ébullition. Ici au contraire, pour les fruits, leur manière n'est pas de les faire bouillir ou de les confire, mais de les manger tels quels ; aussi l'on ne dit pas que leur ébullition et leur confisage soient comme eux. Toutefois, pour les fruits dont la majorité de la consommation se fait par cuisson ou confisage, l'eau de leur ébullition et de leur confisage est comme eux, et l'on bénit sur elle Boré péri haets selon tous. Tout cela pour des fruits que dès la plantation on plante dans l'intention de les manger cuits ou confits ; mais pour des fruits dont la manière est de les manger crus, seulement certains les sèchent puis les cuisent : on ne bénit jamais sur leur sauce que Chéhakol, bien que la manière de tous soit de les cuire une fois secs. Néanmoins, au début de leur plantation on ne les plante pas dans l'intention de les sécher, mais de les manger crus. Quant aux prunes sèches ou aux cerises, le ‘Hayé Adam a écrit : dans les pays où elles poussent beaucoup, vraisemblablement on les plante en majorité dans l'intention de les sécher, et alors la bénédiction de leur sauce est Boré péri haets.
(נג) שאם נכנס וכו' - ר"ל בשטועמין ומרגישין שיש טעם הפרי במים המבושלין או השרויין מברכין בפה"ע ולא אמרינן שאינו אלא טעם קלוש וזיעה בעלמא כדאמרינן בס"ח לענין סחיטת פירות דיותר נכנס טעם הפרי במים ע"י בישול מאלו סחט הפרי בעצמו כשהוא חי. ולענין הלכה פסקו האחרונים דלכתחלה יברך שהכל ובדיעבד אם בירך בפה"ע יצא ועיין בר"ה ס"ב מה ששייך לעניננו:
Que si le goût est entré, etc. - c'est-à-dire : lorsqu'on goûte et que l'on sent qu'il y a le goût du fruit dans l'eau cuite ou trempée, on bénit Boré péri haets. On ne dit pas que ce n'est qu'un goût ténu et une transpiration quelconque, comme l'on dit au seif 8 au sujet du pressurage des fruits : plus de goût du fruit entre dans l'eau par la cuisson que si l'on pressait le fruit lui-même cru. Pour la pratique, les A'haronim ont décidé : lekhathila on bénira Chéhakol, et bediavad, si l'on a béni Boré péri haets, on s'est acquitté. Voir au siman 205 seif 2 ce qui touche à notre sujet.
(נד) מברך עליהם שהכל - מיירי ששותה המים בפני עצמן אבל אם אוכל הפירות עצמן ושותה המים ג"כ מסתברא דלכו"ע אין צריך לברך עליהם לא ברכה ראשונה ולא אחרונה דנעשה טפל להפרי ואם עיקר כונתו בשביל המים ואכל איזה מהפירות מתחלה ובירך בפה"ע צ"ע אם יברך שנית על המרק שהכל דלהרא"ש כבר יצא בברכת פה"ע וע"כ יברך על ד"א תחלה שהכל:
On bénit sur eux Chéhakol - il s'agit de boire l'eau à part ; mais si l'on mange les fruits eux-mêmes et que l'on boit aussi l'eau, il est raisonnable que selon tous on n'ait pas à bénir sur elle ni bénédiction initiale ni finale, car elle est devenue accessoire au fruit. Si l'intention principale porte sur l'eau, et que l'on a d'abord mangé quelques fruits et béni Boré péri haets, il y a lieu d'examiner si l'on bénira une seconde fois sur le bouillon Chéhakol : selon le Roch on s'est déjà acquitté par la bénédiction Boré péri haets ; aussi l'on bénira d'abord Chéhakol sur autre chose.
(נה) להרא"ש - קאי על סעיף הקודם דהביא פלוגתא בזה וקאמר דלמעשה פשוט דנקטינן כדעה ראשונה לברך שהכל דיוצא בזה גם לדעת הרא"ש דהא בלא"ה על כל הדברים אם אמר שהכל יצא ובברכה אחרונה ג"כ אין נ"מ בכל הפירות דהא ברכה אחרונה שלהן אינה אלא בורא נ"ר אבל בפירות של ז' מינים כגון צמוקים ותאנים שמברכין עליהם באחרונה מעין ג' בזה יש להסתפק היכי נעביד דאם יש להמים דין הפרי יש לברך עליו מעין ג' באחרונה ואם אין להם דין הפרי בעצמם אין לברך עליו אלא ב"נ ובאלו אין האחת פוטרת חברתה אפי' דיעבד:
Selon le Roch - cela se rapporte au seif précédent, où il a rapporté une divergence à ce sujet, et il dit qu'en pratique il est évident que l'on tient comme le premier avis, de bénir Chéhakol : par là on s'acquitte aussi selon l'avis du Roch, car de toute façon, sur toutes choses, si l'on a dit Chéhakol on s'est acquitté. Pour la bénédiction finale non plus, cela ne change rien pour tous les fruits, car leur bénédiction finale n'est que Boré néfachot. Mais pour les fruits des Sept Espèces, par exemple raisins secs et figues, sur lesquels on bénit à la fin méèn chaloch, en cela il y a lieu de douter comment faire : si l'eau a le rang du fruit, il faut bénir sur elle méèn chaloch à la fin ; si elle n'a pas le rang du fruit lui-même, on ne bénit sur elle que Boré néfachot ; et en ceux-là l'une n'acquitte pas l'autre, même bediavad.
(נו) אלא בתוך הסעודה - דבהמ"ז פוטרת ברכה שלאחריהם בין שתהיה מעין ג' בין שתהיה בנ"ר:
Sinon au cours du repas - car la Birkat hamazone acquitte la bénédiction qui les suit, que ce soit méèn chaloch ou Boré néfachot.
(נז) ואם משך וכו' - פי' הא דהשוינו צמוקים לתאנים אינו אלא בשהיו מעורבים הצמוקים עם הרוטב דעדיין שם רוטב ומרק עליהם אבל בשמשך המים מן הצמוקים הו"ל המים יין גמור ומברך עליהם בפה"ג ודעת המג"א דל"ד במשיכה נעשה יין אלא אפילו כשמעורבים כל שלא שראן אדעתא לאכול הצמוקים רק למשוך ולשתות המים אפילו שתה מהכלי כשמעורבים ביחד דין יין יש לו והמגן גבורים מפרשו כפשוטיה דדוקא בשמשך אלא דמיירי בשלא נשרה עדיין ג' ימים ולכך אין לו דין יין לענין ברכת בפה"ג אא"כ משכן והפרידן מהצמוקים:
Et si l'on a tiré, etc. - c'est-à-dire : ce par quoi nous avons égalé les raisins secs aux figues n'est que lorsque les raisins secs étaient mêlés à la sauce, car le nom de sauce et de bouillon est encore sur eux. Mais lorsque l'on a tiré l'eau des raisins secs, l'eau est devenue vin parfait, et l'on bénit sur elle Boré péri hagafen. L'avis du Maguen Avraham est que ce n'est pas seulement par le tirage qu'elle devient vin, mais même mêlée : dès lors qu'on ne les a pas fait tremper dans l'intention de manger les raisins secs, mais de tirer et de boire l'eau, même si l'on a bu du vase alors qu'ils sont encore mêlés, elle a rang de vin. Le Maguen Guiborim l'explique selon le sens simple : seulement lorsque l'on a tiré ; mais il s'agit de cas où l'on n'a pas encore fait tremper trois jours, et c'est pourquoi elle n'a pas rang de vin pour la bénédiction Boré péri hagafen, à moins qu'on les ait tirés et séparés des raisins secs.
(נח) וברכה אחת וכו' - היינו על הגפן ועל פה"ג ועיין באחרונים דאפילו לא רמיא ג' ואתא ד' והטעם דכיון שהצמוקים יפים כח הפרי העומד בתוכן נותן טעם חזק:
Et une seule bénédiction, etc. - c'est-à-dire sur la vigne et Boré péri hagafen. Voir chez les A'haronim : même si l'on n'a pas mis trois mesures et qu'il en est venu quatre. La raison : puisque les raisins secs sont de qualité, la force du fruit qui se tient en eux donne un goût fort.
(נט) שאם ידרוך אותם - ר"ל בלא שריה יצא מהן לחלוחית אז אם שראן הו"ל יין גמור:
Que si on les foule - c'est-à-dire : sans trempage il en sortirait de l'humidité ; alors, si on les a fait tremper, c'est devenu vin parfait.
(ס) שום לחלוחית וכו' - ר"ל ומברכין עליהם שהכל לכו"ע ואע"פ שנמתקו קצת המים אינו אלא זיעה בעלמא:
Nulle humidité, etc. - c'est-à-dire que l'on bénit sur eux Chéhakol selon tous ; bien que l'eau se soit un peu adoucie, ce n'est qu'une transpiration quelconque.
(סא) שטובים חיים ומבושלים - ואפילו הם טובים יותר כשהם מבושלים כיון שכשהם חיים טובים ג"כ והרבה ב"א אוכלים אותם כן:
Qui sont bons crus et cuits - même s'ils sont meilleurs cuits, dès lors que crus ils sont aussi bons et que beaucoup de gens les mangent ainsi.
(סב) כגון תפוחים ואגסים - שקורין בערנע"ס שאותן פירות טובים ג"כ לאכול כשהם חיין. ויש מיני תפוחים שהם חמוצים ואין ראוין לאכול לרוב בני אדם כשהם חיין רק ע"י בישול מברך שהכל כשהם חיין ועיין לקמן בסימן ר"ג במ"ב סק"ה לענין תפוחי יער:
Par exemple pommes et poires - que l'on appelle bernes : ces fruits sont aussi bons à manger crus. Il est des sortes de pommes acides qui ne sont pas propres à manger pour la plupart des gens crues, seulement par cuisson : on bénit Chéhakol lorsqu'elles sont crues. Voir plus loin au siman 203 dans le MB seif katan 5 au sujet des pommes des bois.
(סג) ואם אין דרך וכו' - ר"ל שרוב בני אדם אוכלים אותו כשהם מבושלים:
Et si la manière n'est pas, etc. - c'est-à-dire que la plupart des gens les mangent cuits.
(סד) כשהם חיים וכו' - הטעם כיון שדרך אכילת אותן פירות לרוב בני אדם הוא ע"י בישול דוקא לא מקרי עיקר פרי כ"ז שלא בא לכלל זה ועיין בא"ר סי' ר"ה ובח"א שדעתם דאפילו טובים ג"כ לאכול חיין כיון שדרך רוב בני אדם לאכול אותן ע"י בישול דוקא מברך שהכל:
Lorsqu'ils sont crus, etc. - la raison : puisque la manière de manger ces fruits pour la plupart des gens est uniquement par cuisson, on n'appelle pas fruit essentiel tant qu'ils n'en sont pas arrivés là. Voir dans l'Élyah Rabba siman 205 et dans le ‘Hayé Adam, dont l'avis est que même s'ils sont aussi bons à manger crus, dès lors que la manière de la plupart des gens est de les manger uniquement par cuisson, on bénit Chéhakol.
(סה) כשהם מבושלים בפה"ע - וה"ה אם היה להיפך שדרך אכילת בני אדם אותן הפירות הוא רק כשהם חיין כגון אגוזים וכה"ג אינו מברך ברכת פה"ע כ"א כשהם חיים וכשהם מבושלים שהכל. וברכה אחרונה בורא נפשות אפילו אי אתרמי בשבעת המינים בכה"ג:
Lorsqu'ils sont cuits, Boré péri haets - et de même à l'inverse : si la manière des gens de manger ces fruits est seulement crus, par exemple noix et semblable, on ne bénit Boré péri haets que crus, et cuits Chéhakol. La bénédiction finale est Boré néfachot, même si le cas se présente pour les Sept Espèces en une telle situation.
(סו) ר"ל נויאי"ט - פי' שכבר נגמר גידולו ופוצעים אותו וזורקים ממנו הקליפה שהיא כעץ ולוקחין הגרעין ומטגנין בדבש ונקרא בל"א נויאי"ט:
C'est-à-dire nougat - c'est-à-dire que sa croissance est déjà achevée : on le fend, on en jette l'écorce qui est comme du bois, on prend le cerneau et on le fait frire dans le miel ; on l'appelle en langue étrangère nougat.
(סז) מברך עליו וכו' - ואע"ג דאגוזים דרכן לאכול חיים ואם היה מבשלם במים משתנים לגריעותא אפ"ה כשמתקנין אותו ע"י טיגון בדבש הרי הם משתנים למעליותא ע"י הדבש והו"ל כדבר שטובים חיין ומבושלין. וגם קמ"ל דלא אמרינן בזה דהדבש עיקר וליברך עליה ברכת שהכל כברכת הדבש וכדמבואר כעין זה לקמן בסימן ר"ה ס"א בהג"ה דבזה דאין הדבש בא בשביל עצמו כ"א בשביל ליתן טעם בהאגוז הו"ל האגוז עיקר והדבש טפל ומברכין בפה"ע וה"ה כל מיני פירות כה"ג [פה"ע או פה"א] שדרכן להאכל רק חיים ואם היה מבשלו במים היה משתנה ברכתו לשהכל אם טיגנן בשמן או בדבש מברך ברכתו הראויה להן:
On bénit sur lui, etc. - bien que la manière des noix soit de les manger crues, et que si on les cuisait dans l'eau elles se dégraderaient, néanmoins lorsqu'on les prépare par friture dans le miel elles sont changées en mieux par le miel, et elles sont comme une chose bonne crue et cuite. Cela nous enseigne aussi que l'on ne dit pas ici que le miel est l'essentiel et qu'il faudrait bénir sur lui Chéhakol, bénédiction du miel, comme il est exposé en semblable plus loin au siman 205 seif 1 dans la glose : ici le miel ne vient pas pour soi, mais seulement pour donner du goût à la noix ; la noix est l'essentiel et le miel l'accessoire, et l'on bénit Boré péri haets. De même toutes les sortes de fruits de cette espèce, Boré péri haets ou Boré péri haadama, dont la manière est de n'être mangés que crus, et qui, cuits dans l'eau, verraient leur bénédiction changer en Chéhakol : si on les a frits dans l'huile ou le miel, on bénit leur bénédiction due.
(סח) בפה"ע - כתבו האחרונים דאפילו אין האגוז שלם אלא כתות ושבור כמו שדרך לעשות כשמטגנין אותן אפ"ה לא נשתנית ברכתו ומיהו עכ"פ בעינן שלא יהיה כתות ושחוק ביותר שיהא ניכר עכ"פ קצת דבמעוך שאין ניכר צורתו לגמרי אין מברכין עליו אלא שהכל:
Boré péri haets - les A'haronim ont écrit : même si la noix n'est pas entière, mais concassée et brisée comme on a l'usage de faire lorsqu'on les frit, néanmoins sa bénédiction n'a pas changé. Toutefois il faut du moins qu'elle ne soit pas trop concassée et broyée, qu'elle se reconnaisse encore un peu : dans ce qui est écrasé au point que sa forme n'est plus du tout reconnaissable, on ne bénit sur lui que Chéhakol.
(סט) אגוז רך וכו' - שלא נגמר גידולו וקליפתו עדיין אינו קשה ולוקחין אותו למרקחת ביחד עם הקליפה העליונה ומטגנים אותם כן בדבש:
Noix tendre, etc. - dont la croissance n'est pas achevée et dont l'écorce n'est pas encore dure : on la prend pour confiture avec l'écorce supérieure et on les frit ainsi dans le miel.
(ע) נוס מושקאד"ה - אין זה אגוז מושקא"ט האמור בסי"ז דשם פרי גמור הוא:
Noix muscade - ce n'est pas la noix muscade dite au seif 17, car là-bas c'est un fruit parfait.
(עא) מברך עליו שהכל - ואע"ג דע"י הדבש נתקן הפרי וטוב לאוכלו מ"מ כיון שהוא רך עדיין ונאכל ביחד עם קליפתו אינו מברך עליו אלא שהכל דלא נטעי להו אדעתא למיכל כשהם רכים בקליפתן אלא לאכול הפרי עצמה כשיתבשלו וכמו דקי"ל לקמן בסימן ר"ד ס"א לענין שקדים הרכין דברכתן נמי שהכל מטעם זה וכ"ש הכא שבלא טיגון אינו ראוי כלל בעודו רך לאכילה שמר הוא וכל תיקונו הוא ע"י דבש. והנה כ"ז הוא דוקא משום שלא נגמר הפרי ולא נטעי אדעתא דהכי וכמ"ש מה שאין כן בפרי גמורה כשאינו ראוי לאכול חי כ"א ע"י טיגון בודאי מברך עליו ברכתו הראויה לו [אחרונים]:
On bénit sur elle Chéhakol - bien que par le miel le fruit soit préparé et bon à manger, néanmoins, puisqu'elle est encore tendre et se mange avec son écorce, on ne bénit sur elle que Chéhakol : on ne les plante pas dans l'intention de les manger tendres dans leur écorce, mais de manger le fruit lui-même une fois mûr. Comme la règle plus loin au siman 204 seif 1 au sujet des amandes tendres, dont la bénédiction est aussi Chéhakol pour cette raison ; à plus forte raison ici, où sans friture elle n'est aucunement propre à manger tant qu'elle est tendre, car elle est amère, et toute sa préparation est par le miel. Tout cela seulement parce que le fruit n'est pas achevé et que l'on n'a pas planté dans cette intention, comme nous l'avons écrit. Il n'en va pas de même d'un fruit achevé qui n'est pas propre à manger cru, seulement par friture : certainement on bénit sur lui sa bénédiction due [A'haronim].
(עב) וכן אותם וכו' - צ"ל והן אותם וכו' דהא זהו ג"כ כוונת המחבר:
Et de même ceux, etc. - il faut lire : et ce sont ceux, etc., car c'est aussi l'intention du Mekhabèr.
(עג) על הסוקאר - פי' שבארצותם גדלים קנים מתוקין וסוחטין אותם ומבשלין מימיהם עד שיקפה וידמה למלח [רמב"ם]:
Sur le sucre - c'est-à-dire que dans leurs pays poussent des cannes douces : on les presse et l'on cuit leurs eaux jusqu'à ce que cela se fige et ressemble au sel [Rambam].
(עד) שהכל - דלא עדיפי מדבש תמרים דחשבינן ליה רק כזיעה בעלמא וברכתו שהכל וכ"ש בזה שנשתנו ע"י הבישול [רמב"ם]:
Chéhakol - ils ne valent pas mieux que le miel de dattes, que l'on ne considère que comme une transpiration quelconque et dont la bénédiction est Chéhakol ; à plus forte raison ici, qu'ils ont été changés par la cuisson [Rambam].
(עה) וכן המוצץ - פי' שמוצץ קני הסוקר בעצמם:
Et de même celui qui suce - c'est-à-dire qu'il suce les cannes à sucre elles-mêmes.
(עו) שהכל - ג"כ מטעם הנ"ל דהא הקנה בעצמו הוא עץ בעלמא וא"א לאוכלו אלא שיש בו מתיקות וא"כ לא עדיף המוצץ את המתיקות מהעץ מאלו סחט את הזיעה הזאת ושתאו. וכתב בח"א דה"ה הלועס שורש שקורין לאקעריץ ג"כ אין מברך אלא שהכל דגם הוא עץ בעלמא אלא שיש בו טעם מתוק. ודע דאף שהשו"ע סתם לדינא דעל הסוקר ועל הקנים ברכתו שהכל באמת יש בזה דעות בין הראשונים כמו שמובא בטור וב"י ומספיקא פסק לברך שהכל דבזה יוצא בדיעבד לכו"ע ואולם בדיעבד אם בירך בפה"ע או בפה"א יצא וכן בצוקער שלנו שנעשה מבוריקע"ס ג"כ יש לברך לכתחלה שהכל ובדיעבד אם בירך בפה"א יצא וכמו שבארתי הכל בבה"ל ע"ש:
Chéhakol - aussi pour la raison ci-dessus : la canne elle-même n'est que du bois quelconque, impossible à manger, seulement il y a en elle de la douceur ; donc celui qui suce la douceur du bois ne vaut pas mieux que s'il pressait cette transpiration et la buvait. Le ‘Hayé Adam a écrit : de même celui qui mâche la racine que l'on appelle réglisse ne bénit que Chéhakol, car elle aussi n'est que du bois quelconque, seulement il y a en elle un goût doux. Sache que bien que le Choul'han Aroukh ait statué pour la pratique que sur le sucre et sur les cannes la bénédiction est Chéhakol, en vérité il y a en cela des avis parmi les Rishonim, comme rapporté dans le Tour et le Bet Yossef ; par doute il a décidé de bénir Chéhakol, car par là on s'acquitte bediavad selon tous. Toutefois, bediavad, si l'on a béni Boré péri haets ou Boré péri haadama, on s'est acquitté. De même pour notre sucre fait de betteraves, on bénira lekhathila Chéhakol, et bediavad, si l'on a béni Boré péri haadama, on s'est acquitté, comme nous avons tout expliqué dans le Béour Halakha, voir là.
(עז) וזנגביל - הוא מה שקורין (אינגבער):
Et le gingembre - c'est ce que l'on appelle ingber.
(עח) וכל כיוצא - כגון גלגי"ן וציטוו"א:
Et tout ce qui y ressemble - par exemple galanga et zédoaire.
(עט) שאין דרך וכו' - פי' והוא אכלן לבדן לפיכך אין מברך עליהם כלום שאין הנאה באכילתן כשהם יבשים ואם אכלן עם צוקער וכדומה מברך בורא פה"א [פמ"ג]:
Dont la manière n'est pas, etc. - c'est-à-dire qu'il les a mangés seuls ; aussi l'on ne bénit rien sur eux, car il n'y a pas de jouissance à les manger secs. S'il les a mangés avec du sucre et semblable, on bénit Boré péri haadama [Pri Megadim].
(פ) בפה"ע - דפרי הוא ורגילין ג"כ לאכלו ביובש. ומי שיש לו שלשול ונותן לתוך השכר מושקא"ט כדי שיעצור אם אינו צמא ואינו שותה אלא לרפואה המושקא"ט עיקר והשכר טפל ומברך בפה"ע כמו גבי שמן לעיל בס"ד ואם הוא תאב לשתות השכר גם בלא רפואה אע"פ שנותן לתוכו המושקא"ט לרפואה השכר עיקר ומברך שהכל ופוטר את המושקא"ט וה"ה גבי שמן לעיל כשהוא תאב לשתות מי אניגרון והשכר אע"פ שנותן לתוכו השמן לרפואה מברך על השכר לבד אם הם הרוב:
Boré péri haets - c'est un fruit, et l'on a aussi l'habitude de le manger sec. Celui qui a la diarrhée et met dans la bière de la muscade pour resserrer : s'il n'a pas soif et ne boit que pour se soigner, la muscade est l'essentiel et la bière l'accessoire, et l'on bénit Boré péri haets, comme pour l'huile plus haut au seif 4. S'il a envie de boire la bière même sans soin, bien qu'il y mette la muscade pour se soigner, la bière est l'essentiel et l'on bénit Chéhakol et l'on acquitte la muscade. De même pour l'huile plus haut : lorsqu'il a envie de boire l'eau d'anigron et la bière, bien qu'il y mette l'huile pour se soigner, on bénit seulement sur la bière si elle est la majorité.
(פא) בפה"א - כי הוא גדל על הארץ כמו קנים ורגילין ג"כ לאוכלו ביובש:
Boré péri haadama - car il pousse sur la terre comme des cannes, et l'on a aussi l'habitude de le manger sec.
(פב) רטובים וכו' - דזנגביל לאו פירא הוא אלא שרשים מן העץ תחת הקרקע ופלפלין אע"ג דגדילין על אילן כיון דאין נוטעין אלא ע"ד שיתייבשו ויאכלו רובן שחוקין בתערובת כתבלין ואין נאכלין לבדן אלא לפעמים קרוב הדבר שיברכו ע"ז שהכל כמו קורא בריש סימן ר"ד אלא לפי שמעט מהן נאכלין ברטיבותן אדעתא דהכי נמי נטעי קצת לכן מברכין עליהן בפה"א:
Frais, etc. - le gingembre n'est pas un fruit, mais des racines de l'arbre sous terre ; et le poivre, bien qu'il pousse sur un arbre, puisqu'on ne le plante que dans l'intention qu'il sèche et que l'on en mange la plupart broyé en mélange d'épices, et qu'on ne le mange pas seul sinon parfois : la chose est proche que l'on bénisse là-dessus Chéhakol, comme le kora au début du siman 204. Seulement, parce qu'un peu d'entre eux se mangent à l'état frais, on en plante aussi un peu dans cette intention ; aussi l'on bénit sur eux Boré péri haadama.
(פג) ושאינן עיקר הפרי וכו' - כנ"ל בס"ו ועיין לקמן בריש סימן ר"ו במ"ב:
Et qui ne sont pas le fruit essentiel, etc. - comme ci-dessus au seif 6. Voir plus loin au début du siman 206 dans le MB.
(פד) ואם הוא מסופק - היינו אחר שלמד ואינו יכול לברר אבל מי שלא למד לא יאכל עד שילך אצל חכם ללמדו ברכות [גמרא]:
Et s'il est dans le doute - c'est-à-dire après avoir étudié et ne pouvant éclaircir ; mais celui qui n'a pas étudié ne mangera pas avant d'aller chez un sage pour qu'il lui enseigne les bénédictions [Guemara].
(פה) בפה"א - שאף אם הוא פה"ע יצא בדיעבד בברכת פה"א כדלקמן בסי' ר"ו:
Boré péri haadama - car même si c'est Boré péri haets, on s'est acquitté bediavad par la bénédiction Boré péri haadama, comme plus loin au siman 206.
(פו) מה הוא - היינו שמא הוא מין שברכתו שהכל:
Ce que c'est - c'est-à-dire : peut-être est-ce une espèce dont la bénédiction est Chéhakol.