Quand un fruit est « fruit de l'arbre » ou « fruit de la terre » : buissons dont le bois périt l'hiver, baies sauvages, bananes, fruits d'arbres stériles, baies de myrte, gingembre et épices confits, radis.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) על התותים הגדלים בסנה - שקורין מוי"ל בע"ר ומאלינע"ס ויש מיני מוי"ל בע"ר שגדילים באילן ומברכין עליו בפה"ע וכן מאלינע"ס שלנו ג"כ ידוע שגדילין באילן שמתקיים משנה לשנה ומברכין עליו בפה"ע [דה"ח וח"א] ושטעני"ל נוס"ל שגדילין על עצי יער צ"ע כי אין טוב כ"כ למאכל כ"א אחר הבישול ודמי לבני אסא המבואר בס"ה ולא דמי לתותים הגדילים באילן שכתבנו דמברך בפה"ע דטובים הם למאכל כשנשתהו על האילן:
Sur les baies qui poussent sur un buisson — On les appelle moyel baar (mûres) et malines (framboises). Certaines espèces de moyel baar poussent sur un arbre : on bénit alors boré péri haets. De même nos malines poussent, c'est connu, sur un arbre qui subsiste d'année en année : on bénit boré péri haets [Derech Hahayim et Hayé Adam]. Quant aux shtenil-nussel qui poussent sur les arbres de la forêt, la chose reste à examiner : ils ne sont guère bons à manger qu'après cuisson, et ressemblent aux baies de myrte exposées au seif 5. Ils ne ressemblent pas aux baies d'arbre dont nous avons dit qu'on bénit boré péri haets, car celles-ci sont bonnes à manger lorsqu'elles ont séjourné sur l'arbre.
(ב) שמוציא עליו מעצו - ואז יש על פריו שם פרי עץ אף אם העץ הוא גבעול דק:
Qui produit ses feuilles depuis son bois — Alors le fruit porte le nom de fruit de l'arbre, même si l'arbre n'est qu'une tige mince.
(ג) דכלה עציו - ופרי שקורין ברומבערי"ן וערפער"ט דעת המ"א וא"ר דיברך עליהם בפה"ע שכן הענף מתקיים ימים הרבה וכי שקל פירא הדר אתי מאותו ענף עצמו. ופירות אדומים שקורין פאזימקע"ס הגדילים בתוך היערות מברך עליהם בפה"א ואפילו אותן הגדילים בגנות מסיק הח"א דנכון לכתחלה שיברך עליהן פה"א ובדיעבד כשבירך בפה"ע יאכל רק מעט כדי שלא תתבטל הברכה ולא יותר. ופירות שגדילין על אילנות קטנות אף שגבהן פחות מג' טפחים כמו יאגד"ש שחורים דעת המ"א ועוד כמה אחרונים לברך עליהן בפה"ע אך העולם נוהגין לברך בפה"א ואפשר דטעמם דלא חשיבי כ"כ פרי. ומיני יאגדע"ש וזורעוויני"ס שמוצצין מהן המשקה וזורקין הקליפה יש דעות בין האחרונים אי מברכין עליהן בפה"א או שהכל אבל על קאלינע"ס אף שגדילין באילן בודאי יש לברך עליהן שהכל שאין האוכל ראוי כלל ואפילו אם בולע עם הקליפה והגרעין מ"מ הלא באמת הקליפה והגרעין אין ראוין לאכילה כלל:
Dont le bois périt entièrement — Pour les fruits appelés bromberen (ronces) et erpert, l'avis du Magen Avraham et de l'Elya Rabba est de bénir boré péri haets, car la branche subsiste de nombreux jours et, lorsqu'on cueille le fruit, un autre fruit revient de cette même branche. Sur les fruits rouges appelés pozimkes qui poussent dans les forêts, on bénit boré péri haadama. Même ceux qui poussent dans les jardins : le Hayé Adam conclut qu'il convient lekhathila (a priori) de bénir sur eux boré péri haadama ; bediavad (après coup), s'il a béni boré péri haets, qu'il n'en mange qu'un peu, afin que la bénédiction ne soit pas annulée, et pas davantage. Sur les fruits qui poussent sur de petits arbres, même si leur hauteur est inférieure à trois téfahim, comme les yagdes noirs : l'avis du Magen Avraham et de plusieurs Aharonim est de bénir boré péri haets ; toutefois le monde a l'usage de bénir boré péri haadama, peut-être parce qu'on ne les considère pas assez comme un fruit. Pour les espèces de yagdes et de zurevines (canneberges) dont on suce le jus et dont on jette la peau, les Aharonim sont partagés : boré péri haadama ou chéhakol. Mais sur les kalines (baies de viorne), même si elles poussent sur un arbre, on doit certainement bénir chéhakol : la partie comestible n'est pas propre à la consommation du tout ; même si l'on avale avec la peau et le noyau, en réalité la peau et le noyau ne sont aucunement propres à être mangés.
(ד) על המאוזי"ש בפה"א - ג"כ הטעם כמו בתותים:
Sur les mauzish (bananes), boré péri haadama — Pour la même raison que pour les baies.
(ה) שהכל - דלא חשיבי לברך עליהן בפה"ע דכמו עץ בעלמא נינהו ולא דמי לתותים שבס"א דחשובין עכ"פ פרי אף שגדילים נמי בסנה דהוא כאילן סרק דהם טובים לאכילה חיים כשהם שוהים הרבה על הסנה ומתבשלין אלא שאין הענף מתקיים משנה לחברתה אבל כאן מיירי בפירות גרועים כגון תפוחים קטנים ואגסים קטנים הגדילים בעצי היער שאינם ראוים לאכילה כשהם חיים וע"כ אינם חשובין בכלל פרי ואפילו בשלם ולכן מברך עליהם שהכל ואגוזים קטנים הנלקטים בעצי היער שהם טובים לאכילה פרי גמור הוא ומברך ע"ז בפה"ע. וכן על [אגרע"ס] ובל"א (קאסטעה"ר בערי"ן) אף שגדילי' על קוצים נהגו העולם לברך בפה"ע אבל על פרי אדום שגדל על קוצים שקורין בל"א (האנפוטין) וכ"ש על המינים שגדל על אטדין וקורין בל"א (שלוים קערשין) ובלשון פולין (פיאניצעס) מברכין שהכל שאינן חשובין וגם שגדילין על אטדין:
Chéhakol — Ils ne sont pas assez considérés pour qu'on bénisse sur eux boré péri haets : ce n'est qu'un bois quelconque. Ils ne ressemblent pas aux baies du seif 1, qui sont du moins considérées comme un fruit, même si elles poussent aussi sur un buisson — buisson comparable à un arbre stérile — car elles sont bonnes à manger crues lorsqu'elles restent longtemps sur le buisson et y mûrissent ; seulement la branche ne subsiste pas d'une année à l'autre. Ici il s'agit de fruits médiocres, comme de petites pommes et de petites poires qui poussent sur les arbres de la forêt et qui ne sont pas propres à être mangées crues ; aussi ne sont-elles pas considérées comme un fruit, même cuites, et l'on bénit chéhakol. En revanche les petites noix cueillies sur les arbres de la forêt, bonnes à manger, sont un fruit accompli : on bénit boré péri haets. De même sur les agres, en langue du pays kasteher-berin (groseilles à maquereau), même si elles poussent sur des épines, le monde a l'usage de bénir boré péri haets. Mais sur le fruit rouge qui pousse sur des épines, appelé en langue du pays hagebutten (cynorhodons), et à plus forte raison sur les espèces qui poussent sur des aubépines, appelées en langue du pays schlehen-kirschen et en polonais pianitses (prunelles), on bénit chéhakol : elles ne sont pas considérées, et de plus elles poussent sur des aubépines.
(ו) בני אסא - היינו ענבים קטנים שרגילין להמצא בהדסים:
Baies de myrte — Ce sont de petits raisins qu'on trouve d'ordinaire dans les myrtes.
(ז) אלא שהכל - דלא חשיבי והו"ל כפירות שמוציאין אילני סרק:
Sinon chéhakol — Elles ne sont pas considérées, et c'est comme les fruits que produisent les arbres stériles.
(ח) שמרקחים אותו - אשמעינן דע"י ריקוח שמרקחין אותו בדבש לא נשתנה ברכתו מאלו אכלו חי דברכתו בפה"א וכדלעיל בסי' ר"ב בסי"ח:
Qu'on confit — On nous apprend que le confisage au miel ne change pas sa bénédiction par rapport à celle qu'on dirait en le mangeant cru, qui est boré péri haadama, comme plus haut au siman 202 seif 18.
(ט) אותו יבש - ר"ל אף דזנגביל יבש אין מברכין עליו כלל וכבסימן ר"ב סט"ז הכא דע"י ריקוח נעשה ראוי לאכילה חוזר לברכתו הראויה [ואין להקשות מאגוז רך דאיתא שם בסי"ד דאף שנתקן ע"י בישול בדבש מ"מ ברכתו שהכל דהתם הפרי לא הגיע עדיין זמן בישולו משא"כ הכא דהפרי כבר נתבשל אלא שמחמת יבשותו לא היה ראוי לאכילה ולכן מהני כשמרקחו ועושהו ראוי] וה"ה כשמרקחין פלפלין יבשין ג"כ ברכתו בפה"א:
Celui-ci sec — C'est-à-dire : même si sur le gingembre sec on ne bénit rien du tout, comme au siman 202 seif 16, ici, par le confisage, il redevient propre à être mangé et retrouve sa bénédiction due. [On n'objectera pas à partir de la noix tendre, dont il est dit là-bas au seif 14 que même après cuisson au miel sa bénédiction reste chéhakol : là-bas le fruit n'avait pas encore atteint le temps de sa maturité ; ici le fruit est déjà mûr, seulement la sécheresse le rendait impropre à être mangé, et le confisage qui le rend propre est donc efficace.] De même, lorsqu'on confit du poivre sec, sa bénédiction est aussi boré péri haadama.
(י) ראוי לאכילה - וכן כשצולין זנגביל ואוכלין אותן לרפואה כיון דחזי לאכילה ע"י כך אבל ציטוו"ר מברך שהכל כיון דעביד לטעמא ולא לאכילה. מרקחת של חזרת (שקורין קריין) ברכתו שהכל אבל מרקחת של (רעטיך) משמע מכמה אחרונים דברכתו בפה"א ואפילו אם עושה מקליפתן ג"כ לא נשתנית הברכה:
Propre à être mangé — De même lorsqu'on rôtit du gingembre et qu'on le mange comme remède, puisqu'il devient par là propre à être mangé. Mais sur le zitwer (zédoaire) on bénit chéhakol, car il est fait pour le goût et non pour l'alimentation. La confiture de raifort (appelé krain) a pour bénédiction chéhakol ; mais la confiture de rettich (radis noir) : il ressort de plusieurs Aharonim que sa bénédiction est boré péri haadama, et même si on la fait avec leur peau, la bénédiction ne change pas.
(יא) הזנגביל עיקר - ואפילו רקחו עו"ג אין בו משום בשול עו"ג שהרי נאכלין חיין ע"י תערובות צוקע"ר אבל שאר כל מיני פירות או ירקות וכן עלי ורדים כל שאינו ראוי לאכול אותו חי אם בשלן או רקחן נכרי אסורים משום בשול עו"ג:
Le gingembre est l'essentiel — Même si un non-juif l'a confit, il n'y a pas d'interdit de cuisson du non-juif, car on les mange crus grâce au mélange de sucre. Mais tous les autres fruits ou légumes, ainsi que les pétales de rose : tout ce qui n'est pas propre à être mangé cru, si un non-juif l'a cuit ou confit, est interdit à cause de la cuisson du non-juif.
(יב) שחוקים - היינו אף כשהם שחוקין ונימוחים לגמרי עד שאין ניכר בהם תארן הראשון כלל אפ"ה לא נשתנית ברכתן עי"ז לכו"ע דדרך הבשמים לכתוש באופן זה:
Pilées — Même lorsqu'elles sont pilées et complètement délayées, au point que leur forme première n'est plus du tout reconnaissable, leur bénédiction n'en est pas changée, de l'avis de tous, car c'est la manière des épices d'être broyées ainsi.
(יג) הבשמים עיקר - היינו אפילו כשהיה צוקע"ר הרוב ומעט בשמים וכעין שנוהגין בינינו לעשיית מאגע"ן פולווע"ר שמערבין צוקע"ר הרבה עם אינגבע"ר כתוש אפ"ה האינגבע"ר עיקר והצוקע"ר טפל להן דאינו בא רק למתקו ואין לברך עליהן:
Les épices sont l'essentiel — Même si le sucre était la majorité et les épices une faible part, comme on a l'usage chez nous pour faire le magen-pulver : on mélange beaucoup de sucre avec du gingembre broyé ; néanmoins le gingembre est l'essentiel et le sucre lui est accessoire, car il ne vient que pour l'adoucir, et l'on ne bénit pas sur le sucre.
(יד) צנון וכו' - דאע"ג שסופו להקשות כעץ אם אין תולשו בעתו אפ"ה מברכין עליו בפה"א דנטעי אינשי אדעתא לאוכלו כשהוא רך [גמ'] ועי' בח"א ובנ"א שמצדד דבצנון שלנו שהוא מר [ואין דרך לאכול בלא פת] לא חשיבא כ"כ ומברך עליו שהכל אמנם הגר"ז בסי' ר"ה מוכיח מהח"י דמ"מ מברך עליו בפה"א:
Le radis, etc. — Bien qu'il finisse par durcir comme du bois si on ne le cueille pas à temps, on bénit néanmoins boré péri haadama, car on le plante en vue de le manger tendre [Guémara]. Voir le Hayé Adam et le Nishmat Adam, qui penchent à dire que notre radis, qui est amer [et qu'on n'a pas l'usage de manger sans pain], n'est pas assez considéré et qu'on bénit chéhakol. Toutefois le Gaon Rabbi Zalman, au siman 205, prouve d'après le Hok Yaakov qu'on bénit malgré tout boré péri haadama.