משנה ברורה

Michna Beroura — siman 205

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Bénédiction des légumes
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Boré péri haadama ou chéhakol selon que le légume se mange cru ou cuit ; ail et oignons ; eau de cuisson ; jus pressé ; légumes hachés ; navet.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLégumes : haadama ou Chéhakol selon que l'on mange cru ou cuit ; ail et oignons ; eau de cuisson ; jus pressé ; hachés ; navet
À FAIREBons crus et cuits
Boré péri haadama même cuits ; de même les légumineuses encore humides
À FAIREMarinés selon l'usage
Kraut aigre, salade à l'huile et au vinaigre : haadama même crus (hors repas)
À FAIREEau de cuisson
Bouilli pour manger aussi le légume : haadama sur l'eau bue seule ; avec le légume, l'eau est accessoire
À FAIREHachés en morceaux
Forme encore un peu reconnaissable : la berakha due (haadama ou haets) ne change pas
À ÉVITERCru contre l'usage
Légumineuses sèches, ou légume meilleur cuit que cru si la plupart ne le mangent pas cru : Chéhakol
À ÉVITERLiquide seul visé
Légumes cuits ou trempés seulement pour l'eau (boisson de Pessaḥ aux pommes) ; jus pressé : Chéhakol
OUIAil et oignons tendres
Haadama là où on les mange crus ; frits à l'huile pour les améliorer, ou oignons seuls longuement réduits : haadama
NONAil et oignons vieillis ou cuits dans un mets
Trop piquants crus sans pain : Chéhakol ; cuits à l'eau même avec viande : Chéhakol
OUINavet (carottes, rüben)
Meilleur cuit que cru : certains Chéhakol à l'état cru ; d'autres haadama — cela suit l'usage local de les manger crus
OUILégume et bouillon de viande ensemble
Berakha du légume seulement ; bouillon seul : Chéhakol (goût de viande plus considéré)
La berakha suit l'usage de la plupart : haadama si le légume est propre ainsi (cru, cuit ou mariné) ; Chéhakol s'il n'est pas « fruit » à ce stade, ou si l'on ne vise que le liquide.

Glossaire

boré péri haadama
bénédiction « qui crée le fruit de la terre »
chéhakol
bénédiction « par la parole de Qui tout existe »
boré péri haets
bénédiction « qui crée le fruit de l'arbre »
mézonot
bénédiction « qui crée diverses nourritures »
al hamihya
bénédiction finale « sur la nourriture »
boré néfachot
bénédiction finale « qui crée de nombreuses âmes »
kitniyot
légumineuses
kavouch
mariné (assimilé au cuit)
iqar vetafel
l'essentiel et l'accessoire

(א) ואפילו בשלם - ומיירי שטובים לאכול בין חיים בין מבושלים וכדמסיים אח"כ גבי פירות וקטניות:

Et même cuits — Il s'agit de ceux qui sont bons à manger aussi bien crus que cuits, comme il le précise ensuite pour les fruits et les légumineuses.

(ב) וקטניות - ודוקא שאוכלן בעודם לחים אבל קטניות ופולין יבשים אין דרכן של ב"א לאכלן חיין אלא מבושלים לפיכך האוכלם חיין מברך שהכל ועיין בסימן ר"ד סק"ט במ"ב:

Et les légumineuses — Seulement si on les mange encore humides. Les légumineuses et fèves sèches : les gens n'ont pas l'usage de les manger crues, mais cuites ; celui qui les mange crues bénit donc chéhakol. Voir siman 204 seif katan 9 dans le Michna Beroura.

(ג) יותר מחיים - מלשון זה משמע דאף כשהם טובים חיין ג"כ כיון שהם יותר טובים כשהם מבושלים מברך שהכל ומ"מ אם דרך רוב ב"א לאכלם ג"כ כשהם חיין מברך בפה"א:

Meilleurs que crus — De ce langage il ressort que même s'ils sont aussi bons crus, dès lors qu'ils sont meilleurs cuits on bénit chéhakol. Toutefois si l'usage de la plupart des gens est de les manger aussi crus, on bénit boré péri haadama.

(ד) ולאחר בישולם וכו' - וה"ה אם הם כבושים או מלוחים ודרך בני אדם לאכלם עי"ז כשהם חיין מברך בפה"א ולפ"ז מה שקורין קרוי"ט כשכבשן ונעשו חמוצים מברך עליהן בפה"א אף כשהם חיין אבל אם לא כבשן ואכלן חיין שהכל מבושלין בפה"א. שלאטי"ן מעורב עם שמן וחומץ בפה"א אף בחיין. וכ"ז כשלא אכלם תוך הסעודה [אחרונים] ואם אוכל השלאטין עם בשר נעשה טפל להבשר [פמ"ג]:

Et après leur cuisson, etc. — De même s'ils sont marinés ou salés et que les gens ont l'usage de les manger ainsi crus, on bénit boré péri haadama. Dès lors, ce qu'on appelle kraut, une fois mariné et devenu aigre, on bénit boré péri haadama même cru ; mais si on ne l'a pas mariné et qu'on le mange cru : chéhakol ; cuit : boré péri haadama. Les salades mêlées d'huile et de vinaigre : boré péri haadama même crues. Tout cela lorsqu'on ne les mange pas pendant le repas [Aharonim]. Si l'on mange la salade avec de la viande, elle devient accessoire à la viande [Pri Megadim].

(ה) כשהם חיים בפה"א - כתבו האחרונים דדוקא בשומים רכים דאז דרך בני אדם לאוכלן חיים אבל שומים שהזקינו שהם חריפים מאד ואינו ראוי לאוכלן חי [בלא פת] אם אכלו מברך שהכל וכן בבצלים דינא הכי דאם אוכלן רכים בפה"א הזקינו שהכל ועיין בשע"ת שמצדד לומר דאפילו רכים אינו מברך בפה"א רק במדינות שדרך לאוכלן רכים בלא פת אבל במדינותינו שלעולם אין דרך בנ"א לאכול שומים ובצלים חיים אף כשהם רכים בלא פת אין מברך עליהם אלא שהכל וכן מצדד בנשמת אדם לברך שהכל. וע"ש עוד בשע"ת שכתב דבמבושלים בין שומים ובצלים רכים ובין כשהזקינו לעולם אינו מברך אלא שהכל ואפילו בישלן אם בשר:

Crus, boré péri haadama — Les Aharonim ont écrit : seulement pour les aulx tendres, que les gens ont alors l'usage de manger crus. Les aulx vieillis, très piquants et impropres à être mangés crus [sans pain] : si on les mange, on bénit chéhakol. De même pour les oignons : tendres, boré péri haadama ; vieillis, chéhakol. Voir le Chaaré Techouva, qui penche à dire que même tendres on ne bénit boré péri haadama que dans les pays où l'on a l'usage de les manger tendres sans pain ; dans nos pays, où l'on n'a jamais l'usage de manger aulx et oignons crus sans pain, même tendres, on ne bénit que chéhakol. Le Nishmat Adam penche de même pour chéhakol. Voir encore le Chaaré Techouva : cuits, aulx et oignons, tendres ou vieillis, on ne bénit jamais que chéhakol, même cuits avec de la viande.

(ו) דמחשבי נשתנו לגריעותא - ומשמע מהאחרונים דה"ה בבצלים מבושלים וכן בירק שקורין זערזי"ך או מה שקורין טראה"ן ונראה דדוקא כשבישל הבצלים בתבשיל עם מים כנהוג אבל מה שדרך לעשות מאכל מבצלים לבד שמבשלין אותן בישול רב עד שמצטמקין וטובין ויפין לאכילה יוכל לברך עליהן בפה"א דהרי הם משתנים לעלויא ע"י בישול הרב:

On les considère comme détériorés — Il ressort des Aharonim qu'il en va de même des oignons cuits, ainsi que du légume appelé zerzich ou de ce qu'on appelle trahn. Il semble que ce soit seulement lorsqu'on a cuit les oignons dans un mets avec de l'eau, comme c'est l'usage. Mais ce qu'on a l'usage de faire comme mets d'oignons seuls, qu'on cuit longtemps jusqu'à ce qu'ils se réduisent et deviennent bons et beaux à manger : on peut bénir boré péri haadama, car ils changent alors pour le mieux par cette longue cuisson.

(ז) מצד עצמן - עיין באחרונים שכתבו דאם היה מבשל ירקות עם בשר [או שטגנן בשומן] שכוונתו ודאי לאכול גם הירקות עצמן בודאי צריך לברך עליהן בפה"א אפילו אם טבע אותן הירקות להשתנות לגריעותא כשמבשלן בלא בשר ושאני הכא דלא ניתנו שומים בתוך הקדרה בשביל עצמן רק כדי ליתן טעם בהבשר אלא דממילא מקבלין הם ג"כ הטעם מהבשר ונשבחו ע"כ מברך עליהן רק כברכת הבשר. ולפ"ז אם טיגן בצלים בשמן או בחמאה כדי להשביחן מברך עליהן בפה"א דהרי הבצלים נשתנו לעילויא ע"י הטיגון והם העיקר אצלו וה"ה כל כה"ג:

De par eux-mêmes — Voir les Aharonim : si l'on a cuit des légumes avec de la viande [ou frits dans la graisse], l'intention étant certainement de manger aussi les légumes eux-mêmes, il faut certainement bénir sur eux boré péri haadama, même si la nature de ces légumes est de se détériorer quand on les cuit sans viande. Ici c'est différent : on n'a pas mis les aulx dans la marmite pour eux-mêmes, mais seulement pour donner du goût à la viande ; seulement, du même coup, ils reçoivent aussi le goût de la viande et s'améliorent ; aussi ne bénit-on sur eux que comme sur la viande. Dès lors, si l'on a fait revenir des oignons dans l'huile ou le beurre pour les améliorer, on bénit boré péri haadama : les oignons ont changé pour le mieux par la friture, et ce sont eux l'essentiel pour lui. De même en tout cas semblable.

(ח) על המים שבשלו - ואם שרה ירקות במים כתב הב"י בסימן ר"ב דדינו כמבושל וכדקי"ל בעלמא דכבוש כמבושל ומ"מ ברוטב של אוגערקעס שהכבישה הוא רק בשביל האוגערקעס לבד שיחמיצו ואין כונתו בשביל מי הכבישה כלל מברך על הרוטב שהכל [ט"ז בר"ב סק"י וכ"כ הא"ר] [ובמקום שמנהג רוב אנשי העיר לטבול בו פת במי האוגערקעס יצטרך לברך פה"א אף כששותה המשקין לבד] עוד כתב שם א"ר דה"ה ברוטב של קומפוש"ט ובמדינותינו קורין אותן קרוי"ט שמברך שהכל [ואין זה נראה לפי מנהג מדינותינו שאוכלין הרוטב כמו הקומפוש"ט עצמו] וכ"ז בשאוכל רוטב של קרוי"ט חיין אבל כשבשלן עם הקרוי"ט ורוצה לשתות הרוטב לבד מודה הט"ז דמברך פה"א כעל שאר מי שלקות ורוטב של בוריקע"ס חמוצין שקורין ראסי"ל אף אם בשלן לבדן משמע מהט"ז שמברך בפה"א כיון דנכבשו בהן הבוריקעס וכונת הכבישה הוא גם בשבילן ודרך ללפת בו הפת וכן מצדד הח"א ומ"מ בשותה אותן חיין מסתברא דמברך עליהן שהכל משום דרוב אכילתן הוא ע"י בישול. ומשקה בארש"ט העשויה ממי סובין וקמח מברך עליהן שהכל בין כששותה אותן חיין או מבושלין [אחרונים]:

Sur l'eau dans laquelle on a cuit — Si l'on a fait tremper des légumes dans l'eau, le Beit Yossef au siman 202 écrit que le din est comme cuit, car nous tenons en général que le mariné est comme le cuit. Toutefois pour la saumure des ogourkes (cornichons), dont le salage n'est que pour les cornichons eux-mêmes, afin qu'ils s'aigrissent, sans aucune intention pour l'eau de salage : on bénit sur la saumure chéhakol [Taz au siman 202 seif katan 10, et ainsi l'Elya Rabba]. [Là où l'usage de la plupart des gens de la ville est d'y tremper du pain dans l'eau des cornichons, il faudra bénir boré péri haadama même si l'on boit les liquides seuls.] L'Elya Rabba écrit encore qu'il en va de même de la sauce du kompott, appelé dans nos pays kraut : on bénit chéhakol. [Cela ne semble pas conforme à l'usage de nos pays, où l'on mange la sauce comme le kompott lui-même.] Tout cela lorsqu'on mange la sauce du kraut crue ; mais si on l'a cuite avec le kraut et qu'on veut boire la sauce seule, le Taz convient qu'on bénit boré péri haadama, comme sur les autres eaux de légumes. La sauce des betteraves aigres appelée rossel : même si on les a cuites seules, il ressort du Taz qu'on bénit boré péri haadama, car les betteraves y ont été marinées et l'intention du marinage est aussi pour cette sauce, et l'on a l'usage d'y tremper le pain ; le Hayé Adam penche de même. Toutefois si on la boit crue, il est raisonnable de bénir chéhakol, car la plupart de sa consommation se fait par cuisson. La boisson barscht faite d'eau de son et de farine : on bénit chéhakol, qu'on la boive crue ou cuite [Aharonim].

(ט) בהם ירקות וכו' - ר"ל שרוצה לגמוע המים לבד דאלו אם אוכלן עם הירק אין שייך שום ברכה על המים דנעשין טפלה לירק:

Dans laquelle des légumes, etc. — C'est-à-dire : il veut avaler l'eau seule. S'il la mange avec le légume, aucune bénédiction n'a lieu sur l'eau, devenue accessoire au légume.

(י) מברך וכו' - ודוקא כששלקן כדי לאכול גם את הירקות דאלו בישל הירקות או שראן לצורך מימיהן לבד לשתות אותן אין מברך עליהן אלא שהכל ולכן המשקה שעושין בפסח מתפוחים וכל כה"ג אין מברך עליהן אלא שהכל:

On bénit, etc. — Seulement si on les a fait bouillir afin de manger aussi les légumes. Si l'on a cuit les légumes ou les a fait tremper pour leurs eaux seules, afin de les boire, on ne bénit sur elles que chéhakol. Aussi la boisson qu'on fait à Pessaḥ avec des pommes et tout cas semblable : on ne bénit que chéhakol.

(יא) שמברך וכו' - וכ"ז במיני ירקות אבל לביבות שבשלן במים [פארפיל לאקשין קניידליך] ואינו רוצה לאכול הלביבות רק לשתות המים לבד הוא ספק אם יברך עליהן במ"מ כהלביבות או שהכל וע"כ יקח מעט מהלביבות ויברך במ"מ וגם יברך על ד"א שברכתו שהכל ויאכל משני המינים כשיעור כדי שיוכל לברך על המחיה וגם בנ"ר [וזה דוקא בענין זה שעיקר רצונו הוא רק לאכול את הרוטב של הלביבות אבל אם רוצה לאכול גם הלביבות עצמן כדרך העולם מברך על הלביבות במ"מ ופוטר בזה את הרוטב ג"כ לכו"ע מטעם טפל] ואם בישל רק מעט לביבות בהרבה מים ועיקר כונת תבשילו הוא רק בשביל המים שהרוטב כמעט צלול בזה בודאי אין המים בטלים ללביבות ומברך על המים שהכל ועל הלביבות במ"מ [מ"א וש"א] ובח"א כתב שגם בזה יותר טוב שיברך שהכל על ד"א וכנ"ל:

Dont on bénit, etc. — Tout cela pour les espèces de légumes. Mais les pâtes cuites dans l'eau (farfel, lokshen, kneidlach) : s'il ne veut pas manger les pâtes, seulement boire l'eau seule, c'est un doute s'il bénira mézonot comme sur les pâtes, ou chéhakol. Aussi prendra-t-il un peu des pâtes et bénira mézonot, et bénira aussi sur autre chose dont la bénédiction est chéhakol, et mangera des deux espèces en quantité suffisante pour pouvoir bénir al hamihya et aussi boré néfachot. [Cela seulement dans ce cas où son intention essentielle n'est que de manger la sauce des pâtes ; s'il veut aussi manger les pâtes elles-mêmes, comme c'est l'usage du monde, il bénit mézonot sur les pâtes et en exempte aussi la sauce, de l'avis de tous, à titre d'accessoire.] Si l'on n'a cuit que peu de pâtes dans beaucoup d'eau, et que l'intention essentielle du mets n'est que pour l'eau, la sauce étant presque limpide : alors l'eau n'est certainement pas annulée aux pâtes ; on bénit chéhakol sur l'eau et mézonot sur les pâtes [Magen Avraham et autres]. Le Hayé Adam écrit que même alors il est encore mieux de bénir chéhakol sur autre chose, comme ci-dessus.

(יב) אע"פ שאין בהם וכו' - ודוקא כשבישל הירק במים בעלמא שאין בהם טעם בעצמו ונרגש בו רק טעם הירק אבל אם בישל הירק בחומץ או במשקה העשויה ממי סובין וקמח [שקורין קוואס] שיש בהן טעם בפני עצמן אין נגרר המשקה אחר הירק ומברך עליו שהכל כששותה אותם בפני עצמו וה"ה במשקה בארש"ט שהוא מי שריית בוריקעס חמוצין שבישל בהם ירקות עם בשר ורוצה לשתות אותם לבדו אין מברך על הבארש"ט שהכל משום טעם בשר שנקלט בו וכדלקמיה אלא בפה"א כיון שיש להמשקה טעם עצמו מבלתי הבשר [ט"ז] ומ"מ כשאוכל גם הבשר נראה שיותר טוב שיברך על הבשר שהכל ויכוין לפטור גם את הרוטב דמסתברא דכשאוכל ביחד הרוטב טפל לגבי הבשר:

Bien qu'il n'y ait en elles, etc. — Seulement si l'on a cuit le légume dans une eau quelconque, qui n'a pas de goût par elle-même, et où l'on ne sent que le goût du légume. Si l'on a cuit le légume dans du vinaigre ou dans une boisson faite d'eau de son et de farine (appelée kvas), qui ont un goût par eux-mêmes, la boisson ne suit pas le légume et l'on bénit chéhakol quand on la boit à part. De même pour la boisson barscht, eau de trempage de betteraves aigres dans laquelle on a cuit des légumes avec de la viande, et dont on veut boire seule : on ne bénit pas chéhakol sur le barscht à cause du goût de viande qui s'y est pris, comme plus bas, mais boré péri haadama, puisque la boisson a un goût propre indépendamment de la viande [Taz]. Toutefois lorsqu'on mange aussi la viande, il semble encore mieux de bénir chéhakol sur la viande et de viser à en exempter aussi la sauce : il est raisonnable que, mangée ensemble, la sauce soit accessoire à la viande.

(יג) עם בשר וכו' - דהירקות נותנין טעם בהמרק והבשר נותן טעם בהמרק וטעם הבשר הוא חשוב יותר הלכך הוא עיקר וע"כ אפילו הוא אוכל המרק לבד מברך שהכל. ומ"מ אם אוכל הירק עם המרק ביחד אין צריך לברך כ"א על הירק דהמרק נעשה טפל גם להירק ודע עוד דהירק גופא בודאי לא נעשה טפל להבשר כיון שבא למזון ולשובע [פמ"ג]:

Avec de la viande, etc. — Les légumes donnent du goût au bouillon et la viande donne du goût au bouillon, et le goût de la viande est plus considéré ; aussi est-il l'essentiel. Même s'il mange le bouillon seul, on bénit chéhakol. Toutefois s'il mange le légume avec le bouillon ensemble, il n'a à bénir que sur le légume : le bouillon devient aussi accessoire au légume. Sache encore que le légume lui-même ne devient certainement pas accessoire à la viande, puisqu'il vient pour nourrir et rassasier [Pri Megadim].

(יד) אם סחטן וכו' - דיותר יוצא טעם הירק ע"י בישול מעל ידי סחיטה ולכן אפילו בפירות שדרכו למיסחטינהו גם כן ברכתן שהכל ואפילו אם כתשן נמי דינא הכי:

S'il les a pressés, etc. — Le goût du légume sort davantage par la cuisson que par le pressage. Aussi même pour des fruits qu'on a l'usage de presser, leur bénédiction est chéhakol ; et même s'il les a pilés, le din est le même.

(טו) לחתיכות קטנות - כיון שניכר עדיין תארן וצורתן במקצת וע' לעיל סי' ר"ב סעיף ז' במ"א סקי"ח ולקמן בסימן ר"ח סקל"ח במ"ב:

En petits morceaux — Puisque leur forme et leur aspect restent encore un peu reconnaissables. Voir plus haut siman 202 seif 7 dans le Magen Avraham seif katan 18, et plus bas siman 208 seif katan 38 dans le Michna Beroura.

(טז) ברכתן - בין דבר שברכתו בפה"א או בפה"ע:

Leur bénédiction — Que la chose ait pour bénédiction boré péri haadama ou boré péri haets.

(יז) מפני כך - ושומשמין שטחנן נשתנית ברכתן מפה"א לשהכל מפני שאין צורתן עליהן כלל [מ"א] ודעת האע"ו דאפי' טחנן מברך בפה"א אם לא שעשה מהן משקין דאז ברכתן שהכל והובא בשע"ת:

Pour cette raison — Les sésames qu'on a moulus : leur bénédiction passe de boré péri haadama à chéhakol, parce que leur forme n'est plus du tout sur eux [Magen Avraham]. L'avis de l'Elef Leha est que même moulus on bénit boré péri haadama, sauf si l'on en a fait une boisson : alors la bénédiction est chéhakol ; rapporté dans le Chaaré Techouva.

(יח) הלפת כשהוא חי וכו' - הלפת טוב שיותר מבושל מחי [טור] ולפת הוא מה שאנו קורין מייארי"ן וריבי"ן ועיין במ"א שמפקפק בדין זה ועיין בטור שמביא ג"כ שיש גאונים שסוברין לברך על חי בפה"א ועיין בח"א שכתב דתלוי אם דרך בנ"א באותו מקום לאוכלן חיין ועיין בנ"א שהאריך בזה:

Le navet cru, etc. — Le navet est meilleur cuit que cru [Tour]. Le navet est ce que nous appelons meiren et rüben (carottes et navets). Voir le Magen Avraham, qui met ce din en doute. Voir le Tour, qui rapporte aussi que certains Guéonim tiennent à bénir sur le cru boré péri haadama. Voir le Hayé Adam : cela dépend de l'usage des gens de cet endroit de les manger crus. Voir le Nishmat Adam, qui s'étend là-dessus.