משנה ברורה

Michna Beroura — siman 210

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Celui qui mange moins d'un kezayit : quel est son statut
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Moins d'un kezayit ou d'une revi'it : on bénit avant, pas après, sauf doute pour une beria entière. Les aliments se cumulent pour un kezayit, les boissons pour une revi'it, pas l'un avec l'autre. Délai : kedei akhilat peras. La dégustation n'exige pas de berakha tant qu'on ne vise pas à manger.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETMoins d’un kezayit ou d’une revi’it : on bénit avant, pas après — cumul, délai, beria, dégustation
À FAIREBerakha d’abord
Même sur n’importe quelle quantité, aliment ou boisson : il est interdit de jouir de ce monde sans berakha
À FAIRECumul
Aliments entre eux pour un kezayit (méèn chaloach si sept espèces, sinon boré néfachot). Demi des sept + demi d’autre chose → boré néfachot. Boissons entre elles pour une revi’it. Saumure ou pain trempé : se joignent à l’aliment
À ÉVITERManger avec boire
Moins d’un kezayit et moins d’une revi’it ne se joignent pas, même pour boré néfachot. Pain avec sauce sans tremper : ne se joint pas
À ÉVITERTrop tarder
Plus que kedei akhilat peras (3 ou 4 œufs ; ici déjà 3) : pas de cumul. Pain à satiété (Torah) : le Peri Megadim tient qu’on reste tenu même peu à peu
OUIBeria entière
Un grain de raisin, une baie ou une légumineuse entière telle quelle, même avec le noyau avalé : on bénit après
NONMoins que la mesure
Pas de berakha finale sous le shiour. Plus de beria si le fruit est écrasé, coupé ou privé de son noyau. Beignet trop gonflé ou kezayit rétréci : pas après, sauf s’il a de nouveau gonflé
OUIDégustation
Goûter pour le sel ou un condiment, sans viser à manger : pas de berakha, jusqu’à une revi’it (Aharonim : un kezayit pour un aliment). Recracher : même davantage sans berakha
NONAvaler
Plus d’une revi’it, ou intention de manger : c’est une consommation. Si l’on avale, doute : on ne bénit pas
REMADégustation avalée
Le Magen Avraham exige une berakha ; le Rema et plusieurs Aharonim : doute, on n’en dit pas. A priori, qui veut avaler vise la consommation et bénit
À FAIREThé et café
Usage du monde : pas de berakha finale si l’on sirote chaud. Les scrupuleux laissent une revi’it se refroidir pour la boire d’un trait
Avant, on bénit sur tout. Après, il faut un kezayit d’aliment ou une revi’it de boisson, réunis dans kedei akhilat peras ; manger et boire ne se joignent pas. La dégustation sans intention de manger n’oblige pas.

Glossaire

kezayit
volume d'une olive
revi'it
quart de log, mesure de boisson
kedei akhilat peras
temps pour manger un demi-pain (3 ou 4 œufs)
beria
être entier, tel que créé
bore nefashot
« qui crée des âmes », berakha dernière générale
mé'ein chaloch
berakha « à l'instar des trois »
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
hesah ha-daat
distraction de l'esprit

(א) האוכל - כל האוכלין מצטרפין לכזית לברך עליהן ברכה אחרונה הראויה להן אם משבעת המינין ברכה מעין ג' אם שלא מזיי"ן מינים לענין בנ"ר. אכל חצי זית משבעת המינין וחצי זית אחר מברך אחריהן בורא נ"ר וה"ה כשאכל חצי זית פת וחצי זית מדבר שמברכין בנ"ר מברך בנ"ר וכל המשקין מצטרפין לרביעית האוכל והשותה [דהיינו שאכל פחות מכזית ושתה פחות מרביעית] אין מצטרף אפי' לענין בנ"ר. ציר שע"ג ירק מצטרף לכזית דכל אכשורי אוכלא [משקה הבא למתק אוכל] אוכלא הוא וה"ה בפת השרוי במשקה או ביין או ברוטב אבל אם אכל הפת עם הרוטב בלא טבול אין מצטרף אך אם היה הרוטב של המאכל מדברים שמברכין עליהן כמו על המאכל [ומבואר בסימן ר"ה] אפשר דמצטרף הרוטב להמאכל וצ"ע [ח"א]. אכל הכזית מעט ונשתהה הרבה באכילתו אם יש מתחלת האכילה עד סוף האכילה יותר מכדי אכילת פרס אינו מצטרף [ושיעור פרס עיין לקמן סימן תרי"ב שיש דעות אי ג' ביצים או ד' ביצים והכא מסתברא דאין מצטרף אפילו רק בכדי ג' ביצים דשיעור כזית אפילו בפת לענין בהמ"ז הוא רק דרבנן וכן משמע מח"א]. וכתב הפמ"ג דכ"ז הוא רק לענין שיעור כזית אבל לענין פת כדי שביעה דחיובו הוא מן התורה חייב אף שאכל מעט דהא עכ"פ ושבעת קרינן ביה. היה פת סופגנין שנתפח עד שאין האוירים שבו נרגשים האוכל כזית ממנו כמות שהוא אינו מברך דלפי האמת לא אכל כזית וכן אם היה כזית ונצטמק ונתמעט בשיעורו אין מברכין אחריו אלא א"כ דחזר ונתפח [אחרונים]. ולענין שתיית רביעית אם שתה והפסיק מעט וחזר ושתה עד שהשלים לרביעית יש אומרים דאינו מצטרף וי"א דמצטרף אם לא ששהה מתחלת השתיה עד סוף השתיה יותר מכדי אכילת פרס [מלקמן בסימן תרי"ב ס"י] והגר"א הסכים שם בביאורו דהלכה כדעה זו השניה. והנה לענין שתיית טה"ע וקאפ"ע שהדרך לשתותו כשהוא חם וקשה לשתותו בלא הפסק כדרך שאר משקין כ"א מעט יש מחלוקת רבה בין הפוסקים אם צריך לברך ברכה אחרונה לדעה ראשונה הנ"ל ובמחצית השקל ובח"א מצדדים שלא לברך וכ"כ בדה"ח וכן הוא מנהג העולם. ואנשי מעשה נוהגין שלבסוף שתייתן מניחין כדי שיעור רביעית שיצטנן מעט כדי שיוכל לשתות רביעית בלא הפסק ולברך ברכה אחרונה וטוב לעשות כן כדי לצאת אליבא דכו"ע ובפרט לדעת הגר"א הנ"ל דפסק כדעה שניה דהשיעור הוא כדי אכילת פרס לענין צירוף גם בשתיה בודאי נכון לעשות כן. אם אכל פחות מכשיעור והלך לחוץ וחזר מיד דבודאי צריך לברך שנית בתחלה אפילו בפת יש לעיין אם חזר ואכל פחות מכשיעור בכדי אכילת פרס אם מצטרף דאולי כיון שהלך לחוץ הוי כמו היסח הדעת ועיין במ"א דמצדד דמצטרף:

Celui qui mange - Tous les aliments se cumulent pour un kezayit afin de bénir après eux la berakha dernière qui leur convient : s'ils sont des sept espèces, mé'ein chaloch ; s'ils ne sont pas des sept espèces, pour bore nefashot. S'il a mangé un demi-kezayit des sept espèces et un demi-kezayit d'autre chose, il bénit après eux bore nefashot. De même, s'il a mangé un demi-kezayit de pain et un demi-kezayit d'une chose sur laquelle on dit bore nefashot, il dit bore nefashot. Toutes les boissons se cumulent pour une revi'it. Celui qui mange et celui qui boit [c'est-à-dire qui a mangé moins d'un kezayit et bu moins d'une revi'it] ne se cumulent pas, même pour bore nefashot. La saumure qui est sur un légume se cumule pour un kezayit, car tout ce qui prépare l'aliment [boisson destinée à adoucir un aliment] est considéré comme aliment. De même pour le pain trempé dans une boisson, du vin ou une sauce. Mais s'il a mangé le pain avec la sauce sans y tremper, cela ne se cumule pas. Toutefois, si la sauce de l'aliment est faite de choses sur lesquelles on bénit comme sur l'aliment [et c'est exposé au siman 205], il se peut que la sauce se cumule à l'aliment ; cela demande examen [Hayei Adam]. S'il a mangé le kezayit un peu à la fois et a beaucoup tardé dans son repas : s'il y a, du début de la consommation à la fin, plus que kedei akhilat peras, cela ne se cumule pas [et la mesure du peras, voir plus bas siman 612 : il y a des avis, trois œufs ou quatre œufs ; ici il est raisonnable que cela ne se cumule déjà pas même en seulement trois œufs, car la mesure du kezayit, même pour le pain au regard de birkat hamazon, n'est que de rabbanan, et c'est aussi ce qui ressort du Hayei Adam]. Le Peri Megadim a écrit que tout cela ne vaut que pour la mesure du kezayit ; mais pour le pain à satiété, dont l'obligation est de la Torah, il est tenu même s'il a mangé peu à peu, car enfin le verset « tu te rassasieras » s'applique à lui. S'il s'agissait de pain de beignets qui a gonflé jusqu'à ce que les vides qui s'y trouvent ne se sentent plus : celui qui en mange un kezayit tel quel ne bénit pas, car en vérité il n'a pas mangé un kezayit. De même, s'il y avait un kezayit et qu'il s'est rétréci et a diminué de mesure, on ne bénit pas après, à moins qu'il n'ait de nouveau gonflé [Aharonim]. Quant à la consommation d'une revi'it : s'il a bu, s'est interrompu un peu, puis a bu de nouveau jusqu'à compléter une revi'it, certains disent que cela ne se cumule pas, et d'autres disent que cela se cumule s'il n'a pas tardé, du début de la consommation à la fin, plus que kedei akhilat peras [d'après plus bas siman 612 seif 10]. Le Gra s'est accordé là-bas dans son commentaire à ce que la halakha suit ce second avis. Or, pour la consommation de thé et de café, que l'on a l'habitude de boire chaud et qu'il est difficile de boire sans interruption comme les autres boissons, mais seulement un peu à la fois, il y a une grande controverse parmi les décisionnaires : faut-il bénir une berakha dernière selon le premier avis ci-dessus ? Le Ma'hatsit ha-Shekel et le Hayei Adam penchent à ne pas bénir, et ainsi a écrit le Derekh ha-Hayim, et tel est l'usage du monde. Les personnes scrupuleuses ont l'habitude, à la fin de leur consommation, de laisser une mesure de revi'it se refroidir un peu afin de pouvoir boire une revi'it sans interruption et bénir la berakha dernière. Il est bon de faire ainsi pour s'acquitter selon tous les avis, et surtout selon l'avis du Gra ci-dessus, qui a statué comme le second avis : la mesure est kedei akhilat peras pour le cumul aussi dans la boisson ; il est certainement juste de faire ainsi. S'il a mangé moins que la mesure, est sorti dehors et est revenu aussitôt : à coup sûr il doit bénir une seconde fois au début, même pour le pain. Il y a lieu d'examiner s'il est revenu et a mangé moins que la mesure dans kedei akhilat peras, si cela se cumule : peut-être que, puisqu'il est sorti dehors, c'est comme une distraction de l'esprit. Voir dans le Magen Avraham qui penche que cela se cumule.

(ב) פחות מרביעית - ושיעור רביעית וכזית עיין לעיל בסימן רע"א סקס"ח במ"ב ובה"ל שם ולקמן בסימן תפ"ו במ"ב ובה"ל:

Moins d'une revi'it - Et la mesure de la revi'it et du kezayit, voir plus haut au siman 271 sk 68 dans le MB et le Biour Halakha là-bas, et plus bas au siman 486 dans le MB et le Biour Halakha.

(ג) מברך תחלה - ואפי' על כל שהוא בין מדבר אוכל בין ממשקה דאסור ליהנות מן העוה"ז בלא ברכה:

Il bénit d'abord - Et même sur n'importe quelle quantité, que ce soit un aliment ou une boisson, car il est interdit de jouir de ce monde-ci sans berakha.

(ד) ולאחריו וכו' - דבפת הלא כתיב ואכלת ושבעת וברכת וגו' ואין אכילה בכל התורה פחותה מכזית ובשאר דברים כשתקנו חז"ל ברכה אחרונה כעין זה תקנו ובמשקין נמי מדאשכחן בעלמא לענין שתיית משקין אסורין דחיובו ברביעית הכא נמי כשתקנו ברכה אחרונה במשקה בשיעור זה תקנו:

Et après lui, etc. - Car pour le pain il est écrit : « tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras, etc. », et il n'y a pas de consommation dans toute la Torah de moins d'un kezayit. Et pour les autres choses, lorsque les Sages ont institué une berakha dernière, ils l'ont instituée sur ce modèle. Pour les boissons aussi : puisqu'on trouve ailleurs, au sujet de la consommation de boissons interdites, que l'obligation est d'une revi'it, ici aussi, lorsqu'ils ont institué une berakha dernière sur une boisson, ils l'ont instituée à cette mesure.

(ה) גרגיר של ענב - וה"ה יגד"ע אחת או קטנית אחת [א"ר וש"א]:

Un grain de raisin - Et de même une seule baie ou une seule légumineuse [Eliyah Rabba et d'autres].

(ו) שמברכין לאחריו - מפני חשיבותיה ואם נתרסקה קודם אכילה לא מקרי בריה [ע"ת]:

Sur lesquelles on bénit après - En raison de son importance. Et si elle a été écrasée avant la consommation, elle n'est plus appelée beria [Ets ha-Téena].

(ז) כמות שהוא - דהיינו עם הגרעין ואפילו אם הגרעין אינו ראוי לאכול כלל כיון שעכ"פ בלע כולו:

Telle qu'elle est - C'est-à-dire avec le noyau, même si le noyau n'est pas du tout propre à être mangé, puisqu'enfin il l'a avalé tout entier.

(ח) אבל אם לקח וכו' - וכ"ש אם נחתך מעט מהפרי גופא. ואם נפל ממנו קצת ע"י בישול כמו שרגילות הוא להתפרפר ג"כ נראה שעי"ז נתבטל ממנו שם בריה:

Mais s'il a pris, etc. - Et à plus forte raison si l'on a coupé un peu du fruit lui-même. Et si un peu s'en est détaché par la cuisson, comme il est habituel qu'il s'effrite, il semble aussi que par là le nom de beria s'en est annulé.

(ט) הגרעין - ולא מבעיא אם הגרעינין ראוי ג"כ לאכלן בודאי ע"י חסרונן נתבטל שם בריה מהפרי ואפילו אם היו מהמינין שאין ראוי לאכול אותן כלל ג"כ נתבטל הפרי מתורת בריה עי"ז. ואם נמצא בתוך הגרעין גופא דבר שראוי לאכול ואכל מה שבתוך הגרעין וזרק קליפתו הקשה (כעין פלוימי"ן שלנו) דעת המ"א וא"ר דזה ג"כ הוי בכלל בריה אחרי שעכ"פ אכל מה שראוי לאכול ממנו:

Le noyau - Et il n'est pas besoin de dire que si les noyaux sont aussi propres à être mangés, par leur manque le nom de beria s'annule certainement du fruit. Même s'ils étaient d'espèces qu'on ne mange pas du tout, le fruit s'annule aussi de la catégorie de beria par là. Et si l'on trouve à l'intérieur du noyau lui-même quelque chose de propre à être mangé, qu'on a mangé ce qui est dans le noyau et jeté son écorce dure (comme nos prunes), l'avis du Magen Avraham et de l'Eliyah Rabba est que cela aussi entre dans la catégorie de beria, puisqu'enfin on a mangé ce qui en était propre à être mangé.

(י) של יין - וה"ה שאר משקין:

De vin - Et de même les autres boissons.

(יא) על כזית - דהוא שליש רביעית דאפשר דלענין משקה ג"כ משערינן כמו באכילה בכזית:

Sur un kezayit - Car c'est un tiers de revi'it, et il se peut que pour une boisson aussi l'on mesure comme pour un aliment, au kezayit.

(יב) אלא פחות וכו' - ובדיעבד אם שתה כזית ואין לו רביעית טוב ליזהר שלא ישתה עד רוב רביעית וכ"ש שלא ישתה כשיעור ביצה שהוא שני חלקי רביעית די"א דעל שעורים אלו יש לברך ברכה אחרונה ועיין לעיל סימן ק"ץ סקי"ד מה שכתבנו שם:

Sinon moins, etc. - Et bediavad (après coup), s'il a bu un kezayit et n'a pas de revi'it, il est bon de prendre garde de ne pas boire jusqu'à la majeure partie d'une revi'it, et à plus forte raison de ne pas boire la mesure d'un œuf, qui est les deux tiers d'une revi'it, car certains disent que sur ces mesures-là il faut dire la berakha dernière. Voir plus haut siman 190 sk 14 ce que nous y avons écrit.

(יג) הטועם וכו' - דאע"ג דאסור ליהנות מן העוה"ז בלא ברכה אפילו כל שהוא בין באכילה בין בשתיה היינו כשמכוין לאכול ולשתות אבל הכא שאין כונתו אלא לטעום לידע אם צריך מלח או תבלין א"צ ברכה לא לפניה ולא לאחריה ואפילו אם הוא אוכל קצת מהמאכל אחר הבישול [שאין ביכלתו לתקן אז המאכל] ורק לידע אם הוא טוב ג"כ מצדדים הא"ר והפמ"ג דגם זהו בכלל טעימה אחרי שאין כונתו לשם אכילה:

Celui qui goûte, etc. - Car bien qu'il soit interdit de jouir de ce monde-ci sans berakha, même de n'importe quelle quantité, que ce soit en mangeant ou en buvant, cela vaut lorsqu'il a l'intention de manger et de boire. Mais ici, son intention n'est que de goûter pour savoir s'il faut du sel ou un condiment : il n'a besoin d'aucune berakha, ni avant ni après. Même s'il mange un peu de l'aliment après la cuisson [alors qu'il n'est plus en son pouvoir de corriger l'aliment] seulement pour savoir s'il est bon, l'Eliyah Rabba et le Peri Megadim penchent que cela aussi entre dans la catégorie de dégustation, puisqu'il n'a pas l'intention au titre de consommation.

(יד) עד רביעית - ועד בכלל אבל יתר מרביעית כיון שהוא הנאה יתירה חשיב כמו שמתכוין לאכילה. ועיין במ"א שכתב דעד רביעית דשרי היינו אפילו לטעום מהרבה קדירות ומיהו אם כונתו לאכול מעט אסור לעשות הרבה פעמים דהו"ל אכילה מעלייתא. ולענין טעימה איזה דבר אוכל לידע אם הוא טוב מצדדים האחרונים דשיעורו הוא רק עד כזית. ודע דאף שבשו"ע כתב אין צריך לברך ממילא אסור לברך דהו"ל ברכה לבטלה [אחרונים]:

Jusqu'à une revi'it - Y compris. Mais plus d'une revi'it, puisque c'est une jouissance excessive, cela compte comme s'il avait l'intention de manger. Voir dans le Magen Avraham qui a écrit que « jusqu'à une revi'it » permis, c'est même pour goûter de plusieurs marmites. Toutefois, s'il a l'intention de manger un peu, il est interdit de le faire plusieurs fois, car ce serait une véritable consommation. Quant à goûter un aliment pour savoir s'il est bon, les Aharonim penchent que la mesure n'est que jusqu'à un kezayit. Sache que, bien que le Shoulhan Aroukh ait écrit « il n'a pas besoin de bénir », il est de soi interdit de bénir, car ce serait une berakha en vain [Aharonim].

(טו) ואפילו אם הוא בולעו - ואם הוא פולט מותר אפילו ביותר מרביעית בלי ברכה גם לדעה זו:

Et même s'il l'avale - Et s'il le recrache, c'est permis même pour plus d'une revi'it sans berakha, aussi selon cet avis.

(טז) טעון ברכה - אפילו בכל שהוא כיון שיש לו הנאת מעיו:

Requiert une berakha - Même de n'importe quelle quantité, puisqu'il a la jouissance des entrailles.

(יז) כשחוזר ופולט - דבזה התירו כשכונתו רק לטעימה בעלמא כיון שאין לו רק הנאת החיך מהתבשיל שטעם או מהאוכל שלעס. ואותן שנותנין עשב שקורין טאב"ק לתוך שפופרת ומדליקין אותו ושואבין העשן בפיהם נסתפק המ"א בזה אי הוי כטועם ופולט והאחרונים החליטו בפשיטות שאין לברך על עישון הטאב"ק הזה:

Lorsqu'il recrache ensuite - Car c'est dans ce cas qu'ils ont permis, lorsque son intention n'est qu'une simple dégustation, puisqu'il n'a que la jouissance du palais du mets qu'il a goûté ou de l'aliment qu'il a mâché. Quant à ceux qui mettent une herbe appelée tabac dans un tuyau, l'allument et aspirent la fumée dans leur bouche, le Magen Avraham a douté si cela est comme goûter et recracher ; les Aharonim ont tranché avec évidence qu'il ne faut pas bénir sur l'usage de ce tabac.

(יח) ואז אפילו וכו' - וע"כ הלועס לתינוק כיון שאינו בולע אפילו להרבה א"צ ברכה:

Et alors même, etc. - C'est pourquoi celui qui mâche pour un petit enfant, puisqu'il n'avale pas, même beaucoup, n'a pas besoin de berakha.

(יט) וספק ברכות להקל - היינו באפילו אם הוא בולע לא יברך כיון שאין כונתו לאכילה וכסברא הראשונה. והנה המ"א חולק על השו"ע והרמ"א וס"ל דבבולע לכו"ע חייב לברך אבל כמה אחרונים החליטו עם פסק הרמ"א דהוא ספק ברכה ולא יברך ולכתחלה טוב ליזהר הרוצה לבלוע שיתכוין ליהנות ממנו בתורת אכילה ויברך עליו [ח"א]:

Et le doute sur les berakhot est à l'indulgence - C'est-à-dire : même s'il avale, qu'il ne bénisse pas, puisqu'il n'a pas l'intention de manger, selon le premier avis. Or le Magen Avraham conteste le Shoulhan Aroukh et le Rema et tient que, lorsqu'on avale, tous s'accordent qu'il faut bénir. Mais plusieurs Aharonim ont tranché avec le Rema : c'est un doute de berakha, et l'on ne bénit pas. Lekhathila (a priori), il est bon que celui qui veut avaler ait l'intention d'en jouir au titre de consommation et bénisse dessus [Hayei Adam].