Devant plusieurs espèces : on avance les sept espèces, puis ce qui est cher, puis la berakha la plus spécifique. L'ordre du verset « terre de blé… » fixe la priorité. Hamotsi précède mezonot, mezonot précède le vin, le vin les olives, etc. Une berakha sur l'essentiel peut dispenser l'accessoire si l'on a l'intention.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
הנה מפני שהסימן הזה רבו פרטיו ע"כ אכתוב לו הקדמה קצרה. והוא. תנן [ברכות מ"א] היו לפניו הרבה מינין ר' יהודה אומר אם יש ביניהן מין שבעה עליו הוא מברך וחכמים אומרים מברך על איזה מהן שירצה ואיתא בגמרא אמר עולא מחלוקת כשברכותיהן שוות [כגון זית ותפוח] דר' יהודה סבר מין שבעה עדיף וחכמים אומרים חביב עדיף אבל כשאין ברכותיהן שוות כגון צנון וזית ד"ה מברך ע"ז וחוזר ומברך ע"ז והנה יש דעות בפוסקים דרוב מהן פסקו כר"י דמין שבעה עדיף [וזהו מה שכתוב בס"א] ויש שפסקו כחכמים [וזהו דעת הרמב"ם המובא בס"ב] וגם באין ברכותיהן שוות יש דעות בפוסקים יש אומרים דכונת עולא מה שאמר ד"ה מברך ע"ז וחוזר ומברך ע"ז היינו דכיון שאין ברכותיהן שוות ואין אחד פוטר חבירו לא שייכי זה לזה כלל ויוכל לברך תחלה על צנון בפה"א אף שהזית הוא מין שבעה וגם חביב עליו וי"א דכונת עולא דלד"ה יכול לברך על איזה שירצה תחלה ומסתמא יברך ממילא על החביב אצלו ואלו שתי הדעות נזכרים ג"כ בסעיף א'. גם מבואר שם בס"א וב' מה נקרא חביב אם הרגיל להיות תמיד חביב אצלו או מה שהוא אצלו עתה חביב ומתאוה לו. כל הקודם בפסוק ארץ חטה ושעורה וגו' המדבר שם משבחה של ארץ ישראל הוא מוקדם לברכה אפילו השני חביב עליו יותר ומ"מ זית הוא קודם לגפן משום דחזינן שחלק הכתוב וכתב ארץ פעם שני [ארץ זית שמן ודבש] ונמצא דזית הוא ראשון סמוך לארץ בתרא וגפן הוא רק שלישי לארץ קמא. בפה"ע ובפה"א קודמין לשהכל ויתר הפרטים יבואר הכל בפנים:
Voici : parce que ce siman a de nombreux détails, j'en écrirai une courte introduction. Voici. On a enseigné [Berakhot 41] : s'il avait devant lui beaucoup d'espèces, Rabbi Yehouda dit : s'il y a parmi elles une des sept espèces, c'est sur elle qu'il bénit ; et les Sages disent : il bénit sur celle qu'il veut. Et il est dit dans la Guemara : Oula a dit : la discussion est lorsque leurs berakhot sont identiques [par exemple olive et pomme], car Rabbi Yehouda tient que l'espèce des sept l'emporte, et les Sages disent que ce qui est cher l'emporte. Mais lorsque leurs berakhot ne sont pas identiques, par exemple radis et olive, tous s'accordent qu'il bénit sur l'un et recommence à bénir sur l'autre. Or il y a des avis parmi les décisionnaires : la plupart d'entre eux ont statué comme Rabbi Yehouda, que l'espèce des sept l'emporte [et c'est ce qui est écrit au seif 1], et certains ont statué comme les Sages [et c'est l'avis du Rambam rapporté au seif 2]. Même lorsque leurs berakhot ne sont pas identiques, il y a des avis parmi les décisionnaires. Certains disent que l'intention d'Oula, en disant que tous s'accordent qu'il bénit sur l'un et recommence à bénir sur l'autre, est que, puisque leurs berakhot ne sont pas identiques et que l'une ne dispense pas l'autre, elles n'ont aucun rapport entre elles, et il peut bénir d'abord sur le radis bore peri ha-adama, même si l'olive est des sept espèces et lui est aussi chère. D'autres disent que l'intention d'Oula est que, selon tous, il peut bénir d'abord sur celle qu'il veut, et vraisemblablement il bénira de soi sur ce qui lui est cher. Ces deux avis sont aussi mentionnés au seif 1. Il y est aussi exposé, aux seif 1 et 2, ce qu'on appelle « cher » : ce qui a l'habitude d'être toujours cher à ses yeux, ou ce qui lui est cher maintenant et dont il a envie. Tout ce qui précède dans le verset « terre de blé et d'orge, etc. », qui parle de la louange de la terre d'Israël, précède pour la berakha, même si le second lui est plus cher. Néanmoins l'olive précède la vigne, parce que nous voyons que l'Écriture a divisé et écrit « terre » une seconde fois [« terre d'oliviers à huile et de miel »], et il s'avère que l'olive est la première, proche de la seconde « terre », tandis que la vigne n'est que la troisième de la première « terre ». Bore peri ha-ets et bore peri ha-adama précèdent shehakol. Le reste des détails sera tout exposé dans le corps [du siman].
(א) היו לפניו וכו' - ודוקא שגם דעתו היה לאכול מכולם הא אם אין כולם לפניו או שאין דעתו לאכול מכולם אין שייך בזה דין קדימה:
S'il avait devant lui, etc. - Et seulement si son intention était aussi de manger de tous. Mais si tous ne sont pas devant lui, ou s'il n'a pas l'intention de manger de tous, la loi de priorité n'a pas lieu ici.
(ב) ברכותיהם שוות ויש ביניהם וכו' - כגון ענבים ותפוחים:
Leurs berakhot sont identiques et il y a parmi eux, etc. - Par exemple raisins et pommes.
(ג) ממין שבעה - ר"ל שנשתבחה ארץ ישראל בהן דכתיב ארץ חטה ושעורה וגפן ותאנה ורמון ארץ זית שמן ודבש [זית שמן הוא ד"א זית שעושה שמן. ודבש היינו תמרים שעושין מהן דבש]:
Des sept espèces - C'est-à-dire celles par lesquelles la terre d'Israël a été louée, comme il est écrit : « terre de blé et d'orge, de vigne, de figuier et de grenadier, terre d'oliviers à huile et de miel » [olivier à huile : c'est-à-dire olivier qui produit de l'huile. Et miel : ce sont les dattes dont on fait du miel].
(ד) מקדים מין שבעה - ואפילו הוא חצי פרי והשאר הם שלמים. ואם שניהם ממין אחד משבעת המינים או ששניהם אינם מין שבעה מקדים השלם ואפילו אם החצי חביב יותר שלם עדיף:
Il avance l'espèce des sept - Même si c'est un demi-fruit et que les autres sont entiers. Et si tous deux sont d'une même espèce des sept espèces, ou si tous deux ne sont pas des sept espèces, il avance l'entier ; même si le demi lui est plus cher, l'entier l'emporte.
(ה) אע"פ וכו' - דמעלת מין שבעה עדיף:
Bien que, etc. - Car le mérite de l'espèce des sept l'emporte.
(ו) מקדים החביב - היינו שרגיל להיות תמיד חביב עליו וכדלקמיה:
Il avance ce qui lui est cher - C'est-à-dire ce qui a l'habitude d'être toujours cher à ses yeux, comme plus bas.
(ז) ואם אין וכו' - דכיון דאין אחד פוטר חבירו בברכתו אין שייך כאן שום מעלה בהקדמתו ואיזה שירצה יברך עליו ואוכל קודם [הרא"ש]:
Et s'il n'y a pas, etc. - Puisque l'une ne dispense pas l'autre par sa berakha, aucun mérite n'a lieu ici dans le fait de la faire précéder, et celle qu'il veut, il bénit dessus et mange d'abord [Rosh].
(ח) כגון צנון וזית - דוקא בזה דברכת הצנון בפה"א אבל אם היה דבר שברכתו שהכל בודאי מברך על הזית תחלה וכדלקמיה בס"ג:
Par exemple radis et olive - Seulement dans ce cas, où la berakha du radis est bore peri ha-adama. Mais s'il s'agissait d'une chose dont la berakha est shehakol, à coup sûr il bénit d'abord sur l'olive, comme plus bas au seif 3.
(ט) וי"א וכו' - ס"ל דגם בזה שייך מעלת הקדימה לברך על מין אחד תחלה אלא דס"ל דלא מקדמינן בזה מין שבעה אלא החביב לו יותר יקדימנו לברך עליו ולאכול תחלה אכן אם שני המינים חביבים אצלו בשוה אז מברך על מין שבעה תחלה ועיין מש"כ במ"ב סקכ"ז בשם הגר"א ועיין בה"ל מש"כ בשם האחרונים דעיקר כי"א הזה שהוא דעת רוב הפוסקים [וגם דאפילו לדעה הראשונה שס"ל דמברך על איזה שירצה מ"מ הלא הברירה היא בידו]:
Et certains disent, etc. - Ils tiennent que là aussi le mérite de priorité s'applique pour bénir d'abord sur une espèce ; seulement ils tiennent qu'on n'avance pas ici l'espèce des sept, mais ce qui lui est plus cher, on le fait précéder pour bénir dessus et manger d'abord. Toutefois, si les deux espèces lui sont également chères, alors il bénit d'abord sur l'espèce des sept. Voir ce que nous avons écrit dans le MB sk 27 au nom du Gra, et voir dans le Biour Halakha ce que nous avons écrit au nom des Aharonim : l'essentiel est comme cet « certains disent », qui est l'avis de la plupart des décisionnaires [et même selon le premier avis, qui tient qu'il bénit sur celle qu'il veut, le choix est néanmoins entre ses mains].
(י) המין שרגיל וכו' - ומשמע מדברי הפוסקים דיתנהג כך יברך על המין שרגיל להיות תמיד חביב עליו ויטעום קצת ממנו ואח"כ יאכל המין שחפץ עכשיו לאכלו ואחר גמר אכילתו יחזור לאכול המין הראשון:
L'espèce qui a l'habitude, etc. - Et il ressort des paroles des décisionnaires qu'il se conduira ainsi : il bénira sur l'espèce qui a l'habitude d'être toujours chère à ses yeux, en goûtera un peu, puis mangera l'espèce dont il a maintenant envie, et après avoir fini de la manger, il reviendra manger la première espèce.
(יא) אפילו אם עתה וכו' - ומ"מ המברך על מה שחביב עתה בעיניו ג"כ יש לו על מי לסמוך דיש פוסקים שסוברים דחביב נקרא מה שהוא חביב עליו עכשיו [ט"ז]:
Même si maintenant, etc. - Néanmoins, celui qui bénit sur ce qui lui est cher maintenant à ses yeux a aussi sur qui s'appuyer, car il y a des décisionnaires qui tiennent que « cher » s'appelle ce qui lui est cher maintenant [Taz].
(יב) מקדים החביב - פליג על דעה ראשונה וס"ל דחביב עדיף לעולם ואף דברכותן שוות ויש בהם מין שבעה חביב קודם לברך עליו:
Il avance ce qui lui est cher - Il conteste le premier avis et tient que ce qui est cher l'emporte toujours ; même si leurs berakhot sont identiques et qu'il y a parmi elles une des sept espèces, ce qui est cher précède pour bénir dessus.
(יג) באותה שעה - גם בזה פליג על דעה ראשונה וס"ל דאינו נקרא חביב מה שחביב עליו תמיד אלא מה שחביב עליו באותה שעה. ומשמע מסתימת המחבר דהעיקר כדעה הראשונה שהיא דעת רוב הפוסקים:
À cette heure - Là aussi il conteste le premier avis et tient que n'est pas appelé « cher » ce qui lui est cher toujours, mais ce qui lui est cher à cette heure. Et il ressort du silence du Méhaber que l'essentiel est le premier avis, qui est l'avis de la plupart des décisionnaires.
(יד) בפה"ע קודמת - ואפילו מין השני חביב עליו [מ"א וש"א]:
Bore peri ha-ets précède - Même si la seconde espèce lui est chère [Magen Avraham et d'autres].
(טו) שהיא חשובה וכו' - פי' דברכת בפה"ע מבוררת טפי על איזה מברך וחשובה היא מברכת שהכל שאינה רק ברכה כוללת לכל המינים:
Parce qu'elle est importante, etc. - C'est-à-dire : la berakha bore peri ha-ets précise davantage sur quoi l'on bénit, et elle est plus importante que shehakol, qui n'est qu'une berakha englobant toutes les espèces.
(טז) וכן בפה"א - חשובה נמי משהכל דמברר בהברכה רק מיני פה"א משא"כ שהכל דכוללת הכל. וע"כ כשמביאים לפניו יי"ש עם מרקחת יברך על המרקחת תחלה אף שהיי"ש חביב עליו יותר [אחרונים]:
Et de même bore peri ha-adama - Elle aussi est plus importante que shehakol, car on y précise seulement les espèces de peri ha-adama, ce qui n'est pas le cas de shehakol qui englobe tout. C'est pourquoi, lorsqu'on lui apporte de l'eau-de-vie avec des fruits confits, il bénit d'abord sur les fruits confits, même si l'eau-de-vie lui est plus chère [Aharonim].
(יז) איזה מהם וכו' - ואין תלוי כלל בחביב לדעה הראשונה שבס"א דהא אין ברכותיהן שוות ולי"א שם מיירי הכא ששניהם חביבים עליו בשוה:
Celle d'entre elles, etc. - Et cela ne dépend pas du tout de ce qui est cher, selon le premier avis du seif 1, car leurs berakhot ne sont pas identiques. Et pour l'« certains disent » là-bas, on parle ici du cas où toutes deux lui sont également chères.
(יח) וי"א שבפה"ע קודם - והסכימו האחרונים דנכון לנהוג כי"א הזה אם שניהם שוים בחביבות אכן אם פה"א חביב עליו יותר מברך על החביב כנ"ל בס"א וכן אם פה"א הוא מין שבעה כגון קליות של חטים ותפוח או אחד משבעת המינים יש לו לברך תחלה על החטה שהוא מין שבעה וקודמת בפסוק:
Et certains disent que bore peri ha-ets précède - Et les Aharonim se sont accordés qu'il est juste de se conduire comme cet avis si toutes deux sont égales en préférence. Toutefois, si bore peri ha-adama lui est plus cher, il bénit sur ce qui lui est cher, comme ci-dessus au seif 1. De même, si bore peri ha-adama est une des sept espèces, par exemple des grains grillés de blé et une pomme, ou l'une des sept espèces, il doit bénir d'abord sur le blé, qui est des sept espèces et précède dans le verset.
(יט) כל הקודם וכו' - דמקרא זה חושב המינים שנשתבחה בהן א"י וכל המוקדם בפסוק הוא יותר חשוב מהמאוחר לפיכך הוא קודם לברכה וחטה ושעורה דקרא דקודמין לשארי המינים הוא דוקא שעשה מהן תבשיל להרבה פוסקים וכדלקמיה בס"ה:
Tout ce qui précède, etc. - Car ce verset énumère les espèces par lesquelles la terre d'Israël a été louée, et tout ce qui est plus tôt dans le verset est plus important que ce qui est plus tard ; c'est pourquoi il précède pour la berakha. Et le blé et l'orge du verset, qui précèdent les autres espèces, c'est seulement lorsqu'on en a fait un mets, selon beaucoup de décisionnaires, comme plus bas au seif 5.
(כ) קודם לברכה - אף כשהמין השני הוא חביב יותר. וכתבו האחרונים דחשיבות מין שבעה להקדים ראשון לשני הוא רק כשנגמר הפרי אבל אם לא נגמר כגון זית קודם שגדל הנץ אף שהוא ראשון לארץ בתרא חשוב יותר המאוחר ממנו דמה שנשתבחה בהן א"י הוא רק בגמר פרי וכן כל כה"ג:
Précède pour la berakha - Même lorsque la seconde espèce lui est plus chère. Et les Aharonim ont écrit que l'importance de l'espèce des sept, pour faire précéder la première à la seconde, n'est que lorsque le fruit est achevé. Mais s'il n'est pas achevé, par exemple une olive avant que la fleur ait poussé : même si elle est la première de la seconde « terre », ce qui est plus tard qu'elle est plus important, car ce par quoi la terre d'Israël a été louée n'est que le fruit achevé. Et ainsi en tout cas semblable.
(כא) וארץ בתרא - דכן הוא סדר המקרא ארץ חטה ושעורה וגפן ותאנה ורמון ארץ זית שמן ודבש ומארץ שבאמצע הוי התחלת סדר וכל הסמיך לו חשוב יותר מהמאוחר שבארץ קמא:
Et la seconde « terre » - Car tel est l'ordre du verset : « terre de blé et d'orge, de vigne, de figuier et de grenadier, terre d'oliviers à huile et de miel ». Et de la « terre » du milieu commence un ordre, et tout ce qui lui est proche est plus important que ce qui est plus tard dans la première « terre ».
(כב) תמרים קודמין - דדבש שבקרא הוא תמרים שיוצא מהן דבש [ב"י]:
Les dattes précèdent - Car le « miel » du verset, ce sont les dattes dont sort du miel [Beit Yossef].
(כג) תחלה - היינו אפילו לזיתים שהיא ראשונה לארץ בתרא:
D'abord - C'est-à-dire même aux olives, qui sont les premières de la seconde « terre ».
(כד) היא חשובה - שגם ברכת בורא מיני מזונות היא ברכה מבוררת כמו ברכת היין והרי היא קודמת ליין בקרא. ונקט הרמ"א מחמשת מיני דגן להשמיענו דאף כוסמין ושבולת שועל ושיפון מזון הנעשה מהן ג"כ קודמין ליין דהם ג"כ בכלל חטים ושעורים:
Elle est importante - Car la berakha bore minei mezonot aussi est une berakha précise, comme la berakha du vin, et elle précède le vin dans le verset. Et le Rema a mentionné les cinq espèces de céréales pour nous enseigner que même l'épeautre, l'avoine et le seigle, la nourriture qui en est faite précède aussi le vin, car elles aussi sont comprises dans « blé et orge ».
(כה) לאחר ששוה וכו' - מלשון זה משמע דחטים ושעורים דקודמין הוא רק מהשוה להן בסמיכה לארץ כמו חטים לזיתים ושעורים לדבש [שהוא תמרים] אבל שעורים [היינו מזון הנעשה מהן כמו שמפרש בסעיף ה'] לזיתים לא אבל הלבוש כתב דברכת במ"מ היא קודמת לכל וכן הסכימו הרבה אחרונים:
Après qu'il est égal, etc. - De cette formulation il ressort que le blé et l'orge qui précèdent, c'est seulement ce qui leur est égal en proximité de « terre », comme le blé aux olives et l'orge au miel [qui est les dattes] ; mais l'orge [c'est-à-dire la nourriture qui en est faite, comme expliqué au seif 5] aux olives, non. Mais le Levoush a écrit que la berakha bore minei mezonot précède à tout, et beaucoup d'Aharonim se sont accordés ainsi.
(כו) תבשיל או פת - והם קודמים לשארי מינים אף אם הם חביבים אצלו יותר:
Un mets ou du pain - Et ils précèdent les autres espèces, même si celles-ci lui sont plus chères.
(כז) אינה קודמת וכו' - אלא בפה"ע תקדים ומשמע במ"א דדוקא אם הפה"ע חביב יותר אצלו אז הוא קודם אף שהוא מאוחר בקרא אבל אם שניהם חביבים בשוה חטה קודמת אכן בביאור הגר"א משמע דלפי מה שמבואר לעיל בס"א דהיכא שאין ברכותיהן שוות לא אזלינן כלל בתר מין שבעה ה"ה הכא לא אזלינן כלל בתר מוקדם ועל איזה שירצה יברך תחלה. ומ"מ אם החטה חביבה יותר אצלו מסתברא דיברך עליה תחלה דגם שם הלכה כהי"א דחביב קודם כמש"כ שם:
Elle ne précède pas, etc. - Mais bore peri ha-ets précédera. Et il ressort du Magen Avraham que seulement si bore peri ha-ets lui est plus cher, alors il précède, même s'il est plus tard dans le verset ; mais si tous deux sont également chers, le blé précède. Toutefois, dans le commentaire du Gra, il ressort que, selon ce qui est exposé plus haut au seif 1, lorsque leurs berakhot ne sont pas identiques on ne suit pas du tout l'espèce des sept ; de même ici on ne suit pas du tout ce qui est plus tôt [dans le verset], et celle qu'il veut, il bénit d'abord. Néanmoins, si le blé lui est plus cher, il est raisonnable qu'il bénisse d'abord dessus, car là aussi la halakha suit l'« certains disent » que ce qui est cher précède, comme nous l'avons écrit là-bas.
(כח) קודמת לברכת במ"מ - פי' כגון שיש שלחן ערוך לפניו לאכול פת וגם רוצה לאכול לחמניות דברכתן במ"מ ואפילו כשאוכלן בתוך הסעודה [כגון שבלילתן רכה ואוכלן לתענוג ולא לשובע וכדלעיל בסימן קס"ח ס"ח] מצוה שיטול ידיו ויברך המוציא תחלה על הפת דברכת המוציא חשובה ואח"כ יברך במ"מ על הלחמניות דאי מיירי בשאר תבשילין בלאו טעמא דברכת המוציא חשובה צריך לברך תחלה על הפת ולפטור ממילא את התבשיל דאי יברך תחלה על התבשיל נמצא גורם ברכה שא"צ ואסור [מ"א]:
Précède la berakha bore minei mezonot - C'est-à-dire : par exemple il a une table dressée devant lui pour manger du pain, et il veut aussi manger des pâtisseries dont la berakha est bore minei mezonot. Même lorsqu'il les mange pendant le repas [par exemple leur pâte est molle et il les mange pour le plaisir et non pour se rassasier, comme plus haut au siman 168 seif 8], c'est une mitsva qu'il se lave les mains et bénisse d'abord hamotsi sur le pain, car la berakha hamotsi est importante, puis qu'il bénisse bore minei mezonot sur les pâtisseries. Car s'il s'agissait d'autres mets, sans même la raison que hamotsi est importante, il faudrait bénir d'abord sur le pain et dispenser de soi le mets : s'il bénissait d'abord sur le mets, il provoquerait une berakha inutile, ce qui est interdit [Magen Avraham].
(כט) שהדבר השני חשוב - כגון שהלחם משעורים והמזונות מחטים [אחרונים] וה"ה כל כה"ג שהדבר השני הוא חשוב בעצם יותר מהדבר הראשון:
Que la seconde chose est importante - Par exemple le pain est d'orge et les mezonot de blé [Aharonim]. Et de même en tout cas semblable où la seconde chose est en elle-même plus importante que la première.
(ל) או חביב עליו - ר"ל שבאמת אינו חשוב יותר מהראשון אך בעיניו הוא חביב יותר. ופשוט דה"ה אם הוא חביב וחשוב ביחד:
Ou lui est chère - C'est-à-dire qu'en vérité elle n'est pas plus importante que la première, mais à ses yeux elle lui est plus chère. Et il est évident qu'il en est de même si elle lui est à la fois chère et importante.
(לא) אם אינו רוצה - ואפילו רוצה לאכול משניהם אך שלא הביאו עדיין החביב לפניו א"צ להמתין:
S'il ne veut pas - Et même s'il veut manger des deux, mais qu'on n'a pas encore apporté devant lui ce qui lui est cher, il n'a pas à attendre.
(לב) ובלבד שיהא דעתו וכו' - ואפילו היו שניהם לפניו בשעת ברכה בעינן שיתכוין לו בפירוש לפוטרו דאינו בדין שיפטור מי שאינו חשוב את החשוב דרך גררא אלא בכונה אבל אם בירך על החשוב פוטר את שאינו חשוב אפילו לא נתכוין בפירוש לפוטרו כיון שהיה מונח לפניו על השלחן בשעת ברכה ואם הביאו לו אחר שכבר כלה המין הראשון צריך לחזור ולברך ואם הביאו לו אחר שבירך אבל עדיין לא כלה אכילתו יש דעות בפוסקים וספק ברכות להקל [כ"ז מבואר בסימן ר"ו עי"ש באחרונים ובמ"ב סקכ"ב] ולכתחלה מבואר שם ברמ"א דיש ליזהר לכוין לפטור את אשר יביאו לו אח"כ:
Pourvu que son intention soit, etc. - Et même si tous deux étaient devant lui au moment de la berakha, il faut qu'il ait l'intention explicite de le dispenser ; il n'est pas juste que ce qui n'est pas important dispense ce qui est important par simple entraînement, mais seulement par intention. Mais s'il a béni sur ce qui est important, il dispense ce qui n'est pas important, même s'il n'a pas eu l'intention explicite de le dispenser, dès lors que c'était posé devant lui sur la table au moment de la berakha. Si on le lui a apporté après que la première espèce était déjà achevée, il doit recommencer à bénir. Si on le lui a apporté après qu'il a béni mais que sa consommation n'était pas encore achevée, il y a des avis parmi les décisionnaires, et le doute sur les berakhot est à l'indulgence [tout cela est exposé au siman 206, voir là-bas les Aharonim et le MB sk 22]. Lekhathila (a priori), il est exposé là-bas dans le Rema qu'il faut prendre garde d'avoir l'intention de dispenser ce qu'on lui apportera ensuite.
(לג) עליו בברכתו - ואם היה מונח לפניו אתרוג וזית אף דאתרוג היה חביב עליו יותר קיי"ל לעיל בס"א דמברך על הזית שהוא ממין שבעה ונפטר ממילא אף בסתמא האתרוג ואם הוא בירך על האתרוג בסתמא לא נפטר הזית [ב"י בשם רשב"א] ומ"מ לפי מה שהבאנו שם בבה"ל הרבה ראשונים דס"ל ג"כ כדעת הרמב"ם המובא שם בס"ב דחביב עדיף אף לגבי מין שבעה נהי דלכתחלה בודאי טוב לנהוג כדעה הראשונה שהיא סתמית ולברך על הזית מ"מ בדיעבד שבירך על החביב כדעת הרמב"ם וסייעתו לכאורה בודאי לא יחזור ויברך על הזית דלשיטתם היא ברכה לבטלה וכבר כתב שם הט"ז דמאן דעביד כרמב"ם ג"כ שפיר עביד. ויותר נ"ל דאפילו אם הוא מברך על הזית טוב שיכוין בהדיא לפטור גם האתרוג אחרי דהאתרוג חביב לו יותר ולדעת הרמב"ם וסייעתו אינו יוצא בזה ממילא על האתרוג וכן כל כה"ג היכא שיש דעות בפוסקים על איזה דבר יברך בתחלה יהיה זהיר בשעת ברכה לכוין לפטור שניהם דבלא"ה יש חשש דאוכל המין השני בלא ברכה:
Sur lui par sa berakha - Et s'il avait devant lui un etrog et une olive, même si l'etrog lui était plus cher, nous tenons plus haut au seif 1 qu'il bénit sur l'olive qui est des sept espèces, et l'etrog est dispensé de soi même de façon tacite. S'il a béni sur l'etrog de façon tacite, l'olive n'est pas dispensée [Beit Yossef au nom du Rashba]. Néanmoins, selon ce que nous avons rapporté là-bas dans le Biour Halakha, beaucoup de Rishonim tiennent aussi comme l'avis du Rambam rapporté là-bas au seif 2, que ce qui est cher l'emporte même face à l'espèce des sept : certes, lekhathila il est certainement bon de se conduire comme le premier avis, qui est celui du texte anonyme, et de bénir sur l'olive ; mais bediavad (après coup), s'il a béni sur ce qui lui est cher selon l'avis du Rambam et ceux qui le suivent, apparemment il ne recommencera certainement pas à bénir sur l'olive, car selon leur avis ce serait une berakha en vain. Et le Taz a déjà écrit là-bas que celui qui agit comme le Rambam agit aussi bien. Il me semble de plus que, même s'il bénit sur l'olive, il est bon qu'il ait l'intention explicite de dispenser aussi l'etrog, puisque l'etrog lui est plus cher, et que selon l'avis du Rambam et ceux qui le suivent il ne s'acquitte pas de soi pour l'etrog. Et ainsi en tout cas semblable : lorsqu'il y a des avis parmi les décisionnaires sur quoi bénir d'abord, qu'il prenne garde, au moment de la berakha, d'avoir l'intention de dispenser les deux ; sinon il y a crainte qu'il mange la seconde espèce sans berakha.
(לד) ואיהו לאו ממין שבעה - אע"ג דכוסמין מין חטין ושבולת שועל ושיפון מין שעורים מ"מ כיון דאין נזכרין בהדיא בקרא אין בהם חשיבות מין שבעה כ"כ כמו המפורשים בהדיא בקרא:
Et elle n'est pas des sept espèces - Bien que l'épeautre soit une espèce de blé, et l'avoine et le seigle une espèce d'orge, néanmoins, puisqu'elles ne sont pas mentionnées explicitement dans le verset, elles n'ont pas autant l'importance des sept espèces que celles qui sont explicites dans le verset.
(לה) דעבדי מינייהו פת - וגם הם בכלל חטה ושעורה דקרא עכ"פ [דחטה ושעורה קודמין לגפן ותאנה ורמון] וכתב המ"א דדוקא הני דחשיב כאן אבל זיתים עם תבשיל של שבולת שועל זיתים קודמין משום דמוקדמין בקרא אבל כמה אחרונים חלקו ע"ז וכנ"ל בס"ק כ"ה עי"ש. ועתה נבוא לבאר סדר המעלות בקצרה. וכל המאוחר מחבירו הוא גרוע מחבירו. המוציא [אפילו מפת של שבולת שועל ושיפון]. במ"מ על מעשה קדרה דחטים. במ"מ על מעשה קדירה דשעורים. במ"מ על מעשה קדרה דשיבולת שועל ושיפון שהוא ג"כ מין שעורים [ובמ"מ דשעורים כיון דשעורה מפורש בקרא קודם להן ואפילו לכוסמין שהוא מין חטים הוא ג"כ קודם]. בפה"ג. זיתים. תמרים. וענבים. תאנה. ורמון. בפה"ע ופה"א. שהכל. ובכל אלו אין משגיחין על החביב כלל דמי שהוא מאוחר מחבירו אפילו הוא חביב יותר כגון שהיה חביב לו השהכל אפ"ה הפה"א קודם לו וכן בכל הנ"ל. בפה"ע ובפה"א אזלינן בתר החביב אפילו השני מין זיי"ן. היו שניהם חביבין אזלינן בתר מין זיי"ן. ואם אחד מהן מוקדם בפסוק כגון שכוסס קליות חטה דברכתו בפה"א ואוכל זית יקדים חטה דהוא קודם בקרא כ"כ המ"א והגר"א פליג ע"ז וכמו שכתבנו לעיל בסקכ"ז עי"ש. שניהם אינן מין זיי"ן יש להקדים פה"ע אם שוים בחביבות הא לא"ה חביב קודם וכנ"ל. וכן שניהם פה"א או שניהם שהכל אזלינן בתר חביב. והנה מה נקרא חביב אנן בני אשכנז נמשכין אחר הרא"ש וסייעתו שהוא המין הרגיל להיות חביב אצלו כמ"ש בס"א ואם שניהם חביבים אצלו אזלינן אחר איזה שחפץ עתה כמ"ש בס"ב לרמב"ם. ברכת אכילה ושתיה אפילו ברכת שהכל קודמת לברכת הריח:
Dont on fait du pain - Et elles aussi sont comprises dans le blé et l'orge du verset, enfin [car le blé et l'orge précèdent la vigne, le figuier et le grenadier]. Le Magen Avraham a écrit que seulement celles qui sont mentionnées ici ; mais des olives avec un mets d'avoine, les olives précèdent parce qu'elles sont plus tôt dans le verset. Mais plusieurs Aharonim ont contesté cela, comme ci-dessus au sk 25, voir là-bas. Et maintenant nous viendrons exposer l'ordre des mérites en bref. Et tout ce qui est plus tard que son compagnon est inférieur à son compagnon. Hamotsi [même d'un pain d'avoine et de seigle]. Bore minei mezonot sur un mets de marmite de blé. Bore minei mezonot sur un mets de marmite d'orge. Bore minei mezonot sur un mets de marmite d'avoine et de seigle, qui sont aussi une espèce d'orge [et bore minei mezonot d'orge, puisque l'orge est explicite dans le verset, précède ceux-là, et même l'épeautre qui est une espèce de blé, il le précède aussi]. Bore peri ha-guefen. Olives. Dattes. Et raisins. Figue. Et grenade. Bore peri ha-ets et bore peri ha-adama. Shehakol. Et dans tous ceux-là on ne tient aucun compte de ce qui est cher : celui qui est plus tard que son compagnon, même s'il lui est plus cher — par exemple si shehakol lui était cher —, néanmoins bore peri ha-adama le précède, et ainsi pour tout ce qui précède. Pour bore peri ha-ets et bore peri ha-adama, on suit ce qui est cher, même si le second est des sept espèces. Si tous deux sont chers, on suit l'espèce des sept. Et si l'un d'eux est plus tôt dans le verset, par exemple il croque des grains grillés de blé dont la berakha est bore peri ha-adama et mange une olive, qu'il avance le blé qui précède dans le verset : ainsi le Magen Avraham, et le Gra conteste cela, comme nous l'avons écrit plus haut au sk 27, voir là-bas. Tous deux ne sont pas des sept espèces : il faut avancer bore peri ha-ets s'ils sont égaux en préférence ; sinon ce qui est cher précède, comme ci-dessus. De même si tous deux sont bore peri ha-adama ou tous deux shehakol, on suit ce qui est cher. Or, ce qu'on appelle « cher » : nous, Ashkénazes, nous suivons le Rosh et ceux qui le suivent, c'est l'espèce qui a l'habitude d'être chère à ses yeux, comme écrit au seif 1 ; et si toutes deux lui sont chères, on suit celle dont il a maintenant envie, comme écrit au seif 2 selon le Rambam. La berakha de nourriture et de boisson, même shehakol, précède la berakha de l'odeur.