שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 211

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · priorite dans la berakha des fruits · 6 seifim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Shivat ha-minim, haviv, ordre du verset, ha-motsi, et mezonot.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETShivat ha-minim, haviv, ordre du verset, ha-motsi, et mezonot
À FAIREBerakhot égales, shivat ha-minim présents
faire passer en premier l’espèce des shivat ha-minim, même si elle n’est pas haviv
À FAIREBerakhot égales, pas de shivat ha-minim
faire passer en premier le haviv : l’espèce qu’il a l’habitude de préférer, même s’il désire maintenant l’autre
OUIBerakhot différentes
tsenon et zayit : celui qu’il voudra, même s’il n’est pas haviv. Certains disent : encore le haviv d’abord. Selon le Rambam : le haviv de cette heure d’abord, toujours ; à égalité de désir, shivat ha-minim d’abord
À FAIREHa-ets ou ha-adama avant shehakol
ha-ets passe avant shehakol, car elle n’exempte qu’une seule chose. De même ha-adama avant shehakol. Ha-ets et ha-adama : celui qu’il voudra ; certains disent ha-ets d’abord
À FAIREOrdre du verset « erets hita ou-seora »
ce qui précède dans le verset précède. Les tamarim précèdent les raisins : 2e du second « erets », les raisins 3e du premier
NONBlé ou orge seulement croqués
hita et seora ne précèdent que faits en mets ou pain. Le kossess de hita (borei pri ha-adama) ne précède pas borei pri ha-ets
À FAIREMezonot de kousmin, shibolet shoual, shifon
leur mets passe avant gefen, te'ena et rimon, car on en fait du pain (ha-motsi et birkat ha-mazon), même s’il n’en a pas fait du pain ici
REMARaisins tels quels pour l’ordre du verset ; le vin (borei pri ha-gafen) passe en premier. Un maase qedera des hamisha minei dagan est plus important que le vin. Ha-motsi précède mezonot, et à plus forte raison les autres. Tout ceci seulement s’il veut manger des deux, et lekhathila. Bediavad, berakhot égales et le second en tête : il s’acquitte
À berakhot égales : shivat ha-minim puis haviv. À berakhot différentes : le choix, ou le haviv selon certains ; ha-ets et ha-adama passent avant shehakol. L’ordre du verset, ha-motsi et mezonot l’emportent lekhathila, seulement s’il veut les deux.

היו לפניו מיני פירות הרבה אם ברכותיהם שוות ויש ביניהם ממין שבעה מקדים מין שבעה אע"פ שאינו חביב כמו המין האחר ואם אין ביניהם ממין שבעה מקדים החביב ואם אין ברכותיהן שוות אפי' יש בהן ממין שבעה כגון צנון וזית איזה מהם שירצ' יקדים ואפי' אינו חביב וי"א שגם בזה צריך להקדי' החביב ונקרא חביב המין שרגיל להיו' חביב עליו אפי' אם עתה חפץ במין השני:

S'il avait devant lui beaucoup de sortes de fruits : si leurs berakhot sont égales, et qu'il y a parmi eux d'une espèce des shivat ha-minim (sept espèces), on fait passer en premier l'espèce des shivat ha-minim, même si elle n'est pas haviv (préférée) comme l'autre espèce. Et s'il n'y a pas parmi eux d'une espèce des shivat ha-minim, on fait passer en premier le haviv. Et si leurs berakhot ne sont pas égales, même s'il y a parmi eux d'une espèce des shivat ha-minim, par exemple tsenon (radis) et zayit (olive) : celui d'eux qu'il voudra, il le fera passer en premier, même s'il n'est pas haviv. Et certains disent que aussi en ceci il faut faire passer en premier le haviv. Et on appelle haviv l'espèce qui a l'habitude d'être préférée pour lui, même si maintenant il désire la seconde espèce.

ולהרמב"ם אם היה מין אחד חביב לו יות' בין שברכותם שוות בין שאינם שוות בין שיש בהן ממין שבעה בין שאין בהם ממין שבעה מקדים החביב לו אז באותה שעה ואם אינו רוצ' בזה יותר מבזה אם יש ביניה' משבעת המינים עליו מברך תחלה:

Et selon le Rambam : s'il y avait une espèce plus haviv pour lui, que leurs berakhot soient égales ou qu'elles ne le soient pas, qu'il y ait parmi eux des shivat ha-minim ou qu'il n'y en ait pas : on fait passer en premier ce qui est haviv pour lui alors, à cette heure. Et s'il ne désire pas celui-ci plus que celui-là : s'il y a parmi eux des shivat ha-minim, sur lui on bénit d'abord.

הביאו לפניו דבר שברכתו בפה"ע ודבר שברכתו שהכל בפה"ע קודמת שהיא חשובה שאינה פוטרת אלא דבר אחד וכן בפה"א ושהכל בפה"א קודמת ואם הביאו לפניו בפה"ע ובורא פרי האדמה איזה מהם שירצה יקדים וי"א שבורא פרי העץ קודם:

Si l'on a apporté devant lui une chose dont la berakha est borei pri ha-ets (Qui crée le fruit de l'arbre) et une chose dont la berakha est shehakol (par Qui tout existe par Sa parole) : borei pri ha-ets passe en premier, car elle est importante, n'exemptant qu'une seule chose. Et de même borei pri ha-adama (Qui crée le fruit de la terre) et shehakol : borei pri ha-adama passe en premier. Et si l'on a apporté devant lui borei pri ha-ets et borei pri ha-adama : celui d'eux qu'il voudra, il le fera passer en premier. Et certains disent que borei pri ha-ets passe en premier.

כל הקודם בפסוק ארץ חטה ושעור' קודם לברכה וארץ בתרא הפסיק הענין וכל הסמוך לו חשוב מהמאוחר ממנו לארץ קמא הלכך תמרי' קודמים לענבים שזה שני לארץ בתרא וזה ג' לארץ קמא: הגה ודוקא שאוכל ענבים כמות שהן אבל אם עשה מהן יין שקובע ברכה לעצמו בפה"ג חשובה והיא קודמת לברך עליו תחלה אבל מעשה קדיר' מחמשת מיני דגן היא חשובה יות' מברכת היין כל הנאמר סמוך לארץ קמא קודם למה שנאמר סמוך לארץ בתרא לאחר ששוה לו בסמיכה לארץ [טור]:

Tout ce qui précède dans le verset « erets hita ou-seora » (une terre de blé et d'orge) précède pour la berakha. Et le second « erets » a interrompu le sujet ; et tout ce qui est proche de lui est plus important que ce qui est plus tardif que lui par rapport au premier « erets ». C'est pourquoi les tamarim (dattes) précèdent les raisins : car celles-ci sont deuxième par rapport au second « erets », et ceux-là sont troisième par rapport au premier « erets ». (Rema : et spécifiquement s'il mange des raisins tels quels ; mais s'il en a fait du vin, qui se fixe une berakha à lui-même, borei pri ha-gafen (Qui crée le fruit de la vigne), elle est importante, et elle passe en premier pour bénir sur lui d'abord. Mais un maase qedera (mets de marmite) des hamisha minei dagan (cinq espèces de blé) est plus important que la berakha du vin. Tout ce qui est dit proche du premier « erets » précède ce qui est dit proche du second « erets », après qu'il lui est égal en proximité à « erets » [Tour].)

הא דחטה ושעורה קודמין דוקא כשעשה מהם תבשיל או פת אבל הכוסס חטה שברכתו ב"פ האדמה אינה קודמת לברכת בפה"ע: הגה ברכת המוציא קודם לברכת במ"מ וכ"ש לשאר ברכות (אגור) ואע"ג שהדבר השני חשוב או חביב עליו (וכן יש לדקדק מדברי הגה"מ פ"ט ומסמ"ק שהבי' הטור וכל בו וב"י בשם רמב"ם) וכל הא דאמרינן דאחד קודם לחבירו היינו שרוצה לאכול משניהם לכן יש להקדים החביב או החשוב אבל אם אינו רוצה לאכול משניהם אינו מברך רק על זה שרוצה לאכול אע"פ שגם השני מונח לפניו (תרומת הדשן סי' ל"ג) וכל זה דצריך להקדים היינו דוקא לכתחלה אבל אם עבר ובירך על השני אם הברכות שוות יוצא וא"צ לחזור ולברך על זה שהיה לו להקדים ובלבד שיהא דעתו גם כן עליו בברכתו (ב"י סי' ר"ו ובזה הסי' בשם רשב"א):

Ceci, que hita et seora précèdent : spécifiquement lorsqu'il en a fait un mets ou du pain. Mais le kossess (celui qui croque) du hita, dont la berakha est borei pri ha-adama, ne précède pas la berakha borei pri ha-ets. (Rema : la berakha de ha-motsi (Qui fait sortir le pain) précède la berakha borei minei mezonot (Qui crée des espèces de nourritures), et à plus forte raison les autres berakhot (Agour). Et bien que la seconde chose soit importante ou haviv pour lui (et ainsi il y a à préciser d'après les paroles des Hagahot Maimoniyot pereq 9, et du Semaq qu'a apporté le Tour, et Kol Bo, et Beth Yossef au nom du Rambam). Et tout ceci que nous disons que l'un précède son compagnon : c'est lorsqu'il veut manger des deux ; c'est pourquoi il y a à faire passer en premier le haviv ou l'important. Mais s'il ne veut pas manger des deux, il ne bénit que sur celui qu'il veut manger, même si le second aussi est posé devant lui (Teroumat ha-Deshen siman 33). Et tout ceci, qu'il faut faire passer en premier : c'est spécifiquement lekhathila (a priori) ; mais s'il a passé et a béni sur le second : si les berakhot sont égales, il s'acquitte, et il n'a pas besoin de revenir et de bénir sur celui qu'il devait faire passer en premier, à condition qu'il l'ait aussi en tête dans sa berakha (Beth Yossef siman 206, et dans ce siman au nom du Rashba).)

היה לפניו תבשיל מקמח כוסמין ושבולת שועל ושיפון וגפן ותאנה ורימון כיון דמברך על התבשיל בורא מיני מזונות ברכתו קודמת אע"ג דהנך ממין ז' ואיהו לאו ממין שבעה מ"מ כיון דחשיבי דעבדי מנייהו פת ומברך עלייהו המוציא וברכת המזון קודמת אע"ג דלא עבדינהו פת:

S'il avait devant lui un mets de farine de kousmin (épeautre) et shibolet shoual (avoine) et shifon (seigle), et gefen (vigne) et te'ena (figue) et rimon (grenade) : du moment qu'on bénit sur le mets borei minei mezonot, sa berakha passe en premier, bien que ceux-ci soient des shivat ha-minim et que lui n'est pas des shivat ha-minim. Toutefois, du moment qu'ils sont importants, car on en fait du pain et l'on bénit sur eux ha-motsi et birkat ha-mazon (les grâces), elle passe en premier, bien qu'il n'en ait pas fait du pain.