משנה ברורה

Michna Beroura — siman 216

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois de la bénédiction de l’odeur
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On bénit avant de sentir, jamais après. Bois : boré atsé besamim ; herbe : boré isvé besamim ; autre (mousq) : boré miné besamim ; fruit : acher natan reia’h tov baperot. En cas de doute : miné besamim. Pas de bénédiction sur une odeur sans substance, ni sur l’etrog de mitsva (mieux ne pas le sentir), ni sur le pain chaud.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLois de la bénédiction de l’odeur
À FAIREAvant de sentir seulement
Comme pour la nourriture : bénir avant l’acte. Pas de berakha après (jouissance mince). Oublié une fois fini de sentir : berakha perdue
À FAIREQuatre formules
Bois (même souple s’il pousse des feuilles de son bois) : boré atsé besamim. Herbe : boré isvé besamim. Autre / mousq (animal) : boré miné besamim. Fruit propre à être mangé : acher natan reia’h tov baperot (passé « natan »)
À FAIREDoute ou plusieurs espèces
En doute ou bouquet mêlé : miné besamim (englobe tout). A priori : chaque espèce à part — d’abord bois, puis herbes, puis miné. Atsé n’acquitte pas isvé, ni l’inverse
À FAIREGoût et odeur ensemble
Deux espèces : d’abord le goût (main droite, il entre dans le corps), puis l’odeur. Même fruit : Elia Rabba penche pour l’odeur d’abord
À ÉVITEROdeur sans substance
Pas de berakha (odeur ténue, ustensiles fumigés — siman 217 ; liquide parfumé entièrement filtré). Voix agréable et bain : pas de berakha instituée
À ÉVITEREtrog de mitsva et pain chaud
Mieux ne pas les sentir (doute). Si on les sent : ne pas bénir (MA et Gra pour l’etrog ; MA pour le pain)
OUICafé, rose, eau de rose
Café pilé chaud : acher natan. Rose sur arbre : atsé ; rose au sol : isvé (pas acher natan : le principal est d’être sentie). Eau de rose pressée ou cuite : même berakha d’odeur que la rose
OUIAfarsimon et huile d’olive broyée
Afarsimon (tsori) : boré chémen arev. Huile d’olive broyée dont l’odeur naît du broyage : atsé, pas acher natan
NONYom Kippour et puanteur
Fumiger pour chasser une puanteur : pas de berakha. Ne pas verser d’eau-de-vie odorante sur un linge (faire naître une odeur). Schlacwasser : ne sent pas, pas de berakha
On bénit seulement avant de sentir, jamais après. La formule suit l’espèce (bois / herbe / fruit / reste) ; en doute, miné besamim. Pas de berakha sans substance, ni sur l’etrog de mitsva ou le pain chaud qu’il vaut mieux ne pas sentir.

Glossaire

lekhathila
a priori
bediavad
après coup
boré atsé besamim
« qui crée des bois odorants », bénédiction sur un parfum d’arbre
boré isvé besamim
« qui crée des herbes odorantes », bénédiction sur un parfum d’herbe
boré miné besamim
« qui crée des espèces de parfums », bénédiction générale
boré chémen arev
« qui crée une huile agréable », bénédiction propre à l’huile d’afarsimon
acher natan reia’h tov baperot
« qui a mis une bonne odeur dans les fruits »
mousq
musc, parfum d’origine animale
afarsimon
baume (tsori), huile parfumée de l’arbre à kataf
hadas
myrte
mugmar / fumigation
parfums posés sur des braises pour en sentir la fumée
reia’h sheein lo iqar
odeur sans substance, sur laquelle on ne bénit pas
molid reia’h
faire naître une odeur dans un objet (interdit à Yom Tov)
chibolet nerd
spikenard
oud hanadi
bois d’agar de l’Inde

(א) אסור ליהנות וכו' - וכמו שאסור ליהנות באכילה ושתיה עד שיברך ואסמכוהו בש"ס אקרא דכתיב כל הנשמה תהלל יה דמשמע שאף הנשמה תהלל על הנאתה ואיזהו דבר שהוא הנאת הנשמה בלבד הוי אומר זה הריח:

Il est interdit de jouir, etc. - De même qu’il est interdit de jouir par le manger et le boire avant d’avoir béni, et l’on a appuyé cela dans le Talmud sur le verset « toute âme louera Yah », ce qui implique que même l’âme louera pour sa jouissance ; et quelle est la chose qui est jouissance de l’âme seulement ? Dis : c’est l’odeur.

(ב) עד שיברך - הברכה המבוארת לקמיה בס"ב:

Jusqu’à ce qu’il bénisse - La bénédiction exposée plus loin au seif 2.

(ג) קודם שיריח - דבעינן עובר לעשייתן וכמו באכילה ושאר מצות. כתבו האחרונים דאם שכח והריח בלא ברכה ונזכר לאחר שגמר מלהריח הפסיד ברכתו וכמו באכילה לאחר שגמר מלאכול שהפסיד ברכתו הראשונה וכמו שנתבאר בסימן קס"ז ס"ח:

Avant de sentir - Car il faut que ce soit avant l’acte, comme pour la nourriture et les autres mitsvot. Les Aharonim ont écrit : s’il a oublié et senti sans bénédiction, et qu’il s’en est souvenu après avoir fini de sentir, il a perdu sa bénédiction, comme pour la nourriture après avoir fini de manger, où il a perdu sa première bénédiction, ainsi qu’exposé au siman 167 seif 8.

(ד) אבל לאחריו וכו' - דלא תקנו ברכה אחרונה רק באכילה ושתיה ולא בריח שהנאה מועטת היא. כתבו הפוסקים היו לפניו שתי ברכות אחת של טעם ואחת של ריח נוטל תחלה המין של טעם בימינו ומברך עליו לפי שהיא חשובה שנכנסת בגוף ואח"כ נוטל של ריח ומברך עליו. עוד נתבאר בפוסקים דדוקא אריח תקנו חכמים ברכה ולא אקול [ר"ל בשומע קול נעים] שאין בו ממש וכן לא תקנו ברכה ארחיצה וכדומה משום דאין נכנסין לגוף:

Mais après, etc. - On n’a institué de bénédiction finale que pour le manger et le boire, non pour l’odeur, dont la jouissance est mince. Les décisionnaires ont écrit : s’il avait devant lui deux bénédictions, une de goût et une d’odeur, il prend d’abord l’espèce de goût dans sa main droite et bénit dessus, parce qu’elle est plus importante, puisqu’elle entre dans le corps, puis il prend celle d’odeur et bénit dessus. Il est encore exposé chez les décisionnaires que c’est uniquement pour l’odeur que les Sages ont institué une bénédiction, et non pour la voix [c’est-à-dire celui qui entend une voix agréable], qui n’a pas de consistance, et de même on n’a pas institué de bénédiction pour le bain et analogue, parce que cela n’entre pas dans le corps.

(ה) אם זה וכו' - רצה לבאר כיצד מברכין עליו וע"ז קאמר אם זה וכו':

Si celui-ci, etc. - Il a voulu exposer comment l’on bénit dessus, et là-dessus il dit : si celui-ci, etc.

(ו) או מין עץ - ר"ל אע"ג דלאו עץ גמור הוא דרכיך מ"מ כיון דמוציא עלין מעצו מברך בורא ע"ב:

Ou une espèce d’arbre - C’est-à-dire : bien que ce ne soit pas un arbre accompli, car il est souple, néanmoins, dès lors qu’il fait pousser des feuilles de son bois, on bénit « boré atsé besamim ».

(ז) כמו המוס"ק - ובלשון לעז פיז"ם ובשמים זה בא מן החיה לפיכך מברך עליה בורא מיני בשמים. ודע שמוס"ק זה יש אומרים שבא מזיעת חיה ויש אומרים שבא מדם של חיה אחת שמתקבץ בצוארה ואח"כ מתייבש ונעשה בושם ולפי סברא זו האחרונה יש שרצו לאסרו עכ"פ לתת בקדירה להטעים בריחו את התבשיל דדם אסור באכילה והרבה פוסקים מתירים אפילו לתת בקדירה דאזלינן בתר השתא והשתא לאו דם הוא אלא עפרא בעלמא שנותן ריח טוב ועיין בא"ר שמצדד להורות כדבריהם ובפמ"ג במשב"ז מצדד ג"כ דיש לסמוך על דבריהם להקל אף לכתחלה ביש ששים כנגדו בתבשיל:

Comme le mousq - En langue étrangère « pizem » ; et ce parfum vient de l’animal, c’est pourquoi l’on bénit dessus « boré miné besamim ». Sache que ce mousq, certains disent qu’il vient de la sueur d’un animal, et certains disent qu’il vient du sang d’un certain animal qui se rassemble à son cou, puis sèche et devient parfum. Selon cette dernière opinion, certains ont voulu l’interdire du moins à mettre dans la marmite pour parfumer le mets par son odeur, car le sang est interdit à la consommation ; mais beaucoup de décisionnaires le permettent même à mettre dans la marmite, car l’on va selon l’état présent, et à présent ce n’est plus du sang mais une simple poussière qui donne une bonne odeur. Voir l’Elia Rabba qui penche à décider selon leurs paroles, et le Peri Megadim dans le Mishbetsot Zahav penche aussi que l’on peut s’appuyer sur leurs paroles pour être indulgent même a priori (lekhathila) s’il y a soixante contre lui dans le mets.

(ח) ראוי לאכילה - כאתרוג ותפוח או פרי אדמה שמריח ריח טוב. ואפילו אינו ראוי לאכול בפ"ע אלא ע"י תערובות וכמו שיתבאר בסוף הסעיף:

Propre à la consommation - Comme un etrog ou une pomme, ou un fruit de la terre qui sent bon. Et même s’il n’est pas propre à être mangé à part, mais seulement par mélange, comme il sera exposé à la fin du seif.

(ט) הנותן וכו' - עיין בא"ר שכתב דמש"ס ופוסקים משמע שצריך לומר אשר נתן בלשון עבר:

Qui a donné, etc. - Voir l’Elia Rabba qui a écrit que du Talmud et des décisionnaires il ressort qu’il faut dire « acher natan » au passé.

(י) או לאכלו ולהריח בו - ואיזה מהם יברך תחלה עיין בא"ר שמסיק דבכגון זה שהריח והאכילה הוא בחד פירא מוטב לברך על הריח תחלה דמקרבא הנייתא שתיכף כשאוחזו בידו מריח ואח"כ יברך על האכילה וכ"כ ג"כ המאמר מרדכי ע"ש. ובפמ"ג נתן עצה אחרת בזה והוא שיטעום קצת מן הפירי ויברך עליה ברכת האכילה ולא יכוין אז ליהנות מן הריח ואח"כ יברך ברכת אשר נתן וכו' ויריח:

Ou pour le manger et le sentir - Et laquelle bénir d’abord : voir l’Elia Rabba qui conclut qu’en un tel cas, où l’odeur et la nourriture sont d’un même fruit, il vaut mieux bénir d’abord sur l’odeur, car la jouissance est plus proche — dès qu’il le tient en main il sent — puis bénir sur la nourriture ; ainsi a aussi écrit le Maamar Mordekhai, voir là. Le Peri Megadim a donné un autre conseil : goûter un peu du fruit et bénir dessus la bénédiction de nourriture, sans avoir alors l’intention de jouir de l’odeur, puis bénir « acher natan… » et sentir.

(יא) אע"פ שהוא וכו' אינו מברך - דהויא לזה כדבר שלא נעשה להריח שאין מברכין עליו אע"ג שנותן ריח ונהנה וכמו שמבואר לקמן סי' רי"ז ס"א:

Bien qu’il soit, etc., il ne bénit pas - Car cela est pour lui comme une chose qui n’a pas été faite pour être sentie, sur laquelle on ne bénit pas, bien qu’elle donne une odeur et que l’on en jouisse, comme exposé plus loin au siman 217 seif 1.

(יב) ועל כולם - בין שהריח בעץ או בעשב או בפרי שמריח:

Et sur tous - Qu’il ait senti un bois, une herbe ou un fruit odorant.

(יג) יצא - שלשון ברכה זו כוללת הכל כמו ברכת שהכל שכוללת כל מיני אכילה ושתיה. ודעת איזה אחרונים שבדיעבד אם בירך אריח שהכל יצא דלא עדיף ריח שהנאה מועטת היא מאכילה ושתיה שהנאתם מרובה ואעפ"כ יוצאים בשהכל ודעת מגן גבורים שאפילו בדיעבד לא יצא דאין זו מטבע שטבעו חכמים בברכות ולא נתקן ברכת שהכל כ"א אאכילה ושתיה:

Il s’est acquitté - Car le langage de cette bénédiction englobe tout, comme la bénédiction « chéhakol » qui englobe toutes les espèces de nourriture et de boisson. L’avis de quelques Aharonim est qu’après coup (bediavad), s’il a béni sur une odeur « chéhakol », il s’est acquitté, car l’odeur, dont la jouissance est mince, n’est pas supérieure à la nourriture et à la boisson, dont la jouissance est grande, et néanmoins on s’acquitte par « chéhakol ». L’avis du Magen Guiborim est que même après coup il ne s’est pas acquitté, car ce n’est pas la formule que les Sages ont fixée aux bénédictions, et « chéhakol » n’a été instituée que pour la nourriture et la boisson.

(יד) אגוז מוסקא"ט וכו' - פי' אם רוצה להריח בו:

Noix de muscade, etc. - C’est-à-dire s’il veut la sentir.

(טו) ועל קנילה - שקורין צימערינג:

Et sur la cannelle - Que l’on appelle « tsimering ».

(טז) וקלאו"ו - שקורין נעגעל"ך ואע"ג דכל הני הם מיני בשמים מ"מ עיקרייהו לאכילה קיימי [רא"ש] ועיין באחרונים שמפקפקין לענין קלאו"ו והרבה מהן מסכימין שטוב יותר לברך בורא מ"ב על ריחה. כתבו האחרונים המריח בקאוו"י כתושה והיא חמה שריחה נודף ואדם נהנה מאותו ריח צריך לברך ברכת אשר נתן וכו':

Et le clou de girofle - Que l’on appelle « negelakh » ; bien que toutes ces espèces soient des parfums, néanmoins leur principal est destiné à la nourriture [Roch]. Voir les Aharonim qui hésitent au sujet du clou de girofle, et beaucoup d’entre eux s’accordent qu’il est mieux de bénir « boré miné besamim » sur son odeur. Les Aharonim ont écrit : celui qui sent du café pilé et chaud, dont l’odeur se répand et dont l’homme jouit, doit bénir « acher natan… ».

(יז) על הורד - הוא מה שאנו קורין רוזא"ש וקמ"ל בזה אע"פ שראוי לאכילה ע"י מרקחת ומברכין עליה כמבואר בסימן ר"ד סי"א אפ"ה לא נוכל לברך על ריחה אשר נתן ריח טוב בפירות כיון שאין עקרה עומד לאכילה אלא להריח אלא מברכין בורא עצי בשמים. והיינו על הורדים הגדלים באילנות אבל אלו הגדלים בקרקע מברכין בורא עשבי בשמים [ב"י] ובביאור הגר"א משמע שמצדד דאם מוציא עליו מעצו והוא מתקיים משנה לשנה [דהיינו שאין העץ מתייבש וכלה בחורף] יברך בורא עצי בשמים ואפשר שגם הב"י מודה לזה וצ"ע:

Sur la rose - C’est ce que nous appelons « rozach ». Et l’on nous enseigne par là que, bien qu’elle soit propre à la consommation en confiture et que l’on bénisse dessus comme exposé au siman 204 seif 11, néanmoins on ne peut bénir sur son odeur « acher natan reia’h tov baperot », puisque son principal n’est pas destiné à la nourriture mais à être senti ; on bénit donc « boré atsé besamim ». Cela vise les roses qui poussent sur des arbres ; mais celles qui poussent dans le sol, on bénit « boré isvé besamim » [Beth Yossef]. Dans le commentaire du Gra il ressort qu’il penche : si elle fait pousser ses feuilles de son bois et qu’elle se maintient d’année en année [c’est-à-dire que le bois ne sèche pas et ne disparaît pas en hiver], on bénira « boré atsé besamim » ; et il est possible que le Beth Yossef aussi en convienne — cela demande examen.

(יח) עור הנדי - ט"ס וצ"ל עוד הנדי וביאורו עץ בושם הבא מארץ הודו כי עוד הוא עץ בלשון ערבי והנדי היינו מארץ הודו ששם גידולם [הגר"א] ועיין בשע"ת מש"כ בשם מחזיק ברכה:

« Or hanadi » - C’est une erreur de copiste, et il faut lire « oud hanadi » ; l’explication : bois odorant venant du pays de l’Inde, car « oud » est un bois en langue arabe, et « hanadi » signifie du pays de l’Inde, où ils poussent [le Gra]. Voir le Chaaré Techouva ce qu’il a écrit au nom du Ma’hazik Berakha.

(יט) מי הורד - היינו בין מי הלחלוחית שיצא מן הורד ע"י סחיטתו ובין מה שיצא ע"י שנשרה ונתבשל במים ואפילו למאן דס"ל בסימן ר"ב ס"י דמי שריית פירות אינו כפירות עצמן היינו לענין ברכת אכילה לבד ולא לענין ברכת הריח:

Eau de rose - Que ce soit l’humidité sortie de la rose par pressage, ou ce qui est sorti pour avoir été trempé et cuit dans l’eau. Et même selon celui qui tient au siman 202 seif 10 que l’eau de trempage des fruits n’est pas comme les fruits eux-mêmes, cela ne vise que la bénédiction de nourriture, non la bénédiction de l’odeur.

(כ) הלבונה - הוא קטף יוצא משרשי עץ:

L’encens (levona) - C’est le kataf qui sort des racines d’un arbre.

(כא) והמצטיכי - הוא מין עץ ששרף שלו נותן ריח טוב:

Et le mastic (mastsiki) - C’est une espèce d’arbre dont la résine donne une bonne odeur.

(כב) על שמן אפרסמון - הוא צרי בלשון המקרא וחותכין העץ ומקלפין אותו ונוטף שמן ממנו ומוזכר בש"ס הצרי אינו אלא שרף הנוטף מעצי הקטף:

Sur l’huile d’afarsimon - C’est le tsori dans le langage de l’Écriture : on entaille l’arbre et l’on en ôte l’écorce, et de l’huile en dégoutte. Il est mentionné dans le Talmud que le tsori n’est rien d’autre que la résine qui dégoutte des arbres à kataf.

(כג) בורא שמן ערב - מפני שנמצא בא"י והוא חשוב קבעו לו ברכה בפני עצמה להורות על חשיבותו ואם בירך בורא ע"ב אם יצא בדיעבד עיין בב"ח ופמ"ג:

Boré chémen arev - Parce qu’on le trouve en Terre d’Israël et qu’il est important, on lui a fixé une bénédiction à part pour indiquer son importance. S’il a béni « boré atsé besamim », s’il s’est acquitté après coup, voir le Ba’h et le Peri Megadim.

(כד) שכתשו וכו' עד שחזר - פי' שלא נתן בתוכו שום בשמים אלא שמחמת כתישת או טחינת הזית התחיל השמן להיות ריחו נודף:

Qu’ils ont broyé, etc., jusqu’à ce qu’elle soit revenue - C’est-à-dire qu’on n’y a mis aucun parfum, mais que par le broyage ou la mouture de l’olive l’huile a commencé à répandre son odeur.

(כה) בורא עצי בשמים - שהזית גדל על העץ וה"ה משאר פירות שגדלין על העץ אם עשה כה"ג ואם היה זה מפירות שאין גדלין על העץ שטחנם וכתשם ומריח שמנם אינו מברך עליהם רק בורא מיני בשמים [פמ"ג] והא דאין מברכין על כל אלו הנותן ריח טוב בפירות כמו באתרוג וכיוצא בו דהתם שאני שגדל עם הריח אבל הכא אין הריח גדל עמם אלא בא ע"י כתישה וטחינה שנעשית בידי אדם אין שייך לברך הנותן וכו' שלא ניתן בו הריח מתחלתו ושייך טפי לברך עליו בורא ע' בשמים על שהוטבע בו כח הבושם בפנימיותו:

Boré atsé besamim - Car l’olive pousse sur l’arbre. Il en va de même des autres fruits qui poussent sur l’arbre, si l’on a fait de même. S’il s’agissait de fruits qui ne poussent pas sur l’arbre, qu’on a moulus et broyés, et que l’on sent leur huile, on ne bénit dessus que « boré miné besamim » [Peri Megadim]. Pourquoi ne bénit-on pas sur tous ceux-ci « noten reia’h tov baperot », comme pour l’etrog et analogue ? Là c’est différent : [le fruit] a poussé avec l’odeur ; ici l’odeur n’a pas poussé avec eux, elle vient par un broyage et une mouture faits de main d’homme : il n’y a pas lieu de bénir « hanoten… », l’odeur n’y ayant pas été mise dès l’origine ; il convient davantage de bénir « boré atsé besamim », parce que la force du parfum a été imprimée en son intérieur.

(כו) שמן שבשמו - ר"ל שנתן בו בשמים כדי שיריח השמן וה"ה מים ושאר משקין שנתן בהם הבשמים [ח"א]:

Huile qu’on a parfumée - C’est-à-dire qu’on y a mis des parfums afin que l’huile sente ; il en va de même de l’eau et des autres liquides auxquels on a ajouté des parfums [‘Hayé Adam].

(כז) כמו שמן המשחה - אין הכונה שעשאו בשיעור ובמדה כמו שמן המשחה דזה אסור אלא הוא מראה לנו שדרך לבשם שמן בבשמים וכמו שמצינו בשמן המשחה שהיו מבשמים אותו:

Comme l’huile d’onction - L’intention n’est pas qu’on l’ait faite selon la mesure et le dosage de l’huile d’onction, car cela est interdit ; il nous montre seulement qu’il est habituel de parfumer l’huile avec des aromates, comme nous le trouvons pour l’huile d’onction qu’on parfumait.

(כח) עצים ובשמים - ר"ל בין עשבי בשמים ובין מיני בשמים:

Bois et parfums - C’est-à-dire aussi bien des herbes odorantes que des espèces de parfums.

(כט) ואם סיננו - פי' דכ"ז מיירי בשנשאר עכ"פ מעט מן עיקר הבושם לתוכו לפיכך מברכין ברכת אותו מין אבל אם סיננו וכו':

Et s’ils ont filtré - C’est-à-dire : tout cela vise le cas où il reste du moins un peu de l’essentiel du parfum à l’intérieur, c’est pourquoi l’on bénit la bénédiction de cette espèce ; mais s’ils ont filtré, etc.

(ל) בורא שמן ערב - וכמו באפרסמון:

Boré chémen arev - Comme pour l’afarsimon.

(לא) שאין לו עיקר - ואינו אלא ריח קלוש בעלמא ואין מברכין עליו וכעין דמבואר לקמן בסימן רי"ז לענין מריח בכלים שהם מוגמרים:

Qui n’a pas de substance - Ce n’est qu’une odeur ténue seulement, et l’on ne bénit pas dessus, analogue à ce qui est exposé plus loin au siman 217 au sujet de celui qui sent des ustensiles qui ont été fumigés.

(לב) מלהריח בו - כדי שלא יכניס עצמו בספק ברכה [והיינו כשאין לו אלא בושם זה אבל כשיש לו בשמים אחרים מברך עליהם עצי או מיני ויוצא גם ע"ז] ועיין באחרונים דמסקי דמי שאין רוצה להחמיר ע"ע מותר לו לכתחלה להריח ולברך בורא מיני בשמים. וצריך להזהיר שביוה"כ לוקחים מיני שפיריטו"ס המריחים להריח בו ואינם מברכין כלל ויותר מזה ששופכין על בגד פשתן שיריח בו וזה אסור דמולידין ריח בבגד. ואותן שפיריטו"ס שקורין (שלאקוואסער) אין לברך ע"ז כלל שאינו מריח כלל [ח"א]:

De le sentir - Afin de ne pas s’introduire dans un doute de bénédiction [et cela quand il n’a que ce parfum ; mais s’il a d’autres parfums, il bénit dessus « atsé » ou « miné » et s’acquitte aussi pour celui-ci]. Voir les Aharonim qui concluent que celui qui ne veut pas se montrer strict envers lui-même a le droit a priori de sentir et de bénir « boré miné besamim ». Il faut avertir qu’à Yom Kippour on prend des espèces d’eaux-de-vie odorantes pour les sentir et l’on ne bénit pas du tout ; et plus encore, on en verse sur un vêtement de lin pour qu’il sente — cela est interdit, car on fait naître une odeur dans le vêtement. Et ces eaux-de-vie que l’on appelle « schlacwasser » : on ne bénit pas du tout dessus, elles ne sentent pas du tout [‘Hayé Adam].

(לג) סימלק וחילפי דימא - אע"ג דקלח שלהם אינו קשה כשל עץ אפ"ה כיון דמוציא עליו מעצו כשאר אילנות בכלל עץ הוא ומברך בורא ע"ב:

Simlak et ‘hilfé yama - Bien que leur tige ne soit pas dure comme celle de l’arbre, néanmoins, dès lors qu’elle fait pousser ses feuilles de son bois comme les autres arbres, elle est comprise dans « arbre » et l’on bénit « boré atsé besamim ».

(לד) רוסמארי"ן - ובביאור הגר"א חולק והוכיח דלדעת היש מפרשים והוא תר"י חלפי דימא הוא רוסמארי"ן:

Romarin - Dans le commentaire du Gra il s’oppose et a démontré que selon l’avis de certains commentateurs — et c’est le Talmidé Rabbénou Yona — « ‘hilfé yama » est le romarin.

(לה) הוא שבולת נרד וכו' - והוא מה שקורין בימינו ספיגינאר ומעלה ריח טוב ובעלי בתים נוהגים באיזה מקומות ליתן זה למים שהכהנים נוטלים ידיהם לדוכן כדי שיהיה עי"ז ריח טוב ואין נכון לעשות כן דהא מוליד ריחא במים ביו"ט דאסור:

C’est le chibolet nerd, etc. - C’est ce que l’on appelle de nos jours « spikenard », et il dégage une bonne odeur. Les maîtres de maison ont l’usage en certains lieux d’en mettre dans l’eau dont les kohanim se lavent les mains pour le doukhan, afin qu’il y ait par là une bonne odeur ; ce n’est pas correct de le faire, car on fait naître une odeur dans l’eau à Yom Tov, ce qui est interdit.

(לו) סיגלי - הם מין דודאים הנזכר במקרא:

Violettes (siglé) - Ce sont une espèce des dudaïm mentionnés dans l’Écriture.

(לז) גדל בגינה וכו' - הטעם דמחלקינן בין גינה לשדה הוא משום דהגדל בגינה נעבד ומשקים אותם ואע"פ שעצו מתייבש מתקיים הוא לשנה הבאה אבל דדברא מתייבש כעשב והולך לו:

Pousse dans le jardin, etc. - La raison pour laquelle on distingue entre jardin et champ est que ce qui pousse dans le jardin est travaillé et arrosé, et bien que son bois sèche, il se maintient pour l’année suivante ; mais celui des champs sèche comme une herbe et disparaît.

(לח) היו לפניו - פי' ורוצה להריח בהם. ואם בירך וכו': כנ"ל בס"ב אלא דשם מיירי שנקט עצי בשמים או עשבי בשמים בידו ובירך עליהם בורא מ"ב והכא מיירי שנקט רק מיני בשמים ובברכתו כוון להוציא גם את העצי בשמים ועשבי בשמים אפ"ה יצא שברכה זו שייך בדיעבד גם עליהם:

Ils étaient devant lui - C’est-à-dire qu’il veut les sentir. « Et s’il a béni, etc. » : comme plus haut au seif 2, sauf que là il s’agit de celui qui a pris des bois odorants ou des herbes odorantes en main et a béni dessus « boré miné besamim » ; ici il s’agit de celui qui n’a pris que des espèces de parfums et, dans sa bénédiction, a eu l’intention d’acquitter aussi les bois odorants et les herbes odorantes : malgré cela il s’est acquitté, car cette bénédiction convient après coup aussi pour eux.

(לט) מברך על כל אחד וכו' - ר"ל אין לו לפטור עצמו בברכה כוללת אחת דהיינו בברכת בורא מ"ב אלא לכתחלה צריך לברך על כל אחד בפ"ע. ויברך בתחלה על עצי בשמים ועשבי בשמים ואח"כ יברך על שאר מינים בורא מ"ב וכמו דקי"ל לעיל סימן רי"א ס"ג לענין ברכת הפירות. נתערבו כמה מינים יחד או שהם באגודה אחת וא"א להריח מכל מין בפ"ע מברך עליהם בורא מ"ב [א"ר ודה"ח] מיהו משמע בא"ר דטוב לקטום מהאגודה איזה מין כדי שיוכל לברך עליו ברכתו הראוי לכתחלה. יצא - היינו כשכיון בהדיא להוציא כל המינים ואי לא"ה לא וכמו לענין ברכת הפירות כשיש לפניו דבר שברכתו פה"ע ופה"א ויש לפניו דבר שברכתו שהכל אינו יוצא בסתמא בברכת שהכל על הכל וכנ"ל בסי' ר"ו. כ' האחרונים דכשם שברכת עצי בשמים אינו פוטר לברכת עשבי בשמי' כן ברכת עשבי בשמי' אינו פוטר לברכת עצי בשמים דבעשבים איננו נכלל עץ:

Il bénit sur chacun, etc. - C’est-à-dire qu’il n’a pas à s’acquitter par une seule bénédiction englobante, à savoir « boré miné besamim » ; a priori il doit bénir sur chacun séparément. Il bénira d’abord sur les bois odorants et les herbes odorantes, puis sur les autres espèces « boré miné besamim », comme nous tenons plus haut au siman 211 seif 3 au sujet de la bénédiction des fruits. Si plusieurs espèces se sont mêlées, ou qu’elles sont en un seul bouquet et qu’il est impossible de sentir chaque espèce à part, on bénit dessus « boré miné besamim » [Elia Rabba et Derech ha’Haïm]. Toutefois il ressort de l’Elia Rabba qu’il est bon de détacher du bouquet une espèce afin de pouvoir bénir dessus la bénédiction qui lui convient a priori. « Il s’est acquitté » — c’est-à-dire s’il a eu explicitement l’intention d’acquitter toutes les espèces ; sinon, non, comme pour la bénédiction des fruits : s’il a devant lui une chose dont la bénédiction est « boré peri haets » et « boré peri haadama », et une chose dont la bénédiction est « chéhakol », il ne s’acquitte pas implicitement par « chéhakol » pour le tout, comme plus haut au siman 206. Les Aharonim ont écrit : de même que la bénédiction « atsé besamim » n’acquitte pas la bénédiction « isvé besamim », de même la bénédiction « isvé besamim » n’acquitte pas la bénédiction « atsé besamim », car dans les herbes l’arbre n’est pas compris.

(מ) עיין לעיל סימן רי"א - ר"ל דשם איתא פלוגתא כעין זה בס"ג לענין פה"ע ופה"א אם צריך להקדים פה"ע וה"נ בעניננו. ודע דשם הסכימו האחרונים דמה שהוא חביב לו תמיד יותר צריך להקדימו אך אם שניהם חביבין אצלו בשוה נכון יותר להקדים הפה"ע וה"ה הכא אם חביבין אצלו שניהם בשוה נכון יותר להקדים העצי בשמים שהיא ברכה מבוררת ופרטית ביותר ואח"כ יברך עשבי בשמים:

Voir plus haut siman 211 - C’est-à-dire qu’il y a là une discussion analogue au seif 3 au sujet de « boré peri haets » et « boré peri haadama », s’il faut faire précéder « haets ». Sache que là les Aharonim se sont accordés : ce qui lui est habituellement plus cher doit être fait précéder ; mais si les deux lui sont également chers, il est plus correct de faire précéder « haets ». Il en va de même ici : si les deux lui sont également chers, il est plus correct de faire précéder les bois odorants, dont la bénédiction est plus déterminée et particulière, puis de bénir les herbes odorantes.

(מא) להריח בהם - דאלו שמן שהביא לסוך ידיו להעביר מהם זוהמת האוכלים אין מברך וכמ"ש בסימן רי"ז ס"ב ע"ש בבה"ל מה שנכתוב בזה:

Pour les sentir - À l’exclusion de l’huile qu’il a apportée pour s’oindre les mains afin d’en écarter la souillure des aliments : il ne bénit pas, comme écrit au siman 217 seif 2 ; voir là dans le Biour Halakha ce que nous écrirons à ce sujet.

(מב) אם ברכותיהן שוות - כגון שהשמן היה מבושם בעצי בשמים שמברכין על השמן בורא עצי בשמים כמבואר בס"ו:

Si leurs bénédictions sont égales - Par exemple si l’huile avait été parfumée avec des bois odorants, sur laquelle on bénit « boré atsé besamim », comme exposé au seif 6.

(מג) מברך על ההדס - הטעם דהדס הוא גוף העץ הנקרא בשמים והשמן אין הריח מעצמו אלא קולטו מאחר הלכך הדס חשיבא טפי ולהכי מברך עליו ופוטר השמן בברכתו. וכשמברך עליו נוטל ההדס בימין והשמן בשמאל דעל דבר שמברך נוטלו בימינו:

Il bénit sur le hadas - La raison : le hadas est le corps même du bois appelé « besamim », et l’huile n’a pas l’odeur d’elle-même, elle la capte d’un autre ; aussi le hadas est-il plus important, et l’on bénit dessus et l’on acquitte l’huile par sa bénédiction. Quand il bénit dessus, il prend le hadas à droite et l’huile à gauche, car sur la chose que l’on bénit on la prend de la main droite.

(מד) ואם אינם שוות - כגון שהיה שמן שמבושם בעשבי בשמים שברכתו בורא עשבי בשמים או שהיה שמן אפרסמון דמבואר בס"ד דברכתו הוא בורא שמן ערב וא"כ אין יכול לברך על ההדס עצי ולפטור את השמן:

Et si elles ne sont pas égales - Par exemple si c’était de l’huile parfumée d’herbes odorantes, dont la bénédiction est « boré isvé besamim », ou de l’huile d’afarsimon, dont il est exposé au seif 4 que sa bénédiction est « boré chémen arev » : alors on ne peut bénir sur le hadas « atsé » et acquitter l’huile.

(מה) מברך על ההדס תחלה - ואע"ג דשמן אפרסמון ריחו מחמת עצמו ולא קלט מאחרים וגם ברכתו חשובה שמזכיר ומיחד שמן בברכתו אפ"ה הדס שהוא כברייתו וקיים בגופו חשיב טפי [הרא"ה]:

Il bénit d’abord sur le hadas - Bien que l’huile d’afarsimon ait son odeur d’elle-même et ne l’ait pas captée d’autrui, et que sa bénédiction soit importante puisqu’on mentionne et particularise l’huile dans la bénédiction, néanmoins le hadas, qui est tel qu’il a été créé et subsiste en son corps, est plus important [Raa].

(מו) להריח בהם - לאפוקי אם מעשן בשביל לבטל הסרחון אין מברכין עליו כלל ואף שנהנה מהבשמים מאד וכדלקמן בסימן רי"ז:

Pour les sentir - À l’exclusion de celui qui fume afin d’annuler une puanteur : on ne bénit pas du tout dessus, même s’il jouit beaucoup des parfums, comme plus loin au siman 217.

(מז) קודם שיגיע וכו' - דבעינן לכתחלה עובר לעשייתן. ובדיעבד יכול לברך אף בעת שמריח:

Avant qu’elle n’arrive, etc. - Car a priori il faut que ce soit avant l’acte. Après coup il peut bénir même au moment où il sent.

(מח) אבל לא וכו' - דסמוך לעשייתן עכ"פ בעינן ולא שתהיה מרוחקת הברכה מההנאה. ובדיעבד יצא כל שלא הפסיק בינתים וכדלעיל בסימן ר"ו ס"ה ע"ש:

Mais pas, etc. - Car il faut du moins que ce soit proche de l’acte, et non que la bénédiction soit éloignée de la jouissance. Après coup il s’est acquitté tant qu’il n’a pas interrompu entre-temps, comme plus haut au siman 206 seif 5, voir là.

(מט) בורא עצי בשמים - ולא נשתנה ברכתו אע"פ שנשרף ע"י הגימור אין שריפתו נקרא מכלה אותו אדרבה הוא גורם שתעלה תמרתו וריחו נודף [לבוש]:

Boré atsé besamim - Et sa bénédiction n’a pas changé, bien qu’il ait été brûlé par la fumigation : sa combustion ne s’appelle pas destruction ; au contraire, elle fait monter sa fumée et son odeur se répand [Levouch].

(נ) עשבי בשמים - העי"ן בחירק והשי"ן בשו"א והבי"ת רפויה [פמ"ג] וע"ש שמביא עוד דעת אחרת בזה:

Isvé besamim - Le ayin avec ‘hirik, le chin avec cheva, et le bet rafé [Peri Megadim] ; et voir là qu’il apporte encore un autre avis à ce sujet.

(נא) המריח באתרוג וכו' - אין הכונה שנטלו בידו לצאת ואגב אורחיה העלה ריח דבזה לכו"ע אין לברך וכדלעיל בס"ב כיון דאין מתכוין להריח אלא איירי כגון שנטלו לצאת ולהריח דבכה"ג פסקינן לעיל דמברך על אכילה ועל הריח וסובר דעה ראשונה דה"ה בזה דמברך על נטילת האתרוג ועל הריח:

Celui qui sent un etrog, etc. - L’intention n’est pas qu’il l’ait pris en main pour s’acquitter [de la mitsva] et qu’en passant l’odeur se soit élevée : en cela, selon tous, on ne bénit pas, comme plus haut au seif 2, puisqu’il n’a pas l’intention de sentir. Il s’agit plutôt de celui qui l’a pris pour s’acquitter et pour sentir : en tel cas nous décidons plus haut qu’il bénit sur la nourriture et sur l’odeur, et le premier avis tient qu’il en va de même ici : il bénit sur la prise de l’etrog et sur l’odeur.

(נב) וי"א שאינו מברך - דלאו לריח עבידא כיון שהוא של מצוה וכתב מ"א בשם רש"ל דדוקא בשעת נטילתו למצוה אבל קודם לכן או אח"כ מברך לכו"ע ויש שחולקין בזה ועיין בבה"ל:

Et certains disent qu’il ne bénit pas - Car elle n’est pas faite pour l’odeur, puisqu’elle est de mitsva. Le Magen Avraham a écrit au nom du Maharshal : uniquement au moment de sa prise pour la mitsva ; mais auparavant ou ensuite, selon tous il bénit. Certains s’y opposent ; voir le Biour Halakha.

(נג) לכך נכון וכו' - כדי לצאת מידי ספק ברכה. ואם מריח בו דעת מג"א שלא לברך וכן דעת הגר"א בביאורו:

C’est pourquoi il convient, etc. - Afin de sortir du doute de bénédiction. S’il le sent, l’avis du Magen Avraham est de ne pas bénir, et tel est aussi l’avis du Gra dans son commentaire.

(נד) דהמריח וכו' יש לו לברך - כמו בשאר פירות שעומדים לאכילה ויש להם ריח שמברך עליהם כשנוטל אותם כדי להריח בהם:

Celui qui sent, etc., a à bénir - Comme pour les autres fruits destinés à la nourriture et qui ont une odeur, sur lesquels on bénit quand on les prend afin de les sentir. [Il s’agit du pain chaud, dont certains disent de bénir « chenatan reia’h tov bapat ».]

(נה) וי"א דאין לברך עליו - דאין זה ריח חשוב שיהא ראוי לברך עליו [ב"י בסי' רצ"ז]:

Et certains disent qu’il n’y a pas à bénir dessus - Car ce n’est pas une odeur importante qui soit digne qu’on bénisse dessus [Beth Yossef au siman 297].

(נו) לכך אין להריח בו - ואם מריח אין מברך עליו [מ"א]:

C’est pourquoi on ne le sentira pas - Et s’il le sent, il ne bénit pas dessus [Magen Avraham].