משנה ברורה

Michna Beroura — siman 219

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Bénédiction d’action de grâce du yahid
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Lois de la birkat hagomel pour les quatre qui doivent remercier — voyageurs de mer et de désert, malade guéri, prisonnier libéré —, sa formule, le minyan, les délais et les cas limites.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETBénédiction d’action de grâce du yahid (hagomel)
À FAIRELes quatre
Remonté de mer tout à fait, sorti du désert, malade rétabli, prisonnier libéré : hagomel. Un seul qui a les quatre : une seule berakha. Prison : Maguen Avraham = affaire de vie ; beaucoup contestent.
À FAIREFormule et posture
« Qui dispense des bienfaits aux coupables » (formule non indispensable dès qu’il a dit le propos). Debout lekhathila (Rambam) ; bediavad même assis. Les auditeurs répondent ; s’ils ne l’ont pas dit, cela n’empêche pas.
À FAIREDevant dix
Y compris le bénéficiaire. Idéalement séance d’anciens (sagesse / qui ont étudié la halakha). Certains : s’il sait que dix ne viendront pas, il bénit sans dix même lekhathila. Ra’ah : attendre jusqu’à 30 jours, pas au-delà.
À FAIREDélai trois jours
Ne pas tarder plus de trois jours après la remontée ou le rétablissement. Même hors sefer Torah : bénir devant dix sans attendre la lecture suivante.
À ÉVITERPas encore sauvé
Bateau au port, descente d’un jour ou deux : pas encore tout à fait sauvés. Marcheurs de désert qui traversent une ville en chemin : pas encore. Mineur : pas tenu (même chinukh). Femmes : usage de ne pas réciter ; certains : devant dix, au moins des femmes et un homme.
OUIMalade
Tout ce qui est monté au lit (même mal fixe/récurrent). Malaise léger tête/gorge sans lit : non. Usage Ashkenaz souvent : maladie de tout le corps pour laquelle on profane le Chabbat ; 'Hayé Adam : au lit au moins trois jours, sauf danger même moins.
OUIAutre qui bénit
Sur le bien dont il se réjouit (père, maître ; femme comme son corps). En sa présence : « qui t’a dispensé tout bien ». Hors présence : « à ma femme / mon père / mon maître ». L’intéressé s’acquitte s’il entend du début à la fin, répond amen, et qu’il y a dix.
NONPas de joie réelle
S’il ne se réjouit pas tant et ne le dit que pour la paix : pas de Nom ni Royauté. Plusieurs contestent la glose : correct lekhathila de ne le faire que pour père et maître.
OUIChemin / voleurs
Usage de bénir en chemin (sujet égal à tefilat haderekh) ; lieu trop proche : pas présumé en danger. Voleurs chez lui ou brigands en chemin : hagomel (et « qui m’a fait un miracle » au lieu, siman 218).
NONAutres dangers rares
Hors des quatre fréquents : pas hagomel ; on bénit « qui m’a fait un miracle » en parvenant au lieu. Doute : sans Nom ni Royauté. Usage selon le premier avis.
Hagomel pour les quatre sauvés tout à fait, devant dix, sans tarder plus de trois jours. Maladie : au lit / danger selon les avis. Un autre peut bénir sur le bien dont il se réjouit vraiment ; les autres miracles rares se disent au lieu, pas hagomel.

Glossaire

birkat hagomel
bénédiction d’action de grâce après un danger
coupables
dans la birkat hagomel : ceux qui ne sont pas dignes par eux-mêmes
Nom et Royauté
mention de « ה' notre Dieu, Roi du monde »
Ra'ah
Rabbi Aharon HaLevi
Gra
Gaon de Vilna
tefilat haderekh
prière du voyage
shviderin
fièvre générale du corps (yid. « shviderin »)
Ashkenaz
pays ashkénazes
Radvaz
Rabbi David ibn Zimra

(א) כשעלו ממנה - ודוקא כשעלו ממנה לגמרי ואין בכלל זה מה שעומדים עם הספינה כשבאה לנמל והאנשים שבה יורדים ליבשה ליום או ליומים או עד שתגיע זמן הספינה לילך הלאה דבזה אין מברכין דאכתי לא ניצול מן הסכנה לגמרי וה"ה בהולכי מדבריות ובדרך הליכתם עוברים דרך איזה עיר ג"כ אין מברכין:

Lorsqu’ils en sont remontés - et uniquement lorsqu’ils en sont remontés tout à fait. N’est pas compris ici le cas où l’on se tient avec le bateau lorsqu’il entre au port et que les gens à bord descendent à terre pour un jour ou deux, ou jusqu’à ce que vienne le moment pour le bateau de repartir : en cela on ne bénit pas, car ils ne sont pas encore tout à fait sauvés du danger. De même pour les marcheurs de déserts qui, en chemin, traversent quelque ville : on ne bénit pas non plus :

(ב) ונתרפא - והולך כבר על בוריו:

Et il a guéri - et il est déjà rétabli :

(ג) ומי שהיה חבוש - דעת מ"א דמיירי בחבוש על עסקי נפשות דוקא והרבה חולקים עליו ועיין בבה"ל מה שביארנו בזה. כתבו האחרונים דמי שנתחייב ארבעתן אינו מברך כ"א ברכה אחת לכולן. עוד כתבו דקטן אינו מחוייב להודות [ואפילו מצד מצות חינוך] וגם נשים מנהג העולם שאין מברכין ברכה זו וכתבו האחרונים הטעם משום דסדר ברכה זו הוא בפני עשרה וכדלקמיה ולא אורח ארעא לאשה. ויש שכתבו דמ"מ נכון הוא שתברך בפני עשרה עכ"פ בפני נשים ואיש אחד:

Et celui qui était emprisonné - l’avis du Magen Avraham est qu’il s’agit uniquement d’un emprisonné pour affaire de vie ; beaucoup contestent. Voir le Biour Halakha ce que nous avons clarifié là-dessus. Les Aharonim ont écrit que celui qui a été tenu aux quatre ne bénit qu’une seule berakha pour tous. Ils ont encore écrit qu’un mineur n’est pas tenu de remercier [même du côté de la mitsva d’éducation], et que pour les femmes l’usage du monde est de ne pas réciter cette berakha ; les Aharonim ont écrit la raison : l’ordre de cette berakha est devant dix, comme plus bas, et ce n’est pas la convenance pour une femme. Certains ont écrit qu’il est néanmoins correct qu’elle bénisse devant dix, tout au moins devant des femmes et un homme :

(ד) הגומל לחייבים טובות - פי' אפילו לאותם שהם חייבים עכ"ז גומל להם טובות וגם אני אע"פ שאיני הגון עכ"ז גמלני בכל טוב ונוסח זה אינו מעכב כל שאמר ענין הברכה וכדלקמיה בס"ד. כתב הרמב"ם המברך צריך שיהיה עומד בשעת ברכה ובדיעבד יצא אף בישיבה:

Qui dispense des bienfaits aux coupables - c’est-à-dire : même à ceux qui sont coupables, Il leur dispense néanmoins des bienfaits ; et moi aussi, bien que je ne sois pas digne, Il m’a néanmoins dispensé tout bien. Cette formule n’est pas indispensable, dès lors qu’il a dit le propos de la berakha, comme plus bas. Le Rambam a écrit que le bénissant doit être debout au moment de la berakha, et bediavad (après coup) il s’est acquitté même assis :

(ה) והשומעים אומרים - ואם לא אמרו אינו מעכב [אחרונים]:

Et les auditeurs disent - et s’ils ne l’ont pas dit, cela n’empêche pas [Aharonim] :

(ו) בפני עשרה - עם בעל הנס:

Devant dix - y compris le bénéficiaire du miracle :

(ז) ובמושב זקנים - ואין זקן אלא מי שקנה חכמה וכתב מ"א דבעינן הני דתנו הלכתא:

Et dans une séance d’anciens - et « ancien » n’est que celui qui a acquis la sagesse ; le Magen Avraham a écrit qu’il faut ceux qui ont étudié la halakha :

(ח) יש אומרים שיצא - דכל עיקר עשרה אינו אלא למצוה ולפ"ז אם יודע שלא יזדמנו לו עשרה יברך בלא עשרה אפי' לכתחלה ועיין בהלכות הרא"ה שכתב דימתין עד שלשים יום פן יזדמן לו עשרה שיוכל לקיים המצוה כהלכתה ויותר לא ימתין:

Certains disent qu’il s’est acquitté - car tout l’essentiel des dix n’est que pour la mitsva ; et d’après cela, s’il sait que dix ne se présenteront pas à lui, il bénira sans dix même lekhathila (a priori) ; et voir dans les lois du Ra'ah qui a écrit d’attendre jusqu’à trente jours, au cas où dix se présenteraient afin de pouvoir accomplir la mitsva selon sa règle ; et au-delà, il n’attendra pas :

(ט) בלא הזכרת שם ומלכות - משום דספק ברכות להקל:

Sans mention du Nom et de la Royauté - parce que le doute des berakhot est pour l’indulgence :

(י) אם בירך אחר - מדסתם המחבר משמע דאפילו אחר שאינו קרובו יכול לברך אטובת חבירו כל שהוא משמח בזה ועיין בבה"ל ד"ה ואין זה וכו':

S’il a béni un autre - du fait que l’auteur a parlé sans préciser, il appert que même un autre qui n’est pas son proche peut bénir sur le bien de son ami, dès lors qu’il s’en réjouit ; et voir le Biour Halakha s.v. « et ceci n’est pas etc. » :

(יא) וענה אמן - ואי לא ענה אמן לא יצא ומיירי ששמע הברכה מתחלתה ועד סופה וכוון נמי לצאת בה ידי חובת ברכת הגומל שנתחייב:

Et il a répondu amen - et s’il n’a pas répondu amen, il ne s’est pas acquitté ; il s’agit de celui qui a entendu la berakha du début à la fin et a aussi eu l’intention de s’acquitter par elle de la birkat hagomel dont il était tenu :

(יב) יצא - וה"ה דלכתחלה יכול לפטור עצמו בכך. ודוקא שיש שם עשרה הא אי ליכא עשרה בודאי אין לו לכוין לפטור עצמו ובדיעבד שכוון אם צריך לחזור ולברך תליא בפלוגתא דס"ג ויברך בלא שם ומלכות:

Il s’est acquitté - et de même, lekhathila, il peut se libérer ainsi. Et uniquement s’il y a là dix ; s’il n’y a pas dix, il n’a certainement pas à avoir l’intention de se libérer. Et bediavad, s’il a eu l’intention, s’il doit revenir bénir dépend de la contestation du seif 3, et il bénira sans Nom ni Royauté :

(יג) דיהבך לן - בש"ס הגירסא דיהבך לן ולא יהבך לעפרא:

Qui te nous a donné - dans le Talmud la leçon est : « qui te nous a donné et ne t’a pas donné à la poussière » :

(יד) ואין זה וכו' - היינו אפילו לא היו שם עשרה אנשים ולי"א הנ"ל בס"ג דס"ל דלא יצא בפחות מיו"ד וא"כ החולה אינו יוצא בברכה זו אפ"ה לא מקרי זה ברכה לבטלה לגבי המברך שהוא רשאי לומר ברכה זו לכו"ע אפילו בפחות מעשרה [הגר"א]:

Et ceci n’est pas etc. - c’est-à-dire même s’il n’y avait pas là dix hommes, et selon certains susdits au seif 3 qui tiennent qu’on ne s’acquitte pas en moins de dix, et qu’ainsi le malade ne s’acquitte pas par cette berakha : néanmoins cela ne s’appelle pas berakha vaine pour le bénissant, qui est autorisé à dire cette berakha de l’avis de tous, même en moins de dix [le Gra] :

(טו) אע"פ שלא נתחייב - דלא נזכר חיוב ברכה זו בש"ס בד' שצריכין להודות כ"א בהן עצמן ולא שיברך אחר עליהן:

Bien qu’il n’ait pas été tenu - car l’obligation de cette berakha n’est mentionnée dans le Talmud, parmi les quatre qui doivent remercier, que pour eux-mêmes, et non qu’un autre bénisse sur eux :

(טז) רק דרך שבח - ר"ל שלא בתורת חיוב:

Seulement à titre de louange - c’est-à-dire non à titre d’obligation :

(יז) על טובת חבירו - וכ"ש על אשתו שהיא כגופו דרשאי לברך ומזה נוהגים קצת אנשים שכשיולדות נשותיהם וחוזרות לבורין עומדים ומברכים ברכת הגומל וכשהיא תענה אמן על ברכתו יוצאת בזה ונוסח הברכה יאמר הגומל לחייבים טובות שגמלך כל טוב. ואם בירך שלא בפניה יאמר שגמל לאשתי כל טוב ואם הוא מברך על אביו [או רבו] יאמר בא"י אמ"ה שגמל לאבי [או לרבי] כל טוב ואם בפניו יאמר שגמלך כל טוב:

Sur le bien de son ami - et à plus forte raison sur sa femme, qui est comme son corps, qu’il est autorisé à bénir. De là l’usage de quelques hommes : lorsque leurs femmes accouchent et sont rétablies, ils se tiennent et récitent la birkat hagomel, et lorsqu’elle répond amen à sa berakha, elle s’en acquitte. La formule de la berakha : il dira « qui dispense des bienfaits aux coupables, qui t’a dispensé tout bien ». S’il a béni hors de sa présence, il dira « qui a dispensé à ma femme tout bien ». S’il bénit sur son père [ou son maître], il dira : « Béni sois-Tu ה' notre Dieu, Roi du monde, qui a dispensé à mon père [ou à mon maître] tout bien » ; et en sa présence, il dira « qui t’a dispensé tout bien » :

(יח) ששמח בה - ודוקא בקרובו או אוהבו שעכ"פ שמח הוא ברפואתו או בהצלתו של זה אבל אם אינו שמח בלבו כ"כ אלא שאומר כן מפני השלום אין לו לברך בשם ומלכות דבזה ברכתו לבטלה אלא יאמר ברוך הש"י דיהבך לן ועיין בבה"ל שיש חולקים על עיקר דין זה דהג"ה וע"כ מהנכון ליזהר לכתחלה שלא לברך ברכת הגומל אפילו על קרובו ואוהבו כ"א על אביו ורבו לבד:

Dont il se réjouit - et uniquement pour son proche ou son ami, dont il se réjouit du moins de la guérison ou du salut ; mais s’il ne se réjouit pas tant dans son cœur et ne le dit que pour la paix, il n’a pas à bénir avec Nom et Royauté, car en cela sa berakha serait vaine ; il dira seulement « Béni soit le Saint béni soit-Il qui te nous a donné ». Voir le Biour Halakha : certains contestent le fond même de cette loi de la glose ; c’est pourquoi il est correct de prendre garde lekhathila de ne pas réciter la birkat hagomel même sur son proche et son ami, sinon sur son père et son maître seulement :

(יט) אם איחר - ר"ל שלא בירך בשעה שעלה מן הים או בשעה שחזר לבוריו ממחלתו:

S’il a tardé - c’est-à-dire qu’il n’a pas béni à l’heure où il est remonté de la mer ou à l’heure où il s’est rétabli de sa maladie :

(כ) שלשה ימים - דעד זמן זה קרוי בא מן הדרך וכתבו האחרונים דאפילו יצטרך בשביל זה לברך שלא בס"ת כפי המנהג אעפ"כ אל יאחר יותר משלשה ימים כגון אם יצא ביום ב' לאחר שכבר קראו יברך בעשרה בלא ס"ת ואל ימתין עד יום ה' ועיין במש"כ לעיל בסק"ח:

Trois jours - car jusqu’à ce délai on l’appelle « venant du chemin ». Les Aharonim ont écrit que même s’il devra pour cela bénir hors d’un sefer Torah, selon l’usage, néanmoins qu’il ne tarde pas plus de trois jours : par exemple s’il est sorti le lundi après qu’on a déjà lu, il bénira devant dix sans sefer Torah et n’attendra pas jusqu’au jeudi ; et voir ce que j’ai écrit plus haut au seif katan 8 :

(כא) שלא חייבו אלא וכו' - עיין לקמיה בס"ק ל"א:

Qu’ils n’ont tenu que etc. - voir plus bas au seif katan 31 :

(כב) נוהגים לברך מפני וכו' - דס"ל דברכה זו שוה לענין ברכת תפלת הדרך לעיל בסימן ק"י עי"ש:

On a l’usage de bénir à cause de etc. - car ils tiennent que cette berakha est égale, quant à son sujet, à la berakha de la tefilat haderekh plus haut au siman 110 ; voir là-bas :

(כג) ומיהו בפחות וכו' - דבמקום קרוב כזה בודאי לאו בחזקת סכנה הוא:

Toutefois en moins de etc. - car en un lieu aussi proche, il n’est certainement pas présumé en danger :

(כד) כל שעלה למטה - אבל אם לא עלה למטה כלל רק שיש לו איזה מיחוש בעלמא בראשו או בגרונו וכה"ג אינו מברך אפילו לדעה זו:

Tout ce qui est monté au lit - mais s’il n’est pas du tout monté au lit, et qu’il n’a qu’un léger malaise à la tête ou à la gorge et analogue, il ne bénit pas, même selon cet avis :

(כה) מפני שדומה כמי שהעלוהו וכו' - שאין אנו יודעים איך יצא דינו כמו כן בחולה כיון שנפל למשכב אין אנו יודעים סופו שכמה פעמים אע"פ שתחלתו לא היה סכנה לבסוף מתגברת המחלה ובא לידי סכנה:

Parce que cela ressemble à celui qu’on a fait monter etc. - nous ne savons pas comment son jugement est sorti ; de même pour le malade, puisqu’il est tombé au lit, nous ne savons pas sa fin : bien des fois, bien que le début n’ait pas été un danger, à la fin la maladie s’aggrave et il en vient au danger :

(כו) ואין הפרש בין וכו' - ר"ל שלא תאמר דמיחוש שבא מזמן לזמן כבר ידוע הוא שאין בו סכנה אינו כן ואדרבה כל שהוא קבוע הוא יותר מתחזק ואע"פ שנעשה לו נס פעמים רבות וניצול ממנו מן השמים רחמוהו ולאו כל שעתא מתרחיש ניסא עכ"ל הרשב"א בתשובה:

Et il n’y a pas de différence entre etc. - c’est-à-dire : que l’on ne dise pas qu’un malaise qui revient de temps en temps est déjà connu comme sans danger ; il n’en est pas ainsi, et au contraire tout ce qui est fixe se renforce davantage ; et bien qu’un miracle lui ait été fait de nombreuses fois et qu’il en ait été sauvé, du Ciel on a eu pitié de lui, et un miracle ne se produit pas à toute heure — fin des propos du Rashba dans une responsum :

(כז) ובין שאינו קבוע - אלא בכל גוונא כל שעלה למטה מחמתו בזמן שחשש בו חייב לברך אח"כ:

Et entre ce qui n’est pas fixe - mais en tout cas, dès qu’il est monté au lit à cause de cela au temps où il en a craint, il est tenu de bénir ensuite :

(כח) כגון מכה של חלל - או שאר חולי שיש בו סכנה כגון קדחת של כל הגוף (שקורין שוידערין) כמבואר בסימן שכ"ח ועיין בה"ל. וכן נוהגין באשכנז - וכתב המ"א דקצת נוהגין כסברת המחבר וכן דעת הא"ר לדינא וכן כתב במגן גבורים שכל שחלה בכל גופו שכיוצא בזה מחללין עליו את השבת ע"י עו"ג מברך הגומל [והביא כן בשם הרדב"ז] וכעין זה כתב ג"כ הח"א אך שכתב שמ"מ לא יברך אא"כ נפל למטה לא פחות מג' ימים ועיין בה"ל דאם מחלתו הוא דבר שיש בו סכנה אפילו בפחות מג' ימים נמי צריך לברוכי:

Comme une plaie des organes internes - ou toute autre maladie où il y a danger, comme une fièvre de tout le corps (qu’on appelle « shviderin »), comme exposé au siman 328 ; et voir le Biour Halakha. Et ainsi l’usage en Ashkenaz - le Magen Avraham a écrit que quelques-uns usent selon l’avis de l’auteur, et tel est l’avis de l’Elyah Rabba pour la loi, et ainsi a écrit le Magen Guiborim : quiconque a été malade de tout son corps, d’une maladie pour laquelle on profane le Chabbat par un non-Juif, bénit hagomel [et il l’a rapporté au nom du Radvaz]. Approximativement ainsi a aussi écrit le 'Hayé Adam, mais il a écrit que néanmoins il ne bénira que s’il est tombé au lit pas moins de trois jours ; et voir le Biour Halakha : si sa maladie est une chose où il y a danger, même en moins de trois jours il doit aussi bénir :

(כט) אם גנבים באו לו - ר"ל והיה קרוב לסכנה על ידם וכדלעיל בסוף סי' רי"ח:

Si des voleurs sont venus chez lui - c’est-à-dire qu’il était proche du danger par eux, comme plus haut à la fin du siman 218 :

(ל) כולם צריכים וכו' - ואעפ"כ כשיגיע למקום שנעשה בו הנס יברך גם שעשה לי נס במקום הזה ועיין בסימן רי"ח ס"ט שם יש פלוגתא אי יברך שעשה לי נס כשניצול בדרך הטבע [מ"א]:

Tous doivent etc. - et néanmoins, lorsqu’il parvient au lieu où le miracle fut fait, il bénira aussi « qui m’a fait un miracle en cet endroit » ; et voir au siman 218 seif 9, là-bas il y a une contestation s’il bénit « qui m’a fait un miracle » lorsqu’il a été sauvé par la voie naturelle [Magen Avraham] :

(לא) אלא הני ארבעה - משום שמצויים ביותר תקנו עליהם ברכת הגומל משא"כ אינך שאינם שכיחים כלל אין לברך עליהם הגומל אלא בהני דנעשה להם נס יברך שעשה לי נס כשיגיע לאותו מקום. ומי שהלך בדרך אפילו שלא במקום סכנה ובאו עליו לסטים להרגו וניצול לכו"ע מברך ברכת הגומל:

Sinon ces quatre - parce qu’ils sont les plus fréquents, on a institué sur eux la birkat hagomel ; ce qui n’est pas le cas des autres, qui ne sont pas fréquents du tout : on ne bénit pas sur eux hagomel, mais ceux à qui un miracle est arrivé béniront « qui m’a fait un miracle » lorsqu’ils parviennent à cet endroit. Celui qui a marché en chemin, même hors d’un lieu de danger, et sur qui des brigands sont venus pour le tuer, et qui a été sauvé : de l’avis de tous il récite la birkat hagomel :

(לב) בלא הזכרת שם ומלכות - והאחרונים כתבו דהמנהג כסברא ראשונה וכן מסתבר:

Sans mention du Nom et de la Royauté - et les Aharonim ont écrit que l’usage est selon le premier avis, et cela se comprend ainsi :