משנה ברורה

Michna Beroura — siman 221

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Bénédiction d’action de grâce pour les pluies
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Quand bénir à la descente des pluies après l’angoisse de la sécheresse, distinction entre « le Bon et qui fait du bien » et « shehe'heyanou », et le cas de celui qui entend sans voir.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETBénédiction d’action de grâce pour les pluies
À FAIREAprès l’angoisse
S’ils étaient dans l’angoisse de la sécheresse et que la pluie tombe : on bénit. Même dans un pays habitué à la pluie, si elle a été retenue et que le monde s’angoissait.
À FAIREPremière descente
L’expression exclut la pluie du lendemain et des jours suivants. En Terre d’Israël, où la sécheresse est fréquente, il se peut qu’on bénisse déjà la première pluie en son temps. Pri Megadim : années réglées comme il convient → même la première fois, pas forcément.
À FAIREChamp en association
« Le Bon et qui fait du bien » : bien pour lui et pour les autres avec lui. Beaucoup d’Aharonim : femme et enfants comptent aussi comme associés.
À FAIREChamp à lui seul
Shehe’heyanou seulement, pas « le Bon et qui fait du bien ». Associé non-Juif : ce n’est pas un associé pour cela.
OUIVoir le Nil / Kalig
Nil petit puis grand, et il s’en réjouit : shehe’heyanou même sans terre (comme voir un ami). Kalig : s’il n’a vu les eaux que là, shehe’heyanou ; s’il les a déjà vues dans le Nil, non.
NONVoir le Nil chaque jour
Même s’il s’est ajouté ce jour-là : pas de berakha (chaque accroissement antérieur s’annule dans le fleuve).
OUIEntendre que la pluie est tombée
Certains : même sans voir, s’il entend que la pluie est tombée dans son champ après la retenue — association → « le Bon et qui fait du bien » ; champ à lui seul → shehe’heyanou.
NONEntendre sans champ
Pas de berakha du tout, même pas « Modim » (instituée pour qui voit, pas pour qui entend — Maguen Avraham / ‘Hayé Adam). Chitta Mekoubetset : pas de différence voir/entendre. Doute des berakhot : indulgence.
On bénit les pluies quand il y a eu angoisse de sécheresse. Association (même femme et enfants) → « le Bon et qui fait du bien » ; seul → shehe’heyanou. Entendre sans voir : doute, surtout sans champ.

Glossaire

shehe'heyanou
bénédiction « qui nous a fait vivre »
le Bon et qui fait du bien
berakha hatov vehametiv, pour un bien partagé
Kalig
bras ou dérivation du Nil
Modim
formule d’action de grâce « nous Te remercions »
Chitta Mekoubetset
compilation de commentaires talmudiques

(א) אם היו בצער - אפשר דבא"י שמצוי שם יובש גדול וכשבא עת הגשמים והגשם יורד בזמנו כל אחד שמח בו אפילו בסתמא צריך לברך בפעם ראשון כשיורד ונקט לשון זה לאפוקי אם יורד עוד הפעם למחר וליומא אוחרא ומפמ"ג משמע דאפילו בפעם ראשון א"צ לברך כשהשנים מסודרות כתיקונן ועיין בבה"ל:

S’ils étaient dans l’angoisse - il se peut qu’en Terre d’Israël, où une grande sécheresse est fréquente, lorsque vient le temps des pluies et que la pluie tombe en son temps, chacun s’en réjouit, et même dans le cas ordinaire il faut bénir la première fois qu’elle tombe. Il a employé cette expression pour exclure le cas où elle retombe le lendemain et un autre jour. Du Pri Megadim il appert que même la première fois on n’a pas à bénir lorsque les années sont réglées comme il convient ; et voir le Biour Halakha :

(ב) ואינן נעצרין כ"כ - ר"ל ואין להם שמחה בירידת הגשמים ואה"נ אפילו באותן ארצות שרגילין במטר אם נעצרו הגשמים והיה העולם בצער ואח"כ ירדו גשמים שצריך לברך:

Et elles ne sont pas retenues à ce point - c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de joie à la descente des pluies. Et de même, même dans ces pays habitués à la pluie, si les pluies ont été retenues et que le monde était dans l’angoisse, puis que des pluies sont tombées, il faut bénir :

(ג) רוב ההודאות - ר"ל בריבוי ההודאות:

La plupart des actions de grâce - c’est-à-dire par la multiplication des actions de grâce :

(ד) בשותפות וכו' - הטוב והמטיב. שהטיב לו וגם לאחרים עמו דהיינו להשותף ומשמע בהרבה אחרונים דאפילו אם יש לו רק אשה ובנים הם ג"כ בכלל שותפין:

En association etc. - « le Bon et qui fait du bien » : qui lui a fait du bien et aussi aux autres avec lui, c’est-à-dire à l’associé. Il appert chez beaucoup d’Aharonim que même s’il n’a qu’une femme et des enfants, ils sont aussi compris dans les associés :

(ה) ואם אין לו וכו' - הרואה נילוס כשהוא קטן וחוזר ורואהו בזמן שהוא גדול ושמח בראיתו מברך שהחיינו אף דאין לו קרקע כיון דהוא בא מזמן לזמן והוא נהנה ושמח בראיתו לא גרע מאדם הרואה את חבירו ושמח בראיתו דמברך שהחיינו אבל הרואה בכל יום אף דביום זה ניתוסף על שלפניו מ"מ לא יברך דקמא קמא בטיל בהנהר. ואם רואה מים שבכלי"ג [הוא חלק מהנילוס שמתפשט בו ג"כ מגודל הנהר] אם כבר ראה המים במקומו בנילוס אין לו לברך על ראית הכלי"ג אבל אם לא ראה אלא עתה בכלי"ג מברך שהחיינו שרגילין העולם לשמוח גם בו:

Et s’il n’a pas etc. - celui qui voit le Nil lorsqu’il est petit, puis le revoit au temps où il est grand et se réjouit de le voir, bénit shehe'heyanou, même s’il n’a pas de terre, puisqu’il vient de temps en temps et qu’il en jouit et se réjouit de le voir : cela n’est pas moindre que l’homme qui voit son ami et se réjouit de le voir, qui bénit shehe'heyanou. Mais celui qui le voit chaque jour, même si ce jour-là il s’est ajouté à ce qui précède, ne bénira pas, car chaque [accroissement] antérieur s’annule dans le fleuve. S’il voit les eaux du Kalig [c’est une partie du Nil qui s’y étend aussi par la grandeur du fleuve] : s’il a déjà vu les eaux à leur place dans le Nil, il n’a pas à bénir sur la vue du Kalig ; mais s’il n’a vu qu’à présent dans le Kalig, il bénit shehe'heyanou, car les gens ont l’habitude de s’en réjouir aussi :

(ו) מברך שהחיינו - לבד ולא הטוב ומטיב ואפילו יש לו שותף כותי לא מקרי שותף לזה [מ"א ע"ש טעמו]:

Il bénit shehe'heyanou - seulement, et non « le Bon et qui fait du bien » ; et même s’il a un associé non-Juif, cela ne s’appelle pas associé pour cela [Magen Avraham, voir là-bas sa raison] :

(ז) י"א דהשומע שירדו וכו' - ר"ל אף שלא ראה בעצמו רק שמע מאחרים שירדו גשמים בשדה שלו אחר העצירה וכנ"ל ג"כ שייך ברכת הטוב והמטיב והיינו כשהשדה שלו הוא בשותפות וכנ"ל ברואה בעצמו ואם השדה שייך לו לבדו מברך שהחיינו וכנ"ל. ואם אין לו שדה אינו מברך כלל ואפי' ברכת מודים הנ"ל דברכה זו לא נתקנה אלא ברואה בעצמו ולא בשומע [מ"א וח"א] ובשיטה מקובצת מסיק בסוף דבריו דאין חילוק כלל בין רואה לשומע ויכול לברך ברכת מודים אפילו בשומע. ומ"מ נראה דספק ברכות להקל:

Certains disent que celui qui entend que sont tombées etc. - c’est-à-dire même s’il n’a pas vu lui-même, seulement entendu d’autres que des pluies sont tombées dans son champ après la retenue, comme plus haut : la berakha « le Bon et qui fait du bien » convient aussi, c’est-à-dire lorsque son champ est en association, comme plus haut pour celui qui voit lui-même ; et si le champ lui appartient à lui seul, il bénit shehe'heyanou, comme plus haut. S’il n’a pas de champ, il ne bénit pas du tout, même pas la berakha « Modim » susdite, car cette berakha n’a été instituée que pour celui qui voit lui-même et non pour celui qui entend [Magen Avraham et 'Hayé Adam]. Dans le Chitta Mekoubetset, il conclut à la fin de ses propos qu’il n’y a aucune différence entre celui qui voit et celui qui entend, et qu’on peut réciter la berakha « Modim » même en entendant. Néanmoins il semble que le doute des berakhot est pour l’indulgence :