משנה ברורה

Michna Beroura — siman 223

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Celle dont la femme a accouché, celui dont le testateur est mort, qui a bâti une maison neuve et acheté des objets neufs, et ce qu’il bénit
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Berakhot de shehe'heyanou et de « le Bon et qui fait du bien » à la naissance d’un fils ou d’une fille, à un héritage, à la construction d’une maison et à l’achat de vêtements ou d’objets neufs ; distinction selon que le bien est partagé ou non.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETNaissance, deuil et héritage, maison et objets neufs
À FAIRENaissance d’un fils
« Le Bon et qui fait du bien » même sans l’avoir vu, même d’une autre ville, même s’il a déjà des fils ; si pas béni aussitôt, on bénit encore (le bien se poursuit)
À FAIREPremière vue d’une fille
Pas de berakha de naissance sur une fille (même désirée pour « croissez et multipliez ») ; à la première vue : shehe'heyanou
À FAIREDeuil d’abord, puis le bien
« Juge de vérité » d’abord (obligation, Nom et Royauté — l’usage sans Nom n’est pas correct ; certes sur un talmid 'hakham et les proches de deuil), puis shehe'heyanou sur ce qui reste ; s’il y a des frères : « le Bon et qui fait du bien » à la place
À FAIREMaison ou objets pour soi
Shehe'heyanou tout de suite, avant que la joie se retire. Associés ou beit haknesset : le chalia'h tsibbour dit « le Bon et qui fait du bien » à haute voix
À ÉVITERSans joie réelle
Très grand riche qui ne se réjouit pas ; chemise et objets sans importance (même un pauvre, usage) ; argent en cadeau (honte) ; chose à réparer chez l’artisan (attendre l’usage) ; déjà vendus ou fréquentés
OUIMaison brûlée rebâtie ; rangée ajoutée
On bénit. Cadeau d’objets dont on se réjouit : en pratique shehe'heyanou et non « le Bon et qui fait du bien » (Biour Halakha). Orphelins habillés ensemble : « qui habilles les dénudés » et « le Bon et qui fait du bien », pas shehe'heyanou
NONFemme morte en accouchant
Rema, Levouch, 'Hayé Adam, Le'hem 'Hamoudot : pas « le Bon et qui fait du bien ». Taz : si, car elle a laissé un mâle. Mor ouKetsia : cette berakha n’est que sur une jouissance matérielle. Maison démolie puis rebâtie : doute, indulgence. Sefarim : si l’on s’en réjouit, on ne s’oppose pas à qui bénit
REMAFemme morte en couches : le Rema (suivi par Levouch, 'Hayé Adam, Le'hem 'Hamoudot) ne dit pas « le Bon et qui fait du bien »
« Le Bon et qui fait du bien » quand le bien est aussi pour d’autres ; shehe'heyanou quand la joie n’est que pour soi. S’il y a un deuil, « Juge de vérité » passe d’abord. Sans joie du cœur, pas de berakha.

Glossaire

shehe'heyanou
bénédiction « qui nous a fait vivre »
le Bon et qui fait du bien
berakha hatov vehametiv, pour un bien partagé avec autrui
Juge de vérité
berakha Dayan haemet sur un deuil ou une mauvaise nouvelle
talmid 'hakham
lettré, savant de Torah
Nom et Royauté
mention de « ה' notre Dieu, Roi du monde »
Taz
Touré Zahav
Yerouchalmi
Talmud de Jérusalem
Rosh
Rabbenou Asher

(א) ילדה וכו' - ואפילו לא ראה בעצמו רק שמע כשהיה בעיר אחרת וכן במה שמבואר בס"ב:

Elle a accouché etc. - et même s’il n’a pas vu lui-même, seulement entendu alors qu’il était dans une autre ville ; et de même pour ce qui est exposé au seif 2 :

(ב) זכר - מדסתמו הפוסקים משמע דאפילו היו לו כמה זכרים ותאב שיולד לו בת כדי שיקיים מצות פו"ר אפ"ה אם נולד בת אין מברך ע"ז ומ"מ נ"ל פשוט דבפעם ראשון כשרואה אותה מברך ברכת שהחיינו דמי גרע ממי שרואה את חברו לאחר ל' יום ושמח בראייתו דמברך שהחיינו כדלקמן בסימן רכ"ה ס"א:

Un mâle - du fait que les décisionnaires ont parlé sans préciser, il appert que même s’il avait déjà plusieurs mâles et qu’il désirait qu’une fille lui naisse afin d’accomplir la mitsva de « croissez et multipliez », néanmoins si une fille est née il ne bénit pas là-dessus. Néanmoins il me paraît simple que la première fois qu’il la voit, il récite la berakha shehe'heyanou : en quoi cela serait-il moindre que celui qui voit son ami après trente jours et se réjouit de le voir, qui bénit shehe'heyanou, comme plus bas au siman 225 seif 1 :

(ג) מברך הטוב והמטיב - הטוב לו דניחא ליה בזכר וגם טוב לה שגם לה ניחא בבן זכר ואפילו היה להם כבר כמה בנים. ועיין בפמ"ג דאפילו אם לא בירך תיכף כששמע ג"כ יברך לכו"ע דעדיין הטובה נמשכת:

Il bénit « le Bon et qui fait du bien » - « le Bon » pour lui, car un mâle lui agrée, et aussi « qui fait du bien » à elle, car un fils mâle lui agrée aussi ; et même s’ils avaient déjà plusieurs fils. Voir le Pri Megadim : même s’il n’a pas béni aussitôt en l’apprenant, il bénira aussi de l’avis de tous, car le bien se poursuit encore :

(ד) ואם מתה אשתו וכו' - יש אומרים דהמחבר פליג ע"ז וס"ל דאפילו מתה אשתו בלדתה מברך הטוב והמטיב וכזה ס"ל ג"כ הט"ז לדינא וטעמו של הט"ז דמ"מ יש לה טובה שהשאירה זכר בעולם ע"ש אבל במור וקציעה פליג ע"ז דברכת הטוב והמטיב נתקן רק על הנאה גשמיית ולא על הנאה רוחניית לבד וכן בלחם חמודות ולבוש וח"א כולם העתיקו לדינא כהרמ"א:

Et si sa femme est morte etc. - certains disent que l’auteur conteste cela et tient que même si sa femme est morte en accouchant, il bénit « le Bon et qui fait du bien » ; et tel est aussi l’avis du Taz pour la loi, sa raison étant que néanmoins elle a le bien d’avoir laissé un mâle au monde, voir là-bas. Mais dans Mor ouKetsia on conteste cela : la berakha « le Bon et qui fait du bien » n’a été instituée que sur une jouissance matérielle, et non sur une jouissance spirituelle seule. De même le Le'hem 'Hamoudot, le Levouch et le 'Hayé Adam ont tous recopié pour la loi comme le Rema :

(ה) בלידתה - מלשון זה משמע לכאורה דאם מתה איזה שעות אחר לידתה מברך הטוב והמטיב דמכל מקום ניחא היה לה מקודם שמתה ועיין בבה"ל:

En son accouchement - de cette expression il appert de prime abord que si elle est morte quelques heures après l’accouchement, il bénit « le Bon et qui fait du bien », car néanmoins cela lui agrée avant qu’elle meure ; et voir le Biour Halakha :

(ו) מברך שהחיינו - על לידת הבן אלא שמתחלה צריך להקדים לברך דיין האמת על מיתתה דברכת דיין האמת היא חובה כדלעיל בסימן רכ"ב ס"ג וברכה זו דשהחיינו י"א שאינה אלא רשות וכדלקמיה:

Il bénit shehe'heyanou - sur la naissance du fils ; seulement il doit d’abord faire précéder « Juge de vérité » sur sa mort, car la berakha « Juge de vérité » est une obligation, comme plus haut au siman 222 seif 3, et cette berakha de shehe'heyanou, certains disent qu’elle n’est que permission, comme plus bas :

(ז) בברכה זו - פי' בברכת שהחיינו מפני שהיא רק רשות [שעיקר ברכת שהחיינו נתקן על דבר הבא מזמן לזמן כמועדים וכדומה] ומזה נתפשט שרבים מקילים בכל הברכות כיוצא באלו אבל אינו נכון דמאי דאיתמר בגמרא שהיא רשות איתמר:

Dans cette berakha - c’est-à-dire dans la berakha shehe'heyanou, parce qu’elle n’est que permission [l’essentiel de shehe'heyanou a été institué sur une chose qui vient de temps en temps, comme les fêtes et analogues]. De là s’est répandu que beaucoup se montrent indulgents dans toutes les berakhot de ce genre ; mais ce n’est pas correct, car ce qui a été dit dans le Talmud qu’elle est permission, c’est cela qui a été dit :

(ח) מת אביו - וה"ה שאר אדם כשר שאדם מצטער עליו דהוא בכלל שמועות רעות מיהו העולם נוהגין לברך בלא שם ומלכות ואינו נכון ועכ"פ על ת"ח שמת שצריך בודאי להתאונן ולהתמרמר ע"ז וכן על קרוביו שחייב להתאבל עליהם ודאי יזכור הברכה בשם ומלכות:

Son père est mort - et de même tout autre homme probe dont l’homme s’afflige, car il est compris dans les mauvaises nouvelles. Toutefois le monde a l’usage de bénir sans Nom ni Royauté, et ce n’est pas correct. En tout cas, sur un talmid 'hakham qui est mort, dont on doit certainement se lamenter et s’aigrir, et de même sur ses proches pour lesquels on est tenu de mener le deuil, on mentionnera certainement la berakha avec Nom et Royauté :

(ט) ג"כ שהחיינו - היינו מתחלה דיין האמת כנ"ל באות ו' ואח"כ שהחיינו על הנכסים שנשארו לו מאתו [רמב"ם] ואף דיותר היה מתרצה שלא ימות אביו ולא יירשנו מ"מ יכול לברך שהחיינו דאין ברכה זו תלויה בשמחה אלא בדבר שמגיע לו תועלת ממנו ואע"פ שמתערב עמה צער ואנחה [ת' הרשב"א סי' רמ"ה]:

Aussi shehe'heyanou - c’est-à-dire d’abord « Juge de vérité » comme plus haut à la lettre 6, puis shehe'heyanou sur les biens qui lui restent de lui [Rambam]. Et bien qu’il eût mieux préféré que son père ne meure pas et de ne pas l’hériter, néanmoins il peut bénir shehe'heyanou, car cette berakha ne dépend pas de la joie mais d’une chose dont un profit lui parvient, même si de la peine et un soupir s’y mêlent [responsum du Rashba siman 245] :

(י) במקום שהחיינו - ר"ל ששוב לא יברך שהחיינו כיון שיש בזה טובה גם לאחיו ויוכל לברך ברכת טוב ומטיב. א"ל שמתה אשתו והניחה ממון מברך דיין האמת על מיתתה ושהחיינו על ירושתה:

À la place de shehe'heyanou - c’est-à-dire qu’il ne bénira plus shehe'heyanou, puisqu’il y a en cela un bien aussi pour ses frères, et qu’il peut réciter la berakha « le Bon et qui fait du bien ». On lui a dit que sa femme est morte et a laissé de l’argent : il bénit « Juge de vérité » sur sa mort et shehe'heyanou sur son héritage :

(יא) בנה וכו' - וה"ה אם קנה בית ודוקא כשבנה או קנה לעצמו אבל אם יש לו שותפות בגוה כ"א מהשותפים מברך הטוב והמטיב [גמרא] וע"כ קהל שבנו או קנו בהכ"נ יעמוד ש"ץ ויברך בקול רם הטוב והמטיב להוציא את כולם:

Il a bâti etc. - et de même s’il a acheté une maison ; et uniquement s’il a bâti ou acheté pour lui-même. Mais s’il a une association dedans, chacun des associés bénit « le Bon et qui fait du bien » [Talmud]. C’est pourquoi une communauté qui a bâti ou acheté un beit haknesset : le chalia'h tsibbour se tiendra et bénira à haute voix « le Bon et qui fait du bien » pour acquitter tous :

(יב) בית חדש - ה"ה אם נשרף וחזר ובנאו אבל אם סתרו וחזר ובנאו יש דעות באחרונים בזה וספיקו להקל. ואם הוסיף בו איזה שורה בגובה לכו"ע יש לברך:

Une maison neuve - de même si elle a brûlé et qu’il l’a rebâtie ; mais s’il l’a démolie et l’a rebâtie, il y a des avis parmi les Aharonim, et le doute est pour l’indulgence. S’il y a ajouté quelque rangée en hauteur, de l’avis de tous il y a lieu de bénir :

(יג) כלים חדשים - בין מלבושים ובין כלי תשמיש ושתיה ואכילה וכיו"ב אם הם דברים שלב האדם שמח בהם עני בראוי לו ועשיר בראוי לו ועיין בסעיף וי"ו אכן אם הוא עשיר גדול שאפילו כלים יקרים וחשובים אין נחשבים לו ואין שמח בהן לא יברך. ובקניית ספרים יש דעות בין האחרונים אם יברך עליהם משום דמצות לאו ליהנות ניתנו ובח"א מצדד דאם היה מהדר אחר זה הספר ושמח בקנייתו דמברך שהרי ברכה זו נתקנה על השמחה ולא על התשמיש וכדלקמיה בס"ד וכ"כ במור וקציעה וע"כ אין למחות ביד המברך:

Des objets neufs - vêtements aussi bien qu’ustensiles d’usage, de boisson et de nourriture et analogues, s’ils sont des choses dont le cœur de l’homme se réjouit : le pauvre selon ce qui lui convient et le riche selon ce qui lui convient ; et voir au seif 6. Toutefois si c’est un très grand riche, pour qui même des objets précieux et importants ne comptent pas et dont il ne se réjouit pas, il ne bénira pas. Pour l’achat de sefarim, il y a des avis parmi les Aharonim s’il bénit dessus, parce que les mitsvot n’ont pas été données pour en jouir ; et le 'Hayé Adam incline : s’il recherchait ce sefer et se réjouit de son achat, il bénit, car cette berakha a été instituée sur la joie et non sur l’usage, comme plus bas au seif 4 ; ainsi a aussi écrit Mor ouKetsia. C’est pourquoi on ne s’opposera pas à celui qui bénit :

(יד) היה לו וכו' - מירושת אבותיו דמ"מ כלי זה חדש הוא לענין קניה וכתב עוד דאפילו קנה וחזר וקנה דבזה אף לענין קניה לאו חדש הוא שהרי יש לו כלים כאלו קנויות מכבר אפ"ה כלי זו חדשה היא אצלו:

Il en avait etc. - de l’héritage de ses pères ; néanmoins cet objet est neuf quant à l’acquisition. Il a encore écrit : même s’il a acheté puis racheté — auquel cas même quant à l’acquisition ce n’est pas neuf, puisqu’il a déjà de tels objets acquis auparavant —, néanmoins cet objet-ci est neuf chez lui :

(טו) שהחיינו - ויזהר לברך תיכף קודם שיתרגל ויסתלק השמחה ממנו:

Shehe'heyanou - et il prendra garde de bénir aussitôt, avant de s’y habituer et que la joie se retire de lui :

(טז) לאפוקי אם מכרן וכו' - ואפילו אם הם חדשים שלא נשתמש בהם עדיין מ"מ כיון שכבר דש בהן לית בהן שמחה:

Pour exclure s’il les a vendus etc. - et même s’ils sont neufs et qu’il ne s’en est pas encore servi, néanmoins puisqu’il les a déjà fréquentés, il n’y a plus de joie en eux :

(יז) בשעת הקנין וכו' - ודוקא אם קנה בגד שראוי ללובשו תיכף אבל אם קנה שום דבר שאינו ראוי ללובשו או להשתמש בו כמו שהוא רק שצריך ליתן לאומן לתקן לא יברך שהחיינו עד שעה שילבש הבגד או ישתמש בהכלי:

Au moment de l’acquisition etc. - et uniquement s’il a acheté un vêtement propre à le porter aussitôt ; mais s’il a acheté quelque chose qui n’est pas propre à le porter ou à s’en servir tel quel, et qu’il faut le donner à l’artisan pour le réparer, il ne bénira shehe'heyanou que l’heure où il portera le vêtement ou se servira de l’objet :

(יח) מלביש ערומים - היינו קודם שהחיינו. אכן אם לובש הבגד שחרית יכול לצאת בברכת מלביש ערומים שמברך בברכת השחר [אחרונים]:

Qui habilles les dénudés - c’est-à-dire avant shehe'heyanou. Toutefois s’il porte le vêtement le matin, il peut s’acquitter par la berakha « qui habilles les dénudés » qu’il récite dans les bénédictions du matin [Aharonim] :

(יט) הוא ובני ביתו - אבל אם קנה כלים לו וכלים לב"ב מברך על שלו שהחיינו ועל של ב"ב מברך הטוב והמטיב דטוב הוא לדידיה שזכה שיהיו ב"ב מלובשים במלבושי כבוד והמטיב לאחריני הם ב"ב שנהנין בטובה זו ודוקא אם קנה בשביל אשתו וזרעו אבל אם קנה בשביל עבדו ושפחתו לא מקרי טוב לדידיה דהוי כאלו מכר להם בשכרן שמגיע להם אם לא שגם הוא משתמש בהכלים האלו:

Lui et les gens de sa maison - mais s’il a acheté des objets pour lui et des objets pour les gens de sa maison, il bénit sur les siens shehe'heyanou et sur ceux des gens de sa maison « le Bon et qui fait du bien » : c’est un bien pour lui d’avoir mérité que les gens de sa maison soient vêtus d’habits d’honneur, et « qui fait du bien » aux autres, ce sont les gens de sa maison qui jouissent de ce bien. Et uniquement s’il a acheté pour sa femme et sa descendance ; mais s’il a acheté pour son esclave et sa servante, cela ne s’appelle pas un bien pour lui, car c’est comme s’il leur avait vendu pour le salaire qui leur revient — sauf s’il se sert aussi de ces objets :

(כ) במתנה - היינו דוקא כלים או בגדים שהמקבל משמח בזה אבל לא מעות שעי"ז מתבייש יותר ולא יוכל ע"ז לברך:

En cadeau - c’est-à-dire uniquement des objets ou des vêtements dont le receveur se réjouit ; mais non de l’argent, par quoi il a davantage honte et ne pourra pas bénir là-dessus :

(כא) לו ולנותן - שאם המקבל עני הוא טובה לנותן שזיכהו הש"י לעשות צדקה ואם המקבל עשיר שמח הנותן שמקבל ממנו והוי טובה גם לנותן [הרא"ש בביאור דברי הירושלמי]. והנה יש מאחרונים שחולקים על פסק זה וס"ל דלפי מסקנת גמרא דידן לא נתקנה ברכה זו כ"א בדאית להו לאחריני ג"כ טובה גשמיית ולפ"ז כשניתן לו כלים במתנה צריך המקבל לברך ברכת שהחיינו ולא ברכת הטוב ויש דנקטי לדינא כפסק השו"ע ויברך ברכת הטוב ולא שהחיינו ולמעשה נראה דטוב יותר לנהוג בזה לברך ברכת שהחיינו ולא ברכת הטוב כאשר ביררנו בבה"ל ומ"מ במקום שנוהגין שעושין הלבשה לנערים יתומים כ"א מהיתומים יברך מלביש ערומים וברכת הטוב והמטיב דהא איכא בזה טובה עוד לכמה נערים וברכת שהחיינו לא יברכו דבמקום שמברכין ברכת הטוב ס"ל לרוב הפוסקים דאין מברכין שהחיינו:

Pour lui et pour le donateur - car si le receveur est pauvre, c’est un bien pour le donateur que ה' l’ait fait mériter de faire la tsedaka ; et si le receveur est riche, le donateur se réjouit qu’il reçoive de lui, et c’est aussi un bien pour le donateur [le Rosh en expliquant les propos du Yerouchalmi]. Or certains Aharonim contestent cette décision et tiennent que, selon la conclusion de notre Talmud, cette berakha n’a été instituée que lorsqu’il y a aussi pour les autres un bien matériel ; d’après cela, lorsqu’on lui a donné des objets en cadeau, le receveur doit réciter shehe'heyanou et non « le Bon et qui fait du bien ». Certains tiennent pour la loi comme la décision du Choulhan Aroukh et béniront « le Bon et qui fait du bien » et non shehe'heyanou. En pratique, il semble meilleur d’user en cela de réciter shehe'heyanou et non « le Bon et qui fait du bien », comme nous l’avons clarifié dans le Biour Halakha. Néanmoins, là où l’usage est de faire habiller des jeunes orphelins, chacun des orphelins bénira « qui habilles les dénudés » et « le Bon et qui fait du bien », car il y a en cela un bien encore pour plusieurs jeunes, et ils ne réciteront pas shehe'heyanou, car là où l’on bénit « le Bon et qui fait du bien », la plupart des décisionnaires tiennent qu’on ne bénit pas shehe'heyanou :

(כב) כגון חלוק וכו' - וה"ה שאר כלים שאין חשובים ואין דרך לשמוח בהם:

Comme une chemise etc. - et de même les autres objets qui ne sont pas importants et dont on n’a pas l’habitude de se réjouir :

(כג) וי"א דאפילו עני וכו' - ס"ל דדוקא בגד צמר וכדומה דבר שיש בהם חשיבות קצת דמי לדבר הבא מזמן לזמן דסתם ב"א מתחדשים להם לפרקים מועטים ושייך ע"ז שהחיינו משא"כ אלו שרגילים תמיד להתחדש לסתם ב"א ואין שייך ע"ז לברך שהחיינו לזמן הזה:

Et certains disent que même un pauvre etc. - ils tiennent que c’est uniquement un vêtement de laine et analogue, chose qui a quelque importance, semblable à une chose qui vient de temps en temps, car les gens ordinaires s’en renouvellent à de rares intervalles, et shehe'heyanou y convient ; ce qui n’est pas le cas de ceux-ci, que les gens ordinaires ont l’habitude de renouveler toujours, et il n’y a pas lieu de bénir shehe'heyanou à cette époque :

(כד) וכן נוהגין - עיין במ"א וביאור הגר"א שהרדב"ז מכריע לעני לברך ועיין בפמ"ג ובדה"ח שפסקו דלמעשה יש לנהוג דאפילו עני לא יברך על כלים שאינם חשובים כאלו:

Et ainsi l’usage - voir le Magen Avraham et le commentaire du Gra : le Radvaz tranche pour le pauvre de bénir ; et voir le Pri Megadim et Derekh ha'Hayim qui ont décidé qu’en pratique il faut user que même un pauvre ne bénira pas sur des objets qui ne sont pas importants comme ceux-ci :

(כה) בהמה - אפי' טמאה ואפי' הוא ממין אחר רק שתפור תחתיו מעורות בהמה:

Une bête - même impure, et même s’il s’agit d’une autre espèce, dès lors qu’est cousu dessous des peaux de bête :