משנה ברורה

Michna Beroura — siman 230

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi de quelques bénédictions particulières
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne prie pas sur le passé déjà fixé ; prières d’entrée et de sortie d’une grande ville ; bénédiction sur le tas de grain avant de le mesurer ; usages tombés du bain et de la saignée ; « Médecin des malades » et réponse à un éternuement.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETQuelques bénédictions particulières : passé déjà fixé, grande ville, tas de grain, bain, saignée et éternuement
À ÉVITERPrier sur un passé fixé
Après quarante jours de grossesse, la forme de l’enfant est déjà dessinée.
À FAIREPrière encore utile
Dans les quarante jours, la prière est efficace. Après quarante jours : on peut encore prier pour une descendance viable, occupée des commandements et de bonnes actions.
À FAIREGrande ville
Prières d’entrée et de sortie (préposés méchants qui cherchent des prétextes). Qui y a passé la nuit : au matin, joindre l’action de grâces pour la sortie et la prière du chemin en une seule, avec conclusion, dite aussitôt à la sortie.
NONPetite ville
Ni prière d’entrée ni de sortie ; seulement la prière du chemin une fois engagé en route (siman 110). S’il traverse ensuite une grande ville : en sortant, seulement « nous Te remercions… » jusqu’à la fin, sans conclusion.
À FAIRETas de grain avant de mesurer
« Béni soit Celui qui envoie la bénédiction ». Eliya Rabba : sans mention du Nom. Avec Nom seulement si l’on mesure pour prélever la dîme (promesse « jusqu’à plus qu’il n’en faut »).
NONPrière du bain
Usage tombé : autrefois fosse de feu sous le plancher (risque d’effondrement) ; aujourd’hui le four est dans un angle, pas de ce danger.
À FAIRESaignée et tout acte de médecine
Dire la prière : nulle chose n’est une guérison sinon par le Créateur ; y placer sa confiance. Après : « Béni soit le Médecin des malades » — Beit Yossef et Taz avec Nom et Royauté ; Pri Megadim n’a pas vu que l’on en use ainsi.
À FAIREÉternuement
L’ami dit « santé » ; répondre « sois béni », puis « J’ai espéré Ton salut, ה' » (Jacob a demandé miséricorde : autrefois l’homme éternuait au marché et mourait).
On ne prie pas pour changer ce qui est déjà fixé. Grande ville : entrée, sortie et chemin joints si l’on y a dormi ; petite ville : seulement la prière du chemin. Bain tombé ; médecine et éternuement demeurent.

Glossaire

prière vaine
prière sur un passé déjà fixé, qui ne peut plus changer
grande ville
kerakh : ville fortifiée où siègent des préposés redoutables
prière du chemin
Tefilat haderekh, instituée pour le danger des routes
chose dérobée à l’œil
denrée non encore mesurée, sur laquelle la bénédiction peut encore se poser

(א) אחר מ"ם יום לעיבורה - שכבר נצטייר צורת הולד אבל תוך מ"ם יום מועיל תפלה. ואפילו אחר מ"ם יום יוכל להתפלל שיהיה הולד זרע קיימא ויהיה עוסק במצות ומע"ט:

Après quarante jours de sa grossesse - car la forme de l’enfant s’est déjà dessinée ; mais dans les quarante jours, la prière est efficace. Et même après quarante jours, on peut prier pour que l’enfant soit une descendance viable, s’occupe des commandements et de bonnes actions.

(ב) לכרך - דוקא לכרך דשם מצויים ממונים רעים ומחפשים עלילות אבל לעיר קטנה א"צ לומר כשנכנס לה ולא אח"כ כשיצא ממנה אלא אח"כ כשמחזיק בדרך אומר תפלת הדרך משום סכנת דרכים וכמבואר לעיל בסימן ק"י:

Dans une grande ville - seulement une grande ville, car là se trouvent des préposés méchants qui cherchent des prétextes ; mais pour une petite ville, on n’a pas à dire cela en y entrant, ni ensuite en en sortant ; seulement ensuite, lorsqu’on s’engage en chemin, on dit la prière du chemin à cause du danger des routes, comme exposé plus haut au siman 110.

(ג) וזו היא תפלת הדרך וכו' - לכאורה הלא בסימן ק"י מבואר דכשיוצא לדרך אומר תפלת הדרך לבד בלא הודאה על שעבר וגם אינו אומר אותה רק כשהחזיק בדרך ומהו זה שכולל הכא תה"ד בהודאה שנותן על העבר וגם משמע שאומר אותה תיכף ביציאתו מן העיר י"ל דהתם מיירי ביוצא מעיר קטנה שאין שם מורא כלל לצאת מן העיר וצ"ל תה"ד רק משום מורא הדרך ולכך אין לומר אותה רק כשהחזיק בדרך וכמ"ש בס"ק ב' ואפילו אם נזדמן אח"כ בדרך נסיעתו שנוסע דרך כרך אין לומר כשיוצא ממנה רק ההודאה מודים וכו' עד לבסוף בלא חתימה כיון שאמר תה"ד בתחלת נסיעתו והכא מיירי בנכנס לכרך ולן שם בענין שצ"ל תה"ד שנית בבוקר בשביל הדרך שרוצה לנסוע ומלבד זה הלא צריך ליתן הודאה ג"כ על יציאת הכרך בזה אמר שיעשה משניהם אחד ויחתום בה ומיגו דצ"ל ההודאה תיכף כשיוצא מן העיר אומר אז ג"כ תה"ד שכולל בה:

Et c’est la prière du chemin, etc. - de prime abord, n’est-il pas exposé au siman 110 que lorsqu’on part en chemin on dit seulement la prière du chemin, sans action de grâces sur le passé, et qu’on ne la dit que lorsqu’on s’est engagé en chemin ? Qu’est-ce donc que d’inclure ici la prière du chemin dans l’action de grâces qu’on rend sur le passé, et il ressort qu’on la dit aussitôt à la sortie de la ville ? On peut dire que là-bas il s’agit de celui qui sort d’une petite ville, où il n’y a aucune crainte à sortir de la ville, et qu’il faut dire la prière du chemin seulement à cause de la crainte de la route ; c’est pourquoi on ne la dit que lorsqu’on s’est engagé en chemin, comme écrit au seif katan 2. Et même si, ensuite sur sa route, il passe par une grande ville, on ne dira en en sortant que l’action de grâces « nous Te remercions, etc. » jusqu’à la fin, sans conclusion, puisqu’il a dit la prière du chemin au début de son voyage. Ici, il s’agit de celui qui est entré dans une grande ville et y a passé la nuit, de sorte qu’il doit dire la prière du chemin une seconde fois le matin pour la route qu’il veut faire ; et outre cela, il doit aussi rendre grâces pour la sortie de la grande ville : c’est pourquoi il a dit d’en faire une seule et de conclure par elle. Et du moment qu’il faut dire l’action de grâces aussitôt en sortant de la ville, il dit alors aussi la prière du chemin qu’il y inclut.

(ד) ברוך השולח ברכה וכו' - וכתב הא"ר דיאמר בלא הזכרת השם דדוקא במודד כדי לעשר מצינו שהבטיח הקב"ה ברכה עד בלי די כמה דכתיב הביאו את כל המעשר וגו' ובחנוני נא בזאת וגו' והריקותי לכם ברכה עד בלי די:

« Béni soit Celui qui envoie la bénédiction », etc. - et l’Eliya Rabba a écrit qu’on le dira sans mention du Nom : seulement lorsqu’on mesure afin de prélever la dîme, nous trouvons que le Saint, béni soit-Il, a promis une bénédiction jusqu’à plus qu’il n’en faut, comme il est écrit : « Apportez toute la dîme, etc., et éprouvez-Moi donc par ceci, etc., et Je verserai pour vous la bénédiction jusqu’à plus qu’il n’en faut ».

(ה) הנכנס למרחץ וכו' - ועכשיו לא נהגו בתפלה זו והטעם דלא ניתקן אלא בימיהם שהיו מסיקין האש מלמטה בחפירה ורוחצים באמבטי מלמעלה ע"ג תקרה שע"ג ויש חשש פן תפחת ויפלו לתוכה אבל בזה"ז עומד התנור בזוית וליכא סכנה [אחרונים]:

Celui qui entre au bain, etc. - et aujourd’hui on n’a pas l’usage de cette prière. La raison : elle n’a été instituée qu’en leurs jours, où l’on allumait le feu par en bas dans une fosse et où l’on se lavait dans la baignoire par-dessus, sur un plancher au-dessus, avec le risque que celui-ci s’effondre et qu’on tombe dedans ; mais de nos jours le four est dans un angle et il n’y a pas de danger (Aharonim).

(ו) להקיז דם - וה"ה בכל מידי דרפואה יאמר זה ולא יחשוב שתהיה איזה דבר לו רפואה אלא ע"י הבורא ית"ש ולכן ע"י תפלה זו ישים בטחונו בו ויבקש ממנו שתהיה לו לרפואה:

Pour se faire tirer du sang - et il en est de même pour tout acte de médecine : on dira cela, et l’on ne pensera pas qu’une chose quelconque lui soit une guérison sinon par le Créateur, béni soit Son Nom ; c’est pourquoi, par cette prière, il placera en Lui sa confiance et Lui demandera que cela lui soit une guérison.

(ז) ברוך רופא חולים - וצריך לומר בשם ומלכות [ב"י וט"ז] אבל לא ראיתי נוהגין כן [פמ"ג]. מי שמתעטש וחבירו אומר לו אסותא יאמר לו ברוך תהיה ואח"כ יאמר לישועתך קויתי ה' [דארז"ל דמתחלה לא היה אדם חולה כלל אלא היה הולך בשוק ומתעטש ומת עד שבא יעקב אבינו וביקש רחמים על הדבר]:

« Béni soit le Médecin des malades » - et il faut le dire avec Nom et Royauté (Beit Yossef et Taz) ; mais je n’ai pas vu que l’on en use ainsi (Pri Megadim). Celui qui éternue et à qui son ami dit « santé » lui dira « sois béni », puis dira : « J’ai espéré Ton salut, ה' » (car nos Sages ont dit qu’au début l’homme n’était pas malade du tout : il allait au marché, éternuait et mourait, jusqu’à ce que Jacob notre père demandât miséricorde à ce sujet).