Le Chema du soir se lit à partir de la sortie des étoiles (trois petites étoiles). On n'entame pas de repas ni de travaux absorbants auparavant. A priori, on le lit avant minuit ; après coup, jusqu'à l'aube. Cas du tsibbour qui prie avant la nuit, de l'oubli, de l'ivresse et du Chema après l'aube.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) בלילה משעת וכו' - דכתיב ובשכבך וקודם לילה לאו זמן שכיבה הוא ולילה מקרי משנראו ברקיע ג' כוכבים בינונים אך מפני שאין הכל בקיאין ויבואו לטעות בגדולים [וגדולים בודאי אינן סימן ללילה שכמה פעמים נראין אפילו ביום] החמירו גבי ק"ש דאינו קורא עד שיראו ג' קטנים:
La nuit, à partir de l'heure... - Car il est écrit « et quand tu te couches » : avant la nuit, ce n'est pas le temps du coucher. On appelle nuit le moment où apparaissent au firmament trois étoiles moyennes. Mais comme tout le monde n'est pas expert et que l'on risquerait de se tromper en prenant de grandes étoiles — or les grandes ne sont certainement pas un signe de nuit, car elles apparaissent souvent même de jour —, on a été plus strict pour le Chema : on ne le lit que lorsqu'apparaissent trois petites étoiles.
(ב) שלשה כוכבים - ואפי' מפוזרים:
Trois étoiles - Même éparpillées.
(ג) ימתין וכו' - דספק דאורייתא הוא [הגר"א]:
Il attendra... - Car c'est un doute de Torah [le Gaon de Vilna].
(ד) מלבו - ואם הוא יודע מתי שקעה החמה ימתין כשיעור ד' מילין שהוא ע"ב מינוט ועיין לקמן סימן רצ"ג ס"ב במ"ב ובה"ל דכל הענין דשם שייך גם לכאן:
De son esprit - S'il sait à quelle heure le soleil s'est couché, il attendra le temps de quatre milles, soit soixante-douze minutes. Voir plus loin siman 293 seif 2 dans le MB et le Biour Halakha : tout ce qui y est exposé s'applique aussi ici.
(ה) קודם לכן - ר"ל קודם צה"כ או ביום המעונן קודם שיצא הספק מלבו:
Auparavant - C'est-à-dire avant la sortie des étoiles, ou, par jour couvert, avant que le doute ait quitté son esprit.
(ו) חוזר וקורא אותה - עיין במאמר מרדכי ובנהר שלום שכתבו דמעיקר הדין הוא ולא משום חומרא וכן דעת הגר"א סק"א:
Il la relit - Voir le Maamar Mordekhaï et le Nahar Chalom, qui écrivent que c'est le fond du din, et non une simple rigueur. Tel est aussi l'avis du Gaon de Vilna, seif katan 1.
(ז) בלא ברכות - דהא כבר בירך אותם ואע"ג דלא יצא בק"ש שקרא קודם הזמן אעפ"כ לא הוי הברכות לבטלה דאע"ג דמסמכינן להן לק"ש מ"מ עיקרן לא נתקנו דוקא לק"ש ולפיכך בדיעבד שקראן קודם לזמן של ק"ש יצא:
Sans les berakhot - Car il les a déjà récitées. Bien qu'il ne se soit pas acquitté du Chema lu avant l'heure, les berakhot ne sont pas vaines : même si on les rattache au Chema, elles n'ont pas été instituées exclusivement pour lui. Aussi, après coup (bediavad), s'il les a lues avant l'heure du Chema, il s'en est acquitté.
(ח) ואם הצבור וכו' - והיו עושין כן מפני הדחק שכמה פעמים אלו היו ממתינין בתפלת ערבית עד צה"כ היה כ"א הולך לביתו ולא היו מתפללין בצבור שטורח להם להתאסף עוד וגם איכא עמי הארץ טובא דאי לא יתפללו בצבור לא היו מתפללין כלל וע"כ סומכין עצמן על דעת ר' יהודה שס"ל דמפלג המנחה ולמעלה נחשב ערבית להתפלל תפלת ערבית וכדאיתא לעיל סימן רל"ג דשרי לעשות כן בשעת הדחק וכיון שנחשב לענין תפלה ללילה היה מנהגם שהיו קורין אז ג"כ ק"ש אף שהוא דלא כהלכתא לרוב הפוסקים:
Et si le tsibbour... - On faisait ainsi par contrainte de temps : souvent, s'ils avaient attendu la tefila d'Arvith jusqu'à la sortie des étoiles, chacun rentrait chez soi et l'on ne priait plus en tsibbour, car il est pénible de se rassembler de nouveau ; de plus, il y a beaucoup d'ignorants qui, s'ils ne priaient pas en tsibbour, ne prieraient pas du tout. On s'appuie donc sur l'avis de Rabbi Yehouda, selon lequel à partir du plagué ha-min'ha ce moment compte déjà comme Arvith pour prier Arvith, comme ci-dessus siman 233 : cela est permis en cas de contrainte. Et puisqu'on le considère comme nuit pour la tefila, l'usage était de lire alors aussi le Chema, bien que ce ne soit pas conforme à la halakha selon la plupart des décisionnaires.
(ט) יקרא עמהם ק"ש - ולא יכוין אז לצאת ידי חובת ק"ש כ"א בקריאה שניה שקורא אח"כ בזמנה:
Il lira le Chema avec eux - Sans avoir alors l'intention de s'acquitter de l'obligation du Chema, mais seulement par la seconde lecture qu'il fera ensuite à l'heure.
(י) וברכותיה ויתפלל עמהם - כדי לסמוך גאולה לתפלה וגם להתפלל עם הצבור:
Avec ses berakhot, et il priera avec eux - Afin de joindre la délivrance à la tefila, et aussi pour prier avec le tsibbour.
(יא) וכשיגיע זמן קורא וכו' - ודי שיקרא שתי פרשיות הראשונות כיון שהזכיר יציאת מצרים בבהכ"נ דנהי דלענין ק"ש לא יצא בזה הזמן משום דאכתי לאו זמן שכיבה הוא לענין יציאת מצרים שאנו מחוייבין להזכיר בלילה יוצא בזה הזמן [מ"א בשם תר"י] אבל בשאגת אריה האריך ומסיק דירא שמים יש לו ליזהר לקרות כל השלש פרשיות של ק"ש אחר צאת הכוכבים:
Et quand l'heure arrive, il lit... - Il suffit de lire les deux premières parashiot, puisqu'il a déjà mentionné la sortie d'Égypte à la synagogue. Car même s'il ne s'est pas acquitté du Chema à cette heure — ce n'est pas encore le temps du coucher —, pour l'obligation de mentionner la sortie d'Égypte la nuit, il s'en acquitte dès ce moment [Maguen Avraham au nom des Tossafot Rid]. Mais le Chaagat Aryé s'étend sur le sujet et conclut qu'un craignant-Dieu veillera à lire les trois parashiot du Chema après la sortie des étoiles.
(יב) קריאת שמע בלא ברכות - ואין כדאי לסמוך על הקריאה שקורא על מטתו אפילו אם מנהגו לקרות כל הג' פרשיות דהא צריך לכוין לצאת ידי מ"ע של ק"ש כדלעיל בסימן סמ"ך וק"ש שעל מטתו אין אנו מכונים לשם מצוה כ"א להבריח המזיקין ועוד שאפילו אם נימא דאין צריך כונה לצאת המ"ע צריך עכ"פ כונת הלב לקבל עליו עול מלכות שמים במורא ובאותה שעל מטתו אין מכוין לזה. והנה בזמנינו נהגו רוב העולם לקרות ק"ש ולהתפלל אחר צאת הכוכבים כדין מיהו באיזה מקומות בבתי כנסיות יש עדיין מנהג הישן שמתפללין תיכף אחר מנחה אף שהוא מבע"י קצת והמתפלל במקומות האלו יראה לחזור ולקרות ק"ש כשיגיע הזמן. ולפחות יראה לקרות כל הפרשיות על מטתו כדין ויכוין לצאת בזה המ"ע של ק"ש ובאיזה מקומות יש מנהג שהותיקין אינן קוראין ק"ש עם הצבור אלא שותקין עד שמ"ע ומתפללין עמהם וממתינין אחר התפלה עד צה"כ וקורין ק"ש וברכותיה ואין חוששין לסמיכת גאולה לתפלה וגם מנהג זה נזכר בדברי הקדמונים עיין בב"י ועיין מה שכתבנו לעיל בסימן רל"ג ס"א במ"ב ואשרי המתפלל מעריב בזמנו בצבור ועיין מה שכתבנו בבה"ל בשם המעשה רב:
Le Chema sans les berakhot - Il n'est pas bon de s'appuyer sur la lecture que l'on fait sur son lit, même si l'on a l'habitude de lire les trois parashiot : il faut en effet avoir l'intention de s'acquitter du commandement positif du Chema, comme ci-dessus siman 60, or le Chema du coucher n'est pas lu dans l'intention d'accomplir la mitsva, mais seulement pour éloigner les démons. De plus, même si l'on disait qu'il n'est pas besoin d'intention pour s'acquitter du commandement, il faut au moins l'intention du cœur d'accepter le joug de la royauté des Cieux dans la crainte, ce que l'on n'a pas dans celle du coucher. De nos jours, la plupart du monde a l'usage de lire le Chema et de prier après la sortie des étoiles, conformément au din. Toutefois, en certains lieux, dans les synagogues, subsiste encore l'ancien usage de prier tout de suite après min'ha, alors qu'il fait encore un peu jour ; celui qui prie en ces lieux veillera à relire le Chema quand l'heure arrivera. À tout le moins, qu'il lise toutes les parashiot sur son lit selon le din, en ayant l'intention de s'acquitter par là du commandement positif du Chema. En certains lieux, l'usage des vatiqin est de ne pas lire le Chema avec le tsibbour : ils se taisent jusqu'à l'amida, prient avec eux, attendent après la tefila jusqu'à la sortie des étoiles, puis lisent le Chema et ses berakhot, sans se soucier de joindre la délivrance à la tefila. Cet usage aussi est mentionné chez les Anciens ; voir le Beit Yossef, et voir ce que nous avons écrit ci-dessus siman 233 seif 1 dans le MB. Heureux celui qui prie Arvith à son heure en tsibbour ; voir ce que nous avons écrit dans le Biour Halakha au nom du Maassé Rav.
(יג) ומיהו לא יחזור וכו' - עיין בה"ל:
Toutefois il ne relira pas... - Voir le Biour Halakha.
(יד) מקדימין - הסכמת הפוסקים הוא דעכ"פ אין לו להקדימה יותר מפלג המנחה ואם הקדים לא יצא לא בק"ש וברכותיה ולא בתפלה לכו"ע וצריך לחזור ולקרוא ק"ש וברכותיה ולהתפלל שמ"ע. ואפילו מפלג המנחה ולמעלה אינו אלא למי שהתפלל מנחה קודם פלג אבל להתפלל מנחה ומעריב אחר פלג הוי תרתי דסתרי אהדדי:
Ils avancent - L'accord des décisionnaires est qu'en tout cas on ne l'avancera pas plus tôt que le plagué ha-min'ha ; si on l'a avancée davantage, on ne s'est acquitté ni du Chema et de ses berakhot, ni de la tefila, de l'avis de tous, et il faut relire le Chema et ses berakhot et prier l'amida. Même à partir du plagué ha-min'ha, cela n'est permis qu'à celui qui a prié min'ha avant le plagué ; prier min'ha et Arvith après le plagué constitue deux pratiques contradictoires.
(טו) דאז לא מתחזי כיוהרא - אבל מה שחוזר וקורא ק"ש לא מחזי כיוהרא דלענין ק"ש כמעט כל הפוסקים מסכימים דזמנה הוא מצה"כ. כתבו האחרונים מי שנוהג לקרות ק"ש ולהתפלל בצבור בזמנה וכשהיה בצבור שקורים ומתפללים מבעוד יום טעה והתחיל בברכת ק"ש יגמור הברכות עם הק"ש עד שמ"ע כדי שלא יהיה ברכה לבטלה אבל שמ"ע לא יתפלל עמהם וכשיגיע זמן ק"ש יקרא ק"ש בלא ברכות ויתפלל עם הצבור ואע"ג דעכשיו אינו סומך גאולה לתפלה דתפלה בזמנה עדיף מסמיכת גאולה לתפלה:
Car alors cela n'a pas l'air d'orgueil - En revanche, le fait de relire le Chema n'a pas l'air d'orgueil, car pour le Chema presque tous les décisionnaires s'accordent à dire que son temps est à partir de la sortie des étoiles. Les A'haronim ont écrit : celui qui a l'habitude de lire le Chema et de prier en tsibbour à l'heure, et qui, se trouvant dans un tsibbour qui lit et prie encore de jour, s'est trompé et a commencé la berakha du Chema, achèvera les berakhot avec le Chema jusqu'à l'amida afin que la berakha ne soit pas vaine ; mais il ne priera pas l'amida avec eux. Quand l'heure du Chema arrivera, il lira le Chema sans berakhot et priera avec le tsibbour. Bien qu'alors il ne joigne pas la délivrance à la tefila, la tefila à son heure l'emporte sur le fait de joindre la délivrance à la tefila.
(טז) אסור להתחיל וכו' - והטעם שמא ימשך בסעודתו ופעמים ישתקע עי"ז גם בשינה וישכח לקרות שמע ואפילו לאכול קמעא אסור ומ"מ טעימה בעלמא מיני פירות או אפילו פת בכביצה שרי:
Il est interdit de commencer... - La raison est qu'il risquerait de s'attarder dans son repas, et parfois même de s'enfoncer dans le sommeil et d'oublier de lire le Chema. Même manger un peu est interdit. Toutefois une simple dégustation — fruits, ou même du pain au volume d'un œuf — est permise.
(יז) לאכול - וכן לישן אפילו דעתו רק לישן קמעא [גמרא] וה"ה דאסור אז לעשות כל המלאכות המבוארות לעיל בסימן רל"ב ס"ב שהם דברים המביאים לידי פשיעה וכ"ש כשהגיע זמן ק"ש בודאי אסור להתחיל בהן [לבוש ופמ"ג ברל"ב ודה"ח] וא"ר מצדד להתיר בהם קודם שהגיע זמן ק"ש. מיהו ללמוד לכו"ע שרי בסמוך לה [ואדרבה מצוה הוא וכמו שאמרו בש"ס אדם בא מן השדה בערב נכנס לביהכ"נ אם רגיל לקרות קורא לשנות שונה וקורא ק"ש ומתפלל] אבל משהגיע זמן ק"ש אסור אף ללמוד כשהוא מתפלל בביתו ביחיד ואם אמר לחבירו שאינו לומד שיזכרנו שיתפלל מותר [אחרונים]:
Manger - De même dormir, même s'il n'a l'intention que de dormir un peu [Guemara]. De même, il est alors interdit de faire tous les travaux exposés ci-dessus siman 232 seif 2, ce sont des choses qui mènent à la négligence ; à plus forte raison, une fois l'heure du Chema arrivée, il est certainement interdit de les commencer [Levouch et Pri Megadim au siman 232, et Derekh ha-'Haïm]. L'Eliya Rabba incline à les permettre avant que l'heure du Chema soit arrivée. Toutefois, étudier est permis de l'avis de tous à l'approche de l'heure — et c'est même une mitsva, comme on l'a dit au Talmud : « Un homme rentre des champs le soir, entre à la synagogue : s'il a l'habitude de lire, il lit ; d'étudier, il étudie ; puis il lit le Chema et prie. » Mais une fois l'heure du Chema arrivée, il est interdit même d'étudier s'il prie chez lui en yahid ; s'il a dit à un ami qui n'étudie pas de lui rappeler de prier, c'est permis [A'haronim].
(יח) חצי שעה - דעת הט"ז להקל בזה ולא בעי אלא שיעור מועט והאחרונים מסכימים לפסק השו"ע דכל דליכא אלא חצי שעה אסור להתחיל לאכול ואם ביקש מאחד שיזכירנו להתפלל ליכא אסורא להתחיל לאכול אפילו כשכבר הגיע זמן ק"ש:
Une demi-heure - L'avis du Taz est d'être indulgent ici et de n'exiger qu'un temps minime ; les A'haronim s'accordent à la décision du Choulhan Aroukh : dès qu'il ne reste qu'une demi-heure, il est interdit de commencer à manger. S'il a demandé à quelqu'un de lui rappeler de prier, il n'y a pas d'interdiction de commencer à manger, même une fois l'heure du Chema déjà arrivée.
(יט) סמוך לזמן ק"ש - היינו סמוך לצאת הכוכבים ומשמע ממ"א דאפילו במוצאי שבת יש ליזהר שלא להתחיל אז הסעודה ועיין במ"ב רצ"ט סק"א מש"כ בזה. כתבו האחרונים הקורין ומתפללין מבעוד יום אע"ג שיש להם לחזור ולקרות ביציאת הכוכבים וכנ"ל בס"א אפ"ה מותר להם לאכול קודם שיקרא שנית שהרי עכ"פ כבר קרא ומ"מ בהגיע זמן צה"כ ממש נכון ליזהר גם בזה:
À l'approche de l'heure du Chema - C'est-à-dire à l'approche de la sortie des étoiles. Il ressort du Maguen Avraham que même à la sortie de Chabbat il faut prendre garde de ne pas commencer alors le repas ; voir au MB siman 299 seif katan 1 ce qui est écrit à ce sujet. Les A'haronim ont écrit : ceux qui lisent et prient encore de jour, bien qu'ils aient à relire à la sortie des étoiles comme ci-dessus seif 1, ont néanmoins le droit de manger avant de relire, puisqu'ils ont déjà lu. Toutefois, une fois la sortie des étoiles réellement arrivée, il est bon de prendre garde aussi en cela.
(כ) התחיל לאכול אחר וכו' - ובתוך חצי שעה סמוך לצאת הכוכבים נמי כאחר שהגיע זמן הוא:
Il a commencé à manger après... - Et dans la demi-heure qui précède la sortie des étoiles, c'est comme après que l'heure est arrivée.
(כא) מפסיק - מיד כיון דק"ש דאורייתא הוא והוא התחיל באיסור ואם התחיל בהיתר דהיינו לפני חצי שעה שסמוכה לצה"כ אפילו לק"ש אינו מפסיק כל שיש לו שהות לקרוא אחר גמר סעודתו וכנ"ל בסימן עיי"ן במ"ב ס"ק כ"ג כ"ד:
Il interrompt - Aussitôt, car le Chema est de Torah et il a commencé dans l'interdit. S'il a commencé dans le permis, c'est-à-dire avant la demi-heure qui précède la sortie des étoiles, même pour le Chema il n'interrompt pas, tant qu'il lui reste le temps de lire après la fin de son repas, comme ci-dessus siman 70 dans le MB, seif katan 23-24.
(כב) בלא ברכותיה - משום דברכות אינם אלא מדרבנן לא הטריחוהו להפסיק בשבילם:
Sans ses berakhot - Parce que les berakhot ne sont que de rabbanan, on ne l'a pas importuné à interrompre pour elles.
(כג) אבל אין צריך וכו' - כמ"ש המחבר שאינו מפסיק אלא לקרות ק"ש בלחוד בלא ברכות ובלא שמ"ע ומשום שהם רק מדרבנן והאי דהדר ושנאו הרמ"א משום דרצה לסיים אבל וכו':
Mais il n'est pas besoin... - Comme l'a écrit le Mé'haber : il n'interrompt que pour lire le Chema seul, sans les berakhot et sans l'amida, parce qu'elles ne sont que de rabbanan. Si le Rema l'a répété, c'est qu'il voulait conclure par « mais... ».
(כד) אע"פ שנטל ידיו - היינו אף שיש עוד שהות הרבה להתפלל מחמרינן ליה שיפסיק. ולא דמי להתחיל סמוך למנחה דאינו מפסיק בדיעבד אם כבר נטל ידיו כדמבואר לעיל בסי' רל"ב דבמנחה כיון דזמנה מועט מירתת ולא אתי למפשע משא"כ בערבית דזמנה בדיעבד כל הלילה גזרינן דלמא אתי למפשע ויסמוך על אריכותה של לילה להכי כ"ז שלא התחיל באכילה עצמה מטרחינן ליה להפסיק אף שנטל ידיו ודוקא כשלא בירך עדיין ענט"י אבל אם כבר בירך ענט"י נכון שלא יפסיק אלא יברך המוציא ויאכל כזית ויפסיק סעודתו ואף דבהתחיל לאכול א"צ להפסיק הכא שאני שלא התחיל לאכול רק בשביל שלא יהא הפסק בין נט"י להמוציא שאינו נכון לכתחלה כמבואר לעיל בסימן קס"ו:
Bien qu'il se soit lavé les mains - C'est-à-dire même s'il reste encore beaucoup de temps pour prier, on est strict avec lui pour qu'il interrompe. Cela ne ressemble pas au cas où l'on commence à l'approche de min'ha, où l'on n'interrompt pas après coup s'il s'est déjà lavé les mains, comme exposé ci-dessus siman 232 : pour min'ha, le temps est court, on a peur et l'on ne vient pas à négliger ; ce qui n'est pas le cas pour Arvith, dont le temps après coup est toute la nuit : on craint qu'il ne vienne à négliger et à s'appuyer sur la longueur de la nuit. Aussi, tant qu'il n'a pas commencé le repas lui-même, on l'importune à interrompre même s'il s'est lavé les mains — et seulement s'il n'a pas encore béni « al netilat yadayim ». Mais s'il a déjà béni « al netilat yadayim », il convient de ne pas interrompre : qu'il bénisse ha-motsi, mange le volume d'une olive et interrompe son repas. Bien que, s'il a déjà commencé à manger, il n'ait pas à interrompre, ici c'est différent : il n'a commencé à manger que pour qu'il n'y ait pas d'interruption entre le lavage des mains et ha-motsi, ce qui n'est pas correct a priori (lekhathila), comme exposé ci-dessus siman 166.
(כה) ואם אין שהות - ר"ל בין שהוא עומד סמוך לעלות השחר או אפילו עומד בתחלת הלילה רק שסעודה זו תמשך עד עלות השחר כגון סעודות גדולות בימות הקיץ שהלילות קצרים צריך להפסיק מיד ביציאת הכוכבים ואפילו התחיל בהיתר מבעוד יום נמי הדין כן:
Et s'il n'y a pas le temps - C'est-à-dire, qu'il soit près du lever de l'aube ou même au début de la nuit, dès lors que ce repas durera jusqu'à la pointe de l'aube — par exemple de grands repas en été, quand les nuits sont courtes —, il doit interrompre aussitôt à la sortie des étoiles ; et même s'il a commencé dans le permis encore de jour, le din est le même.
(כו) מיד בצאת הכוכבים - דזריזין מקדימין למצות:
Aussitôt à la sortie des étoiles - Car les zélés devancent les mitsvot.
(כז) עד חצי הלילה - פי' דרבנן גדרו שאסור להתאחר בקריאת שמע ביותר מחצות שלא לבוא לידי מכשול ואם מתאחר מקרי עובר על דברי חכמים אבל עד חצות ליכא איסורא אם מתאחר אלא שלא נקרא זריז וכנ"ל והיינו ביושב ואינו עוסק באכילה או במלאכה המטרדת דאלו אוכל או עוסק במלאכה המטרדת כההיא דסימן רל"ב ס"ב מדינא אסור משהגיע זמן ק"ש וכנ"ל בס"ב:
Jusqu'à minuit - C'est-à-dire que les Sages ont fixé une barrière : il est interdit de tarder le Chema au-delà de minuit, afin de ne pas en venir à faute. S'il tarde, il transgresse les paroles des Sages ; mais jusqu'à minuit il n'y a pas d'interdiction à tarder, seulement on n'est pas appelé zélé, comme ci-dessus. Cela vise celui qui est assis et ne s'occupe ni à manger ni à un travail absorbant ; car s'il mange ou s'occupe d'un travail absorbant comme ceux du siman 232 seif 2, de par le din il est interdit dès que l'heure du Chema est arrivée, comme ci-dessus seif 2.
(כח) ואם עבר ואיחר וכו' - דמן התורה לכו"ע זמנה כל הלילה דובשכבך כ"ז שבני אדם שוכבין משמע:
Et s'il a passé et tardé... - Car de par la Torah, de l'avis de tous, son temps est toute la nuit : « et quand tu te couches » désigne tout le temps où les gens se couchent.
(כט) עד שלא עלה עה"ש וכו' - משום דמיירי בעבר דהיינו בפשיעה נקט עד שלא עלה אבל בנאנס אפילו אחר שעלה השחר רק שהוא קודם הנץ נמי קורא ויוצא וכדלקמיה בסעיף ד':
Tant que l'aube n'est pas levée... - Parce qu'il s'agit de celui qui a passé, c'est-à-dire par négligence, on a dit « tant que l'aube n'est pas levée ». Mais s'il a été contraint (anos), même après le lever de l'aube, pourvu que ce soit avant le lever du soleil, il lit encore et s'acquitte, comme plus loin seif 4.
(ל) לא יצא וכו' - דאף דמן התורה קרינן בשכבך עד הנץ משום דאיכא עדיין מקצת אנשים דגנו בההיא שעתא מ"מ היכא דלא איתנס בטלו חכמים ממנו מצות ק"ש על שאיחר כ"כ ואינו יוצא ידי חובתה שוב בקריאתה:
Il ne s'est pas acquitté... - Car même si, de par la Torah, « quand tu te couches » va jusqu'au lever du soleil — il y a encore quelques personnes qui dorment à cette heure —, néanmoins, lorsqu'il n'a pas été contraint, les Sages lui ont retiré la mitsva du Chema pour avoir tant tardé, et il ne s'acquitte plus de son obligation en le lisant.
(לא) כגון שכור וכו' - ואפילו נשתכר לאחר שהגיע זמן ק"ש דהיינו מצאת הכוכבים ואילך נמי אינו בכלל מזיד דקסבר עדיין יש שהות שבתוך כך יפוג יינו אבל בנשתכר זמן מועט קודם עלות השחר שאי אפשר בשעה קטנה כזו להפיג שכרותו לא הוי אונס ולא יצא ידי חובתו:
Par exemple un ivrogne... - Même s'il s'est enivré après que l'heure du Chema est arrivée, c'est-à-dire à partir de la sortie des étoiles, il n'est pas non plus dans la catégorie de celui qui agit volontairement (mezid) : il pensait qu'il restait encore du temps, que d'ici là son vin se dissiperait. Mais s'il s'est enivré peu de temps avant le lever de l'aube, de sorte qu'il est impossible en un si court moment de dissiper son ivresse, ce n'est pas une contrainte (oness) et il ne s'est pas acquitté de son obligation.
(לב) לא יאמר השכיבנו - מתבאר בפוסקים דאפילו אם ירצה לדלג תיבת השכיבנו ולהתחיל מן ותקננו בעצה וכו' נמי אינו נכון:
Il ne dira pas Hachkivénou - Il ressort des décisionnaires que même s'il voulait sauter le mot Hachkivénou et commencer par « et établis-nous par un conseil... », ce n'est pas non plus correct.
(לג) אינו זמן שכיבה - ר"ל אינו זמן שבני אדם הולכים לשכב שיהיה שייך לומר על זה השכיבנו אבל מ"מ מיקרי זמן שכיבה לענין מצות עשה דק"ש דכתיב בה בשכבך דהכוונה כל זמן שבני אדם שוכבין ועדיין יש מקצת בני אדם שוכבין וכנ"ל:
Ce n'est pas le temps du coucher - C'est-à-dire que ce n'est pas l'heure où les gens vont se coucher, de sorte qu'il soit pertinent de dire là-dessus Hachkivénou. Néanmoins, cela s'appelle encore temps du coucher pour le commandement positif du Chema, où il est écrit « quand tu te couches », dont le sens est tout le temps où des gens se couchent, et il y en a encore quelques-uns, comme ci-dessus.
(לד) עד השכיבנו אומר - ולא יאמר ברוך ה' לעולם וגו' וגם שמ"ע לא יתפלל דתפלת ערבית נתקנה רק בשביל לילה ומכיון שעלה עה"ש יום הוא לכל דבר:
Jusqu'à Hachkivénou, il dit - Et il ne dira pas « Baroukh ה' le'olam... », et il ne priera pas non plus l'amida, car la tefila d'Arvith n'a été instituée que pour la nuit, et dès que l'aube est levée, c'est jour pour toute chose.