משנה ברורה

Michna Beroura — siman 239

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi du Chema sur son lit
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Lire au moins la première parasha du Chema au coucher, avec hamapil. Ne pas interrompre ensuite. Lire avant que le sommeil ne saisisse. Interdit de s'étendre à plat ventre ou sur le dos. Examen de conscience nocturne.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLoi du Chema sur son lit
À FAIREChema au coucher
Au moins la première parasha. Il est bon de dire tout le Chema (248 mots, avec El mélekh neeman) pour garder ses 248 membres. Si Arvit de jour : toutes les parashiot, avec kavanah du commandement positif du Chema et du souvenir de la sortie d’Égypte.
À FAIREHamapil selon sa nature
Langage du Choulhan Aroukh : hamapil après le Chema, pour coller la berakha au sommeil. Yochev besséter et le reste (garde) ne sont pas une interruption. Des A’haronim mettent hamapil d’abord (sidourim). Si l’on s’endort au milieu du Chema, avancer hamapil ; sinon, le reculer.
À FAIREQuand lire
Près du lit. Séder Hayom : quand le sommeil vient. Kenesset Haguédola : lire aussitôt, de peur que le sommeil ne saisisse. Rester assis et silencieux n’est pas une interruption. Après un rapport : se laver, netilat yadayim, puis lire ; au minimum hamapil et Chema.
À FAIREExamen de conscience
Examiner les actes du jour. Si faute : se confesser et prendre de ne plus la faire — surtout flatterie, mensonge, moquerie, médisance, abandon de la Torah. Pardonner à quiconque a fauté contre soi : ce mérite allonge les jours.
À ÉVITERInterrompre après hamapil
Soif ou affaire urgente avant hamapil : permis, puis relire la parasha. Après hamapil : y prendre garde. On ne bénit pas « qui nous a sanctifiés… au sujet du Chema ».
À ÉVITERParkedan
Grand interdit de s’étendre sur le dos (visage en l’air) ou à plat ventre. S’habituer à se coucher uniquement sur le côté.
OUIChema du lit seulement
Déjà lu en son temps : permis lekhathila de lire couché. Déjà couché : de l’avis de tous, se tourner sur le côté et lire. Malade ou anos : première parasha + hamapil seulement. Relire la 1re parasha (sans répéter le 1er verset) ou d’autres versets de miséricorde ; méditer la Torah, c’est bien.
NONChema à titre d’obligation
Arvit de jour : veiller à tous les détails (lekhathila pas couché). Sommeil de jour : pas hamapil ; bon de dire Vihi noam, Yochev besséter, etc.
REMALes versets d’usage sont pour la protection. Qui dort seul la nuit dans une chambre : Lilith le saisit. Ont besoin de garde des mazikin : malade, accouchée, fiancé, fiancée, endeuillé, et talmid 'hakham seul au cœur de la nuit.
Au coucher : Chema (au moins 1re parasha) + hamapil, sans interruption ensuite. Sur le côté, jamais parkedan. Examiner ses actes et pardonner. Si Arvit de jour : tout le Chema avec kavanah.

Glossaire

Chema al hamita
Chema du coucher, lu au lit avant de dormir
hamapil
berakha « qui fait tomber le sommeil sur mes yeux »
Yochev besséter
Psaume 91, « Il habite dans le secret du Très-Haut », dit pour la protection
El mélekh neeman
« Dieu, Roi fidèle », ajouté pour porter le Chema à 248 mots
parkedan
position allongée à plat ventre ou sur le dos
lekhathila
a priori
anos
contraint
pesoukei dera'hamé
versets de miséricorde dits pour la protection nocturne
Lilith
démon nocturne dont parlent nos Sages
mazikin
nuisances spirituelles, démons
'hanifout
flatterie
létsanout
moquerie
lachon hara
médisance
bitoul Torah
abandon de l'étude de la Torah

(א) פרשה ראשונה - ואם התפלל ערבית מבעוד יום צריך לקרות כל הפרשיות ויכוין לצאת בהן המ"ע של ק"ש וגם המצוה של זכירת יציאת מצרים. וטוב לומר תמיד כל ק"ש שהיא רמ"ח תיבות [בצירוף אל מלך נאמן] לשמור רמ"ח אבריו:

La première parasha - Si l'on a prié Arvit de jour, il faut lire toutes les parashiot et avoir l'intention de s'acquitter par elles du commandement positif du Chema, ainsi que de la mitsva du souvenir de la sortie d'Égypte. Et il est bon de dire toujours tout le Chema, qui compte deux cent quarante-huit mots [en y joignant El mélekh neeman], afin de garder ses deux cent quarante-huit membres.

(ב) ומברך המפיל וכו' - מלשון השו"ע משמע דברכת המפיל אומר אחר ק"ש כדי שתהא הברכה סמוכה לשינה ומה שקורא אח"כ יושב בסתר ואינך כיון דהוי משום שמירה לא הוי הפסק [ויש מדקדקין לברך המפיל בסוף אחר כל הפסוקים] ויש מאחרונים שהסכימו שיברך ברכת המפיל קודם ואח"כ ק"ש ויתר פסוקי דרחמי (כמו שנדפס בסידורים) ונראה דלמעשה יתנהג האדם כפי טבעו דהיינו אם טבעו להרדם באמצע ק"ש טוב יותר שיקדים ברכת המפיל מה דאפשר ואם אין טבעו לזה טוב יותר לאחר ברכת המפיל עד לבסוף:

Et l'on bénit hamapil, etc. - Du langage du Choulhan Aroukh, il ressort que la berakha hamapil se dit après le Chema, afin que la berakha soit juxtaposée au sommeil ; et ce qu'on lit ensuite Yochev besséter et le reste, puisque c'est pour la garde, ne constitue pas une interruption. [Il y a des gens minutieux qui bénissent hamapil à la fin, après tous les versets.] Il y a des A'haronim qui ont convenu de bénir hamapil d'abord, puis le Chema et les autres versets de miséricorde (comme c'est imprimé dans les sidourim). Il semble qu'en pratique l'homme se conduise selon sa nature : si sa nature est de s'endormir au milieu du Chema, mieux vaut avancer hamapil autant que possible ; si ce n'est pas sa nature, mieux vaut reculer hamapil jusqu'à la fin.

(ג) סמוך למטתו - ולא יקרא ק"ש כשיכנס לישן אלא כשרואה שהשינה באה עליו [סדה"י] אבל בכנה"ג כתב שיש לקרות מיד שמא יחטפנו שינה אח"כ ולא יקרא ואין לחוש משום הפסק אלא כשעושה ד"א בינתים אבל מה שיושב ודומם לא מקרי הפסק אף ששהה איזה זמן קודם שיישן:

Près de son lit - Et l'on ne lira pas le Chema dès qu'on entre pour dormir, mais lorsqu'on voit que le sommeil vient sur soi [Séder Hayom]. Mais le Kenesset Haguédola a écrit qu'il faut lire aussitôt, de peur que le sommeil ne le saisisse ensuite et qu'il ne lise pas ; et l'on n'a à craindre une interruption que si l'on fait entre-temps autre chose, mais le fait de rester assis et silencieux ne s'appelle pas interruption, même si l'on a tardé quelque temps avant de dormir.

(ד) אחר ק"ש וכו' - ואם תאב לשתות או לדבר איזה ענין נחוץ נראה שמותר אך יחזור ויקרא פרשת שמע אכן אם כבר אמר ברכת המפיל יזהר בזה כי יפסיק בין הברכה להשינה:

Après le Chema, etc. - Si l'on a soif de boire ou qu'il faille parler d'une affaire urgente, il semble que ce soit permis, mais l'on relira ensuite la parasha de Chema. Cependant, si l'on a déjà dit la berakha hamapil, on y prendra garde, car on interromprait entre la berakha et le sommeil.

(ה) יישן מיד - ואם צריך לשמש מטתו ירחץ עצמו מהש"ז שעליו ויטול ידיו ואח"כ יקרא. ולפחות יאמר ברכת המפיל ושמע אחר התשמיש:

Qu'il s'endorme aussitôt - S'il doit avoir un rapport conjugal, qu'il se lave de la semence qui est sur lui, qu'il fasse netilat yadayim, et qu'ensuite il lise. Au minimum, qu'il dise hamapil et Chema après le rapport.

(ו) כשהוא שוכב - ר"ל דשם מוכח בס"א בהג"ה דלכתחלה אין כדאי לילך ולשכב ולקרותה בשכיבה אפילו כשהוא שוכב על צדו ממש. כתב המ"א דוקא כשקורא זו הק"ש לשם חובה כגון שהתפלל ערבית מבע"י וצריך עתה לכוון לקיים המ"ע דק"ש לכך צריך ליזהר בכל פרטיה אבל אם כבר קרא בזמנה וקורא עתה רק משום ק"ש שעל המטה מותר לכתחלה לקרותה בשכיבה ויש שמחמירין לכתחלה לקרותה בעמידה או בישיבה אכן אם כבר שכב לכו"ע מותר להטות על צדו ולקרוא. ויש לו לאדם להרגיל עצמו לשכב על צדו דוקא ואיסור גדול לשכב פרקדן דהיינו שמושלך על גבו ופניו למעלה או שפניו טוחות למטה:

Lorsqu'il est couché - C'est-à-dire que là-bas il ressort du seif 1, dans la glose, que lekhathila (a priori) il n'est pas bon d'aller se coucher et de le lire en position couchée, même lorsqu'on est réellement couché sur le côté. Le Magen Avraham a écrit : uniquement lorsqu'on lit ce Chema au titre d'obligation, par exemple si l'on a prié Arvit de jour et qu'il faut maintenant avoir l'intention d'accomplir le commandement positif du Chema, alors il faut veiller à tous ses détails ; mais si l'on a déjà lu en son temps et qu'on lit maintenant seulement au titre du Chema du lit, il est permis lekhathila de le lire couché. Il y en a qui sont stricts lekhathila pour le lire debout ou assis ; cependant, si l'on s'est déjà couché, de l'avis de tous il est permis de se tourner sur le côté et de lire. L'homme s'habituera à se coucher uniquement sur le côté, et c'est un grand interdit de se coucher parkedan, c'est-à-dire étendu sur le dos le visage en l'air, ou le visage plaqué vers le bas.

(ז) חוזר וקורא - פרשה ראשונה [וראוי שלא לכפול פסוק ראשון] או שיאמר שאר פסוקים דרחמי. וה"ה אם מהרהר בד"ת שפיר דמי [מ"א]:

Il relit - La première parasha [et il convient de ne pas répéter le premier verset], ou bien il dira d'autres versets de miséricorde. De même, s'il médite des paroles de Torah, c'est bien [Magen Avraham].

(ח) ואין מברכין וכו' - פי' אשר קדשנו במצותיו וצונו על ק"ש אין לברך ולאפוקי מדעת איזה פוסק שמצריך לברך. כתבו הפוסקים הישן ביום א"צ לברך ברכת המפיל וטוב שיאמר ויהי נועם וגו' יושב בסתר וגו':

Et l'on ne bénit pas, etc. - C'est-à-dire « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné au sujet du Chema » : on ne bénira pas, à l'encontre de l'avis de quelque décisionnaire qui exige de bénir. Les décisionnaires ont écrit : qui dort le jour n'a pas à bénir hamapil, et il est bon qu'il dise « Vihi noam, etc., Yochev besséter, etc. ».

(ט) ואומר יושב בסתר וגו' - כל אלו הפסוקים שנהגו לאומרם הוא להגן שלא יבוא עליו ח"ו דבר רע. ואם הוא חולה או אנוס די במה שיאמר פרשה ראשונה של ק"ש וברכת המפיל לבד [מ"א]. כתבו הספרים שבלילה קודם השינה נכון לאדם שיפשפש במעשיו שעשה כל היום ואם ימצא שעשה עבירה יתודה עליה ויקבל ע"ע שלא לעשותה עוד ובפרט בעונות המצויים כגון חניפות שקרים ליצנות לשה"ר וכן עון בטול תורה צריכים בדיקה ביותר. גם ראוי למחול לכל מי שחטא כנגדו וציערו ובזכות זה האדם מאריך ימים [מגילה כ"ח]. אחז"ל הישן בבית יחידי והיינו בלילה אוחזתו לילית ובית היינו חדר. אלו צריכין שימור מהמזיקין חולה חיה חתן כלה אבל. ות"ח בלילה [היינו כשהוא עומד יחידי באישון לילה ואפלה]:

Et l'on dit Yochev besséter, etc. - Tous ces versets que l'on a l'usage de dire sont pour protéger, afin que ne vienne pas sur soi, à Dieu ne plaise, une chose mauvaise. S'il est malade ou anos (contraint), il suffit qu'il dise la première parasha du Chema et la berakha hamapil seulement [Magen Avraham]. Les livres ont écrit que la nuit, avant le sommeil, il convient à l'homme d'examiner les actes qu'il a faits tout le jour ; s'il trouve qu'il a commis une faute, qu'il s'en confesse et qu'il prenne sur lui de ne plus la faire, en particulier pour les fautes courantes telles que la flatterie, le mensonge, la moquerie, la médisance, ainsi que la faute de l'abandon de la Torah, qui demandent un examen plus poussé. Il convient aussi de pardonner à quiconque a fauté contre soi et l'a peiné ; et par ce mérite l'homme allonge ses jours [Méguila 28]. Nos Sages ont dit : qui dort dans une maison seul — c'est-à-dire la nuit — Lilith le saisit ; et « maison » signifie une chambre. Ceux-ci ont besoin d'être gardés des mazikin : un malade, une accouchée, un fiancé, une fiancée, un endeuillé ; et un talmid 'hakham la nuit [c'est-à-dire lorsqu'il se tient seul au cœur de la nuit et de l'obscurité].