משנה ברורה

Michna Beroura — siman 242

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Prendre garde à l'honneur du Chabbat
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Onég Chabbat : poissons, viande et vin selon ses moyens. Qui est à l'étroit resserre les jours de semaine. On emprunte pour honorer le Chabbat. Lessive le jeudi. Cuire assez pour la 'halla. Pain d'Israël le Chabbat.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETHonorer le Chabbat : onég par nourriture, vêtement et préparation
À FAIREOnég selon ses moyens
Poissons, viande, vin et sucreries selon l’usage du lieu ; même un mets minime (kassa deharsena) compte
À FAIRESerrer la semaine
Resserrer les dépenses des jours ouvrables pour qu’il reste de quoi honorer le Chabbat ; viser trois repas et un mets estimé
À FAIREEmprunter pour l’onég
S’il peut emprunter (même à intérêt par voie permise), il emprunte : « Mes fils, empruntez sur Moi et Je paie »
À FAIREPréparer avant le vendredi
Lessive le jeudi ; pétrir et cuire assez pour la 'halla ; pain d’Israël le Chabbat et à Yom Tov
À ÉVITERAliment du Chabbat en semaine
Aliment envoyé pour le Chabbat : ne pas le manger en semaine
OUIPauvre déjà à la charité
Les gabbaïm lui donnent au moins trois repas et un kassa deharsena ; deux repas seulement, ce n’est pas bien
OUIAnos sans pain d’Israël
Contraint (soldat) : on peut faire kiddouch sur du pain de non-Juifs
NONExtrême dénuement
Qui n’a que deux repas et ne peut emprunter : faire du Chabbat un jour de semaine et ne pas tendre la main
NONPoisson qui répugne
S’il ne lui convient pas ou s’il le hait : le Chabbat est pour le délice, pas pour la peine
Qui peut honore selon ses moyens ; qui est à l’étroit resserre la semaine et emprunte. Minimum visé : trois repas et un mets estimé, sauf extrême pauvreté.

Glossaire

onég Chabbat
délice du Chabbat, mitsva de s'en réjouir par nourriture et vêtement
kassa deharsena
petits poissons frits dans leur graisse, mets minime qui suffit à l'onég si l'on est pauvre
gabbaïm
administrateurs de la caisse des pauvres
takkanot Ezra
ordonnances d'Ezra, dont la lessive du jeudi pour le Chabbat
'halla
prélèvement sur la pâte ; aussi le pain du Chabbat
pat palter
pain de boulanger non juif
pat Israël
pain cuit par un Juif
anos
contraint
kiddouch
sanctification du Chabbat sur le vin, ou à défaut sur le pain
pashtida
tourte dont la viande est prise entre deux couches de pâte

(א) אפילו וכו' - הנה עיקר מצות עונג שבת נתפרש לנו על ידי הנביאים וכמו שנאמר וקראת לשבת עונג ויש פוסקים שס"ל דעיקרו הוא מן התורה שהשבת הוא בכלל מקראי קודש שנאמר וביום השביעי שבת שבתון מקרא קודש וגו' ומקרא קודש פירשו חז"ל בספרא דהיינו לקדשו ולכבדו בכסות נקיה ולענגו בעונג אכילה ושתיה והפליגו חז"ל [בשבת קי"ח] מאד במצוה זו ואמרו דכל המענג את השבת נותנין לו נחלה בלי מצרים וניצול משעבוד מלכיות וזוכה עבור זה לעשירות ועי"ש עוד כמה מאמרים בענין זה. והנה בגדר מצוה זו יש ג' מאמרי חז"ל בזה א) הא דאמרו דצריך לענגו בדגים גדולים וראשי שומן ותבשיל של תרדין שזה היה מאכל חשוב בזמניהם וכן בכל מקום ומקום לפי מנהגו יענגוהו במאכלים ומשקים החשובים להם עונג [ולפי שמן הסתם רוב בני אדם עיקר ענוגם בבשר ויין ומגדנות לכך איתא בסימן ר"נ ס"ב דירבה בבשר ויין ומגדנות כפי יכלתו]. ב) הא דאמרו דאפילו דבר מועט שעשאו לכבוד שבת קיים מצות עונג שבת ואפי' כסא דהרסנא (היינו דגים קטנים מטוגנין בשמנן) ג) הא דאמר ר"ע עשה שבתך חול ואל תצטרך לבריות וחילוק כל אלו המאמרים הוא באופן זה דהיינו למאן דאפשר ליה צריך לכבדו כפי יכלתו ומי שהשעה דחוקה לו ביותר היינו שאין לו רק מזון ב' סעודות לשבת בזה אמר ר"ע עשה שבתך חול ואל תצטרך לבריות ואינו מחויב לא בג' סעודות ולא בכסא דהרסנא ומי שיש לו ממון כדי לקנות מזה מזון ג' סעודות ויותר מזה קצת מחויב להוציא אותן על שבת כדי שיקיים ג' סעודות וכסא דהרסנא וה"ה מי שאין לו כלום והוא מוטל הכל על הצדקה הרי הגבאים מחויבים ליתן לו ג' סעודות וכסא דהרסנא עכ"פ ובאדם נכבד הכל לפי כבודו וכמו שנתבאר ביו"ד בסי' רנ"ג. ולא אמרינן בזה עשה שבתך חול ואל תצטרך לבריות דלא אמרינן הכי אלא במי שעדיין לא נצטרך ליטול אבל מי שכבר בא לידי מדה זו לפשוט ידו וליטול נותנים לו הכל כנ"ל [ובמקומות שנוהגין הגבאים לקבוע לעניים רק שתי סעודות ולא הסעודה ג' לאו שפיר עבדי ועכ"פ בימות הקיץ בודאי יזהרו בזה] ולזה בא השו"ע לומר דאם יש לו גם מעט משלו צריך לדחוק עצמו לכבד ולענג שבת כראוי כיון דאפשר לו ויש בידו להוציא ע"ז ולא סגי בכסא דהרסנא לחוד ולזה סיים דיצמצם בשאר ימים מהוצאותיו כדי שיהא נשאר לו זה לכבוד שבת. ועיין בט"ז ותוספות שבת ושארי אחרונים שכתבו דאף מי שהשעה דחוקה לו ביותר דהוא פטור מדינא מסעודה ג' וכסא דהרסנא מ"מ נכון מאד שיראה להשתדל להיות עכ"פ מן הכת האמצעית דהיינו בקיום ג' סעודות וכסא דהרסנא:

Même, etc. - Voici : l'essentiel de la mitsva d'onég Chabbat nous a été expliqué par les prophètes, ainsi qu'il est dit : « tu appelleras le Chabbat délice ». Il y a des décisionnaires qui tiennent que son principe est de la Torah, car le Chabbat entre dans les « convocations saintes », ainsi qu'il est dit : « et au septième jour, Chabbat de repos, convocation sainte, etc. » ; et « convocation sainte », 'Hazal l'ont expliqué dans le Sifra : c'est-à-dire le sanctifier et l'honorer par un vêtement propre, et en faire ses délices par le plaisir de manger et de boire. 'Hazal ont fort exalté cette mitsva [Chabbat 118] et ont dit que quiconque fait ses délices du Chabbat, on lui donne un héritage sans limites, il est sauvé de l'asservissement des royaumes et il mérite par là la richesse ; vois là-bas encore plusieurs enseignements à ce sujet. Voici que dans la définition de cette mitsva, il y a trois enseignements de 'Hazal. a) Ce qu'ils ont dit : qu'il faut en faire ses délices avec de grands poissons, des têtes grasses et un plat de bettes, car c'était un mets estimé en leur temps ; de même, en chaque lieu selon son usage, on en fera ses délices par les aliments et boissons qui leur sont un délice. [Et puisque, de prime abord, pour la plupart des gens l'essentiel de leur délice est viande, vin et sucreries, il est dit au siman 250 seif 2 qu'on multipliera viande, vin et sucreries selon ses moyens.] b) Ce qu'ils ont dit : même une chose minime qu'on a faite en l'honneur du Chabbat, on a accompli la mitsva d'onég Chabbat, même un kassa deharsena (c'est-à-dire de petits poissons frits dans leur graisse). c) Ce qu'a dit Rabbi Akiva : fais de ton Chabbat un jour de semaine, et ne t'adresse pas aux créatures. La distinction entre tous ces enseignements est de cette manière : celui à qui c'est possible doit l'honorer selon ses moyens ; celui dont la situation est le plus à l'étroit, c'est-à-dire qu'il n'a que la nourriture de deux repas pour le Chabbat — c'est de celui-là que Rabbi Akiva a dit : fais de ton Chabbat un jour de semaine et ne t'adresse pas aux créatures ; il n'est tenu ni aux trois repas ni au kassa deharsena. Celui qui a de l'argent pour acheter de cela la nourriture de trois repas et un peu plus est tenu de les dépenser pour le Chabbat afin d'accomplir les trois repas et le kassa deharsena. De même, qui n'a rien et dépend entièrement de la charité : les gabbaïm sont tenus de lui donner au moins trois repas et un kassa deharsena. Pour un homme honoré, tout est selon son honneur, comme exposé dans Yoré Déa siman 253. On ne dit pas en cela « fais de ton Chabbat un jour de semaine et ne t'adresse pas aux créatures » : on ne le dit que de celui qui n'en est pas encore venu à tendre la main et à prendre ; mais qui en est déjà venu à cette mesure de tendre la main et de prendre, on lui donne le tout comme ci-dessus. [Et dans les endroits où les gabbaïm ont l'usage de fixer aux pauvres seulement deux repas et non le troisième, ils ne font pas bien ; du moins en été, on y prendra certainement garde.] C'est pourquoi le Choulhan Aroukh vient dire : si l'on a aussi un peu du sien, il faut se serrer pour honorer et faire ses délices du Chabbat comme il convient, puisqu'on le peut et qu'on a de quoi y dépenser, et qu'un kassa deharsena seul ne suffit pas ; c'est pourquoi il a conclu : qu'on resserre les autres jours ses dépenses, afin qu'il lui en reste pour l'honneur du Chabbat. Vois dans le Taz, Tossafot Chabbat et d'autres A'haronim qui ont écrit : même celui dont la situation est le plus à l'étroit, qui est dispensé de par la loi du troisième repas et du kassa deharsena, néanmoins il est fort correct qu'il s'efforce d'être au moins de la classe moyenne, c'est-à-dire par l'accomplissement des trois repas et du kassa deharsena.

(ב) לכבד את השבת - וטוב ליזהר שלא יפחות משני תבשילין גם טוב שיאכל בכל סעודה מג' סעודות דגים אם לא שאין נאותים לו לפי טבעו או ששונאן ושבת לעונג ניתן ולא לצער וכדלקמן בסי' רפ"ח אם מוכרי הדגים מייקרין השער נכון לתקן שלא יקנו דגים איזה שבתות עד שיעמוד השער על מקומו והנה בבה"ט הביא דלא יעשו תקנה רק אם הוסיפו המקח יתר על שליש מכמו שהיה מקדם אבל בא"ר ובפמ"ג כתבו דאף פחות משליש יוקר יש לעשות תקנה משום עניים. עוד כתב שם דאין בזה משום בטול מצות עונג דיש לענג השבת במאכלים אחרים. אם תקנו לאסור לאכול דגים כמה שבתות ואחד קנה מקודם מותר:

Pour honorer le Chabbat - Et il est bon de prendre garde de ne pas descendre au-dessous de deux plats. Il est bon aussi de manger à chacun des trois repas du poisson, sauf s'ils ne lui conviennent pas selon sa nature ou s'il les hait : le Chabbat a été donné pour le délice et non pour la peine, comme plus bas au siman 288. Si les vendeurs de poissons renchérissent le cours, il est correct d'édicter qu'on n'achètera pas de poissons quelques Chabbat, jusqu'à ce que le cours se tienne à sa place. Voici que le Beèr Hetev a rapporté qu'on ne fera une telle ordonnance que si l'on a augmenté le prix de plus d'un tiers par rapport à ce qu'il était auparavant ; mais l'Elya Rabba et le Pri Megadim ont écrit que même moins d'un tiers de renchérissement, il y a lieu de faire une ordonnance à cause des pauvres. Il a encore écrit là-bas qu'il n'y a pas en cela d'annulation de la mitsva d'onég, car on peut faire ses délices du Chabbat par d'autres aliments. Si l'on a édicté d'interdire de manger du poisson plusieurs Chabbat et que l'un en a acheté auparavant, c'est permis.

(ג) למי שהשעה וכו' - ומיירי כשאין לו משכונות ללות עליהם ובלא משכון אין יכול להשיג דאל"ה צריך ללות כדי שלא לבטל מצות עונג שבת וכמו שאחז"ל שאומר הקב"ה בני לוו עלי ואני פורע:

Pour celui dont la situation, etc. - Et l'on parle de lorsqu'il n'a pas de gages sur lesquels emprunter, et que sans gage il ne peut rien obtenir ; sinon, il faut emprunter afin de ne pas annuler la mitsva d'onég Chabbat, comme ont dit 'Hazal : le Saint, béni soit-Il, dit : « Mes fils, empruntez sur Moi et Je paie. »

(ד) כדי לכבד השבת - דבמזונות של שבת ויו"ט אם מוסיף מוסיפין לו וכמו שאחז"ל כל מזונותיו של אדם קצובין לו מר"ה ועד ר"ה ויש ליזהר שלא יוסיף בהן פן לא קצבו לו כ"כ חוץ מהוצאות שבת ויו"ט והוצאות בניו לת"ת שאם מוסיף מוסיפין לו [טור] לוין ברבית לצורך סעודת שבת או סעודת מצוה והיינו מא"י או מישראל בדרך היתר. אם שלחו לו דבר מאכל שיאכלנו בשבת לא יאכלנו בחול כ"כ בס"ח ועיין לקמן בסימן תרצ"ד ס"ב דדעת הש"ע שם דהעני יכול לשנות במגבת פורים למה שירצה אף דגבוהו לצורך פורים אכן גם שם יש מחמירין בזה עיין בטור שם:

Afin d'honorer le Chabbat - Car pour les nourritures de Chabbat et de Yom Tov, si l'on ajoute, on lui ajoute, comme ont dit 'Hazal : toutes les nourritures de l'homme lui sont fixées de Roch Hachana à Roch Hachana, et il faut prendre garde de n'y pas ajouter, de peur qu'on ne lui en ait pas fixé autant — hors les dépenses de Chabbat et de Yom Tov et les dépenses de ses fils pour l'étude de la Torah, car si l'on ajoute, on lui ajoute [Tour]. On emprunte à intérêt pour le besoin d'un repas de Chabbat ou d'un repas de mitsva, c'est-à-dire d'un non-Juif ou d'un Juif par une voie permise. Si l'on t'a envoyé un aliment à manger le Chabbat, on ne le mangera pas en semaine : ainsi dans le Sefer 'Hassidim. Vois plus bas au siman 694 seif 2 : l'avis du Choulhan Aroukh là-bas est que le pauvre peut changer, dans la collecte de Pourim, pour ce qu'il veut, bien qu'on l'ait collecté pour le besoin de Pourim ; cependant, là aussi, il y en a qui sont stricts en cela ; vois dans le Tour là-bas.

(ה) מפני וכו' - היינו כדי שיהיו לבנים לשבת אבל לא בע"ש כדי שיהיו פנוים להתעסק בצרכי שבת ולפ"ז צריך ליזהר שלא לילך בחלוק אחד כמה שבתות כדי שלא לעבור על תקנות עזרא:

Parce que, etc. - C'est-à-dire afin qu'ils soient blancs pour le Chabbat, mais non le vendredi, afin qu'ils soient libres de s'occuper des besoins du Chabbat. Dès lors, il faut prendre garde de ne pas aller avec une même chemise plusieurs Chabbat, afin de ne pas enfreindre les ordonnances d'Ezra.

(ו) כדי שיעור חלה - היינו מלבד שהלישה והאפיה הוא מכלל כבוד שבת ויו"ט כמו שמסיים לבסוף עוד יש בזה טעם כדי לקיים מצות חלה לפי שאיבדה את אדה"ר שהיה חלתו של עולם שנברא בע"ש ועיין באחרונים דאפילו הנוהגין לאכול פת פלטר של א"י בחול מ"מ בשבת ויו"ט נכון ליזהר שלא לאכול כ"א מפת ישראל מפני כבוד השבת ויו"ט. ופשוט דאם הוא אנוס שאין לו על מה לקדש כ"א על פת של אינם יהודים כמו שמצוי לאנשי חיל העברים יכול לקדש עליו:שהיה מכוסה למעלה ולמטה - בטל ואף זה מכוסה הבשר בין דפי העיסה:

La quantité de 'halla - C'est-à-dire : outre que le pétrissage et la cuisson font partie de l'honneur du Chabbat et de Yom Tov, comme il conclut à la fin, il y a encore en cela une raison : afin d'accomplir la mitsva de 'halla, parce qu'elle a fait perdre le premier homme, qui était la 'halla du monde, créé la veille de Chabbat. Vois chez les A'haronim : même ceux qui ont l'usage de manger en semaine du pain de boulanger non juif, néanmoins le Chabbat et à Yom Tov il est correct de prendre garde de ne manger que du pain d'Israël, par honneur du Chabbat et de Yom Tov. Et il est évident que si l'on est anos (contraint), qu'on n'a sur quoi faire kiddouch que du pain de non-Juifs, comme il est fréquent chez les soldats hébreux, on peut faire kiddouch dessus. Qui était couvert en haut et en bas - est assimilé ; et celui-ci aussi, la viande est couverte entre les feuillets de pâte.

(ז) ולא ראיתי וכו' - ובמקומותינו המנהג לאכלן [שכנה"ג]:

Et je n'ai pas vu, etc. - Et dans nos contrées, l'usage est de les manger [Cheyaré Kenesset Haguédola].