משנה ברורה

Michna Beroura — siman 267

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi de la tefila le vendredi soir
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Pas de nefiat apaïm à min’ha le vendredi. On avance Arvit. Dès plag hamin’ha on peut allumer, accepter Chabbat, prier Arvit et manger, en veillant à ne pas se contredire sur le temps de Min’ha. On ne conclut pas Hachkivenou par « Chomer amo Israël » mais par « hapores soukat chalom ».

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETTefila du vendredi soir : pas de nefiat apaïm à min’ha, Arvit avancée dès le plag, conclusion de Hachkivenou
À FAIREAvancer Arvit
Le monde accepte Chabbat dès que l’officiant entame Barekhou ; on peut aussi accepter Chabbat avant la tefila.
À FAIREDès le plag hamin’ha
Allumer, accepter Chabbat, prier Arvit et manger. Le plag : une heure et quart avant la nuit, ou avant le coucher du soleil (siman 263).
À FAIREMin’ha avant le plag
Qui prie Arvit de jour veillera à prier min’ha avant le plag, pour ne pas tenir deux avis qui s’opposent (R. Yehouda / Rabbanan).
À FAIRERelire le Chema la nuit
Le Chema est de la Torah : on le relit quand il fait certainement nuit, même si l’on a déjà prié Arvit de jour.
À FAIREHachkivenou
Conclure « hapores soukat chalom », pas « Chomer amo Israël » : le Chabbat n’a pas besoin de garde. Après la berakha : Vechamrou ; fêtes Vayedaber Moché ; Roch Hachana Tikeou ; Kippour Ki bayom hazé.
À ÉVITERNefiat apaïm à min’ha vendredi
On ne se prosterne pas, tout proche de Chabbat. De même, semble-t-il, à min’ha guédola après midi. Pain après midi : « Chir hamaalot », pas « Al naharot Bavel ».
À ÉVITERAllumer ou accepter Chabbat avant le plag
Même bediavad, si l’on a prié la tefila de Chabbat trop tôt, on doit revenir prier.
À ÉVITERCommencer à manger s’il reste moins d’une demi-heure
On attend le soir, on relit le Chema sans berakhot, puis on mange. Qui est indulgent, on ne le proteste pas — mais pas pour le Chema de la Torah.
OUIManger de jour après avoir accepté Chabbat
On peut kiddoucher et achever le repas de jour. Lekhathila, craindre l’avis qui exige un kazayit la nuit (les trois repas « aujourd’hui »). Oubli de « hapores » : tokh kedei dibour après « la’ad », le dire ; sinon on ne revient pas.
NONArvit de jour après min’ha post-plag
Certains sont indulgents en communauté. Seulement au bein hachemachot et en cas de nécessité, pas tant qu’il fait certainement jour.
Dès le plag on peut entrer dans Chabbat (allumer, Arvit, repas), à condition que min’ha et Arvit ne se contredisent pas. Le Chema de la Torah se lit la nuit. Hachkivenou se clôt par la souka de paix.

Glossaire

נפילת אפיים
nefiat apaïm (prosternation du Ta’hanoun)
פלג המנחה
plag hamin’ha (une heure et un quart avant la fin du jour)
בדיעבד
bediavad (après coup)
לכתחילה
lekhathila (a priori)
תוך כדי דיבור
tokh kedei dibour (dans le temps d’une parole)
כזית
kazayit (volume d’une olive)
בין השמשות
bein hachemachot (crépuscule)
תוספת מחול על הקודש
ajouter du profane au saint (avancer l’entrée de Chabbat)

(א) אין נופלין - מפני שהוא סמוך להכנסת שבת כ"כ הלבוש וכתב הפמ"ג ונראה דה"ה כשמתפללים מנחה גדולה אחר חצות נמי אין נופלים ע"פ וכן מי שאוכל פת אחר חצות ג"כ אין לומר על נהרות בבל כ"א שיר המעלות ועיין בה"ל:

On ne se prosterne pas - Parce que l’on est tout proche de l’entrée de Chabbat, ainsi le Levouch. Le Pri Megadim écrit : il semble que de même, lorsqu’on prie min’ha guédola après midi, on ne se prosterne pas non plus. De même, qui mange du pain après midi ne dira pas « Al naharot Bavel » mais « Chir hamaalot ». Voir le Béour Halakha.

(ב) מקדימין - משום דהוי נהיגי עלמא לקבל עליהם שבת מכי פתח הש"ץ ברכו וכדלעיל בסימן רס"א ס"ד לכך מהנכון להקדים להתפלל ערבית כדי להקדים הקבלת שבת וה"ה דיכול לקבל עליו שבת קודם תפלת ערבית:

On avance - Car le monde a pris l’habitude d’accepter Chabbat dès que l’officiant entame « Barekhou », comme plus haut au siman 261 seif 4 ; il convient donc d’avancer Arvit pour avancer l’acceptation de Chabbat. De même, on peut accepter Chabbat sur soi avant la tefila d’Arvit.

(ג) ובפלג וכו' - משמע מדברי המ"א דאפילו הנוהגין להתפלל מעריב בזמנה מותרים להתפלל בליל שבת מבע"י ובלבד שיהיה מפלג המנחה ואילך דכיון דמצותה להוסיף מחול על הקודש וכבר קבל שבת עליו יכול לסמוך על דעת הסוברים דהוי כלילה לענין תפלה אך הנוהג כן יזהר עכ"פ בע"ש להתפלל מנחה קודם פלג המנחה כדי שלא יהיה תרתי דסתרי אהדדי [היינו דלדעת ר' יהודה בגמרא זמן מנחה נמשך רק עד פלג המנחה ומשם ואילך הוא זמן תפלת ערבית ולדעת רבנן זמן מנחה הוא עד סוף היום וזמן מעריב הוא בערב] וי"א דבצבור יש להקל להתפלל מעריב מבע"י אף אם התפלל מנחה אחר פלג המנחה ונ"ל שאין לסמוך על זה רק כשהוא מתפלל מעריב עכ"פ בבין השמשות ובשעת הדחק אבל לא כשהוא עדיין ודאי יום וק"ש יחזור ויקרא כשהוא ודאי לילה ועיין בבה"ל:

Et au plag, etc. - Il ressort des propos du Maguen Avraham que même ceux qui ont l’habitude de prier Arvit à son temps sont autorisés, le vendredi soir, à prier de jour, pourvu que ce soit à partir du plag hamin’ha : puisque la mitsva est d’ajouter du profane au saint et qu’on a déjà accepté Chabbat, on peut s’appuyer sur l’avis de ceux qui tiennent que c’est comme la nuit pour la tefila. Mais qui agit ainsi veillera du moins, le vendredi, à prier min’ha avant le plag hamin’ha, afin de ne pas avoir deux [pratiques] qui se contredisent [c’est-à-dire : selon Rabbi Yehouda dans la Guemara, le temps de min’ha ne va que jusqu’au plag hamin’ha et, de là, c’est le temps d’Arvit ; selon les Rabbanan, le temps de min’ha va jusqu’à la fin du jour et le temps d’Arvit est le soir]. Certains disent qu’en communauté on peut être indulgent et prier Arvit de jour même si l’on a prié min’ha après le plag hamin’ha. Il me semble qu’on ne peut s’appuyer là-dessus que si l’on prie Arvit du moins au bein hachemachot et en cas de nécessité, mais non lorsqu’il fait encore certainement jour ; et l’on relira le Chema lorsqu’il fera certainement nuit. Voir le Béour Halakha.

(ד) המנחה יכול וכו' - אבל קודם פלג המנחה אין יכול להדליק ולקבל שבת ואפילו אם בדיעבד התפלל תפלת שבת צריך לחזור ולהתפלל. ופלג המנחה י"א דהוא שעה ורביע קודם הלילה וי"א דהוא שעה ורביע קודם השקיעה ועיין לעיל בסימן רס"ג ס"ד ובמש"כ שם במ"ב:

Min’ha, on peut, etc. - Mais avant le plag hamin’ha on ne peut allumer ni accepter Chabbat ; même si, bediavad (après coup), on a prié la tefila de Chabbat, on doit revenir prier. Le plag hamin’ha : certains disent que c’est une heure et un quart avant la nuit, d’autres une heure et un quart avant le coucher du soleil. Voir plus haut au siman 263 seif 4 et ce qu’écrit là le Michna Beroura.

(ה) ולאכול - הטעם דכיון דקבל עליו שבת והוסיף מחול על הקודש נחשב כשבת לענין זה דיכול לקדש ולאכול מיד ויוכל לגמור סעודתו מבע"י ויש חולקין וסוברין שיזהר למשוך סעודתו עד הלילה ויאכל כזית בלילה וטעמם דכיון דהג' סעודות ילפינן ממה דכתיב אכלוהו היום כי שבת היום לה' וגו' בעינן שיקיים אותם ביום שבת עצמו ולכתחלה נכון לחוש לדבריהם:

Et manger - La raison : puisqu’on a accepté Chabbat et ajouté du profane au saint, cela compte comme Chabbat à cet égard : on peut kiddoucher et manger aussitôt, et l’on peut achever son repas de jour. Certains contestent et tiennent qu’il faut veiller à prolonger le repas jusqu’à la nuit et manger un kazayit la nuit ; leur raison : les trois repas s’apprennent de « Mangez-le aujourd’hui, car c’est Chabbat aujourd’hui pour ה'… », il faut donc les accomplir le jour de Chabbat lui-même. Lekhathila (a priori), il convient de craindre leurs propos.

(ו) מיד - ואם לאחר שהתפלל מעריב אין עד הלילה חצי שעה יש ליזהר שלא להתחיל לאכול אלא ימתין עד הערב ויחזור ויקרא ק"ש בלא הברכות ואח"כ יאכל הואיל ולהרבה פוסקים לא יצא ידי חובת ק"ש קודם הלילה מיהו הנוהג להקל בזה אין למחות בידו דיש לו על מי לסמוך. וכ"ז לענין היתר אכילה אבל לענין ק"ש גופא דהוא דאורייתא אין לסמוך ויזהר לקרותה בלילה לצאת ידי חובת ק"ש:

Aussitôt - Si, après avoir prié Arvit, il ne reste pas une demi-heure jusqu’à la nuit, on veillera à ne pas commencer à manger : on attendra le soir, on relira le Chema sans les berakhot, puis on mangera, puisque selon beaucoup de décisionnaires on n’est pas quitte du Chema avant la nuit. Toutefois, qui a l’habitude d’être indulgent, on ne le proteste pas : il a sur qui s’appuyer. Tout cela pour la permission de manger ; mais pour le Chema lui-même, qui est de la Torah, on ne s’y appuie pas : on veillera à le lire la nuit pour s’acquitter du Chema.

(ז) אינו חותם - דבשבת א"צ שמירה כי השבת בעצמו הוא השומר אותנו:

Il ne conclut pas - Car le Chabbat n’a pas besoin de garde : le Chabbat lui-même nous garde.

(ח) אומר ופרוס - ר"ל דגם כי אל שומרנו וכו' לא יאמר דלא כמנהגנו והאחרונים יישבו המנהג:

Il dit « oufros » - C’est-à-dire qu’il ne dira pas non plus « ki El chomerénou, etc. », contrairement à notre usage ; les A’haronim ont justifié l’usage.

(ט) הפורס סוכת וכו' - ואם שכח ואמר שומר עמו ישראל תחת הפורס סוכת שלום אם נזכר תכ"ד יאמר מיד אחר תיבת לעד הפורס וכו' ואם שהה כדי דבור [הוא כדי שיאמר שלום עליך רבי ומורי] מעת שסיים תיבת לעד א"צ לאמרו ולא יחזור עוד הפעם. המנהג לומר אחר סיום הברכה ושמרו בני ישראל וגו' ובמועדים וידבר משה וגו' בר"ה תקעו וביוה"כ כי ביום הזה וגו' [פמ"ג]:

« Hapores soukat, etc. » - S’il a oublié et dit « chomer amo Israël » à la place de « hapores soukat chalom » : s’il s’en est aperçu tokh kedei dibour, il dira aussitôt après le mot « la’ad » « hapores, etc. » ; s’il a tardé le temps d’une parole [le temps de dire « chalom alekha rabbi umori »] depuis qu’il a achevé le mot « la’ad », il n’a pas à le dire et ne reviendra pas. L’usage est de dire, après la conclusion de la berakha, « Vechamrou bené Israël, etc. » ; aux fêtes, « Vayedaber Moché, etc. » ; à Roch Hachana, « Tikeou » ; à Yom Kippour, « Ki bayom hazé, etc. » [Pri Megadim].