משנה ברורה

Michna Beroura — siman 269

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi du kiddouch à la synagogue
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Usage de kiddoucher à la synagogue : le célébrant ne goûte pas, on fait goûter à un enfant. Le kiddouch n’a lieu qu’au lieu du repas. Institution d’abord pour les hôtes ; en Terre d’Israël on ne kiddouche pas à la synagogue. On se tient debout.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETKiddouch à la synagogue
À FAIREFaire goûter un enfant
On donne la coupe à un enfant. Le Maguen Avraham autorise même un enfant déjà à l’âge de l’éducation (vers 6 ou 7 ans, selon sa vivacité) : un plus petit n’a pas encore à être éduqué à la berakha, et celle du célébrant risquerait d’être vaine.
À FAIREAcquitter les auditeurs
Même si le célébrant n’est pas quitte (il n’est pas au lieu de son repas), il acquitte les autres : pour le kiddouch on bénit pour autrui même sans manger avec eux.
À FAIRESe tenir debout
Les Premiers disent que cela aide à la fatigue des genoux.
À FAIREMaintenir l’usage du vin
On recherche du vin et l’on achète, au prix de la mitsva, celui qui en donnera pour le kiddouch et la havdala de la synagogue. Beaucoup de Guéonim ont fondé l’usage : on ne l’abolit pas.
À ÉVITERGoûter soi-même à la synagogue
Le célébrant ne s’acquitte pas ici : le kiddouch n’a lieu qu’au lieu du repas. Il lui est interdit de goûter quoi que ce soit avant de kiddoucher chez lui.
OUIPas d’enfant d’âge d’éducation
Les A’haronim : le célébrant boit alors un reviit pour que cela compte comme lieu de repas, dit la berakha finale et vise à s’acquitter. Il pourra ensuite kiddoucher chez lui pour les gens de sa maison.
OUIEnfants le Chabbat matin
Il est permis de leur faire manger avant le kiddouch ; il est interdit de les affliger.
NONTerre d’Israël
On n’y kiddouche pas à la synagogue.
NONPremier soir de Pessa’h
Dans notre pays, kiddouch à la synagogue le Chabbat et Yom Tov seulement, pas le premier soir de Pessa’h.
Le kiddouch de synagogue n’acquitte pas le célébrant, seulement les auditeurs ; on fait goûter un enfant. Usage maintenu en diaspora, pas en Terre d’Israël ; on se tient debout.

Glossaire

חינוך
‘hinoukh (éducation de l’enfant aux mitsvot)
רביעית
reviit (quart de log, mesure de boisson)
קידוש במקום סעודה
kiddouch au lieu du repas
הוצאת אחרים
acquitter autrui par sa berakha

(א) מטעימו לקטן - הנה י"א שיזהר ליתן רק לקטן שלא הגיע לחינוך אבל המ"א כתב בשם הפוסקים דמותר ליתן אפילו לקטן שהגיע לחינוך (היינו כבר שית כבר שבע כל חד לפום חורפיה) ואדרבה אם יתן רק לקטן שלא הגיע לחינוך יהיה ברכת המברך לבטלה דהא לא הגיע לחנכו בברכה. ואפילו לפי מה שמבואר לקמן בסימן שמ"ג דאסור להאכיל בידים לקטן אפילו דברים שאסורים מדרבנן הכא שרי מפני כמה טעמים עיין במ"א וה"ה דמותר להאכיל לקטנים בשבת בשחרית לפני קידוש ואסור לענותו. כתבו האחרונים דאם אין קטן שהגיע לחינוך בבהכ"נ אזי ישתה כשיעור רביעית שיהא חשוב במקום סעודה כמש"כ סי' רע"ג ס"ה ויוצא בזה ויברך אח"כ ברכה אחרונה ויחשוב בדעתו לצאת בקידוש זה ומ"מ יכול אח"כ לחזור ולקדש בביתו להוציא בני ביתו וכמ"ש סימן רע"ג ס"ד:

Il en fait goûter à un enfant - Certains disent de veiller à ne donner qu’à un enfant qui n’a pas encore atteint l’âge de l’éducation ; mais le Maguen Avraham écrit au nom des décisionnaires qu’il est permis de donner même à un enfant qui a atteint l’âge de l’éducation (c’est-à-dire déjà six ou déjà sept ans, chacun selon sa vivacité) ; au contraire, si l’on ne donnait qu’à un enfant qui n’a pas atteint l’âge de l’éducation, la berakha de celui qui bénit serait en vain, car il n’a pas encore à l’éduquer à la berakha. Même selon ce qui est exposé plus loin au siman 343, qu’il est interdit de faire manger de ses mains à un enfant même des choses interdites de par les Sages, ici c’est permis pour plusieurs raisons, voir le Maguen Avraham. De même, il est permis de faire manger aux enfants le Chabbat matin avant le kiddouch, et il est interdit de les affliger. Les A’haronim écrivent : s’il n’y a pas à la synagogue d’enfant qui a atteint l’âge de l’éducation, qu’il boive alors la mesure d’un reviit, afin que cela compte comme lieu de repas, comme au siman 273 seif 5, et il est quitte par là ; il dira ensuite la berakha finale et aura en pensée de s’acquitter par ce kiddouch. Néanmoins, il pourra ensuite kiddoucher de nouveau chez lui pour acquitter les gens de sa maison, comme au siman 273 seif 4.

(ב) דאין קידוש וכו' - היינו דאין המקדש יוצא בקידוש זה כיון שאינו במקום סעודתו משו"ה אסור לו לטעום כלום עד שיקדש במקום סעודתו:

Car il n’y a de kiddouch, etc. - C’est-à-dire que celui qui kiddouche ne s’acquitte pas par ce kiddouch, puisqu’il n’est pas au lieu de son repas ; aussi lui est-il interdit de goûter quoi que ce soit avant de kiddoucher au lieu de son repas.

(ג) בבי כנישתא - עיין לעיל בסימן קנ"א ס"א במ"ב מש"כ בזה:

À la synagogue - Voir plus haut au siman 151 seif 1, au Michna Beroura, ce qu’il écrit à ce sujet.

(ד) להוציאם י"ח - ואע"ג דהמקדש עצמו לא יצא מוציא את האחרים כמ"ש סימן רע"ג דבקידוש יכול לברך לאחרים אע"פ שאינו אוכל עמהם:

Pour les acquitter - Bien que celui qui kiddouche lui-même ne soit pas quitte, il acquitte les autres, comme au siman 273 : pour le kiddouch on peut bénir pour autrui même si l’on ne mange pas avec eux.

(ה) שלא לקדש וכו' - ובמדינתנו נוהגין לקדש בבהכ"נ בשבת ויו"ט בלבד בליל א' של פסח אין לקדש בבהכ"נ [תפ"ז עי"ש]. ומהדרין אחר יין ונוהגין לקנות בדמים המצוה מי שיתן יין לבהכ"נ לקידושא ואבדלתא ואין לבטל המנהג כי הרבה גאונים יסדוהו כמ"ש הרשב"א:

De ne pas kiddoucher, etc. - Dans notre pays, on a l’habitude de kiddoucher à la synagogue le Chabbat et Yom Tov seulement ; le premier soir de Pessa’h, on ne kiddouche pas à la synagogue [siman 487, voir là]. On recherche du vin et l’on a l’habitude d’acheter, au prix de la mitsva, celui qui donnera du vin à la synagogue pour le kiddouch et la havdala ; il ne faut pas abolir l’usage, car beaucoup de Guéonim l’ont fondé, comme écrit le Rachba.

(ו) לעמוד - ואמרו הראשונים שזה מועיל לעייפות הברכים:

Se tenir debout - Les premiers ont dit que cela aide à la fatigue des genoux.