משנה ברורה

Michna Beroura — siman 272

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Sur quel vin l’on fait le kiddoush
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Quels vins et quelles boissons conviennent au kiddoush et à la havdala : vin à mauvaise odeur ou découvert, vin nouveau, tacheté, doux, blanc, de raisins secs, cuit ou mêlé de miel ; vin du pays, bière, pain ; et la berakha du vin qui dispense celui du repas.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETSur quel vin l’on fait le kiddoush
À FAIREVin du pressoir, même tout nouveau
Pressé juste avant Chabbat : permis. Mitsva de choix : vin vieux de 40 jours, bon vin (vérifier la cave), vin rouge ; à défaut de rouge, le blanc. Couper d’eau sans trop l’affaiblir.
À FAIREVin de raisins secs et vin doux
Raisins écrasés + eau, fermentés 3 jours, plus d’une part sur six d’eau. Vin doux (raisins trop mûrs ou fruits) : kasher pour le kiddoush. Cuire les raisins secs, filtrer : permis (‘Hayé Adam).
À ÉVITERMauvaise odeur, goût vinaigre, pellicule
Odeur de récipient répugnant : pas quitte même bediavad, ni havdala, ni bière à mauvaise odeur. Goût vinaigre (les gens s’en abstiennent) : même pas hagafen. Pellicule blanche : interdit ; points blancs (koumahin) : permis.
À ÉVITERVin comme de l’eau, miel, raisins sans jus
Goût d’eau : berakha vaine, pas quitte. Miel (toute quantité, Rambam) ou sucre pour adoucir : être rigoureux. Raisins secs sans aucune humidité même en pressant : pas de kiddoush ni hagafen.
OUIÀ défaut de vin
Soir : a priori seulement vin ou pain tenu en main. Matin et havdala : ‘hamar medina (bière, eau-de-vie) — coupe d’un reviit, boire un plein de la bouche.
OUIDécouvert un court moment
Goût et odeur inchangés : on n’y regardera pas. Vin cher : moins pointilleux. Bière : plus attentif ; s’il n’en a pas d’autre, bediavad on n’y regardera pas.
NONCe qui n’est pas ‘hamar medina
Lait, huile, eau : non. Vin cher = disponible. Vin d’Israël absent n’est pas « disponible » même si le vin de non-juif l’est.
NONVin cuit égal au non-cuit
Craindre les « il y a qui disent » et ne pas y faire le kiddoush. La berakha « boré peri hagafen » est déjà tranchée plus haut (siman 202).
REMAVin trop blanc : seulement en détresse s’il n’a pas de rouge (craindre le Ramban). Vin au goût vinaigre : le Rema a recopié la loi ; les Aharonim notent que même hagafen n’y est pas dit.
Le kiddoush demande un vin qu’on offrirait à un gouverneur : odeur, goût et aspect sains. À défaut, le soir on se rabat sur le pain ; le matin, sur le ‘hamar medina.

Glossaire

bediavad
après coup
lekhathila
a priori
havdala
distinction de la sortie de Chabbat
boré peri hagafen
bénédiction du fruit de la vigne
‘hamar medina
vin du pays, boisson courante locale
koumahin
points blancs à la surface du vin
nassakhim
libations du Temple
yayin tsemouqim
vin de raisins secs
yayin mevouchal
vin cuit
conditon
vin aromatisé au miel et au poivre
chéhakol
bénédiction « par Qui tout existe »
reviit
quart de log, mesure minimale de boisson
melo lougmav
plein de la bouche (majorité d’un reviit)
yayin sarouf
eau-de-vie
mé devach
hydromel, eau de miel
chékhar
bière
hakrivéhou na lefe‘hatékha
« offre-le donc à ton gouverneur » (Malachie 1,8) : on n’offre pas un produit défectueux pour une mitsva
méziga
coupage du vin avec de l’eau

(א) אין מקדשין - אפילו אין לו יין אחר ואפילו בדיעבד אם קידש משמע מדברי הרמב"ן שהובא בב"י דלא יצא ועיין בבה"ל. ואם מותר להבדיל על היין כזה עיין בחדושי רע"א שמסתפק בזה ול"נ פשוט הדבר לאיסור כיון שהטעם הוא משום הקריבהו נא לפחתך אח"כ מצאתי בברכי יוסף שכ"כ בשם ספר בית יהודה. ופשוט דה"ה על השכר שריחו רע אין מקדשין:

On ne fait pas le kiddoush - même s’il n’a pas d’autre vin, et même bediavad (après coup) s’il a fait le kiddoush, il ressort des propos du Ramban rapportés dans le Beth Yossef qu’il n’est pas quitte ; voir au Biour Halakha. Quant à savoir s’il est permis de faire la havdala sur un tel vin, voir les hidouchim de R. Akiva Eiger qui en doute ; et il me paraît simple que c’est interdit, puisque le motif est « offre-le donc à ton gouverneur ». J’ai trouvé ensuite dans le Birké Yossef qu’il a écrit ainsi au nom du livre Beth Yehouda. Et il est évident qu’il en va de même pour la bière à mauvaise odeur : on n’y fait pas le kiddoush.

(ב) שריחו רע - היינו שמסריח קצת מחמת שמונח בכלי מאוס ואף דמברכין עליו בפה"ג אפ"ה לקדש אסור משום הקריבהו נא לפחתך וגו':

Dont l’odeur est mauvaise - c’est-à-dire qu’il sent un peu mauvais pour avoir séjourné dans un récipient répugnant ; et bien qu’on récite sur lui « boré peri hagafen », néanmoins pour le kiddoush c’est interdit à cause de « offre-le donc à ton gouverneur », etc.

(ג) דלא קפדינן אגילוי - משום שאין מצויין אצלנו נחשים אפ"ה אסור משום הקריבהו נא לפחתך מיהו אם עמד שעה מועטת מגולה אין להקפיד האידנא כ"ז שלא נמר טעמו וריחו וכתב הח"א דדוקא במקום שהיין ביוקר דלא קפדי כולי האי בגילוי מועט אבל המקדש על השכר יהיה זהיר בזה ונראה דבאין לו אחר אין להקפיד בדיעבד גם בשכר כמו ביין:

Qu’on n’y regarde pas pour le découvert - parce que les serpents ne se trouvent pas chez nous ; néanmoins c’est interdit à cause de « offre-le donc à ton gouverneur ». Toutefois, s’il n’est resté découvert qu’un court moment, on n’y regardera pas aujourd’hui tant que son goût et son odeur n’ont pas changé. Le ‘Hayé Adam écrit que cela ne vaut que là où le vin est cher, si bien qu’on n’est pas si pointilleux sur un léger découvert ; mais celui qui fait le kiddoush sur la bière y sera attentif. Il semble que s’il n’en a pas d’autre, on n’y regardera pas après coup aussi pour la bière, comme pour le vin.

(ד) וטעמיה חלא - דבתר טעמא אזלינן וכחלא דמי ולכך לקמן בס"ג בטעמיה חמרא מקדשין עליו אע"ג דריחו חלא וטעמי' חלא נקרא כל שבני אדם נמנעין לשתותו משום חמצותו וכמ"ש סימן ר"ד ס"ד וכתבו האחרונים דלחנם העתיק הרמ"א דין זה דגם בפה"ג אין מברכין עליו כדאיתא שם וכ"ש שאין מקדשין:

Et dont le goût est vinaigre - car on suit le goût, et il est comme du vinaigre ; c’est pourquoi plus bas au seif 3, si son goût est vin, on y fait le kiddoush même si son odeur est vinaigre. « Dont le goût est vinaigre » désigne tout vin dont les gens s’abstiennent à cause de son acidité, comme il est écrit au siman 204 seif 4. Les Aharonim ont écrit que le Rema a copié cette loi pour rien, car même « boré peri hagafen » on ne le récite pas dessus, comme il est dit là, et à plus forte raison on n’y fait pas le kiddoush.

(ה) יין מגתו - ומ"מ מצוה מן המובחר ביין ישן והיינו כשכבר עבר עליו מ' יום:

Vin de son pressoir - néanmoins la mitsva de choix est le vin vieux, c’est-à-dire quand quarante jours ont déjà passé sur lui.

(ו) וסוחט אדם - בזה אשמועינן רבותא טפי אף שהוא חדש לגמרי שזה מקרוב שסחטו קודם השבת אפ"ה מותר לקדש עליו:

Et l’on peut presser - ici l’on nous enseigne a fortiori : même s’il est tout à fait nouveau, pressé tout récemment avant Chabbat, il est néanmoins permis d’y faire le kiddoush.

(ז) קמחין - היינו נקודות לבנות אבל אם יש עליו קרום לבן אין מקדשין עליו וכ' הא"ר דכשהסיר הקרום אין להחמיר:

Koumahin - c’est-à-dire des points blancs ; mais s’il y a dessus une pellicule blanche, on n’y fait pas le kiddoush. L’Eliya Rabba écrit qu’une fois la pellicule ôtée, il n’y a pas à être rigoureux.

(ח) מתוק - מדסתם משמע בין שנתבשלו הענבין בחמה יותר מדאי ועי"ז היין מתוק מאד ובין שהיין מתוק מאד מחמת הפירות עצמן שהיין הזה הוא גרוע ופסול לנסכים ואפ"ה כשר לקידוש ועיין בה"ל:

Doux - du fait qu’il a parlé sans préciser, cela vise aussi bien les raisins trop mûris au soleil, d’où un vin très doux, que le vin très doux à cause des fruits eux-mêmes ; ce vin est médiocre et impropre aux nassakhim, et néanmoins kasher pour le kiddoush. Voir au Biour Halakha.

(ט) ומ"מ מצוה וכו' - היינו אף דמקדשין אכל הני אף לכתחלה מ"מ מצוה מן המובחר לברור יין טוב וע"כ טוב שלא יקח מסתם יין שבמרתף לקידוש עד שיראה מתחלה אם אינו מקולקל:

Néanmoins c’est une mitsva, etc. - c’est-à-dire : bien qu’on fasse le kiddoush sur tous ceux-ci même lekhathila (a priori), néanmoins c’est une mitsva de choix de choisir un bon vin. Aussi vaut-il mieux ne pas prendre n’importe quel vin de la cave pour le kiddoush avant d’avoir vu d’abord s’il n’est pas gâté.

(י) על יין לבן וכו' - ולכו"ע מצוה לכתחלה לחזר אחר יין אדום אלא דאם אין לו אדום או שאינו משובח ס"ל לדעה זו דמותר לכתחלה לקדש על לבן:

Sur du vin blanc, etc. - et selon tous les avis, c’est une mitsva a priori de rechercher du vin rouge ; mais s’il n’a pas de rouge, ou qu’il n’est pas de qualité, cet avis tient qu’il est permis a priori de faire le kiddoush sur du blanc.

(יא) אבל מבדילין עליו - אם הוא חמר מדינה שם שהכל שותין אותו והטעם דלא גרע משכר דקי"ל לקמן בסימן רצ"ו ס"ב דמבדילין עליו אם הוא חמר מדינה וה"ה דמטעם זה מותר לקדש עליו בשחרית לכו"ע לפי מה שכתבו האחרונים לקמן בס"ט דבשחרית נוהגין להקל לקדש על כל משקה שהוא חמר מדינה:

Mais l’on fait la havdala dessus - s’il est ‘hamar medina là-bas, que tout le monde le boit. La raison : il n’est pas inférieur à la bière, dont on tient plus bas au siman 296 seif 2 qu’on fait la havdala dessus s’il est ‘hamar medina. De même, pour cette raison, il est permis d’y faire le kiddoush le matin selon tous, d’après ce qu’ont écrit les Aharonim plus bas au seif 9 : le matin on a l’habitude d’être indulgent et de faire le kiddoush sur toute boisson qui est ‘hamar medina.

(יב) כסברא ראשונה - ובא"ר משמע דביין שהוא לבן יותר מדאי נכון לחוש לדעת הרמב"ן שלא לקדש עליו אלא בשעת הדחק שאין לו אדום:

Comme le premier avis - et dans l’Eliya Rabba il appert que pour un vin trop blanc, il convient de craindre l’avis du Ramban et de n’y faire le kiddoush qu’en cas de détresse, s’il n’a pas de rouge.

(יג) יותר טוב למזגו - היינו שהוא מצוה מן המובחר:

Mieux vaut le couper d’eau - c’est-à-dire que c’est une mitsva de choix.

(יד) כראוי - היינו שלא יחלישנו יותר מדאי. והמברכין על היין שאין בו אלא מתיקות בעלמא וטעמו כמים מברכים לבטלה ואינם יוצאין ידי קידוש [ח"א] ועיין מה שכתבנו לקמיה:

Comme il convient - c’est-à-dire sans l’affaiblir trop. Ceux qui bénissent sur un vin qui n’a qu’une simple douceur et dont le goût est comme de l’eau bénissent en vain et ne s’acquittent pas du kiddoush [‘Hayé Adam]. Voir ce que nous avons écrit plus loin.

(טו) יין צמוקים - היינו שנעשה היין מענבים שנצטמקו בין שנצטמקו מחמה או ע"י תולדות האור אף דלענין נסכים אין מביאין מהן לכתחלה מ"מ לקידוש כשר. ואופן עשייתן הוא שלוקח הצמוקין וכותשן ונותנין עליהם מים ותוסס אז נקרא יין אחר שנשתהו ג' ימים:

Vin de raisins secs - c’est-à-dire le vin fait de raisins desséchés, que ce soit au soleil ou par dérivés du feu ; même si pour les nassakhim on n’en apporte pas a priori, pour le kiddoush il est kasher. La façon de le faire : on prend les raisins secs, on les écrase, on met de l’eau dessus, et cela fermente ; alors on l’appelle vin après trois jours de séjour.

(טז) מקדשין עליו - כתב בספר בכור שור דלפי מה שמבואר לעיל בסימן ר"ד ס"ה בהג"ה דאחד מששה יין במים ודאי בטל ואין מברכין עליו בפה"ג אף בכאן צריך ליזהר ליתן צמוקים כ"כ במים עד שיהיו הצמוקים מעט יותר מאחד מששה נגד המים דאל"ה תהיה הברכה לבטלה דלא עדיף מאלו היו כל הצמוקים יין [וכתב דמשערינן את גודל הצמוקים כמו שנתהוו אחר שנפחו ע"י המים ולא כשעת נתינתן במים אבל ביד אפרים בסימן ר"ד מפקפק עליו בזה וכן בדרך החיים חולק עליו בפשיטות בזה וסובר דמשערינן הצמוקין כפי עת נתינתן למים ולא כפי נפיחתן אח"כ דנפיחתן הוא רק ע"י המים שנכנסו בם] והנה יש פוסקים שסוברים דכ"ז שיש בו טעם יין יין מקרי [עיין ביו"ד סימן קכ"ג ס"ח בהג"ה] מ"מ כל י"ש יזהר בזה דכבר נפסק ביו"ד סימן קל"ד ס"ה ולעיל בסימן ר"ד ס"ה בהג"ה דבטלו באחד מששה במים וסתם יין שלנו יש בו בודאי שיעור הזה ויוכל לקדש עליו ועיין בבה"ל מה שכתבנו בשם תשו' משכנות יעקב:

On y fait le kiddoush - il est écrit dans le livre Bekhor Shor que, d’après ce qui est exposé plus haut au siman 204 seif 5 dans la glose, une part de vin pour six d’eau est certainement annulée et l’on ne récite pas dessus « boré peri hagafen » ; de même ici il faut prendre garde de mettre assez de raisins secs dans l’eau pour qu’ils soient un peu plus d’une part sur six par rapport à l’eau, sinon la berakha serait vaine, car ce n’est pas mieux que si tous les raisins secs étaient déjà du vin [et il écrit que l’on mesure le volume des raisins secs tels qu’ils sont devenus après avoir gonflé dans l’eau, et non au moment où on les y met ; mais le Yad Efraïm au siman 204 en doute, et de même le Déreh ‘Haïm le contredit simplement et tient que l’on mesure les raisins secs au moment où on les met dans l’eau, et non selon leur gonflement ultérieur, car ce gonflement ne vient que de l’eau entrée en eux]. Or il y a des décisionnaires qui tiennent que tant qu’il y a goût de vin, cela s’appelle vin [voir Yoré Déa siman 123 seif 8 dans la glose] ; néanmoins tout homme craignant le Ciel y prendra garde, car il a déjà été tranché en Yoré Déa siman 134 seif 5 et plus haut au siman 204 seif 5 dans la glose qu’il s’annule à une part sur six d’eau, et le vin courant chez nous a certainement cette mesure, et l’on peut y faire le kiddoush. Voir au Biour Halakha ce que nous avons écrit au nom des responsa Michkenot Yaakov.

(יז) לחלוחית קצת - ר"ל שאם אינו יוצא מהם שום לחלוחית אף אם ידרכום ברגל או יעצרום בקורה אלא ע"י שריה בלבד אין מקדשין עליו ואפילו בורא פה"ג אין מברכין עליו:

Un peu d’humidité - c’est-à-dire : s’il n’en sort aucune humidité, même en les foulant au pied ou en les pressant sous une poutre, mais seulement par trempage, on n’y fait pas le kiddoush, et l’on ne récite même pas « boré peri hagafen ».

(יח) וע"ל סימן ר"ד - דשם מבואר איזה שמרי יין וחרצנים שמברכין עליהן:

Et voir plus haut siman 204 - car là est exposé quels lies de vin et pépins l’on bénit.

(יט) על יין מבושל וכו' - ס"ל דע"י כל זה אין משתנה היין לגריעותא והי"א ס"ל דמשתנה לגריעותא ואפילו בפה"ג אין מברכין עליהם אלא שהכל:

Sur du vin cuit, etc. - ils tiennent que par tout cela le vin ne change pas en mal ; et les « il y a qui disent » tiennent qu’il change en mal, et que même « boré peri hagafen » on ne récite pas dessus, mais « chéhakol ».

(כ) שיש בו דבש - כעין קונדיטון שנעשה מיין ודבש ופלפלין ואפילו אם נשתנה טעמיה וריחיה עי"ז:

Dans lequel il y a du miel - comme le conditon, fait de vin, de miel et de poivre ; même si son goût et son odeur en sont changés.

(כא) שאין מקדשין עליהן - אפילו אם נתן בו דבש כל שהוא [רמב"ם] ואותן האנשים שמשימין מי דבש ביין למתק או משימין שם צוקער יש להחמיר לפי דבריו [פמ"ג]:

Que l’on n’y fait pas le kiddoush - même s’il y a mis n’importe quelle quantité de miel [Rambam]. Et ceux qui mettent de l’eau de miel dans le vin pour l’adoucir, ou qui y mettent du sucre, doivent être rigoureux selon ses paroles [Peri Megadim].

(כב) לקדש עליו - וע"כ מותר לבשל הצמוקין ולסנן היין ולקדש עליו [ח"א] ויש מחמירין דלא נקרא יין עד שיהיה תוסס ג' ימים אחר בישול הצמוקין [ספר החיים]:

Pour y faire le kiddoush - aussi est-il permis de faire cuire les raisins secs, de filtrer le vin et d’y faire le kiddoush [‘Hayé Adam]. Il y a des rigoureux : cela ne s’appelle vin qu’après avoir fermenté trois jours après la cuisson des raisins secs [Sefer Ha‘Hayim].

(כג) שאינו טוב וכו' - דאם הם שוין יש לחוש לדעת היש אומרים שמחמירין בזה שלא לקדש ולענין ברכה כבר נפסק לעיל בפשיטות בסימן ר"ב ס"א דמברכין עליו בפה"ג:

Qui n’est pas bon, etc. - car s’ils sont égaux, il faut craindre l’avis des « il y a qui disent » qui sont rigoureux de ne pas y faire le kiddoush. Quant à la berakha, il a déjà été tranché simplement plus haut au siman 202 seif 1 que l’on récite dessus « boré peri hagafen ».

(כד) שמקדשין על שכר - ודוקא במקום דהוי חמר מדינה דהיינו שאין יין מצוי בכל העיר בשנה הזו ועיקר שתייתן הוא משכר ושאר משקין ואם יש שם יין אלא שהוא ביוקר מקרי מצוי ואם אין יין ישראל מצוי אע"פ שיין א"י מצוי לא מקרי מצוי עי"ז:

Que l’on fait le kiddoush sur la bière - et seulement là où c’est ‘hamar medina, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de vin courant dans toute la ville cette année-là, et que l’essentiel de leur boisson est la bière et les autres breuvages. S’il y a du vin mais qu’il est cher, il est considéré comme disponible. Si le vin d’Israël n’est pas disponible, même si le vin de non-juif l’est, cela ne le rend pas « disponible ».

(כה) ושאר משקין - וחלב ושמן אין בכלל זה דהא אינו חמר מדינה דאין רגילין לשתותו למשקה ומ"ש חוץ מן המים ר"ל אף אם שתיית כל המקום ההוא הוא רק מים אפ"ה אין דינו לקרותו חמר מדינה עי"ז ואודות יין שרוף עיין לקמיה:

Et les autres boissons - le lait et l’huile n’entrent pas là-dedans, car ce n’est pas ‘hamar medina : on n’a pas l’habitude de les boire comme boisson. Ce qu’il dit « hors l’eau » : même si toute la localité ne boit que de l’eau, on ne l’appelle pas pour autant ‘hamar medina. Au sujet de l’eau-de-vie, voir plus loin.

(כו) חוץ מן המים - עיין לקמן בסימן רצ"ו ס"ב במש"כ שם במ"ב:

Hors l’eau - voir plus bas au siman 296 seif 2 dans ce qu’a écrit là le Michna Beroura.

(כז) ולהרא"ש וכו' - גם הרא"ש ס"ל כהי"א הראשון אלא דכיון שהפת בא לצורך סעודת שבת חשיב טפי משכר לקדש בו בלילה ולדינא יש ליזהר לכתחלה שלא לקדש בלילה על שום משקה חוץ מן היין או פת אם אין יין בעיר וכדלקמיה דהרבה גדולי הראשונים מחמירין שאינו יוצא בזה ידי קידוש וגם המחבר לא הכריע בזה להלכה:

Et selon le Roch, etc. - le Roch aussi tient comme le premier « il y a qui disent », sauf que puisque le pain vient pour le repas de Chabbat, il compte davantage que la bière pour y faire le kiddoush le soir. En pratique, on veillera a priori à ne faire le kiddoush le soir sur aucune boisson hors le vin ou le pain, s’il n’y a pas de vin en ville ; comme plus loin : beaucoup de grands Rishonim sont rigoureux que l’on ne s’acquitte pas ainsi du kiddoush, et le Mé’haber n’a pas tranché en cela pour la halakha.

(כח) על הפת - ומניח ידיו עליו עד גמר הקידוש כמ"ש סי' תפ"ג והטעם דכמו שצריך לאחוז בידו הכוס של קידוש כך צריך לאחוז הפת בידו כשמקדש על הפת:

Sur le pain - et il pose les mains dessus jusqu’à la fin du kiddoush, comme écrit au siman 483. La raison : de même qu’il faut tenir en main la coupe de kiddoush, il faut tenir le pain en main quand on fait le kiddoush sur le pain.

(כט) טוב לקדש - היינו דבזה הוא יותר טוב מעל הפת כמו שמפרש הטעם אבל יין במקום שהוא מצוי ודאי יברך עליו אפילו ביום וכדמוכח בסימן רפ"ט ס"ב ומ"מ במדינתנו שהיין ביוקר ורוב שתיית המדינה הוא משאר משקין לא נהגו אפילו הגדולים להדר אחר יין ביום שהקידוש שלו הוא רק מדרבנן לכו"ע וסומכין עצמן על דברי המקילין בזה ומי שמברך גם ביום על היין ודאי עושה מצוה מן המובחר:

Il est bon de faire le kiddoush - c’est-à-dire que c’est mieux que sur le pain, comme il en explique la raison ; mais le vin, là où il est disponible, on le bénira certainement même le jour, comme il ressort du siman 289 seif 2. Néanmoins dans notre pays où le vin est cher et où la plupart des boissons du pays sont d’autres breuvages, même les grands n’ont pas l’habitude de rechercher du vin le jour, dont le kiddoush n’est que de rabbanan selon tous, et ils s’appuient sur les paroles des indulgents en cela. Qui bénit aussi le jour sur le vin accomplit certainement une mitsva de choix.

(ל) על השכר - ואם חביב לו יין שרוף יכול לקדש עליו ביום לכתחלה במדינתנו שהוא חמר מדינה אך שיזהר ליקח כוס מחזיק רביעית ולשתות ממנו מלא לוגמיו שהוא רוב רביעית ובדיעבד או בשעת הדחק שאין יכול לשתות כמלא לוגמיו ואין לו יין ושאר משקין אפילו שתיית כל המסובין מצטרפין למלא לוגמיו וכדלעיל סימן רע"א סי"ד. ולענין מי דבש ושאר משקים עיין במה שכתבנו לקמן בסימן רצ"ו במ"ב:

Sur la bière - et s’il aime l’eau-de-vie, il peut y faire le kiddoush le jour a priori dans notre pays, où c’est ‘hamar medina ; mais qu’il prenne une coupe contenant un reviit et en boive un plein de la bouche, qui est la majeure partie d’un reviit. Après coup, ou en cas de détresse s’il ne peut boire un plein de la bouche et n’a ni vin ni autres boissons, même la boisson de tous les convives s’additionne pour le plein de la bouche, comme plus haut au siman 271 seif 14. Pour l’eau de miel et les autres boissons, voir ce que nous avons écrit plus bas au siman 296 dans le Michna Beroura.

(לא) שהכל - ובזו הברכה שהוא מוסיף קודם הסעודה הוא היכר שהוא לכבוד השבת משא"כ אם יברך על הפת אין כאן היכר כלל שהרי בבוקר אין אומרים נוסח הקידוש:

Chéhakol - et par cette berakha qu’il ajoute avant le repas, il y a un signe que c’est en l’honneur de Chabbat ; ce qui n’est pas le cas s’il bénit sur le pain : il n’y a aucun signe, car le matin on ne dit pas la formule du kiddoush.

(לב) לא יקדש על הפת - כדי לחוש לדעת ר"ת שסובר דאין מקדשין על הפת כלל [מ"א]. ודע דאפילו להרא"ש ויתר הפוסקים דנקטינן כוותייהו דמותר לקדש על הפת ג"כ מודו דבמקום שיש יין בעיר אין מקדשין על הפת דעיקר מצוה הוא על היין אך דלדידהו אם הפת חביב לו יותר מיין אז מותר לקדש על הפת אפילו יש לו יין וכן פסק בדה"ח ואפשר שע"ז סומכין העולם להקל בזה:

Qu’il ne fasse pas le kiddoush sur le pain - pour craindre l’avis de Rabbenou Tam qui tient que l’on ne fait pas du tout le kiddoush sur le pain [Magen Avraham]. Sache que même selon le Roch et les autres décisionnaires que nous suivons, qui permettent le kiddoush sur le pain, ils conviennent qu’où il y a du vin en ville on ne fait pas le kiddoush sur le pain, car l’essentiel de la mitsva est sur le vin ; mais selon eux, si le pain lui est plus cher que le vin, alors il est permis de faire le kiddoush sur le pain même s’il a du vin. Ainsi a tranché le Déreh ‘Haïm, et peut-être que le monde s’appuie là-dessus pour être indulgent.

(לג) יכול לקדש עליו וכו' - ובמ"א הכריע דאסור בזה לקדש ע"מ שישתו אחרים כיין שהם יודעים לברך בעצמן בפה"ג וכדמוכח לקמן סימן רע"ג ס"ד אלא הם יקדשו בעצמן והוא יקדש על הפת:

Il peut y faire le kiddoush, etc. - et le Magen Avraham a tranché qu’il est interdit, en ce cas, de faire le kiddoush pour que d’autres boivent, comme du vin, s’ils savent bénir eux-mêmes « boré peri hagafen », comme il ressort plus bas au siman 273 seif 4 ; qu’ils fassent plutôt le kiddoush eux-mêmes, et lui sur le pain.

(לד) או ישמע קידוש מאחרים - ר"ל ילך אצל מסובין אחרים שמקדשין לעצמן:

Ou qu’il entende le kiddoush d’autrui - c’est-à-dire qu’il aille chez d’autres convives qui font le kiddoush pour eux-mêmes.

(לה) פוטרת - דכיון שהוא במקום הסעודה צרכי סעודה הוא ומחמתה הוא בא:

Dispense - car puisqu’il est au lieu du repas, ce sont des besoins du repas, et c’est à cause d’eux qu’il vient.

(לו) שבתוך הסעודה - מברכת בפה"ג וה"ה שפוטרת יין שלאחר הסעודה קודם בהמ"ז:

Celui qui est dans le repas - de la berakha « boré peri hagafen » ; de même elle dispense le vin d’après le repas avant le Birkat Hamazon.

(לז) דברכת המזון פוטרתו - דכוס של קידוש הוא ג"כ בכלל דברים הבאים מחמת הסעודה:

Car le Birkat Hamazon le dispense - car la coupe de kiddoush entre aussi dans les choses qui viennent à cause du repas.

(לח) ועיין לעיל סימן קע"ד - היינו דשם מבואר דאפילו לא היה לו יין כלל בתוך המזון ג"כ פוטר הבהמ"ז לכוס של קידוש:

Et voir plus haut siman 174 - c’est-à-dire que là il est exposé que même s’il n’avait aucun vin pendant le repas, le Birkat Hamazon dispense aussi la coupe de kiddoush.