Interdiction de manger dès la tombée de la nuit, repas commencé de jour, boisson séparée, coupe de Birkat hamazon, rattrapage de la havdala jusqu'au mardi, jeûne après Chabbat, havdala à table, travaux permis après hamavdil sans Nom ni royauté.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) משתחשך - ואפילו בספק חשיכה ועיין לעיל בסימן רס"א במ"ב דנקטינן לספק חשיכה תיכף מששקעה החמה לענין הדלקת הנרות וכל מלאכה ומ"מ נ"ל דלענין אכילת סעודה שלישית אם לא אכל מקודם בודאי צריך לאכול אפילו אחר שקיעה ואפילו לשאר אכילה אם הוא תאב לאכול ולשתות ג"כ אין להחמיר עד חצי שעה שקודם צה"כ. כתב המ"א דמה שכתב המחבר משתחשך מיירי כשלא התפלל ערבית אבל אם התפלל ערבית אפילו אם התפלל מבע"י [דיש אופן שמותר וכבסי' רצ"ג] חלה עליו חובת הבדלה ואסור לאכול עד שיבדיל על הכוס:
Dès qu'il fait nuit - et même en cas de doute sur la tombée de la nuit. Voir plus haut au siman 261 dans le MB : l'on considère le doute de nuit dès le coucher du soleil pour l'allumage des lumières et pour tout travail. Néanmoins il me semble que pour le repas de seouda chelichit, s'il n'a pas encore mangé, il doit certainement manger même après le coucher du soleil ; et même pour toute autre consommation, s'il a faim et soif, il n'y a pas lieu d'être rigoureux jusqu'à la demi-heure précédant tseet hakokhavim. Le Maguen Avraham écrit que ce que le Mé'haber dit « dès qu'il fait nuit » vise le cas où l'on n'a pas encore prié Arvit ; mais si l'on a prié Arvit, même si on l'a priée de jour (il y a un cas où c'est permis, cf. siman 293), l'obligation de havdala s'impose déjà et il est interdit de manger jusqu'à ce que l'on fasse la havdala sur la coupe.
(ב) יושב ואוכל - ואפילו רק התחלה בעלמא שבירך ברכת המוציא מבע"י ונשתהה לאכול עד שחשכה [אחרונים]:
S'il est assis et mange - même s'il n'a fait qu'un commencement quelconque : il a béni hamotsi de jour et s'est attardé à manger jusqu'à la tombée de la nuit [A'haronim].
(ג) מבעוד יום - דוקא בזה שהתחיל לאכול בהיתר אבל אם התחיל באיסור פוסק ומבדיל אך בלא"ה צריך לפסוק משום ק"ש של ערבית שהיא דאורייתא אם התחיל לאכול בתוך חצי שעה שקודם צה"כ וכדלעיל בסימן רל"ה ואין לסמוך על קריאת השמש לבהכ"נ [ואפילו במקום שדרך לקרות] אלא אם רגיל לילך לבהכ"נ במו"ש [מ"א וש"א]:
De jour encore - uniquement dans ce cas où il a commencé à manger de façon permise ; mais s'il a commencé de façon interdite, il s'interrompt et fait la havdala. Quoi qu'il en soit, il doit s'interrompre à cause du Chema du soir, qui est de la Torah, s'il a commencé à manger dans la demi-heure précédant tseet hakokhavim, comme plus haut au siman 235. On ne se fie pas à l'appel du chamach vers la synagogue [même là où c'est l'usage de l'appeler], sauf s'il a l'habitude d'aller à la synagogue le motzaei Chabbat [Maguen Avraham et autres].
(ד) א"צ להפסיק - ואפילו לק"ש ותפלה א"צ להפסיק באמצע סעודתו כיון שהתחיל מבע"י דהיה בהיתר ואין להחמיר בזה להפסיק שאם היה מפסיק באמצע נראה כמגרש המלך ודומה לזה דרשו במכילתא זכור ושמור שמרהו ביציאתו כאדם שאינו רוצה שילך אוהבו מאצלו כ"ז שיכול. ואם הפסיק תוך הסעודה והתפלל כתב המ"א דאפשר דחלה עליו חובת הבדלה ואסור לאכול עד שיבדיל:
Il n'est pas tenu de s'interrompre - et même pour le Chema et la tefila, il n'est pas tenu de s'interrompre au milieu de son repas, puisqu'il a commencé de jour, ce qui était permis. Il ne faut pas être rigoureux au point de s'interrompre : s'il s'interrompait au milieu, cela paraîtrait comme chasser le Roi. C'est dans ce sens que l'on a expliqué dans la Mekhilta « souviens-toi et observe » : garde-le à sa sortie, comme un homme qui ne veut pas que son ami le quitte tant qu'il le peut. Et s'il s'est interrompu au milieu du repas et a prié, le Maguen Avraham écrit qu'il se peut que l'obligation de havdala s'impose alors et qu'il lui soit interdit de manger jusqu'à ce qu'il fasse la havdala.
(ה) יושב ושותה וחשכה לו - היינו שישב לשתות מבע"י ולא בתוך הסעודה וחשכה לו ואפילו אם רק נעשה ספק חשיכה צריך להפסיק דשתיה לאו דבר חשוב הוא שתועיל התחלתו מבע"י:
S'il est assis et boit, et qu'il lui fait nuit - c'est-à-dire qu'il s'est assis pour boire de jour, et non au cours d'un repas, et qu'il lui a fait nuit ; même s'il n'y a qu'un doute de tombée de la nuit, il doit s'interrompre, car la boisson n'est pas une chose assez importante pour que le commencement de jour soit efficace.
(ו) וי"א דה"מ וכו' - קאי על מה שכתב בדעה קמייתא דבהתחיל מבע"י אין צריך להפסיק אפילו כשנעשה ודאי חשיכה ולדעה זו צריך להפסיק אבל לענין לכתחלה אין נ"מ בין דעה זו לדעה קמייתא דאף לדעה קמייתא אסור להתחיל לאכול אפילו בספק חשיכה:
Et certains disent que cela n'est valable etc. - cela se rapporte à ce qu'il a écrit selon le premier avis : s'il a commencé de jour, il n'est pas tenu de s'interrompre même quand la nuit est certaine. Selon cet avis, il doit s'interrompre. Mais lekhathila (a priori), il n'y a pas de différence entre cet avis et le premier : même selon le premier avis, il est interdit de commencer à manger même en cas de doute de tombée de la nuit.
(ז) היו שותים - היינו בתוך אכילתן והתחלת אכילה היתה מבעוד יום ולכך ס"ל להדעה קמייתא דכיון שלא היו צריכין להפסיק אף שחשכה וכדלעיל בס"א האמירה שאמרו בואו ונבדיל אין מזיק לזה ורשאין לאכול ולשתות וא"צ לחזור ולברך שלא הסיחו דעתם ע"י אמירה זו אבל כשהיו עוסקים בשתיה לבד דצריך להפסיק כשחשכה וכדלעיל אם אמרו בואו ונבדיל לכו"ע הסיחו דעתם מהשתיה ואם רוצים לשתות עוד [אע"פ שאינם רשאים] צריכים לחזור ולברך:
S'ils buvaient - c'est-à-dire au cours de leur repas, et le commencement du repas était encore de jour. C'est pourquoi, selon le premier avis, puisqu'ils n'étaient pas tenus de s'interrompre même quand il a fait nuit, comme plus haut au seif 1, le fait d'avoir dit « venez, faisons la havdala » n'y nuit pas : ils peuvent manger et boire, et n'ont pas à bénir de nouveau, car ils n'ont pas détourné leur esprit par cette parole. Mais s'ils n'étaient occupés qu'à boire, cas où il faut s'interrompre quand il fait nuit comme plus haut, s'ils ont dit « venez, faisons la havdala », tous les avis s'accordent qu'ils ont détourné leur esprit de la boisson ; et s'ils veulent encore boire [bien qu'ils n'y soient pas autorisés], ils doivent bénir de nouveau.
(ח) בדבר - ס"ל דכיון שאמרו בואו ונבדיל צריכין לחזור ולברך והעיקר כדעה קמייתא:
À ce sujet - ils tiennent que, puisqu'ils ont dit « venez, faisons la havdala », ils doivent bénir de nouveau. L'essentiel est selon le premier avis.
(ט) כשמפסיק להבדיל - היינו אפילו אם היה קבוע מתחלה לשתיה לבד דמחוייב להפסיק אפ"ה א"צ לברך עתה בפה"ג שנפטר בברכת בפה"ג שבירך על שתיה הראשונה ואצ"ל אם קאי באמצע אכילתו שא"צ מן הדין להפסיק ורוצה עתה להבדיל על היין שא"צ לברך עליו בפה"ג אם כבר בירך בפה"ג על היין שבתוך הסעודה או שלפני הסעודה וכן אם מבדיל על השכר בתוך הסעודה א"צ לברך שהכל אפילו אם לא בירך כלל שהכל מתחלה שברכת המוציא פוטרת אותה:
Quand il s'interrompt pour faire la havdala - même s'il s'était fixé d'emblée à la seule boisson, cas où il est tenu de s'interrompre, néanmoins il n'a pas à bénir maintenant bore peri hagafen, car il en a déjà été dispensé par la bénédiction bore peri hagafen qu'il a dite sur la première boisson. À plus forte raison s'il est au milieu de son repas, cas où il n'est pas tenu en droit de s'interrompre, et qu'il veut maintenant faire la havdala sur le vin : il n'a pas à bénir bore peri hagafen s'il a déjà béni bore peri hagafen sur le vin du repas ou d'avant le repas. De même, s'il fait la havdala sur la bière au cours du repas, il n'a pas à bénir chéhakol, même s'il n'a pas du tout béni chéhakol au départ, car la bénédiction hamotsi la dispense.
(י) וי"א שצריך - ס"ל דכוס של הבדלה הוא ענין בפ"ע ואין שייך לסעודה והעיקר כדעה א' ומ"מ טוב ליזהר לכתחלה שלא להבדיל בסעודה לא על השכר ולא על היין אם כבר בירך מתחלה על היין ואם הוא מוכרח להפסיק ולהבדיל כגון שהיה עוסק מתחלה בשתיה לבד לא יברך דהעיקר כדעה א':
Et certains disent qu'il faut - ils tiennent que la coupe de havdala est un sujet à part et n'a pas de rapport avec le repas. L'essentiel est selon le premier avis. Néanmoins, il est bon de veiller lekhathila à ne pas faire la havdala pendant le repas, ni sur la bière ni sur le vin, s'il a déjà béni au départ sur le vin. Et s'il est forcé de s'interrompre et de faire la havdala, par exemple s'il n'était occupé au départ qu'à boire, qu'il ne bénisse pas, car l'essentiel est selon le premier avis.
(יא) ומברך וכו' - היינו למ"ד בהמ"ז טעונה כוס ועיין סימן קפ"ב ס"א:
Et il bénit etc. - c'est-à-dire selon l'avis que le Birkat hamazon requiert une coupe. Voir siman 182 seif 1.
(יב) על הכוס - ואינו טועמו עד אחר הבדלה כדי שלא יפגמנו:
Sur la coupe - et il n'y goûte pas avant après la havdala, afin de ne pas la rendre pagoum.
(יג) ואם יש לו שני כוסות וכו' - הטעם דאין אומרים שתי קדושות על כוס אחד ורישא דאין לו כ"א אחד שאני:
Et s'il a deux coupes etc. - la raison est que l'on ne dit pas deux saintetés sur une même coupe ; le début du seif, où il n'en a qu'une, est différent.
(יד) מברך בהמ"ז - ומותר לשתות מהכוס אף שהוא קודם הבדלה דכוס של בהמ"ז שייך לסעודה. וכ"ז למי שנזהר תמיד לברך על כוס אבל למי שמברך לפעמים בלא כוס לפי שסומך על הפוסקים שס"ל דאין בהמ"ז טעונה כוס אסור לו לשתות עתה מהכוס של בהמ"ז קודם הבדלה [מ"א וש"א] וכתב הח"א דזה דוקא אם הוא כבר ודאי חשיכה אבל אם הוא ספק חשיכה נראה דיכול לשתות מכוס של בהמ"ז אף מי שאינו נזהר תמיד לברך על הכוס:
Il bénit le Birkat hamazon - et il est permis de boire de la coupe même avant la havdala, car la coupe du Birkat hamazon appartient au repas. Tout cela pour qui veille toujours à bénir sur une coupe ; mais pour qui bénit parfois sans coupe, s'appuyant sur les décisionnaires qui tiennent que le Birkat hamazon ne requiert pas de coupe, il lui est interdit de boire maintenant de la coupe du Birkat hamazon avant la havdala [Maguen Avraham et autres]. Le 'Haïei Adam écrit que cela n'est vrai que si la nuit est déjà certaine ; mais s'il y a doute de tombée de la nuit, il semble qu'il puisse boire de la coupe du Birkat hamazon, même celui qui ne veille pas toujours à bénir sur la coupe.
(טו) טעה ואכל וכו' - וה"ה אם הזיד ואכל אף דעבר במזיד מ"מ צריך להבדיל אח"כ בלילה אלא אורחא דמילתא נקט וכן מה שכתב אח"כ בס"ו שכח ולא הבדיל ה"ה בהזיד ולא הבדיל:
S'il s'est trompé et a mangé etc. - et il en est de même s'il a mangé mezid (volontairement) : bien qu'il ait transgressé volontairement, il doit néanmoins faire la havdala ensuite dans la nuit ; le texte n'a pris que le cas habituel. De même, ce qu'il écrit ensuite au seif 6 « s'il a oublié et n'a pas fait la havdala » s'applique aussi s'il a omis volontairement et n'a pas fait la havdala.
(טז) מבדיל עד סוף וכו' - דכל אלו הג' ימים שייכים עוד לשבת העבר ומכאן והלאה שייכים לשבת הבאה ומ"מ לכו"ע לכתחלה יקדים להבדיל ביום א' דזריזין מקדימין למצות וגם דאסור לו לאכול קודם שיבדיל כיון דבידו הוא להבדיל. כתב בחידושי רע"א בשם ספר לשון חכמים דבמוצאי יו"ט אין להבדלה תשלומין דבשבת שייך לומר דהג' ימים ראשונים שייכים עוד לשבת שעבר משא"כ ביו"ט ומ"מ הגרע"א מצדד שם דכל יום א' שאחר יו"ט יכול להבדיל ע"ש:
Il fait la havdala jusqu'à la fin etc. - car ces trois jours appartiennent encore au Chabbat passé, et à partir de là ils appartiennent au Chabbat à venir. Néanmoins, de l'avis de tous, lekhathila il avancera la havdala dès le dimanche, car les zélés devancent les mitsvot, et aussi parce qu'il lui est interdit de manger avant d'avoir fait la havdala, puisqu'il a la possibilité de la faire. Dans les 'Hidouchim de R. Aqiva Eiger au nom du livre Lechon 'Hakhamim : à la sortie de Yom Tov, la havdala n'a pas de rattrapage, car pour Chabbat on peut dire que les trois premiers jours appartiennent encore au Chabbat passé, ce qui n'est pas le cas pour Yom Tov. Néanmoins le Gaon R. Aqiva Eiger incline là-bas à dire que tout dimanche suivant un Yom Tov on peut faire la havdala ; voir là-bas.
(יז) אלא כל יום ראשון - דלא ס"ל הסברא הנ"ל אך ביום הראשון הטעם הוא דהיום הולך אחר הלילה של מו"ש:
Mais seulement tout le premier jour - ils ne tiennent pas le raisonnement ci-dessus ; mais pour le premier jour, la raison est que le jour suit la nuit de motzaei Chabbat.
(יח) אבל על הנר וכו' - דברכת על האור משום דבמו"ש הוא זמן בריאתו ועל הבשמים נמי משום כדי להשיב נפש הכואבת ביציאת נשמה יתירה וכ"ז לא שייך ממו"ש ואילך [עו"ש]:
Mais sur la lumière etc. - car la bénédiction sur la lumière est due au fait que motzaei Chabbat est le moment de sa création, et celle sur les parfums aussi, afin de ranimer l'âme qui souffre de la sortie de la nechama yetera ; et tout cela n'a plus lieu à partir de motzaei Chabbat [Olat Chabbat].
(יט) כסברא הראשונה - ואתרוייהו יש אומרים קאי [א"ר]:
Selon le premier avis - et cela se rapporte aux deux « certains disent » [Eliya Rabba].
(כ) ג' ימים וג' לילות - עיין באחרונים שכתבו דה"ה אם מתענה ב' ימים וב' לילות ואפילו יום אחד ולילו אף דיכול לקיים מצות הבדלה בעצמו אחר תענית מ"מ יותר טוב שישמע במו"ש הבדלה מאחרים דקרובי אבדלתא לשבת עדיף טפי דאז הוא עיקר מצות הבדלה והא דנקט ג' ימים משום סיפא דבאין אחרים יכול להבדיל מבע"י וזהו דוקא בג' ימים דיעבור הזמן ולא יוכל לקיים הבדלה כלל משא"כ בשני ימים דלא יעבור הזמן טוב יותר שימתין ויבדיל לבסוף שני ימים משיבדיל מבע"י:
Trois jours et trois nuits - voir les A'haronim qui ont écrit qu'il en est de même s'il jeûne deux jours et deux nuits, et même un jour et sa nuit : bien qu'il puisse accomplir lui-même la mitsva de havdala après le jeûne, il est néanmoins préférable qu'il entende la havdala de motzaei Chabbat d'autrui, car rapprocher la havdala du Chabbat est meilleur, c'est alors l'essentiel de la mitsva de havdala. S'il a mentionné trois jours, c'est à cause de la fin : s'il n'y a personne d'autre, il peut faire la havdala de jour ; et cela uniquement pour trois jours, car le temps passerait et il ne pourrait plus accomplir la havdala du tout ; ce qui n'est pas le cas pour deux jours, où le temps ne passe pas : il vaut mieux attendre et faire la havdala à la fin des deux jours plutôt que de la faire de jour.
(כא) ישמע הבדלה מאחרים - וה"ה דיכול להבדיל בעצמו ויתן לאחרים לשתות וכדלעיל בסימן רע"ב ס"ט אך המ"א שדי בזה שם נרגא דזה אינו מותר רק דוקא כשאחרים בעצמן אין יודעים לברך ולכן עצה זו עדיף טפי:
Qu'il entende la havdala d'autrui - et il en est de même qu'il peut faire la havdala lui-même et donner à boire à d'autres, comme plus haut au siman 272 seif 9. Mais le Maguen Avraham y a porté atteinte : cela n'est permis que si les autres eux-mêmes ne savent pas bénir ; c'est pourquoi ce conseil [d'entendre d'autrui] est préférable.
(כב) מבעוד יום - היינו אחר פלג המנחה ויתפלל ג"כ מעריב מקודם וכדלעיל בסימן רצ"ג ס"ג ואפ"ה מותר לאכול ולשתות אח"כ ולא אמרינן דכיון דאבדיל כבר קיבל עליו את התענית ואסור בשתיה משום דעיקר התענית אינו מחמת חובה כת"ב אלא מחמת נדרו ובנדרים הולכים אחר לשון בני אדם ובלשון ב"א גם אחר שהבדיל מקרי יום והתענית אינו מתחיל אלא מתחלת הלילה ואפשר שגם בבין השמשות שהוא ספק לילה אבל לא מקודם וה"ה כשמקבל עליו תענית של לילה ויום בשאר ימי החול ג"כ אין חל עליו חובת תענית מבע"י אף שכבר התפלל ערבית:
De jour encore - c'est-à-dire après plag hamin'ha, et il priera aussi Arvit auparavant, comme plus haut au siman 293 seif 3. Néanmoins il lui est permis de manger et de boire ensuite ; on ne dit pas que, puisqu'il a déjà fait la havdala, il a accepté le jeûne et qu'il lui serait interdit de boire. Car l'essentiel du jeûne n'est pas une obligation comme Ticha beAv, mais vient de son vœu ; et pour les vœux on suit le langage des gens, et dans le langage des gens, même après que l'on a fait la havdala, cela s'appelle encore le jour, et le jeûne ne commence qu'au début de la nuit — et peut-être aussi au bein hachemashot qui est un doute de nuit, mais pas avant. Il en est de même quand il accepte un jeûne de nuit et de jour les autres jours de semaine : l'obligation de jeûne ne s'impose pas encore de jour, même s'il a déjà prié Arvit.
(כג) ולקבל אח"כ - אין הכונה שיקבל תענית ממש דהא כבר קיבל עליו היום במנחה כדרך כל תענית שצריך קבלה במנחה שלפניו ואי מיירי שיש עליו נדר מכבר להתענות כל ג' ימים שאחר שבת ג"כ א"צ עתה קבלת תענית כלל אלא ר"ל שיקבל אח"כ בדעתו שיתחיל התענית מעתה ועיין בבה"ל:
Et accepter ensuite - ce n'est pas qu'il doive accepter réellement un jeûne, car il l'a déjà accepté aujourd'hui à Min'ha, comme tout jeûne qui requiert une acceptation à la Min'ha précédente. Et s'il s'agit d'un cas où il a déjà un vœu de jeûner les trois jours après Chabbat, il n'a pas du tout besoin maintenant d'une acceptation de jeûne ; cela signifie plutôt qu'il acceptera ensuite dans son esprit que le jeûne commence dès maintenant. Voir le Biour Halakha.
(כד) על שלחנו - לאו דוקא ולא בא למעט אלא חדר אחר דשם הוי ההבדלה מידי אחרינא אבל באותו חדר חשוב על שלחנו דהא בדעתם לשתות אח"כ בסעודה שיאכלו שם אחר זה:
À sa table - ce n'est pas au sens strict ; il n'est venu exclure qu'une autre pièce, où la havdala serait une autre affaire. Mais dans la même pièce, cela compte comme à sa table, car ils ont l'intention de boire ensuite au repas qu'ils y prendront après cela.
(כה) אא"כ נטל ידיו - שנט"י היא התחלת קביעות הסעודה ושייכא לסעודה והא דמותר להבדיל ולא חשיב הפסק בין נטילה להמוציא עיין בסימן קע"ד במ"א סק"ו:
À moins qu'il n'ait fait netilat yadayim - car netilat yadayim est le commencement de la fixation du repas et appartient au repas. Quant au fait qu'il soit permis de faire la havdala sans que cela compte comme une interruption entre le lavage et hamotsi, voir siman 174 dans le Maguen Avraham seif katan 6.
(כו) ואם הבדיל תחלה - הגה זו היא מסקנת דעת הי"א דס"ל דמה שהבדיל קודם הנטילה אע"פ שהוא על שלחנו אינו שייך למה שישתה תוך המזון אח"כ ומשו"ה צריך לברך מחדש תוך הסעודה על היין וע"כ חייב לברך ברכה אחרונה קודם הסעודה ולהלכה ודאי יש לפסוק ספק ברכות להקל ופטור מברכה אחרונה ובתוך הסעודה ג"כ פטור לברך על היין כדעה הראשונה ועיין לעיל בסימן קע"ד ס"ד ובמש"כ שם במ"ב:
Et s'il a d'abord fait la havdala - cette glose est la conclusion de l'avis de « certains disent », qui tiennent que ce qu'il a fait comme havdala avant le lavage, bien que ce soit à sa table, n'a pas de rapport avec ce qu'il boira ensuite pendant le repas ; c'est pourquoi il doit bénir de nouveau pendant le repas sur le vin, et donc il est tenu de dire la bénédiction finale avant le repas. Mais en halakha, certainement on tranchera « doute de bénédictions, on est indulgent » : il est exempt de bénédiction finale, et pendant le repas il est aussi exempt de bénir sur le vin, selon le premier avis. Voir plus haut siman 174 seif 4 et ce que nous avons écrit là dans le MB.
(כז) כשפוטר וכו' - היינו דאז בודאי אמרינן דשתיה חדא היא והבהמ"ז פוטר גם לכוס הבדלה מברכה אחרונה ואפילו אם בירך בהמ"ז בלא כוס הבהמ"ז עצמו פוטרו אבל אם אין לו יין על תוך המזון וגם אין לו כוס לבהמ"ז שיפטור גם אותו דרך אגב בברכה אחרונה שלו אז י"א דאינו נפטר בבהמ"ז וצריך לברך ב"א על כוס הבדלה וזהו תמצית ביאור דברי השו"ע:
Quand il dispense etc. - c'est-à-dire qu'alors certainement on dit que c'est une seule et même boisson, et le Birkat hamazon dispense aussi la coupe de havdala de la bénédiction finale ; même s'il a dit le Birkat hamazon sans coupe, le Birkat hamazon lui-même le dispense. Mais s'il n'a pas de vin pour pendant le repas, et n'a pas non plus de coupe pour le Birkat hamazon qui le dispenserait aussi en passant par sa bénédiction finale, alors certains disent qu'il n'est pas dispensé par le Birkat hamazon et doit dire une bénédiction finale sur la coupe de havdala. C'est le résumé de l'explication des paroles du Choul'han Aroukh.
(כח) וסבור שיביאו וכו' - דאל"ה הלא מבואר ברצ"ו ס"ג די"א דיאכל קודם הבדלה ואח"כ יברך בהמ"ז ויבדיל על כוס אחד ע"ש ועוד דאל"ה עדיף טפי לברך ברכה אחרונה תיכף אחר שתיית הכוס ולא להמתין לברך אותה אחר שיסעוד ויברך בהמ"ז:
Et il croit que l'on apportera etc. - sinon, il est exposé au siman 296 seif 3 que certains disent qu'il mangerait avant la havdala, puis dirait le Birkat hamazon et ferait la havdala sur une seule coupe ; voir là-bas. De plus, sinon, il vaudrait mieux dire la bénédiction finale tout de suite après avoir bu la coupe, et non attendre de la dire après qu'il aura dîné et dit le Birkat hamazon.
(כט) שצריך לברך - ואף דגבי כוס קידוש פסק השו"ע לעיל בסימן רע"ב ס"י דא"צ לברך ברכה אחרונה אחריו בכל גווני דבהמ"ז פוטרתו קידוש שאני שהיא צורך סעודה דאין קידוש אלא במקום סעודה משא"כ הבדלה. והנה הי"א הזה הוא דעת הטור שחילק בסברא זו שכתבנו ועיין במ"א שהוכיח דהרא"ש לא ס"ל לחלק בזה וכן בביאור הגר"א דעתו כהמ"א וע"כ נראה שאם לא בירך קודם הסעודה לא יברך אח"כ:
Qu'il doit bénir - bien que pour la coupe de kiddouch le Choul'han Aroukh ait tranché plus haut au siman 272 seif 10 qu'il n'a pas à dire de bénédiction finale après elle en aucun cas, le Birkat hamazon la dispensant : le kiddouch est différent, car il est nécessaire au repas — « pas de kiddouch sinon au lieu du repas » —, ce qui n'est pas le cas de la havdala. Or cet avis de « certains disent » est l'avis du Tour, qui a distingué selon ce raisonnement que nous avons écrit. Voir le Maguen Avraham qui a prouvé que le Roch ne tient pas cette distinction, et de même dans le Biour haGra son avis est comme le Maguen Avraham. C'est pourquoi il semble que s'il n'a pas béni avant le repas, il ne bénira pas ensuite.
(ל) לסעוד תיכף - אבל אם אינו סועד תיכף א"צ לכסותו דלא שייך קדימה בזה:
Pour dîner tout de suite - mais s'il ne dîne pas tout de suite, il n'est pas tenu de le couvrir, car la priorité n'a pas lieu en ce cas.
(לא) וצריך להקדימו - אף דבכאן אין להקדימו דאסור לאכול קודם הבדלה מ"מ כיון שבעלמא הדין נותן להקדימו וא"כ הוי ביזוי לפת שיקדים לו דבר אחר לכן יש לכסותו:
Et il faut le faire précéder - bien qu'ici l'on ne doive pas le faire précéder, puisqu'il est interdit de manger avant la havdala, néanmoins, puisque d'ordinaire le droit est de le faire précéder, ce serait un mépris pour le pain de lui faire précéder autre chose ; c'est pourquoi il faut le couvrir.
(לב) שום מלאכה - ואפילו חפצים האסורים מדברי סופרים [א"ר]:
Aucun travail - même les choses interdites par les Sages [Eliya Rabba].
(לג) קודם שיבדיל - היינו אפילו משתחשך כיון שלא הבדיל עדיין חל במקצת קדושת שבת עליו ואסרו חז"ל במלאכה:
Avant qu'il fasse la havdala - c'est-à-dire même dès qu'il fait nuit : puisqu'il n'a pas encore fait la havdala, une part de sainteté de Chabbat s'impose encore sur lui, et les Sages ont interdit le travail.
(לד) אומר המבדיל - בלבוש איתא אומר ברוך המבדיל בין הקודש ובין החול ומ"מ אינו נקרא זה ברכה כיון שאין אומר בה שם ומלכות ומה שדי בלשון זה לענין עשיית מלאכה שהוא להכירא בעלמא ללוות את המלך:
Il dit hamavdil - dans le Levouch il est dit qu'il dit « Baroukh hamavdil bein hakodech ouvein ha'hol ». Néanmoins cela n'est pas appelé bénédiction, puisqu'on n'y dit pas le Nom et la royauté. Ce langage suffit pour le travail, car ce n'est qu'un signe pour accompagner le Roi.
(לה) בין הקודש וכו' - וא"צ לומר כל הלשון של הבדלה ומ"מ לענין אכילה לא מהני עד שיבדיל הבדלה גמורה על הכוס וגם בתפלה:
Entre le saint etc. - et il n'est pas tenu de dire tout le texte de la havdala. Néanmoins, pour manger, cela n'est pas efficace jusqu'à ce qu'il fasse une havdala complète sur la coupe et aussi dans la tefila.
(לו) בלא ברכה וכו' - וביו"ט שחל במו"ש ורוצה לעשות מלאכת אוכל נפש ולא הבדיל עדיין בתפלה אומר ברוך המבדיל בין קודש לקודש בלא שם מלכות ומותר במלאכה אבל לענין טעימה אסור אפילו הבדיל בתפלה שאמר ותודיענו עד שיקדש כדין:
Sans bénédiction etc. - et un Yom Tov qui tombe le motzaei Chabbat, s'il veut faire un travail d'okhel nefech et n'a pas encore fait la havdala dans la tefila, il dit « Baroukh hamavdil bein kodesh lekodesh » sans Nom ni royauté, et le travail lui est permis. Mais pour goûter, c'est interdit même s'il a fait la havdala dans la tefila en disant Vatodiénou, jusqu'à ce qu'il fasse le kiddouch selon la règle.
(לז) שאינן מבדילין וכו' - היינו שרובן לא נהגו להתפלל במוצאי שבת:
Qui ne font pas la havdala etc. - c'est-à-dire que la plupart n'ont pas l'usage de prier le motzaei Chabbat.
(לח) אבל הדלקת הנר וכו' - הטעם כיון דמדאורייתא בלא הבדלה מותר במלאכה רק תקנת חכמים הוא שצריך להבדיל מקודם הקילו במלאכה שאין בה טורח:
Mais l'allumage de la lumière etc. - la raison est que, de la Torah, sans havdala le travail est permis ; ce n'est qu'une institution des Sages qu'il faut d'abord faire la havdala. Aussi ont-ils été indulgents pour un travail qui n'implique pas de peine.
(לט) ומזה נתפשט המנהג וכו' - עיין מ"א שמפקפק מאד על מנהג זה וכן בב"י דמנין לנו לחלק בין מלאכה למלאכה וגם רבינו ירוחם אפשר שלא כוון להקל בזה רק אחר שהבדיל בתפלה וע"כ מסיק דיש לדרוש ברבים שילמדו בנותיהם לומר המבדיל בין קודש לחול קודם שיעשו שום מלאכה ומכש"כ אותן שמבערות עצים ואש ומחממות מים דהוי מלאכה שיש בה טורח ולכו"ע אסור וכ"כ שארי אחרונים:
Et de là s'est répandu l'usage etc. - voir le Maguen Avraham qui doute fort de cet usage, et de même le Beit Yossef : d'où savons-nous de distinguer entre travail et travail ? Et Rabbenou Yerou'ham n'a peut-être entendu être indulgent qu'après que l'on a fait la havdala dans la tefila. C'est pourquoi il conclut qu'il faut prêcher en public que l'on enseigne à ses filles à dire « hamavdil bein kodesh le'hol » avant de faire aucun travail ; à plus forte raison celles qui allument bois et feu et chauffent de l'eau, ce qui est un travail impliquant de la peine, interdit de l'avis de tous. Ainsi ont écrit les autres A'haronim.
(מ) העיקר כסברא ראשונה - ובעל נפש יעשה כמ"ש בדרכי משה בשם אור זרוע וכן איתא בזוהר (פ' במדבר) שלא להדליק נר עד אחר סדר קדושה אבל חזן הכנסת מותר להדליק נר אחר שהבדיל בתפלה או אמר ברוך המבדיל בין קודש לחול משום כבוד הצבור שיושבין בחושך וטלטול הנר שרי לכו"ע [מ"א] ולהביא יין ביו"ט שני אחר שחשכה אף שלא התפלל עדיין וגם לא קידש אפ"ה שרי דהא אין בזה משום מלאכה רק משום הכנה מיו"ט לחבירו וכיון שנתקדש היום שרי. מהרי"ל היה מקפל הטלית שלו בכל מוצאי שבת כדי להתעסק במצוה מיד:
L'essentiel est selon le premier avis - et l'homme scrupuleux fera comme il est écrit dans Darkhei Moché au nom de l'Or Zaroua, et ainsi est-il dans le Zohar (paracha Bamidbar) : ne pas allumer de lumière avant après le seder de kedoucha. Mais le 'hazan de la synagogue peut allumer une lumière après avoir fait la havdala dans la tefila ou avoir dit « Baroukh hamavdil bein kodesh le'hol », en raison de l'honneur du public qui est assis dans le noir. Déplacer la lumière est permis de l'avis de tous [Maguen Avraham]. Et apporter du vin le second jour de Yom Tov après qu'il a fait nuit, même s'il n'a pas encore prié ni fait le kiddouch, est néanmoins permis, car il n'y a pas là de travail mais seulement une préparation d'un Yom Tov à l'autre, et puisque le jour s'est sanctifié, c'est permis. Le Maharil pliait son talit chaque motzaei Chabbat afin de s'occuper d'une mitsva aussitôt.