De la maison en feu, on ne sauve que la nourriture des repas restants du Chabbat, de peur qu'affolé on n'éteigne. Les maisons proches, moins affolées, peuvent sauver davantage. On sauve les Écrits saints, même en toute langue, de nos jours. Dire à un non-juif d'éteindre n'est permis que pour les Écrits saints ; « quiconque éteint n'y perd pas » est toléré. De nos jours, vivant parmi les non-juifs, on éteint dès qu'il y a un doute de danger de mort. Il est interdit de profaner le Chabbat pour un bien ; qui l'a fait shogeg jeûne et donne à la tsédaka.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) יכול להציל וכו' - עיין לקמן בסי"א דלהציל מבית לחצר שלו י"א דיכול להוציא כל מה שירצה:
il peut sauver, etc. - voir plus loin au seif 11 : pour sauver de la maison vers sa propre cour, certains disent qu'il peut sortir tout ce qu'il veut.
(ב) ובשחרית מזון וכו' - הב"ח כתב דאם הוא לאחר חצות אפילו אם עדיין לא אכל אין מציל כ"א מזון סעודה אחת ובפמ"ג מפקפק בזה:
et le matin, de la nourriture, etc. - le Ba'h a écrit que s'il est après midi, même s'il n'a pas encore mangé, on ne sauve que la nourriture d'un seul repas ; le Pri Megadim en doute.
(ג) שהדליקה בו - ר"ל וע"כ ודאי בהול ואי שרית ליה אתי לכבויי. והנה כאן אסרינן להציל כדי שלא יכבה וגבי מת מתירין להצילו כדי שלא יכבה כמ"ש רסי' שי"א כתבו התוספות דבמת אדם בהול עליו טפי ולכך הוצרכו להתיר כדי שלא יכבה במזיד אבל כאן דאין אדם בהול כ"כ ואפילו אם לא נתיר לו לא יבוא לכבות במזיד ואם נתיר לו חיישינן שמא מתוך טרדתו ישכח ויכבה את הדליקה:
où l'incendie s'est déclaré - c'est-à-dire qu'il est donc certainement affolé, et si tu lui permets, il en viendra à éteindre. Or ici l'on interdit de sauver afin qu'il n'éteigne pas ; et s'agissant d'un mort, l'on permet de le sauver afin qu'on n'éteigne pas, comme au début du siman 311. Les Tossafot ont écrit que pour un mort l'homme est davantage affolé ; aussi a-t-on dû permettre afin qu'on n'éteigne pas mezid (volontairement). Mais ici l'homme n'est pas aussi affolé : même si l'on ne lui permet pas, il n'en viendra pas à éteindre volontairement ; et si l'on permet, l'on craint que, dans son trouble, il n'oublie et n'éteigne l'incendie.
(ד) הקרובים - שאינם בהולים כ"כ [ועיין בספר נזר ישראל שהביא בשם שלחן עצי שטים שכתב דלפי מה שמבואר לקמן בסכ"ו בהג"ה דבזה"ז שאנו שרויין בין הא"י ויש חשש סכנת נפשות דמותר לכבות ממילא מותרין אפילו באותו בית שהדליקה שם להציל אוכלין כמה שירצו וה"ה דברים המוקצים וכמו שהדין בבית השכנים כיון דאין לגזור שמתוך שיהיה בהול יבוא לכבות דהרי בזה"ז מותר לכבות ואין זה מוכרח דאפשר שמתוך בהילתו יבוא לידי שאר מלאכות להוצאה בר"ה וכדומה וכענין שאמרו שם בגמרא קי"ז ע"ב גבי נשברה לו חבית בראש גגו ע"ש ומ"מ אין למחות ביד המקילין דלדעת הט"ז המובא בסק"ב משמע ג"כ דבהצלת מעות מותר לדעת בעל התרומות אם אין עובר עי"ז איסור דאורייתא וכן באו"ה אף דבנ"א מפקפק מאד על דבריו ע"ש] וכתב הח"א ואפשר דלפ"ז גם אחרים חוץ מבעה"ב ואשתו ובניו מהבית שהדליקה בו שהם בהולים אבל אנשים אחרים שאינם בהולים כ"כ מותר להם להציל בשבילו ואפילו מעות דאין בו אלא איסור מוקצה [והיינו כדעת היש מתירין שהובא בסמוך] אבל אסור לטלטל בשבילו לכרמלית עכ"ל:
les [maisons] proches - qui ne sont pas aussi affolées. [Voir le livre Nézer Israël, qui rapporte au nom de Choulhan Atsé Chittim : d'après ce qui est exposé plus loin au seif 26 dans la glose, de nos jours, où nous vivons parmi les non-juifs et où il y a un risque de danger de mort, il est permis d'éteindre ; dès lors, même dans la maison même où l'incendie s'est déclaré, on pourrait sauver autant d'aliments qu'on veut, et de même les objets mouktsé, comme la règle pour la maison des voisins, puisqu'on n'a plus à craindre qu'affolé on en vienne à éteindre — car de nos jours il est permis d'éteindre. Cela n'est pas décisif : il se peut qu'affolé on en vienne à d'autres travaux, comme une sortie vers le domaine public, et à la manière de ce qu'a dit la Guemara 117b au sujet d'un tonneau brisé au sommet du toit ; voir là. Toutefois on ne proteste pas contre ceux qui sont indulgents : selon le Taz rapporté au seif katan 2, il appert aussi que pour sauver de l'argent, l'avis du Baal Hateroumot le permet s'il n'y a pas par là d'interdit de la Torah ; et de même dans Or Zaroua, bien que le Nézer Israël doute fort de ses paroles ; voir là.] Le 'Hayé Adam a écrit : d'après cela, il se peut que d'autres personnes aussi, hors le maître de maison, sa femme et ses fils de la maison où l'incendie s'est déclaré — ceux-là sont affolés —, mais des gens qui ne sont pas aussi affolés puissent sauver pour lui, même de l'argent, où il n'y a qu'un interdit de mouktsé [c'est l'avis de ceux qui permettent, rapporté ci-après] ; mais il est interdit de transporter pour lui vers une karmelith. Fin de citation.
(ה) יש מתירים - היינו דוקא בבית אחר שאינם בהולים ולא בבית הדליקה וכנ"ל בס"א:
certains permettent - uniquement dans une autre maison, où l'on n'est pas affolé, et non dans la maison de l'incendie, comme ci-dessus au seif 1.
(ו) לטלטל וכו' - טעמם דלמדו מהא דהתירו למי שהחשיך בדרך להוליך כיסו פחות מד"א כדי שלא יעשה איסור חמור ממנו ויוליך אותם להדיא ה"ה נמי בכאן התירו איסור טלטול מוקצה כדי שלא יבוא לכבות הדליקה וגם גבי אנסים התירו כדי שלא יבוא להוציא אותם לר"ה להדיא וטעם האוסרים דס"ל דדוקא במי שהחשיך בדרך הוא שהתירו לו כדי שלא יעשה איסורא רבה אבל באנסים ליכא למיחש למידי דלהוצאה ליכא למיחש שודאי לא יוציאנה בפני האנסים שמתיירא להראות להם וגם גבי דליקה ליכא למיחש לשמא יכבה כיון שהדליקה עדיין בבית אחרים ואינו בהול עליהם טובא כמ"ש ס"א ועיין בב"ח שהכריע כהמתירין [והעתיקו כמה אחרונים את דבריו] משום דאיכא למיחש כיון דאין אדם מעמיד עצמו על ממונו אי לא נתיר לו יחשוב בעצמו בין כך ובין כך אני עושה איסור ואתי להטמינם בקרקע ע"י חפירה ויעשה איסור דאורייתא ואיתא בספר מהרי"ל בשם מהר"ש והביאו בא"ר דבשעת הזעם שמתיראין שהאנסים יבואו ויחטפו את אשר לו מותר לישראל לטלטל מעותיו ואפילו מחוץ לעירוב ע"ש ועיין לעיל בסימן ש"א סל"ג בהג"ה ובט"ז ובמ"א ופמ"ג שם דאין מותר כ"א כשנושאן שלא כדרך הוצאה דהיינו בין בגדו לבשרו וכה"ג:
transporter, etc. - leur raison : ils ont appris de celui que la nuit a surpris en chemin, à qui l'on a permis de porter sa bourse moins de quatre coudées afin qu'il ne commette pas un interdit plus grave en la portant d'un trait ; de même ici l'on a permis l'interdit de manier le mouktsé afin qu'il n'en vienne pas à éteindre l'incendie. De même face aux agresseurs, l'on a permis afin qu'il n'en vienne pas à sortir l'argent vers le domaine public d'un trait. La raison de ceux qui interdisent : ils tiennent que c'est seulement pour celui que la nuit a surpris en chemin qu'on a permis, afin qu'il ne commette pas un grand interdit ; mais face aux agresseurs, il n'y a rien à craindre : on ne craint pas la sortie, car certainement il ne le sortira pas devant les agresseurs, de peur de le leur montrer ; et pour l'incendie, on ne craint pas qu'il éteigne, puisque l'incendie est encore dans une autre maison et qu'il n'est pas trop affolé pour elle, comme au seif 1. Voir le Ba'h, qui a tranché comme ceux qui permettent [et plusieurs Aharonim ont recopié ses paroles], parce qu'il y a à craindre : l'homme ne se tient pas passif sur son bien, et si on ne lui permet pas, il se dira : de toute façon je fais un interdit, et il en viendra à les cacher en terre par creusement, commettant un interdit de la Torah. Il est rapporté dans le Maharil au nom du Maharash, et l'Eliya Rabba le cite, qu'au temps de la colère, lorsqu'on craint que les agresseurs ne viennent ravir son bien, un Israélite peut transporter son argent, même hors de l'érouv ; voir là. Voir plus haut au siman 301 seif 33 dans la glose, le Taz, le Magen Avraham et le Pri Megadim là-bas : ce n'est permis que s'il les porte autrement que par voie de sortie, c'est-à-dire entre son vêtement et sa chair, ou de façon analogue.
(ז) דבמקום פסידא וכו' - וכ"ז דוקא מפני הדליקה או הליסטים שבהול הרבה אבל אם ירדו גשמים על סחורה המוקצה ודאי אסור לטלטל ע"י ישראל [כ"כ מ"א ותו"ש וכן משמע בהגר"א]:
car en cas de perte, etc. - et tout cela uniquement à cause de l'incendie ou des brigands, dont on est fort affolé ; mais si la pluie tombe sur une marchandise mouktsé, il est certainement interdit de la transporter par un Israélite [ainsi le Magen Avraham et le Tossefet Chabbat, et ainsi il appert du Gaon de Vilna].
(ח) יש מי שאוסר - הוא דעת הרשב"א ועיין לעיל בסימן ש"ז ס"ה סתם שם המחבר כדעה הראשונה ששנאה בסתמא כדעת הרמב"ם דאיסור שבות מותר ע"י א"י במקום שהוא צריך לדבר צורך הרבה ועיין שם במסקנת המ"א דדוקא במקום שיש הפסד גדול:
il y a qui interdit - c'est l'avis du Rachba. Voir plus haut au siman 307 seif 5 : le Mé'haber y a tranché sans opposition, selon le premier avis qu'il a énoncé simplement comme l'avis du Rambam, qu'un interdit de chvout est permis par un non-juif lorsqu'on a grandement besoin de la chose. Voir là la conclusion du Magen Avraham : uniquement lorsqu'il y a une grande perte.
(ט) וע"ל סימן ש"ז סי"ט - היינו דשם סתם המחבר בדעה הראשונה דמותר לומר כל המציל אינו מפסיד אע"פ שממילא מבין הא"י:
et voir plus haut siman 307 seif 19 - c'est-à-dire que là le Mé'haber a tranché simplement selon le premier avis : il est permis de dire « quiconque sauve n'y perd pas », bien que le non-juif comprenne de lui-même.
(י) הציל פת - ואפילו הציל הוא פת הרבה רשאים בני ביתו ג"כ להציל כ"א מזון ג' סעודות אף שיכולים לאכול משלו דלכל חד התירו להציל ג' סעודות וכ"כ הרב"י דאפילו יש לו מה יאכל רשאי להציל [מ"א] וכן אפי' מתענה בשבת ת"ח רשאי להציל דלא חלקו חז"ל [תו"ש]:
il a sauvé du pain - même s'il a lui-même sauvé beaucoup de pain, les gens de sa maison peuvent aussi sauver, chacun la nourriture de trois repas, même s'ils peuvent manger du sien : à chacun on a permis de sauver trois repas. Ainsi a écrit le Beit Yossef : même s'il a de quoi manger, il peut sauver [Magen Avraham]. De même, même un savant qui jeûne le Chabbat peut sauver, car nos Sages n'ont pas distingué [Tossefet Chabbat].
(יא) פת הדראה - דאין כאן שייכות ערמה לומר פת הדראה ניחא לי:
pain grossier (hadraa) - car il n'y a pas lieu ici de ruse pour dire : le pain grossier m'agrée.
(יב) שרי - מפני שיכול לומר מחמת בהילותי שכחתי ולקחתי פת הדראה אבל באמת אני רוצה לאכול פת נקיה ואפילו לכתחלה יכול להציל פת הדראה ואח"כ נקיה. וה"ה בשר ודגים או שאר שני מינים אפי' אם הציל כבר מין אחד יכול לומר במין השני אני חפץ [אחרונים]:
c'est permis - parce qu'il peut dire : dans mon affolement j'ai oublié et j'ai pris du pain grossier, mais en vérité je veux manger du pain fin ; et même lekhathila (a priori) il peut sauver d'abord le pain grossier, puis le fin. De même pour la viande et le poisson, ou deux autres espèces : même s'il a déjà sauvé une espèce, il peut dire : c'est de la seconde que je désire [Aharonim].
(יג) מיום הכיפורים לשבת - דהא ביום השבת לא יוכל להכין משא"כ משבת ליו"ט דהא יוכל להכין ביו"ט גופא וכן משבת ליוה"כ וכגון שחל יוה"כ באחד בשבת ג"כ אסור דהא לא אכיל עד לאורתא במוצאי יוה"כ ולאורתא ליטרח וליתי ואע"ג דלא מקלע לדידן יוה"כ ושבת סמוכים להדדי כתב השו"ע זה הסעיף לאשמועינן דאם יוה"כ חל ביום ה' ויודע שלא ימצא לקנות על השבת ביום וי"ו מצילין:
de Yom Kippour vers Chabbat - car le jour du Chabbat on ne pourra pas préparer ; ce qui n'est pas le cas de Chabbat vers Yom Tov, où l'on peut préparer le Yom Tov même. De même de Chabbat vers Yom Kippour — par exemple si Yom Kippour tombe le dimanche — c'est aussi interdit, car on ne mange qu'au soir, à la sortie de Yom Kippour, et le soir on se donnera la peine d'apporter. Bien que chez nous Yom Kippour et Chabbat ne tombent pas l'un contre l'autre, le Choulhan Aroukh a écrit ce seif pour enseigner que si Yom Kippour tombe le jeudi et qu'on sait qu'on ne trouvera pas à acheter pour Chabbat le vendredi, on sauve.
(יד) מזון סעודה אחת - מפני הסכנה שיתענו עוד כשלא יזדמן להם מה לאכול ומ"מ בשבת לא רצו להתיר מה"ט למוצאי יוה"כ דחמירא:
la nourriture d'un seul repas - à cause du danger qu'ils jeûnent encore s'il ne se trouve pas de quoi manger. Toutefois, le Chabbat, on n'a pas voulu permettre pour cette raison vers la sortie de Yom Kippour, qui est plus grave.
(טו) לחולה ולזקן וכו' - דלא חלקו חכמים בשיעור ג"ס בין להקל בין להחמיר:
pour un malade, un vieillard, etc. - car les Sages n'ont pas distingué dans la mesure des trois repas, ni pour alléger ni pour aggraver.
(טז) פירש טליתו - ואפילו אם היה המזון בכמה כלים ומערה אותן לתוך הטלית שרי אבל להניח הרבה כלים מלאים תוך הטלית ולהוציאם בבת אחת אסור כיון שהם כלים מחולקים:
il a étendu son talit - même si la nourriture était dans plusieurs récipients et qu'il les verse dans le talit, c'est permis ; mais poser beaucoup de récipients remplis dans le talit et les sortir d'un coup est interdit, puisqu'ils sont des récipients distincts.
(יז) כגון כוסות וקיתוניות - וה"ה שאר כלים הצריכים לו לצורך סעודותיו כגון כפות וסכינים וכדומה [פמ"ג]:
par exemple des coupes et des cruches - et de même les autres ustensiles dont il a besoin pour ses repas, comme des cuillers, des couteaux et analogues [Pri Megadim].
(יח) וחוזר ולובש - והא דלא שרינן באוכלין ומשקין לחזור ולהוציא משום דהתם חיישינן שמא ישכח שבת ויכבה אבל הכא כיון שלא התירו אלא דרך לבישה רמי אנפשיה ומדכר ואה"נ דלהוציא מלבושים בידו אין מותר כ"א מה שצריך לו לאותו יום כאוכלין ומשקין:
et il se rhabille - pourquoi n'a-t-on pas permis, pour les aliments et les boissons, de revenir et de sortir encore ? Parce que là l'on craint qu'il n'oublie le Chabbat et n'éteigne. Ici, puisqu'on n'a permis que par voie de vêtement, il se rappelle et se souvient. De même, sortir des vêtements à la main n'est permis que pour ce dont il a besoin ce jour-là, comme les aliments et les boissons.
(יט) ויש מי שאומר וכו' - והלכה כדעה קמייתא:
et il y a qui dit, etc. - et la halakha est selon le premier avis.
(כ) בואו והצילו לכם - אבל אין יכול לבקשם שיצילו בשבילו דלא הותר לו כ"א ג' סעודותיו הצריכים לו לשבת וכתב בח"א דאפשר דמעצמם יכולים להציל בשבילו אפילו יותר מג' סעודות והא דלא התיר בשו"ע להם כ"א ג' סעודות היינו דוקא כשהם מצילין בשביל עצמם:
venez et sauvez pour vous - mais il ne peut pas leur demander de sauver pour lui, car on ne lui a permis que ses trois repas nécessaires pour Chabbat. Le 'Hayé Adam a écrit qu'il se peut que d'eux-mêmes ils puissent sauver pour lui même plus que trois repas ; et ce que le Choulhan Aroukh ne leur a permis que trois repas, c'est uniquement lorsqu'ils sauvent pour eux-mêmes.
(כא) ויכולים ללבוש וכו' - ובזה יכול לומר בואו והצילו עמי דהיינו בשבילי דבמזונות משום דלא חזי ליה כ"א ג"ס לכך הוכרח לומר הצילו לכם משא"כ בלבושין דקחזי ליה לכולי יומא [גמרא] ומש"כ ואם רוצים וכו' אמזון קאי ופשוט דגם הם יכולים לפשוט ולחזור וללבוש ולהוציא כמותו:
et ils peuvent revêtir, etc. - et en cela il peut dire : venez et sauvez avec moi, c'est-à-dire pour moi. Pour les aliments, comme il ne lui en convient que trois repas, il a dû dire « sauvez pour vous » ; ce qui n'est pas le cas des vêtements, qui lui conviennent pour tout le jour [Talmud]. Et ce qu'il a écrit « et s'ils veulent, etc. » se rapporte à la nourriture. Il est évident qu'eux aussi peuvent se dévêtir, se rhabiller et sortir comme lui.
(כב) כיון שאמר הצילו לכם - אבל אי לא אמר הצילו לכם לא הוי הפקר שהיה יכול לומר אני הייתי ממציא לי אנשים ישראלים שהיו מצילים לעצמם ומחזירים לי גם שהייתי יכול להציל ע"י א"י כמ"ש סכ"ו:
puisqu'il a dit « sauvez pour vous » - mais s'il n'a pas dit « sauvez pour vous », ce n'est pas un bien vacant : il aurait pu dire : j'aurais trouvé des Israélites qui auraient sauvé pour eux-mêmes et me l'auraient rendu, et aussi j'aurais pu sauver par un non-juif, comme au seif 26.
(כג) ואם אינם רוצים לזכות - מפני שיודעים שלא מרצונו הפקירו:
et s'ils ne veulent pas acquérir - parce qu'ils savent qu'il n'a pas déclaré vacant de son plein gré.
(כד) ולא הוי שכר שבת - דמעיקרא לאו אדעתא דשכר פעולה נחתי ומהפקירא קזכו. אם החזירו לו ואח"כ מבקשים שכר בחול בודאי צריך לשלם לו אבל בשבת יש סברא לומר דהוא שכר שבת אחרי שכבר החזיר לו מעצמו שוב לא יכול לומר מהפקירא קזכינא לעצמי וכשנוטל שכר שבת הוא נוטל עיין במ"א מש"כ בזה בשם שלטי הגבורים ועיין בא"ר שמפקפק עליו. והנה על מה שכתב השו"ע דזוכה מן ההפקר כתב המ"א עיין בח"מ סימן רנ"ט וסי' שס"ח דדינא דמלכותא דלא מהני יאוש ואפשר דהכא שאני כיון שאמר הצילו לכם. איתא בגמרא דחסיד לא יטול שכר דיש לו לוותר משלו בכל דבר שיש בו נדנוד עבירה:
et ce n'est pas un salaire de Chabbat - car dès l'abord ils n'étaient pas descendus dans l'intention d'un salaire d'ouvrage, et ils ont acquis du bien vacant. S'ils le lui ont rendu puis demandent un salaire en semaine, il doit certainement payer ; mais le Chabbat, on peut dire que c'est un salaire de Chabbat : une fois qu'ils le lui ont rendu d'eux-mêmes, ils ne peuvent plus dire « j'acquiers du bien vacant pour moi », et s'ils prennent un salaire de Chabbat, ils le prennent. Voir ce qu'a écrit le Magen Avraham à ce sujet au nom des Chiltei HaGibborim, et voir l'Eliya Rabba qui en doute. Quant à ce que le Choulhan Aroukh a écrit qu'il acquiert du bien vacant, le Magen Avraham a écrit : voir 'Hochen Michpat siman 259 et siman 368, que selon la loi du royaume le désespoir n'opère pas ; et il se peut qu'ici ce soit différent, puisqu'il a dit « sauvez pour vous ». Il est dit dans le Talmud qu'un 'hassid ne prendra pas de salaire, car il doit céder du sien en toute chose où il y a un soupçon de faute.
(כה) כל הצלה וכו' - היינו בין הצלה דמזון ג' סעודות וכלי תשמישיו ובין הצלה דמלבושים ואע"ג דפסק לעיל בסימן ש"א סל"ו דמותר לצאת בשני מלבושים זה ע"ג זה משום דדרך מלבוש הוא הכא כיון דבהצלה קעסיק חיישינן טפי דמינשי שהוא שבת ויבוא לכבות והיש מקילין לא ס"ל האי סברא דנחמיר במלבושים בזה טפי מבעלמא ולהכי מקילין ואמלבושין קיימי אבל לענין מזון ג' סעודות או כלי תשמישין גם הם ס"ל דדוקא למעורבת שרי והמלבושים שמתירין דוקא כשהוא לובש אותם דרך מלבוש אבל כשהוא נושא אותם בידו לא עדיפי משאר כלים:
tout sauvetage, etc. - c'est-à-dire tant le sauvetage de la nourriture de trois repas et des ustensiles d'usage que le sauvetage des vêtements. Bien qu'il ait tranché plus haut au siman 301 seif 36 qu'il est permis de sortir avec deux vêtements l'un sur l'autre, parce que c'est la manière de s'habiller, ici, puisqu'il s'occupe de sauvetage, l'on craint davantage qu'il oublie que c'est Chabbat et qu'il en vienne à éteindre. Ceux qui sont indulgents n'admettent pas cette raison d'aggraver ici pour les vêtements plus qu'ailleurs ; aussi sont-ils indulgents — et cela concerne les vêtements. Mais pour la nourriture de trois repas ou les ustensiles d'usage, eux aussi tiennent que ce n'est permis que vers une cour mélangée. Et les vêtements qu'ils permettent, uniquement lorsqu'il les porte à la manière d'un vêtement ; mais s'il les porte à la main, ils ne valent pas mieux que les autres ustensiles.
(כו) אף לשאינה מעורבת - וה"ה דאפילו לר"ה שרי כיון שנושאם כדרך מלבוש. והנה הב"ח פסק כדעה הראשונה אבל כל האחרונים פסקו כדעה זו:
même vers une [cour] non mélangée - et de même même vers le domaine public c'est permis, puisqu'il les porte à la manière d'un vêtement. Le Ba'h a tranché selon le premier avis, mais tous les Aharonim ont tranché selon cet avis.
(כז) אבל לבית אחר וכו' - ר"ל דכיון שהוא מקורה אינו דומה כלל לר"ה ולית בזה גזירה שמא יוציא לר"ה ואע"ג דבגמרא נזכר הטעם דשמא מתוך טרדת הצלה יבוא לכבות ס"ל לדעה ראשונה דמ"מ לא גזרינן בזה רק היכא דאיכא חשש הוצאה ג"כ:
mais vers une autre maison, etc. - c'est-à-dire : puisqu'elle est couverte, elle ne ressemble en rien au domaine public, et il n'y a pas ici de décret de peur qu'on sorte vers le domaine public. Bien que le Talmud mentionne la raison : de peur que, dans la précipitation du sauvetage, on en vienne à éteindre, le premier avis tient qu'on n'a décrété cela que là où il y a aussi un risque de sortie.
(כח) שאינה צריכה עירוב - ר"ל שאין בה דיורין ודמי כבית אחד שנפל בה דליקה שמותר להוציא מחדר לחדר לכו"ע ולא גזרו בזה:
qui n'a pas besoin d'érouv - c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'habitants, et cela ressemble à une seule maison où un incendie est tombé, où l'on peut sortir d'une pièce à l'autre selon tous les avis, et l'on n'a pas décrété en cela.
(כט) וי"א שאין חילוק - ס"ל כיון דהטעם שמא ישכח ויבוא לכבות מה לי חצר ומה לי בית ומה לי אם החצר הוא של רבים או חצר שלו. ולמעשה כיון שהוא מלתא דרבנן אפשר שיש לסמוך להקל:
et certains disent qu'il n'y a pas de différence - ils tiennent que, le motif étant qu'on risque d'oublier et d'en venir à éteindre, peu importe cour ou maison, et peu importe que la cour soit collective ou la sienne. En pratique, puisqu'il s'agit d'une matière rabbinique, on peut s'appuyer pour alléger.
(ל) כל כתבי הקודש - היינו תנ"ך וגמרא וכל הספרים. ותורה שבכתב קודמת להציל לתורה שבע"פ ואפילו תורה שבע"פ מושאלים או מושכרים לו ואם לא יציל לתורה שבע"פ יצטרך לשלם לבעליהם אפ"ה תורה שבכתב קודם [א"ר בשם ס"ח]. והצלת המת קודם לספרים [שם]:
tous les Écrits saints - c'est-à-dire le Tanakh, la Guemara et tous les livres. La Torah écrite a priorité de sauvetage sur la Torah orale ; même si la Torah orale lui a été prêtée ou louée et que, s'il ne la sauve pas, il devra payer les propriétaires, néanmoins la Torah écrite prime [Eliya Rabba au nom du Séfer Hassidim]. Et le sauvetage d'un mort prime sur les livres [ibid.].
(לא) מצילין האידנא - הא דנקט בלשון האידנא משום דרצה לסיים אפילו כתובים בכל לשון וכו' וביאור הדבר דהנה מצד הדין תורה שבכתב אין כותבין אלא כתב אשורית [הוא הכתב של ס"ת] ובלשה"ק ותורה שבע"פ [היינו הש"ס וכל הספרים] אסור לכתוב אלא קורין אותם בע"פ ואם שינה הן תורה שבכתב שכתבו שלא כדין בכתבו או בלשונו או אם כתב שבע"פ אין קורין בהם וגם אין מצילין אותם בשבת מפני הדליקה דאסור לטלטלם כלל אבל האידנא דבציר ליבא כי נתמעט הדעת והזכרון הותר לכתוב תורה שבע"פ כדי שלא ישתכחו וגם בכל כתב ולשון וגם תורה שבכתב בכל לשון ובכל כתב כדי שיבינו כל העם את דברי התורה כי אין הכל בקיאין בלשון הקודש וסמכו כל זה על מה דכתיב עת לעשות לה' הפרו תורתך ולכן קורין בהן ומצילין אותן מפני הדליקה בשבת. וספרים שלנו שכתובים בלשונם של כותים ונמצא אצלם יש להסתפק אם טעונים גניזה דהא לא שרי לכתוב בלשון אחר ובכתב אחר אלא משום עת לעשות לה' ולהם מי התיר ועיין במ"א שהאריך עוד בזה:
de nos jours on les sauve - s'il a dit « de nos jours », c'est qu'il voulait conclure : même écrits en toute langue, etc. Voici l'explication : selon le din, on n'écrit la Torah écrite qu'en écriture achourit [celle du séfer Torah] et en langue sainte ; et la Torah orale [le Talmud et tous les livres] est interdite à l'écriture : on ne fait que la lire de mémoire. Si l'on a dérogé — Torah écrite irrégulière quant à l'écriture ou à la langue, ou Torah orale mise par écrit — on n'en lit pas et on ne les sauve pas le Chabbat de l'incendie, car il est interdit de les manier du tout. Mais de nos jours, le cœur ayant diminué, l'intelligence et la mémoire s'étant affaiblies, on a permis d'écrire la Torah orale afin qu'elle ne s'oublie pas, et cela en toute écriture et langue ; et aussi la Torah écrite en toute langue et toute écriture, afin que tout le peuple comprenne les paroles de la Torah, car tous ne sont pas versés dans la langue sainte. On s'est appuyé pour tout cela sur ce qui est écrit : « Il est temps d'agir pour ה', on a enfreint Ta Torah. » Aussi lit-on en eux et les sauve-t-on de l'incendie le Chabbat. Quant à nos livres écrits dans la langue des Koutim et qui se trouvent chez eux, on peut douter s'ils requièrent la geniza : car écrire en autre langue et autre écriture n'a été permis que pour « il est temps d'agir pour ה' », et qui le leur a permis ? Voir le Magen Avraham qui s'est encore étendu là-dessus.
(לב) ואפילו כתובים בסם וכו' - קאי אכתובים בכל לשון אבל אם היו כתובים התנ"ך בלשה"ק לא הותר לקרות בהן אם היו כתובים שלא בדיו דמדינא צריך לכתוב תנ"ך בלשון הקודש ובדיו ונהי דהותר שאר לשון משום עת לעשות לה' כנ"ל אבל לשנות מדיו לא הותר דקל להשיג דיו [מ"א בסי"ג] וכ"ז הוא רק לענין לקרות בהם אבל לענין הצלה מפני הדליקה וכן לענין גניזה הוא אפילו אם כתובין בסם וסיקרא [מ"א וש"א]:
même écrits au sam, etc. - cela se rapporte à ceux écrits en toute langue. Mais si le Tanakh était écrit en langue sainte, on n'a pas permis d'y lire s'il n'était pas écrit à l'encre : car selon le din, il faut écrire le Tanakh en langue sainte et à l'encre. Certes une autre langue a été permise à cause de « il est temps d'agir pour ה' », comme ci-dessus ; mais changer l'encre n'a pas été permis, car l'encre est facile à se procurer [Magen Avraham au seif 13]. Tout cela n'est que pour la lecture ; mais pour le sauvetage de l'incendie et pour la geniza, cela vaut même s'ils sont écrits au sam et à la siqra [Magen Avraham et autres].
(לג) וכן מטבע ברכות - שכ"ז הותר לכתוב בזמנינו ולברך ולהתפלל בם משום עת לעשות לה' וע"כ ממילא צריך להצילם מן הדליקה וגם טעונים גניזה בחול שלא יהיו מונחים במקום הפקר:
et de même le formulaire des bénédictions - tout cela a été permis d'écrire de notre temps, d'en bénir et de prier, à cause de « il est temps d'agir pour ה' » ; dès lors il faut les sauver de l'incendie, et ils requièrent aussi la geniza en semaine, afin qu'ils ne restent pas en un lieu abandonné.
(לד) כגון יגר שהדותא - האמור בתורה ור"ל שהשלים באלו התיבות החשבון של פ"ה אותיות וכדלקמיה דעל אלו התיבות בלבד א"צ להצילם מן הדליקה אפילו לא העתיקם לעברי [גמרא]:
par exemple Yegar Sahadouta - dit dans la Torah ; c'est-à-dire qu'il a complété par ces mots le compte de quatre-vingt-cinq lettres, comme plus loin : pour ces mots seuls, on n'a pas à les sauver de l'incendie, même s'il ne les a pas transcrits en hébreu [Talmud].
(לה) שאותו העם בקיאים בו - אבל אם העם אינם מבינים אותו הלשון אסור לכתבו ולהצילו דלא הותר רק משום עת לעשות לה' וכנ"ל. ועיין בבה"ל דדעת הר"ן בשם הראב"ד דלא הותר לכתוב שאר לשון ולקרות בו כתבי הקודש כ"א כשאינו בקי בלשון הקודש:
que ce peuple connaît - mais si le peuple ne comprend pas cette langue, il est interdit de l'écrire et de le sauver, car cela n'a été permis que pour « il est temps d'agir pour ה' », comme ci-dessus. Voir le Biour Halakha : l'avis du Ran au nom du Raavad est qu'on n'a permis d'écrire une autre langue et d'y lire les Écrits saints que si l'on n'est pas versé dans la langue sainte.
(לו) פ"ה אותיות - שעל ידי שיעור זה יש עדיין עליה קצת קדושת ס"ת משום שכן נמצא בפרשת ויהי בנסוע:
quatre-vingt-cinq lettres - parce que par cette mesure il reste encore sur elles un peu de sainteté de séfer Torah, puisqu'on trouve ainsi dans la parasha Vayéhi binsoa.
(לז) שלמות - ר"ל שנמחק כל הספר ונשאר רק תיבה אחת שלמה כאן ותיבה כאן עד שבין כולם יש פ"ה אותיות ולאפוקי אם אינם נמצאים תיבות שלמות רק אותיות מפוזרות לא מהני אף שיש פ"ה אותיות וכ"ז הוא רק לענין הצלה מדליקה אבל לענין גניזה פשיטא דבעינן:
entières - c'est-à-dire : tout le livre a été effacé et il ne reste qu'un mot entier ici et un mot là, jusqu'à ce qu'il y ait entre tous quatre-vingt-cinq lettres. Sont exclus le cas où l'on ne trouve pas de mots entiers, seulement des lettres dispersées : cela ne suffit pas, même s'il y a quatre-vingt-cinq lettres. Tout cela n'est que pour le sauvetage de l'incendie ; mais pour la geniza, il en faut de toute évidence.
(לח) הואיל ואין וכו' - מפני שניתנה לכתוב בדתי פרס ומדי לפיכך לא כתבו בה אזכרות:
puisqu'il n'y a pas, etc. - parce qu'elle a été donnée à écrire selon les lois de Perse et de Médie ; aussi n'y a-t-on pas écrit d'azkarot.
(לט) כמשפטה וכו' - ובמג"א מסיק דכל זה הוא רק בזמן התלמוד דאז היה אסור להצילה אא"כ כתובה כהלכתה כיון שלא ניתן לכתוב וללמוד בה אבל האידנא כיון דמשום עת לעשות לה' ניתן ללמוד בה אפילו כתובה בנייר ובכל לשון ממילא מצילין אותה מפני הדליקה ג"כ כמו כל כתבי הקודש ורק לענין אם כתבה בלשון הקודש ושלא בדיו כ"א בסם וסיקרא יש נ"מ דבכל כתבי הקודש אפילו אם היו כתובין בסם וסיקרא דאין קורין בהן [משום דבקל יכול לקנות דיו כמו סם וסיקרא ולא שייך בזה משום עת לעשות] אפ"ה מצילין אותן מפני הדליקה מפני האזכרות שבהן משא"כ במגילה דלית בה אזכרות אם כתבה בסם וסיקרא אין קורין בה ואין מצילין אותה מפני הדליקה וכ"ז בכ"ד ספרי קודש אבל שאר ספרים פשיטא דנכתבים בסם ובסיקרא בין היכא שכתובים בלשה"ק ובין כשכתובים בכל לשון:
selon sa règle, etc. - et le Magen Avraham conclut que tout cela n'était qu'au temps du Talmud : alors il était interdit de la sauver à moins qu'elle ne fût écrite selon sa halakha, puisqu'on n'avait pas permis de l'écrire ni d'y étudier. Mais de nos jours, puisque pour « il est temps d'agir pour ה' » on a permis d'y étudier, même écrite sur papier et en toute langue, on la sauve aussi de l'incendie comme tous les Écrits saints. Seulement, si on l'a écrite en langue sainte et non à l'encre mais au sam et à la siqra, il y a une différence : pour tous les Écrits saints, même écrits au sam et à la siqra — on n'y lit pas [parce qu'on peut aisément acheter de l'encre comme du sam et de la siqra, et « il est temps d'agir » ne s'applique pas ici] —, néanmoins on les sauve de l'incendie à cause des azkarot qu'ils contiennent ; ce qui n'est pas le cas de la méguila, qui n'a pas d'azkarot : si on l'a écrite au sam et à la siqra, on n'y lit pas et on ne la sauve pas de l'incendie. Tout cela concerne les vingt-quatre livres saints ; mais les autres livres s'écrivent de toute évidence au sam et à la siqra, qu'ils soient en langue sainte ou en toute langue.
(מ) הקמיעין - טעם דעה הראשונה דבקמיעין אין שייך בהם טעם דעת לעשות לה' וכו' דאין בזה תורה ללמוד או להתפלל ע"כ אסור לכתוב אותם וי"א ס"ל כיון דאיתיהיב רשות למכתב ברכות יש נמי רשות למכתב קמיעין:
les qamea - raison du premier avis : dans les qamea n'a pas lieu la raison de « il est temps d'agir pour ה' », etc., car il n'y a pas là de Torah à étudier ni à prier ; aussi est-il interdit de les écrire. Certains tiennent : puisqu'on a donné permission d'écrire des bénédictions, il y a aussi permission d'écrire des qamea.
(מא) אין מצילים וכו' - מיירי בחולה שאין בו סכנה ובחולה שיש בו סכנה מציל הקמיע שלו ויוציאה עליו דרך מלבוש [פמ"ג]:
on ne les sauve pas, etc. - il s'agit d'un malade qui n'est pas en danger ; pour un malade en danger, on sauve son qamea et on le sort sur soi à la manière d'un vêtement [Pri Megadim].
(מב) וי"א שמצילין - והלכה כדעה הראשונה [אחרונים] ומ"מ כשיש בהן אזכרות יש לומר דמצילין [פמ"ג]:
et certains disent qu'on les sauve - et la halakha est selon le premier avis [Aharonim]. Toutefois, s'il y a des azkarot, on peut dire qu'on les sauve [Pri Megadim].
(מג) אע"פ שיש וכו' - ואפילו לדעה ראשונה דבס"ב דמתיר להציל מעות לחוד מפני הדליקה ג"כ ניחא הכא דקמ"ל דמותר להציל המעות אגב הספר ואפילו לחצר שאינה מעורבת ולא הצריכוהו לנערם ממנה דילמא אדהכי והכי נפלה הדליקה על הספר גופא:
bien qu'il y ait, etc. - et même selon le premier avis du seif 2, qui permet de sauver de l'argent seul de l'incendie, cela s'entend ici aussi : il nous enseigne qu'il est permis de sauver l'argent à la faveur du livre, même vers une cour non mélangée, et on ne l'a pas astreint à le secouer, de peur qu'entre-temps l'incendie ne tombe sur le livre même.
(מד) למקום וכו' - היינו אפילו לחצר שאינה מעורבת:
vers un lieu, etc. - c'est-à-dire même vers une cour non mélangée.
(מה) ויש מי שאומר דהיינו וכו' - הנה בט"ז ומ"א כתבו דליכא בזה פלוגתא דלכו"ע אסור לכתחלה להניח תפלין אצל מעות בשעת הדליקה כדי להציל המעות אבל אם הניח בשבת תפלין אצל מעות ואח"כ נפלה דליקה פשיטא דשרי להצילו לכו"ע וא"צ לנער המעות ע"ש ובביאור הגר"א הכריע דהעיקר כהמחבר דלדעה ראשונה גם לכתחלה מותר להניח תפלין אצל מעות בשעת הדליקה ע"ש:
et il y a qui dit, c'est-à-dire, etc. - or le Taz et le Magen Avraham ont écrit qu'il n'y a pas ici de contestation : selon tous, il est interdit lekhathila de poser des tefilin auprès d'argent au moment de l'incendie afin de sauver l'argent ; mais s'il a posé le Chabbat des tefilin auprès d'argent et qu'ensuite l'incendie est tombé, il est évident que selon tous on peut le sauver, et on n'a pas à secouer l'argent ; voir là. Dans le commentaire du Gaon de Vilna, il a tranché que l'essentiel est comme le Mé'haber : selon le premier avis, même lekhathila il est permis de poser des tefilin auprès d'argent au moment de l'incendie ; voir là.
(מו) כשהניחם שם מע"ש - היינו לענין שיהיה יכול להציל לחצר שאינה מעורבת אבל להציל לרה"י מבואר לקמיה בסי"ז דיש מתירין אפי' ע"י ככר ותינוק כשמניח עליו בשעת הדליקה [מ"א וכן מוכח מהגר"א בסי"ז]:
lorsqu'il les y a posés dès la veille du Chabbat - c'est-à-dire pour pouvoir sauver vers une cour non mélangée ; mais pour sauver vers un domaine privé, il est exposé plus loin au seif 17 que certains permettent même au moyen d'un pain ou d'un enfant, lorsqu'on le pose dessus au moment de l'incendie [Magen Avraham, et ainsi il appert du Gaon de Vilna au seif 17].
(מז) יש מתירים וכו' - והיינו שיכול ליתן אפילו לכתחלה בשבת להציל על ידם אפילו המעות חשוב מהחפץ שמניח אצלו ולא אמרינן בזה דיהיה בטל לגבי המעות ואע"ג דבעלמא אסור לטלטל דבר המוקצה ע"י דבר היתר המונח עליו דלא אמרו ככר או תינוק אלא לענין טלטול המת בלבד הכא משום פסידת הדליקה הקילו בכל זה ועיין ס"ב דיש מתירין אפילו בלא ככר כלל:
certains permettent, etc. - c'est-à-dire qu'il peut même lekhathila, le Chabbat, les poser pour sauver par eux, même si l'argent l'emporte sur l'objet qu'il pose auprès ; et l'on ne dit pas ici qu'il serait annulé vis-à-vis de l'argent. Bien qu'en général il soit interdit de transporter un objet mouktsé au moyen d'un objet permis posé dessus — car on n'a dit « un pain ou un enfant » que pour le transport d'un mort —, ici, à cause de la perte de l'incendie, on a allégé en tout cela. Voir le seif 2 : certains permettent même sans pain du tout.
(מח) שלש מחיצות ולחי - אבל בלא לחי הו"ל ככרמלית ולא הותר אפילו בשביל ספרים:
trois cloisons et un le'hi - mais sans le'hi, c'est comme une karmelith, et l'on n'a pas permis même pour des livres.
(מט) שמותר לומר וכו' - דשבות דאמירה לא"י שרי מפני בזיון כתבי הקודש ואף גמרות ושארי ספרים הוי בכלל זה [פמ"ג]:
qu'il est permis de dire, etc. - car un chvout consistant à dire à un non-juif est permis à cause du mépris des Écrits saints ; et même les Guemarot et les autres livres en font partie [Pri Megadim].
(נ) הגליונים - שנחתכו מן הספר או שנמחק הספר ולא נשתייר בו פ"ה אותיות דשוב אזל ליה קדושתיה של הקלף שתחתיו וגם של הגליונים שסביביו. וכתב מהר"ם בתשובה שהיה תקנה בחר' שלא לקצץ גליון ספר אפילו כדי לכתוב עליו ובמ"ב סימן ק' האריך על הגליונים של הספרים שהקושרין הספרים חותכין אותן ומשליכין והטעם כיון דנהגו כך הו"ל כאלו התנו עליהם מתחלה עיין סימן קנ"ד ס"ח וא"כ אין מצילין אותן ובאגודה במ"ס פ"ו המחתך בספרים בחדשים מותר בישנים אסור [מ"א] והטעם דבחדשים כהתנו מתחלה דמי והזמנה ג"כ לאו מלתא היא אבל בשכבר למדו מהם אף הגליונים נתקדשו בקדושת הספרים:
les marges (gilyonim) - qui ont été coupées du livre, ou dont le livre a été effacé sans qu'il reste quatre-vingt-cinq lettres : alors s'en est allée la sainteté du parchemin qui est dessous et aussi celle des marges qui l'entourent. Le Maharam a écrit en responsum qu'il y avait une takana sous 'hérem de ne pas rogner la marge d'un livre, même pour y écrire. Et dans le Michna Beroura siman 100, il s'est étendu sur les marges des livres que les relieurs coupent et jettent : la raison est que, cette pratique s'étant établie, c'est comme si l'on avait stipulé dès l'abord ; voir siman 154 seif 8 ; dès lors on ne les sauve pas. Et dans l'Agouda, Massekhet Sofrim chapitre 6 : celui qui taille dans les livres, pour les neufs c'est permis, pour les anciens c'est interdit [Magen Avraham]. La raison : pour les neufs, c'est comme si l'on avait stipulé dès l'abord, et la seule destination n'est pas une chose ; mais dès qu'on a étudié en eux, même les marges se sont sanctifiées de la sainteté des livres.
(נא) שכתבו וכו' - אפילו כתב אשורית על הקלף ובדיו:
qu'ils ont écrits, etc. - même en écriture achourit, sur parchemin et à l'encre.
(נב) עם האזכרות - שכיון שהם אדוקים בודאי כתבו אותן לשם ע"ג ומכאן יש להזהיר על אותן מטבעות של זהב וכסף שטבעו אותן האדוקין לשם ע"ג שאסורים לתלותם על הס"ת וגם אין להחזיק אותם ברשותו אלא יתיכם מיד כדי שלא יהיה שום זכרון למעשיהם [ב"ח וט"ז] והרב מו"ה יהודא מילר נסתפק אי מותר להתיכן שמא אינם מינים לע"ג ובתשובת חות יאיר סימן שט"ז מתיר להתיך המטבעות של שם בן ד' שנעשים במדינות שוויידן מטעם כי נטבעו להוציאם והו"ל כאלו נכתבו בפירוש לשם חול וכן משמע בפמ"ג ע"ש. עוד כתב מה שנוהגין באיזה קהלות כשמברכין חולה וגובין מעות מכל אחד ומניחין הכלי עם המעות לתוך ארון הקודש לא יפה עושין ע"ש ובלא"ה אסור להשים לתוך ארון הקודש דבר של חול ע"כ יש למנוע המנהג:
avec les azkarot - puisqu'ils y sont attachés, certainement on les a écrites pour l'idolâtrie. De là il faut avertir au sujet de ces monnaies d'or et d'argent que les apostats attachés à l'idolâtrie ont frappées au nom de l'idolâtrie : il est interdit de les suspendre au séfer Torah, et on ne doit pas non plus les garder en sa possession ; qu'on les fonde aussitôt, afin qu'il ne reste aucun souvenir de leurs actes [Ba'h et Taz]. Le rav R. Yehouda Miller a douté s'il est permis de les fondre, de peur qu'elles ne soient pas destinées à l'idolâtrie. Et dans les réponses 'Havot Yaïr siman 316, il permet de fondre les monnaies du Nom de quatre lettres fabriquées dans les pays de Suède, parce qu'elles ont été frappées pour la circulation, et c'est comme si elles avaient été écrites expressément pour un usage profane ; ainsi appert-il aussi du Pri Megadim, voir là. Il a encore écrit : ce que l'on pratique dans certaines communautés, lorsqu'on bénit un malade et que l'on collecte de l'argent de chacun, puis que l'on pose le récipient avec l'argent dans l'arche sainte, on ne fait pas bien ; voir là. Et de toute façon il est interdit de mettre dans l'arche sainte une chose profane ; aussi faut-il écarter cet usage.
(נג) עור של גדי - לח ועיין בסימן ש"ח סכ"ה לענין מוקצה אך לפי המבואר לעיל בס"ב בדעה ראשונה דטלטול מוקצה מותר במקום פסידא אתי שפיר בפשיטות:
une peau de chevreau - fraîche. Voir au siman 308 seif 25 au sujet du mouktsé ; mais d'après ce qui est exposé plus haut au seif 2 selon le premier avis, que le transport du mouktsé est permis en cas de perte, cela s'entend simplement.
(נד) פושטה - שלא תהיה מקופלת שלא יאחוז עי"ז האור בכולה [ט"ז]:
il l'étend - afin qu'elle ne soit pas pliée, pour que le feu ne s'y prenne pas tout entière [Taz].
(נה) שלא יתכוין לכך - הוא מדברי הטור ועיין בט"ז שביאר דר"ל שלא יתכוין בפעולתו לכבות מה שהודלק כבר אלא שלא תדלק יותר ואם אירע שעי"ז נכבה האור לגמרי אינו חושש כיון שהוא לא נתכוין לזה. ולדינא משמע מדברי האחרונים דתפסינן דגם בנתכוין לזה מותר אלא שיזהר שלא ירוץ ויקפוץ וינענע עצמו אנה ואנה כדי שיכבה או שינענע את הטלית כדי שיכבה דכל זה הלא עושה מעשה כיבוי ממש ולאו גרם כיבוי הוא ולא יעשה כן בישראל אלא מתכסה בהטלית כדרכה. וכן ס"ת שאחז בה האור פושטה וקורא בה ואם כבתה כבתה [גמרא] ומותר לקרוא לא"י ויכבה אותה כדלעיל בסי"ח ולקמן בסכ"ו:
qu'il n'en ait pas l'intention - ce sont les paroles du Tour. Voir le Taz, qui a expliqué : c'est-à-dire qu'il n'ait pas l'intention, par son acte, d'éteindre ce qui est déjà allumé, mais seulement que cela ne brûle pas davantage ; et s'il arrive que par là le feu s'éteigne tout à fait, il ne s'en soucie pas, puisqu'il n'en avait pas l'intention. Pour la halakha, il appert des paroles des Aharonim que l'on retient que même s'il en a l'intention c'est permis ; seulement qu'il prenne garde de ne pas courir, sauter et s'agiter deçà delà afin que cela s'éteigne, ni d'agiter le talit afin que cela s'éteigne : tout cela, c'est un acte d'extinction même, et non une extinction indirecte, et un Israélite ne le fera pas ; il se couvre du talit comme à l'ordinaire. De même un séfer Torah auquel le feu s'est pris : on l'étend et l'on y lit ; si cela s'est éteint, cela s'est éteint [Talmud]. Et il est permis d'appeler un non-juif pour qu'il l'éteigne, comme plus haut au seif 18 et plus loin au seif 26.
(נו) קערה על הנר - בסימן רע"ז ביארנו דין זה היטב במ"ב ע"ש:
une assiette sur la lampe - au siman 277, nous avons bien expliqué cette règle dans le Michna Beroura ; voir là.
(נז) שאין יכול וכו' - דדוקא להפסיק בכלים מלאים מים שרי בסכ"ב שאין המים בעין אבל הכא שהמים בעין הוא מקרב להכיבוי עי"ז ואסור:
qu'il ne peut pas, etc. - car ce n'est que pour interrompre [le feu] par des récipients remplis d'eau que l'on a permis au seif 22, les eaux n'étant pas à découvert ; mais ici les eaux sont à découvert, et par là on rapproche l'extinction : c'est interdit.
(נח) שמותר וכו' - ס"ל דזה לא חמיר מגרם כיבוי בעלמא דשרי:
qu'il est permis, etc. - ils tiennent que cela n'est pas plus grave qu'une extinction indirecte ordinaire, qui est permise.
(נט) משום כיבוס - דקיי"ל שריית הבגד זהו כיבוסו והיש מתירים ס"ל דלא שייך זה אלא במקום שיש טינוף או דם אבל לא בטלית נקי:
à cause de la lessive - car nous tenons que tremper le vêtement, c'est le laver. Ceux qui permettent tiennent que cela n'a lieu que s'il y a de la souillure ou du sang, mais non pour un talit propre.
(ס) ודברי סברא וכו' - עיין לעיל בסימן ש"ב ס"ט בבה"ל ד"ה שיש עליו לכלוך מה שכתבנו בזה:
et les paroles du second avis, etc. - voir plus haut au siman 302 seif 9, dans le Biour Halakha s.v. « s'il y a sur lui de la saleté », ce que nous avons écrit à ce sujet.
(סא) נוכרי וכו' - דא"י אדעתא דנפשיה קעביד ואפילו יודע שנוח לו לישראל הוא להנאת עצמו מתכוין שיודע שלא יפסיד אבל בסימן רע"ו בהדלקת נר כשהדליק בשביל ישראל שגוף הישראל נהנה ממנו לא אמרינן אדעתיה דנפשיה קעביד ואסור להשתמש לאורה:
un non-juif, etc. - car le non-juif agit pour son propre compte ; même s'il sait que cela convient à l'Israélite, c'est à son propre profit qu'il vise, sachant qu'il n'y perdra pas. Mais au siman 276, pour l'allumage d'une lampe, lorsqu'il a allumé pour un Israélite dont le corps bénéficie [de la lumière], on ne dit pas qu'il agit pour son propre compte, et il est interdit de se servir de sa lumière.
(סב) שבא לכבות - אפילו הוא עבדו המושכר לו לזמן ג"כ אמרינן אדעתיה דנפשיה קעביד:
qui vient éteindre - même s'il est son esclave loué pour un temps, on dit aussi qu'il agit pour son propre compte.
(סג) א"צ למחות בידו - אבל אסור לזרזו שיכבה אף דבא מתחלה מעצמו לזה:
on n'a pas à protester contre lui - mais il est interdit de le presser d'éteindre, même s'il est venu de lui-même à cela dès l'abord.
(סד) אבל קטן שבא לכבות - אפילו קטן שלא הגיע לחינוך:
mais un enfant qui vient éteindre - même un enfant qui n'a pas atteint [l'âge de] l'éducation.
(סה) צריך למחות - דקטן אין לו שקול הדעת לעשות אדעתיה דנפשיה ועושה לדעת אביו שיודע שכיבוי זה נוח לאביו ועושה בשבילו ואסור דמצווה על שביתתו. ועיין במ"א שכתב בשם הר"ן דאפילו למ"ד מלאכה שאינה צריכה לגופה דרבנן ג"כ צריך למחות בידו ועיין בפמ"ג מה שכתב בזה:
il faut protester - car l'enfant n'a pas le discernement d'agir pour son propre compte ; il agit selon l'intention de son père, sachant que cette extinction convient à son père, et il le fait pour lui ; or c'est interdit, car [le père] est tenu au repos de [son enfant]. Voir le Magen Avraham, qui a écrit au nom du Ran : même selon l'avis qu'un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même n'est que rabbinique, il faut aussi protester contre lui. Voir le Pri Megadim à ce sujet.
(סו) בידו - ע' בב"י דאפי' אם בא לכבות דליקה שבבית אחרים ג"כ צריך למחות בידו כיון שעושה בשביל גדול:
contre lui - voir le Beit Yossef : même s'il vient éteindre un incendie dans la maison d'autrui, il faut aussi protester contre lui, puisqu'il agit pour un adulte.
(סז) יכול לומר וכו' - כיון שאינו אומר לו כבה וע' ביו"ד סי' רכ"א ס"ח דמשמע שם דלומר בלשון נוכח אם תכבה לא תפסיד ג"כ אינו רשאי דזהו ג"כ כאומר לו כבה אלא בלשון כל המכבה דלעלמא קאמר והשלטי גבורים מצדד להקל בזה לענין דליקה ועיין מה שכתבנו לעיל בסימן ש"ז סי"ט:
il peut dire, etc. - puisqu'il ne lui dit pas « éteins ». Voir Yore Dea siman 221 seif 8 : il en ressort que dire à la deuxième personne « si tu éteins, tu n'y perdras pas » n'est pas non plus permis, car c'est aussi comme lui dire « éteins » ; mais [il faut parler] au style « quiconque éteint », adressé à quiconque. Les Chiltei HaGibborim penchent pour alléger en cela s'agissant d'un incendie. Voir ce que nous avons écrit plus haut au siman 307 seif 19.
(סח) בפני א"י - אפי' הוא שכירו המושכר לו לזמן אבל אסור לומר לא"י לכבות לכו"ע דכיון שאדם בהול על ממונו חיישינן דאי שרית ליה אתי לכבויי הוא בעצמו זולת בכתבי הקודש מותר לומר לא"י לכבות מפני בזיון כתבי הקדש וכנ"ל בסי"ח לענין הצלה דרך ר"ה. מת וספרים ויש סיפוק להציל שניהם מת קודם. בריא ומסוכן בריא קודם [ס"ח]:
devant un non-juif - même s'il est son salarié loué pour un temps. Mais il est interdit, selon tous, de dire au non-juif d'éteindre : l'homme étant affolé pour son bien, on craint que si tu lui permets, il en vienne à éteindre lui-même — sauf pour les Écrits saints, où l'on peut dire au non-juif d'éteindre, à cause du mépris des Écrits saints, comme plus haut au seif 18 s'agissant du sauvetage par le domaine public. Un mort et des livres, s'il y a de quoi sauver les deux : le mort précède. Un [homme] sain et un [homme] en danger : le sain précède [Séfer Hassidim].
(סט) כל המכבה וכו' - והתירו לומר זה משום דמתוך שאדם בהול על ממונו אי לא שרית ליה אפילו בלשון זה אתי לכבויי בעצמו וכן לענין שאר היזק אתי לתקן בעצמו אבל לענין שאר כל מלאכות של שבת אסור לומר כל העושה מלאכה זו אינו מפסיד כדי שישמעו א"י ויבואו [גמרא]:
quiconque éteint, etc. - on a permis de dire cela parce que, l'homme étant affolé pour son bien, si on ne lui permet pas même en ces termes, il en viendra à éteindre lui-même ; de même pour tout autre dommage, il en viendrait à réparer lui-même. Mais pour tous les autres travaux du Chabbat, il est interdit de dire « quiconque fait tel travail n'y perd pas » afin que des non-juifs l'entendent et viennent [Talmud].
(ע) בהיזק הבא פתאום - בב"י כתב דאורחא דמלתא נקט דאי היה נודע לו מבע"י היה מתקנו קודם אבל ה"ה אם נודע לו ונשתהא עד שבת ג"כ מותר לומר בלשון זה אך האחרונים לא העתיקו את דבריו ומשמע דלא פשיטא להו דבר זה:
pour un dommage qui survient soudain - le Beit Yossef a écrit qu'il a parlé selon le cours habituel des choses : s'il l'avait su dès la veille, il l'aurait réparé auparavant ; mais de même, s'il l'a su et a tardé jusqu'au Chabbat, il est aussi permis de parler en ces termes. Toutefois les Aharonim n'ont pas recopié ses paroles, et il appert que la chose ne leur est pas évidente.
(עא) יכול לקרוא א"י וכו' - בב"י בשם מהר"י אבוהב מוכח דה"ה דמותר לומר לו כשיבוא כל המתקן אינו מפסיד:
il peut appeler un non-juif, etc. - dans le Beit Yossef au nom de Mahari Abouhav, il appert que de même il est permis de lui dire, quand il vient : « quiconque répare n'y perd pas ».
(עב) משום דיש בה ס"נ - שכשהדליקה מתגברת אז הם חוטפים ושוללים וכשאדם מעמיד עצמו על ממונו יבואו להרוג אותו:
parce qu'il y a danger de mort - car lorsque l'incendie s'intensifie, ils pillent et dépouillent ; et lorsque l'homme se tient sur son bien, ils en viennent à le tuer.
(עג) בחשש סכנת ספק וכו' - ומזה יצא ההיתר לכבות הדליקה בכל מקום כיון דאפשר אם לא יכבנה אל יחסר מהיות שם בעיר זקן או חולה שאין יכול לברוח ותבוא הדליקה עליו [א"ר בשם שכנה"ג] ועיין במה שכתבנו לעיל בס"ק ד':
en cas de doute de danger, etc. - de là est sorti le permis d'éteindre l'incendie en tout lieu, puisqu'il se peut que, si on ne l'éteint pas, il ne manque pas qu'il y ait dans la ville un vieillard ou un malade incapable de fuir, et que l'incendie arrive sur lui [Eliya Rabba au nom du Chéyaré Knesset HaGuedola]. Voir ce que nous avons écrit plus haut au seif katan 4.
(עד) מותר לכבות - ומצוה להודיע זאת ברבים דמותר לכבות [פמ"ג וכנ"ל בסימן שכ"ח ס"ב]:
il est permis d'éteindre - et c'est une mitsva de le faire savoir en public : qu'il est permis d'éteindre [Pri Megadim, et comme plus haut au siman 328 seif 2].
(עה) דהוי מלאכה וכו' - ביאור ד"ז לעיל ברע"ח במ"ב סק"ג:
car c'est un travail, etc. - l'explication de ce point est plus haut au siman 278, dans le Michna Beroura seif katan 3.
(עו) שאינה צריכה לגופה - פי' ואיכא למ"ד אינו חייב עליה וכדלקמיה בסעיף כ"ז ובאמת לענין כיבוי בכדי נקט דאפילו אי הוי כיבוי מלאכה הצריכה לגופה ג"כ מותר כיון דכתב שיש סכנה אם לא יכבה אלא נקטיה משום סיפא לאשמועינן דלענין הצלת ממון אסור לחלל שבת אפילו במלאכה שא"צ לגופה דאפילו באיסור דרבנן אסור לחלל שבת בשביל הצלת ממון [אך אם הוא בע"ח וספק שיתפסוהו א"י יש לצדד בזה] ומ"ש ואם עבר וחילל צריך וכו' היינו בדברים אחרים אבל בכיבוי א"צ תשובה שלא ימנעו מלכבות:
dont on n'a pas besoin pour lui-même - c'est-à-dire qu'il est un avis selon lequel on n'en est pas passible, comme plus loin au seif 27. En vérité, pour l'extinction en tant que telle, il l'a mentionné incidemment : même si l'extinction était un travail dont on a besoin pour lui-même, ce serait aussi permis, puisqu'il a écrit qu'il y a danger si l'on n'éteint pas. Il ne l'a mentionné qu'à cause de la suite, pour enseigner que pour sauver un bien il est interdit de profaner le Chabbat, même par un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même : même un interdit rabbinique, il est interdit de profaner le Chabbat pour sauver un bien. [Mais s'il est débiteur, et qu'il y a doute que des non-juifs le saisissent, on peut peser en cela.] Et ce qu'il a écrit : « et s'il a transgressé et profané, il doit, etc. » — cela vise d'autres choses ; mais pour l'extinction, il n'a pas besoin de techouva, afin qu'on ne s'abstienne pas d'éteindre.
(עז) צריך להתענות - אפילו בתחומין דרבנן [מ"א] וכן על טלטול נר דלוק כדי להציל ממון מצדד ג"כ בספר דגול מרבבה שצריך להתענות אך שנראה להקל בזה בתענית ג' ימים בה"ב ואולי גם בתחומין שהחמיר להתענות ארבעים יום מיירי שלא היה כ"כ מורא והפסד רב:
il doit jeûner - même pour les té'houmim, qui sont rabbiniques [Magen Avraham]. De même, pour avoir déplacé une lampe allumée afin de sauver un bien, le livre Dagul Mervava penche aussi pour qu'il doive jeûner ; toutefois il semble d'alléger en cela par un jeûne de trois jours, lundi-jeudi-lundi. Et peut-être que pour les té'houmim, où il a aggravé de jeûner quarante jours, il s'agit d'un cas où il n'y avait pas tant de crainte ni de grande perte.
(עח) ארבעים יום וכו' - ויכול לדחותם לימי החורף [מ"א] וכ"ז הוא בין שעבר על איסור דאורייתא או על איסור דרבנן [א"ר] ומיירי כשעבר בשוגג. ואפילו כשעבר במזיד היה מחמת שחפר גומא להטמין מעות מפני האנסים וכיו"ב אבל העובר בשאט נפש למלאות תאותו צריך כפרה יותר ויותר כי הוא חייב סקילה או עכ"פ כרת ולכן צריך תשובה שלמה [ח"א]. מי שחילל שבת משום פקוח נפש א"צ לכפרה כלל ומה שנהגו נשים המדליקות הנר בשביל יולדת בשבת להתענות אח"כ הוא הוללות וסכלות [נזר ישראל בשם זכור לאברהם]:
quarante jours, etc. - et il peut les renvoyer aux jours d'hiver [Magen Avraham]. Tout cela, qu'il ait transgressé un interdit de la Torah ou un interdit rabbinique [Eliya Rabba]. Il s'agit d'avoir transgressé shogeg (par erreur). Même s'il a transgressé mezid, c'était parce qu'il avait creusé un trou pour cacher de l'argent devant les agresseurs, ou analogue ; mais celui qui transgresse avec insolence pour satisfaire son désir a besoin d'un repentir bien plus grand, car il est passible de lapidation, ou du moins de karet ; aussi faut-il une techouva complète ['Hayé Adam]. Celui qui a profané le Chabbat pour un danger de mort n'a aucun besoin d'expiation ; et ce que des femmes ont pris l'habitude, qui allument la lampe pour une accouchée le Chabbat, de jeûner ensuite, c'est sottise et stupidité [Nézer Israël au nom de Zakhour LeAvraham].
(עט) ולא יאכל בשר - היינו בלילה שאחר התענית [אחרונים]:
et il ne mangera pas de viande - c'est-à-dire la nuit qui suit le jeûne [Aharonim].
(פ) י"ח פשיטים - הוא כחשבון כ"ז מעות [והוא לערך חמשה זהובים] כי כל פשיט הוא גדול וחצי פולניש וכל גדול הוא מעה וטעם לשיעור זה שכתבו הפוסקים הוא מפני שזה היה פחות שבכבשים או שבעזים באותו העת ולכך צריך ליתן שיעור זה לצדקה שהרי כשהיה בהמ"ק קיים היה חייב להביא חטאת מאלו המינים אם עשה מלאכה דאורייתא ולא יהא חוטא נשכר. ויזהר שלא יאמר שנותן זה עבור חטאת רק שיאמר שבמקום חטאת נותן זה לצדקה [ח"א] וכתבו הספרים שמהנכון שיאמר פרשת חטאת ויבין אופן הקרבתה וכבר אחז"ל כל העוסק בתורת חטאת כאלו הקריב חטאת:
dix-huit pechitim - c'est le compte de vingt-sept pièces [environ cinq florins] : chaque pechit est un groschen et demi polonais, et chaque groschen est une pièce. La raison de cette mesure, qu'ont écrite les décisionnaires : c'était le moindre des agneaux ou des chèvres à cette époque ; aussi faut-il donner cette mesure à la tsédaka, car lorsque le Temple subsistait, il était tenu d'apporter un sacrifice 'hattat de ces espèces s'il avait fait un travail de la Torah — et que le fautif n'y gagne pas. Qu'il prenne garde de ne pas dire qu'il donne cela pour un 'hattat, mais qu'il dise qu'à la place d'un 'hattat il donne cela à la tsédaka ['Hayé Adam]. Les livres ont écrit qu'il est bon de dire la parasha du 'hattat et d'en comprendre le mode d'offrande ; et nos Sages ont déjà dit : quiconque s'occupe de la Torah du 'hattat, c'est comme s'il avait offert un 'hattat.
(פא) י"ב פשיטים - שהוא ח"י מעות וזהו שיעור הפחות אם אפשר לו והעשיר יתן יותר הכל לפי עשרו שהרי טעם הפדיון ששקול צער הממון כנגד צער התענית [אחרונים]:
douze pechitim - c'est dix-huit pièces, et c'est la moindre mesure s'il le peut ; le riche donnera davantage, chacun selon sa richesse : car la raison du rachat est que la peine d'argent pèse autant que la peine du jeûne [Aharonim].
(פב) יכול לכבותה - ומיירי שאין לו עצה איך לטלטלה ממקום זה לפנותה למקום אחר שאין רבים מצויים בה דאל"ה בודאי יותר טוב שיפנה אותה ולא יכבנה:
il peut l'éteindre - il s'agit d'un cas où il n'a pas de moyen de la déplacer de cet endroit vers un autre endroit où le public ne fréquente pas ; sinon, mieux vaut certainement la déplacer et ne pas l'éteindre.
(פג) של מתכות - ואין בזה משום מצרף [היינו שמחזק את הכלי ע"י המים צוננים ששופך עליה] כיון שאין מכוין לזה:
de métal - et il n'y a pas en cela [d'interdit] de metsaref [c'est-à-dire qu'il raffermit l'ustensile par l'eau froide qu'il verse dessus], puisqu'il n'en a pas l'intention.
(פד) בין וכו' של עץ - דכיבוי שחייב מן התורה הוא דוקא כשמכבה לעשות פחמין אבל סתם כיבוי הוי מלאכה שאינה צריכה לגופה והוא רק איסור דרבנן ובמקום הזיקא דרבים שיוכלו להנזק בגופן לא גזרו אבל במקום הזיקא דממונא אסור כמ"ש סעיף כ"ה והרמב"ם ס"ל דחייב במלאכה שאצ"ל ולכך אסור בשל עץ אבל בשל מתכת ליכא איסור כיבוי מן התורה לכו"ע דאינו שורף:
soit, etc., de bois - car l'extinction dont on est passible de par la Torah n'est que lorsqu'on éteint pour faire du charbon ; mais une extinction ordinaire est un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même, et ce n'est qu'un interdit rabbinique. En cas de dommage corporel pour le public, on n'a pas décrété ; mais en cas de dommage pécuniaire, c'est interdit, comme au seif 25. Le Rambam tient qu'on est passible pour un travail dont on n'a pas besoin pour lui-même ; aussi interdit-il pour [une braise] de bois. Mais pour [une braise] de métal, il n'y a pas d'interdit d'extinction de par la Torah selon tous, car elle ne brûle pas [en charbon].
(פה) והרמב"ם אוסר וכו' - והלכה כדעה ראשונה [א"ר]:
et le Rambam interdit, etc. - et la halakha est selon le premier avis [Eliya Rabba].