Dérivés des travaux de Chabbat : gozez (cheveux, ongles, verrues), mohek et kotev, tofer et tension d’un fil, meamer (sel et produits du sol), borèr, tikoun mana, korea et collage.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) בין ביד - וה"ה בשניו [גמרא]:
Que ce soit à la main - et de même avec les dents [Guemara].
(ב) בין בכלי - אף דהמחבר השוה יד לכלי הוא רק לאיסורא דבכולן יש איסור אבל לענין חיובא יש חילוק ביניהן דביד פטור בכל גווני שאין דרך גזיזה בכך בחול ובכלי חייב בכל גווני דה"ל תולדה דגוזז ומה שכתב אח"כ דחייב על שתי שערות הוא דוקא בכלי:
Que ce soit avec un instrument - bien que le Mé'haber ait assimilé la main à l’instrument, ce n’est que pour l’interdiction : dans tous les cas il y a interdiction. Mais pour l’obligation, il y a une différence : à la main on est exempt dans tous les cas, car ce n’est pas ainsi qu’on tond en semaine ; avec un instrument on est passible dans tous les cas, car c’est une tolda de gozez. Et ce qu’il écrit ensuite, qu’on est passible pour deux cheveux, ne vaut que pour l’instrument.
(ג) וחייב על שתי שערות - ושער אחד יש בו איסורא דאורייתא כמו כל חצי שיעור של כל האיסורים וכן הדין בכל מלאכות שבת לא בעינן בהו שיעור לענין איסור אלא לענין חיוב חטאת. ולענין נטילת צפרנים כתב הא"ר דאפילו על צפורן אחד חייב וכן מוכח לעיל בסימן שכ"ח סל"א. ואשה ששכחה ליטול הצפרנים מע"ש ואירע טבילתה בליל שבת מסיק המ"א שתאמר לעו"ג ליטול ביד דהוי שבות דשבות במקום מצוה ואם א"א ביד מותר על ידו אפילו בכלי ואם אין עו"ג נראה שיש לסמוך בשעת הדחק על הנקור שתנקר תחת הצפורן ובלבד שתעיין היטב שלא יהיה בו שום טינוף:
Et il est passible pour deux cheveux - un seul cheveu comporte déjà une interdiction de la Torah, comme toute demi-mesure de tous les interdits. De même pour tous les travaux de Chabbat : on n’exige une mesure que pour l’obligation d’un hatat, non pour l’interdiction. Pour la coupe des ongles, l’Elia Rabba écrit qu’on est passible même pour un seul ongle, et cela ressort aussi plus haut au siman 328 seif 31. Une femme qui a oublié de se couper les ongles avant Chabbat et dont l’immersion tombe le vendredi soir : le Magen Avraham conclut qu’elle dira à un non-juif de les lui couper à la main, car c’est un shevout de-shevout en situation de mitsva ; si c’est impossible à la main, on permet même par instrument par son intermédiaire. S’il n’y a pas de non-juif, on peut s’appuyer en cas de nécessité sur le grattage sous l’ongle, à condition qu’elle vérifie bien qu’il n’y reste aucune souillure.
(ד) אפילו באחת חייב - והטעם משום דאפילו באחת מקפיד שלא יהיה נראה כזקן לכך חשיבא מלאכה ובתוספתא איתא דה"ה במלקט שחורות מתוך לבנות:
Même pour un seul, il est passible - car même pour un seul, on y tient afin de ne pas paraître vieux ; cela compte donc comme un travail. La Tossefta dit qu’il en va de même de qui cueille des cheveux noirs d’entre les blancs.
(ה) לא ילבש - שדרך הנשים להקפיד ע"ז להתנאות. ועתה נבאר במקצת דין מלאכת הגזיזה. א) הגוזז צמר או שער בין מן הבהמה בין מן החיה חייב וכמה שעורו לחיוב כדי לטוות ממנו חוט שארכו קרוב לארבעה טפחים להרמב"ם ולרש"י מחצית מזה. ב) החיוב של גזיזה הוא בין כשגוזז מן החי בין כשגוזז מן המת אפילו מן השלח שלהן [היינו עור כשנפשט מן הבהמה] ודוקא גוזז חיובו בכל גווני אבל תולש מן החי פטור דאין דרך לתלוש משום דכאיב לה אלא לגזוז אבל התולש ביד מן המתה דרך לתלוש כמו לגזוז וחייב וע"כ אותן בני אדם המלובשין בעורות של בהמה וחיה צריכין ליזהר שלא יתלשו מן השער שלהן בשבת ובספר חסידים אוסר ליקח הכנים מן העורות ע"ש וכ"ז בבהמה וחיה אבל בעופות דרכן להסיר הנוצות ע"י תלישה כמו בבהמה ע"י גזיזה ולפיכך תולש כנף מן העוף בין מחיים בין לאחר מיתה חייב דתלישתן זו היא גיזתן. ג) הטוה צמר מן החי פטור בין מן הטויה בין מן הגזיזה שאין דרך טויה וגזיזה בכך:
Il ne portera pas - car les femmes y tiennent pour s’embellir. Nous exposons à présent quelque peu la loi du travail de gozez. a) Qui tond de la laine ou des poils, d’un animal domestique ou sauvage, est passible. Quelle est la mesure pour l’obligation : de quoi filer un fil d’une longueur proche de quatre téfahim selon le Rambam, et la moitié selon Rachi. b) L’obligation de gozez vaut qu’on tonde du vivant ou du mort, même de leur peau détachée [c’est-à-dire la peau une fois ôtée de l’animal]. C’est seulement tondre qui oblige dans tous les cas ; mais qui arrache du vivant est exempt, car on n’arrache pas d’ordinaire — cela fait mal à l’animal —, on tond. En revanche, qui arrache à la main d’un animal mort — on arrache d’ordinaire comme on tond — est passible. Aussi ceux qui portent des peaux d’animaux doivent-ils prendre garde de n’en pas arracher les poils le Chabbat. Le Sefer Hassidim interdit d’enlever les poux des peaux, voir là. Tout cela concerne le bétail et les bêtes sauvages ; mais pour les oiseaux, on ôte d’ordinaire les plumes par arrachement, comme on tond le bétail ; dès lors, qui arrache une aile d’un oiseau, vivant ou mort, est passible, car leur arrachement est leur tonte. c) Qui file de la laine sur l’animal vivant est exempt, tant du filage que de la tonte, car ce n’est ni la manière de filer ni celle de tondre.
(ו) לחתוך וכו' - ואפילו היא יבשה דעומדת להתפרך לבסוף מעצמה אפ"ה אסור וכ"ז לענין איסורא אבל לענין חיובא אינו חייב אא"כ נוטלה כשהיא לחה ובכלי דאז הוא בכלל גוזז:
Couper, etc. - même si elle est sèche et destinée à s’effriter d’elle-même à la fin, c’est néanmoins interdit. Tout cela concerne l’interdiction ; quant à l’obligation, on n’est passible que si on l’enlève encore humide et avec un instrument, car alors c’est compris dans gozez.
(ז) יבלת מגופו - וה"ה דאסור לתלוש שאר ציצין של עור שפירשו קצת מעל גבי ידו או ממקומות אחרים וכדלעיל בסימן שכ"ח סל"א עי"ש ועיין בבה"ל:
Une verrue de son corps - de même, il est interdit d’arracher d’autres lambeaux de peau qui se sont un peu détachés de la main ou d’ailleurs, comme plus haut au siman 328 seif 31, voir là ; voir aussi le Béour Halakha.
(ח) בין ביד - וה"ה בשניו:
Que ce soit à la main - et de même avec les dents.
(ט) המוחק דיו וכו' - וכ"ש אם הוא מוחק ב' אותיות שנכתבו שלא כהוגן ע"מ לכתוב ב' אותיות אחרות במקומן דחייב דזהו עיקר אב מלאכה דמוחק:
Qui efface de l’encre, etc. - à plus forte raison s’il efface deux lettres mal écrites afin d’en écrire deux autres à leur place : il est passible, car c’est là le principal av de mohek.
(י) שעל הקלף - בזמנם היו רגילין לכתוב על הקלף וה"ה כל כיוצא בזה וכמו שנכתוב לקמן ואפילו על עצים יש כתיבה ומחיקה שכן היה במשכן בקרשים כדי לזווגן ועיין בבה"ל שביארנו דהמחבר מיירי שלא במקום האותיות ומוחק כדי לכתוב במקום זה ועיין בב"ח דה"ה דיש ליזהר כשנופל דיו על האותיות או שנטף שעוה שלא למחוק הטשטוש דע"י מחיקתו מנכר האותיות והוי כמוחק ע"מ לכתוב וחייב ואפילו אם היה הטשטוש על אות אחד יש ליזהר דיש איסור עכ"פ והביאו הע"ש וט"ז והא"ר גם במ"א משמע דהוא סובר דבשעוה שעל ספר יש בו משום מחיקה וה"ה בנטיפת חלב ועיין בה"ל. ואם נמצא כן באמצע הקריאה אף דאסור לסלק השעוה והחלב מ"מ אין להוציא אחרת עבור זה ויקרא אותו התיבה בע"פ [פמ"ג וכ"כ בח"א בהלכות קה"ת ובדה"ח כתב דאם נמצא כן בין גברא לגברא יש להוציא אחרת אם אין האותיות נכרין והעתקתיו לעיל בסימן ל"ב בבה"ל ע"ש]:
Qui est sur le parchemin - de leur temps on avait l’habitude d’écrire sur le parchemin, et de même pour tout ce qui y ressemble, comme nous l’écrirons plus loin ; même sur le bois il y a écriture et effacement, car ainsi en était-il au Michkan sur les planches afin de les apparier. Voir le Béour Halakha, où nous avons expliqué que le Mé'haber parle hors de l’emplacement des lettres, et qu’on efface afin d’écrire à cet endroit. Voir le Bah : il faut aussi prendre garde, lorsque de l’encre tombe sur les lettres ou que de la cire a coulé, de ne pas effacer la tache, car par cet effacement on rend les lettres distinctes, ce qui est comme effacer afin d’écrire, et l’on est passible ; même si la tache n’est que sur une lettre, il faut prendre garde, car il y a du moins un interdit. L’Olat Chabbat, le Taz et l’Elia Rabba l’ont rapporté ; du Magen Avraham aussi il ressort qu’il tient que la cire sur un sefer comporte un problème de mohek, et de même pour une coulure de suif ; voir le Béour Halakha. Si l’on trouve cela au milieu de la lecture, bien qu’il soit interdit d’ôter la cire et le suif, on n’en sortira pas un autre pour cela : on lira ce mot par cœur [Peri Megadim ; ainsi a écrit aussi le 'Haïe Adam dans les lois de lecture de la Torah ; le Derech Ha'haïm a écrit que si on le trouve entre un appelé et l’autre, on sortira un autre sefer si les lettres ne sont pas distinctes ; je l’ai recopié plus haut au siman 32 dans le Béour Halakha, voir là].
(יא) שעוה שעל הפנקס - היינו שדרכן היה לטוח דפי פנקסיהן בשעוה כדי לרשום עליו ואם נפל איזה טשטוש שעוה על הדף ומחק השעוה העליונה כדי שיוכל לרשום על השעוה כדרכו חייב משום מוחק:
De la cire qui est sur le registre - c’est-à-dire qu’on avait l’habitude d’enduire les pages de leurs registres de cire afin d’y tracer ; si quelque tache de cire tombait sur la page et qu’on effaçait la cire supérieure afin de pouvoir tracer sur la cire comme à l’ordinaire, on est passible au titre de mohek.
(יב) ב' אותיות - ועל פחות מכן ג"כ יש איסור אלא דנ"מ לענין חיוב חטאת וכנ"ל:
Deux lettres - et pour moins que cela il y a aussi un interdit, mais la différence porte sur l’obligation d’un hatat, comme ci-dessus.
(יג) חייב - והוא שכוונתו בעת המחיקה שיהא ראוי אימת שירצה לכתוב ב' אותיות ולא בעינן שיתכוין לכתוב בשבת וכן בסותר ע"מ לבנות וקורע ע"מ לתפור. נפל דיו או שאר דבר לח על ספר אל ילחכנו בלשונו ואל ירחצנו במים מפני שמוחק. אסור ליתן שעוה על הספר לסימן במקום שרוצה לעיין בה למחר מפני חשש מירוח [אחרונים]:
Il est passible - à condition que, au moment de l’effacement, son intention soit que l’endroit soit propre, quand il voudra, à y écrire deux lettres ; on n’exige pas qu’il ait l’intention d’écrire le Chabbat. De même pour qui démolit afin de bâtir et qui déchire afin de coudre. Si de l’encre ou autre chose humide est tombée sur un sefer, qu’on ne la lèche pas de la langue et qu’on ne la lave pas à l’eau, car on efface. Il est interdit de mettre de la cire sur le sefer comme signe à l’endroit où l’on veut étudier le lendemain, par crainte de lissage (miraouah) [Aharonim].
(יד) אסור לשבר - ומותר ליתנו לתינוק:
Il est interdit de casser - et il est permis de le donner à un petit enfant.
(טו) שכתוב עליה - ודוקא כשכותבין על העוגות אותיות מדבר אחר אבל כשהכתיבה היא מהעוגה עצמה בדפוס או בידים שרי דאין שם כתיבה עליה וממילא לא שייך בזה מחיקה. וכן אם כתב האותיות בדבש המעורב במים או שאר מי פירות ג"כ אין להחמיר:
Sur laquelle il est écrit - seulement lorsqu’on écrit sur les gâteaux des lettres d’une autre matière ; mais lorsque l’écriture est du gâteau lui-même, au moule ou à la main, c’est permis, car cela ne porte pas le nom d’écriture, et dès lors l’effacement n’y a pas lieu. De même, si l’on a écrit les lettres avec du miel mêlé d’eau ou d’autres jus de fruits, on n’aura pas non plus à être rigoureux.
(טז) כמין אותיות - ויש מחמירין אפילו בציורים:
En forme de lettres - et certains sont rigoureux même pour des dessins.
(יז) דהוי מוחק - ואף דאינו ע"מ לכתוב איסורא דרבנן מיהו איכא ואף שאינו מכוין למחוק פ"ר הוא ואסור אף בדרבנן וכדמוכח בסימן שי"ו ס"ד ועיין בספר דגול מרבבה שמצדד להקל בעיקר הדין הזה והביאו בשע"ת ויש לסמוך עליו כשאינו שובר במקום האותיות בידו רק בפיו דרך אכילה. וספר שכתוב עליו בראשי חודי דפיו אותיות או תיבות יש אוסרין לפתחו ולנעלו בשבת דע"י הפתיחה שובר האותיות והוי כמוחק וכן כשנועלו הוי ככותב אבל דעת הרמ"א בתשובה להקל בזה וכן דעת הרבה אחרונים וטעמם דכיון דעשוי לנעול ולפתוח תמיד ליכא ביה משום מחיקה וכתיבה והוי כדלת הנסגר ונפתח תמיד דאין בו משום בנין וסתירה וכן המנהג. ומ"מ נכון להחמיר כשיש לו ספר אחר:
Car c’est mohek - et bien que ce ne soit pas afin d’écrire, il y a du moins un interdit rabbinique ; et bien qu’on n’ait pas l’intention d’effacer, c’est un pessik reicha, et c’est interdit même pour un rabbinique, comme il ressort du siman 316 seif 4. Voir le Dagul Mervava, qui penche à l’indulgence sur le fond de cette loi ; le Chaaré Techouva l’a rapporté, et l’on peut s’appuyer sur lui lorsqu’on ne casse pas à l’endroit des lettres de la main, mais de la bouche, à la manière de manger. Un sefer sur les bords duquel, en tête des pages, sont écrites des lettres ou des mots : certains interdisent de l’ouvrir et de le fermer le Chabbat, car en l’ouvrant on casse les lettres et c’est comme mohek, et en le fermant c’est comme kotev. Mais l’avis du Rema dans une responsum est d’être indulgent, et de même l’avis de beaucoup d’Aharonim : leur raison est que, puisque c’est fait pour être toujours fermé et ouvert, il n’y a pas de mohek ni de kotev, comme une porte toujours fermée et ouverte, qui n’a pas de bâtisse ni de démolition ; et telle est la coutume. Néanmoins, il convient d’être rigoureux si l’on a un autre sefer.
(יח) יש ליזהר - ר"ל אף דחיוב חטאת ליכא דבעינן שיכתוב דוקא בדיו או בשאר דבר כיוצא בזה שרישומו מתקיים וכדלקמיה אפ"ה מדרבנן אסור אף באינו מתקיים:
Il faut prendre garde - c’est-à-dire que, bien qu’il n’y ait pas d’obligation de hatat, car on n’est passible que si l’on écrit avec de l’encre ou chose semblable dont la marque demeure, comme plus loin, néanmoins, de par les rabbins, c’est interdit même si cela ne demeure pas.
(יט) במשקין וכו' - ר"ל שטבל אצבעו באיזה משקה וכתב בו על השלחן וה"ה על נייר וקלף וכיוצא בזה וכתבו האחרונים דאפילו אם כתב בהמשקין על דבר שאינו מתקיים כגון על עלה ירקות וכיו"ב אפ"ה מדרבנן אסור:
Avec des liquides, etc. - c’est-à-dire qu’il a trempé son doigt dans quelque liquide et a écrit avec sur la table, et de même sur du papier, du parchemin et ce qui y ressemble. Les Aharonim ont écrit que même si l’on a écrit avec les liquides sur une chose qui ne demeure pas, comme une feuille de légume et semblables, c’est néanmoins interdit de par les rabbins.
(כ) או באפר - היינו ששרט באצבעו כמין אותיות באפר נגוב וה"ה בחול וכן אסור לרשום כמין אותיות על החלון זכוכית בימי הקור שהם לחים מן הקור. ואם רשם כמין אותיות בדברים הקרושין כגון בדם וחלב שנקרש משמע בתוספתא דחייב:
Ou avec de la cendre - c’est-à-dire qu’il a tracé du doigt comme des lettres dans de la cendre sèche, et de même dans le sable. De même, il est interdit de tracer comme des lettres sur une vitre aux jours de froid, lorsqu’elles sont humides de froid. Si l’on a tracé comme des lettres dans des matières coagulées, comme du sang ou du lait caillé, il ressort de la Tossefta qu’on est passible.
(כא) לרשום - כדי לרמז לחבירו איזה דבר ולא אמרינן דמאמן ידיו בכתיבה עי"ז וה"ה דמותר לראות אומנות בשבת אע"ג שמלמדה [אחרונים] ונראה דהיינו דוקא באקראי שנזדמן לו לראות וגם זה יש לו ליזהר שלא ידבר אז מאומה עם העו"ג בזה וכדלעיל בסימן ש"ז ע"ש אבל לילך בשבת בכוון לבית העו"ג בשביל זה אסור משום ממצוא חפצך ועיין לעיל בסימן ש"ו ס"א:
Tracer - afin de faire signe à son compagnon de quelque chose ; on ne dit pas qu’il entraîne ainsi sa main à l’écriture. De même, il est permis de regarder un métier le Chabbat, bien que cela l’enseigne [Aharonim]. Il semble que ce soit seulement de façon fortuite, si cela s’est présenté à lui de voir ; et même alors, il devra prendre garde de ne rien dire alors au non-juif à ce sujet, comme plus haut au siman 307, voir là. Mais aller le Chabbat exprès chez le non-juif pour cela est interdit, au titre de « trouver tes affaires » ; voir plus haut au siman 306 seif 1.
(כב) באויר - ה"ה אם מוליך באצבעו על דף נגוב כעין צורת אותיות ג"כ שרי כיון דאין רישומו ניכר כלל ולא דמי למשקין ואפר [ט"ז]. ואגב נבאר פה מן הגמרא והפוסקים עיקרי דיני כותב ומוחק בדבר שיש בו חיוב חטאת ובדבר שהוא פטור ואסור כי השו"ע קיצר בזה. א) אין הכותב חייב עד שיכתוב בדבר הרושם ועומד כגון דיו ושחור [היינו פחם רש"י] וסקרא [צבע אדום] וקומוס [שרף אילן] ומי עפצים וקנקנתום וכלי עופרת וכל כיוצא בהם שהוא דבר המתקיים וכן אינו חייב עד שיכתוב על דבר שמתקיים הכתב עליו כגון על עור וקלף ונייר ועץ וכיוצא בהם אבל הכותב בדבר שאין רשומו עומד כגון במשקין ומי פירות או שכתב בדיו וכיוצא בו על עלי ירקות ועל כל דבר שאינו עומד פטור ואינו חייב עד שיכתוב בדבר העומד על דבר העומד וכן אין המוחק חייב עד שימחוק כתב העומד מע"ג דבר העומד וכ"ז לענין חיוב חטאת אבל איסור דרבנן יש אפילו כתב בדבר שאינו עומד על דבר שאינו עומד וכן לענין מחיקה. ב) הכותב על בשרו בדיו חייב מפני שהוא עור אע"פ שחמימות בשרו מעברת הכתב לאחר זמן ה"ז דומה לכתב שנמחק אבל המשרט על בשרו צורת כתב פטור שאין דרך כתיבה בכך. הקורע על העור כתבנית כתב חייב משום כותב הרושם על העור כתבנית כתב פטור [ובתוספתא שלנו איתא להיפך דבקורע פטור וברושם חייב וכבר נתחבטו בזה הראשונים עיין בדברי הרשב"א בחידושיו ובדברי הרה"מ כאן ובפ"ד דגירושין]. ג) הכותב כתב על גבי כתב דהיינו שהעביר קולמוס על אותיות הכתובים כבר וחידשם פטור דהא לא אהני מידי וה"מ שהיה דיו ע"ג דיו או סיקרא על גבי סיקרא אבל אם העביר דיו על גבי סיקרא חייב שתים אחת משום כותב שעכשיו הוא כתב הגון יותר מבראשונה ואחת משום מוחק שמוחק בכתיבתו את ב' אותיות התחתונות ואם העביר סיקרא ע"ג דיו פטור דמקלקל הוא. ד) אין הכותב חייב חטאת עד שיכתוב שתי אותיות אבל אם כתב אות אחת אפילו היתה גדולה כשתים פטור מחטאת ומ"מ איסור דאורייתא איכא אפילו באות אחת וכנ"ל בריש הסימן. ואות אחת שאמרנו דפטור הוא אפילו היתה סמוכה לכתב שהיה כתוב מקודם כיון דבשבת לא כתב אלא אות אחת אבל אם בזה האות השלים את הספר חייב דאהני מעשיו טובא. הכותב אות אחת ונקד עליה לסימן אע"פ שקורים ממנה עי"ז תיבה שלמה פטור כיצד כגון שכתב אות מ' והכל קורין אותה מעשה או שכתבה במקום מנין שהרי היא כמו שכתב ארבעים אפ"ה פטור. המגיה אות אחת ועשה אותה שתים כגון שחלק גג החי"ת ונעשה שני זייני"ן והוא צריך לזה חייב וכן כל כיוצא בזה. התכוין לכתוב חי"ת וכתב שני זייני"ן או שהתכוין לכתוב מ ועלה בידו כו ע"י שדילג הקולמוס ולא נמשך האות כראוי וכל כיוצא בזה ה"ז פטור שהרי לא נתכוין אלא לאות אחת. ה) שתי אותיות שאמרנו לחיוב הוא אפילו אם לא נעשה תיבה עי"ז כגון אל"ף גימ"ל וכיוצא בזה. ואפילו אם היו שתיהן שוות משם אחד כגון תת גג חח דד וכדומה ג"כ חייב. ואפילו אם היה דעתו מתחלה לכתוב יותר כגון תתנו או גגות וכתב רק שתי אותיות אלו מהן אעפ"כ חייב. ודע דלפי מה שנפסק לעיל בסימן ל"ו דאין הזיונין של אותיות שעטנ"ז ג"ץ מעכב אלמא דמקרי כתב בלא זה א"כ אם כותב שתי אותיות אפילו בסת"ם בלי זיונין ג"כ חייב וכ"ש בכתב בעלמא דמקרי כתב וחייב וכן נוהגין בגיטין שכותבין בלי זיונין כמבואר באבן העזר סימן קכ"ו אלמא דהוי כתב גמור אפי' בלי זיונין. גם דמלאכת כתיבה הוא מדאורייתא בכל כתב ובכל לשון ועיין לעיל בסימן ש"ו בבה"ל שבארנו דכן הוא הסכמת כל הפוסקים וכתב הרמב"ם דאפילו משני סימניות חייב והיינו כגון שעשה הסימנים המורים על המספר. ו) שתי אותיות שאמרנו לחיוב הוא אפילו אם כתבן בשני דפי פנקס והן נהגין זה עם זה דהיינו שכתבן בשפתיהן שיוכל לקרותן כאחת ואפילו אם כתבן בשני כותלי זוית מבפנים חייב הואיל שהיו זו כנגד זו ויכול לקרותן כאחת. ואפילו לקח גויל וכיוצא בזה וכתב על שפתו אות אחת במדינה זו והלך באותו היום וכתב אות שניה במדינה אחרת ובמגילה אחרת על שפתה חייב שבזמן שמקרבן נהגין זה עם זה ואין מחוסר מעשה לקריבתן אבל אם כתב אות אחת בארץ ואות אחת בקורה או שכתב על ב' כותלי הבית והיו רחוקין זה מזה או על שני דפי פנקס באופן שאין נהגין זה עם זה פטור. ז) הכותב בשמאל או לאחר ידו [דהיינו בגב ידו שאחז הקולמוס באצבעותיו והפך ידו וכתב] ברגלו בפיו ובמרפקו [אצילי ידיו] פטור מפני שאין דרך כתיבה בכך ומ"מ איסורא יש אפי' ברגלו וכה"ג. איטר שכתב בימינו שהיא לו כשמאל כל אדם פטור ואם כתב בשמאלו חייב והשולט בשתי ידיו בשוה וכתב בין בימינו בין בשמאלו חייב. קטן אוחז בקולמוס וגדול אוחז בידו וכותב חייב שהוא העיקר במלאכה והקטן לאו כלום עביד. גדול אוחז בקולמוס וקטן אוחז בידו וכותב פטור דבזה הגדול לא עביד כלום ואם האוחז בקולמוס נתכוין לסייעו תליא החיוב בהאוחז בקולמוס [כן הוא לפי נוסחת הגר"א בתוספתא ע"ש]. הכותב ע"מ לקלקל העור חייב שאין חיובו על מקום הכתב אלא על הכתב אבל המוחק ע"מ לקלקל פטור. ח) הרושם רשמים וצורות בכותל בששר וכיוצא בהן כדרך שהציירים רושמים ה"ז תולדת כותב וחייב משום כותב [ואם עושה צורה בכלי צורה [היינו שהכלי עומד לכך לנאותה. רש"י] אפי' עושה מקצתה חייב משום מכה בפטיש שהיא גמר מלאכתה של הכלי] וכן המוחק את הרשום כדי לתקן ה"ז תולדת מוחק וחייב. אסור לחבר אותיות של כסף לפרוכת וכיוצא בו דהוא כעין כותב וכן אסור להסיר ממנו דהוא כעין מוחק ועיין בח"א כלל ל"ז מה שכתב בזה. ועתה נבאר קצת מעניני מחיקה ושרטוט. המוחק כתב ע"מ לכתוב במקום המחק שתי אותיות חייב ואפילו אות אחת אם היא גדולה ויש במקומה כדי לכתוב שתים חייב. והמוחק ע"מ לתקן אפי' שלא ע"מ לכתוב כגון שהיו אותיות יתירות בתורה ומחקן ג"כ חייב. כתב הח"א דכל המלאכות חוץ מכותב חייב בין בימינו בין בשמאלו והביא ראיה לזה מתוספתא פ"י אך ברגלו בפיו ומרפקו משמע שם דפטור ואסור. המשרטט נייר וקלף וכיוצא בו כדי לכתוב שתי אותיות תחת אותו שרטוט חייב וכן כשרוצה לחתוך עור או שאר דברים ומשרטטו תחלה כדי שיכוין חתוכו גם זה הוא בכלל משרטט. וה"ה חרשי עצים שמעבירין חוט של סקרא ע"ג הקורה כדי שינסור בשוה או הגבלים שעושין כן באבנים כדי שיפצל האבן בשוה כ"ז הוא בכלל משרטט ואחד המשרטט בצבע או בלא צבע ה"ז חייב. הנה הארכתי בכ"ז כדי לברר איזה דבר הוא דאורייתא או שפטור ואסור מדרבנן ונ"מ ע"י א"י במקום מצוה דקי"ל בסי' ש"ז דאיסור דאורייתא אין מתירין ע"י א"י אפי' במקום מצוה:
Dans l’air - de même, s’il passe le doigt sur une page sèche en forme de lettres, c’est aussi permis, puisque la marque n’est pas du tout visible, et cela ne ressemble pas aux liquides ni à la cendre [Taz]. À cette occasion, nous exposons ici d’après la Guemara et les décisionnaires les principes des lois de kotev et de mohek : ce qui entraîne un hatat, et ce qui est exempt mais interdit, car le Choulhan Aroukh a abrégé. a) On n’est passible pour écrire que si l’on écrit avec une matière qui marque et demeure, comme l’encre, le noir [charbon, Rachi], le sikra [rouge], le komos [résine], l’eau de noix de galle, le kankantom, le plomb et tout ce qui y ressemble, matière durable. De même, on n’est passible que si l’on écrit sur un support où l’écriture demeure, comme la peau, le parchemin, le papier, le bois et semblables. Mais qui écrit avec une matière dont la marque ne demeure pas, comme des liquides ou des jus de fruits, ou qui écrit à l’encre et semblable sur des feuilles de légume et toute chose qui ne demeure pas, est exempt. On n’est passible que si l’on écrit une matière durable sur un support durable. De même, on n’est passible pour mohek que si l’on efface une écriture durable d’un support durable. Tout cela pour l’obligation du hatat ; mais un interdit rabbinique existe même si l’on a écrit une matière non durable sur un support non durable, et de même pour l’effacement. b) Qui écrit sur sa chair à l’encre est passible, car c’est de la peau, bien que la chaleur de sa chair fasse disparaître l’écriture après un temps : cela ressemble à une écriture qui a été effacée. Mais qui grave sur sa chair une forme d’écriture est exempt, car ce n’est pas la manière d’écrire. Qui déchire la peau en forme d’écriture est passible au titre de kotev ; qui trace sur la peau en forme d’écriture est exempt [dans notre Tossefta c’est l’inverse : qui déchire est exempt et qui trace est passible ; les Rishonim se sont déjà débattus là-dessus, voir le Rachba dans ses Hidouchim, le Maguid Michné ici et au ch. 4 des lois du divorce]. c) Qui écrit une écriture sur une écriture, c’est-à-dire qui passe le calame sur des lettres déjà écrites et les renouvelle, est exempt, car cela n’apporte rien. Cela vaut si c’était encre sur encre ou sikra sur sikra ; mais s’il a passé de l’encre sur du sikra, il est passible de deux [fautes] : une au titre de kotev, car maintenant l’écriture est plus convenable qu’auparavant, et une au titre de mohek, car par son écriture il efface les deux lettres inférieures. S’il a passé du sikra sur de l’encre, il est exempt, car il détériore. d) On n’est passible d’un hatat que si l’on écrit deux lettres. Si l’on n’a écrit qu’une lettre, même grande comme deux, on est exempt du hatat ; néanmoins, il y a un interdit de la Torah même pour une seule lettre, comme ci-dessus au début du siman. Cette lettre unique dont nous avons dit qu’on est exempt l’est même si elle est voisine d’une écriture déjà là, puisqu’on n’a écrit le Chabbat qu’une lettre. Mais si par cette lettre on a achevé le sefer, on est passible, car l’acte a beaucoup servi. Qui écrit une lettre et y met un point pour signe, bien qu’on lise par là un mot entier, est exempt : par exemple il a écrit un mem et tous lisent « maassé », ou il l’a écrite à un endroit de compte, comme s’il avait écrit quarante : néanmoins il est exempt. Qui corrige une lettre et en fait deux, par exemple il a fendu le toit du 'het et il en est résulté deux zayin, et il en a besoin, est passible ; et de même tout cas semblable. Qui a voulu écrire un 'het et a écrit deux zayin, ou qui a voulu écrire un mem et il lui est venu un kaf par un saut du calame, l’écriture ne s’étant pas prolongée comme il faut, et tout cas semblable : il est exempt, car il n’avait l’intention que d’une seule lettre. e) Les deux lettres dont nous avons parlé pour l’obligation le sont même si aucun mot n’en résulte, comme alef-guimel et semblables. Même si les deux sont identiques, du même nom, comme tav-tav, guimel-guimel, 'het-'het, dalet-dalet et semblables, on est aussi passible. Même s’il avait d’abord l’intention d’écrire davantage, comme « titnou » ou « gagot », et n’en a écrit que ces deux lettres, il est néanmoins passible. Sache que, d’après ce qui a été tranché plus haut au siman 36, que les ornements (ziounim) des lettres chaatnez-gatz n’empêchent pas, donc cela s’appelle écriture sans eux : dès lors, qui écrit deux lettres même en staM sans ziounim est aussi passible, et à plus forte raison une écriture ordinaire s’appelle écriture et l’on est passible. Ainsi pratique-t-on pour les guittin, qu’on écrit sans ziounim, comme exposé dans Even Haézer siman 126 : c’est donc une écriture complète même sans ziounim. De plus, le travail d’écriture est de la Torah pour toute écriture et toute langue ; voir plus haut au siman 306 dans le Béour Halakha, où nous avons expliqué que telle est l’entente de tous les décisionnaires. Le Rambam a écrit qu’on est passible même pour deux signes, c’est-à-dire par exemple les signes qui indiquent le nombre. f) Les deux lettres dont nous avons parlé pour l’obligation le sont même si on les a écrites sur deux pages d’un registre et qu’elles s’accordent l’une avec l’autre, c’est-à-dire écrites sur leurs bords de sorte qu’on puisse les lire d’un seul tenant ; même si on les a écrites à l’intérieur de deux murs d’un angle, on est passible, puisqu’elles sont l’une en face de l’autre et qu’on peut les lire d’un seul tenant. Même s’il a pris un parchemin et semblable, a écrit sur son bord une lettre dans cette ville, est allé le même jour et a écrit une seconde lettre dans une autre ville, sur un autre rouleau, sur son bord : il est passible, car lorsqu’on les rapproche elles s’accordent, et il ne manque aucun acte pour les rapprocher. Mais s’il a écrit une lettre à terre et une sur une poutre, ou sur deux murs de la maison éloignés l’un de l’autre, ou sur deux pages d’un registre de sorte qu’elles ne s’accordent pas, il est exempt. g) Qui écrit de la main gauche ou de travers [c’est-à-dire du dos de la main : il a saisi le calame entre les doigts, a retourné la main et a écrit], du pied, de la bouche ou du coude [pli du bras] est exempt, car ce n’est pas la manière d’écrire ; néanmoins il y a un interdit, même du pied et semblable. Un gaucher qui a écrit de la droite, laquelle est pour lui comme la gauche de tout homme, est exempt ; s’il a écrit de sa gauche, il est passible. Qui se sert également des deux mains et a écrit de la droite ou de la gauche est passible. Un enfant tient le calame et un adulte tient sa main et écrit : l’adulte est passible, car c’est lui le principal du travail, et l’enfant ne fait rien. Un adulte tient le calame et un enfant tient sa main et écrit : il est exempt, car l’adulte ne fait rien ; si celui qui tient le calame a eu l’intention d’aider, l’obligation dépend de celui qui tient le calame [ainsi selon la leçon du Gaon de Vilna dans la Tossefta, voir là]. Qui écrit afin de détériorer la peau est passible, car son obligation ne porte pas sur l’endroit de l’écriture mais sur l’écriture ; mais qui efface afin de détériorer est exempt. h) Qui trace des traits et des formes au mur avec du chachir (pigment rouge) et semblable, à la manière des peintres, c’est une tolda de kotev et il est passible au titre de kotev. [Si l’on fait une forme sur un ustensile destiné à être orné — Rachi —, même une partie de la forme, on est passible au titre de maka bepatich, car c’est l’achèvement du travail de l’ustensile.] De même, qui efface le tracé afin de corriger, c’est une tolda de mohek et il est passible. Il est interdit d’attacher des lettres d’argent à une parokhet et semblable, car c’est comme kotev ; de même il est interdit de les en ôter, car c’est comme mohek. Voir le 'Haïe Adam, règle 37, ce qu’il a écrit là-dessus. Nous exposons à présent un peu des sujets de mohek et de chartout (réglure). Qui efface une écriture afin d’écrire à la place effacée deux lettres est passible ; même une seule lettre, si elle est grande et qu’à sa place il y a de quoi écrire deux, est passible. Qui efface afin de corriger, même non afin d’écrire, par exemple qu’il y avait des lettres en trop dans une Torah et qu’il les a effacées, est aussi passible. Le 'Haïe Adam a écrit que tous les travaux hors kotev rendent passible de la droite comme de la gauche, et il en a apporté une preuve de la Tossefta ch. 10 ; mais du pied, de la bouche et du coude, il en ressort qu’on est exempt et que c’est interdit. Qui règle un papier, un parchemin et semblable afin d’écrire deux lettres sous cette réglure est passible ; de même, lorsqu’on veut couper une peau ou autre chose et qu’on la règle d’abord pour viser la coupe, cela aussi entre dans mechartet. De même les menuisiers qui passent un fil de sikra sur la poutre afin de scier droit, ou les tailleurs de pierre qui font ainsi sur les pierres afin que la pierre se fende droit : tout cela entre dans mechartet. Qu’on règle en couleur ou sans couleur, on est passible. J’ai allongé en tout cela afin de clarifier ce qui est de la Torah et ce qui est exempt mais interdit de par les rabbins ; l’enjeu est l’ordre à un non-juif en lieu de mitsva, car nous tenons au siman 307 qu’un interdit de la Torah, on ne le permet pas par un non-juif même en lieu de mitsva.
(כג) מותר וכו' - ויש מחמירין בזה ועי' בבה"ל:
Il est permis, etc. - et certains sont rigoureux en cela ; voir le Béour Halakha.
(כד) לרשום בצפורן - ודוקא רשימה כעין קו בעלמא לזכרון שיש בזה איזה ט"ס ומשום דלא חשיב כתב כלל בלא"ה אבל לעשות כמין אות ודאי אסור אפילו באות אחת:
Tracer de l’ongle - seulement une marque comme un trait quelconque, pour mémoire qu’il y a là quelque erreur de scribe, car cela ne compte pas du tout comme écriture. Mais faire comme une lettre est certainement interdit, même une seule lettre.
(כה) שאין זה וכו' - ודוקא בקלף הקשה דבזמנם היו כותבין על הקלף אבל על הנייר אסור דמתקיים הוא [אחרונים] ודוקא בצפורן אבל אם רושם באיזה כלי שעושה רשימה עמוקה יותר אף על קלף ועץ אסור דמנכר היטב ומתקיים:
Car ce n’est pas, etc. - seulement sur du parchemin dur, car de leur temps on écrivait sur le parchemin ; mais sur le papier c’est interdit, car cela demeure [Aharonim]. Et seulement de l’ongle ; mais si l’on trace avec un instrument qui fait une marque plus profonde, même sur parchemin et bois c’est interdit, car c’est bien visible et cela demeure.
(כו) למתחו - היינו שנתפרדו שתי חתיכות הבגד זו מזו במקצת וחוטי התפירות נמשכין ורוצה למתוח ראש החוט כדי להדק ולחבר:
Le tendre - c’est-à-dire que les deux morceaux du vêtement se sont un peu séparés, les fils de couture s’allongent, et l’on veut tendre le bout du fil pour serrer et joindre.
(כז) משום תופר - והעושה כן חייב חטאת [גמרא] והוא שעשה הקשר לבסוף אפי' אינו של קיימא אבל בלא קשר כלל פטור ואם יתפרדו ג' תפירות ומתחן חייב אף בלא קשר [אחרונים]. ואגב נבאר קצת דין תופר. התופר שתי תפירות חייב והוא שקשר ראשי החוט מכאן ומכאן כדי שלא תשמוט ואפי' לא היה של קיימא ואם היה של קיימא חייב גם משום קושר וכ"ז לענין חיובא אבל לענין איסורא יש אומרים דאסור ואפי' לא עשה קשר כלל וע"כ אותן האנשים שתוחבין הקרייז עם הבגד במחט בשתי תכיפות לאו שפיר עבדי [קרבן נתנאל] ואם עשה ג' תפירות חייב אף בלי קשר שהרי מתקיימת התפירה [רמב"ם]:
Au titre de tofer - et qui le fait est passible d’un hatat [Guemara], à condition qu’il ait fait le nœud à la fin, même s’il n’est pas durable ; mais sans aucun nœud, il est exempt. Si trois points se sont séparés et qu’il les a tendus, il est passible même sans nœud [Aharonim]. À cette occasion, nous exposons un peu la loi de tofer. Qui coud deux points est passible, à condition d’avoir noué les bouts du fil deçà et delà pour qu’il ne glisse pas, même si le nœud n’est pas durable ; et s’il était durable, il est aussi passible au titre de kochér. Tout cela pour l’obligation ; mais pour l’interdiction, certains disent que c’est interdit même sans aucun nœud. Aussi ceux qui attachent le pli du vêtement avec une aiguille en deux points ne font-ils pas bien [Korban Netanel]. S’il a fait trois points, il est passible même sans nœud, car la couture se maintient [Rambam].
(כח) אותן שמהדקין - דרכן היה ליתן חוט בתוך הבית יד שעל זרועו דכשרוצה להדקו היה מותח החוט ומתהדק היטב:
Ceux qui serrent - on avait l’habitude de mettre un fil dans la patte qui est sur le bras ; quand on voulait serrer, on tendait le fil et cela se serrait bien.
(כט) רחבים קצת ומתוקנים - דאז אינו דומה כלל לתופר דהוי כמאן דמכניס קרסים בלולאות כיון דמתוקן לזה בתמידות למתחו ולהדקו כשלובשו וכן לרפאותו כשרוצה לפשטו ואם אין מהדקו יפה ונמלך לפעמים להניחו כך לעולם ולפשטו כשהוא מהודק אסור להדקו בשבת:
Un peu larges et aménagés - alors cela ne ressemble pas du tout à tofer : c’est comme qui passe des crochets dans des boutonnières, puisque c’est aménagé en permanence pour le tendre et le serrer quand on le porte, et de même pour le desserrer quand on veut l’ôter. Si on ne le serre pas bien et qu’on se ravise parfois de le laisser ainsi pour toujours et de l’ôter tout serré, il est interdit de le serrer le Chabbat.
(ל) בתפירה - סביב הנקב ואז אפי' החוט תחוב במחט נקובה שהוא תלוי שם בתמידות כדי להכניסו על ידו בהנקבים שרי ואין בו משום טלטול כיון שהמחט תלוי בפתיל והפתיל בבגד ואין נפרד ממנו לעולם:
Par une couture - autour du trou ; alors, même si le fil est passé dans une aiguille percée qui y pend en permanence afin d’entrer par elle dans les trous, c’est permis, et il n’y a pas de problème de déplacement, puisque l’aiguille pend au cordon et le cordon au vêtement, et qu’elle ne s’en sépare jamais.
(לא) מוכין - כל דבר רך קרוי מוכין כגון צמר גפן וגרירת בגדים בלויים וכה"ג וה"ה נוצות:
Mokhin - toute chose molle s’appelle mokhin, comme le coton, des lambeaux de vêtements usés et semblables, et de même les plumes.
(לב) מותר להחזירם - לאותו הכסת דכיון דכבר היו שם אין בזה משום תיקון מנא אך שיזהר שלא יתפור:
Il est permis de les remettre - dans ce même coussin : puisqu’ils y étaient déjà, il n’y a pas là de réparation d’ustensile ; mais qu’on prenne garde de ne pas coudre.
(לג) בתחלה - דהשתא עביד ליה מנא ויש בזה חיובא דאורייתא:
Pour la première fois - car maintenant on en fait un ustensile, et il y a là une obligation de la Torah.
(לד) ממשרפות המלח - שיש מקומות שממשיך לתוכן מים מן הים והחמה שורפתן והן נעשין מלח:
Des salines - il est des lieux où l’on y amène de l’eau de mer, le soleil la brûle et elle devient sel.
(לה) שדומה וכו' - דמלאכת מעמר הוא לאסוף השבולין וגם הוא כעין זה ודוקא במקום המשרפות ששם הוא מקום גידולו של המלח דומיא דשבלין שבשדה אבל אם נתפזר במקום אחר מותר לקבצן למקום אחד:
Car cela ressemble, etc. - le travail de meamer est de rassembler les épis, et ceci y ressemble. Seulement sur le lieu des salines, qui est le lieu de croissance du sel, comme les épis au champ ; mais s’il s’est dispersé ailleurs, il est permis de le rassembler en un lieu.
(לו) למעמר - ולכך אסור מדרבנן אבל עימור גופא ליכא דאין עימור אלא בגידולי קרקע:
À meamer - aussi est-ce interdit de par les rabbins ; mais il n’y a pas de meamer lui-même, car il n’y a de meamer que pour les produits du sol.
(לז) כל דבר - היינו פירות וירקות ועצים ועשבים וכל דבר הגדל מן הקרקע ובזה חיובא נמי איכא כשמקבצן במקום גידולן דזהו מלאכת מעמר גופא והאי דנקט המחבר בלשון אסור להורות לנו דשלא במקום גידולן כגון שנתפזרו פירות בבית אפילו איסורא נמי ליכא כשמקבצן יחד וע"ל סימן של"ה ס"ה. ושומרי גנות ופרדסים צריכין ליזהר מאד בזה אפי' בפירות שנשרו מבעוד יום שלא לאספן בשבת אפילו מעט כי יש בזה חיוב חטאת דשיעור עימור הוא שיעור קטן מאד וכמו שכתב הרמב"ם המעמר אוכלין אם לאכילה שיעורו כגרוגרת ואם לבהמה שיעורו כמלא פי הגדי ואם להסקה שיעורו כדי לבשל ביצה ע"ש:
Toute chose - c’est-à-dire fruits, légumes, bois, herbes, et toute chose qui pousse du sol ; et en cela il y a aussi une obligation lorsqu’on les rassemble sur leur lieu de croissance, car c’est le travail de meamer lui-même. Le Mé'haber a dit « interdit » pour nous enseigner que hors du lieu de croissance, par exemple des fruits dispersés dans la maison, il n’y a même pas d’interdit à les rassembler. Voir plus haut siman 335 seif 5. Les gardiens de jardins et de vergers doivent bien prendre garde à cela, même pour des fruits tombés de jour encore : de ne pas les rassembler le Chabbat, même un peu, car il y a là obligation d’un hatat. La mesure de meamer est très petite, comme a écrit le Rambam : qui rassemble des aliments, s’ils sont à manger, la mesure est comme une grogueret ; pour le bétail, la mesure est une bouchée de chevreau ; pour le chauffage, de quoi cuire un œuf ; voir là.
(לח) הרי זה תולדות מעמר - שדרכן של אותן הפירות לחברן באופן זה ועיין בנשמת אדם שמצדד דאף כשעושה כן בבית חייב משום מעמר דבאופן כזה עשוי לעשות גם בבית כבשדה וכ"כ בספר מעשה רוקח ע"ש:
C’est une tolda de meamer - car c’est la manière de ces fruits de les joindre ainsi. Voir le Nichmat Adam, qui penche à dire que même si on le fait dans la maison on est passible au titre de meamer, car de cette manière on le fait aussi à la maison comme au champ ; ainsi a aussi écrit le Maassé Rokéah, voir là.
(לט) לא יחבצם בידו - ר"ל שמהדק בידו האגוזים ועי"ז מפריד הדבש מבחוץ דהוי בורר ועיין לעיל בסימן שי"ט בסופו שבררנו דבר זה:
Qu’il ne les presse pas de la main - c’est-à-dire qu’il serre de la main les noix, et par là sépare le miel du dehors : c’est borèr. Voir plus haut au siman 319 à la fin, où nous avons éclairci cela.
(מ) אין שוברים החרס ואין וכו' - כדי להניח עליהם וכה"ג:
On ne casse pas le tesson et l’on ne, etc. - afin d’y poser quelque chose et semblables.
(מא) מפני וכו' - ומיירי בשאין מקפיד על המדה דאל"ה יש בו גם משום מחתך ואם קורע נייר לקרעים כדי לקנח א"ע בהן או לשאר איזה תשמיש חייב משום קורע שהוא קורע ע"מ לתקן וכדלקמן בסי"ד והמחבר שלא הזכיר כאן הטעם משום קורע עיין בבה"ל. ולקרוע אגרת המחותם אפילו אם יזהר שלא ישבור אותיות החתימה רק יקרע הנייר שסביבה ג"כ אסור לכו"ע ואפילו לומר לא"י יש ליזהר אם לא לצורך גדול ובאגודה כתוב שיאמר לא"י איני יכול לקרותו כ"ז שאין פתוח ואם יבין הא"י מעצמו ויפתחנו לית לן בה:
Parce que, etc. - et il s’agit d’un cas où l’on ne tient pas à la mesure ; sinon, il y a aussi un problème de me'hatèkh. Si l’on déchire du papier en morceaux afin de s’essuyer ou pour quelque autre usage, on est passible au titre de korea, car on déchire afin de réparer, comme plus loin au seif 14. Que le Mé'haber n’ait pas mentionné ici le motif de korea, voir le Béour Halakha. Déchirer une lettre cachetée, même si l’on prend garde de ne pas briser les lettres du sceau et qu’on ne déchire que le papier autour, est aussi interdit de l’avis de tous ; même dire à un non-juif, il faut y prendre garde, sauf pour un grand besoin. Dans l’Agouda il est écrit qu’on dira au non-juif : « je ne peux le lire tant que ce n’est pas ouvert » ; s’il comprend de lui-même et l’ouvre, il n’y a pas de problème.
(מב) ה"ז תולדת תופר - ומסתברא דשעורו ג"כ כמו בתופר דהיינו שעור ב' תפירות לחיוב ועיין בבה"ל:
C’est une tolda de tofer - et il est raisonnable que sa mesure soit aussi comme pour tofer, c’est-à-dire la mesure de deux points pour l’obligation ; voir le Béour Halakha.
(מג) בלבד - אלא בשביל איזה תועלת אף שלא נתכוין בזה כדי לדבקם עוד ביותר מ"מ חייב משום קורע דלא בעינן בקורע דוקא ע"מ לתפור אלא בשביל איזה תיקון כדי שלא יהיה מקלקל. ואם מכוין לקלקל בלבד פטור ואסור לכתחלה ככל מקלקלין דשבת:
Seulement - mais pour quelque utilité, même si l’on n’a pas eu l’intention de les recoller davantage, on est néanmoins passible au titre de korea, car pour korea on n’exige pas précisément afin de recoudre, mais pour quelque réparation, afin que ce ne soit pas détériorer. Si l’on a l’intention seulement de détériorer, on est exempt, et c’est interdit lekhathila (a priori), comme tous ceux qui détériorent le Chabbat.
(מד) הרי זה תולדת קורע - וכ"ש בקורע בבגד במקום התפירה לאיזה תועלת דחייב [תו"ש]:
C’est une tolda de korea - et à plus forte raison qui déchire un vêtement à l’endroit de la couture pour quelque utilité est passible [Tossefet Chabbat].
(מה) וחייב - ודוקא בזה שדיבוק זה נעשה לקיום אבל היכא שנדבקו הדפין להדדי ע"י שעוה או בשעת הקשירה מותר לפתחן כמש"כ סימן שי"ד ס"י כיון דלא נעשה לקיום כ"ש הכא דנעשה ממילא בלא מתכוין לפיכך אינו דומה כלל לתופר ואין בו משום קורע [מ"א] ואם נדבקו במקום האותיות אסור לפרקן ועיין לעיל בס"ג בבה"ל שם. ולקרוע מחדש דפין של הספרים שלא נחתכו מבעוד יום יש בהן חיובא ואפי' ע"י א"י אסור [פמ"ג ועיין בבה"ל]. מי שנסתבכו בגדיו בקוצים מפרישן בצנעה ובנחת שלא יקרע ואם נקרע נקרע וכן מותר ללבוש בגדים חדשים ואם נקרע נקרע שאינו מתכוין לקריעה. ופוצעין אגוזים במטלית [היינו שמכה על המטלית כדי לשברם] ואינו חושש שמא תקרע [רמב"ם בפכ"ב]:
Et il est passible - seulement dans ce cas, où ce collage a été fait pour durer. Mais lorsque les feuillets se sont collés par de la cire ou au moment de la reliure, il est permis de les ouvrir, comme écrit au siman 314 seif 10, puisqu’on ne l’a pas fait pour durer ; à plus forte raison ici, où cela s’est fait de soi-même sans intention : cela ne ressemble donc pas du tout à tofer, et il n’y a pas de korea [Magen Avraham]. S’ils se sont collés à l’endroit des lettres, il est interdit de les séparer ; voir plus haut au seif 3 dans le Béour Halakha là-bas. Déchirer à neuf des feuillets de sefarim qui n’ont pas été coupés de jour encore comporte une obligation, et même par un non-juif c’est interdit [Peri Megadim ; voir le Béour Halakha]. Qui a vu ses vêtements s’empêtrer dans des épines les sépare à l’écart et avec douceur, afin de ne pas déchirer ; et s’ils se sont déchirés, ils se sont déchirés. De même, il est permis de porter des vêtements neufs, et s’ils se sont déchirés, ils se sont déchirés, car on n’a pas l’intention de déchirer. On fend des noix dans un linge [c’est-à-dire qu’on frappe sur le linge pour les casser] et l’on ne craint pas qu’il se déchire [Rambam, ch. 22].