Brèche dans le mur d’un mavoï déjà aménagé : pan restant de quatre téfahim, mesure de dix ammoth, passage du public. Cour intercalée entre le mavoï et le domaine public : érouv, alignement des brèches, gifoufin. Usage sous la kora ou en face du lehi. Chute de l’aménagement le Chabbat, et conséquences pour le chitouf et les érouvei hatsérot.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) מצדו כלפי ראשו - פי' המבוי היה מתוקן בלחי או בקורה ונפרץ אחד מהכתלים שבצד ארכו כלפי ראשו סמוך ללחי או לקורה:
De son côté vers son extrémité - C’est-à-dire : le mavoï était aménagé par un lehi ou une kora, et l’un des murs de son long côté s’est ouvert vers son extrémité, près du lehi ou de la kora.
(ב) אם נשאר וכו' ארבעה טפחים - שעדיין נשאר שיעור חשוב במבוי לכן לא בטיל הפתח הגדול ואע"ג דבעלמא שיעור אורך מבוי לא פחות מד"א וכנ"ל בסימן שס"ג סכ"ו היינו אם נעשה מבוי בתחלה אבל כאן שכבר היה מבוי אלא שנסתר די בארבעה טפחים שנשאר ממנו:
S’il reste, etc., quatre téfahim - Il reste encore une mesure importante dans le mavoï ; aussi la grande ouverture n’est-elle pas annulée. Bien qu’en général la longueur d’un mavoï ne soit pas moindre de quatre ammoth, comme plus haut au siman 363 seif 26, cela vaut lorsqu’on établit un mavoï dès l’origine ; mais ici c’était déjà un mavoï et il s’est seulement détérioré : quatre téfahim qui en restent suffisent.
(ג) והוא וכו' עשר - אמות דעד שיעור זה הוא בכלל פתח יתר מכאן חשוב פרצה וצריך לסתום או לעשות צוה"פ במקום הזה [ריטב"א]:
Et cela, etc., dix - Ammoth : jusqu’à cette mesure, c’est encore dans la catégorie d’une porte ; au-delà, c’est une brèche, et il faut boucher ou faire une forme de porte à cet endroit [Ritva].
(ד) אסור אלא אם כן וכו' - דאע"ג דבפחות מיו"ד אמות מקרי פתח הכא חיישינן דלמא שבקי בני המבוי פתח המבוי וילכו בפתח זו לקצר דרכם ובטל ליה תיקון דלחי או קורה שהם צריכין להיות בפתח המבוי והוא אין שם פתח מבוי עליו:
Interdit, à moins que, etc. - Bien qu’en dessous de dix ammoth cela s’appelle une porte, ici l’on craint que les gens du mavoï n’abandonnent l’entrée du mavoï et ne passent par cette ouverture pour raccourcir leur chemin : l’aménagement du lehi ou de la kora, qui doivent se trouver à l’entrée du mavoï, serait alors caduc, car cet endroit n’a plus le nom d’entrée du mavoï.
(ה) פחות מג"ט - דחשוב כסתום:
Moins de trois téfahim - Cela compte comme fermé.
(ו) נפרץ מצדו - היינו דלא נפרץ סמוך לראשו אלא בפנים ממנו וא"כ קשה דהיינו דינא דס"א דנשתייר פס ד' טפחים ולמה להמחבר למיהדר ולמיתני ותירצו האחרונים דסעיף זה אינו אלא פרטו ופירושו של הדין הראשון דכל שנשאר פס ד' בראשו הוי נפרץ שלא כלפי ראשו ומשום סיפא נקטיה והוי כאלו אמר בס"ב דהא דאמרינן בס"א דאם נשאר פס ד' מותר עד יו"ד אמות היינו אפילו לא נשאר מן הכותל ביסוד כלום ומיהו לא שרי אלא היכי דלא בקעי בה רבים:
Percé de son côté - C’est-à-dire qu’il ne s’est pas ouvert près de l’extrémité, mais plus à l’intérieur. Dès lors on objecte : c’est le même cas que le seif 1, où il reste un pan de quatre téfahim ; pourquoi l’auteur le répète-t-il ? Les Aharonim expliquent que ce seif n’est que le détail et l’explication du premier : dès qu’il reste un pan de quatre à l’extrémité, on est dans le cas « percé non vers l’extrémité ». Il l’a énoncé à cause de la fin. C’est comme s’il disait au seif 2 : ce que nous avons dit au seif 1 — s’il reste un pan de quatre, c’est permis jusqu’à dix ammoth — vaut même s’il ne reste rien du mur au socle ; toutefois ce n’est permis que si le public n’y passe pas.
(ז) שלא כלפי ראשו - וה"ה כשנפרץ בראשו ממש כגון שהמבוי סתום משלשה רוחות וקצת מרוח רביעית ותיקון המבוי היה ע"י לחי או קורה [שהיה מונח ממקום הסתימה עד הכותל שכנגדו] ונעשה פרצה במקום הסתימה שרי עד עשר אמות כל שעומד הנשאר מרובה על הפרוץ וי"א דהכא שיש פרצה ברוח רביעית בעינן שיהיה מונח הקורה דוקא על כותלי המבוי מקצה אל הקצה אבל רוב האחרונים הסכימו דמה שמונח על מקום העומד הנשאר כאלו היה מונח על כותל המבוי דגם זה שייך להמבוי ומה שיש פרצה בינתיים נתבטל לגבי העומד וה"ה אם עושה שם לחי די וא"צ לחי סמוך לבית:
Non vers son extrémité - Et de même lorsqu’il s’est ouvert à l’extrémité même : par exemple le mavoï est fermé de trois côtés et d’une partie du quatrième, l’aménagement se faisait par un lehi ou une kora [posée de l’endroit de la fermeture jusqu’au mur d’en face], et une brèche s’est faite à l’endroit de la fermeture : c’est permis jusqu’à dix ammoth, pourvu que le plein restant l’emporte sur le vide. Certains disent qu’ici, puisqu’il y a une brèche du quatrième côté, la kora doit être posée précisément sur les murs du mavoï d’un bout à l’autre ; mais la plupart des Aharonim conviennent que ce qui repose sur le plein restant est comme posé sur le mur du mavoï, car cela aussi appartient au mavoï, et la brèche entre-temps est annulée au regard du plein. De même, si l’on y met un lehi, cela suffit, et l’on n’a pas besoin d’un lehi près de la maison.
(ח) אפילו לא נשתייר וכו' - ר"ל ואין עיכוב לעבור דרך אותו מקום אפ"ה לא גזרינן משום דלמא שבקי פתחא רבא ועיילי דרך אותו מקום ובטל פתח הגדול:
Même s’il n’est rien resté, etc. - C’est-à-dire : même s’il n’y a aucun obstacle à passer par cet endroit, on ne décrète pourtant pas de crainte qu’on abandonne la grande ouverture pour entrer par là et que la grande porte soit annulée.
(ט) דלא בקעי בה רבים - פי' שהיה מקום מטונף או מקולקל בטיט ואין דרך רבים לעבור באותה מחיצה וכ"ש אם נשתיירו מן הכותל ביסוד ג' או ד' טפחים גובה ע"פ כל הפרצה דזה בודאי מעכב הילוך בני אדם:
Que le public n’y passe pas - C’est-à-dire que l’endroit était malpropre ou gâché de boue, et que le public n’a pas l’habitude de passer par cette cloison. À plus forte raison s’il reste du mur, au socle, trois ou quatre téfahim de hauteur sur toute la brèche : cela arrête certainement la marche des gens.
(י) אבל אי בקעי וכו' - דשוב אינו נקרא פתח רק דרך הרבים [לבוש] והנה בס"ג מבואר דלענין חצר תמיד שיעור פרצתו בעשרה אפילו בקעי בה רבים ומסתפק המ"א דלפי מה דמבואר בסימן שס"ג סכ"ו בהג"ה דמבואות שלנו דין חצרות יש להם אפשר דגם לענין זה דין חצרות יש להם וה"ה בעיר המוקפת חומה ונפרץ בחומתה פרצה בד' טפחים ובקעי בה רבים אם גם לענין זה יש לה דין חצר וסיים דיש להחמיר ועיין בספר בית מאיר שהאריך בזה וסיים דמדינא נוהג כל אלו הדינים במבואות שלנו:
Mais si le public y passe, etc. - Alors ce n’est plus appelé une porte, mais un passage du public [Levouch]. Or au seif 3 il est exposé qu’à l’égard d’une cour, la mesure de la brèche est toujours de dix, même si le public y passe. Le Maguen Avraham hésite : d’après ce qui est exposé au siman 363 seif 26 dans la glose, nos mavoïm ont le statut de cours ; peut-être ont-ils aussi ce statut à cet égard. De même pour une ville entourée d’une muraille dont la muraille s’est ouverte d’une brèche de quatre téfahim et où le public passe : a-t-elle aussi le statut de cour à cet égard ? Il conclut qu’il faut être strict. Voir le livre Beit Méir, qui s’est étendu là-dessus et conclut qu’en droit tous ces statuts s’appliquent à nos mavoïm.
(יא) צריך לתקנו שם - היינו שימעטנו מד' טפחים או שיעשה שם צוה"פ:
Il faut l’aménager là - C’est-à-dire la réduire à moins de quatre téfahim, ou y faire une forme de porte.
(יב) מבוי וכו' - מפני שסעיף זה יש בו הרבה פרטים לכן אקדים הקדמה קצרה והוא. ידוע מסימן שס"ד דמבוי המפולש לר"ה חמור משאינו מפולש דצריך בו צורת הפתח מצד אחד. ויבואר בסעיף זה אם מפסיק חצר בין קצה המבוי לר"ה ונפרץ החצר משני צדדיו כעשר אמות [ונשארו גיפופין מכאן ומכאן] דנמצא העומד במבוי רואה ר"ה כנגדו דלא היה לחצר דופן אחר כ"א דופן המבוי הנכנס בתוכו מהו דינו של המבוי וחצר אם מותר לטלטל בם אולי נידון המבוי מחמת זה כמפולש לר"ה [ויבואר בו שיש חילוק אם פרצת החצר שלצד ר"ה מכוון כנגד פרצת החצר שלצד המבוי אז נידון כמפולש ואי לא לא] וגם הלא אנשי החצר יכולין לאסור עליו אם לא ערבו יחד ואיך הדין לענין חצר הלא פרוץ לר"ה:
Un mavoï, etc. - Ce seif ayant beaucoup de détails, j’en fais une courte introduction. On sait par le siman 364 qu’un mavoï débouché vers le domaine public est plus grave que s’il ne l’est pas : il y faut une forme de porte d’un côté. On exposera dans ce seif le cas où une cour s’interpose entre l’extrémité du mavoï et le domaine public, et que la cour s’est ouverte de ses deux côtés d’environ dix ammoth [il reste des gifoufin de part et d’autre] : celui qui se tient dans le mavoï voit le domaine public en face, car la cour n’avait d’autre paroi que le mur du mavoï qui y pénètre. Quel est alors le statut du mavoï et de la cour : peut-on y porter ? Peut-être le mavoï est-il, de ce fait, jugé débouché vers le domaine public [on verra qu’il y a une distinction : si la brèche de la cour du côté du domaine public est alignée face à la brèche de la cour du côté du mavoï, on le juge débouché ; sinon, non]. De plus, les gens de la cour peuvent l’interdire s’ils n’ont pas fait d’érouv ensemble. Et quel est le statut de la cour, puisqu’elle est ouverte vers le domaine public ?
(יג) שנפרץ במילואו - לאפוקי כשנשארו בו גיפופין נידון כלחי ואין יכול החצר לאסור עליו אף כשלא ערבו יחד:
Ouvert sur toute sa largeur - Pour exclure le cas où il reste des gifoufin : on les juge comme un lehi, et la cour ne peut l’interdire même s’ils n’ont pas fait d’érouv ensemble.
(יד) אם לא ערבו וכו' - נקט לא ערבו לרבותא דאפילו בזה דבמבוי אסור לטלטל וכדלקמיה אפי' הכי בחצר מותר ואין המבוי יכול לאסור עליו:
S’ils n’ont pas fait d’érouv, etc. - Il a dit « s’ils n’ont pas fait d’érouv » pour forcer le cas : même alors, alors qu’il est interdit de porter dans le mavoï, comme plus bas, dans la cour c’est permis, et le mavoï ne peut l’interdire.
(טו) חצר מותר - דהפרצות שיש בכתליו לצד המבוי ולצד ר"ה כיון שאין בהם יותר מעשר אמות הוו כפתחים ובני המבוי ג"כ אין יכולים לאסור עליו כיון שאין להמבוי דריסת הרגל על החצר:
La cour est permise - Car les brèches de ses murs vers le mavoï et vers le domaine public, n’excédant pas dix ammoth, comptent comme des portes ; et les gens du mavoï ne peuvent non plus l’interdire, puisque le mavoï n’a pas de droit de passage sur la cour.
(טז) אפילו נפרץ נגד וכו' - ור"ל אף דלגבי מבוי איתא לקמיה דאם היה פרצתה מכוונת נגד פרצת החצר חשבינן ליה כמפולש לר"ה ואסור בכל גווני מ"מ לענין חצר לא מחמרינן בזה:
Même s’il s’est ouvert face, etc. - C’est-à-dire : bien qu’à l’égard du mavoï, comme plus bas, si sa brèche est alignée face à la brèche de la cour on le tienne pour débouché vers le domaine public et que ce soit interdit en tout état, à l’égard de la cour on n’est pas strict sur ce point.
(יז) ואפילו בקעי בה רבים - אע"ג דלעיל במבוי פוסל בקעי רבים כאן לענין חצר לא משגחינן בבקעי רבים:
Et même si le public y passe - Bien que plus haut, pour un mavoï, le passage du public rende inapte, ici, à l’égard de la cour, on n’y a pas égard.
(יח) ובלבד וכו' - ר"ל בין הפרצה שלצד ר"ה ובין הפרצה שלצד המבוי דאז חשיבי כפתחים אבל אם היה הפרצה יותר מעשר אמות חשוב פרצה גמורה והרי נפרץ למקום האסור לה ואינו ניתר אלא בצורת הפתח וכדלעיל בסימן שס"ג ס"ב:
Pourvu que, etc. - C’est-à-dire : tant la brèche du côté du domaine public que celle du côté du mavoï ; alors elles comptent comme des portes. Mais si la brèche dépasse dix ammoth, c’est une brèche véritable : elle s’est ouverte vers un lieu qui lui est interdit, et elle n’est permise que par une forme de porte, comme plus haut au siman 363 seif 2.
(יט) אפילו אינו כנגד - ר"ל אפילו אם הפרצה שלצד ר"ה לא היה מכוון נגד פרצת החצר שכנגדו וא"כ אין אנו יכולים לאסור לטלטל במבוי משום מפולש לר"ה אפילו הכי אסור מטעם חסרון העירוב וכמו שמפרש והולך ואסור אפילו לא בקעי רבים מר"ה למבוי דרך החצר:
Même s’il n’est pas en face - C’est-à-dire : même si la brèche du côté du domaine public n’était pas alignée face à la brèche de la cour d’en face, de sorte qu’on ne peut interdire de porter dans le mavoï au titre du débouché vers le domaine public, c’est néanmoins interdit faute d’érouv, comme il explique. Et c’est interdit même si le public ne passe pas du domaine public au mavoï à travers la cour.
(כ) שנכנסו כתלי המבוי בחצר - היינו שקצה כותלי אורך המבוי נכנסין להלן בתוך החצר ועי"ז נראו גיפופי החצר מכאן ומכאן שהם רק כותלי החצר משו"ה לא נוכל לצרף הגיפופין להמבוי אבל אם לא נכנסו לפנים חשבינן הגיפופים גם להמבוי ונחשבין כלחיים מכאן ומכאן ושוב אין החצר יכול לאסור עליו:
Que les murs du mavoï ont pénétré dans la cour - C’est-à-dire que l’extrémité des murs longs du mavoï s’avance à l’intérieur de la cour ; de ce fait, les gifoufin de la cour, visibles de part et d’autre, ne sont que les murs de la cour : on ne peut donc les rattacher au mavoï. Mais s’ils n’ont pas pénétré à l’intérieur, on compte aussi les gifoufin pour le mavoï, on les tient pour des lehi de part et d’autre, et la cour ne peut plus l’interdire.
(כא) אינו מצד החצר - אלא באמצע החצר דאלו היה כן שכותל המבוי שוה באורך כותל החצר אפילו מצד אחד נראה כמבוי ארוך ומושך עד ר"ה שכנגדו ומפולש ואסור:
Ce n’est pas du côté de la cour - Mais au milieu de la cour. Car s’il en était ainsi que le mur du mavoï fût de même longueur que le mur de la cour, même d’un seul côté, on verrait un long mavoï se prolongeant jusqu’au domaine public d’en face, débouché, et ce serait interdit.
(כב) מצד השני כנגדה - דעי"ז נידון המבוי כמפולש ונמשך עד ר"ה שכנגדו:
De l’autre côté, en face - Par là le mavoï est jugé débouché et se prolonge jusqu’au domaine public d’en face.
(כג) של יחיד אסור - דשמא ימלך ויבנה בתים ברוחב החצר העודף על המבוי והו"ל מבוי נפרץ מצדו של חצר ואסור וכנ"ל:
D’un particulier, interdit - De crainte qu’il ne se ravise et ne bâtisse des maisons dans la largeur de la cour qui dépasse le mavoï : ce serait alors un mavoï percé du côté d’une cour, et interdit, comme plus haut.
(כד) כאלו נפרץ לכרמלית - וע"כ אפילו אם אין נכנסין כותלי המבוי בפנים בתוך הרחבה והגיפופין נראין מבחוץ אפ"ה אסור לטלטל בתוך המבוי דהשתא לרחבה גופא לא מהני הגיפופין להיות מותר לטלטל בה דהא כרמלית היא איך יועיל זה להמבוי. מבוי שפתוח רוח רביעית שלו לצד הנהר אם שפת הנהר שאצל הבתים הוא עמוק יו"ד טפחים או עכ"פ הוא משופע כ"כ שבתוך שיפוע ד"א עולה לשיעור יו"ד טפחים א"כ נחשב המדרון הזה למחיצה וא"צ שום תיקון דמיא לא מבטלי מחיצתא אבל אם מצד העיר אין משופע כ"כ אע"פ שמצד השני של הנהר הוא עמוק עשרה אם הוא רחב יותר מעשר אמות בין הבתים למקום הזה פשיטא דאסור שהרי יש פרצה המפסקת בין המחיצה להבתים ואפילו בפחות משיעור זה אפשר ג"כ שיש לאסור שלא יעלה על דעתם שההיתר הוא מפני השפה שמעבר הנהר שמתלקט יו"ד טפחים מתוך ד"א ויבואו להתיר אף במפולש לגמרי בלי שום תיקון ועיין בבה"ל שביארנו שבמקום הצורך יש להקל בזה:
Comme s’il s’était ouvert vers une karmélit - Aussi, même si les murs du mavoï ne pénètrent pas à l’intérieur de la place et que les gifoufin se voient du dehors, il est néanmoins interdit de porter dans le mavoï : car à l’égard de la place elle-même, les gifoufin ne suffisent pas à y permettre de porter, puisqu’elle est karmélit ; comment cela servirait-il au mavoï ? Un mavoï dont le quatrième côté s’ouvre vers le fleuve : si la berge près des maisons a dix téfahim de profondeur, ou du moins une pente telle qu’en l’espace de quatre ammoth elle atteint dix téfahim, cette pente compte comme une cloison et l’on n’a besoin d’aucun aménagement, car l’eau n’annule pas les cloisons. Mais si du côté de la ville la pente n’est pas telle, même si de l’autre rive le fleuve a dix de profondeur, dès que la largeur entre les maisons et cet endroit dépasse dix ammoth, c’est évidemment interdit : il y a une brèche qui sépare la cloison des maisons. Et même en deçà de cette mesure, il se peut aussi qu’il faille interdire, de peur qu’on n’imagine que le permis vient de la berge d’en face, qui rassemble dix téfahim en l’espace de quatre ammoth, et qu’on en vienne à permettre même un débouché complet sans aucun aménagement. Voir le Béour Halakha, où nous avons expliqué qu’en cas de nécessité on peut être indulgent là-dessus.
(כה) וכנגד הלחי - ר"ל בין שתיקון המבוי בקורה או בלחי מותר להשתמש כנגדם מיהו יש פוסקים דסוברים דוקא כשזה המקום שכנגד הלחי לא היה בו כשיעור ד' טפחים על ד' טפחים דאז בטל לגבי פנים ומותר להשתמש תחתיו וכן להכניס משם לפנים אבל כשיש בזה השטח דע"ד וכש"כ יותר נחשב זה המקום ככרמלית לענין שאסור לטלטל בו רק תוך ד' אמות וכן להוציא ממנו לר"ה או להכניס לרה"י אסור ויש פוסקים שאין מחלקים בזה וסוברים דאפילו יש בו דע"ד ג"כ בטל לגבי פנים:
Et en face du lehi - C’est-à-dire : que l’aménagement du mavoï soit par une kora ou par un lehi, on a le droit d’user en face d’eux. Toutefois certains décisionnaires tiennent que cela ne vaut que si cet endroit en face du lehi n’avait pas la mesure de quatre téfahim sur quatre : alors il est annulé au regard de l’intérieur, et l’on peut y user dessous ainsi qu’y introduire vers l’intérieur. Mais s’il y a dans cette surface quatre sur quatre, et à plus forte raison davantage, cet endroit compte comme karmélit : on n’y porte que dans les quatre ammoth, et l’on n’en sort pas vers le domaine public ni n’y entre vers le domaine privé. D’autres décisionnaires ne font pas cette distinction et tiennent que même s’il y a quatre sur quatre, il est encore annulé au regard de l’intérieur.
(כו) אבל בפתוח לכרמלית וכו' - אע"ג דבעלמא כרמלית קיל מרה"ר מ"מ לענין זה אמרינן מצא מין את מינו וניעור פי' דכרמלית שבין לחיים אף אם לא היה בו שיעור כרמלית מתחלה שלא היה דע"ד טפחים מצא מין את מינו שחוצה לו וניעור משנתו ונתחזק להצטרף לכרמלית שבצדו ושם כרמלית עליו ואסור להשתמש תחתיו וגם להכניסו לפנים משא"כ בפתוח לר"ה שהוא אין מינו כלל אין מצטרף עמו ובטל לגבי פנים:
Mais s’il s’ouvre vers une karmélit, etc. - Bien qu’en général la karmélit soit plus légère que le domaine public, ici l’on dit : « il a trouvé son semblable et s’est réveillé ». C’est-à-dire : la karmélit d’entre les lehi, même si elle n’avait pas d’abord la mesure d’une karmélit — elle n’avait pas quatre téfahim sur quatre — a trouvé son semblable au-dehors, s’est réveillée de son sommeil et s’est affermie pour s’adjoindre à la karmélit de son côté ; le nom de karmélit est sur elle : il est interdit d’user dessous et aussi d’introduire vers l’intérieur. Ce qui n’est pas le cas lorsqu’il s’ouvre vers le domaine public, qui n’est pas du tout son semblable : il ne s’y adjoint pas et est annulé au regard de l’intérieur.
(כז) בין תחת הקורה - ובספר א"ר מצדד להקל להשתמש תחת הקורה אפילו פתוח לכרמלית וכן פסק בספר אבן העוזר ובפרט אם הקורה רחבה ד' טפחים ובריאה לקבל מעזיבה בודאי מותר אפילו פתוח לכרמלית דפי תקרה יורד וסותם וחשיבא מחיצה:
Que sous la kora - Dans le livre Elyah Rabba, on penche pour permettre d’user sous la kora même s’il s’ouvre vers une karmélit ; ainsi a tranché l’Éven Haôzer. Et surtout si la kora a quatre téfahim de large et est assez solide pour porter un plancher : c’est certainement permis même ouvert vers une karmélit, car le bord du plafond descend et clôt, et cela compte comme une cloison.
(כח) אע"פ שמותר להשתמש וכו' - ר"ל דדוקא על צד המקרה וההזדמן מותר לטלטל שם חפציו לעת הצורך אבל לא ישב שם בקביעות וחפץ בידו וכו' [מאמר מרדכי]:
Bien qu’il soit permis d’user, etc. - C’est-à-dire : seulement à l’occasion et par rencontre, on peut y porter ses objets au besoin ; mais qu’on ne s’y asseye pas de façon fixe, un objet à la main, etc. [Maamar Mordekhaï].
(כט) תחת הקורה - וה"ה שלא ישב אצל הלחי [גמרא] ואפשר דכשיש בו צורת הפתח שרי דמקרי הכירא ומיהו בצוה"פ שלנו שגבוה מאוד בודאי אסור דלית הכירא ואפילו אם המבוי פתוח לכרמלית דהוא רק חששא במלתא דרבנן ג"כ אסור דשכיחא לאיתשולי [מ"א ומא"מ]:
Sous la kora - Et de même, qu’on ne s’asseye pas près du lehi [Guemara]. Il se peut que s’il y a une forme de porte, ce soit permis, car cela s’appelle un signe distinctif. Toutefois, dans nos formes de porte, très hautes, c’est certainement interdit, car il n’y a pas de signe distinctif. Même si le mavoï s’ouvre vers une karmélit, ce qui n’est qu’une crainte en matière rabbinique, c’est encore interdit, car il est fréquent qu’on vienne demander [Maguen Avraham et Maamar Mordekhaï].
(ל) דמידי דרבנן הוא - ואפילו במידי דאורייתא אי ידעינן שלא ישמעו לנו אין לומר להם אם לא דבר שמפורש בקרא בהדיא כדלקמן בסימן תר"ח ס"ב ע"ש:
Car c’est une matière rabbinique - Et même en matière de Torah, si l’on sait qu’on ne nous écoutera pas, on ne le leur dit pas, sauf chose explicitement écrite dans le verset, comme plus bas au siman 608 seif 2 ; voir là-bas.
(לא) שנטלו קורותיו או לחייו - ר"ל לחי או קורה שלו דאין במבוי אלא קורה אחד ולחי אחד וה"ה כשניטל צוה"פ לפי מנהגנו שאנו עושין צוה"פ:
Dont on a enlevé les kora ou les lehi - C’est-à-dire son lehi ou sa kora : il n’y a dans un mavoï qu’une kora et un lehi. Et de même lorsqu’on a enlevé la forme de porte, selon notre usage de faire une forme de porte.
(לב) אסור משם ואילך - לטלטל אלא בתוך ד"א וכן אסור להוציא מבית לשם ולא אמרינן כאן שבת הואיל והותרה הותרה כמו בסימן ש"ס ס"ב הואיל וליתנהו למחיצות:
Interdit dès lors - De porter, sinon dans les quatre ammoth ; et il est aussi interdit de sortir de la maison vers là. On ne dit pas ici : « le Chabbat, une fois permis, reste permis », comme au siman 360 seif 2, puisqu’il n’y a plus de cloisons.
(לג) מוקפת חומה מותר - דהרי ע"י החומה הויא כל העיר רה"י גמור ותיקון המבוי לא היה אלא כדי לסלק דיורי הנכרים מעליהן ולכן אף שנסתר תיקון המבוי בשבת מותר דהוי כשתי חצירות שלא עירבו יחד ונפל כותל המפסיק ביניהן דאמרינן שבת הואיל והותרה הותרה משום דמחיצות החיצונות קיימות וה"נ בכהאי גוונא. וכתב הט"ז דוקא ישבה ולבסוף הוקפה בסתם עיירות שלנו דאז הוי רה"י אבל אם הוקפה ולבסוף ישבה דיש עליה דין כרמלית מדרבנן ועשו תיקון במבוי להתיר הטלטול ונפל התיקון אסור דהרי מיחסרא מחיצתא ופתוח לכרמלית:
Entourée d’une muraille, permis - Car par la muraille toute la ville est un domaine privé véritable, et l’aménagement du mavoï n’était que pour écarter d’eux les habitants non juifs. Aussi, même si l’aménagement du mavoï s’est détruit le Chabbat, c’est permis : c’est comme deux cours qui n’ont pas fait d’érouv ensemble et dont le mur séparateur est tombé : on dit « le Chabbat, une fois permis, reste permis », parce que les cloisons extérieures subsistent ; et de même ici. Le Taz a écrit : seulement si l’on s’est établi puis qu’on a entouré, comme dans nos villes ordinaires : alors c’est un domaine privé. Mais si l’on a entouré puis qu’on s’est établi, elle a le statut de karmélit de par les Sages ; on a fait un aménagement dans le mavoï pour permettre de porter, et l’aménagement est tombé : c’est interdit, car il manque une cloison et c’est ouvert vers une karmélit.
(לד) עומד ליסתר - כגון במקומות שמצויים נכרים שמקלקלים אותם בליל שבת וקרוב לודאי הוא שיקלקלוהו:
Destiné à être détruit - Par exemple aux endroits où des non-juifs ont coutume de les détériorer la nuit du Chabbat, et qu’il est quasi certain qu’ils le détérioreront.
(לה) ואם ספק וכו' - אאין עומד לסתור קאי:
Et s’il y a doute, etc. - Cela se rapporte à « qui n’est pas destiné à être détruit ».
(לו) אזלינן לקולא - דמוקמינן ליה אחזקתיה והשתא הוא דנשבר [ב"י]:
On va à l’indulgence - On le maintient dans son état antérieur, et c’est maintenant seulement qu’il s’est brisé [Beit Yossef].
(לז) שנשתתפו בו - ר"ל שעשו רק שיתופי מבואות ולא עשו עירובי חצרות כל אחד בפני עצמו בחצרו ואעפ"כ מהני כדקי"ל לקמן בסימן שפ"ז דסומכין על שיתוף במקום עירוב:
Dans lequel on s’est associé - C’est-à-dire qu’on n’a fait que des chitoufei mevoot, et non des érouvei hatsérot chacun pour soi dans sa cour ; néanmoins cela sert, comme nous tenons plus bas au siman 387 qu’on s’appuie sur le chitouf à la place de l’érouv.
(לח) הפתוחות לו - ר"ל שיש פתח או חלון שיכולין לטלטל ולהביא מזו לזו שלא דרך המבוי:
Qui s’ouvrent sur lui - C’est-à-dire qu’il y a une porte ou une fenêtre par lesquelles on peut porter et apporter de l’une à l’autre sans passer par le mavoï.
(לט) שאין פתוחות וכו' - ר"ל אפילו העומדות בצד חצר זו כיון שאין להם פתח או חלון לאותו חצר אסורות דליתא לעירוב גבייהו ולא מצי לאתויי להעירוב דרך המבוי כיון שנשברה הקורה. ודוקא כשנשבר תיקון המבוי בחול אבל נשבר בשבת שרי לטלטל בכל החצרות כיון שהעירוב היה קיים בין השמשות ואפילו מחצר לחצר שרי בין דרך פתחים שביניהם בין דרך חורין דכיון שהותר במקצת שבת הותר לכל השבת וכדלקמן בריש סימן שע"ד ורק דרך המבוי אסור לטלטל:
Qui ne s’ouvrent pas, etc. - C’est-à-dire : même celles qui se tiennent à côté de cette cour, dès qu’elles n’ont ni porte ni fenêtre vers cette cour, sont interdites : l’érouv n’est pas chez elles, et elles ne peuvent apporter l’érouv par le mavoï, puisque la kora s’est brisée. Cela seulement si l’aménagement du mavoï s’est brisé en semaine ; mais s’il s’est brisé le Chabbat, il est permis de porter dans toutes les cours, puisque l’érouv existait au crépuscule ; et même de cour à cour c’est permis, que ce soit par les portes entre elles ou par des trous : une fois permis une partie du Chabbat, c’est permis pour tout le Chabbat, comme plus bas au début du siman 374. Seulement par le mavoï il est interdit de porter.
(מ) אסורות - דע דאותן חצרות האסורות לטלטל אפילו בבית אחד אסור מחדר לחדר אם בכל חדר דר אדם אחד בפ"ע ואין לחבירו תפיסת יד בהן כמו שמוכח סי' ש"ע ס' ב' וג'. וצריך להזהיר ע"ז במקומות שאין להם תיקון מבואות בעיר דאף בבית אחד לא יטלטלו שני שכנים הדרים בשני חדרים אם לא שעשו עירובי חצרות ביניהם וכן צריך להזהיר במקומות שיש שם לחי או קורה או צוה"פ ונשבר התיקון באותו מבוי של ביהכ"נ [שמונח שם העירוב וכה"ג] אם נשבר בחול שלא יטלטלו שוב בכל המבואות אפילו יש להם תיקון בפ"ע אא"כ הוא בענין שיכולין להביא העירוב אצלן מביהכ"נ. ודע עוד דבמקום שאין עושין תיקון מבואות בעיר צריך ליזהר שלא יעשו עירובי חצרות אא"כ יש עכ"פ באותו חצר שני בתים [וכן ה"ה שני בתים זה נגד זה ופירהויז ביניהם או שני חדרים הפתוחים לבית אחד] או בחצר הסמוכה להם בענין שיכולין להביא העירוב אצלם דרך פתח או חלון בשבת וכתבו האחרונים דבאופן זה שלא עשו תיקון למבואות לא יניחו העירוב בביהכ"נ כנהוג רק באחד הבתים ואם לא עשו כן אסור לטלטל אפילו בחצר בהכ"נ על סמך העירוב שמונח בבית הכנסת:
Sont interdites - Sache que ces cours où il est interdit de porter : même dans une seule maison, il est interdit d’une chambre à l’autre si dans chaque chambre habite une personne à part et que l’autre n’y a pas de prise, comme il ressort du siman 370 seif 2 et 3. Il faut en avertir aux endroits qui n’ont pas d’aménagement de mavoïm dans la ville : même dans une seule maison, deux voisins habitant deux chambres ne porteront pas s’ils n’ont pas fait d’érouvei hatsérot entre eux. De même, il faut avertir aux endroits où il y a un lehi, une kora ou une forme de porte, et que l’aménagement s’est brisé dans ce mavoï du beit haknesset [où l’érouv est déposé, et cas semblables] : s’il s’est brisé en semaine, qu’on ne porte plus dans tous les mavoïm, même s’ils ont un aménagement à part, à moins qu’on puisse apporter l’érouv chez soi depuis le beit haknesset. Sache encore : là où l’on ne fait pas d’aménagement de mavoïm dans la ville, il faut prendre garde de ne faire des érouvei hatsérot que s’il y a au moins, dans cette cour, deux maisons [et de même deux maisons face à face avec un vestibule entre elles, ou deux chambres ouvertes sur une même maison], ou dans la cour voisine, de façon qu’on puisse apporter l’érouv chez soi par une porte ou une fenêtre le Chabbat. Les Aharonim ont écrit qu’en ce cas, n’ayant pas aménagé les mavoïm, on ne déposera pas l’érouv au beit haknesset comme il est d’usage, mais dans l’une des maisons ; et si l’on n’a pas fait ainsi, il est interdit de porter même dans la cour du beit haknesset en s’appuyant sur l’érouv déposé au beit haknesset.