משנה ברורה

Michna Beroura — siman 384

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Un non-juif hôte, s'il empêche
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Un non-juif entré comme hôte n'interdit que s'il a permission ; s'il n'est pas habituel, seulement après trente jours. Les soldats du roi n'interdisent pas si le maître de maison a encore, dans ces lieux, des objets interdits à transporter.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETNon-juif hôte : quand il interdit, quand il ne compte que comme passant
À FAIREHôte de passage
Il n’est pas venu fixer résidence, seulement s’héberger un temps : n’interdit pas
À FAIRESans permission
Il n’interdit pas. « Sans permission » = il n’est pas entré avec prêt ou location d’une chambre
À FAIREJusqu’à trente jours
Tant qu’il n’est pas habituel, jusqu’après 30 jours il compte comme simple hôte et n’interdit pas (fin siman 370)
À ÉVITERHôte habituel
S’il a coutume de toujours venir s’y héberger, il compte comme fixé : il faut louer de lui
À ÉVITEREntrée avec permission
Prêt ou location d’une chambre particulière pour s’héberger : il interdit
OUITefissat yad du Juif
Objets qu’on ne transporte pas le Chabbat laissés là : le non-juif n’est plus qu’un hôte de passage et n’interdit pas
OUISoldat assigné par le préposé du royaume
Même contre le gré du maître de maison, il interdit (dina de-malkhouta = comme entrée avec permission). Si le préposé agit hors la loi du roi : n’interdit pas
NONCréancier qui entre au titre de sa créance
Maguen Avraham : comme entrée avec permission, il interdit. Certains sont indulgents
NONPlus de 30 jours sans tefissat yad, non habituel
Il interdit
REMAMichkenot Yaakov (siman 112) conteste pour les soldats : le droit reste au maître de maison, ils n’interdisent en aucun cas.
Hôte de passage / sans permission / moins de 30 jours → n’interdit pas. Permission, habitude, soldat assigné, ou plus de 30 jours sans emprise → louer. Tefissat yad du Juif le ramène au statut d’hôte.

Glossaire

akhsanaout
hébergement temporaire
dina de-malkhouta
loi du royaume
tefissat yad
emprise, droit de mainmise sur le lieu

(א) לשם אכסנאות - ר"ל שלא נכנס לשם לקבוע שם דירתו אלא לפי שעה להתאכסן שם:

Pour s'y loger en hôte - c'est-à-dire qu'il n'y est pas entré pour y fixer sa résidence, mais seulement pour un temps, afin de s'y héberger.

(ב) שלא ברשות - לאו דוקא אלא ר"ל שלא נכנס ברשות:

Sans permission - ce n'est pas à prendre au pied de la lettre, mais c'est-à-dire qu'il n'est pas entré avec permission.

(ג) נכנס ברשות - ר"ל שהשאילו או השכירו חדר מיוחד להתאכסן שם. כתב מג"א דעכו"ם שיש לו חוב על הבית ונכנס שלא ברשות בעד חובו מיקרי ברשות ואוסר ויש מקילין בזה:

Entré avec permission - c'est-à-dire qu'on lui a prêté ou loué une chambre particulière pour s'y héberger. Le Maguen Avraham écrit qu'un non-juif qui a une créance sur la maison et y entre sans permission au titre de sa créance est considéré comme entré avec permission et interdit ; certains sont indulgents en cela.

(ד) רגיל לבוא - היינו שרגיל לבוא תמיד להתאכסן שם ועי"ז חשוב כקבוע וצריך לשכור ממנו הרשות:

Habitué à venir - c'est-à-dire qu'il a coutume de toujours venir s'y héberger, et de ce fait il compte comme fixé et il faut louer de lui le domaine.

(ה) עד לאחר שלשים יום - דעד זמן זה חשוב כאורח ואינו אוסר וכמו לעיל בס"ס ש"ע וע"ש מה שכתבתי בבה"ל:

Jusqu'après trente jours - car jusqu'à ce terme il compte comme simple hôte et n'interdit pas, comme plus haut à la fin du siman 370 ; et voir là-bas ce que j'ai écrit dans le Biour Halakha.

(ו) בין בחזקה - הקשו המפרשים דהא בסעיף א' מבואר דשלא ברשות אינו אוסר כלל ותירצו דמיירי שמתאכסנים ע"פ דינא דמלכותא כמו שנהוג כשאנשי חיילים באים לעיר הפקידים קובעים מקומות בעד החיל בבתי העיר ובזה אפי' לא נתרצה הבעה"ב נמי אוסר דהפקיד יש לו רשות ע"ז מן המלכות וכנכנס ברשות דמי [ואם משנה הפקיד מחוק שנתן המלך והוא עושה בחזקה הרי הוא כשאר עכו"ם ואינו אוסר ובספר משכנות יעקב סי' קי"ב חולק לגמרי על פסק המחבר ודעתו דלגבי אנשי חיל תמיד ברשות בעלים קיימא ושמן עליו ובכל גווני אינו אוסר]:

Que ce soit de force - les commentateurs ont objecté : au seif 1 il est exposé que sans permission il n'interdit pas du tout. Ils ont répondu qu'il s'agit d'un hébergement selon la dina de-malkhouta, comme il est d'usage quand des soldats viennent en ville : les préposés assignent des logements dans les maisons, et alors même si le maître de maison n'a pas consenti, le non-juif interdit, car le préposé tient ce droit du royaume et c'est comme une entrée avec permission. [Si le préposé s'écarte de la loi donnée par le roi et agit de force, il est comme tout autre non-juif et n'interdit pas. Le livre Michkenot Yaakov, siman 112, conteste entièrement la décision du Mé'haber : selon lui, pour les soldats le droit reste toujours au maître de maison, qui a priorité, et en aucun cas ils n'interdisent.]

(ז) כלים שאסור לטלטלם - עיין בה"ל:

Des objets qu'il est interdit de transporter - voir le Biour Halakha.

(ח) אינם אוסרים וכו' - דתו הו"ל האי עכו"ם אצלו רק כאורח לפי שעה וכדלעיל בסי' ש"ע ס"ב:

Ils n'interdisent pas, etc. - car dès lors ce non-juif n'est plus chez lui qu'un hôte de passage, comme plus haut siman 370 seif 2.

(ט) עליהם - אבל אם אין לו תפיסת יד אוסר אם שהה יותר מלמ"ד יום אם אינו רגיל וכנ"ל:

Sur eux - mais s'il n'a pas de tefissat yad, il interdit s'il est resté plus de trente jours, s'il n'est pas habituel, comme ci-dessus.