Après un chitouf dans le mavoï, on fait encore un érouv dans chaque cour pour que les enfants n'oublient pas la loi de l'érouv ; si le chitouf est en pain, on peut s'y fier.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) המשתתפין במבוי - ולא מיירי בפת אלא בשאר מיני אוכלין ומשקין:
Ceux qui s'associent dans le mavoï - il ne s'agit pas ici de pain, mais des autres espèces d'aliments et de boissons.
(ב) צריכין לערב בחצרות - היינו החצרות עם הבתים:
Doivent faire un érouv dans les cours - c'est-à-dire les cours avec les maisons.
(ג) כדי וכו' - ר"ל דמדינא לא היו צריכין לערב בחצרות הפתוחות למבוי כלל שהרי מעורבין ומשותפין כבר ממילא ע"י שיתוף שבמבוי אלא כדי וכו':
Afin que etc. - c'est-à-dire qu'en droit strict on n'aurait pas du tout besoin de faire un érouv dans les cours ouvertes sur le mavoï, puisqu'elles sont déjà unies et associées d'elles-mêmes par le chitouf du mavoï ; c'est seulement afin que etc.
(ד) שהרי אין וכו' - ויאמרו אבותינו לא עירבו:
Car ils ne etc. - et ils diraient : nos pères n'ont pas fait d'érouv.
(ה) ואין צריכין לערב בחצרות - כל אחת לעצמה:
Et l'on n'a pas besoin de faire un érouv dans les cours - chacune pour soi.
(ו) שהרי התינוקות מכירים בפת - מתוך שהפת היא חיי האדם לפיכך מכירים בו כשמשתתפים בו [ב"י] ומיירי שהניחו הפת בבית שבחצר והיה פת שלמה ולא פרוסה ואי לא"ה לא מהני:
Car les enfants reconnaissent le pain - puisque le pain est la vie de l'homme, ils le remarquent quand on s'en sert pour le chitouf [Beit Yossef]. Il s'agit du cas où l'on a déposé le pain dans une maison de la cour, et que c'était un pain entier et non une tranche ; sinon, cela ne suffit pas.
(ז) אין סומכין על השיתוף - ששיתוף המבוי אינו מועיל אלא לחבר כל החצרות עם המבוי יחד אבל לא לחבר הבתים עם החצרות שיהא מותר עי"ז להוציא מן הבית לחצר:
On ne s'appuie pas sur le chitouf - car le chitouf du mavoï ne sert qu'à unir toutes les cours avec le mavoï, mais non à unir les maisons avec les cours de sorte qu'il soit permis par là de sortir de la maison vers la cour.
(ח) מותרים להשתמש בחצירות שבמבוי - היינו להוציא מחצר לחצר כלים ששבתו בבית והטעם דכשם שהשיתוף מחבר לכל החצרות שיהיה מותר לטלטל מהן למבוי כן מחברן שיהיה מותר לטלטל מזה לזה:
Il est permis d'user des cours du mavoï - c'est-à-dire de sortir d'une cour à l'autre des objets qui se trouvaient à l'entrée de Chabbat dans la maison. La raison : de même que le chitouf unit toutes les cours pour qu'il soit permis de transporter d'elles vers le mavoï, de même il les unit pour qu'il soit permis de transporter de l'une à l'autre.
(ט) אפילו וכו' ביין - דאע"ג דעירובי חצרות לא מהני בעלמא כ"א בפת הכא מיגו דמהני לענין שיתוף [דמהני אפילו בשאר אוכלין ומשקין] מהני נמי לענין ע"ח:
Même etc. avec du vin - bien qu'en général les érouvei hatsérot ne vaillent que par le pain, ici, du moment que cela vaut pour le chitouf — lequel vaut même par d'autres aliments et boissons —, cela vaut aussi pour l'érouv de cour.
(י) וכן סומכין אעירוב וכו' - כבר נזכר זה בדברי המחבר מקודם ואגב גררא חזר וכתבו [מאמר מרדכי]:
De même on s'appuie sur l'érouv etc. - cela a déjà été dit plus haut dans les paroles du Mé'haber ; il le répète en passant [Maamar Mordekhaï].
(יא) ונראה לי הטעם וכו' - אע"ג די"ל דטעם המנהג הוא משום דמקמח אופין פת ופת הלא קי"ל דשיתוף מועיל במקום עירוב י"ל דרצה ליישב המנהג אף לי"א שבדברי המחבר דהיכא שלא עירב כל חצר לעצמה לכו"ע אין סומכין על השתוף במקום עירוב ואנן נהגינן דאין עושין רק שיתוף לבד:
Et il me semble que la raison etc. - bien que l'on puisse dire que la raison de l'usage est que de la farine on cuit du pain, et que pour le pain la règle est qu'un chitouf tient lieu d'érouv : on peut expliquer qu'il a voulu justifier l'usage même selon l'autre avis rapporté par le Mé'haber, d'après lequel, si chaque cour n'a pas fait d'érouv pour soi, personne ne s'appuie sur le chitouf à la place de l'érouv, alors que nous avons l'usage de ne faire qu'un chitouf seul.
(יב) היינו בזמן הגמרא שבני החצר וכו' - הקשה הלבוש א' מי יאמר שבזמן הגמרא לא נתנו כל בני החצר לשיתוף רק אחד מבני החצר ועוד לו יהי שאחד מבני החצר נתן לשיתוף מה בכך הרי הוא מזכהו לכולם והוי כאלו כולם נתנו עי"ש אך העיקר שהעולם סומכין על דעה הראשונה שאפילו לא עירב כל חצר לעצמה אם נשתתפו בפת סומכין עליו וא"צ לערב בחצרות כלל. ויותר טוב לומר בפירוש בשעת הנחת העירוב שמניחו גם לשם שיתוף ובזה יוצא לכולי עלמא כמו שכתב הריטב"א בהדיא:
C'est-à-dire au temps de la Guemara, où les gens de la cour etc. - le Levouch objecte : 1) qui dit qu'au temps de la Guemara tous les gens de la cour ne donnaient pas au chitouf, mais seulement l'un d'eux ? 2) et même si l'un seulement donnait au chitouf, qu'importe, puisqu'il en fait l'acquisition pour tous, et c'est comme s'ils avaient tous donné, voir là-bas. Mais l'essentiel est que le monde s'appuie sur le premier avis : même si chaque cour n'a pas fait d'érouv pour soi, si l'on s'est associé par du pain, on s'y fie et l'on n'a plus besoin du tout de faire un érouv dans les cours. Il est encore mieux de dire explicitement, au moment de déposer l'érouv, qu'on le dépose aussi à titre de chitouf ; ainsi l'on sort d'affaire selon tous les avis, comme l'écrit expressément le Ritva.