Remboursement d’une miche empruntée avant Pessaḥ ; parts d’un four commun et location du four ou de la maison ; nourriture d’un esclave ou d’ouvriers ; achat de hamets pour autrui ; location d’ustensiles ou d’un âne ; usage des ustensiles hamets pour le chauffage et le lavage ; affermage d’une malterie.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) קודם הפסח צריך לפורעו - ר"ל אפילו לוה ממנו ככר זה בע"פ סמוך לזמן הביעור שאם לא הלוהו בלא"ה היה צריך לבערו ואם לא ביערו היה נאסר בהנאה אעפ"כ צריך להחזיר לו ככר אחר אחה"פ שהרי עכ"פ לוה ממנו בשעת היתר ואז היה החמץ ממון גמור שהיה עדיין קודם זמן הביעור וכתבו האחרונים דאפילו אם עבר ישראל הלוה והשהה החמץ עד לאחר פסח ונאסר מ"מ צריך לשלם ולא אמרינן שלא יכול המלוה לקבל דמיו משום חליפי חמץ כדלעיל סימן תמ"ג דאין זה חליפי חמץ שכיון שלוה הככר הרי הוא שלו ואין לו למלוה עליו אלא דמים בעלמא. ישראל שהלוה חמץ לעכו"ם לפני הפסח ושילם לו חמץ כיוצא בו לאחר הפסח הואיל ואינו מחזיר לו חמץ הראשון בעיניה מותר [כ"כ בשלטי הגבורים בשם הריא"ז] ומוכח מדבריו דאם מחזיר לו אותו חמץ אסור ופר"ח חולק על זה דלא מיקרי חמץ שעבר עליו הפסח שהרי עד עתה היה שייך להעכו"ם דכיון שהלוהו קם ליה ברשותיה והו"ל חמץ של נכרי שעבר עליו הפסח דשרי אף באכילה ולמעשה יש להחמיר כדעה קמייתא דמחזי כחמץ של ישראל שעבר עליו הפסח כיון שהחזיר לו אותו החמץ גופא:
Avant Pessaḥ, il doit le rembourser - C’est-à-dire : même s’il lui a emprunté cette miche la veille de Pessaḥ, proche de l’heure du biour — alors que sans cet emprunt le prêteur aurait dû la détruire, et que sans destruction elle se serait interdite à la jouissance —, il doit néanmoins rendre une autre miche après Pessaḥ, car enfin il l’a empruntée à un moment permis, et alors le hamets était un bien patrimonial plein, encore avant l’heure du biour. Les Aharonim ont écrit que même si l’Israélite emprunteur a conservé le hamets jusqu’après Pessaḥ et qu’il s’est interdit, il doit quand même payer ; on ne dit pas que le prêteur ne peut recevoir son argent au titre d’échange de hamets, comme plus haut siman 443 : ce n’est pas un échange de hamets, car dès qu’il a emprunté la miche elle est sienne, et le prêteur n’a plus sur lui que de l’argent. Un Israélite qui a prêté du hamets à un non-juif avant Pessaḥ et que celui-ci lui a rendu du hamets analogue après Pessaḥ : puisqu’il ne lui rend pas le premier hamets en nature, c’est permis [ainsi les Shiltei ha-Gibborim au nom du Riaz]. Il en résulte que s’il lui rend ce même hamets, c’est interdit. Le Peri Ḥadash conteste : cela ne s’appelle pas hamets sur lequel Pessaḥ est passé, car jusqu’alors il appartenait au non-juif — dès le prêt il est entré en sa possession, c’est du hamets de non-juif sur lequel Pessaḥ est passé, permis même à la consommation. En pratique, il faut être rigoureux comme le premier avis, car cela a l’apparence de hamets d’Israélite sur lequel Pessaḥ est passé, puisqu’on lui a rendu ce hamets même.
(ב) אם אינו פורעו - ומשום חשש רבית דאסור ללוות סאה בסאה ליכא בככרות משום דהחילוק הוא בדבר מועט ע"פ רוב ולא קפדי אינשי בזה [אחרונים]:
S’il ne le rembourse pas - Quant à la crainte de ribbit, interdisant d’emprunter sea pour sea, elle n’existe pas pour les miches, car la différence est en général minime et les gens n’y tiennent pas [Aharonim].
(ג) יאמר לו קודם - הטעם דכיון שנתחייב ליתן לו בכל שבוע ככר א"כ כשמיחד העכו"ם הככר בפסח בעבור הישראל הוי כאלו כבר זכה בו והוי כאלו עבר הפסח על חמץ של ישראל להכי צריך להתנות עמו שבעבור שבוע של פסח אינו רוצה ככרות רק הקמח שלהם או דמי שוין [או שיתן לו ככרות שיאפה אחר הפסח] ואם כן אף אם העכו"ם הכין לו ככרות בפסח לא איכפת לן שהרי אינם משועבדים כלל לישראל והם לגמרי ברשות העכו"ם לע"ע:
Il lui dira auparavant - La raison : puisqu’il s’est obligé à lui donner chaque semaine une miche, lorsque le non-juif réserve la miche pendant Pessaḥ pour l’Israélite, c’est comme s’il l’avait déjà acquise, et comme si Pessaḥ était passé sur du hamets d’Israélite. Il faut donc convenir avec lui que, pour la semaine de Pessaḥ, il ne veut pas de miches, seulement leur farine ou leur valeur [ou qu’il lui donne des miches cuites après Pessaḥ]. Ainsi, même si le non-juif lui a préparé des miches pendant Pessaḥ, cela ne nous importe pas : elles ne sont aucunement grevées au profit de l’Israélite et restent entièrement au pouvoir du non-juif pour l’instant.
(ד) ככרות חמץ - ר"ל אף אותן שהכין עבורו בפסח והסכימו האחרונים דכ"ז לכתחלה אבל בדיעבד אפילו אם לא התנה כלל נמי שרי לו לקבל הככרות אחר הפסח בשביל שבוע של פסח ואע"ג דיחדם לו לישראל בפסח דכ"ז שלא באו לרשות ישראל לא זכה בהם ואין לו עליו אלא חוב בעלמא של ככרות ולא אותן גופא והרי הן של עכו"ם עדיין כל ימי הפסח:
Des miches de hamets - C’est-à-dire même celles qu’il a préparées pour lui pendant Pessaḥ. Les Aharonim s’accordent : tout cela est lekhathila (a priori) ; mais bediavad (après coup), même s’il n’a rien convenu du tout, il lui est permis de recevoir les miches après Pessaḥ pour la semaine de Pessaḥ. Bien que le non-juif les ait réservées pour l’Israélite pendant Pessaḥ, tant qu’elles n’ont pas atteint le domaine de l’Israélite, celui-ci ne les a pas acquises : il n’a sur lui qu’une créance de miches, non ces miches mêmes, et elles restent au non-juif tous les jours de Pessaḥ.
(ה) אומר לנכרי קודם פסח וכו' - ואם לא אמר אסור לקבל אחר פסח עבור חלקו אפילו מעות וכדלקמיה:
Il dit au non-juif avant Pessaḥ etc. - Et s’il ne l’a pas dit, il est interdit de recevoir après Pessaḥ pour sa part, même de l’argent, comme plus loin.
(ו) ואני אטול אח"כ - יש מאחרונים שכתבו דדוקא כשאומר לו ואני אטול אח"כ דמים נגד הככר שנטלת דזה נחשב כאומר שאינו רוצה להשכיר תנורו למלאכה לפסח רק בעד דמים או דמיירי כשאומר לו טול אתה שבוע זו של פסח את התנור בין יהיה בו בין לא יהיה בו ואני אטול שבוע שלפניה או שאח"כ מה שיזדמן לי דזה מותר דחולקין הזמן ואין לזה על זה כלום אבל כשאומר לו טול אתה הככרות מה שיהיה בפסח ואני אטול כסכום זה אחר כך אם כן הרי ניחא ליה בהככרות שבתנור [דאם לא יזדמן לאפות בפסח בתנורו לא יתן לו העכו"ם אחר פסח] וזוכה לו התנור אלא שמחליפו עם העכו"ם שותפו אם כן הרי נהנה הוא מחמצו שבפסח שתחת חלקו שיש לו באותן ככרות העכו"ם נותן לו את חלק ככרותיו שיש לו בשבוע שאחר פסח ואסור ויש שאוסרין אפילו כשאומר לו ואני אטול אחר כך דמים נגד הככרות שנטלתה דמ"מ נהנה הוא דמי שיווי חמצו שבפסח והסכימו האחרונים דנכון למעשה לנהוג שימכור להעכו"ם התנור על שבוע של פסח שיהיה לגמרי ברשותו ויקצוב עמו מקח עבור זה ויטול ממנו הדמים מתחלה קודם פסח ובזה אין שום איסור מה שחל בשבוע זו שבת ויו"ט אחרי שהוא בהבלעה:
Et moi je prendrai ensuite - Certains Aharonim ont écrit : seulement s’il lui dit « et moi je prendrai ensuite de l’argent contre la miche que tu as prise », ce qui équivaut à dire qu’il ne veut pas louer son four pour le travail de Pessaḥ sinon contre de l’argent ; ou bien s’il lui dit « prends toi-même cette semaine de Pessaḥ le four, qu’il y ait ou non quelque chose, et moi je prendrai la semaine d’avant ou ensuite ce qui se présentera » : cela est permis, car ils se partagent le temps et n’ont rien l’un sur l’autre. Mais s’il lui dit « prends toi-même les miches qui seront pendant Pessaḥ et moi je prendrai une somme égale ensuite », alors cela lui convient que des miches soient dans le four [car si l’on ne vient pas cuire pendant Pessaḥ dans son four, le non-juif ne lui donnera rien après Pessaḥ], et le four les acquiert pour lui, sauf qu’il les échange avec le non-juif associé : il profite donc de son hamets de Pessaḥ, puisque sous sa part dans ces miches le non-juif lui donne sa part de miches de la semaine après Pessaḥ, et c’est interdit. Certains interdisent même s’il dit « et moi je prendrai ensuite de l’argent contre les miches que tu as prises », car enfin il profite de la valeur de son hamets de Pessaḥ. Les Aharonim s’accordent qu’en pratique il convient de vendre le four au non-juif pour la semaine de Pessaḥ, afin qu’il soit entièrement en son pouvoir, de convenir d’un prix et de prendre l’argent d’avance avant Pessaḥ ; ainsi il n’y a aucune interdiction du fait que cette semaine tombe Chabbat et Yom Tov, puisque c’est par havlaah.
(ז) ואפו בו נכרים וכו' - ומשמע דאפילו שלא בידיעת הבעלים וכ"כ האחרונים:
Et des non-juifs y ont cuit etc. - Il en résulte : même à l’insu du propriétaire. Ainsi ont écrit les Aharonim.
(ח) אפילו מעות - וכ"ש ככרות מאותן שאפו בפסח דאסור לו לקבל ואפילו לאחר הפסח:
Même de l’argent - Et à plus forte raison des miches de celles cuites pendant Pessaḥ : il lui est interdit de les recevoir, même après Pessaḥ.
(ט) דהו"ל משתכר וכו' - דאסור לכתחלה מדרבנן בכל איסורי הנאה ואפילו נותן לו המעות קודם פסח או אחר פסח ולא דמי לס"ג דהתם התנור היה של שותפים וכשמחלקים בזמן הו"ל בעת ההיא התנור של עכו"ם לגמרי:
Car il s’agirait de tirer profit etc. - Interdit lekhathila de par les Sages pour tous les interdits de jouissance, même s’il lui donne l’argent avant Pessaḥ ou après Pessaḥ. Cela ne ressemble pas au seif 3, où le four était aux associés, et lorsqu’ils se partagent le temps le four est alors entièrement au non-juif.
(י) מותר ליהנות מהם - דמשתכר באיסורי הנאה אינו אסור בדיעבד בשום מקום שאין זה גופו של חמץ ולא חליפיו רק המעות בא ע"י גרם חמץ ולא החמירו בזה רק ביין נסך משום חומרא דע"ז. וכ"ז בקיבל מעות אבל אם נתנו לו איזה ככרות מככרות שאפו בתנורו אסור ליהנות מהם דזכה בהם כבר בפסח בשכר תנורו אם דרכן לעולם לתת ככרות והוי ליה חמץ של ישראל שעבר עליו הפסח:
Il est permis d’en profiter - Car tirer profit d’interdits de jouissance n’est interdit bediavad nulle part : ce n’est pas le corps du hamets ni son échange, seulement de l’argent venu par l’intermédiaire du hamets ; on n’a été rigoureux en cela que pour le vin de libation, en raison de la gravité de l’idolâtrie. Tout cela s’il a reçu de l’argent ; mais si on lui a donné quelques miches de celles cuites dans son four, il est interdit d’en profiter, car il les a déjà acquises pendant Pessaḥ comme salaire de son four, si l’usage est toujours de donner des miches : c’est du hamets d’Israélite sur lequel Pessaḥ est passé.
(יא) להשכיר תנורו לנכרי על מנת וכו' - ואין זה משתכר באיסורי הנאה שאסור לכתחלה עכ"פ כיון שאף אם לא היה אופה בו הנכרי כלום ג"כ היה צריך לפרוע לו לישראל שכרו משלם שהרי השכירו לו לזמן וא"כ אין הישראל משתכר כלום במה שהעכו"ם אופה חמץ ומ"מ לכתחלה צריך לומר לו שיאפה מצה דאל"כ כיון שידוע שדרכו לאפות בו חמץ הוי כאילו השכיר לו לאפיית חמץ דאסור:
Louer son four à un non-juif à condition etc. - Ce n’est pas « tirer profit d’interdits de jouissance », interdit du moins lekhathila, puisque même si le non-juif n’y cuisait rien, il devrait quand même payer à l’Israélite son loyer entier : il le lui a loué pour un temps. L’Israélite ne gagne donc rien à ce que le non-juif cuise du hamets. Néanmoins, lekhathila il faut lui dire de cuire de la matsa ; sinon, comme on sait que son usage est d’y cuire du hamets, c’est comme s’il le lui louait pour la cuisson du hamets, ce qui est interdit.
(יב) לדור בו - היינו אע"ג שמשכירו סתמא לדור בו הוא ולא אתי לאפוקי אלא היכי שמשכירו בפירוש לשום בו חמץ ומשום דמשתכר באיסורי הנאה ומשמע מדברי אחרונים דאין לאסור משום משתכר באיסורי הנאה אלא דוקא היכי שהגיע זמן איסורו כגון בפסח או ע"פ אבל קודם אינו אסור אפילו לכתחלה ויש מחמירין בזה אפילו תוך שלשים קודם לפסח:
Pour y habiter - C’est-à-dire : même s’il le lui loue de manière indéterminée pour y habiter, cela n’est exclu que s’il le lui loue explicitement pour y mettre du hamets, au titre de « tirer profit d’interdits de jouissance ». Il résulte des Aharonim qu’on n’interdit de tirer profit d’interdits de jouissance que lorsque l’heure de l’interdit est déjà arrivée, comme pendant Pessaḥ ou la veille de Pessaḥ ; auparavant ce n’est pas interdit même lekhathila. Certains sont rigoureux même dans les trente jours avant Pessaḥ.
(יג) לעבד - אף שמזונותיו עליו הואיל ולא אמר לו שיקנה חמץ:
À un esclave - Même si sa nourriture est à sa charge, dès lors qu’il ne lui a pas dit d’acheter du hamets.
(יד) אע"פ שיודע שיקנה וכו' - ואם הוא מושכר אצלו לשנה לא יאכל בביתו משום חשדא [אגודה]:
Bien qu’il sache qu’il achètera etc. - S’il est loué chez lui à l’année, qu’il ne mange pas dans sa maison, à cause du soupçon [Agouda].
(טו) חמץ - אבל לא יאמר לו הילך דינר זה וקנה לך חמץ מן החנוני ואכול אפילו אם הוא עכו"ם דעלמא שאין מזונותיו עליו דכיון שהישראל בעצמו אסור לו לקנות חמץ בפסח אסור לו לומר לעכו"ם לקנותו דאף שהנכרי קונה אותו לעצמו ולא בשביל הישראל כיון שהישראל נותן לו דינר ואומר לו שיקנה בו חמץ והעכו"ם קונה אותו בדיבורו הרי נראה כשלוחו אבל מותר לומר לו קנה לך חמץ בדינר שלך ואכול:
Du hamets - Mais qu’il ne lui dise pas : « tiens ce dinar et achète-toi du hamets chez l’épicier et mange », même s’il s’agit d’un non-juif quelconque dont la nourriture n’est pas à sa charge : puisque l’Israélite lui-même a interdit d’acheter du hamets à Pessaḥ, il a interdit de dire au non-juif de l’acheter. Bien que le non-juif l’achète pour lui-même et non pour l’Israélite, dès que l’Israélite lui donne un dinar et lui dit d’acheter du hamets avec, et que le non-juif l’acquiert par sa parole, cela a l’apparence d’un mandataire. Mais il est permis de lui dire : « achète-toi du hamets avec ton dinar et mange ».
(טז) צא ואכול וכו' - ודוקא שא"ל צא ואכול חמץ או עכ"פ שיודע בודאי שיאכל חמץ והטעם שכיון שנותן לו החנוני לעבד ע"ד שיפרע הוא להחנוני הוי החנוני שלוחו והוי כאלו הוא מאכילו חמץ בידים וכיון שמזונותיו עליו נמצא שנהנה הוא מן החמץ שמאכילו:
Sors et mange etc. - Seulement s’il lui a dit « sors et mange du hamets », ou du moins s’il sait avec certitude qu’il mangera du hamets. La raison : puisque l’épicier donne à l’esclave en vue que le maître paie l’épicier, l’épicier est son mandataire, et c’est comme s’il lui faisait manger du hamets de ses mains ; et puisque sa nourriture est à sa charge, il profite du hamets qu’il lui fait manger.
(יז) ויש מתירין וכו' - שכיון שעדיין לא נתן המעות לחנוני לא חשיב כחמצו מה שנותן לו החנוני לעבדו אלא חוב בעלמא נתחייב להעכו"ם בעבור שערב בעדו ולדינא עיקר כדעה זו ומ"מ לכתחלה נכון לחוש לסברא הראשונה בעבדו ושפחתו שמזונותיהן עליו שלא לומר לו שילך ויקיף על חשבונו אלא יתן לו מעות מזומן והוא יקנה מה שירצה:
Et certains autorisent etc. - Puisqu’il n’a pas encore donné l’argent à l’épicier, ce que l’épicier donne à son esclave ne compte pas comme son hamets, seulement une créance envers le non-juif pour s’être porté caution. Pour la pratique, l’essentiel est cet avis. Néanmoins, lekhathila il convient de craindre le premier avis pour son esclave et sa servante dont la nourriture est à sa charge : ne pas lui dire d’aller à crédit sur son compte, mais lui donner de l’argent comptant, et qu’il achète ce qu’il voudra.
(יח) גם בזה - ולדעה זו מותר ג"כ לומר לחנוני תן לפועלי חמץ ואני פורע ומטעם הנ"ל, ולענין תינוק שנחוץ לו לאכול ולשתות חמץ צריך לישא אותו לבית נכרי ויבקש להנכרי שיאכיל חמץ להתינוק [אך יזהר שלא יקחו בידו דזוכה בו] ואם אין הנכרי רוצה ליתן לו בחנם יכול להבטיחו שישלם לו אח"כ דמותר מעיקר הדין וכנ"ל אבל לא יתן לו מעות קודם או בשעה שנותנו לו לאכול דקונה החמץ בזה ואסור לכו"ע וכנ"ל ואם א"א לו לשאתו לחוץ ובע"כ צריך העכו"ם להביא החמץ לביתו של ישראל ולהאכילו שם יש לו לומר להעכו"ם שיקבץ החמץ הנשאר וישאנו לביתו וכשיצטרך לאכול עוד הפעם יחזור ויביאנו ויאכילנו ואם א"א למצא נכרי על כל פעם ופעם יש להקל שישאיר העכו"ם חמץ בביתו כדי שיספיק לתינוק לכמה פעמים ויאמר בפירוש שאינו רוצה לקנות את החמץ [דאל"ה קני ליה רשותו] וכדלעיל בסימן תמ"ח ויצוה לקטן שיאכיל לתינוק אבל הוא בעצמו אין לו להאכילו חדא דאסור לכתחלה ליגע בו וכדלעיל בסימן תמ"ו ועוד משום לתא דקנין ואם יכול להטמין החמץ במקום שמונח חמצו המכור יטמינו שם וישא התינוק לשם לאכול ואם לא יעשה מחיצה עשרה בפני החמץ ועכ"פ יכפה עליו כלי וכ"ז אם אין התינוק מסוכן לזה דביש סכנה אין צריך לדקדק בכ"ז כדי למהר באכילתו וכדלעיל סימן שכ"ח:
Aussi dans ce cas - Selon cet avis, il est aussi permis de dire à l’épicier : « donne du hamets à mes ouvriers et je paie », pour la même raison. Quant à un nourrisson qui a un besoin pressant de manger et de boire du hamets : il faut le porter chez un non-juif et prier le non-juif de lui faire manger du hamets [mais qu’il prenne garde de ne pas le prendre en main, car il l’acquiert]. Si le non-juif ne veut pas le donner gratuitement, on peut lui promettre de le payer ensuite : c’est permis d’après le fond du din, comme ci-dessus. Mais qu’on ne lui donne pas d’argent avant ou au moment où il le lui donne à manger, car par là on acquiert le hamets, interdit selon tous, comme ci-dessus. S’il est impossible de le porter dehors et qu’il faut bien que le non-juif apporte le hamets dans la maison de l’Israélite pour le lui faire manger là, qu’on dise au non-juif de ramasser le hamets restant et de l’emporter chez lui, et que lorsqu’il faudra encore manger il revienne l’apporter et le lui faire manger. S’il est impossible de trouver un non-juif à chaque fois, on peut être indulgent : que le non-juif laisse du hamets dans la maison pour suffire au nourrisson plusieurs fois, et qu’on dise explicitement qu’on ne veut pas acquérir ce hamets [sinon son domaine l’acquiert], comme plus haut au siman 448 ; et qu’on ordonne à un mineur de nourrir le nourrisson. Lui-même ne doit pas le nourrir : d’une part il est interdit lekhathila d’y toucher, comme plus haut siman 446 ; d’autre part à cause de l’apparence d’acquisition. S’il peut cacher le hamets à l’endroit où se trouve son hamets vendu, qu’il l’y cache et qu’on y porte le nourrisson pour manger ; et s’il n’a pas fait une cloison de dix téfaḥim devant le hamets, qu’il renverse au moins un ustensile dessus. Tout cela si le nourrisson n’est pas en danger ; s’il y a danger, on n’a pas à être minutieux en tout cela pour hâter sa nourriture, comme plus haut siman 328.
(יט) אא"כ הקדים דינר - לחנוני וצוהו לתת מזונות לעבדו כשיבוא אז הו"ל כמאכילו בידים החמץ שהחנוני הוא שלוחו של בעה"ב ובזה אסור אפילו אינו יודע בודאי שיקנה חמץ ועיין ביו"ד סימן קל"ב ס"ד שכתב דגם בהקדים לו דינר אינו אסור אא"כ כשאמר לו יהא דינר זה בידך עד שתתן להפועל שלי אבל אם הרשהו להוציאו עכשיו בהוצאה מותר דבשעה שנותן להפועל אין כאן דינר שיקנה לבעה"ב אבל כמה אחרונים חלקו עליו והסכימו דאסור בכל גווני ודע דהקדים לו דינר לאו דוקא דה"ה אם נתן לו דינר בשעה שנתן החנוני החמץ לעבדו דג"כ אסור ולא אתי בזה למעוטי רק אם פרע לו לאחר זמן:
Sauf s’il a avancé un dinar - À l’épicier, et lui a ordonné de donner de la nourriture à son esclave quand il viendra : alors c’est comme s’il lui faisait manger le hamets de ses mains, l’épicier étant le mandataire du maître. En ce cas c’est interdit même s’il ne sait pas avec certitude qu’il achètera du hamets. Voir Yoreh Deah siman 132 seif 4, qui a écrit que même s’il a avancé un dinar ce n’est interdit que s’il lui a dit : « que ce dinar reste en ta main jusqu’à ce que tu donnes à mon ouvrier » ; mais s’il l’a autorisé à le dépenser dès maintenant, c’est permis, car au moment où il donne à l’ouvrier il n’y a plus de dinar qui acquière pour le maître. Mais plusieurs Aharonim l’ont contesté et se sont accordés que c’est interdit dans tous les cas. Sache que « il a avancé un dinar » n’est pas exclusif : de même s’il lui a donné un dinar au moment où l’épicier donnait le hamets à l’esclave, c’est aussi interdit ; on n’exclut par là que le paiement après coup.
(כ) או שנשא ונתן ביד - ר"ל שבעה"ב בעצמו לקח החמץ מן החנוני העכו"ם לצורך עבדו ונתנו לו ובזה אפילו לא נתן לו מעות כלל אפ"ה אסור דקנה החמץ במשיכתו מן העכו"ם:
Ou qu’il a pris et donné de la main - C’est-à-dire que le maître lui-même a pris le hamets chez l’épicier non-juif pour son esclave et le lui a donné. En ce cas, même s’il ne lui a donné aucun argent, c’est interdit : il a acquis le hamets par sa meshikha depuis le non-juif.
(כא) ואסור לקנות וכו' - דאיכא למיחש שמא יאכל ממנו ועוד דהוא רוצה בקיומו של החמץ ועוד דהא אין שליחות לעכו"ם ונמצא דהישראל קונה אותם ועובר בבל יראה ואפילו אינו מושך החמץ מרשות המוכר אלא נותן לו דמים בלבד בפסח ג"כ אסור לפי שי"א שישראל קונה מטלטלין מעכו"ם בכסף בלבד:
Et il est interdit d’acheter etc. - On craint qu’il n’en mange ; de plus il souhaite le maintien de ce hamets ; de plus il n’y a pas de mandat pour un non-juif, si bien que l’Israélite les acquiert et transgresse bal yeraé. Même s’il ne tire pas le hamets du domaine du vendeur et ne lui donne que de l’argent pendant Pessaḥ, c’est aussi interdit, car certains disent qu’un Israélite acquiert les meubles d’un non-juif par l’argent seul.
(כב) אפילו במעותיו וכו' - ומ"מ אם לא כוון לקנותו לעצמו וגם לא קיבל עליו אחריות כלל יש לצדד להקל באכילה ובהנאה לאחר הפסח כ"כ הפמ"ג ועיין בשע"ת:
Même avec l’argent etc. - Néanmoins, s’il n’a pas eu l’intention de l’acquérir pour lui-même et n’a accepté aucune responsabilité, on peut pencher à l’indulgence pour la consommation et la jouissance après Pessaḥ ; ainsi le Peri Megadim, voir Shaarei Techouva.
(כג) של א"י - וכן אסור לומר לעכו"ם בחוה"מ פסח שיקנה חמץ בשבילו ואפילו לא ימשוך החמץ לתוך ביתו של ישראל דיש פוסקים שסוברין דיש שליחות לעכו"ם לחומרא ובדיעבד אם קנה ולא משך לרשותו אין לאסור לאחר הפסח [מחידושי רע"א ע"ש]. כתב הפמ"ג בעכו"ם שקונה מעכו"ם תבואה שיש בתוכה קצת חמוצים שרי לישראל להיות סרסור ביניהם כי לא בעד החמוצים הוא נותן דמים. אם היתה בהמת עכו"ם טעונה חמץ מותר לפורקה במקום שיש צער בע"ח דאף דהעכו"ם מחזיק לו טובה עבור זה [וזה מקרי בעלמא כרוצה בקיומו של חמץ כדי שיחזיק לו טובה] כיון דאין הישראל מכוין שיחזיק לו טובה שרי:
D’un non-juif - De même il est interdit de dire à un non-juif pendant Ḥol hamoed de Pessaḥ d’acheter du hamets pour lui, même s’il ne tire pas le hamets dans la maison de l’Israélite : certains décisionnaires tiennent qu’il y a mandat pour un non-juif par rigueur. Bediavad, s’il a acheté sans tirer en son domaine, on n’interdit pas après Pessaḥ [novelles de R. Aqiva Eiger, voir là]. Le Peri Megadim a écrit : un non-juif qui achète à un non-juif du grain contenant un peu de parties hamets, un Israélite peut être intermédiaire entre eux, car ce n’est pas pour les parties hamets qu’il donne de l’argent. Si une bête de non-juif était chargée de hamets, il est permis de la décharger là où il y a souffrance animale : bien que le non-juif lui en sache gré [ce qui d’ordinaire s’appelle souhaiter le maintien du hamets afin qu’il lui en sache gré], dès lors que l’Israélite n’a pas l’intention qu’on lui en sache gré, c’est permis.
(כד) כדי שיבשל בו חמץ - משום שהוא רוצה בקיומו של חמץ [שאם ישפך החמץ בשעה שהכלי עומד ע"ג האש יבקע הכלי] והרי הוא כנהנה מן החמץ:
Afin qu’il y cuise du hamets - Parce qu’il souhaite le maintien du hamets [si le hamets se répandait tandis que l’ustensile est sur le feu, l’ustensile se fendrait] : c’est comme s’il profitait du hamets.
(כה) אבל משכיר לו חמור - שהרי לא איכפת ליה אם יאבד החמץ. והקשו האחרונים דליאסר בין בכלי בין בחמור משום משתכר באיסורי הנאה שאסור לכתחלה וכמ"ש בסעיפים הקודמים ומסקי דדין זה הוא להאי שיטה דאין אסור להשתכר באיסורי הנאה רק בע"ז וכדומה אבל לפי מה דנקטינן להחמיר לאסור להשתכר לכתחלה בכל מקום ה"ה דאסור גם גבי חמור להביא עליו חמץ. ודע דגם לשיטה זו דוקא שהשכיר בפירוש להביא עליו חמץ אבל אם השכיר סתם לזמן והביא עליו חמץ מותר שהרי אם לא הוליך עליו שום דבר ג"כ היה צריך לשלם לו שכרו וכמו שכתבנו לעיל גבי תנור:
Mais il lui loue un âne - Car peu lui importe que le hamets se perde. Les Aharonim ont objecté : qu’on interdise tant pour l’ustensile que pour l’âne, au titre de « tirer profit d’interdits de jouissance », interdit lekhathila, comme aux seifim précédents. Ils concluent que ce din suit l’avis selon lequel on n’interdit de tirer profit d’interdits de jouissance que pour l’idolâtrie et analogues ; mais selon ce que nous retenons d’être rigoureux et d’interdire de tirer profit lekhathila partout, de même il est interdit aussi pour l’âne d’y faire porter du hamets. Sache que même selon cet avis, c’est seulement s’il a loué explicitement pour y porter du hamets ; mais s’il a loué de manière indéterminée pour un temps et qu’on y a porté du hamets, c’est permis, car même s’il n’y avait rien transporté il devrait quand même payer son loyer, comme nous l’avons écrit plus haut au sujet du four.
(כו) ויש מתירין להחם וכו' - ר"ל דלא נימא דזה ג"כ כעין רוצה בקיומו של חמץ המובלע בדופני הכלי בשביל הכלי [שבשעה שמשתמש בה הרי הוא רוצה שתהיה שלמה וממילא כמי שרוצה בחמץ הבלוע בתוכה שהרי א"א זה בלי זה] דלא אמרינן כן בחמץ המובלע שאינו בעין:
Et certains autorisent à chauffer etc. - C’est-à-dire : qu’on ne dise pas que c’est aussi une façon de souhaiter le maintien du hamets absorbé dans les parois de l’ustensile, à cause de l’ustensile [lorsqu’il s’en sert, il souhaite qu’il soit entier, et du même coup c’est comme s’il souhaitait le hamets absorbé dedans, car l’un n’est pas possible sans l’autre]. On ne dit pas ainsi pour le hamets absorbé qui n’est pas visible.
(כז) ולרחוץ בהם - או לחוף בו הראש שהרי אינו נהנה אלא מן הכלי ולא מחמץ הבלוע בתוכה אע"פ שהוא נפלט מן הכלי לתוך החמין וכתבו האחרונים דדוקא בכלי המיוחד לרחיצה ולכביסה שאין דרך להשתמש בו לאכילה אבל בכלי שדרך לפעמים להשתמש בו לאכילה ושתיה צריך להצניע במקום צנוע ואין להשתמש בו אפילו לרחיצה וכביסה גזירה שמא ישתמש בו לאכילה ומ"מ דרך ארעי אין להחמיר גם בזה ויתבאר לקמן בסימן תנ"א:
Et s’y laver - Ou s’y laver la tête : il ne profite que de l’ustensile, non du hamets absorbé dedans, bien que celui-ci se dégage de l’ustensile dans l’eau chaude. Les Aharonim ont écrit : seulement pour un ustensile destiné au lavage et à la lessive, dont on n’a pas l’usage de se servir pour manger ; mais un ustensile dont on se sert parfois pour manger et boire doit être rangé dans un endroit retiré, et on ne s’en servira pas même pour le lavage et la lessive, par décret de crainte qu’on s’en serve pour manger. Néanmoins, de façon occasionnelle, on n’est pas rigoureux non plus en cela ; cela sera exposé plus bas au siman 451.
(כח) וכן הוא המנהג - ולענין למכור לנכרי בפסח כלים חמוצים יש מתירים וגם כן מטעם הנ"ל שהרי נהנה רק מגוף הכלי ולא מבלוע [אם לא שהעכו"ם נותן לו יותר בשביל שהוא בלוע וישנה דאז נהנה מחמץ] ויש אוסרים בזה. כתבו האחרונים ישראל מחזיק ארענדע משר ויש שם בית שעושין שכר שקורין מאל"ץ הוי"ז ומנהג שכל מי שצריך לעשות שכר עושה בבית הנ"ל וישראל נוטל השכירות ואם יניח לנכרים לעשות שכר בפסח וא"כ הרי הוא רוצה בקיומו של חמץ מחמת הכלים שבמאל"ץ הוי"ז [שאם ישפך המאל"ץ יבקע היורה כשעומדת על האור] וכשיקבל שכר הרי הוא משתכר באיסורי הנאה ועוד יותר כיון שהמנהג תמיד לתת מדה מאלץ בשכר ולא מעות א"כ כשעושה העכו"ם השכר כבר זכה ישראל במדה מאלץ ואף שנותן לו זאת אחר פסח אסור דהוי ליה חמץ של ישראל שעבר עליו הפסח וכתבו שימכור הזכות שיש לו במאלץ הויז לא"י או ישכיר על איזה שבועות כדי שיהיו ימי הפסח בהבלעה ושרי ואם לא חכר מן השר גוף המאלץ הויז רק חכר ממנו שכר המדות דהיינו שהמדות שנותנים העושים יהיו שייכים לו די שיצוה להעושים שכר שלא יפרישו המדות בפסח רק יכתבו בפנקסם לו שטחנו בפסח ואחר הפסח יגבה מהם וכן הדין במחזיק רחיים בארענדע:
Et telle est la coutume - Quant à vendre à un non-juif pendant Pessaḥ des ustensiles hamets, certains l’autorisent, aussi pour la raison ci-dessus : on ne profite que du corps de l’ustensile, non de l’absorbé [sauf si le non-juif lui donne davantage parce qu’il est imprégné et sent, auquel cas il profite du hamets] ; d’autres l’interdisent. Les Aharonim ont écrit : un Israélite qui tient en arenda une distillerie du seigneur, où il y a une maison pour faire de la bière qu’on appelle Malzhaus, et la coutume est que quiconque a besoin de faire de la bière la fait dans ladite maison, l’Israélite prenant le loyer — s’il laisse les non-juifs faire de la bière à Pessaḥ, il souhaite le maintien du hamets à cause des ustensiles du Malzhaus [si le malt se répandait, la chaudière sur le feu se fendrait] ; et s’il reçoit un loyer, il tire profit d’interdits de jouissance. Plus encore : comme la coutume est toujours de donner une mesure de malt comme loyer et non de l’argent, lorsque le non-juif fait la bière l’Israélite a déjà acquis une mesure de malt, et même s’il la lui donne après Pessaḥ c’est interdit : c’est du hamets d’Israélite sur lequel Pessaḥ est passé. Ils ont écrit qu’il vende le droit qu’il a dans le Malzhaus à un non-juif, ou le loue pour quelques semaines afin que les jours de Pessaḥ soient absorbés, et c’est permis. S’il n’a pas affermé du seigneur le corps du Malzhaus, seulement le loyer des mesures — c’est-à-dire que les mesures que donnent les fabricants lui appartiennent —, il suffit d’ordonner aux fabricants de bière de ne pas prélever les mesures pendant Pessaḥ, seulement d’inscrire dans leur registre ce qu’ils ont broyé pendant Pessaḥ, et qu’il recouvre après Pessaḥ. Même din pour qui tient un moulin en arenda.