On ne pétrit les matsot qu’avec des eaux puisées et reposées une nuit dans un récipient, afin qu’elles se refroidissent. On les puise près d’entre les soleils, on les range selon le temps, on les protège du soleil. Préférence pour les rivières ; cas du Chabbat, de la tekoufa, des récipients, des eaux chaudes, du sel et des épices.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) אין לשין וכו' - בין מצת מצוה בין שאר מצות:
On ne pétrit etc. - Que ce soit pour la matsa de mitsva ou pour les autres matsot :
(ב) אלא במים שלנו - היינו לינה בכלי לאחר שאיבתן והטעם כתב רש"י בגמרא שהמעינות בימי ניסן הם חמין מפני שהחמה הולכת באותו זמן בשיפולי רקיע סמוך לארץ ומחממת המעינות ויש מפרשים מפני שבלילה החמה מהלכת למטה מהקרקע ומחממת המעינות ולפיכך אסרו חכמים להשתמש בהם לצורך לישה תיכף משיוציאן מן הארץ [דהוי להו כעין מים חמים שאסור ללוש בהם וכדלקמן סעיף ג'] עד שיעמדו בכלים ויצטננו מחמימתן ושיעור עמידתן בכלים וזמן שאיבתן מן הבאר יתבאר לקמיה:
Que dans des eaux de nuit - C’est-à-dire une nuit passée dans un récipient après le puisage. Rachi explique dans le Talmud que les sources, aux jours de Nissan, sont chaudes, car le soleil chemine alors dans les bas du firmament, près de la terre, et réchauffe les sources. D’autres expliquent que, la nuit, le soleil chemine sous le sol et réchauffe les sources. Aussi les Sages ont-ils interdit de s’en servir pour pétrir dès qu’on les a tirées de la terre [car elles sont alors comme des eaux chaudes, dont il est interdit de pétrir, comme ci-dessous au seif 3], jusqu’à ce qu’elles restent dans des récipients et se refroidissent de leur chaleur. La durée de leur séjour dans les récipients et le moment de les puiser au puits seront expliqués plus loin :
(ג) בין שהם מי נהרות - אף שאינן נמשכין ממעינות ולא שייכי הטעמים שכתבנו מ"מ יש להחמיר גם בזה לצננן לפי שהכה עליהם חום השמש ביום ונתחממו מעט:
Qu’il s’agisse d’eaux de rivières - Même si elles ne viennent pas des sources et que les raisons écrites plus haut ne s’y appliquent pas, il faut néanmoins être strict aussi en cela et les refroidir, car la chaleur du soleil les a frappées le jour et elles se sont un peu réchauffées :
(ד) סמוך לבין השמשות - דלכתחלה ראוי ונכון לשאובן בין השמשות ממש כדי שיצטננו המים במחובר י"ב שעות ביום שהמעינות צוננין ביום וי"ב שעות באויר בלילה אלא מפני שא"א לכיון ממש בין השמשות רשאי לשאוב סמוך לבין השמשות ואין להקל לכתחלה לשאוב הרבה מבעוד יום וכ"ש שלא לאחר לשאוב אחר כניסת הלילה ומ"מ בדיעבד שנשאבו הרבה מבעוד יום אין להחמיר ויכול ללוש בהם לכתחלה אחר לינת לילה ועיין בה"ל וכן אם שאבן בלילה קודם חצות מותר ללוש בהם למחר לכתחלה אך צריך להמתין י"ב שעות מעת ששאבן:
Près d’entre les soleils - Lekhathila (a priori), il convient et il est juste de les puiser exactement entre les soleils, afin que les eaux se refroidissent encore attachées [à la source] pendant les douze heures du jour — les sources étant froides le jour — et pendant douze heures à l’air la nuit. Mais comme il est impossible de viser exactement entre les soleils, on peut puiser près d’entre les soleils. On ne sera pas indulgent lekhathila pour puiser longtemps avant la fin du jour, et à plus forte raison on ne retardera pas pour puiser après l’entrée de la nuit. Toutefois, bediavad (après coup), si elles ont été puisées longtemps avant la fin du jour, on n’est pas strict : on peut pétrir avec elles lekhathila après qu’elles ont passé la nuit. Voir le Biour Halakha. De même, si on les a puisées la nuit avant minuit, il est permis de pétrir avec elles le lendemain lekhathila, mais il faut attendre douze heures à compter du moment où on les a puisées :
(ה) או בין השמשות - כדי שיעבור על המים לילה שלמה שתלישה מן המחובר. ובין השמשות הוא לאחר שתשקע החמה עד צאת הכוכבים וביום המעונן יותר טוב להקדים מלאחר:
Ou entre les soleils - Afin qu’une nuit entière passe sur les eaux depuis qu’elles ont été détachées de leur attache. « Entre les soleils » va du coucher du soleil jusqu’à la sortie des étoiles. Par jour couvert, il vaut mieux avancer [le puisage] que le retarder :
(ו) הלילה כולה - ובשעת הדחק יש להקל ללוש בהם אחר עמוד השחר אע"פ שלא עמדו י"ב שעות:
Toute la nuit - En cas de nécessité, on peut être indulgent et pétrir avec elles après la pointe de l’aube, même si elles n’ont pas séjourné douze heures :
(ז) יניחם במרתף שהוא קר - ואם אין לו מרתף יניחם בתוך הבית ודוקא בחדר שאין מסיקין בו:
On les posera dans une cave froide - S’il n’a pas de cave, on les posera dans la maison, uniquement dans une pièce où l’on ne chauffe pas :
(ח) כי המרתף הוא חם - ואם העמידן במרתף או בבית שמסיקין בו יבואר לקמיה בהג"ה:
Car la cave est chaude - S’il les a placées dans une cave ou une maison où l’on chauffe, cela sera expliqué plus loin dans la glose :
(ט) קודם שיזרח השמש - שלא יתחממו בחום השמש ומיירי שהמים עומדים מבחוץ במקום שהשמש עולה משם דאם יעמדו במקום שלא יוכל לראות פני השמש אין לחוש וכדלקמן בסימן תנ"ט ס"א עי"ש מיהו ביום המעונן בכל גווני צריך לדייק להכניסם קודם שעת הזריחה דיומא דעיבא כולו שמשא:
Avant que le soleil ne se lève - Afin qu’elles ne se réchauffent pas à la chaleur du soleil. Il s’agit du cas où les eaux se tiennent dehors, à l’endroit d’où le soleil se lève ; si elles se tiennent en un lieu d’où l’on ne peut voir la face du soleil, il n’y a pas à craindre, comme ci-dessous au siman 459 seif 1, voir là. Toutefois, par jour couvert, dans tous les cas, il faut veiller à les rentrer avant l’heure du lever, car un jour nuageux est tout entier soleil :
(י) עד שהוחמו - ואם נעשו פושרין כהוחמו דמי וכדלקמיה בס"ג. ופושרין נקרא כשנעשו כחמימות הרוק ועיין בשע"ת שכתב שכל שנתחממו חמימות קצת אע"פ שאינו כחמימות הרוק אין ללוש בהם ע"ש:
Jusqu’à ce qu’elles se soient échauffées - Si elles sont devenues tièdes, c’est comme si elles s’étaient échauffées, comme plus loin au seif 3. On appelle tièdes [les eaux] lorsqu’elles ont la chaleur de la salive. Voir le Chaaré Techouva qui écrit que dès qu’elles se sont un peu échauffées, même si ce n’est pas la chaleur de la salive, on n’en pétrira pas, voir là :
(יא) אינו מזיק - ואפילו עמדו בשמש כל שלא הוחמו מותר ללוש בהם:
Cela ne nuit pas - Même si elles ont séjourné au soleil, tant qu’elles ne se sont pas échauffées, il est permis d’en pétrir :
(יב) וכשמוליך המים וכו' - ר"ל כשמוליכן בבוקר מן המרתף לבית הלישה כדי שלא יתחממו מהשמש. וכתבו האחרונים דטוב לכסותן גם בעת שמוליכן מן הנהר לביתו אף שכבר שקעה חמה כדי שלא יפול לתוכן שום דבר חימוץ ומטעם זה נוהגין לסנן המים בשעת השאיבה בבגד לבן ונקי:
Et lorsqu’on transporte les eaux etc. - C’est-à-dire lorsqu’on les transporte le matin de la cave à la maison du pétrissage, afin qu’elles ne se réchauffent pas au soleil. Les derniers décisionnaires ont écrit qu’il est bon de les couvrir aussi lorsqu’on les transporte de la rivière à la maison, même si le soleil s’est déjà couché, afin que rien de fermentant n’y tombe. Pour cette raison, on a l’habitude de filtrer les eaux au moment du puisage avec un linge blanc et propre :
(יג) יש לכסותן - ואם מוליך המים בכלי זכוכית אין מועיל מה שמכסה במפה מלמעלה כי השמש יוכל לחמם דרך עובי הזכוכית אא"כ יכסה במפה על הדפנות:
Il faut les couvrir - Si l’on transporte les eaux dans un récipient de verre, couvrir d’un linge par-dessus ne sert de rien, car le soleil peut chauffer à travers l’épaisseur du verre, à moins de couvrir aussi les parois d’un linge :
(יד) יש לשאוב וכו' - לפי מה שכתב המחבר בסימן תנ"ח דיום י"ד שחל להיות בשבת לשין בע"ש אין רבותא כלל ודברי בעל הג"ה נאמרין לאותן שנוהגין לאפות בליל פסח במוצאי שבת וכמבואר שם בטור:
Il faut puiser etc. - D’après ce qu’a écrit l’auteur au siman 458, que lorsque le 14 tombe un Chabbat on pétrit le vendredi, il n’y a là aucune nouveauté. Les paroles de l’auteur de la glose s’adressent à ceux qui ont l’habitude de cuire la nuit de Pessa’h à la sortie de Chabbat, comme expliqué là dans le Tour :
(טו) דהיינו בליל ה' - דבע"ש בין השמשות אין יכולין לשאוב דאין שבת מכין ליו"ט וביה"ש ספק שבת הוא ומבעוד יום סמוך לבין השמשות ג"כ אין נכון שמא יאחר ויעשה זה ביה"ש [וה"ה אף האופין בליל יו"ט שני אסורין לשאוב בין השמשות של יו"ט ראשון דאין יו"ט מכין לחבירו וצריכין לשאוב אור לי"ד] ואם שכח לשאוב בליל ה' יכול לשאוב בע"ש מבעוד יום אפילו בעוד היום גדול וכל זה ה"ה לאנשים שאופין הרבה ימים קודם פסח כשאופין ביום א' יזהרו לכתחלה להכין מים בליל ה' בדיעבד בע"ש מבעוד יום. אמנם אם שכח להכין מבעוד יום יכין ביה"ש ע"י עכו"ם ויש שמתירין אפילו ע"י עצמו:
C’est-à-dire la nuit du cinquième jour - Car le vendredi entre les soleils on ne peut puiser : le Chabbat ne prépare pas pour Yom Tov, et entre les soleils est un doute de Chabbat. Même encore de jour, près d’entre les soleils, ce n’est pas non plus convenable, de peur qu’on retarde et qu’on le fasse entre les soleils. [De même, ceux qui cuisent la nuit du second Yom Tov ont interdit de puiser entre les soleils du premier Yom Tov, car un Yom Tov ne prépare pas pour l’autre, et ils doivent puiser à l’aube du 14.] S’il a oublié de puiser la nuit du cinquième jour, il peut puiser le vendredi encore de jour, même tant que le jour est grand. Tout cela vaut aussi pour ceux qui cuisent plusieurs jours avant Pessa’h : lorsqu’ils cuisent un dimanche, ils veilleront lekhathila à préparer les eaux la nuit du cinquième jour ; bediavad, le vendredi encore de jour. Toutefois, s’il a oublié de préparer encore de jour, il préparera entre les soleils par l’intermédiaire d’un non-Juif. Certains autorisent même par lui-même :
(טז) מן הנהרות - מפני שהחמה מהלכת ביומי ניסן תחת הקרקע ולכן הבארות רותחין קצת משא"כ בנהרות נהי דבמקום נביעתן הן רותחין מ"מ כשנמשכו למרחוק מתקררים:
Des rivières - Parce que le soleil chemine aux jours de Nissan sous le sol, et donc les puits bouillent un peu, ce qui n’est pas le cas des rivières : certes, à l’endroit de leur jaillissement elles bouillent, mais une fois qu’elles ont coulé au loin, elles se refroidissent :
(יז) מהפשרת שלגים וכו' - דאז מי בארות מתקררין יותר מהם דבניסן החמה מהלכת בהרים כדי לפשר השלגים והם נעשין פושרין:
De la fonte des neiges etc. - Car alors les eaux de puits se refroidissent plus qu’elles : en Nissan le soleil chemine dans les montagnes pour faire fondre les neiges, et celles-ci deviennent tièdes :
(יח) ואין לשפוך וכו' - דשומר מצוה לא ידע דבר רע ולאו דוקא במצת מצוה דה"ה בשאר מצות שצריך לפסח ומ"מ אם אפשר לו בקל להשיג מים אחרים שלנו נכון לעשות כן בשאר מצות ומים שהכין למצת מצוה אין נכון לשפכן אף אם אפשר לו בקל להשיג מים אחרים שנראה כמזלזל במה שכתוב שומר מצוה לא ידע דבר רע [ט"ז] וכ"ז שייך ג"כ לענין תקופה:
Et l’on ne versera pas etc. - Car « qui garde une mitsva ne connaîtra rien de mauvais » ; et ce n’est pas seulement pour la matsa de mitsva, mais aussi pour les autres matsot nécessaires à Pessa’h. Toutefois, s’il peut facilement se procurer d’autres eaux de nuit, il est correct de le faire pour les autres matsot. Quant aux eaux préparées pour la matsa de mitsva, il n’est pas correct de les verser, même s’il peut facilement se procurer d’autres eaux, car cela paraît comme un mépris de ce qui est écrit : « qui garde une mitsva ne connaîtra rien de mauvais » [Taz]. Tout cela s’applique aussi à la tekoufa :
(יט) טוב לכתחלה - היינו קודם שהתקופה נופלת:
Il est bon lekhathila - C’est-à-dire avant que la tekoufa ne tombe :
(כ) ברזל - ויקח ברזל חדש או נקי ויתלה במשיחה תוך המים אבל לא ישים ידו תוך המים שהיד מחמם המים ובשאר ימות השנה יניח מלח או חותם [ד"מ מ"א]:
Du fer - On prendra du fer neuf ou propre et on le suspendra par un fil dans les eaux, mais on n’y mettra pas la main, car la main réchauffe les eaux. Le reste de l’année, on y mettra du sel ou un sceau [Darké Moché, Maguen Avraham] :
(כא) גם אסור לשאוב וכו' - דמכשירי מצוה הוא והוא רק לכתחלה:
Il est aussi interdit de puiser etc. - Car ce sont des préparatifs de mitsva, et ce n’est qu’une exigence lekhathila :
(כב) ואף לשאר מצות וכו' - משום שלא יתן לתוכו חמץ ומ"מ אין בזה קפידא משום שהמנהג לסנן:
Et même pour les autres matsot etc. - Afin qu’il n’y mette pas de hamets. Toutefois, on n’y est pas pointilleux, car l’usage est de filtrer :
(כג) למצה של מצוה - ויאמר בשעת השאיבה לשם מצת מצוה [אחרונים]:
Pour la matsa de mitsva - Et l’on dira au moment du puisage : « pour la matsa de mitsva » [derniers décisionnaires] :
(כד) כלי חרס חדשים - אבל לא ישנים אפילו אם היו של פסח והטעם דכ"ח ישנים מאיסי ואין זה הידור:
Des récipients de terre neufs - Mais pas des anciens, même s’ils étaient de Pessa’h. La raison : les récipients de terre anciens sont répugnants, et ce n’est pas un embellissement :
(כה) בשל עץ וכו' - וה"ה של אבן או כלי חרס מצופין (שקורין גלייזיר"ט) והנה כ"ז דוקא שלא נשתמש בהם אלא במים בלבד אבל אם היה בהם מי פירות (פי' כל המשקין חוץ ממים נקראין מי פירות לענין זה) טוב ליזהר שלא לשאוב בו אא"כ הגעילו מקודם לפי שמי פירות כשמתערב מעט מהם במים ממהרין המים להחמיץ העיסה שנילושה בהם כמו שיתבאר בסימן תס"ב ופשיטא דראוי לאסור מה שלוקחין חביות גדולות שמחזיקין בהם דבש ומדיחין אותן ומשימין בהם מים למצות בבתי האפיה דאיסור גמור הוא דמפליט המי פירות. ולכתחלה טוב ליזהר שלא לשאוב בכלי נחושת ואפילו הוא חדש לפי שהנחושת מחמם אבל בדיעבד אין לחוש ואפילו נשתהו הרבה ימים בתוכו המים מותר ללוש בהם ואפילו לכתחלה נוהגין היתר ללוש בכלי נחושת ואין נזהרין אלא שלא לשאוב בהם מים שהמים צריכין צינון לילה א' וכשהם בכלי נחושת אינן מצטננין בכלי נחושת כמו בשאר כלים:
Dans du bois etc. - Et de même de pierre, ou des récipients de terre vernissés (qu’on appelle glaziert). Tout cela uniquement s’ils n’ont servi qu’à de l’eau. Mais s’il y a eu des jus de fruits (c’est-à-dire tout liquide autre que l’eau s’appelle ici jus de fruits), il est bon de veiller à ne pas y puiser, à moins de les avoir auparavant soumis à la hagala, car un peu de jus de fruits mélangé à l’eau accélère la fermentation de la pâte pétrie avec elle, comme il sera expliqué au siman 462. Il est évident qu’il faut interdire de prendre de grands tonneaux qui ont contenu du miel, de les rincer et d’y mettre l’eau des matsot dans les boulangeries : c’est un interdit franc, car ils rejettent le jus de fruits. Lekhathila, il est bon de veiller à ne pas puiser dans un récipient de cuivre, même neuf, car le cuivre réchauffe. Mais bediavad, il n’y a pas à craindre : même si les eaux y sont restées de nombreux jours, il est permis d’en pétrir. Et même lekhathila, on a l’habitude d’autoriser de pétrir dans un récipient de cuivre ; on ne veille qu’à ne pas y puiser les eaux, car les eaux ont besoin d’un refroidissement d’une nuit, et dans le cuivre elles ne se refroidissent pas comme dans les autres récipients :
(כו) בסיסטירנ"ה - הוא מין באר הבנוי תחתיו וסביבותיו וגם מלמעלה הוא מכוסה והרי הם כמכונסין בכלי ואינם מרתיחים מחמת חמה המהלכת תחת הקרקע שהרי הבנין מפסיק ביניהם לקרקע וגם מלמעלה אין החמה מכה אותם:
Dans une citerne - C’est une sorte de puits bâti en dessous, sur les côtés, et aussi couvert par-dessus ; les eaux y sont comme rassemblées dans un récipient et ne s’échauffent pas du soleil qui chemine sous terre, car la construction sépare les eaux du sol, et par-dessus le soleil ne les frappe pas :
(כז) ואין להקל וכו' - שהרי אנו רואין שהמים שבתוכו אינו צונן כלל ויש לומר כיון דהבנין מחובר לקרקע אף שהוא מרוצף מ"מ מתחמם מחום השמש שמהלך מתחת הקרקע וע"כ צריך לינה כמו בשאר מימות אם לא בשעת הדחק. וכ"ז בשאין המים נובעין מתחת הרצפה אבל אם נובעים לתוכו מתחת הרצפה או שיש סילון השופך מים לתוכה תמיד כמו הרע"ר קאסטי"ן ששופך תמיד לתוכו מן הצנורות אין להקל אף בשעת הדחק שהרי המים שבתוך הבנין מתחברין עם המים שבקרקע. ומים שבפלומ"פ ודאי אין להקל אפילו בשעת הדחק שהרי אין מכוסה רק מלמעלה ולא מלמטה פמ"ג:
On ne sera pas indulgent etc. - Car nous voyons que l’eau qui s’y trouve n’est pas froide du tout. On peut dire que, la construction étant liée au sol, même dallée, elle se réchauffe néanmoins de la chaleur du soleil qui chemine sous terre ; aussi faut-il une nuitée comme pour les autres eaux, sauf en cas de nécessité. Tout cela quand l’eau ne jaillit pas sous le dallage ; mais si elle jaillit dans la citerne sous le dallage, ou s’il y a un tuyau qui y verse de l’eau en permanence, comme le Rohr-Kasten qui y déverse toujours l’eau des canalisations, on ne sera pas indulgent même en cas de nécessité, car l’eau dans la construction se joint à l’eau du sol. Quant à l’eau d’une pompe, on ne sera certainement pas indulgent même en cas de nécessité, car elle n’est couverte que par-dessus et non par-dessous [Pri Megadim] :
(כח) הדחק - ומ"מ אם יש לו מים שאובים שלנו בתוך ביתו טוב יותר שיקח אותם אף שיש לחוש שנשאבו מבעוד יום או אחר תחלת הלילה. מי גשמים שנקלטו מן האויר אין צריכים לינה שכבר נתקררו באויר דרך ירידתם מיהו אם אינו לש תיכף בהם צריך שלא יעמידם במקום שתפוג צינתם וכדלעיל בס"א:
Nécessité - Néanmoins, s’il a chez lui des eaux puisées de nuit, mieux vaut les prendre, même s’il y a lieu de craindre qu’elles aient été puisées bien avant la fin du jour ou après le début de la nuit. Les eaux de pluie recueillies de l’air n’ont pas besoin de nuitée, car elles se sont déjà refroidies dans l’air en tombant ; toutefois, s’il ne pétrit pas aussitôt avec elles, il ne faut pas les laisser en un lieu où leur fraîcheur se dissipe, comme plus haut au seif 1 :
(כט) במים חמין - אפילו נעשו פושרין וכדלקמיה ואף אם נצטננו לגמרי יש אוסרים ללוש בהם כיון שהיו פעם אחת חמין ויש חולקים בזה ומתירים ויש לסמוך עליהם בשעת הדחק או בהפסד מרובה כגון שעבר ולש בהם הרבה מצות:
Avec de l’eau chaude - Même si elle est devenue tiède, comme plus loin. Et même si elle s’est entièrement refroidie, certains interdisent d’en pétrir, puisqu’elle a été chaude une fois ; d’autres contestent et permettent. On peut s’appuyer sur eux en cas de nécessité ou de perte importante, par exemple s’il a déjà pétri avec beaucoup de matsot :
(ל) מדוד גדול - ואפי' לא נתחממו אותן המים כלל בתוכו כי טבע זה הדוד לפי שתלוי תמיד על מקום האש להחזיק חומו בתוכו ולעשות המים ששופכין לתוכו פושרין:
D’un grand chaudron - Même si cette eau ne s’est pas du tout réchauffée dedans, car la nature de ce chaudron, toujours suspendu au-dessus du foyer, est de retenir la chaleur et de rendre tiède l’eau qu’on y verse :
(לא) שנחשתו עבה - היינו שהשולים שלו עבה ואין חילוק בין נחשת לחרס:
Dont le cuivre est épais - C’est-à-dire dont le fond est épais ; et il n’y a pas de différence entre le cuivre et la terre cuite :
(לב) פושרין - דהיינו כחמימות הרוק או כמים ששואבין בקיץ מן הנהר:
Tièdes - C’est-à-dire comme la chaleur de la salive, ou comme l’eau qu’on puise en été dans la rivière :
(לג) אסור - היינו באכילה אבל בהנאה מותר אפילו לש בחמין:
Interdit - C’est-à-dire à la consommation ; mais à en tirer profit c’est permis, même s’il a pétri à l’eau chaude :
(לד) דבשוגג מותר - אכל הני דחשיב בזה הסעיף קאי כיון דאין ניכר בו סימני חימוץ לא קנסוהו בשוגג:
Que par shogeg (par erreur) c’est permis - Cela s’applique à tous les cas énumérés dans ce seif : puisque les signes de fermentation n’y sont pas visibles, on ne l’a pas puni en cas de shogeg :
(לה) ובשעת הדחק וכו' - ר"ל דבדיעבד אם לש בשוגג בכל אלו ואין לו עיסה אחרת סומכין להתיר וע"ז קאי רמ"א וכתב דבמים שלא לנו אפי' בלא דחק יש להתיר אם לש בשוגג משום דיש מתירין בדיעבד אפילו בלש בהם במזיד וכנ"ל ובשאר דברים מודה להמחבר דאין להקל כ"א בשעת הדחק:
Et en cas de nécessité etc. - C’est-à-dire que bediavad, s’il a pétri par shogeg dans tous ces cas et n’a pas d’autre pâte, on s’appuie pour permettre. C’est sur cela que porte le Rema, qui écrit que pour des eaux qui n’ont pas passé la nuit, même sans nécessité, on peut permettre s’il a pétri par shogeg, parce que certains permettent bediavad même s’il a pétri avec elles par mezid (volontairement), comme plus haut. Pour le reste, il convient avec l’auteur : on n’est indulgent qu’en cas de nécessité :
(לו) אם עבר וכו' - כתבו האחרונים דהיינו דוקא אם עבר ולש בדיעבד אבל לכתחלה ללוש בהם אסור אפילו אין לו מים אחרים ויאכל בפסח דברים אחרים אמנם בלילה ראשונה כדי שלא יבטל מ"ע דאורייתא יש להקל ללוש בהם:
S’il a transgressé etc. - Les derniers décisionnaires ont écrit : cela n’est que s’il a déjà pétri, bediavad ; mais lekhathila, pétrir avec elles est interdit, même s’il n’a pas d’autres eaux et qu’il mangerait d’autres aliments à Pessa’h. Toutefois, la première nuit, afin de ne pas annuler un commandement positif de la Torah, on peut être indulgent et pétrir avec elles :
(לז) בשוגג ולש וכו' - ומ"מ אין ליקח אותם לצאת י"ח מצה לילה ראשונה אלא ישתדל להשיג מצות אחרות:
Par shogeg et il a pétri etc. - Néanmoins, on ne les prendra pas pour s’acquitter de la matsa la première nuit ; qu’il s’efforce d’obtenir d’autres matsot :
(לח) חד בתרי - לאו דוקא בתרי אלא ברובא והטעם כיון דרובו צונן מתקרר וכתבו האחרונים דאף לכתחלה יכול לערב אם רואה שלא יספיק לו המים שלנו:
Un dans deux - Non pas précisément deux, mais la majorité. La raison : puisque la majorité est froide, [le mélange] se refroidit. Les derniers décisionnaires ont écrit qu’on peut même lekhathila mélanger, s’il voit que les eaux de nuit ne lui suffiront pas :
(לט) לשין בהם - ודוקא אם נתערב המים קודם הלישה ונתבטלו אבל ליתן בעיסה חד בתרי במים שלנו אסור ואפילו בדיעבד יש לעיין אם עירב במזיד:
On pétrit avec - Uniquement si les eaux ont été mélangées avant le pétrissage et se sont annulées ; mais mettre dans la pâte un [volume] dans deux d’eaux de nuit est interdit, et même bediavad il y a lieu d’examiner s’il a mélangé par mezid :
(מ) נוהגין שלא וכו' - לפי שי"א שהמלח מחמם את העיסה ועל ידי כן העיסה נוחה להחמיץ:
On a l’habitude de ne pas etc. - Parce que certains disent que le sel réchauffe la pâte, et par là la pâte fermente facilement :
(מא) במצה - היינו קודם אפייה אבל אחר אפיה ודאי שרי לקטוף פני המצה במי המלח ולהחזירם לתנור כמו שעושין בחוה"מ ומ"מ למצת מצוה בשתי הלילות יש ליזהר:
Dans la matsa - C’est-à-dire avant la cuisson ; mais après la cuisson, il est certainement permis de badigeonner la face de la matsa d’eau salée et de la remettre au four, comme on fait à ‘Hol Hamoed. Toutefois, pour la matsa de mitsva des deux nuits, il faut y prendre garde :
(מב) ואפילו בדיעבד וכו' - ועיין באחרונים שהסכימו דאם נתן בה מעט מלח ואפה אותה מיד (דהיינו לא כשאר מצות דקי"ל בהו שהעסק שעוסקין בם בידים אינו מניחם להחמיץ) אין נאסר בדיעבד ועיין בבה"ל שכתבנו דבמלח שלנו שהוא תולדות המים אפשר דאין לאסור בדיעבד אפי' לא אפה אותה מיד:
Et même bediavad etc. - Voir les derniers décisionnaires, qui sont d’accord : s’il y a mis un peu de sel et l’a cuite aussitôt (c’est-à-dire pas comme les autres matsot, pour lesquelles on tient que le travail des mains empêche de fermenter), elle n’est pas interdite bediavad. Voir le Biour Halakha où nous avons écrit que, pour notre sel qui est un produit de l’eau, il se peut qu’on n’interdise pas bediavad, même s’il ne l’a pas cuite aussitôt :
(מג) יש לאסור - והפר"ח חולק וסובר דאין להחמיר בדיעבד במעט מלח ונראה דאם היה שוגג בזה בודאי יש לסמוך להקל. וכ"ז לענין אכילה אבל לענין הנאה אפילו להרמ"א שרי בדיעבד:
Il y a lieu d’interdire - Le Peri ‘Hadash conteste et estime qu’il ne faut pas être strict bediavad pour un peu de sel. Il semble que s’il était shogeg en cela, on peut certainement s’appuyer pour être indulgent. Tout cela pour la consommation ; mais pour en tirer profit, même selon le Rema, c’est permis bediavad :
(מד) בקצח - קימ"ל בל"א:
Avec de la nigelle - Nous tenons comme le premier avis :
(מה) כשרה כיון וכו' - מלשון זה משמע דאפילו אין בה רק כזית בכדי אכילת פרס ויש בה טעם מצה יוצא בה ועיין בפר"ח ובמ"א שדעתם דצריך לאכול כל אכילת פרס כדי שיהיה בזה כזית מצה חוץ מתבלין ועיין לעיל בסימן תנ"ג ס"ב במ"ב שם לענין תערובות דגן עם שאר מינים דלכתחלה בעינן שיהיה רוב מן הדגן וה"נ בעניננו:
Elle est casher, puisque etc. - De ce libellé il ressort que même s’il n’y a qu’un kezayit dans le temps d’une akhilat pras et qu’elle a le goût de matsa, on s’en acquitte. Voir le Peri ‘Hadash et le Maguen Avraham, dont l’avis est qu’il faut manger toute une akhilat pras afin qu’il y ait un kezayit de matsa hors des épices. Voir plus haut au siman 453 seif 2, dans le Michna Beroura là-bas, au sujet du mélange de céréale avec d’autres espèces : lekhathila il faut que la majorité soit de la céréale ; de même ici :
(מו) שיש בה וכו' - משמע דיוצאין בה י"ח בלילה הראשונה משום דלא חשיבא מצה עשירה וממילא אסור לאכלה בע"פ ומיהו י"א דאינה כשרה אלא בשאר ימים דאין בה משום חימוץ משום התבלין אבל היא בכלל מצה עשירה ואין יוצאין בה י"ח בשני לילות הראשונים ויש להחמיר:
Puisqu’elle a etc. - Il en ressort qu’on s’acquitte [de la mitsva] la première nuit, car on ne la tient pas pour matsa enrichie, et par conséquent il est interdit de la manger la veille de Pessa’h. Toutefois, certains disent qu’elle n’est casher que les autres jours — il n’y a pas de fermentation à cause des épices — mais qu’elle entre dans la catégorie de la matsa enrichie, et qu’on ne s’en acquitte pas les deux premières nuits ; il faut être strict :
(מז) ומכל מקום אין ליתן וכו' - ר"ל דלכתחלה אין נכון:
Néanmoins on n’y mettra pas etc. - C’est-à-dire que lekhathila ce n’est pas convenable :
(מח) ופלפלין וכו' - אפילו קורט אחד עושה כל העיסה חמץ וכן מעט סיד ודוקא כשנילוש בתוכו אבל אם נפל עליו יסלקנו ומותר:
Et du poivre etc. - Même un seul grain rend toute la pâte hamets ; de même un peu de chaux. Uniquement s’il a été pétri dedans ; mais s’il est tombé dessus, on l’ôte et c’est permis :
(מט) אסור - היינו באכילה ולא בהנאה. וזנגבי"ל דינו כפלפלין ואפשר דה"ה נעגעלי"ך וכרכום וי"א דכל מיני תבלין חוץ מפלפלין וסיד מותר בדיעבד אפילו באכילה:
Interdit - C’est-à-dire à la consommation, non à en tirer profit. Le gingembre a le même statut que le poivre, et il se peut qu’il en soit de même des clous de girofle et du safran. Certains disent que toutes les espèces d’épices, hors le poivre et la chaux, sont permises bediavad même à la consommation :
(נ) סיד - היינו סיד חי אבל סיד שבכותל שכבר נתייבש ונתקשה כאבן נראה פשוט דאין אוסר:
Chaux - C’est-à-dire de la chaux vive ; mais la chaux du mur, déjà séchée et durcie comme pierre, il est évident qu’elle n’interdit pas :