Coutume de ne pétrir la matsa de mitsva le 14 qu’après six heures, heure du sacrifice de Pessa’h. Du din, une matsa cuite plus tôt reste casher. Si le 14 tombe un Chabbat, on pétrit le vendredi après six heures. Beaucoup aujourd’hui cuisent avant, par crainte du moindre hamets ; les méticuleux gardent l’usage d’après midi.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) נוהגים וכו' - משמע דאינו אלא מנהג והמנהג נסמך משום דאיתקש אכילת מצה לקרבן פסח דכתיב וזבחת פסח לה' אלהיך וגו' שבעת ימים תאכל עליו מצות וגו' ואמרינן כמו ששחיטת הפסח היה אחר שש כן עשיית מצות של מצוה אחר שש שעות אבל מעצם הדין הוכיחו הפוסקים דאין לחוש לזה דעיקר היקש נאמר לענין אכילת מצה בלילה הראשונה שיהא זהיר לאכול קודם חצות כמו הפסח שהוא נאכל עד חצות וכמבואר לקמן בסימן תע"ז אבל לא לענין עשיית המצה וע"כ בדיעבד אם אפה המצה קודם שש ואפילו חודש או שני חדשים קודם פסח ועשאן לשם מצה כשר:
On a coutume etc. - Cela implique que ce n’est qu’une coutume. Elle s’appuie sur le parallèle entre la consommation de matsa et le sacrifice de Pessa’h, comme il est écrit : « Tu sacrifieras le Pessa’h à ה' ton D.ieu etc. Sept jours tu mangeras dessus des matsot etc. » On dit : de même que l’immolation du Pessa’h était après six heures, ainsi la confection des matsot de mitsva est après six heures. Mais du fond du din, les décisionnaires ont démontré qu’il n’y a pas à craindre cela : le parallèle principal a été dit pour la consommation de matsa la première nuit, qu’on soit attentif à manger avant minuit, comme le Pessa’h qui se mange jusqu’à minuit, comme exposé plus loin au siman 477, et non pour la confection de la matsa. C’est pourquoi bediavad (après coup), si l’on a cuit la matsa avant six heures, et même un mois ou deux mois avant Pessa’h, et qu’on les a faites pour l’usage de matsa, elles sont casher :
(ב) מצת מצוה - היינו הצריך לו לצאת ידי חובתו בשני לילות הראשונים אבל שאר המצות אין נוהגין ליזהר בזה:
La matsa de mitsva - C’est-à-dire celle dont il a besoin pour s’acquitter de son obligation les deux premières nuits ; mais pour les autres matsot, on n’a pas coutume d’y prendre garde :
(ג) עד אחר וכו' - ועיין לקמן בסימן ת"ס ס"ג מה שצריך ליזהר הלש בזמן איסור חמץ. והנה רוב ישראל אין נוהגין ליזהר אפילו במצת מצוה ללוש בע"פ כ"א איזה מהם וחפשתי באחרונים ומצאתי בבגדי ישע טעם להליץ בעד המנהג מפני שיש כמה דעות שאפילו בע"פ במשהו כאשר מבואר לעיל בסי' תנ"ב וזה קשה ליזהר שלא ימצאו אף משהו חמץ בהחטים שלא יהיו מצומחים וע"כ אופין מקודם כדי שיתבטל החמץ. ובמאמר מרדכי מצאתי שכתב וז"ל האידנא מקילין הרבה בדבר מפני הדוחק זולת קצת שנזהרין בזה ללוש ולאפות אחר שש המצות שיוצאין בהם בשני הלילות וכן ראוי לעשות:
Jusqu’après etc. - Voir plus loin au siman 460 seif 3 ce dont doit se garder celui qui pétrit au temps de l’interdiction du hamets. Or la plupart d’Israël n’a pas coutume de prendre garde, même pour la matsa de mitsva, à pétrir la veille de Pessa’h, sauf quelques-uns. J’ai cherché chez les derniers décisionnaires et j’ai trouvé dans Bigdé Yécha une raison pour justifier la coutume : il y a plusieurs avis selon lesquels même la veille de Pessa’h c’est au moindre [morceau], comme exposé plus haut au siman 452, et il est difficile de prendre garde à ce qu’on ne trouve pas même un moindre hamets dans les blés, qu’ils ne soient pas germés ; c’est pourquoi on cuit auparavant afin que le hamets soit annulé. Dans Maamar Mordekhai j’ai trouvé qu’il a écrit, et voici ses paroles : de nos jours on est très indulgents en la matière à cause de la gêne, sauf quelques-uns qui prennent garde à pétrir et cuire après six heures les matsot avec lesquelles on s’acquitte les deux nuits ; et ainsi convient-il de faire :
(ד) שש שעות - הנה הח"י מצדד כהב"ח דאחר שש ומחצה דוקא אמנם במ"א ובא"ר מצדד כהשו"ע דאחר שש וכן פסק בבית מאיר וכ"מ בביאור הגר"א. ודע דמצד הדין מותר לאפות מצה בפסח אך המדקדקים נוהגים לאפות הכל קודם פסח שאם יתערב משהו חמץ בתוכם יתבטל משא"כ בפסח איסורו במשהו. ופשוט דכשנאפה קודם פסח אפילו היה בו משהו חמץ בהקמח כבר נתערב ונתבטל ומותר אח"כ לבשל המצות בפסח דאין חימוץ אחר אפיה ויש אנשי מעשה שמחמירין על עצמן ואין שורין ואין מבשלין מצות בפסח מחשש שמא נשאר מעט קמח בתוך המצות מבפנים שלא נילוש יפה וע"י השריה יתחמץ. ועיין בשע"ת סימן ת"ס דמצד הדין אין לחוש לזה דאחזוקי איסורא לא מחזקינן ובפרט בימינו שנוהגין לעשות רקיקין דקים. ומ"מ מי שנוהג בחומרא זו אין מזניחין אותו וע"ש שהאריך בזה. כתבו הפוסקים האופה בליל יו"ט מצת מצוה לא יאפה אלא מה שצריך לאותו לילה ולא על ליל שני מיהו אם אפה מבע"י בליל א' יכול לומר אוכל היום פת חמה ויכול לאפות אחרים בליל ראשון ואותה שאפה מבע"י יצניעם לליל שני וכתבו האחרונים דלכתחלה אין כדאי לאפות ביו"ט שלא יבוא לידי קלקול בהפרשת חלה ביו"ט וכן במדידת קמח וברחיצת כלים ושלא יישנו התינוקות ושלא יבוא עי"ז לאכול אפיקומן אחר חצות:
Six heures - Le ‘Hak Yaakov penche comme le Ba’h : seulement après six heures et demie. Cependant le Maguen Avraham et l’Elia Rabba penchent comme le Choulhan Aroukh : après six [heures] ; ainsi a tranché le Béit Méir, et c’est aussi l’apparence du Biour du Gra. Sache que, du côté du din, il est permis de cuire de la matsa à Pessa’h ; mais les méticuleux ont coutume de tout cuire avant Pessa’h, afin que si un moindre hamets s’y mélange, il soit annulé ; ce qui n’est pas le cas à Pessa’h, où l’interdiction est au moindre [morceau]. Il est évident que, lorsqu’elle a été cuite avant Pessa’h, même s’il y avait un moindre hamets dans la farine, il s’est déjà mélangé et a été annulé, et il est permis ensuite de faire bouillir les matsot à Pessa’h, car il n’y a pas de fermentation après la cuisson. Il est des hommes d’action qui sont stricts pour eux-mêmes et ne trempent ni ne font bouillir des matsot à Pessa’h, de crainte qu’il ne soit resté un peu de farine à l’intérieur des matsot, qui n’aurait pas été bien pétrie, et que par le trempage elle fermente. Voir le Chaaré Techouva siman 460 : du côté du din, il n’y a pas à craindre cela, car on n’établit pas une présomption d’interdit ; et surtout de nos jours où l’on a coutume de faire des galettes minces. Néanmoins, celui qui observe cette rigueur, on ne le décourage pas ; voir là où il s’est étendu. Les décisionnaires ont écrit : celui qui cuit la nuit de Yom Tov la matsa de mitsva ne cuira que ce dont il a besoin pour cette nuit-là, et non pour la seconde nuit. Toutefois, s’il a cuit avant Yom Tov pour la première nuit, il peut dire : « Je mangerai aujourd’hui du pain chaud », et il peut cuire d’autres [matsot] la première nuit, et celles qu’il a cuites avant Yom Tov, il les mettra de côté pour la seconde nuit. Les derniers décisionnaires ont écrit que lekhathila (a priori) il n’est pas bon de cuire à Yom Tov, afin de ne pas en venir à un accident dans le prélèvement de la halla à Yom Tov, ainsi que dans le mesurage de la farine et le lavage des ustensiles, et afin que les petits enfants ne s’endorment pas, et afin de ne pas en venir par là à manger l’afikoman après minuit :
(ה) לשין בע"ש - ר"ל דלא כהמחמירין לאפות בליל יו"ט וכנ"ל בסוף סק"ד:
On pétrit le vendredi - C’est-à-dire : non comme ceux qui sont stricts pour cuire la nuit de Yom Tov, comme ci-dessus à la fin du seif katan 4 :
(ו) אחר שש שעות - זכר לשאר שנים:
Après six heures - En souvenir des autres années :