משנה ברורה

Michna Beroura — siman 462

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi des eaux de fruits : font-elles fermenter
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Les eaux de fruits seules ne font pas fermenter la pâte, même tout le jour ; le gonflement n'est alors que putréfaction. Mêlées à de l'eau, même minime, elles font fermenter et plus vite. A priori on n'en pétrit pas ; on n'acquitte pas le devoir de matsa avec une matsa riche. Blé tombé dans le miel, le vin, la graisse ; sel et épices.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETEaux de fruits — font-elles fermenter ; matsa riche ; grain dans miel, vin, graisse, sel
À FAIRECuire aussitôt
Eaux de fruits + un peu d’eau : fermentation plus rapide (moins d’un mil). On cuit sans tarder.
À FAIREMalade ou vieillard
Pétrir aux eaux de fruits seules, cuire aussitôt. Pas d’eau mêlée, même en détresse.
À FAIRETrier sel et épices
Jeter les grains de céréale avant de piler ou de mettre au plat.
À ÉVITERPétrir ou enduire a priori
Usage : ni pétrir ni badigeonner les matsot d’eaux de fruits (crainte d’eau mêlée + avis qu’elles fermentent seules).
À ÉVITERS’acquitter avec elles
Dès que le goût des eaux de fruits se sent — même enduit après pétrissage à l’eau — c’est matsa riche : pas le kezayit des deux soirs.
OUIEaux de fruits sans aucune eau
Vin, huile, miel, lait, etc. : ne font pas fermenter. Pâte gonflée tout le jour = putréfaction, pas hamets.
OUIGrain dans miel ou vin bouillis / marinés, sans eau après
Permis. Graisse fondue : grain tombé après fonte, permis (eaux de rinçage déjà parties).
NONEaux de fruits + eau, même minime
Font fermenter plus vite. Si l’on a tardé avant la cuisson : interdire même sans mil.
NONGrain dans méd, eau-de-vie, bière de dattes
Doute : ne pas boire ; garder ou vendre jusqu’après Pessa'h.
REMAEau mêlée au moût avant fermentation → devient vin. Après fermentation, l’eau n’est plus annulée. Raisins secs nombreux, fermentation achevée, plus d’eau versée = eaux de fruits ; un sixième seulement = avec eau. Sel de mer = eau ; sel de terre = plutôt eaux de fruits, mais on inspecte. Knaidlach graisse+œufs sans eau : permis ; avec un peu d’eau : interdit. 'Halla aux eaux d’œufs : pétrir moins que la quantité, sinon donner à un kohen mineur pur.
Sans aucune eau = pas de hamets (même pâte gonflée : putréfaction). Un peu d’eau = fermentent plus vite : cuire aussitôt. Usage : ni pétrir ni enduire ; même cuit aussitôt, on ne mange pas à Pessa'h. Devoir de matsa : non (matsa riche).

Glossaire

mi pérot
eaux de fruits
shogeg
par erreur
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
nitsok
filet versé (colonne liquide qui relie)
yayin nesech
vin de libation
teirosh
moût
tessissa
fermentation du vin (distincte du hamets)
matsa ashira
matsa riche
le'hem oni
pain de pauvreté
shiour mil
temps d'un mil
kitouf
enduire, badigeonner la surface des matsot
kedei netila
équivalent d'une prise (épaisseur d'un pouce autour)
me'et le'et
de la veille au lendemain
hekhshèr
rendre un aliment apte à contracter l'impureté

(א) מי פירות - כגון יין ושמן וה"ה דבש וחלב ושאר כל המשקין ויתבאר לקמן:

Eaux de fruits - comme le vin et l'huile, et de même le miel, le lait et tous les autres liquides ; cela sera expliqué plus loin.

(ב) בלא מים - היינו בלא מים כלל דאם יש בהם מים אפילו כ"ש הרי אלו מחמיצין:

Sans eau - c'est-à-dire sans aucune eau du tout : s'il y a en eux de l'eau, même une quantité minime, ils font fermenter.

(ג) כלל - אפילו הם מפירות חמוצין אין מחמיצין את העיסה:

Du tout - même si elles proviennent de fruits acides, elles ne font pas fermenter la pâte.

(ד) כל היום - ונתפח הבצק דאין זה חימוץ אלא סרחון:

Tout le jour - et que la pâte ait gonflé : ce n'est pas du hamets, mais de la putréfaction.

(ה) ידי חובתו - היינו כזית ראשון של שתי הלילות:

S'acquitter de son devoir - c'est-à-dire le premier kezayit des deux soirs.

(ו) עם מים - בין שהמי פירות מרובין והמים מועטין ובין להיפך. וכתבו האחרונים דאין חילוק בין שנילוש תחלה עם מי פירות ואח"כ באו למים קודם שנאפה או להיפך. ואם נתייבש המי פירות תוך הקמח ואח"כ באו המים עליהם עיין בבה"ל:

Avec de l'eau - que les eaux de fruits soient en majorité et l'eau en minorité, ou l'inverse. Les Aharonim ont écrit qu'il n'y a pas de différence entre le cas où l'on a d'abord pétri avec des eaux de fruits puis que l'eau est venue avant la cuisson, et l'inverse. Si les eaux de fruits ont séché dans la farine puis que l'eau est ensuite venue dessus, voir le Biour Halakha.

(ז) ממהרים להחמיץ וכו' - ר"ל אפילו בפחות משיעור מיל עלול להתחמץ הלכך וכו' דחיישינן שמא ישהה קודם אפיה:

Elles font fermenter plus vite, etc. - c'est-à-dire que même en moins du temps d'un mil, [la pâte] est sujette à fermenter ; c'est pourquoi etc., car on craint qu'on ne tarde avant la cuisson.

(ח) יאפה מיד - ואם עבר ושהה קודם האפיה יש לאסור באכילה אף שלא שהה שיעור מיל ובא"ר מצדד להתיר בהפסד מרובה אף באכילה כל שלא שהה שיעור מיל ולא מינכר בה סימני חימוץ ונראה דאם היה דבר זה בשוגג בודאי יש לסמוך להקל בשעת הדחק וכנ"ל בסימן תנ"ה ס"ג לענין לישה בפושרין עי"ש. ודע דהסכימו האחרונים דאף דקי"ל דאם אפה מיד מותר לאכול אותו המצה מ"מ אין יוצאין בה ידי חובת מצה דכל שיש בו מי פירות אפילו מועט כל שנרגש בו טעם המי פירות מקרי מצה עשירה ואין יוצאין בה ידי חובה. ולא עוד אלא אפי' אם לשה במים ואח"כ קיטפה מלמעלה במי פירות ואפאה ג"כ אין יוצא בה ידי חובת מצה דתו לא הוי לחם עוני:

Qu'on la cuise aussitôt - et si l'on a transgressé et tardé avant la cuisson, il faut interdire à la consommation même si l'on n'a pas tardé le temps d'un mil. L'Elya Rabba penche pour permettre, en cas de grosse perte, même la consommation, tant qu'on n'a pas tardé le temps d'un mil et que les signes de hamets n'apparaissent pas. Il semble que si cela s'est produit par erreur (shogeg), on peut certainement s'appuyer pour être indulgent en cas de détresse, comme ci-dessus au siman 455 seif 3 au sujet du pétrissage à l'eau tiède, voir là. Sache que les Aharonim sont d'accord que même si la règle est que, si l'on a cuit aussitôt, cette matsa est permise à la consommation, on n'acquitte toutefois pas avec elle le devoir de matsa : dès qu'il y a des eaux de fruits, même en petite quantité, dès que le goût des eaux de fruits s'y fait sentir, on l'appelle matsa riche et l'on n'acquitte pas le devoir avec elle. Bien plus : même si l'on a pétri à l'eau puis enduit le dessus d'eaux de fruits et cuit, on n'acquitte pas non plus le devoir de matsa, car ce n'est plus du pain de pauvreté.

(ט) כדי להתיר ניצוק - דגבי יין נסך ניצוק חיבור דהיינו אם מערה ישראל יין מכדו לכדו של עכו"ם ובו משקה טופח נאסר היין שבכדו של ישראל שעמוד הניצוק מחבר בין היין שבכלי העליון ליין שבכל התחתון ורואים כאלו היין של איסור מעורב בהיתר אבל כשיש גם מים בכלי של ישראל כשיעור שיכול לבטל היין בכלי של עכו"ם (והיינו ס' פעמים ולחד דעה בששה פעמים סגי עיין ביו"ד סימן קכ"ו) שרי דכל מינו ומינו ושאינו מינו אמרינן סלק את מינו כמי שאינו ושאינו מינו רבה עליו ומבטלו:

Afin de permettre le filet versé - car pour le vin de libation, le filet versé constitue un lien : si un Israélite verse du vin de son tonneau dans celui d'un non-juif où il y a un liquide mouillant, le vin du tonneau de l'Israélite est interdit, car la colonne du filet relie le vin du récipient supérieur à celui du récipient inférieur, et l'on considère comme si le vin d'interdit s'était mêlé au permis. Mais s'il y a aussi de l'eau dans le récipient de l'Israélite, en quantité pouvant annuler le vin du récipient du non-juif (soixante fois, et selon une opinion six fois suffisent — voir Yoré Déa siman 126), c'est permis : pour tout mélange de même espèce et d'espèce différente, on dit « écarte l'espèce identique comme si elle n'était pas », et l'espèce différente est majoritaire et l'annule.

(י) הואיל וכבר נתבטלו וכו' - רוב האחרונים הסכימו דבעלמא לא מהני ביטול במים שנתערבו במי פירות וכל שיש במי פירות אפילו משהו מים כבר נשתנה טבעו ויכול להחמיץ עיסה וממהר עוד להחמיץ יותר וע"כ צריך להחמיר לכתחלה שלא ללוש בהם וכנ"ל והכא שאני שמתערב המים ביין עד שלא נגמרה עשייתה דהיינו בעודנה תירוש ואח"כ תוסס היין ונתהפך המים ג"כ ליין ולהכי נחשב הכל ליין ולפ"ז אם נתערב המים ביין אחר התסיסה בודאי אין עוד לאותו יין דין מי פירות:

Puisqu'elles ont déjà été annulées, etc. - la plupart des Aharonim sont d'accord qu'en général l'annulation dans de l'eau mêlée à des eaux de fruits n'est pas efficace, et dès qu'il y a dans les eaux de fruits même une infime quantité d'eau, leur nature a déjà changé : elles peuvent faire fermenter une pâte et font fermenter encore plus vite. C'est pourquoi il faut être rigoureux a priori (lekhathila) de ne pas pétrir avec elles, comme ci-dessus. Ici c'est différent : l'eau se mêle au vin avant que sa fabrication ne soit achevée, tant qu'il est encore du moût, puis le vin fermente et l'eau aussi se transforme en vin ; le tout est donc considéré comme vin. Dès lors, si l'eau s'est mêlée au vin après la fermentation, ce vin n'a certainement plus le statut d'eaux de fruits.

(יא) קודם שלשו העיסה - דאם נתערב מים כל שהוא במי פירות בשעת לישה לכו"ע לא נתבטל המים ולשון המחבר אינו מדוקדק כ"כ לפי מסקנת רוב אחרונים הנ"ל דאפילו בקודם לישה לא נתבטל דכל טעם הביטול הוא רק משום שנתערב ביין בשעה שהיין תוסס ונתהפך המים ליין וכנ"ל ועיין בבה"ל. וכתבו האחרונים דיין צמוקים או דבש צמוקים אף שנעשים ע"י מים כיון שנשתנה טעמו לגמרי הוי כמי פירות גרידא כי המים ששרו בהם הצמוקים נשתנה ברייתם ודוקא אחר שכבר נגמר תסיסתם וכנ"ל לענין יין ענבים [דאל"ה לא מקרי מי פירות] וגם שלא נשפך בו עוד מים אח"כ ודוקא כשהצמוקים הם הרבה שאם הם אחד מששה במים פשיטא דנחשב זה כמי פירות עם מים ומחמיץ ויש מאחרונים שמחמירין בצמוקין בכל גווני וסוברין דמי צמוקין לא נחשב מי פירות וע"כ כל בעל נפש יחמיר שלא לאכול מצה שנילושה בהן רק למכור או לשהות עד אחר פסח ועיין מה שכתבנו לקמיה בס"ו לענין מי דבש:

Avant qu'on ait pétri la pâte - car si de l'eau, si minime soit-elle, s'est mêlée aux eaux de fruits au moment du pétrissage, selon tous l'eau n'est pas annulée. Le libellé de l'auteur n'est pas tout à fait précis selon la conclusion de la plupart des Aharonim susdits : même avant le pétrissage, [l'eau] n'est pas annulée, car toute la raison de l'annulation n'est que parce qu'elle s'est mêlée au vin au moment où le vin fermente et que l'eau se transforme en vin, comme ci-dessus ; voir le Biour Halakha. Les Aharonim ont écrit que le vin de raisins secs ou le miel de raisins secs, même faits avec de l'eau, puisque leur goût a entièrement changé, sont comme des eaux de fruits pures, car l'eau où l'on a fait tremper les raisins secs a changé de nature — et cela seulement après que leur fermentation est déjà achevée, comme ci-dessus pour le vin de raisins [sinon cela ne s'appelle pas eaux de fruits], et à condition qu'on n'y ait plus versé d'eau ensuite, et seulement lorsque les raisins secs sont nombreux : s'ils sont un sixième seulement dans l'eau, il est évident que cela compte comme eaux de fruits avec de l'eau et fait fermenter. Il y a des Aharonim rigoureux pour les raisins secs dans tous les cas, estimant que l'eau de raisins secs n'est pas des eaux de fruits. Toute personne scrupuleuse sera donc rigoureuse de ne pas manger de matsa pétrie avec elles, mais seulement de la vendre ou de la garder jusqu'après Pessa'h. Voir plus loin au seif 6 au sujet de l'eau de miel.

(יב) מי ביצים וכו' - דס"ד דגרוע ממי פירות לפי שהעיסה תופח ממנו קמ"ל דאין זה חימוץ:

Eau d'œufs, etc. - car on aurait pu penser qu'elle est inférieure aux eaux de fruits, puisque la pâte gonfle à cause d'elle ; on nous enseigne que ce n'est pas du hamets.

(יג) ושאר משקים - דכל שאינו מתולדות המים אינו מחמיץ ויתבארו פרטי דבר זה לקמן סימן תס"ו עי"ש:

Et les autres liquides - car tout ce qui n'est pas issu de l'eau ne fait pas fermenter ; les détails seront expliqués plus loin au siman 466, voir là.

(יד) הוו בכלל מי פירות - ושייכא בהו דינים המבוארים בסעיף א' וב':

Sont compris dans les eaux de fruits - et les lois exposées aux seif 1 et 2 s'y appliquent.

(טו) אין נוהגין ללוש וכו' - דחוששין לכתחלה לסברת הני פוסקים דס"ל דמי פירות בלחודייהו ג"כ מחמיצים וממהרין ג"כ להחמיץ. וגם חוששין שמא נתערב בהם מעט מים דלכו"ע מחמיץ:

On n'a pas l'usage de pétrir, etc. - car a priori on craint l'opinion de ces décisionnaires selon lesquels les eaux de fruits à elles seules font aussi fermenter et font aussi fermenter plus vite. On craint aussi qu'un peu d'eau ne s'y soit mêlée, ce qui selon tous fait fermenter.

(טז) ואפילו לקטוף וכו' - ר"ל למשוח את פני המצות במי פירות אף שהוא דבר מועט:

Et même pour enduire, etc. - c'est-à-dire pour badigeonner la surface des matsot d'eaux de fruits, même si c'est une chose minime.

(יז) בעודן חמין - וכתבו האחרונים דגם בזה יש ליזהר מליקחן ללילות ראשונות לכזית של חובה דהוי כעין מצה עשירה ובפרט כשמחזירין אח"כ שוב לתנור:

Tant qu'elles sont encore chaudes - et les Aharonim ont écrit qu'ici aussi il faut prendre garde de ne pas les prendre pour les soirs du début, pour le kezayit d'obligation, car c'est comme une sorte de matsa riche, surtout lorsqu'on les remet ensuite au four.

(יח) ואין לשנות - וכפי המנהג אפילו כבר לשה ואפאה מיד אין לאוכלה בפסח אלא ישהנו עד לאחר הפסח:

Et l'on ne doit pas changer - et selon l'usage, même si l'on a déjà pétri et cuit aussitôt, on ne la mange pas à Pessa'h, mais on la garde jusqu'après Pessa'h.

(יט) לצרכי חולה וכו' - מיהו יאפם מיד וכנ"ל ודוקא במי פירות לחודייהו אבל במי פירות עם מים אין ללוש לכתחלה אפילו בשעת הדחק:

Pour les besoins d'un malade, etc. - toutefois on les cuira aussitôt, comme ci-dessus ; et seulement avec des eaux de fruits seules, mais avec des eaux de fruits et de l'eau, on ne pétrira pas a priori même en cas de détresse.

(כ) במי פירות וכו' - היינו במי ביצים ושאר מי פירות דברים שאינם משבעה משקין שסימנם י"ד =יין דבש= שח"ט ד"ם [ומבוארים לעיל בסימן קנ"ח] והטעם דע"י מי פירות אין העיסה מוכשרת לקבל טומאה ונשארת החלה טהורה ואין לו שום עצה אח"כ מה לעשות בה לשורפה אינו יכול שאין שורפין קדשים טהורים ולאכלה אינו יכול שרובן טמאי מתים הן ובשאר ימות השנה יש עצה שיתן בעת הלישה גם מעט מים וממילא הוכשר כדאיתא ביו"ד סי' שכ"ט אבל עתה לצורך פסח הלא יהיה מי פירות עם מים ואסור ללוש וכנ"ל בס"ב לכן העצה שילוש פחות מכשיעור ובדיעבד אם לש כשיעור יראה ליתן החלה לכהן קטן שלא יצא טומאה מגופו כמבואר ביו"ד שם:

Avec des eaux de fruits, etc. - c'est-à-dire avec de l'eau d'œufs et d'autres eaux de fruits, choses qui ne sont pas des sept liquides dont le signe est Y"D Cha"T Da"M — vin, miel, huile, lait, rosée, sang, eau [exposés plus haut au siman 158]. La raison : par les eaux de fruits, la pâte n'est pas rendue apte à recevoir l'impureté, et la 'halla reste pure ; or l'on n'a ensuite aucune solution pour elle : on ne peut la brûler, car on ne brûle pas les choses saintes pures, et on ne peut la manger, car la plupart sont impurs de cadavre. Le reste de l'année, la solution est de mettre aussi un peu d'eau au pétrissage, et ainsi elle devient apte, comme dans Yoré Déa siman 329. Mais maintenant, pour Pessa'h, ce seraient des eaux de fruits avec de l'eau, et il est interdit de pétrir, comme ci-dessus au seif 2. C'est pourquoi la solution est de pétrir moins que la quantité [soumise à 'halla] ; et après coup (bediavad), si l'on a pétri la quantité, on verra à donner la 'halla à un kohen mineur d'où n'est pas sortie d'impureté de son corps, comme exposé dans Yoré Déa là-bas.

(כא) חטה שנמצאת וכו' - ומיירי שבישלו הדבש והיין או שהיה כבוש מעל"ע דבשריה בעלמא בצונן להרבה פוסקים אפילו נמצא במים גרידא נמי אינו אוסר וכדלקמן סי' תס"ז סעיף י"ב עיי"ש:

Un grain de blé trouvé, etc. - et il s'agit du cas où l'on a fait bouillir le miel et le vin, ou qu'ils ont été marinés de la veille au lendemain ; car pour un simple trempage à froid, selon beaucoup de décisionnaires, même trouvé dans de l'eau seule, cela n'interdit pas, comme plus loin siman 467 seif 12, voir là.

(כב) מותר - הדבש והיין ולא אמרינן שנתחמצו ע"י החטה אפילו נתרככה ונתבקעה שם שאין מי פירות מחמיצין:

Est permis - le miel et le vin ; et l'on ne dit pas qu'ils ont fermenté par le grain de blé, même s'il s'est ramolli et fendu là, car les eaux de fruits ne font pas fermenter.

(כג) ובלבד שלא נתערב בהם מים - דאם נתערב אדרבה מחמיצין טפי וכנ"ל בס"ב והא דמבואר לעיל בס"ג דמותר ללוש ביין אע"פ שא"א לו בלא טיפת מים שאני התם שנפלו המים קודם תסיסת היין ובתסיסת היין נתהפכו המים להיות יין משא"כ היכי שמתערב אח"כ, וחטה שנמצאת במי דבש (שקורין מע"ד) או ביין שרף (הנעשין מפירות) או בשכר של תמרים ופירות וידוע שלא נתערב בהם שום מים אחר עשייתן אם אוסר או לא נסתפקו האחרונים בזה אם יש לדמותן ליין של צמוקים דע"י התסיסה נהפך המים להיות יין וה"נ ע"י הבישול ותסיסת הדבש נהפך המים ונעשו מי פירות וכן בשארי דברים הנ"ל או דילמא שאני ענבים שכחם חזק להפך המים ליין וכן בדבש צמוקים הנ"ל ע"י הבישול נשתנה ברייתן לגמרי ונעשים דבר גוש משא"כ בכל אלו אף לאחר עשייתן ובישולן עיקרן מים וע"כ יש להחמיר היכי שנפל בהם שלא לשתותן אבל לשהותן עד אחר פסח או למכור לעכו"ם יש להקל. אכן אם ידוע שהחטה לא היה מע"ל במים אין להחמיר אפילו לשתיה דצונן אינו נותן טעם. וכן אם החטה לא נתבקעה רק נתרככה לבד יש להקל אפילו אם אינו ידוע לו כמה שהתה [וכמו שביארתי לקמן בסימן תס"ז סי"ב במ"ב ס"ק נ"ה] אם לא שידוע לו ששהתה החטה מעל"ע במים דנעשה כבוש. כתבו הפוסקים דשומן הוי נמי מי פירות לפיכך חטה שנפל לתוך שומן אפילו רותח אינו אוסר שמי פירות אינו מחמיץ ואפילו נתבקע החטה, ובלבד שלא נתערב מים בתוך השומן אחר שהתיכו אותו ואף שבלא"ה יש בכל שומן תערובת מים שהרי מדיחין אותו בשעת מליחתו מ"מ אין לחוש לזה לפי שכשנתבשל שומן בקדירה בישול יפה נשרפו המים בבישול והלכו להם לגמרי ולכן אפילו ידוע שעירב להדיא תוך השומן מים מעט קודם שהתיכו אותו אין לחוש וכ"ז בידוע שנפלה אחר שהתיכו השומן אבל אם נמצא חטה בתוך שומן ואינו ידוע אם נפלה מקודם או אח"כ אם הריקו השומן מקדירה שבישל בה לכלי אחר ושם נמצא החטה אף שהיה השומן עדיין רותח מותר דלא מחזקינן איסורא ואמרינן בכלי שני נמצא ושם היה גם מקודם וכשהריקו השומן עליה כבר לא היו מים בהם וכן אפילו אם נמצאת החטה באותו כלי שהתיכו בה רק שהיה לאחר שהסירוה מן הכירה והעמידוה במקום אחר ושם נמצאת החטה בה אפילו בעוד השומן רותח מותר דלא מחזקינן איסורא ממקום למקום ואמרינן החטה נפלה במקום זה שכבר התיכוה ונעשית הכל מי פירות אבל אם נמצאת החטה הבקועה בכלי ראשונה שהתיכו בה השומן בפסח והיא במקומה עומדת אסור השומן דחיישינן שמא נפלה קודם ההתכה או בתחלת הרתיחה שעדיין היו מי הדחה בעין על השומן ומיד החמיצה כדין מים עם מי פירות שממהרים להחמיץ ואוסרת השומן ואם אומר בבירור שיודע שלא התיך תיכף אחר ההדחה רק שכבר נתייבש המים מקודם בזה אפילו נמצאת החטה קודם שנתבשל השומן בישול יפה ג"כ מותר שאין כאן אלא מי פירות בלבד. ואם עשו בשומן עגולים (שקורין קניידליך) ממצה טחונה ונמצא חטה בהם אם לא עירב בהם מים רק שומן וביצים פשיטא דמותר דמי פירות הן ואינן מחמיצין אבל אם יש בהעגולים מים ג"כ אפילו מעט הוי מי פירות עם מים ואסור וה"ה המצה ששורין אותה במים לאחר אפייתה וסוחטין אותה ואח"כ לשין אותה בשומן אם נפלה חטה לתוכה יש להחמיר ולאוסרה לפי שאי אפשר לסוחטה כל כך ונשארו בתוכה מים בעין:

À condition qu'il ne s'y soit pas mêlé d'eau - car si de l'eau s'y est mêlée, au contraire ils font fermenter davantage, comme ci-dessus au seif 2. Quant à ce qui est exposé plus haut au seif 3, qu'il est permis de pétrir au vin bien qu'il soit impossible sans une goutte d'eau : là-bas c'est différent, car l'eau est tombée avant la fermentation du vin, et par la fermentation du vin l'eau s'est transformée en vin ; ce qui n'est pas le cas lorsqu'elle se mêle ensuite. Un grain de blé trouvé dans de l'eau de miel (qu'on appelle « méd ») ou dans de l'eau-de-vie (faite de fruits) ou dans de la bière de dattes et de fruits, et l'on sait qu'aucune eau ne s'y est mêlée après leur fabrication : les Aharonim sont restés dans le doute s'il faut les comparer au vin de raisins secs — où par la fermentation l'eau s'est transformée en vin, et de même ici par la cuisson et la fermentation du miel l'eau se serait transformée en eaux de fruits, et ainsi pour les autres choses susdites — ou bien les raisins sont différents, leur force étant grande pour transformer l'eau en vin, et de même le miel de raisins secs susdit, dont la cuisson a entièrement changé la nature et qui sont devenus une chose compacte, ce qui n'est pas le cas de tous ceux-ci : même après fabrication et cuisson, leur principal est de l'eau. C'est pourquoi, lorsqu'un grain y est tombé, il faut être rigoureux de ne pas les boire ; mais les garder jusqu'après Pessa'h ou les vendre à un non-juif, on peut être indulgent. Toutefois si l'on sait que le grain n'a pas séjourné de la veille au lendemain dans l'eau, il ne faut pas être rigoureux même pour la boisson, car le froid ne donne pas de goût. De même si le grain ne s'est pas fendu mais s'est seulement ramolli, on peut être indulgent même si l'on ne sait pas combien de temps il a séjourné [comme je l'ai expliqué plus loin au siman 467 seif 12, MB sk 55], sauf s'il est connu que le grain a séjourné de la veille au lendemain dans l'eau, auquel cas il est devenu mariné. Les décisionnaires ont écrit que la graisse est aussi des eaux de fruits ; c'est pourquoi un grain de blé tombé dans de la graisse, même bouillante, n'interdit pas, car les eaux de fruits ne font pas fermenter, même si le grain s'est fendu — à condition qu'il ne se soit pas mêlé d'eau dans la graisse après qu'on l'a fait fondre. Et bien qu'il y ait de toute façon dans toute graisse un mélange d'eau, puisqu'on la rince au moment de la salaison, néanmoins il n'y a pas à craindre cela : lorsque la graisse a bien cuit dans la marmite, les eaux ont brûlé à la cuisson et sont entièrement parties. C'est pourquoi même s'il est connu qu'on a explicitement mêlé un peu d'eau dans la graisse avant de la faire fondre, il n'y a pas à craindre. Tout cela lorsqu'on sait que le grain est tombé après qu'on a fait fondre la graisse. Mais si l'on trouve un grain de blé dans de la graisse et que l'on ne sait pas s'il est tombé avant ou après : si l'on a transvasé la graisse de la marmite où on l'a cuite dans un autre récipient et que c'est là qu'on a trouvé le grain, même si la graisse était encore bouillante, c'est permis, car on n'établit pas d'interdit, et l'on dit qu'il a été trouvé dans le second récipient et qu'il y était déjà auparavant, et lorsque l'on a versé la graisse dessus il n'y avait déjà plus d'eau en eux. De même, même si le grain a été trouvé dans le même récipient où on l'a fait fondre, mais après qu'on l'a retiré du foyer et posé ailleurs, et que c'est là qu'on a trouvé le grain, même tandis que la graisse était encore bouillante, c'est permis : on n'établit pas d'interdit d'un lieu à un autre, et l'on dit que le grain est tombé en cet endroit où on l'avait déjà fait fondre et que le tout est devenu eaux de fruits. Mais si le grain fendu a été trouvé dans le premier récipient où l'on a fait fondre la graisse, à Pessa'h, et qu'il est encore à sa place, la graisse est interdite, car on craint qu'il ne soit tombé avant la fonte ou au début de l'ébullition, alors que les eaux de rinçage étaient encore présentes sur la graisse, et aussitôt il a fermenté, selon la loi des eaux avec des eaux de fruits qui font fermenter plus vite, et il interdit la graisse. Si l'on affirme clairement que l'on sait qu'on n'a pas fait fondre tout de suite après le rinçage, mais que l'eau avait déjà séché auparavant, alors même si le grain a été trouvé avant que la graisse n'ait bien cuit, c'est aussi permis, car il n'y a ici que des eaux de fruits seules. Si l'on a fait dans de la graisse des boulettes (qu'on appelle knaidlach) de matsa moulue et qu'on y a trouvé un grain de blé : si l'on n'y a pas mêlé d'eau, seulement de la graisse et des œufs, c'est évidemment permis, car ce sont des eaux de fruits et elles ne font pas fermenter ; mais s'il y a aussi de l'eau dans les boulettes, même un peu, ce sont des eaux de fruits avec de l'eau et c'est interdit. Il en est de même de la matsa que l'on fait tremper dans l'eau après sa cuisson, que l'on presse, puis que l'on pétrit avec de la graisse : si un grain de blé y est tombé, il faut être rigoureux et l'interdire, car il est impossible de la presser à ce point et il reste en elle de l'eau apparente.

(כד) המלח - היינו במלח של ים דכמים דמי אבל במלח שחופרין מן הקרקע מצדדים כמה אחרונים דאינן בכלל מים אלא הם כמי פירות דאינן מחמיצין ומ"מ ראוי גם בזה לבדוק אותם:

Le sel - c'est-à-dire le sel de mer, qui est comme de l'eau ; mais pour le sel que l'on creuse de la terre, plusieurs Aharonim penchent qu'il n'est pas compris dans [la catégorie de] l'eau, mais qu'il est comme des eaux de fruits qui ne font pas fermenter ; néanmoins il convient aussi de les inspecter.

(כה) ומתחמץ - החטה ושוב פולטת החטה טעם החמץ במלח. ואם לא בירר ונמצא חטין במלח הסכימו האחרונים דאם יבשים מותר המלח אפילו בפסח ואם מצאן שנתרככו אם הוא בע"פ אחר חצות צריך ליטול כדי נטילה דהיינו כעובי אגודל סביבות המקום שהיו החטין וזורקן והשאר מותר אבל אם מצאן בפסח לכתחלה אין להשתמש בכל המלח שבכלי ויזרוק כדי נטילה סביבן והשאר משהן עד לאחר פסח ובדיעבד אם נשתמש בהם אין לאסור המאכל אא"כ ששמו מאותו כדי נטילה תוך המאכל דאז אסור כל המאכל. כתבו האחרונים דגם התבלין יש לברר ולהשליך גרעיני תבואה שימצא בהם קודם שישימם בתבשיל וקודם שידוך אותם שלא יתערבו תוך התבלין אבל התבלין פשוט הוא שאין בהם חשש אפילו נמצאו הרבה בהם דהרי הם יבש ביבש:

Et fermente - le grain de blé, qui ensuite dégage le goût du hamets dans le sel. Si l'on n'a pas trié et que l'on trouve des grains de blé dans le sel, les Aharonim sont d'accord que s'ils sont secs, le sel est permis même à Pessa'h ; et si on les a trouvés ramollis : si c'est la veille de Pessa'h après midi, il faut prélever l'équivalent d'une prise — l'épaisseur d'un pouce autour de l'endroit où étaient les grains — et les jeter, et le reste est permis. Mais si on les a trouvés à Pessa'h, a priori on n'utilisera pas tout le sel du récipient : on jettera l'équivalent d'une prise autour d'eux et l'on gardera le reste jusqu'après Pessa'h ; et après coup, si l'on s'en est servi, on n'interdira pas l'aliment, sauf si l'on a mis de cet équivalent d'une prise dans l'aliment, auquel cas tout l'aliment est interdit. Les Aharonim ont écrit que les épices aussi, il faut les trier et jeter les grains de céréale qu'on y trouve avant de les mettre dans le plat et avant de les piler, afin qu'ils ne se mêlent pas aux épices ; mais pour les épices elles-mêmes, il est évident qu'il n'y a pas de crainte, même si l'on en a trouvé beaucoup, car c'est du sec dans du sec.