משנה ברורה

Michna Beroura — siman 467

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi des blés sur lesquels de l'eau est tombée et d'un mets dans lequel on a trouvé un grain de blé
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Céréales mouillées ou submergées : vente avant Pessa'h, présomption de levage même sans fente, pluie sur greniers, bateaux et meules, grains germés. Miel, fruits secs, sucre et safran soupçonnés de farine. Grain trouvé dans un mets, une poule, une pâte ou une matsa : fente ou ramollissement, interdit au moindre, conservation, vente au non-juif. Cas de l'échaudage, de l'eau froide, du puits, du salage, du rôti et du jabot.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETBlés mouillés, même non fendus, et grain de blé trouvé dans un mets, une poule, une matsa, l’eau, le salage ou le rôti
À FAIREInformer l’acheteur en personne
On ne se fie pas à une proclamation publique. Avec information, on peut vendre même une grande quantité ; sans information, même un peu est interdit
À FAIREEnlever le dessus connu
Un peu d’eau ou de neige avant mouture : si l’on connaît l’endroit, on retire les blés du dessus, le reste est permis
À FAIRERetirer les fendus ou 60 contre eux
Il faut retirer les grains fendus, ou qu’il y ait soixante contre eux. Les non fendus sont permis seulement s’ils ne sont pas humides
À FAIREPrélever ou peler l’endroit
Matsa cuite : prélèvement de l’endroit. Viande salée : pelure face au grain ; rinçage si le grain est trouvé après salage et rinçage, à l’extérieur
À ÉVITERVendre à la 5e heure
Veille de Pessa'h à la 5e heure : interdit de vendre même un peu à un non-juif ordinaire, plus le temps de consommer avant Pessa'h
À ÉVITERBlés de bateaux « kannin »
Fond toujours plein d’eau, dessus découvert : a priori interdit d’acheter pour Pessa'h. Bediavad, s’enquérir s’il y a 60 du dessus contre le fond
OUINon-juif qui garde jusqu’après
Grosse perte : vendre une grande quantité à un non-juif dont on sait qu’il n’y touchera pas et rendra après Pessa'h (siman 448)
OUIEau froide avec 60
Grain peu + eau froide + soixante contre lui : on est indulgent même à Pessa'h. Trouvé après la cuisson : double doute
NONMême peu d’eau, même non fendu
Eau tombée sur les blés : interdit même s’ils ne se sont pas fendus et même s’ils ne se sont pas ramollis, car ils restent au repos
NONGrain fendu dans le chaud
Plat chaud (yad soledet) + grain réellement fendu : tout le plat interdit ; ustensiles à mettre de côté jusqu’après Pessa'h. Ramolli sans fente : plusieurs Aharonim interdisent aussi le plat
REMALevage seulement après le temps d’un mil ; avant cela, même à Pessa'h, on peut vendre au non-juif à condition de manger tout de suite. « Ici trouvé, ici il était » : d’un lieu à un autre on ne présume pas ; d’un moment à un autre, on présume. Miel (tonneau + cire vs petits récipients), fruits secs, sucre fin et dragées, safran : selon coutume des lieux et crainte de farine. Double doute + grosse perte ou joie de Yom Tov = plusieurs assouplissements.
Eau + blé au repos = 'hamets même sans fente, une fois passé le temps d’un mil. Vente : informer, pas trop tard, non-juif fiable si grosse perte. Grain dans un mets : chaud + fendu = tout interdit ; froid ou salage = pelure ou rinçage ; distinguer certitude et doute.

Glossaire

'hamets
pâte ou céréale levée
nitbaka / bekoua
fendu, éclaté
nitrakha
ramolli
letita
trempage du grain avant mouture
shiour mil
temps d'un mil (environ 18 minutes)
safek sfeika
double doute
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
batel be-shishim
annulé au soixantième
hanaa
jouissance
hefsed merouba
grosse perte
mashehu
infime quantité, le moindre
mei perot
jus de fruits
solèt
semoule
chemoura
céréale gardée dès la moisson
maad
hydromel
'hou't tsuker
sucre en pain, en forme de chapeau
tsuker kandil
sucre de Candie ; aussi sucre candi en morceaux
karkom
safran
negelikh
clous de girofle (Nägelein)
marit ayin
ce que voit l'œil, apparence
yayin nesech
vin de non-juif, interdit à la jouissance
netilat makom
prélèvement de l'endroit
maliga
échaudage pour plumer
kli rishon
premier récipient (celui qui a cuit sur le feu)
kli sheni
second récipient
kevush kemevushal
le mariné est comme cuit
me'et le'et
vingt-quatre heures
hagala
ébouillantage
ben yomo / bat yoma
ustensile du jour même
shetifa
rinçage
kelipa
pelure
hada'ha
lavage
melikha
salage
tseli
rôti, cuisson à la broche
paapoua
diffusion du goût
kofa alav keli
on renverse un ustensile dessus
yeguedes-kvas
kvas de baies
kannin
barges (Kähne)
havaou
hâlage, passage à la flamme
zefak
jabot

(א) דגן שנטבע וכו' - בטור כתוב ואין החמץ ניכר וכו'. משמע דאם החמץ ניכר מותר בין כשמוכרו לישראל ובין כשמוכרו לעכו"ם דתו ליכא למיחש שיחזור וימכרנו לישראל ויאכלנו בפסח דהישראל יכירנו ויש מן הפוסקים שמחמירין שמא יטחן העכו"ם וימכרם אכן למנהגנו שאין לוקחין קמח לפסח מן השוק מצדדים כמה אחרונים דליכא למיחש ובמקום הדחק יש להקל:

Céréale submergée, etc. — Dans le Tour il est écrit : « et le 'hamets n'est pas reconnaissable, etc. ». Cela implique que si le 'hamets est reconnaissable, il est permis de le vendre aussi bien à un Juif qu'à un non-juif, car on n'a plus à craindre qu'il soit revendu à un Juif qui le mangerait à Pessa'h : le Juif le reconnaîtra. Certains décisionnaires sont toutefois rigoureux, de peur que le non-juif ne le moule et ne le revende. Mais selon notre usage de ne pas acheter de farine pour Pessa'h au marché, plusieurs Aharonim penchent pour dire qu'il n'y a pas lieu de craindre ; et en cas de nécessité, on peut être indulgent.

(ב) ומודיעו - אבל אין סומכין על הכרזה דאולי איכא מאן דלא שמע להכרזה. וכשמודיעו מותר למכור לו אפילו הרבה ובלא הודעה אפילו מעט אסור למכור לו שמא יבוא לאכלו בפסח:

Et il l'informe — Mais on ne se fie pas à une proclamation publique, car quelqu'un a pu ne pas l'entendre. Lorsqu'on l'informe, on peut lui vendre même une grande quantité ; sans information, même une petite quantité est interdite, de peur qu'il n'en vienne à la manger à Pessa'h.

(ג) כדי שיכלה וכו' - היינו דאף את"ל שימכרנו לישראל יאכלנו הישראל קודם פסח ולפ"ז בע"פ בשעה חמישית בענין שא"א שיכלה קודם פסח אסור למכור לנכרי אפילו מעט דשמא ימכרנו לישראל אותו המעט ומ"מ במקום הפסד מרובה הסכימו כמה אחרונים דכ"ז בסתם נכרים אבל נכרי שיודע בו שלא יגע בו רק ישמרנו עד אחר הפסח ויחזירנו לו כמו שנתבאר בסי' תמ"ח יכול הישראל למכור לו הרבה תבואה חמוצה:

Afin qu'il soit consommé, etc. — C'est-à-dire : même si l'on suppose qu'il le revendrait à un Juif, ce Juif le mangerait avant Pessa'h. Dès lors, la veille de Pessa'h à la cinquième heure, de sorte qu'il est impossible que cela soit consommé avant Pessa'h, il est interdit de vendre à un non-juif même une petite quantité, de peur qu'il ne revende ce peu à un Juif. Néanmoins, en cas de grosse perte, plusieurs Aharonim ont convenu que tout cela ne concerne que les non-juifs ordinaires ; mais un non-juif dont on sait qu'il n'y touchera pas et le gardera seulement jusqu'après Pessa'h pour le rendre, comme exposé au siman 448, le Juif peut lui vendre une grande quantité de céréales levées.

(ד) קודם פסח - ובשאר איסורים שאין ניכר איסורם אסור למכור לנכרי אפילו מעט מעט רק הכא דאיכא כמה ספיקות הקילו [אחרונים]:

Avant Pessa'h — Pour les autres interdits dont l'interdiction n'est pas reconnaissable, il est interdit de vendre à un non-juif même un tout petit peu. Ici seulement, parce qu'il y a plusieurs doutes, on a été indulgent [Aharonim].

(ה) בנהר - ואם מותר לבטל דגן זה ברוב או בס' קודם פסח דשעת היתר הוא עיין לעיל בסימן תמ"ז סי"א במ"ב ובסי' תנ"ג ס"ג במ"ב:

Dans un fleuve — Quant à savoir s'il est permis d'annuler cette céréale dans la majorité ou dans soixante avant Pessa'h, car c'est un moment de permission, voir plus haut siman 447 seif 11 dans le MB, et siman 453 seif 3 dans le MB.

(ו) שנפלו עליו מים - ואפילו מעט ועיין בבה"ל:

Sur laquelle de l'eau est tombée — Même un peu ; voir le Béour Halakha.

(ז) אע"פ שלא נתבקע - הנה בס"ט כתב המחבר אע"פ שלא נתבקע ממש דהיינו אף שנתרככה שקרובות להתבקע וכאן שינה לשונו וכתב אע"פ שלא נתבקע להורות דאע"פ שלא נתרכך כלל גם כן אסור:

Même s'il ne s'est pas fendu — Or au seif 9 le Mé'haber a écrit « même s'il ne s'est pas réellement fendu », c'est-à-dire même s'il s'est ramolli au point d'être près de se fendre ; ici il a changé sa formulation et écrit « même s'il ne s'est pas fendu », pour enseigner que même s'il ne s'est pas ramolli du tout, c'est également interdit.

(ח) דכיון דמינח נייחי - ר"ל אף דלענין לתיתה יש פוסקים דס"ל דאינו אסור אא"כ נתבקעו ועכ"פ בעינן לכו"ע שיהיו קרובות להתבקע שאני התם דבעת לתיתה עסיק בה ואינו מניח כ"כ להחמיץ משא"כ הכא דמינח נייחי:

Car puisqu'elles restent au repos — C'est-à-dire : même si, pour le trempage (letita), certains décisionnaires tiennent que ce n'est interdit que si les grains se sont fendus, et qu'en tout cas tous exigent qu'ils soient près de se fendre — là-bas c'est différent, car au moment du trempage on s'en occupe et on ne les laisse pas autant lever ; ce qui n'est pas le cas ici, où elles restent au repos.

(ט) חימוץ - ודוקא בדשהה שיעור מיל אבל אם לא שהה עדיין שיעור מיל לא החמיץ עדיין וא"כ אפילו נעשה בפסח מותר למוכרו לנכרי קודם ששהה שיעור מיל ודוקא ע"מ לאכול תיכף. עכו"ם שאמר לישראל אחר שקנה ממנו החטים שהם לתותים אינו נאמן ואפילו אם הוא מסיח לפי תומו כיון שאמר זה לאחר שמכרם ויצאו מתחת ידו מיהו אם העכו"ם מוחזק לנאמן בעיניו אסור ואפילו אם לא היה מסיח לפי תומו:

Levage — Seulement s'il a séjourné le temps d'un mil ; mais s'il n'a pas encore séjourné le temps d'un mil, il n'a pas encore levé. Dès lors, même si cela s'est produit à Pessa'h, on peut le vendre à un non-juif avant qu'il n'ait séjourné le temps d'un mil, et seulement à condition de le manger tout de suite. Un non-juif qui dit à un Juif, après avoir acheté de lui les blés, qu'ils sont trempés, n'est pas cru, même s'il parle de son propre mouvement, puisqu'il l'a dit après la vente, une fois qu'ils sont sortis de sa main. Toutefois, si ce non-juif est réputé digne de foi à ses yeux, c'est interdit, même s'il ne parlait pas de son propre mouvement.

(י) וירדו גשמים - היינו בכדי שיש לספק שמא נתלחלח הרבה אבל אם נפל מעט מים או שלג על התבואה קודם הטחינה ויודע מקומו יגרוף החטים העליונים והשאר מותר:

Et la pluie est tombée — C'est-à-dire dans une mesure telle qu'on peut craindre qu'ils se soient beaucoup humectés. Mais si un peu d'eau ou de neige est tombé sur les céréales avant la mouture et qu'on connaît l'endroit, on enlève les blés du dessus et le reste est permis.

(יא) ולא מהני ספק ספיקא - ועיין באחרונים שהסכימו דאין להחמיר בזה רק במקום שאין הפסד בשהייתן אחר פסח אבל במקום הפסד או מניעת שמחת יו"ט יש להתיר אף באכילה:

Et un double doute n'y suffit pas — Voir les Aharonim qui ont convenu qu'il ne faut être rigoureux en cela que là où il n'y a pas de perte à les garder après Pessa'h ; mais en cas de perte ou d'empêchement à la joie de Yom Tov, on peut autoriser même la consommation.

(יב) יבשות וקשות - ומ"מ אם ידוע שבא עליהם מים יש לאסור החטה עצמה אף שלא נשתנה כלל:

Sèches et dures — Néanmoins, s'il est connu que de l'eau est venue dessus, il faut interdire le grain lui-même même s'il n'a pas changé du tout.

(יג) ולא נשתנה מראיתן - אבל אם נשתנה מראיתו או שהם לחות אסור אפילו להשהותן:

Et leur apparence n'a pas changé — Mais si l'apparence a changé ou qu'elles sont humides, il est interdit même de les garder.

(יד) לא מחזקינן - ר"ל ובודאי לא בא עליהן מים ומותר אפילו באכילה. ועיין בספר בית מאיר שכתב דכל זה מיירי באותן הספינות שהחטים מונחים על עליות שבאמצע הספינה ואין החטים באים לתוך המים מה שתחתית הספינה שואבת וגם למעלה היא מכוסה מה שאין כן בספינות (שקורין קאנין) שתחתית הספינה ידוע שתמיד הוא מלא מים והחטים שקועים בהמים וגם למעלה היא מפורעת וקרוב הדבר שבזמן שהיא על הדרך הוגשם עליהם מטר השמים וגם כשהמלחים מגביהים תמיד המשוטות מן המים להוליך הספינה בודאי ניתז עליהם מי הנהר בכל צדדי הספינה ע"כ לכתחלה בודאי אסור לקנות אותן חטים לפסח בכל גווני ובדיעבד במקום הפסד מרובה אפשר היה להקל מפני חשש גשמים מלמעלה או מה שניתז עליהם מן המשוטות דאולי הוא רק זליפה מועטת אמנם מפני שידוע שהחטים המונחים בתחתית הספינה ששם יש מים תמיד ובודאי היה שרוי בתוכם זמן רב אלא שעתה נתנגבו והם אסורים אפילו לא נתבקעו וע"כ צריך דרישה מן הסוחרים הבקיאים אם ידוע להם שיש ששים בהחטים שלמעלה נגד מה שתחתית הספינה מותר בדיעבד לאוכלם בפסח ואם לאו אסורים אפילו בדיעבד ע"ש:

On n'établit pas de présomption d'interdit — C'est-à-dire : certainement l'eau n'est pas venue dessus, et c'est permis même à la consommation. Voir le livre Beit Méir qui a écrit que tout cela traite des bateaux où les blés sont posés sur des ponts au milieu du navire, et les blés n'entrent pas dans l'eau que le fond du navire aspire, le dessus étant aussi couvert ; ce qui n'est pas le cas des bateaux (appelés « kannin ») dont le fond est connu pour être toujours plein d'eau, les blés y étant immergés, et le dessus découvert : il est probable que, pendant le voyage, la pluie du ciel soit tombée dessus, et aussi, lorsque les marins soulèvent sans cesse les rames hors de l'eau pour faire avancer le bateau, l'eau du fleuve gicle à coup sûr sur eux de tous les côtés du navire. C'est pourquoi, lekhathila (a priori), il est certainement interdit d'acheter ces blés pour Pessa'h en tout état de cause ; et bediavad (après coup), en cas de grosse perte, on aurait pu être indulgent quant à la crainte de la pluie d'en haut ou de ce qui gicle des rames, car ce n'est peut-être qu'une légère aspersion. Mais, parce qu'il est connu que les blés placés au fond du navire, où il y a toujours de l'eau, ont certainement trempé longtemps — seulement ils ont maintenant séché — ils sont interdits même s'ils ne se sont pas fendus. Il faut donc s'enquérir auprès des négociants compétents : s'ils savent qu'il y a soixante fois plus de blés du dessus que ce qui est au fond du navire, il est permis bediavad de les manger à Pessa'h ; sinon, ils sont interdits même bediavad. Voir là-bas.

(טו) אין חוששין וכו' - כל שאין רואין בהם סימן חימוץ לפי שהולכין אחר הרוב ואין הרוב מחמיצין ואף אותן ערימות שראינו שנפלו עליהן גשמים תולין להקל שמא לא נכנסו הגשמים אלא בשבלים העליונים אבל לא בבטן הערימה ואת"ל נכנסו שמא לא הספיקו להחמיץ. ומ"מ אם רואה בהחטים שהובא לפניו שיש בהם מצומחים גם המחבר מודה דצריך לבדוק אם יש שם ששים נגדם ופשיטא כשמוליכין החטים למכור והגשמים יורדין על השקים עד שהשק כמעט כולו שרוי במים וגם החטים נתלחלחו אסורים מדינא בפסח שהרי הריעותא נגלה לעינים וצריכין להזהיר ע"ז כי המוכרים אין מקפידין ע"ז כי רובן אינן בני תורה וגם צריך להזהיר להמוכרי תבואות בשנה שרבו גשמים או שירדו מים על השקין דאזי מחויבים למכור התבואות כדין מכירת חמץ ואסורים למכור מהם לנכרי אחר זמן איסורו [ח"א]:

On ne s'inquiète pas, etc. — Du moment qu'on n'y voit pas de signe de levage, car on suit la majorité, et la majorité ne lève pas. Même les meules sur lesquelles on a vu tomber la pluie, on penche vers l'indulgence : peut-être la pluie n'est-elle entrée que dans les épis du dessus et non dans le ventre de la meule ; et même si elle y est entrée, peut-être n'ont-ils pas eu le temps de lever. Néanmoins, si l'on voit dans les blés qu'on a devant soi des grains germés, le Mé'haber aussi convient qu'il faut vérifier s'il y a soixante contre eux. À plus forte raison, lorsqu'on transporte les blés pour les vendre et que la pluie tombe sur les sacs jusqu'à ce que le sac soit presque tout entier trempé et que les blés se soient humectés, ils sont interdits de par la loi à Pessa'h, car le défaut est visible aux yeux. Il faut en avertir, car les vendeurs n'y font pas attention, la plupart n'étant pas versés dans la Torah. Il faut aussi avertir les marchands de céréales, les années où les pluies ont abondé ou où de l'eau est tombée sur les sacs : ils sont alors tenus de vendre les céréales selon la loi de la vente du 'hamets, et il leur est interdit d'en vendre à un non-juif après l'heure de l'interdit ['Hayé Adam].

(טז) לסתם חטים וכו' - כתב בשכנה"ג הלכה למעשה שהתיר לקנות חטים לפסח אף שהיו נעצרים בבורות כל שלא ראינו בהם שינוי במראיתן ואינם לחות והעתיקוהו האחרונים:

Pour les blés ordinaires, etc. — Il est écrit dans le Chéyaré Knesset Hagdola, comme halakha pratique, qu'il a permis d'acheter des blés pour Pessa'h même s'ils avaient été retenus dans des fosses, du moment qu'on n'y a pas vu de changement d'apparence et qu'ils ne sont pas humides ; les Aharonim l'ont rapporté.

(יז) שנתייבש לגמרי וכו' - כתב הח"א דמטעם זה נוהגים החרדים שיהיו כל המצות שלהן משומרים משעת קצירה דלפעמים מניחין לייבשן במחובר יותר מדאי מפני שאין להם פנאי לקצור וזו שקורין שמורה קוצרין אותן בעוד שהן לחין קצת ע"ש:

Qui a entièrement séché, etc. — Le 'Hayé Adam a écrit que c'est pour cette raison que les scrupuleux ont l'usage que toutes leurs matsot soient gardées dès la moisson : parfois on les laisse sécher sur pied trop longtemps, faute de loisir pour moissonner ; et ce qu'on appelle chemoura, on le moissonne alors qu'ils sont encore un peu humides. Voir là-bas.

(יח) אם ירדו עליו גשמים - היינו גשמים מרובין אבל ע"י זליפה מועטת שירד על השבלים לא חיישינן ומותר אפילו למצת מצוה [מאמר מרדכי בשם רבינו מנוח] ועיין בש"ת מה שכתב בשם תשובת מעיל צדקה:

Si la pluie est tombée dessus — C'est-à-dire une pluie abondante ; mais par une légère aspersion tombée sur les épis, on ne craint pas, et c'est permis même pour la matsa de mitsva [Maamar Mordekhaï au nom de Rabbenou Manoa'h]. Voir le Chaaré Techouva ce vis-à-vis de la responsa Méil Tsedaka.

(יט) אותן שאין מבוקעות וכו' - ומ"מ צריכין לברר מהן המבוקעות או שיהיה עכ"פ ששים נגדם:

Celles qui ne sont pas fendues, etc. — Néanmoins, il faut en retirer les fendues, ou qu'il y ait du moins soixante contre elles.

(כ) מותרות - ודוקא כשאינן לחות:

Sont permises — Et seulement si elles ne sont pas humides.

(כא) ישראל וכו' - דהוי כחמץ שנפלה עליו מפולת ועוד דס"ס שמא לא נתחמצו ואת"ל נתחמצו שמא נתעפשו:

Un Juif, etc. — Car c'est comme du 'hamets sur lequel un éboulement est tombé ; et de plus il y a un double doute : peut-être n'ont-ils pas levé, et même s'ils ont levé, peut-être se sont-ils moisis.

(כב) אין מחזיקין בו איסור - לומר שהוא מזויף בסולת שעירבו בו דאחזוקי איסורא לא מחזקינן ועוד דאפילו עירבו הרי דבש מי פירות הוא ואין מחמיצין:

On n'établit pas de présomption d'interdit — Pour dire qu'il est falsifié avec de la semoule qu'on y aurait mêlée : on n'établit pas de présomption d'interdit. Et de plus, même s'ils en ont mêlé, le miel est un jus de fruits et ne fait pas lever.

(כג) ואוכלים אותו בפסח - יש שכתבו דהיינו דוקא לאכול הדבש בעין כמות שהוא אבל ללוש בו עיסה אסור כי מצוי הוא בעת הוצאת השעוה מהדבש להתערב שם מים והו"ל מים עם מי פירות ומחמיצין:

Et on le mange à Pessa'h — Certains ont écrit que cela vise seulement à manger le miel tel quel ; mais pétrir une pâte avec est interdit, car il est fréquent, lorsqu'on extrait la cire du miel, que de l'eau s'y mêle : ce sont alors de l'eau avec des jus de fruits, et cela fait lever.

(כד) מיהו יש מחמירין - שרגילין לערב בו סולת לתותה:

Toutefois, certains sont rigoureux — Car on a l'habitude d'y mêler de la semoule trempée.

(כה) שלא לאכול דבש רק וכו' - פי' שבדבש זה שמביאין בחבית מן הכורת שמעורב בו עדיין השעוה נוהגים לאכלו אף בעין וכן לעשות ממנו משקה מע"ד משום דאין דרך לזייף ואפילו לעשות ממנו משקה מע"ד בפסח שרי משום שמחת יו"ט אם אין לו משקה אחרת אבל מה שמביאין בכלים קטנים שמנוקה מן השעוה דרך העכו"ם לערב בהן קמח ולכן אסור לאוכלו ואף לעשות ממנו משקה בפסח ויש מהאחרונים שמחמירין בזה אף קודם פסח משום דמצוי שמערבין בהן קמח הרבה עד שלא יהיה אף בתערובות המים ששים נגד הקמח לבטלם וכן מחמירין שלא לאכול דבש בעין בפסח אף מאותן הבאין מחביות גדולות משום דאתי לאחלופי להקל בכל דבש [אם לא אותן שמביאין עם החדרים הקטנים שלם כמו שהוא מונח בכורת שעדיין לא נתרסק] ולענין מעשה בעשיית משקה מע"ד קודם הפסח משמע מדברי האחרונים דנוהגין עכשיו להקל אף מאותן שבאין בכלים קטנים דתלינן שיתבטל הקמח בששים [אם לא שידוע שבאותן מקומות הדרך לערב קמח הרבה] ומ"מ המחמיר בזה שלא לעשות משקה מע"ד כ"א מהדבש הבא בחבית עם השעוה תע"ב. ולענין לאכול בפסח דבש בעין הבא מן החביות תלוי במנהג המקומות ובמדינתינו המנהג להקל. ומ"מ צריך לחקור ולידע מנהג המקומות כי יש מקומות שנותנין לחם בכורת בשעת רדייה או שאר דברים של חמץ ובמקום שיש לחוש לזה אסור הדבש לאכלו בעין בפסח אבל מותר לעשות ממנו משקה מע"ד קודם פסח [ח"א]:

De ne manger du miel que, etc. — C'est-à-dire : pour ce miel qu'on apporte en tonneau depuis la ruche, encore mêlé de cire, on a l'habitude de le manger même tel quel, et aussi d'en faire de l'hydromel (maad), car on n'a pas l'habitude de le falsifier ; et même d'en faire de l'hydromel à Pessa'h est permis à cause de la joie de Yom Tov, si l'on n'a pas d'autre boisson. Mais celui qu'on apporte dans de petits récipients, débarrassé de la cire : les non-juifs ont l'habitude d'y mêler de la farine ; aussi est-il interdit de le manger, et même d'en faire une boisson à Pessa'h. Certains Aharonim sont rigoureux même avant Pessa'h, car il est fréquent qu'on y mélange beaucoup de farine, au point qu'il n'y ait même pas, dans le mélange d'eau, soixante contre la farine pour l'annuler. Ils sont aussi rigoureux de ne pas manger du miel tel quel à Pessa'h, même de celui qui vient de grands tonneaux, de peur qu'on en vienne à relâcher pour tout miel [sauf celui qu'on apporte avec les petits rayons entiers, tels qu'ils sont dans la ruche, pas encore broyés]. Quant à la pratique pour faire de l'hydromel avant Pessa'h, il ressort des Aharonim qu'on a maintenant l'habitude d'être indulgent même pour celui qui vient dans de petits récipients, car on présume que la farine s'annule dans soixante [sauf s'il est connu que, dans ces lieux, on mélange beaucoup de farine]. Néanmoins, qui est rigoureux de ne faire de l'hydromel que du miel venu en tonneau avec la cire, qu'il en soit béni. Quant à manger à Pessa'h du miel tel quel venu des tonneaux, cela dépend de la coutume des lieux ; dans notre pays, la coutume est d'être indulgent. Néanmoins, il faut s'enquérir et connaître la coutume des lieux, car il est des endroits où l'on met du pain dans la ruche au moment de la récolte, ou d'autres choses de 'hamets ; là où l'on doit craindre cela, le miel est interdit à manger tel quel à Pessa'h, mais il est permis d'en faire de l'hydromel avant Pessa'h ['Hayé Adam].

(כו) ותאנים יבשים - דיש חשש שמפזרים עליהם קמח בשעה שמיבשין אותן וענבים רגילין ליבשן בתנור אצל הפת או אחר שהוציאו הפת מן התנור ויש מקומות שאין מפזרין עליהם קמח ומיבשין אותן בשמש וזהו שכתב שתלוי במנהג המקומות:

Et des figues sèches — Car on craint qu'on n'y répande de la farine au moment de les sécher ; et les raisins, on a l'habitude de les sécher au four près du pain, ou après avoir retiré le pain du four. Il est des lieux où l'on ne répand pas de farine dessus et où on les sèche au soleil ; c'est pourquoi il a écrit que cela dépend de la coutume des lieux.

(כז) שלא לאכול שום פירות וכו' - היינו מטעם הנ"ל. ומ"מ נוהגין היתר לעשות מהם משקה בפסח דהיינו ששורין אותם במים עד שנקלט טעמן בתוך המים ושותין המים בפסח דכיון שאין בהם אלא חשש בעלמא אין מחמירין כ"כ לאסור אף מי שרייתן אבל אין מקילין כ"כ לבשל אותם בפסח כדי לשתות מי בישולם בפסח לפי שע"י הבישול נקלט טעמם במים יותר מע"י שריה ובקצת מקומות נוהגין להחמיר במי שרייתן כמו במי בישולם [אא"כ שראן ובישלן קודם פסח] וכן בשע"ת בשם הנודע ביהודה מסכים שלכתחלה נכון להחמיר וע"כ טוב לסנן הרוטב מן הפירות בע"פ קודם הלילה דאז אפילו היה מעט קמח נדבק על הפירות ונתערב בתוך הרוטב בטל בששים:

De ne manger aucun fruit, etc. — Pour la raison susdite. Néanmoins, on a l'habitude de permettre d'en faire une boisson à Pessa'h : on les trempe dans l'eau jusqu'à ce que leur goût passe dans l'eau, et l'on boit cette eau à Pessa'h ; comme il n'y a qu'un simple soupçon, on n'est pas assez rigoureux pour interdire même l'eau de trempage. Mais on n'est pas assez indulgent pour les cuire à Pessa'h afin de boire l'eau de cuisson à Pessa'h, car par la cuisson leur goût passe dans l'eau plus que par le trempage. En certains lieux, on a l'habitude d'être rigoureux pour l'eau de trempage comme pour l'eau de cuisson [à moins de les avoir trempés et cuits avant Pessa'h]. De même, le Chaaré Techouva au nom du Noda Bihouda convient qu'a priori il convient d'être rigoureux ; aussi est-il bon de filtrer le jus des fruits la veille de Pessa'h avant la nuit : alors, même s'il y avait un peu de farine collée aux fruits et mêlée au jus, elle s'annule dans soixante.

(כח) בדרך שאין לחוש לחמץ - כגון שידוע לו שנתייבש בשמש או בתנור לאחר הכשירו:

D'une manière où l'on n'a pas à craindre le 'hamets — Par exemple s'il sait qu'ils ont séché au soleil, ou au four après qu'il ait été kasherisé.

(כט) ואפילו להשהותו אסור - כי יש חשש שמערבין בו קמח והאחרונים הסכימו דאותו שאנו קורין הו"ט צוקער שעשוי ככובע נתברר ע"פ חקירת האומנים שאין מערבין בו קמח ומ"מ נהגו למכרו לכתחלה [ובדיעבד מותר לאחר הפסח וגם ביו"ט האחרון אוכלין אותו] ואותו שיש לו כתב הכשר מהרב ממקום עשייתו נוהגין לאכלו לכתחלה אכן הצוקער שעשוי דק דק יש בו יותר חשש חמץ מתערובות קמח ואסור להשהותו ומ"מ בדיעבד שעבר והשהה אותם משמע מאחרונים דאין לאסור גם בזה ועיין בשע"ת אופני ההכשר בזה לענין לאכלו לכתחלה. ודע דמיני בלילות צוקער שמחפין בהם מיני פירות ובשמים וכ"ש אותן העשויין כמין חררות קטנות מבלילות צוקער הסכימו האחרונים דודאי יש לחוש שמא יש בהם תערובת חמץ ואסור להשהות מדינא וכ"ש לאכלם אפילו ביו"ט האחרון של גליות:

Et même le garder est interdit — Car on craint qu'on n'y mélange de la farine. Les Aharonim sont d'accord que celui que nous appelons 'hou't tsuker, fait en forme de chapeau, il a été établi par enquête auprès des artisans qu'on n'y mélange pas de farine ; néanmoins on a l'habitude de le vendre a priori [et après coup il est permis après Pessa'h, et on le mange aussi au dernier Yom Tov]. Celui qui a un écrit de cacherout du rav du lieu de fabrication, on a l'habitude de le manger a priori. Mais le sucre fait très fin a davantage de crainte de 'hamets par mélange de farine, et il est interdit de le garder. Néanmoins, après coup, si l'on a transgressé et qu'on l'a gardé, il ressort des Aharonim qu'il ne faut pas l'interdire non plus ; voir au Chaaré Techouva les modes de cacherisation pour le manger a priori. Sache que les sortes de dragées de sucre dont on enrobe fruits et épices, et à plus forte raison celles faites comme de petites galettes de mélange de sucre : les Aharonim sont d'accord qu'il y a certainement à craindre un mélange de 'hamets, et il est interdit de les garder d'après la loi, et à plus forte raison de les manger même au dernier Yom Tov de la Diaspora.

(ל) וביו"ט האחרון - של גליות כיון שהוא דרבנן לא מחמרינן בדבר שאין בו רק חשש בעלמא:

Et au dernier Yom Tov — De la Diaspora : comme il n'est que de rabbinique, on n'est pas rigoureux pour une chose où il n'y a qu'un simple soupçon.

(לא) וצוק"ר קנדי"ל שאין בו וכו' - אין זה הצוקר המבושל הנחתך לחתיכות שאנו קורין צוק"ר קנדי"ל דאותו יש בהם חשש חימוץ יותר ואסור להשהותם ואין לאכלם אפי' ביו"ט האחרון אלא הוא צוקער הבא ממדינת קנדי"א והוא כעין הו"ט צוקע"ר שלנו והיה ברור להם שאין בו שום חשש חימוץ ומ"מ בשאר ימים אין לאכלם כ"א ע"י הכשר כדי שלא יבואו להקל גם בבלילות צוקער. וכתבו האחרונים דאף לכתחלה בודאי יש ליזהר שלא להשהות צוקע"ר קנדי"ל שלנו ובלילות צוקע"ר מ"מ אם עבר והשהה אותן אין לאסרו אחר הפסח דיש כמה ספיקות בזה עיין בח"י:

Et le tsuker kandil qui n'a pas, etc. — Ce n'est pas le sucre cuit coupé en morceaux que nous appelons tsuker kandil, car celui-là a davantage de crainte de fermentation, il est interdit de le garder et on ne le mange pas même au dernier Yom Tov ; c'est le sucre venant du pays de Candie, semblable à notre 'hou't tsuker, et il leur était clair qu'il n'y a aucune crainte de fermentation. Néanmoins, les autres jours, on ne le mange que par cacherisation, afin qu'on n'en vienne pas à relâcher aussi pour les dragées de sucre. Les Aharonim ont écrit que même a priori il faut certainement prendre garde de ne pas garder notre tsuker kandil et les dragées de sucre ; néanmoins, si l'on a transgressé et qu'on les a gardés, on ne les interdit pas après Pessa'h, car il y a plusieurs doutes à ce sujet ; voir au 'Hok Yaakov.

(לב) והמנהג במדינות אלו שלא לאכול וכו' - אבל לשהותן מותר:

Et la coutume dans ces pays est de ne pas manger, etc. — Mais les garder est permis.

(לג) כרכום - שמזייפין אותן בסלת להעמיד מראיתו וכן מניחין עליו שאור לחזור למראיתו וכתבו האחרונים דאף כרכום הגדל בגינת ביתו ונזהר בו מחמץ נוהגין בו איסור מפני מראית העין שהכרכום אינו מצוי במדינות אלו ויסברו שהוא כרכום הבא ממרחקים משא"כ שאר כל הפירות שנתייבשו על ידי ישראל ונזהר בהם מחמץ שאין חוששים בהם למראית העין לפי שהן מצויין והכל יודעין שלפעמים מייבשין אותם ע"י ישראל עוד כתבו כי הטאב"ק דרך לשרותו בשכר בקצת מקומות וצריך לסוגרו בחדר או לעשות מחיצה לפניו וכן הכרכום במקומות שנוהגין בו איסור וכתב הח"א שחקר אצל האומנין שעושין שנו"ף טבא"ק (דהיינו ששואפין בחוטם) מלחלחים הפעקיל טבא"ק ביי"נ וידוע שיי"נ אסור בהנאה מדינא וא"כ ראוי ליזהר שלא לשאוף אותו טבא"ק אף כל השנה. והנה כ"ז כתב הח"א בזמנו אבל עתה יש לחקור אצל האומנין אם עושין כן:

Karkom — Car on les falsifie avec de la semoule pour fixer la couleur, et de même on y met du levain pour lui rendre sa couleur. Les Aharonim ont écrit que même le safran poussé dans le jardin de sa maison et dont on a pris garde au 'hamets, on a l'habitude de l'interdire à cause de l'apparence (marit ayin), car le safran n'est pas courant dans ces pays et l'on croira que c'est du safran venu de loin ; ce qui n'est pas le cas des autres fruits séchés par un Juif avec garde du 'hamets, pour lesquels on ne craint pas l'apparence, car ils sont courants et chacun sait qu'on les sèche parfois par un Juif. Ils ont encore écrit que le tabac, en certains lieux, on a l'habitude de le tremper dans de la bière, et il faut le fermer dans une pièce ou faire une cloison devant lui ; de même le safran dans les lieux où on l'interdit. Le 'Hayé Adam a écrit qu'il s'est enquis auprès des artisans qui font le tabac à priser (qu'on aspire par le nez) : ils humectent le paquet de tabac avec du vin de non-juif (yayin nesech), et l'on sait que le vin de non-juif est interdit à la jouissance d'après la loi ; aussi convient-il de prendre garde de ne pas priser ce tabac même toute l'année. Or tout cela, le 'Hayé Adam l'a écrit de son temps ; mais maintenant il faut s'enquérir auprès des artisans s'ils font encore ainsi.

(לד) או נעגעלי"ך - מפני ששורין אותן במי שעורין קודם שמייבשין אותן [ד"מ]:

Ou negelikh — Parce qu'on les trempe dans de l'eau d'orge avant de les sécher [Darkhé Moché].

(לה) מיהו אינן אוסרין תערובתן - מדסתם משמע אפילו בפחות מס' וקאי על כל הנ"ל בהג"ה זו והטעם דלא מחמרינן כ"כ מחמת חשש בעלמא מיהו לענין דבש ובלילת צוקער יש מחמירין לאסור אם לא היה ששים בתבשיל נגדו ומ"מ במקום הפסד מרובה או מניעת שמחת יו"ט יש להקל:

Toutefois, ils n'interdisent pas leur mélange — Du fait qu'il a parlé sans précision, cela signifie même à moins de soixante ; et cela porte sur tout ce qui précède dans cette glose. La raison : on n'est pas si rigoureux pour un simple soupçon. Toutefois, pour le miel et le mélange de sucre, certains sont rigoureux d'interdire s'il n'y avait pas soixante dans le plat contre eux. Néanmoins, en cas de grosse perte ou d'empêchement de la joie de Yom Tov, on peut être indulgent.

(לו) אם נתבקעו ממש - הנה בגמרא איכא פלוגתא לענין לתיתת שעורין במים דיש שסוברין דלא הוי חמץ עד שיתבקעו ממנו ויש שסוברין דאם הם נפוחים כ"כ עד שקרובין להתבקע ג"כ אסורין ונקטינן לחומרא לענין למיכל אותם בעינייהו דאסור אפילו לא נתבקעו ממש אבל לענין לאסור התבשיל שנמצאו בו הגרעינין שהוא רק איסור משהו דרבנן נקטינן לקולא דאין אוסרין עד שיתבקעו ממש זהו ביאור דעת המחבר:

S'ils se sont réellement fendus — Voici : dans la Guemara il y a une discussion au sujet du trempage (letita) de l'orge dans l'eau : certains tiennent que ce n'est 'hamets que lorsqu'ils se fendent, et d'autres tiennent que s'ils sont gonflés au point d'être près de se fendre, ils sont aussi interdits. Nous tenons à la rigueur pour les manger tels quels : c'est interdit même s'ils ne se sont pas réellement fendus. Mais pour interdire le plat dans lequel on a trouvé les grains, ce qui n'est qu'un interdit de la moindre parcelle de rabbinique, nous tenons à l'indulgence : on n'interdit que s'ils se sont réellement fendus. Tel est l'exposé de l'avis du Mé'haber.

(לז) אסור - אפילו בהנאה. וגם כל הכלים שנשתמשו בם לתבשיל זה בעודו חם שהיד סולדת בו אסורין להשתמש בהן בפסח אלא צריך להצניען עד אחר הפסח כמו שנתבאר בריש סימן תמ"ז. ואם נתערב מעט מתבשיל זה לתבשיל אחר גם אותו התבשיל אסור וכן אם נשתמש בו בכף שהגיס בו בקדרה זו לקדרה אחרת בעודה רותח ג"כ נאסר הכל דכיון דאיסורו במשהו אמרינן דגם כאן פולט משהו:

Interdit — Même à la jouissance. Et aussi tous les ustensiles dont on s'est servi pour ce plat tant qu'il était chaud au point que la main se retire : il est interdit de s'en servir à Pessa'h ; il faut les mettre de côté jusqu'après Pessa'h, comme exposé au début du siman 447. Si un peu de ce plat s'est mêlé à un autre plat, cet autre plat aussi est interdit. De même, si l'on s'est servi, avec la cuillère qui a remué dans cette marmite, d'une autre marmite encore bouillante, le tout est également interdit : puisque l'interdit est au moindre, on dit qu'ici aussi il a exsudé un moindre.

(לח) אלא אוסרים הכל - היינו התבשיל וגם כל הכלים שנשתמשו להתבשיל וכנ"ל לדעת המחבר בנתבקעו. והנה דעת הט"ז בס"ק ט"ו דאסור התבשיל אף בהנאה אכן הח"י ועוד כמה אחרונים הסכימו דבמקום הפסד מרובה יש לסמוך להתיר עכ"פ בהנאה:

Mais ils interdisent le tout — C'est-à-dire le plat et aussi tous les ustensiles dont on s'est servi pour le plat, comme ci-dessus selon l'avis du Mé'haber lorsque les grains se sont fendus. Or l'avis du Taz au seif katan 15 est d'interdire le plat même à la jouissance ; mais le 'Hok Yaakov et plusieurs autres Aharonim ont convenu qu'en cas de grosse perte on peut s'appuyer pour permettre du moins la jouissance.

(לט) אפילו לא נתבקעו - מדסתם הרמ"א משמע דלא מחלקינן בין אם היא קרובה לביקוע או לא משום דאין אנו בקיאין בזה מ"מ הסכימו כמה אחרונים דעכ"פ נתרככה בעינן דאם לא נתרכך אפילו נמצא בחמין אין לאסור. עוד כתבו האחרונים דאפילו אם נמצא בתבשיל ג' גרעינים שלא נתרככו לא אמרינן דמסתמא יש יותר ושמא הם מרוככים:

Même s'ils ne se sont pas fendus — Du fait que le Rema a parlé sans précision, cela implique qu'on ne distingue pas selon qu'elle est près de se fendre ou non, car nous ne savons pas le discerner. Néanmoins plusieurs Aharonim ont convenu qu'il faut du moins qu'elle se soit ramollie : si elle ne s'est pas ramollie, même trouvée dans le chaud, il n'y a pas lieu d'interdire. Les Aharonim ont encore écrit que même si l'on a trouvé dans le plat trois grains qui ne se sont pas ramollis, on ne dit pas qu'il y en a probablement davantage et qu'ils sont peut-être ramollis.

(מ) שורפים אותם - עיין לעיל סימן תמ"ו ס"א:

On les brûle — Voir plus haut siman 446 seif 1.

(מא) מותר למוכרה לנכרי - אחרי שהסיר החטה ממנה ולא נשאר אלא טעם החמץ שהפליטה החטה בהתרנגולת ולא ישהנה בביתו דילמא אתי למיכלה:

Il est permis de la vendre à un non-juif — Après en avoir retiré le grain de blé, et il ne reste que le goût du 'hamets que le grain a exsudé dans la poule. Qu'il ne la garde pas chez lui, de peur qu'on n'en vienne à la manger.

(מב) ובמדינות אלו וכו' - ובמקום שיש הפסד מרובה מאוד הסכימו האחרונים להקל כדעת המחבר כמש"כ לעיל בראש סימן תמ"ז:

Et dans ces pays, etc. — Et là où il y a une très grosse perte, les Aharonim ont convenu d'être indulgents selon l'avis du Mé'haber, comme écrit plus haut au début du siman 447.

(מג) ואם נמצאת וכו' - היינו אפילו נעשה התערובות מקודם יום השמיני וה"ה אף אם עבר ושהה עד יום זה:

Et si on l'a trouvée, etc. — C'est-à-dire même si le mélange s'est fait avant le huitième jour ; et de même si l'on a transgressé et qu'on l'a gardée jusqu'à ce jour.

(מד) מותר להשהותה - משום דהוי ספק יו"ט ספק חול ותערובת משהו הוי דרבנן לכן מקילינן להשהותה עד אחר פסח ואז מותר אפי' באכילה [וי"א שאף בשביעי של פסח אם נמצא חטה בקועה בתבשיל או בתרנגולת כופה עליהם כלי עד מוצאי יו"ט ואז אוכל התבשיל או התרנגולת ושורף את החטה ובמקום הפסד יש לסמוך ע"ז] וה"ה לענין נותן טעם לפגם אף דאנו מחמירין בפסח כמבואר בסימן תמ"ז מ"מ מותר לשהותו אבל בחמץ גמור דאסור מדאורייתא אף ביום אחרון אסור לשהותו:

Il est permis de la garder — Parce que c'est un doute de Yom Tov ou de jour profane, et le mélange au moindre est de rabbinique ; aussi est-on indulgent pour la garder jusqu'après Pessa'h, et alors elle est permise même à la consommation. [Certains disent que même le septième jour de Pessa'h, si l'on a trouvé un grain de blé fendu dans un plat ou dans une poule, on renverse un ustensile dessus jusqu'à la sortie de Yom Tov, puis on mange le plat ou la poule et l'on brûle le grain ; en cas de perte, on peut s'appuyer là-dessus.] Il en va de même pour le goût qui s'est détérioré : bien que nous soyons rigoureux à Pessa'h comme exposé au siman 447, néanmoins il est permis de le garder ; mais pour du 'hamets franc, interdit de par la Torah, même le dernier jour il est interdit de le garder.

(מה) בקועה - ולדידן אם נתרככה אע"פ שלא נתבקע ודוקא לענין אכילה אבל בהנאה יש להקל בהפסד מרובה בלא נתבקע אף בלא נטילת מקום:

Fendue — Et pour nous : si elle s'est ramollie, même sans s'être fendue. Cela ne vaut que pour la consommation ; pour la jouissance, on peut être indulgent en cas de grosse perte, si elle n'est pas fendue, même sans prélèvement de l'endroit.

(מו) כדי נטילת מקום - דאפיה דינה כצלי דאוסר כדי נטילה ובעיסה אף דצונן הוא מ"מ אמרינן דע"י דוחק הלישה נפלט ממנה משהו סביב מקומה:

La quantité du prélèvement de l'endroit — Car la cuisson au four a le statut du rôti, qui interdit selon la quantité d'un prélèvement. Dans la pâte, même froide, on dit que par la pression du pétrissage une infime quantité s'en est extraite autour de son endroit.

(מז) כל העיסה - דע"י הלישה מתחממת קצת והמים שבעיסה מוליכין את פליטת החטה שנפלט ע"י דוחק הלישה בכל העיסה:

Toute la pâte — Car par le pétrissage elle s'échauffe un peu, et l'eau de la pâte véhicule dans toute la pâte l'exsudat du grain de blé extrait par la pression du pétrissage.

(מח) לאסור אותה מצה וכו' - ואף דמסתימת הרמ"א משמע דאוסר כולה אפילו בהפסד מרובה מ"מ בנתרככה ולא נתבקע אפשר שיש להקל בהפסד מרובה ע"י נטילת מקום:

Interdire cette matsa, etc. — Bien que la formulation laconique du Rema implique qu'il interdit le tout, même en cas de grosse perte, néanmoins si elle s'est ramollie sans se fendre, on peut être indulgent en cas de grosse perte par un prélèvement de l'endroit.

(מט) שנמצא בה החטה - שנמצא בה כשהיא אפויה כצ"ל. והיינו בין שנמצאת החטה במצה לאחר אפייתה או כשהיא עדיין בצק לאחר שנערכה או בחתיכת עיסה ולא אמרינן שהיתה החטה מתחלה בעיסה הגדולה ונאסרה כולה אלא כאן נמצא כאן היה דהיינו שכאן נמצאת החטה עכשיו במצה זו או בחתיכת עיסה זו כאן היתה בתחלה כשנפלה (דהיינו לאחר שנחתכה ממנה המצה נפלה החטה לתוכה) ולא נפלה מעולם לתוך עיסה הגדולה שאין מחזיקין איסור ממקום למקום. ואם החטה היא מלאה מים ומלוחלח מעבר אל עבר א"כ ניכר שהיה במים ובעיסה יש לאסור כל העיסה ומ"מ אי איכא למיתלי שהיתה בלועה ממקום אחר ממים ונפלה לתוך המצה הכל לפי הענין כי תולין במצוי בין להקל בין להחמיר ולא מקרי ספק כלל. ומי שהיה בידו עיסה וחתך ממנה כמה מצות ונתן לאחרים ונשארה מצה אחת בידו ונמצאת עליה חטה כל המצות שמאותה עיסה אסורות דאמרינן שמא היתה באותה עיסה קודם שחתכה לחתיכות דאף דלא מחזקינן איסורא ממקום למקום ואמרינן כאן נמצא וכו' ולא מחתיכה לחתיכה מזמן לזמן מחזקינן איסורא ואמרינן שמא היתה בעיסה זו מקודם שנחתכה [מ"א וש"א] ויש מאחרונים דס"ל דאף בכאן יש להקל בשאר מצות משום ס"ס שמא עתה נפלה ואת"ל מקודם שמא לא נתחמצה עד עתה ובמקום הפסד מרובה יש לסמוך להקל וכתב מ"א הנ"ל שכן הדין באחד שלקח מחבית כרוב בקערה והוליכו לבית אחר או למקום אחר ושם נמצא חטה בקועה הכרוב שבחבית מותר דאין מחזיקין ממקום למקום ואמרינן כאן נמצא כאן היה ר"ל השתא בקערה נפל אבל אם נמצא החטה בחבית אז אף מה שבקערה בבית אחר אסור דזה הוא מזמן לזמן ומחזקינן למפרע. ומכל מקום במקום הפסד מרובה יש להקל אפילו אם נמצא בחבית לאותן הבע"ב שלקחו מקודם דיש ספק ספיקא שמא עכשיו נפל בחבית ואם תמצא לומר מקודם שמא לא נתחמצה החטה עד עכשיו אם לא כשלקחו תיכף נמצא בחבית שלא היה שהות להתחמץ בזה הזמן ויש מאחרונים שכתבו דכל זה כשהחטה בקועה אבל אם לא נתבקעה רק כשנתרככה יש להתיר אפילו הכרוב שבחבית אם יש שם הפסד מרובה מכח ספק ספיקא. ואם אין הציר עולה ע"ג הכרוב בלא"ה יש להתיר הכרוב שבחבית דלא הוי עלה שם כבוש רק דין מלוח ואינו אסור רק מקום שנמצא עליו והשאר מותר כמ"ש רמ"א בהג"ה בסי"ד. כתב הח"א דיגעדע"ס קווא"ס שנוהגין במדינתנו לעשות על פסח יש ליזהר לברור היגדעס קודם נתינת המים דמצוי להמצא בהם גרעינין:

Dans laquelle on a trouvé le grain de blé — Il faut lire : dans laquelle on l'a trouvé alors qu'elle est cuite. Que le grain se trouve dans la matsa après cuisson, ou dans la pâte déjà abaissée, ou dans un morceau de pâte : on ne dit pas qu'il était dès le départ dans la grande pâte et que le tout est interdit, mais « ici on l'a trouvé, ici il était » — c'est-à-dire qu'il est tombé dans cette matsa ou ce morceau après qu'on l'ait détaché, et jamais dans la grande pâte ; on ne présume pas l'interdit d'un lieu à un autre. Si le grain est gorgé d'eau et humide de part en part, il est clair qu'il a été dans l'eau et dans la pâte : on interdit toute la pâte. Toutefois, s'il y a lieu de rattacher [l'humidité] à une autre source d'eau avant la chute dans la matsa, tout dépend du cas : on s'en remet à ce qui est fréquent, que ce soit pour alléger ou pour aggraver, et ce n'est pas un doute. Celui qui avait une pâte, en a découpé plusieurs matsot, les a données à d'autres, et il reste une matsa chez lui sur laquelle on trouve un grain : toutes les matsot de cette pâte sont interdites, car on dit que le grain était peut-être dans la pâte avant le découpage ; on ne présume pas l'interdit d'un lieu à un autre ni d'un morceau à un autre, mais d'un moment à un autre on présume l'interdit [Maguen Avraham et d'autres]. Certains Aharonim allègent pour les autres matsot par double doute : peut-être est-il tombé maintenant, et à supposer qu'auparavant, peut-être n'avait-il pas encore levé ; en cas de grosse perte on peut s'appuyer sur cet allègement. Le Maguen Avraham écrit qu'il en va de même si l'on a pris du chou d'un tonneau dans un plat, qu'on l'a emporté ailleurs, et qu'on y trouve un grain fendu : le chou du tonneau est permis, car on ne présume pas d'un lieu à un autre — « ici on l'a trouvé, ici il était », c'est-à-dire qu'il est tombé maintenant dans le plat. Mais si on trouve le grain dans le tonneau, même ce qui est dans le plat ailleurs est interdit : c'est d'un moment à un autre, et l'on présume rétroactivement. Néanmoins, en cas de grosse perte, on est indulgent même si on l'a trouvé dans le tonneau, pour les maîtres de maison qui avaient déjà pris, par double doute : peut-être est-il tombé maintenant dans le tonneau, et à supposer qu'auparavant, peut-être n'avait-il pas encore levé — sauf s'il a été trouvé dans le tonneau aussitôt après le prélèvement, sans délai pour lever. Certains Aharonim : tout cela vaut pour un grain fendu ; s'il n'est que ramolli, on peut permettre même le chou du tonneau en cas de grosse perte, par double doute. Si la saumure ne recouvre pas le chou, le chou du tonneau est de toute façon permis : ce n'est pas un marinage mais un simple salage, et seul l'endroit du grain est interdit, le reste est permis, comme le Rema au seif 14. Le 'Hayé Adam : le kvas de baies (yeguedes) qu'on a coutume de faire pour Pessa'h dans notre pays — il faut trier les yeguedes avant d'y mettre l'eau, car on y trouve souvent des grains.

(נ) ודוקא תוך הפסח - שאז חמץ בפסח במשהו אבל קודם הפסח נתבטל טעם החטה בששים ואפ"ה כדי נטילה צריך ליטול ממנה דילמא לא פלטה רק בסביבותיה:

Et uniquement pendant Pessa'h — Car alors le 'hamets à Pessa'h [interdit] en une infime quantité ; avant Pessa'h, le goût du grain s'est annulé au soixantième, et néanmoins il faut prélever la quantité d'un emplacement, de peur qu'il n'ait exsudé que dans les alentours.

(נא) רק כדי נטילה - אפילו נמצאת במצה אפויה די בכדי נטילה:

Seulement la quantité d'un prélèvement — Même trouvé dans une matsa cuite, le prélèvement de l'endroit suffit.

(נב) אם מלגו וכו' - אף דנתבאר ביו"ד סימן ס"ח סי"א דאין למלוג אפילו בכלי שני הכא מיירי שנמלח מקודם ע"ג הנוצה [פמ"ג]:

S'ils l'ont échaudée, etc. — Bien qu'il soit exposé dans Yoré Déa siman 68 seif 11 qu'on ne doit pas échauder même dans un second récipient, ici il s'agit d'un cas où l'on a d'abord salé sur le duvet [Pri Meguadim].

(נג) אסורה התרנגולת - דאמרינן שמא היתה החטה במים בשעת מליגה דלא אמרינן כאן נמצא וכאן היה אלא לענין ממקום למקום או מחתיכה לחתיכה וכנ"ל בסי"א אבל במקום אחד כגון דיש לספק בזמן ולומר שמא היתה החטה במים קודם לכן לא אמרינן השתא נפלה והנה המחבר כתב כאן חטה בקועה והרמ"א לא הגיה ע"ז כלום כמו שהגיה לעיל בס"ט יש אומרים דכאן מודה להמחבר דדוקא בקועה ולא בנתרככה משום דיש עוד ספק שמא עכשיו נפל ויש אומרים דהרמ"א סמך אהגהתו לעיל בס"ט וכן משמע בט"ז דלא התיר בעניננו בנתרככו רק בהנאה ולא באכילה אכן מצאתי בבית מאיר דדין זה שסתם המחבר במחלוקת שנויה (לבד הדעה שמוזכר בהרמ"א) וע"כ נראה לענ"ד דהסומך להתיר בזה בנתרככה בכלי שני אף לאכילה לא הפסיד. ואם לא נתרככה אפילו אם היתה המליגה בכלי ראשון ג"כ מותר:

La poule est interdite — Car on dit que le grain était peut-être dans l'eau au moment de l'échaudage. On ne dit « ici on l'a trouvé, ici il était » que d'un lieu à un autre ou d'un morceau à un autre, comme au seif 11 ; mais en un même lieu, s'il y a un doute de moment — peut-être le grain était-il déjà dans l'eau —, on ne dit pas qu'il est tombé maintenant. Le Mé'haber a écrit ici « grain fendu » et le Rema n'a rien annoté, contrairement au seif 9. Certains disent qu'ici le Rema convient au Mé'haber : uniquement fendu, non pas seulement ramolli, car il reste le doute qu'il soit tombé maintenant. D'autres : le Rema s'est reposé sur sa glose du seif 9 ; et le Taz n'a permis, dans notre cas, le grain ramolli que pour la jouissance, non pour la consommation. J'ai toutefois trouvé dans le Beit Méir que ce din du Mé'haber est énoncé au sein d'une controverse (hormis l'avis cité par le Rema) ; aussi, celui qui s'appuie pour permettre un grain ramolli dans un second récipient, même à la consommation, n'a pas perdu. Si le grain ne s'est pas ramolli, même un échaudage dans un premier récipient est permis.

(נד) ואין בו וכו' שהמים צוננים - ר"ל והמים צוננים דתרתי בעי שהחמץ מועט שאין בו שיעור ליתן טעם במים שיש ששים במים כנגדו וגם שהמים צוננים ולכן מקילינן אפילו תוך הפסח דכיון דמשהו מדרבנן לא מחמרינן בצונן:

Et il n'y a pas en lui, etc., que l'eau est froide — C'est-à-dire : et que l'eau est froide. Il faut les deux : que le 'hamets soit peu, sans mesure pour donner goût à l'eau — il y a soixante fois [d'eau] contre lui — et que l'eau soit froide. On est alors indulgent même pendant Pessa'h, car l'infime quantité n'est que de rabbanan et l'on n'est pas rigoureux dans le froid.

(נה) מותר - ואם ידוע שנשרה החטה מעל"ע במים אסור דכבוש כמבושל. ואפילו אם יש לספק שמא נשרה מעל"ע במים ג"כ דעת איזה אחרונים להחמיר ומ"מ בחטה שאינה בקועה רק נתרככה אין להחמיר בספיקא. ואפילו בחטה בקועה דוקא כשנמצאה החטה ואח"כ בשלו באותן מים אבל אם נמצאת החטה במים אחר שבישלו יש להקל באיסור משהו דס"ס הוא שמא נפלה החטה אח"כ ואת"ל מקודם שמא לא נשרה מעל"ע במים ולא הוי כבוש דמותר לדעה זו בצונן ואפילו לדעת היש מי שאומר דאוסר דבצונן תוך הפסח עכ"פ במקום הדחק או הפסד מרובה אין להחמיר וכדלקמיה:

Permis — S'il est établi que le grain a trempé vingt-quatre heures dans l'eau, c'est interdit : le mariné est comme cuit. Même s'il n'y a qu'un doute qu'il ait trempé vingt-quatre heures, certains Aharonim sont rigoureux ; néanmoins, pour un grain non fendu mais seulement ramolli, on n'est pas rigoureux dans le doute. Même pour un grain fendu : uniquement si l'on a trouvé le grain puis cuit dans cette eau ; si on l'a trouvé dans l'eau après la cuisson, on est indulgent pour un interdit d'infime quantité, par double doute : peut-être est-il tombé ensuite, et à supposer qu'auparavant, peut-être n'a-t-il pas trempé vingt-quatre heures, et ce n'est pas un marinage — permis selon cet avis dans le froid. Même selon l'avis qui interdit dans le froid pendant Pessa'h, en situation de contrainte ou de grosse perte on n'est pas rigoureux, comme plus loin.

(נו) אם הוא בתוך הפסח - דס"ל דאף בצונן אינו נותן טעם מ"מ משהו מיהו איכא ולכן תוך הפסח דאיסורו במשהו אסור ודוקא כשנמצא החטה ואח"כ בישלו באותן המים אבל אם נמצא אחר שבישלו אין להחמיר בצונן מספיקא:

S'il est pendant Pessa'h — Car il tient que, même si le froid ne donne pas de goût, il y a néanmoins une infime quantité ; dès lors, pendant Pessa'h, dont l'interdit est à l'infime quantité, c'est interdit. Et seulement si l'on a trouvé le grain puis cuit dans cette eau ; si on l'a trouvé après la cuisson, on n'est pas rigoureux dans le froid par doute.

(נז) דאמרינן שמא וכו' - ר"ל כיון דמשהו מדרבנן מקילינן בספיקו ותלינן שאח"כ נפלה וה"ה אם התרנגולת עדיין במים אלא שהמים נצטנן תלינן שנפלה בעת שנצטנן המים ומותר לדעת המתירין בצונן:

Car on dit : peut-être, etc. — C'est-à-dire : comme l'infime quantité n'est que de rabbanan, on est indulgent dans son doute et l'on présume qu'il est tombé ensuite. De même, si la poule est encore dans l'eau mais que l'eau s'est refroidie, on présume qu'il est tombé au moment où l'eau a refroidi, et c'est permis selon l'avis de ceux qui permettent dans le froid.

(נח) בשאר בשר - בכה"ג שהניחוה בחמין אחר המליחה וההדחה ואחר שלקחוה משם נמצא שם חטה בקועה מחזיקין מזמן לזמן ואמרינן שהיתה שם החטה מקודם שלקחו הבשר:

Pour les autres viandes — Dans un tel cas : on les a mises au chaud après le salage et le rinçage, et après les en avoir retirées on y trouve un grain fendu : on présume d'un moment à un autre et l'on dit que le grain y était déjà avant qu'on retire la viande.

(נט) מכח ספק ספיקא - שמא היתה בתרנגולת עצמה וכבר נתעכלה ואין שייך בה חימוץ ואת"ל שאיננה מתרנגולת שמא עתה נפלה ודעה ראשונה של המחבר ס"ל דאף בחטה שהיא מתרנגולת שייך בה חימוץ:

En vertu d'un double doute — Peut-être était-il dans la poule elle-même et déjà digéré, et le levage n'y a pas lieu ; et à supposer qu'il ne vienne pas de la poule, peut-être est-il tombé maintenant. Le premier avis du Mé'haber tient que même un grain provenant de la poule est susceptible de levage.

(ס) שלימה - דבשלמה נקטינן דיש בה חימוץ מפני שניכר שלא נתעכל:

Entier — Car pour un grain entier, nous tenons qu'il y a levage, puisqu'il est visible qu'il n'a pas été digéré.

(סא) ושרו שם התרנגולים - ולאחר שנלקחו משם התרנגולים מצאו שם חטה בקועה אפילו שלמה ולאו דוקא נקט תרנגולים דה"ה שאר בשר ג"כ אין לאסור מספיקא ותלינן שאחר לקיחת הבשר משם נפל החטה כיון שהמים היו צוננין ויש מתירין לגמרי בצונן:

Et les poules y ont trempé — Et après qu'on les en a retirées, on y a trouvé un grain fendu, même entier. Il n'a mentionné les poules que pour l'exemple : il en va de même des autres viandes, on n'interdit pas par doute, et l'on présume que le grain est tombé après le retrait de la viande, puisque l'eau était froide ; et certains permettent tout à fait dans le froid.

(סב) אין לאסור מספיקא - אבל אם בודאי היתה החטה בשעה שנשרה הבשר במים דעתו דיש לנהוג כדעת היש מי שאוסר בצונן בתוך הפסח ועיין בלבוש וט"ז ועוד אחרונים שדעתם כדעה ראשונה המוזכר במחבר דאין לאסור בצונן בכל גווני וע"כ בשעת הדחק או בהפסד מרובה יש לסמוך להקל כדעתם ובפרט אם החטה אינה בקועה רק נתרככה בודאי אין להחמיר. וכ"ז בחטה אבל פרוסת לחם או עיסה שנמצאת בתוך המים כתבו האחרונים לאסור אף בצונן כי טבע פרוסת הלחם והעיסה להתפרר ולהיות נמס בתוך המים:

On n'interdit pas par doute — Mais s'il est certain que le grain était là pendant que la viande trempait dans l'eau, son avis est de suivre l'opinion de celui qui interdit dans le froid pendant Pessa'h. Voir le Levouch, le Taz et d'autres Aharonim dont l'avis est comme le premier avis cité par le Mé'haber : on n'interdit pas dans le froid en aucun cas. Aussi, en situation de contrainte ou de grosse perte, on peut s'appuyer sur eux pour être indulgent ; et surtout si le grain n'est pas fendu mais seulement ramolli, il ne faut certainement pas être rigoureux. Tout cela concerne un grain de blé ; mais un morceau de pain ou de pâte trouvé dans l'eau : les Aharonim ont écrit d'interdire même dans le froid, car la nature du morceau de pain et de la pâte est de s'émietter et de se dissoudre dans l'eau.

(סג) ויש להתיר שאר תבשילין וכו' - משמע הא אותו תבשיל אף בהפסד מרובה ומניעת שמחת יו"ט אסור בספק אחד דרבנן [ועיין בה"ל] אכן בספק ספיקא הנזכר לעיל מותר אף בלא הפסד מרובה וכ"ז בס"ס דאיסור משהו שהוא דרבנן הא בס"ס דאיסור תורה יש להתיר רק בשהיה ומכ"ש למוכרה לנכרי אבל לא באכילה ודוקא היכא דאפשר בשהיה אבל אם א"א בשהיה שיתקלקל עי"ז מותר אף באכילה ובפרט היכא דאיכא ה"מ בודאי אין להחמיר:

Et l'on peut permettre les autres mets, etc. — Cela implique que ce mets lui-même, même en cas de grosse perte et d'empêchement de la joie de Yom Tov, est interdit pour un seul doute de rabbanan [voir le Béour Halakha]. Mais dans le double doute mentionné plus haut, c'est permis même sans grosse perte. Tout cela dans un double doute d'un interdit d'infime quantité, qui est de rabbanan ; mais dans un double doute d'un interdit de la Torah, on ne permet que de le garder, et à plus forte raison de le vendre à un non-juif, mais non de le manger. Et seulement là où il est possible de le garder ; mais s'il est impossible de le garder, car il s'en gâterait, c'est permis même à la consommation ; et surtout s'il y a une grosse perte, il ne faut certainement pas être rigoureux.

(סד) שנשרה במים או נמלג - לאו בחדא גוונא הוא דנשרה הבשר בצונן אף אם מצאו הגרעין בעוד הבשר שם ג"כ מותר דיש ספק דרבנן דשמא צונן אין מפליט ומבליע כלל ונמלג שהוא בחמין מיירי שמצאו אח"כ חטה במים לאחר שהסירו הבשר או התרנגולת משם ומותר אפילו נמלג בכלי ראשון ומטעם דיש ספק שמא עתה נפלה והוא איסור משהו שהוא דרבנן לכך מתירין בה"מ:

Qui a trempé dans l'eau ou a été échaudé — Ce n'est pas un seul et même cas : la viande qui a trempé dans le froid, même si l'on a trouvé le grain tandis que la viande y était encore, est aussi permise, car il y a un doute de rabbanan : peut-être le froid n'extrait-il et n'imprègne-t-il rien du tout. Et « échaudé », qui se fait au chaud, vise le cas où l'on a trouvé ensuite un grain dans l'eau, après avoir retiré la viande ou la poule : c'est permis même si l'échaudage s'est fait dans un premier récipient, parce qu'il y a un doute qu'il soit tombé maintenant, et c'est un interdit d'infime quantité, de rabbanan ; aussi permet-on en cas de grosse perte.

(סה) בת יומא - ומיירי שהגעילו קודם זמן איסורו דאל"ה אין להגעיל כלי שהוא בן יומו כמבואר לעיל בסימן תנ"ב ונקט המחבר בן יומו דאם היורה לא היתה בת יומא אף המי הגעלה עצמן מותרין בפסח כיון שהגעילו קודם פסח והם אינם ב"י כמבואר לעיל בסי' תנ"א וסימן תמ"ז ס"ה בהג"ה ע"ש. ודע דאם ההגעלה היה בתוך הפסח אז אפילו אם היורה אינה בת יומא אסור המים שבבור לדעת רמ"א לעיל בסימן תמ"ז ס"י בהג"ה:

Du jour même — Et il s'agit d'un ébouillantage fait avant l'heure de l'interdit ; sinon, on n'ébouillante pas un ustensile du jour même, comme exposé plus haut au siman 452. Le Mé'haber a précisé « du jour même » : si le chaudron n'était pas du jour même, même l'eau de l'ébouillantage elle-même est permise à Pessa'h, puisque l'ébouillantage a eu lieu avant Pessa'h et qu'ils ne sont pas du jour même, comme exposé plus haut aux simanim 451 et 447 seif 5 dans la glose. Sache que si l'ébouillantage a eu lieu pendant Pessa'h, alors même si le chaudron n'est pas du jour même, l'eau de la citerne est interdite selon le Rema plus haut au siman 447 seif 10 dans la glose.

(סו) וירדו וכו' בתוך הפסח - היינו הירידה היה בתוך הפסח אבל ההגעלה היה קודם פסח ואם הירידה היה ג"כ קודם הפסח נתבטלו המים בששים במים שבבור ויש מחמירין דאפילו אם יש ששים נגדם אין להשתמש באותן מים לכתחלה כיון דאפשר בקל למצוא מים אחרים. אסור לשתות מימיו - ואם עבר ובישל מהם תבשיל כתב הפמ"ג דיש להתיר אם הוא הפסד מרובה כיון דההגעלה היה קודם פסח:

Et elles sont descendues, etc., pendant Pessa'h — C'est-à-dire : la descente a eu lieu pendant Pessa'h, mais l'ébouillantage avant Pessa'h. Si la descente a aussi eu lieu avant Pessa'h, l'eau s'est annulée au soixantième dans l'eau de la citerne. Certains sont rigoureux : même s'il y a soixante contre elles, on ne doit pas se servir de cette eau a priori, puisqu'on peut facilement trouver d'autre eau. Il est interdit d'en boire l'eau — Et si l'on a transgressé et qu'on a cuit un mets avec, le Pri Meguadim a écrit qu'il faut permettre en cas de grosse perte, puisque l'ébouillantage a eu lieu avant Pessa'h.

(סז) בשביל שנתערבו - פי' אף להמתירין צונן לעיל משום דאינו נותן טעם כלל מ"מ הכא אסור דע"י שנתערבו הרי גוף החמץ מעורב בו. אם נמצא גרעיני תבואה בבאר מים בפסח כתבו האחרונים שראוי ליזהר בכל מה דאפשר שלא להשתמש באותן מים בפסח אפילו להמתירין בצונן דשמא נכבש בתוכו מעל"ע והוי כבוש ומ"מ אם אין לו מים אחרים כיון שחייו תלוים בו יש להתיר מטעם ס"ס שמא עכשיו נפלה ואת"ל שנפלה מעל"ע מקודם שמא לא נתבקעה ונתרככה עד תוך מעל"ע ולא נעשה כבוש משעה שנעשה חמץ וסמכינן על הפוסקים דצונן אינו אוסר בלי כבישה. ופרוסת לחם שנמצא בבאר עיין לעיל בסקס"ב. מי שרוצה לשאוב בפסח מבארות של עכו"ם או מבארות של ישראל שלא נזהר בהן מחמץ כל השנה נכון שיסנן המים בבגד נקי בכל פעם ששואב:

Parce qu'ils se sont mélangés — C'est-à-dire : même selon ceux qui permettent plus haut le froid, au motif qu'il ne donne aucun goût, ici c'est interdit, car par le mélange le corps même du 'hamets est mêlé à l'eau. Si l'on trouve des grains de céréale dans un puits d'eau pendant Pessa'h, les Aharonim ont écrit qu'il convient de s'efforcer autant que possible de ne pas se servir de cette eau pendant Pessa'h, même selon ceux qui permettent le froid, de peur qu'ils n'y aient macéré vingt-quatre heures et que ce soit un marinage. Toutefois, si l'on n'a pas d'autre eau, la vie en dépendant, on peut permettre en raison d'un double doute : peut-être le grain n'est-il tombé que maintenant ; et à supposer qu'il soit tombé vingt-quatre heures auparavant, peut-être n'était-il pas encore fendu ni ramolli pendant ces vingt-quatre heures, et n'est-il pas devenu mariné dès l'instant où il est devenu 'hamets ; et l'on s'appuie sur les décisionnaires selon lesquels le froid n'interdit pas sans marinage. Pour une tranche de pain trouvée dans un puits, voir plus haut au seif katan 62. Qui veut puiser pendant Pessa'h à des puits de non-juifs, ou à des puits de Juifs qui ne se sont pas gardés du 'hamets toute l'année, fera bien de filtrer l'eau dans un linge propre à chaque puisage.

(סח) חטה מבוקעת - עיין בביאור הלכה דלדידן שייך זה הסעיף אפילו בנתרככה לבד:

Un grain de blé fendu — Voir au Béour Halakha : selon nous, cet alinéa s'applique même si le grain n'a fait que se ramollir.

(סט) די בשטיפה - דצונן בלי רוטב לכו"ע אינו אוסר ואפילו אם הודח התרנגולת מ"מ כיון שלא היתה שרויה החטה במים אינה אוסרת ומ"מ הדחה בעי ואין לו לסמוך על ההדחה שמדיחו אחר המליחה:

Un rinçage suffit — Car le froid sans sauce, de l'avis de tous, n'interdit pas ; et même si le poulet a été rincé, du moment que le grain n'a pas trempé dans l'eau, il n'interdit pas. Il faut néanmoins un rinçage, et l'on ne peut se reposer sur le rinçage que l'on fait après le salage.

(ע) די בקליפה - ומ"מ קליפה בעי אף שהוא צונן דקי"ל מליח הרי הוא כרותח ונבלע לחלוחית החטה בתוך הבשר כדי קליפה. ומ"מ כל זה כשנמצא בעוד שמלח עליו אבל אם נמצא לאחר שנמלח והודח אמרינן השתא נפל ודי בשטיפה בעלמא דאם איתא שהיתה עליה קודם לכן היתה נופלת בהדחה כשהדיחו הבשר במים ודוקא כשנמצא על התרנגולת מבחוץ אבל אם נמצא בתוך התרנגולת מסתמא היתה קודם לכן אף בשעת מליחה ומה שלא נפלה בהדחה שעכבוה שולי התרנגולת:

Une pelure suffit — Il faut pourtant une pelure même à froid, car nous tenons que le salé est comme le brûlant, et l'humidité du grain s'absorbe dans la viande sur l'épaisseur d'une pelure. Tout cela vaut si l'on trouve le grain alors que le sel est encore dessus ; mais si on le trouve après le salage et le rinçage, on dit qu'il est tombé maintenant, et un simple rinçage suffit : s'il avait été là auparavant, il serait tombé lors du rinçage, quand on a lavé la viande dans l'eau. Cela uniquement si on le trouve à l'extérieur du poulet ; mais s'il est trouvé à l'intérieur, on présume qu'il y était déjà au moment du salage, et s'il n'est pas tombé au rinçage, c'est que le fond du poulet l'a retenu.

(עא) ויש מחמירים לומר שמעמיק - ר"ל דלא כדעה ראשונה דסגי לקלוף הבשר ונגד מקום החטה בלבד אלא שמעמיק בכל סביבותיה וחותך והטעם דהואיל בפסח איסורו במשהו אמרינן שמתפשט משהו בכל סביבותיה של מקום החטה:

Et certains sont rigoureux et disent qu'il faut approfondir — C'est-à-dire : non pas comme le premier avis, pour qui il suffit de peler la viande face au seul emplacement du grain, mais on approfondit tout autour et l'on coupe. La raison : puisque à Pessa'h l'interdit est à l'infime quantité, on dit qu'une infime quantité s'est répandue tout autour de l'endroit du grain.

(עב) קולף את כולם - ומיירי כשנמצא החטה על התרנגולת דיש לספק שמא נגעה החטה בכולם אבל אם נמצא תוך התרנגולת אין האחרות צריכין קליפה:

On pèle tous — Il s'agit du cas où le grain a été trouvé sur le poulet, de sorte qu'on peut craindre qu'il n'ait touché tous les morceaux ; mais s'il a été trouvé à l'intérieur du poulet, les autres n'ont pas besoin de pelure.

(עג) ויש מחמירים לאסור כל וכו' - משום דאנן מחמירינן לאסור בכל איסורין במליחה בששים [משום דלא בקיאים בין איסור כחוש לשמן] אלמא דנתפשט בכולו א"כ ממילא בחמץ דאיסורו במשהו נמי אוסר בכולן:

Et certains sont rigoureux d'interdire tout ce etc. — Parce que nous sommes rigoureux, pour tous les interdits, d'interdire au salage au soixantième [faute de distinguer l'interdit maigre de l'interdit gras] : cela prouve que le goût s'est répandu dans le tout ; dès lors, pour le 'hamets dont l'interdit est à l'infime quantité, il interdit aussi le tout.

(עד) אבל העיקר - משום דס"ל דלא אמרינן באיסור משהו שהוא דרבנן שיהא יוצא מחתיכה לחתיכה ע"י מליחה בחמץ שהוא כחוש ורק בשיעור ס' החמירו לאסור מחתיכה לחתיכה אף בכחוש ולא במשהו ועוד דדוקא באיסור ששייך בו שמנונית משערינן בכחוש אף בס' משום דאין אנו בקיאים בין כחוש לשמן ואמרינן דמפעפע עד ס' משא"כ באיסור חמץ דלא שייך בו פעפוע כלל ודיינו אם נחמיר לאסור אותה חתיכה כולה:

Mais l'essentiel — Parce qu'ils tiennent qu'on ne dit pas, pour un interdit d'infime quantité qui n'est que de rabbanan, qu'il passe d'un morceau à l'autre par le salage, s'agissant de 'hamets qui est maigre ; on n'a été rigoureux d'interdire d'un morceau à l'autre, même pour le maigre, qu'à la mesure du soixantième, et non à l'infime quantité. De plus, ce n'est que pour un interdit auquel s'attache une graisse qu'on évalue le maigre même au soixantième, faute de distinguer le maigre du gras, et l'on dit qu'il se diffuse jusqu'à soixante ; ce qui n'est pas le cas de l'interdit de 'hamets, auquel nulle diffusion de graisse ne s'attache, et il nous suffit d'être rigoureux d'interdire tout ce morceau-là.

(עה) ע"י קליפה קצת - והיינו באופן שיש לספק שמא נגעה החטה גם בהן וכנ"ל בס"ק ע"ב ואף אם ידעינן בודאי שלא נגע אלא באחד מהם ולא ידעינן באיזה נגע כולן טעונין קליפה דחמץ בפסח לא בטיל ברוב כמ"ש סי' תמ"ז ס"ט ואם נתבשלו בלי קליפה אוסרת תערובתן:

Au moyen d'un peu de pelure — C'est-à-dire dans le cas où l'on peut craindre que le grain n'ait aussi touché les autres, comme plus haut au seif katan 72. Même si l'on sait avec certitude qu'il n'a touché qu'un seul morceau, sans savoir lequel, tous ont besoin de pelure, car le 'hamets à Pessa'h n'est pas annulé dans la majorité, comme il est écrit au siman 447 seif 9. S'ils ont cuit sans pelure, leur mélange est interdit.

(עו) למכור הכל וכו' - עיין בא"ר שדעתו דהרמ"א לא קאי רק אשאר חתיכות אבל אותה החתיכה שנמצאת עליה החטה אין להתיר למוכרה לדעת ההג"ה לעיל בסק"י ומשארי אחרונים משמע דכאן שהוא רק ע"י מליחה מקילינן למכור אפי' אותה חתיכה ורק שיקלוף תחלה מן הבשר במקום שנמצאת עליו החטה:

Vendre le tout, etc. — Voir l'Elya Rabba : selon lui, le Rema ne vise que les autres morceaux, mais le morceau sur lequel le grain a été trouvé, on ne peut permettre de le vendre, d'après la glose plus haut au seif katan 10. D'autres Aharonim laissent entendre qu'ici, n'étant que par salage, on permet de vendre même ce morceau, à condition de peler d'abord la viande à l'endroit où le grain a été trouvé.

(עז) לנכרי - עיין בט"ז שכתב שהורה למעשה דה"ה דמותר להשהות שאר החתיכות עד אחר הפסח כיון שאינן אלא ספק נגיעה וגם אותה החתיכה יוכל להשהות אותה רק שבה צריך לקלוף מתחלה מקום החטה ומדברי המ"א משמע דדעתו כדעת הרמ"א דאותה החתיכה אסורה להשהות ונראה דבנתרככה ולא נתבקעה יש לסמוך אדברי הט"ז וכן הח"י מסכים לדברי הט"ז:

À un non-juif — Voir le Taz, qui a tranché en pratique que de même on peut conserver les autres morceaux jusqu'après Pessa'h, puisqu'il n'y a qu'un doute de contact ; et ce morceau-là aussi on peut le conserver, seulement il faut d'abord en peler l'endroit du grain. Des paroles du Maguen Avraham il ressort que, selon lui comme selon le Rema, ce morceau-là est interdit à conserver. Il semble que, si le grain s'est ramolli sans se fendre, on peut s'appuyer sur le Taz ; le 'Hok Yaakov aussi s'accorde au Taz.

(עח) כמש"כ סי' תמ"ז וכו' - ט"ס הוא וצ"ל אע"ג דאין נוהגין כן בשאר תערובות חמץ כמש"כ סימן תמ"ז ס"א ופירושו דשם מבואר דבבליעת משהו חמץ אינו יכול למכור לעכו"ם אף אחר שיפדה דמי החמץ כאן במליחה מקילינן בזה. ודע דכל זה דמקיל הרמ"א בחתיכות האחרות ע"י קליפה או ע"י מכירה לעכו"ם דוקא כשנמצא החטה על בשר מלוח בעת המליחה או אחר מליחה והדחה ומלחו פעם שנית לקדרה ומצאו החטה על הבשר בלא ציר אבל אם נמצא החטה בתוך הציר אז חשיב הכל כמבושל דבשיעור מועט הוי כבוש ע"י ציר ואז כל מה שמונח בציר יש לאסור וצריך בעור אבל מה שמונח למעלה מן הציר יעשה כמו שכתב הרמ"א דבציר אין אומרים שמפעפע למעלה או שישהנו עד אחר הפסח וכמו שכתבנו למעלה בדעת הט"ז וכן אם נמצא חטה מונחת בחבית של כרוב מלוח אסור כל החבית דכבוש כמבושל ודוקא כשהציר עולה ע"ג דאם אין הציר עולה ע"ג הו"ל דין מליחה בעלמא ודינו כנ"ל בס"ק ע"ו וע"ז. אם נשאר מעט שכר בכלי ונטלו בתוכו מים והדיחו בהן בשר אחר מליחתו בפסח דעת הח"י דיש להתיר הבשר אף בלא קליפה מעיקר הדין שאף שהמים נאסרו מחמת השכר שנתערב בתוכם מכל מקום הבשר לא בלע כלום ממים הללו כיון שהוא צונן ואף על פי שהבשר היה מלוח עדיין בשעה שהדיחו והמליח הוא כרותח מכל מקום לא בלע כלום מן המים לפי שהמים שהדיחו בהם מבטלים כח המלח ואין לו כח להבליע המים בבשר אכן מחמת חומרת חמץ בפסח יש לקלוף מעט הבשר במקום שנגעו בו המים הללו ודעת הח"א דמדינא צריך הבשר קליפה כיון דאית ביה פילי ואפילו לא נמלח הבשר כלל:

Comme il est écrit au siman 447, etc. — C'est une faute de scribe, et il faut lire : bien que l'on n'en use pas ainsi pour les autres mélanges de 'hamets, comme il est écrit au siman 447 seif 1. Le sens est : là-bas il est exposé que, pour une absorption d'une infime quantité de 'hamets, on ne peut vendre au non-juif même après en avoir racheté la valeur du 'hamets ; ici, au salage, on est plus souple. Sache que toute cette souplesse du Rema pour les autres morceaux, par pelure ou par vente au non-juif, ne vaut que si le grain a été trouvé sur de la viande salée pendant le salage, ou après salage et rinçage, et qu'on l'a resalée pour la marmite, et que l'on a trouvé le grain sur la viande sans saumure ; mais si le grain a été trouvé dans la saumure, le tout est comme cuit, car en petite quantité la saumure est un marinage, et tout ce qui repose dans la saumure est interdit et demande un bi'our ; ce qui est au-dessus de la saumure, on fera comme a écrit le Rema, car dans la saumure on ne dit pas qu'elle se diffuse vers le haut, ou on le conservera jusqu'après Pessa'h, comme nous l'avons écrit plus haut selon le Taz. De même, si l'on trouve un grain posé dans un tonneau de chou salé, tout le tonneau est interdit, car le mariné est comme cuit ; seulement si la saumure recouvre le dessus : si elle ne recouvre pas le dessus, ce n'est que le din du salage, et la règle est comme plus haut aux seif katan 76 et 77. S'il restait un peu de bière dans un ustensile, qu'on y a mis de l'eau et qu'on y a rincé de la viande après son salage pendant Pessa'h, le 'Hok Yaakov permet la viande même sans pelure selon le din fondamental : bien que l'eau soit interdite à cause de la bière qui s'y est mêlée, la viande n'a rien absorbé de cette eau, puisqu'elle est froide ; et bien que la viande fût encore salée au moment du rinçage, et que le salé soit comme le brûlant, elle n'a rien absorbé de l'eau, parce que l'eau du rinçage annule la force du sel, qui n'a plus le pouvoir de faire absorber l'eau à la viande. Toutefois, en raison de la rigueur du 'hamets à Pessa'h, on pèlera un peu la viande à l'endroit touché par cette eau. Le 'Hayé Adam tient qu'en din la viande a besoin de pelure, puisqu'il y a des fentes, même si la viande n'a pas été salée du tout.

(עט) שנמצאת בה וכו' - כתב הח"א דר"ל דוקא שנמצאת בתוכה דיש לפרש שנתחמצה במים שהודחה בו אבל אם נמצאת על התרנגולת א"כ אם איתא דהוי בשעת הדחה היה נופל וע"כ עכשיו נפל ושומן התרנגולת הוי כמו פירות ואינו מחמיץ:

Dans laquelle on a trouvé, etc. — Le 'Hayé Adam a écrit que cela vise uniquement le cas où on l'a trouvée à l'intérieur : on peut alors expliquer qu'elle s'est acidifiée dans l'eau du rinçage. Mais si on l'a trouvée sur le poulet, si elle y avait été au moment du rinçage elle serait tombée ; donc elle n'est tombée que maintenant, et la graisse du poulet est comme des fruits et n'acidifie pas.

(פ) חטה מבוקעת - ולפי דברי הרמ"א לעיל בס"ט ה"ה אפילו לא נתבקעה רק נתרככה אבל לא נתרככה א"צ כלום:

Un grain de blé fendu — Et d'après les paroles du Rema plus haut au seif 9, il en est de même même s'il ne s'est pas fendu et ne s'est que ramolli ; mais s'il ne s'est pas ramolli, rien n'est requis.

(פא) חותך מקום פעפועו וכו' - היינו כמו שכתב לעיל שמעמיק כל סביבותיה דבצלי לכו"ע יש להחמיר יותר ודוקא אם היה התרנגולת כחושה אבל אם הוא שמן במקום מגעו של החטה כולו אסור דאזיל ההיתר ומפטם להחטה ואח"כ מפעפע החטה משהו בכל התרנגולת:

On coupe l'endroit de sa diffusion, etc. — C'est-à-dire comme il a écrit plus haut : on approfondit tout autour. Pour le rôti, de l'avis de tous, on est plus rigoureux. Cela uniquement si le poulet était maigre ; mais s'il est gras, à l'endroit du contact du grain tout est interdit : le permis va nourrir le grain, puis le grain diffuse une infime quantité dans tout le poulet.

(פב) לפי שכשמהפכין וכו' - ודוקא באיסור חמץ שהוא במשהו חיישינן לזה משא"כ בשאר איסורים:

Parce que lorsqu'on retourne, etc. — C'est uniquement pour l'interdit de 'hamets, qui est à l'infime quantité, que l'on craint cela, ce qui n'est pas le cas des autres interdits.

(פג) השפוד - משמע דאם נצלה ע"ג גחלים אין לאסור יותר מכדי פעפועו ולדעת הרב בהג"ה הנ"ל ודאי דאין להקל בצלי יותר ממליחה [אחרונים]:

La broche — Cela implique que si l'on a rôti sur des braises, on n'interdit pas plus que la mesure de la diffusion. Et selon le Rav dans la glose précitée, certainement on ne sera pas plus souple pour le rôti que pour le salage [Aharonim].

(פד) הנוגעות זו בזו - ואם אינן נוגעות אינן אסורות ולא אמרינן דהבליעת משהו הולך ומתפשט מזו לזו ע"י השפוד ואם התרנגולת שמינה אוסרת הכל אפילו אינן נוגעות [מ"א] והמקור חיים מיקל בדבר ואפילו לדעת המ"א אין להחמיר בזה אלא במבוקעת ולא בנתרככה:

Qui se touchent l'une l'autre — Si elles ne se touchent pas, elles ne sont pas interdites, et l'on ne dit pas que l'absorption d'une infime quantité va se répandre de l'une à l'autre par la broche. Si le poulet est gras, il interdit le tout même s'ils ne se touchent pas [Maguen Avraham]. Le Mekor 'Haïm est plus souple en cela ; et même selon le Maguen Avraham, on ne sera rigoureux ainsi que pour un grain fendu, non pour un grain seulement ramolli.

(פה) כי ע"י היפוך וכו' - ובלא היפוך מותרות האחרות אפילו בלי קליפה וכתב הפמ"ג דלפי דעת הרב לעיל יש להורות דצלי לא גרע ממליחה ואף כשהתרנגולת כחוש לגמרי אסורה כולה ואפילו בלא היפוך השפוד אבל אחרות יש להתיר בהפ"מ בידע שלא היפך השפוד:

Car par le retournement, etc. — Et sans retournement, les autres sont permises même sans pelure. Le Pri Meguadim a écrit que, selon l'avis du Rav plus haut, il faut enseigner que le rôti n'est pas moindre que le salage, et même si le poulet est tout à fait maigre, il est interdit en entier, même sans retournement de la broche ; mais les autres, on peut les permettre en cas de grosse perte s'il est connu qu'on n'a pas retourné la broche.

(פו) העוף מותר - דאין צלי אוסר יותר מכדי קליפה והזפק הוא במקום הקליפה ומשליכין אותו ואפילו לדידן דאוסרין בצלי עד ששים מ"מ אין להחמיר בזה יותר מכדי קליפה כי ההבהוב אינו דומה כלל לצלי הואיל ואינו מהבהבו הרבה במקום אחד אלא מעבירו תמיד הנה והנה כמו שמבואר ביו"ד סימן ס"ח ואם נמצאת החטה חוץ לזפק לאחר ההבהוב לכתחלה צריך לקלוף באותו מקום ובדיעבד אם בישל כך בלי קליפה מותר. המדקדקים נזהרים בפסח קודם ההבהוב וקודם המליחה לפתוח התרנגולת היטב או לחתכו לשנים ולבדוק היטב שלא ימצא בתוכו חטה ומי שעושה כן הרי זה זריז ונשכר [שכנה"ג]:

La volaille est permise — Car le rôti n'interdit pas plus que l'épaisseur d'une pelure, et le jabot tient lieu de pelure : on le jette. Même selon nous, qui interdisons au rôti jusqu'à soixante, on ne sera pas plus rigoureux ici que l'épaisseur d'une pelure, car le hâlage ne ressemble pas du tout au rôti, puisqu'on ne le hâle pas longtemps au même endroit, mais on le passe sans cesse d'un côté à l'autre, comme exposé au Yoré Déa siman 68. Si le grain a été trouvé hors du jabot après le hâlage, a priori il faut peler à cet endroit ; après coup, si l'on a cuit ainsi sans pelure, c'est permis. Les scrupuleux prennent garde, à Pessa'h, avant le hâlage et avant le salage, d'ouvrir bien le poulet ou de le couper en deux et d'examiner soigneusement qu'il n'y ait pas de grain à l'intérieur ; qui le fait est zélé et en sera récompensé [Chéyaré Knesset Hagdola].

(פז) צריך לשורפם - דתלינן שנתחמצו מלחות שנמצא בזפק [לבוש]:

Il faut les brûler — Car on présume qu'ils se sont acidifiés de l'humidité trouvée dans le jabot [Levouch].

(פח) דלא חשיבי כמעוכלים - דאף דלענין טומאה חשיבי כמעוכלים לענין איסור שאני ועיין בביאור הגר"א שכתב דלפ"ז אין חילוק בין שלמה או שבורה אבל בעיקר הדין מצדד לבסוף דאין לחלק בין איסור לטומאה ואפילו שלמין חשובין כמעוכלין. כתב בספר תניא כל עניני הפסח לא יעשה ע"י עכו"ם וכן ראוי שלא יעשה על ידי קטנים [פמ"ג]:

Car on ne les tient pas pour digérés — Bien que pour la toum'a on les tienne pour digérés, pour l'interdit c'est autre chose. Voir au Béour du Gra, qui a écrit que dès lors il n'y a pas de différence entre entier et brisé ; mais au fond du din il penche à la fin pour ne pas distinguer entre interdit et toum'a, et même les grains entiers sont tenus pour digérés. Il est écrit dans le livre Tanya que toutes les affaires de Pessa'h, on ne les fera pas par un non-juif, et il convient aussi de ne pas les faire faire par des mineurs [Pri Meguadim].