משנה ברורה

Michna Beroura — siman 469

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ne pas destiner de la viande « pour Pessa'h »
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Il est interdit d'appeler une viande « pour Pessa'h », de peur qu'on paraisse consacrer un sacrifice ; on dit plutôt « pour Yom Tov ». Un chevreau rôti entier est interdit. On peut dire « ces blés pour Pessa'h ».

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETNe pas destiner de la viande « pour Pessa'h »
À FAIREDire autrement
On dira « pour la fête de Pessa'h » en langue vernaculaire, ou « viande pour Yom Tov », quand on achète ou quand on sale
À FAIREBlés pour Pessa'h
Il est permis de dire « ces blés pour Pessa'h » : l'intention est de les garder du 'hamets pour les manger à Pessa'h, cela ne ressemble pas aux choses saintes
À ÉVITERFormule « pour Pessa'h »
A priori, ne pas dire « cette viande pour Pessa'h », ni « rôtis-moi une épaule pour Pessa'h », ni « voici de l'argent, achète-moi de la viande pour Pessa'h »
À ÉVITERRôti entier à la manière du korban
Ne pas rôtir l'animal entier (tête, etc.) la veille après midi ou la nuit de Pessa'h, exactement comme le rôti du sacrifice
OUIAprès coup
Bediavad, on n'interdit pas la viande à la consommation si on a dit « pour Pessa'h »
OUIFormule « fête de Pessa'h »
« Achète-moi de la viande pour la fête de Pessa'h » est permis ; l'usage vernaculaire « cette viande pour la fête de Pessa'h » n'est pas sujet à scrupule, même pour un chevreau ou un agneau
NONMême petite bête
L'interdit vise aussi une bête petite, ni chevreau ni agneau, impropre au korban : on craindrait une consécration pour acheter un sacrifice avec son prix
NONPréparer pendant Pessa'h comme le korban
Même si le rôti entier a été fait plusieurs jours avant, le manger est traité ailleurs (siman 476) ; ici, même le préparer pendant le temps de Pessa'h à cette manière est interdit
REMADu langage du Mé'haber, l'interdit vise le bétail d'espèce d'autel. Certains étendent aux volailles et poissons. Beaucoup suivent le Mé'haber, mais a priori il est bon de ne pas dire « pour Pessa'h ».
On évite la formule « pour Pessa'h » sur la viande, de peur de paraître consacrer ou manger des choses saintes hors du Temple. On parle de « fête de Pessa'h ». Les blés, eux, peuvent être dits « pour Pessa'h ».

Glossaire

lekhathila
a priori
bediavad
après coup
gedi mekulas
chevreau rôti entier (tête, pattes et entrailles)
kodashim ba-houtz
choses saintes consommées hors du Temple
hikdish
consacrer (à un usage sacré)
al Pessa'h
pour la fête de Pessa'h (tournure vernaculaire, non sacrificielle)
le-Pessa'h
pour Pessa'h (tournure qui évoque le sacrifice)

(א) אסור לומר וכו' - היינו לכתחלה אבל בדיעבד אין לאסור הבשר באכילה:

Il est interdit de dire, etc. - C'est-à-dire a priori (lekhathila) ; mais après coup (bediavad), on n'interdit pas la viande à la consommation.

(ב) על שום בהמה וכו' - היינו אפילו הוא קטן וגם אינו גדי וטלה דלא חזי לפסח ג"כ אסור דיחשדוהו שהקדישו מחיים לקנות מדמיו קרבן פסח וכשאוכלו נראה כאוכל קדשים בחוץ וע"כ לא יאמר לחבירו צלה לי זרוע לפסח. והנה מלשון המחבר משמע דדוקא בהמה שהוא מין הקרב ע"ג המזבח ויש פוסקים שמחמירין גם על עופות ודגים דאפשר שהקדישן לדמי מדאמר לפסח. והנה אף שהרבה מקילין בזה וס"ל כדעת המחבר מ"מ לכתחלה טוב ליזהר שלא לומר לפסח. וכתבו האחרונים דמה שנוהגין לומר בל"א בשר זה על פסח אפילו אמר כן בגדי וטלה ליכא קפידא דאם איתא שהקדישו הו"ל לומר בשר זה לפסח:

Sur n'importe quelle bête, etc. - Même si elle est petite et n'est ni un chevreau ni un agneau — donc impropre au sacrifice de Pessa'h —, c'est aussi interdit : on le soupçonnerait d'avoir consacré l'animal de son vivant pour acheter, avec son prix, un sacrifice de Pessa'h ; et en le mangeant, on paraîtrait manger des choses saintes hors du Temple. Aussi ne dira-t-on pas à son prochain : « Rôtis-moi une épaule pour Pessa'h. » Du langage du Mé'haber, il ressort que l'interdit ne vise que le bétail d'une espèce offerte sur l'autel. Certains décisionnaires étendent aussi aux volailles et aux poissons, car on pourrait les avoir consacrés pour leur valeur, puisqu'on a dit « pour Pessa'h ». Bien que beaucoup soient indulgents et suivent l'avis du Mé'haber, a priori il est bon de veiller à ne pas dire « pour Pessa'h ». Les A'haronim ont écrit que l'usage de dire en langue vernaculaire « cette viande pour la fête de Pessa'h », même s'il l'a dit d'un chevreau ou d'un agneau, n'est pas sujet à scrupule : si on l'avait vraiment consacré, on aurait dit « cette viande pour Pessa'h ».

(ג) בשר זה לפסח - וה"ה שאסור לאדם לומר הילך מעות הללו וקנה לי בהם בשר לפסח. ואם אמר קנה לי בהם בשר על פסח מותר וכנ"ל:

Cette viande pour Pessa'h - De même, il est interdit de dire : « Voici de l'argent, achète-moi avec cela de la viande pour Pessa'h. » S'il a dit : « Achète-moi avec cela de la viande pour la fête de Pessa'h », c'est permis, comme ci-dessus.

(ד) אלא יאמר וכו' - דהיינו כשקונה או כשמולח:

Mais on dira, etc. - C'est-à-dire quand on achète ou quand on sale.

(ה) פי' שלם וכו' - ר"ל לצלותו שלם ראשו וכו' בע"פ אחר חצות או בליל פסח והנה לקמן בסימן תע"ו מבואר האיסור על אכילתו ואפילו צלאו כמה ימים מקודם וכאן ביאר שגם עשייתו בזמן פסח אסור כיון שעשאו כעין צליית הפסח ממש:

C'est-à-dire entier, etc. - C'est-à-dire le rôtir entier, tête, etc., la veille de Pessa'h après midi ou la nuit de Pessa'h. Plus bas, au siman 476, est exposé l'interdit de le manger, même s'il a été rôti plusieurs jours auparavant ; ici l'on précise que même de le préparer pendant le temps de Pessa'h est interdit, puisqu'on l'a fait exactement à la manière du rôti du sacrifice de Pessa'h.

(ו) מותר לומר חטים אלו לפסח - דכיון דלא דמי כלל לקדשים לא אמרינן שמקדישן למוכרן ולקנות בדמיהן פסח אלא כונתו לומר אצניעם ואשמרם מידי חימוץ לאוכלן בפסח:

Il est permis de dire : ces blés pour Pessa'h - Car cela ne ressemble en rien aux choses saintes ; on ne dit pas qu'on les consacre pour les vendre et acheter avec leur prix un sacrifice de Pessa'h ; l'intention est : je les mettrai de côté et les garderai du 'hamets pour les manger à Pessa'h.