משנה ברורה

Michna Beroura — siman 470

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Que les premiers-nés jeûnent la veille de Pessa'h
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Les premiers-nés, du père ou de la mère, jeûnent la veille de Pessa'h en souvenir de la plaie des premiers-nés. Si la veille tombe un Chabbat, on avance au jeudi. Un père peut jeûner pour son fils mineur. Beaucoup rompent le jeûne par un siyoum.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETJeûne des premiers-nés la veille de Pessa'h
À FAIREJeûner jusqu’aux étoiles
Les premiers-nés jeûnent en souvenir du miracle de la plaie. Maharil : jeûne communautaire, jusqu’à la sortie des étoiles
À FAIREAnenou à Min'ha
Les premiers-nés qui jeûnent disent Anenou dans Choméa Tefila à Min'ha
À FAIREPère premier-né pour son fils
Quand le père est lui-même premier-né, son jeûne compte aussi pour le petit fils
À ÉVITEROfficier a priori
Si dix premiers-nés prient ensemble, mieux que le premier-né ne soit pas officier (mention publique du jeûne en Nissan)
À ÉVITERJeûner si la nuit est compromise
Mal de tête ou des yeux, ou jeûne trop pénible au point de mal faire matsa, maror et quatre coupes : mieux ne pas jeûner, et ne manger que des mets légers
OUIQui jeûne
Premier-né du père ou de la mère ; kohanim et leviim ; né après une fausse couche certaine (premier-né pour l’héritage)
NONQui ne jeûne pas
Né après un enfant de neuf mois mort dans les trente jours ; fille première-née selon l’usage (le Mé'haber l’inclut, l’usage non) ; accouchée pendant trente jours
OUI14 un Chabbat
On jeûne le jeudi, pas le vendredi. Si le 14 est un vendredi, on jeûne le vendredi. Certains : une fois reculé, on ne jeûne pas du tout
OUIRepas de mitsva
Selon l’usage des lieux : souvent on mange à un siyoum (même sans avoir étudié le traité), brit ou pidyone. Mohel, sandak et père : c’est leur Yom Tov
REMASi la mère a commencé une fois à jeûner pour son fils, c’est un vœu : il faut une levée. Enceinte, allaite, ou jeûne pénible : on est indulgent. Personne délicate un Chabbat veille de Pessa'h : ne pas supprimer le repas de Chabbat, seulement en manger un peu.
Le jeûne des behorim est un usage en souvenir du miracle. On l’observe jusqu’aux étoiles, sauf faiblesse, danger pour les mitsvot de la nuit, ou repas de mitsva selon le minhag. Filles : l’usage n’est pas de jeûner. Tout dépend de la coutume du lieu.

Glossaire

bekhor / bekhorim
premier-né / premiers-nés
makat bekhorot
plaie des premiers-nés
néfel
fausse couche / enfant mort-né
bekhor le-na'hala
premier-né pour l'héritage
pidyone
rachat (du premier-né)
taanit tsibbour
jeûne communautaire
tset ha-kokhavim
sortie des étoiles
minei targima
mets légers (hors repas)
Anenou
prière « Réponds-nous » du jeûne
lekhathila
a priori
hatara
levée de vœu
neder
vœu
siyoum masekhet
achèvement d'un traité
pidyone haben
rachat du premier-né
berit mila
circoncision
mohel
circonciseur
sandak
parrain de circoncision
istenis
personne délicate

(א) הבכורות מתענין - זכר לנס שניצולו ממכת בכורות:

Les premiers-nés jeûnent - En souvenir du miracle par lequel ils furent sauvés de la plaie des premiers-nés.

(ב) בין בכור וכו' - שמכת בכורות היתה בכולם כדאיתא במדרש ומ"מ לגדול הבית לא הצריכו להתענות אע"פ שגם בהם היתה המכה. והבא אחר נפלים צריך להתענות דהוי בכור לנחלה וכ"ז דוקא בנפל ודאי אבל במי שנולד אחר בן ט' אע"פ שמת תוך ל' אין צריך להתענות ובכורים כהנים ולוים צריכים ג"כ להתענות ואפילו אם היו רק בכורים מאם ונמצא דאינם בכורים לנחלה ולא לפדיון אפ"ה בכור מיקרי. כתב מהרי"ל דתענית בכורים צריך להשלים (היינו עד צה"כ וכדלעיל סימן רמ"ט) דהוי ת"צ ונראה דאם חש בראשו או בעיניו אין צריך להתענות וכן נראה עוד דבאדם שהתענית קשה לו ואחר התענית אין יכול לאכול רק דברים קלים ובשיעור מועט מאד וקרוב הדבר שעי"ז לא יוכל לקיים אכילת מצה ומרור ושתיית ד' כוסות כתיקונם מוטב שלא להתענות כדי שיקיים מצות הלילה כתיקונם ומ"מ בזה ובזה טוב יותר שיאכל רק מיני תרגימא. הבכורים אומרים עננו בשומע תפלה במנחה כשמתענים ואם עשרה בכורים מתפללים ביחד ואחד מהם ש"ץ כשמחזיר התפלה יאמר עננו בשומע תפלה כדין תענית יחיד ומ"מ לכתחלה טוב שלא יהיה הבכור ש"ץ כשעשרה בכורים מתפללים יחד כי י"א שאין נכון להזכיר התענית בצבור בחזרת התפלה כיון שהוא חודש ניסן:

Qu'il soit premier-né, etc. - Car la plaie des premiers-nés frappa tous, comme il est dit dans le Midrach. Toutefois, on n'a pas exigé que le maître de maison jeûne, bien que la plaie les ait aussi atteints. Celui qui naît après des fausses couches doit jeûner, car il est premier-né pour l'héritage. Tout cela seulement s'il s'agit d'une fausse couche certaine ; mais celui qui naît après un enfant de neuf mois, même si celui-ci est mort dans les trente jours, n'a pas à jeûner. Les premiers-nés kohanim et leviim doivent aussi jeûner ; même s'ils ne sont premiers-nés que de la mère — donc ni pour l'héritage ni pour le rachat —, ils sont néanmoins appelés premiers-nés. Le Maharil a écrit que le jeûne des premiers-nés doit être achevé (c'est-à-dire jusqu'à la sortie des étoiles, comme plus haut au siman 249), car c'est un jeûne communautaire. Il semble que s'il a mal à la tête ou aux yeux, il n'a pas à jeûner. De même, si le jeûne est pénible pour quelqu'un et qu'après le jeûne il ne pourra manger que des aliments légers et en très petite quantité, au point qu'il risque de ne pouvoir accomplir correctement la consommation de matsa, de maror et des quatre coupes, mieux vaut ne pas jeûner afin d'accomplir les mitsvot de la nuit comme il faut. Dans l'un et l'autre cas, mieux vaut ne manger que des mets légers. Les premiers-nés disent « Anenou » dans « Choméa Tefila » à Min'ha lorsqu'ils jeûnent. Si dix premiers-nés prient ensemble et que l'un d'eux est officant, lorsqu'il répète la Amida il dira « Anenou » dans « Choméa Tefila », selon la règle du jeûne d'un particulier. Toutefois, a priori (lekhathila), mieux vaut que le premier-né ne soit pas officant lorsque dix premiers-nés prient ensemble : certains disent qu'il n'est pas convenable de mentionner le jeûne en public dans la répétition, puisque c'est le mois de Nissan.

(ג) שאפילו נקבה בכורה - שמכת בכורות היתה גם עליהן כדאיתא במדרש:

Que même une fille première-née - Car la plaie des premiers-nés les atteignit aussi, comme il est dit dans le Midrach.

(ד) ואין המנהג כן - שהתורה לא נתנה קדושת בכורות לנקבה לשום דבר:

Mais l'usage n'est pas ainsi - Car la Torah n'a conféré aucune sainteté de premier-né à la fille, pour quoi que ce soit.

(ה) ערב פסח בשבת - ואם חל בע"ש יתענו באותו יום:

La veille de Pessa'h un Chabbat - Et si elle tombe un vendredi, on jeûne ce jour-là.

(ו) ביום ה' - ולא ביום וי"ו כיון שאינו זמנו טוב יותר לדחות על יום ה'. ואם קשה להם התענית ביום ה' משום דצריך לבדוק החמץ בלילה ולפעמים יש לו הרבה חדרים לבדוק ואינו רשאי לסעוד קודם הבדיקה יטעום מעט קודם הבדיקה או יצוה לאחר לבדוק והם יאכלו:

Le jeudi - Et non le vendredi : puisque ce n'est pas le jour fixé, mieux vaut reporter au jeudi. Si le jeûne du jeudi leur est pénible, parce qu'il faut vérifier le 'hamets la nuit et qu'on a parfois beaucoup de pièces à inspecter, et qu'on n'a pas le droit de dîner avant la vérification : on goûtera un peu avant la vérification, ou l'on chargera un autre de vérifier, et eux mangeront.

(ז) שאינם מתענים כלל - דבתענית זה שאינו אלא מנהגא כיון דנדחה ידחה:

Qu'ils ne jeûnent pas du tout - Car ce jeûne n'est qu'un usage : une fois reculé, il est reculé.

(ח) כשהאב בכור - ותעניתו עולה לעצמו:

Lorsque le père est premier-né - Et son jeûne compte aussi pour lui-même.

(ט) האם מתענה - ויש מהפוסקים שכתבו דא"צ להתענות דתענית האב עולה גם בשביל בנו. ובמקום שמצטערת יש להקל וכ"ש אם היא מעוברת או מניקה ומצטערת מן התענית יש להקל אף אם אין לה בעל שיתענה בשביל בנה וכן יולדת כל ל' יום אין לה להתענות עבורו בכל גווני [אחרונים] אכן אם התחילה פ"א להתענות עבורו הוי נדר וצריך התרה:

La mère jeûne - Certains décisionnaires ont écrit qu'elle n'a pas à jeûner, car le jeûne du père compte aussi pour son fils. Là où elle souffre, on sera indulgent ; à plus forte raison si elle est enceinte ou allaite et que le jeûne lui est pénible, même si elle n'a pas de mari qui jeûne pour son fils. De même, une accouchée, tout au long des trente jours, n'a pas à jeûner pour lui, en aucun cas [A'haronim]. Toutefois, si elle a commencé une fois à jeûner pour lui, c'est un vœu et il faut une levée.

(י) עד שיגדל - ובעוד שלא נתמלאו לבנו ל' יום אין צריך להתענות בשבילו. ולענין אם מותרים הבכורים לאכול בסעודת מצוה תלוי במנהג המקומות יש מקומות שנהגו להחמיר ולפ"ז אם רוצה לאכול על סעודת פדיון הבן או ברית מילה צריך התרה (דהמנהג חשיב כמו נדר) לבד המוהל והסנדק ואבי הבן יכולים לאכול אף בלי התרה דיו"ט שלהם הוא ואע"פ כן צריכים לפרוע תענית אחר הפסח ויש מקומות שנהגו הבכורים להקל ולאכול בסעודת מצוה וכן נוהגין כהיום בכמה מקומות במדינתנו להקל ולאכול אף בסעודת סיום מסכת ואף שהבכורים בעצמן לא למדו את המסכת מ"מ כיון שאצל המסיים הוא סעודת מצוה מצטרפים לסעודתו והמנהג שמתקבצים להמסיים קודם שסיים ומסיים לפניהם המסכת ושומעים ומצטרפים עמו בסיומו ואח"כ עושין סעודה:

Jusqu'à ce qu'il grandisse - Tant que les trente jours de son fils ne sont pas accomplis, il n'a pas à jeûner pour lui. Quant à savoir si les premiers-nés peuvent manger à un repas de mitsva, cela dépend de l'usage des lieux. Certains endroits ont l'usage d'être stricts ; dès lors, s'il veut manger à un repas de pidyone haben ou de berit mila, il lui faut une levée (car l'usage a force de vœu) — sauf le mohel, le sandak et le père de l'enfant, qui peuvent manger même sans levée, car c'est leur Yom Tov ; néanmoins ils devront s'acquitter d'un jeûne après Pessa'h. D'autres endroits ont l'usage que les premiers-nés soient indulgents et mangent à un repas de mitsva ; et ainsi l'on pratique aujourd'hui en plusieurs lieux de notre pays, jusqu'à manger même à un repas de siyoum de traité. Même si les premiers-nés n'ont pas eux-mêmes étudié le traité, puisque pour celui qui termine c'est un repas de mitsva, ils s'associent à son repas. L'usage est de se rassembler chez celui qui termine avant qu'il ait fini ; il termine le traité devant eux, ils écoutent, s'associent à son siyoum, puis l'on fait un repas.

(יא) האיסטניס - פי' איש מפונק שאם יאכל ביום אינו תאב לאכול בלילה. ונראה דאם חל ערב פסח בשבת אין כדאי לדחות לגמרי סעודת שבת בשביל זה רק שיזהר לאכול מעט לצאת ידי סעודת מצוה לבד:

La personne délicate - C'est-à-dire un homme délicat : s'il mange le jour, il n'aura pas d'appétit la nuit. Il semble que si la veille de Pessa'h tombe un Chabbat, il ne convient pas de supprimer entièrement le repas de Chabbat pour cela ; seulement, qu'il prenne garde de n'en manger qu'un peu, juste de quoi s'acquitter du repas de mitsva.