משנה ברורה

Michna Beroura — siman 480

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre de la quatrième coupe
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On dit le Hallel assis sans berakha, puis le Hallel hagadol, Nishmat et Yishtabah ; on boit la quatrième coupe accoudé et l'on bénit Al haguefen. On ouvre la porte, on dit Shefokh hamatkha et l'on verse la coupe d'Éliahou.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Ordre de la quatrième coupe [FAIRE] Commencer « Lo lanou » sans berakha | Hallel assis : à Pessa’h, assis = hassiba et liberté [FAIRE] Boire la 4e puis bénir après | cette berakha exempte aussi la 3e coupe (siman 474) [FAIRE] Coupe d’Éliahou | usage de ces pays : une coupe de plus que les convives, allusion à la délivrance future [EVITER] Dire « Ranenou tsadikim » | on va jusqu’à « Al naharot Bavel » sans le dire [CAS:OUI] Piyoutim | après la coupe (usage) ; Maharam buvait après les piyoutim et « Ki lo naé » ; 1re nuit : Az rov nissim ; 2e : Omets guevourotekha ; certains tout les deux nuits [CAS:OUI] Usage Yehaléloukha immédiat | Yehaléloukha jusqu’à « ki méolam véad olam atta El », puis Hallel hagadol, Nishmat, Yishtabah, conclusion mélekh mehoulal batishbahot (ou haboher bechiré zimra) [CAS:NON] Mauvaise conclusion | Yehaléloukha clos par « mélekh mehoulal… » → plus de conclusion dans Yishtabah ; Yishtabah clos par une berakha → Yehaléloukha ensuite sans conclusion [CAS:NON] Revenir boire en hassiba | pour nous qui ne nous accoudons pas toute l’année : on ne revient pas (glose 472) [REMA] Notre version de Yishtabah : « méata véad olam ». Deuil survenu à Yom Tov : qui n’a pas observé son deuil avant Yom Tov achève néanmoins le Hallel. Berakha avant de reboire : seulement pour la 4e. Quatre coupes pas en un seul lieu : sans importance. Leil shimourim : on n’a peur de rien. [SYNTHESE] 4e coupe : Lo lanou sans berakha, Hallel assis, boire et bénir (exempte la 3e). Piyoutim selon usage. Coupe d’Éliahou. Pas d’exigence d’un seul lieu.

Glossaire

hassiba
accoudement, posture de liberté au seder
Hallel hagadol
grand Hallel, Psaume 136
Yehaléloukha
formule de clôture du Hallel
Nishmat
« Nishmat kol hai », bénédiction du chant
Yishtabah
bénédiction qui clôt les Pesouké dezimra
piyoutim
poèmes liturgiques
heseah hadaat
distraction de l'esprit, oubli d'intention
leil shimourim
nuit de la garde
coupe d'Éliahou
coupe supplémentaire versée pour Éliahou hanavi

(א) מתחיל לא לנו - בלא ברכה ואומרים ההלל מיושב אף שבכל השנה אומרים מעומד בפסח שאני מפני שמיושב הוא דרך הסיבה וחירות:

Il commence « Lo lanou » - sans berakha ; et l'on dit le Hallel assis, même si toute l'année on le dit debout : à Pessa'h c'est différent, car être assis est la manière de la hassiba et de la liberté.

(ב) את ההלל - מי שאירע לו אבל ביו"ט שלא נהג אבילותו קודם יו"ט מ"מ גומר את ההלל:

Le Hallel - celui à qui un deuil est survenu à Yom Tov et qui n'a pas observé son deuil avant Yom Tov achève néanmoins le Hallel.

(ג) עד על נהרות בבל - ואינו אומר רננו צדיקים:

Jusqu'à « Al naharot Bavel » - et l'on ne dit pas « Ranenou tsadikim ».

(ד) עד מעולם ועד עולם - ונוסחתנו בישתבח הוא מעתה ועד עולם ובדיעבד אם חתם ישתבח בברכה יאמר אח"כ יהללוך בלא חתימה:

Jusqu'à « méolam véad olam » - notre version dans Yishtabah est « méata véad olam » ; et après coup (bediavad), s'il a conclu Yishtabah par une berakha, il dira ensuite Yehaléloukha sans conclusion.

(ה) ואז יאמר יהללוך - ויש נוהגין כהפוסקים לומר תיכף אחר הלל יהללוך עד כי מעולם ועד עולם אתה אל ואח"כ אומר הלל הגדול ונשמת וישתבח וחותם בא"י מלך מהולל בתשבחות (ויש שחותמין הבוחר בשירי זמרה וכו' כמו שאומרים בישתבח תמיד) ולפי מנהג זה אם בשעה שאומר יהללוך שכח וחתם בא"י מלך מהולל בתשבחות שוב לא יחתום בישתבח אלא יאמר הלל הגדול ונשמת וישתבח עד מעתה ועד עולם:

Alors il dira Yehaléloukha - certains ont l'usage, suivant les décisionnaires, de dire tout de suite après le Hallel Yehaléloukha jusqu'à « ki méolam véad olam atta El », puis le Hallel hagadol, Nishmat et Yishtabah, et de conclure « Baroukh atta ה' mélekh mehoulal batishbahot » (certains concluent « haboher bechiré zimra etc. », comme on dit toujours dans Yishtabah). Selon cet usage, si, en disant Yehaléloukha, il a oublié et conclu « Baroukh atta ה' mélekh mehoulal batishbahot », il ne conclura plus dans Yishtabah : il dira le Hallel hagadol, Nishmat et Yishtabah jusqu'à « méata véad olam ».

(ו) ושותהו - והפיוטים דהיינו אז רוב ניסים וכו' אומר אחר שתיית הכוס שאינו אלא מנהג ומהר"מ היה שותה אחר הפיוטים ואחר כי לו נאה כדי שלא יהיה צמא כשישכב וכ"ה בסידורים. בלילה א' יאמר אז רוב נסים ובלילה ב' יאמר אומץ גבורותיך ויש נוהגין שאומרים הכל בשני לילות שוין:

Et il la boit - les piyoutim, c'est-à-dire « Az rov nissim » etc., se disent après avoir bu la coupe, car ce n'est qu'un usage ; Maharam buvait après les piyoutim et après « Ki lo naé », afin de ne pas avoir soif en se couchant, et ainsi est-il dans les sidourim. La première nuit on dit « Az rov nissim », et la seconde nuit « Omets guevourotekha » ; certains ont l'usage de tout dire les deux nuits de même.

(ז) ומברך אחריו וכו' - ובברכה זו יפטור גם הכוס ג' וכדלעיל סימן תע"ד:

Et il bénit après elle, etc. - par cette berakha il exempte aussi la troisième coupe, comme plus haut au siman 474.

(ח) צריך לשתות פעם וכו' - וה"ה בכוס ג' ג"כ דינא הכי להמחבר מיהו לענין ברכה לפניה דוקא בכוס רביעי שלא חשב לשתות עוד כלל משא"כ בכוס שלישי שבלא"ה חשב לשתות עוד על סמך ברכה זו לא מיקרי היסח הדעת ואין צריך לברך:

Il doit boire une autre fois, etc. - il en va de même pour la troisième coupe selon le Méhabber ; toutefois, quant à la berakha avant de boire, c'est seulement pour la quatrième coupe, puisqu'il n'avait plus du tout l'intention de boire ; ce qui n'est pas le cas de la troisième coupe, pour laquelle de toute façon il pensait encore boire en s'appuyant sur cette berakha : cela ne s'appelle pas heseah hadaat et il n'a pas besoin de bénir.

(ט) ועיין לעיל סי' תע"ב - ר"ל דהכריע שם בהג"ה דלדידן שאין דרכנו להסב בכל השנה אין לחזור ולשתות בהסיבה:

Et voir plus haut siman 472 - c'est-à-dire qu'il a tranché là-bas dans la glose que, pour nous dont l'usage n'est pas de s'accouder toute l'année, on ne revient pas boire en hassiba.

(י) כדי לזכור שהוא ל"ש - ואין מתייראין משום דבר ונוהגין באלו מדינות למזוג כוס אחד יותר מהמסובין וקורין אותו כוס של אליהו הנביא (לרמז שאנו מאמינים שכשם שגאלנו הש"י ממצרים הוא יגאלנו עוד וישלח לנו את אליהו לבשרנו):

Afin de se souvenir que c'est leil shimourim - et l'on n'a peur de rien ; dans ces pays, on a l'usage de verser une coupe de plus que les convives, et on l'appelle la coupe d'Éliahou hanavi (pour faire allusion à ce que nous croyons : de même que le Saint béni soit-Il nous a délivrés d'Égypte, Il nous délivrera encore et nous enverra Éliahou pour nous l'annoncer).

(יא) אף שלא במקום סעודה - ואף שאינו שותה הארבעה כוסות במקום אחד אין בכך כלום:

Même pas au lieu du repas - et même s'il ne boit pas les quatre coupes en un seul lieu, cela n'a pas d'importance.