משנה ברורה

Michna Beroura — siman 487

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre de la tefila d'Arvit de Pessa'h
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On dit Atta béhartanou et l'on conclut « mékadech Israël véhazemanim ». Oubli de Atta béhartanou rattrapé par Yaalé veyavo. Pas de birkat méén chéva ni de kiddoush de l'officiant. Les Ashkénazes ne disent pas le Hallel le soir à la synagogue.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETOrdre de la tefila d'Arvit de Pessa'h
À FAIREFormule du jour
« Ce jour de la fête des Matsot, temps de notre liberté, convocation sainte ». Usage : « ce jour de Chabbat » ; chaque communauté suit son cours
À FAIREConclusion
Dire « qui sanctifie Israël et les temps » (avec le vav, usage du Choulhan Aroukh). Même règle pour le kiddoush et la tefila
À ÉVITER« Avec amour, convocation sainte »
On ne le dit pas : on a déjà dit « Tu nous as donné, ה' notre Dieu, avec amour, des solennités pour la joie ». Si Chabbat, certains disent deux fois « avec amour »
À ÉVITERKiddoush à la synagogue
L'officiant ne le fait pas : à Pessa'h il n'est pas de pauvre sans vin. Même si le seul vin de la ville est à la synagogue, on ne le fait pas
À ÉVITERBerakha instituée à cause des démons
On ne la dit pas : Pessa'h est leil shimourim. On dit Vayekhoulou à voix haute, puis un kaddish entier
NONConclusion incomplète
Seulement « qui sanctifie Israël » : pas acquitté. Chabbat : sans conclure « qui sanctifie le Chabbat », même mention au milieu, pas acquitté
OUIReprise dans le temps d'une parole
Revenu à « qui sanctifie Israël et les temps » dans le temps de trois mots : acquitté. Plus tard : reprendre depuis le début de la berakha
OUIYaalé veyavo à la place d'Atta béhartanou
S'il a conclu la berakha comme il faut, il s'est acquitté (même Chabbat, s'il y a nommé le Chabbat). Pas besoin de revenir à Atta béhartanou
NONNi Atta béhartanou ni Yaalé veyavo
Seulement Vehassiénou, même « Tes saintes solennités », sans nommer la fête : pas acquitté. Souvenir après Retsé → Atta béhartanou ; pieds levés → début de la tefila
REMABediavad, mention du seul Chabbat dans la conclusion : on ne reprend pas. Chabbat dans Yaalé veyavo : nombreux Aharonim, même lekhathila, ne le mentionnent pas ; tel est l'usage. Hallel le soir à la synagogue : pas l'usage ici ; les Séfarades le disent. La plupart des décisionnaires : même s'il ne savait pas que c'était Yom Tov, s'il s'est repris dans le temps d'une parole et a conclu juste, il s'est acquitté (ainsi le Gra).
Arvit de Pessa'h : formule des Matsot sans « avec amour » répété. Conclure « Israël et les temps ». Pas de kiddoush ni de berakha des démons à la synagogue. Yaalé veyavo peut suppléer Atta béhartanou si la conclusion est bonne.

Glossaire

tokh kedei dibbour
temps d'une parole, délai de trois mots
birkat méén chéva
bénédiction « abrégée de sept », Magen Avot du vendredi soir
leil shimourim
nuit de veille, nuit de Pessa'h
Atta béhartanou
« Tu nous as choisis », début de la bénédiction de sanctification du jour
Yaalé veyavo
prière d'insertion des fêtes et de Roch Hodesh
Vehassiénou
paragraphe « Élève-nous » de la bénédiction de sanctification du jour
Vayekhoulou
« Ainsi furent achevés », versets de la Création dits le vendredi soir
pekida
« visite » divine, thème de Yaalé veyavo
Roch Hodesh
néoménie

(א) את יום טוב וכו' - ומנהגנו לומר את יום חג המצות הזה זמן חירותינו מקרא קודש וכו' ואין אומרים באהבה מקרא קודש שהרי כבר אמרו ותתן לנו ה' אלהינו באהבה מועדים לשמחה אכן כשחל בשבת יש אומרים שאומרים שני פעמים באהבה [אחרונים]:

« Le jour de fête, etc. » - Notre usage est de dire : « ce jour de la fête des Matsot, temps de notre liberté, convocation sainte, etc. » On ne dit pas « avec amour, convocation sainte », car on a déjà dit : « Tu nous as donné, ה' notre Dieu, avec amour, des solennités pour la joie. » Toutefois, lorsqu'il tombe un Chabbat, certains disent qu'on dit deux fois « avec amour » [Aharonim].

(ב) מקדש ישראל והזמנים - ואם אמר מקדש ישראל לבד לא יצא וכן בשבת אם לא אמר מקדש השבת ואמר מקדש ישראל ג"כ לא יצא אף שהזכיר באמצע התפלה של שבת כיון שלא חתם בשל שבת וכל זה בין בקידושא בין בצלותא:

« Qui sanctifie Israël et les temps » - S'il n'a dit que « qui sanctifie Israël », il ne s'est pas acquitté. De même le Chabbat, s'il n'a pas dit « qui sanctifie le Chabbat » et a dit « qui sanctifie Israël », il ne s'est pas non plus acquitté, même s'il a mentionné le Chabbat au milieu de la tefila, puisqu'il n'a pas conclu par [la formule] du Chabbat. Tout cela vaut tant pour le kiddoush que pour la tefila.

(ג) וחזר בו - היינו שחזר ואמר מקדש ישראל והזמנים:

Et il s'est repris - c'est-à-dire qu'il est revenu et a dit « qui sanctifie Israël et les temps ».

(ד) תוך כדי דיבור - היינו שלא שהה משגמר מקדש השבת רק כדי ג' תיבות ואם שהה יותר משיעור זה לא מהני חזרתו וצריך לחזור לראש הברכה כיון שהחתימה היתה שלא כהוגן אף שהזכיר של יו"ט באמצע:

Dans le temps d'une parole - c'est-à-dire qu'il n'a pas tardé, après avoir achevé « qui sanctifie le Chabbat », plus que le temps de trois mots. S'il a tardé davantage, son retour n'est d'aucun effet et il doit reprendre depuis le début de la berakha, puisque la conclusion n'était pas conforme, même s'il a mentionné le Yom Tov au milieu.

(ה) אחרי שהוא יודע - ר"ל בעת שאמר ברוך אתה ה' היתה כהוגן ע"ד לסיים בשל יום טוב אלא שאח"כ נכשל בלשונו ומשמע מלשון זה דאם טעה בעת שאמר ברוך אתה ה' שהיה סבור שהוא שבת אפילו אם חזר בתוך כ"ד לאחר שסיים מקדש השבת וסיים כדין לא יצא אבל רוב הפוסקים ס"ל אע"פ שלא ידע שהוא יו"ט יצא כיון שנזכר בתוך כדי דבור וחתם כדין כן פסקו הרבה אחרונים ועיין בביאור הגר"א שגם הוא מכריע כן להלכה:

Après qu'il sait - c'est-à-dire qu'au moment où il a dit « Béni sois-Tu, ה' », c'était en règle, dans l'intention de conclure par [la formule] du Yom Tov, mais qu'ensuite sa langue a trébuché. Il résulte de cette formulation que s'il s'est trompé au moment de dire « Béni sois-Tu, ה' », croyant que c'était Chabbat, même s'il s'est repris dans le temps d'une parole après avoir achevé « qui sanctifie le Chabbat » et a conclu comme il faut, il ne se serait pas acquitté. Mais la plupart des décisionnaires tiennent que, même s'il ne savait pas que c'était Yom Tov, il s'est acquitté, puisqu'il s'est souvenu dans le temps d'une parole et a conclu comme il faut. Ainsi ont tranché de nombreux Aharonim ; voir le Biour ha-Gra, qui tranche aussi ainsi pour la pratique.

(ו) המנוח - ומנהגנו לומר את יום השבת הזה ונהרא נהרא ופשטיה [חק יעקב]:

Le repos - Notre usage est de dire « ce jour de Chabbat » ; chaque communauté suit son cours [Hok Yaakov].

(ז) מקדש השבת וכו' - ובדיעבד אם לא הזכיר רק שבת או ישראל והזמנים לבד יש דעות בין האחרונים אם צריך לחזור או לא ועיין בבה"ל שהכרענו דאם לא הזכיר רק שבת לבד בודאי אין לחזור הברכה משום זה:

« Qui sanctifie le Chabbat, etc. » - Après coup (bediavad), s'il n'a mentionné que le Chabbat, ou seulement « Israël et les temps », les Aharonim sont partagés sur le point de savoir s'il faut reprendre ou non. Voir le Biour Halakha, où nous avons tranché : s'il n'a mentionné que le Chabbat seul, certainement on ne reprend pas la berakha pour cela.

(ח) וישראל והזמנים - וי"א שצריך לומר ישראל בלא וי"ו וכן הסכים המהרש"ל בפ"ב דביצה אבל מנהגנו כהשו"ע:

« Et Israël et les temps » - Certains disent qu'il faut dire « Israël » sans le vav. Ainsi a convenu le Maharshal au chapitre 2 de Béitsa. Mais notre usage suit le Choulhan Aroukh.

(ט) וא"א ברכת וכו' - דלא נתקנה אלא מפני המזיקין [וכדלעיל בסימן רס"ח סק"כ במ"ב] ובפסח הוא ליל שמורים ואומרים ויכולו בקול רם וקדיש שלם אחריו [פמ"ג]:

On ne dit pas la bénédiction, etc. - car elle n'a été instituée qu'à cause des démons [comme plus haut, siman 268 seif katan 20 de la Michna Beroura]. Or à Pessa'h c'est une nuit de veille (leil shimourim), et l'on dit Vayekhoulou à voix haute, puis un kaddish entier ensuite [Pri Megadim].

(י) אין ש"ץ מקדש וכו' - דענין הקידוש הוא כדי להוציא מי שאין לו יין ובפסח אין עני בישראל שאין לו יין והסכימו האחרונים דאפילו כשאין יין בעיר כ"א בביהכ"נ אפ"ה אין לקדש:

L'officiant ne fait pas le kiddoush, etc. - car le kiddoush [à la synagogue] a pour but d'acquitter celui qui n'a pas de vin ; or à Pessa'h il n'est pas de pauvre en Israël qui n'ait de vin. Les Aharonim sont convenus que même s'il n'y a de vin dans la ville qu'à la synagogue, on ne fait néanmoins pas le kiddoush.

(יא) ואמר יעלה ויבוא - דהרי מזכיר ענינו של יום ביעלה ויבוא ומיירי שחתם כל הברכה כדין דאם לא חתם אפילו אמר גם אתה בחרתנו לא יצא ואם נזכר אחר שהתחיל רצה חוזר לאתה בחרתנו ואם עקר רגליו חוזר לראש התפלה ועיין לעיל סימן קכ"ב ס"ה ואם לא אמר אתה בחרתנו וגם לא יעלה ויבוא רק והשיאנו אע"פ שאמר מועדי קדשיך אם לא הזכיר חג פלוני בפרט לא יצא [דה"ח אבל בפמ"ג מסתפק בזה]:

Et il a dit Yaalé veyavo - car il mentionne le thème du jour dans Yaalé veyavo. Il s'agit du cas où il a conclu toute la berakha comme il faut : s'il n'a pas conclu, même s'il a aussi dit Atta béhartanou, il ne s'est pas acquitté. S'il s'en est souvenu après avoir commencé Retsé, il revient à Atta béhartanou ; s'il a déjà levé les pieds, il revient au début de la tefila. Voir plus haut siman 122 seif 5. S'il n'a dit ni Atta béhartanou ni Yaalé veyavo, mais seulement Vehassiénou, même s'il a dit « Tes saintes solennités », s'il n'a pas mentionné telle fête en particulier, il ne s'est pas acquitté [Derekh ha-Hayim ; mais le Pri Megadim en doute].

(יב) יצא - ואפילו אם נזכר קודם שחתם הברכה א"צ לחזור לאתה בחרתנו:

Il s'est acquitté - et même s'il s'en est souvenu avant d'avoir conclu la berakha, il n'a pas besoin de revenir à Atta béhartanou.

(יג) ואפילו היה שבת - ר"ל דכיון שלא אמר אתה בחרתנו ותתן לנו ממילא לא הזכיר גם של שבת מ"מ כיון שחזר והזכירו ביעלה ויבוא שאמר ביום השבת הזה וביום חג פלוני הזה יצא דהא עכ"פ הזכיר של שבת בתוך הברכה ומשמע מלשון זה דאם גם ביעלה ויבוא לא הזכיר של שבת לא יצא ויש לעיין דהא מזכיר שבת בוהשיאנו שאומר והנחילנו וכו' שבת ומועדי קדשך ואולי משום דהוא מזכירו רק סמוך לחתימה לבד ואנן בעינן שיהא פותח נמי בשל שבת כדאיתא בגמרא וצ"ע:

Même si c'était Chabbat - c'est-à-dire : puisqu'il n'a pas dit Atta béhartanou et « Tu nous as donné », il n'a de ce fait pas mentionné non plus le Chabbat ; néanmoins, puisqu'il l'a ensuite mentionné dans Yaalé veyavo, en disant « en ce jour de Chabbat et en ce jour de telle fête », il s'est acquitté, car enfin il a mentionné le Chabbat dans la berakha. Il résulte de cette formulation que s'il n'a pas non plus mentionné le Chabbat dans Yaalé veyavo, il ne s'est pas acquitté. Il y a lieu d'examiner : car il mentionne le Chabbat dans Vehassiénou, où l'on dit « fais-nous héritiers, etc., du Chabbat et de Tes saintes solennités ». Peut-être est-ce parce qu'il ne le mentionne que tout près de la conclusion, or nous exigons qu'il ouvre aussi par [la formule] du Chabbat, comme il est dit dans la Guemara. Cela demande examen.

(יד) צריך לחזור ולהזכירו - כמו שמזכיר שניהם באתה בחרתנו:

Il doit revenir et le mentionner - comme il mentionne les deux dans Atta béhartanou.

(טו) א"צ לחזור - דיש בזה פלוגתא דרבוותא אם צריך להזכירו ולכן בדיעבד אין צריך לחזור וגם בלא"ה הרי הזכיר פעם אחת באתה בחרתנו ואיננו לעיכובא בדיעבד לכו"ע. ודע דהרבה אחרונים הסכימו שאפילו לכתחלה אין להזכיר של שבת ביעלה ויבוא וכן המנהג ועיין בלבוש שכתב טעם נכון לזה שעיקר יעלה ויבוא נתיסד על הזכירה ועל הפקידה ואין שייך זכרון אלא ביו"ט ובר"ח דכתיב וביום שמחתכם ובמועדיכם ובר"ח וגו' ונזכרתם ולא נזכר שם שבת כלל:

Il n'a pas besoin de revenir - car les maîtres sont partagés sur le point de savoir s'il faut le mentionner ; c'est pourquoi après coup on n'a pas besoin de revenir. Et de toute façon, il l'a déjà mentionné une fois dans Atta béhartanou, et ce n'est pas indispensable après coup selon tous les avis. Sache que de nombreux Aharonim sont convenus que même a priori (lekhathila) on ne mentionne pas le Chabbat dans Yaalé veyavo, et tel est l'usage. Voir le Levouch, qui en donne une raison juste : Yaalé veyavo a été institué essentiellement pour la mention et la « visite » (pekida), or le souvenir ne s'applique qu'au Yom Tov et à Roch Hodesh, comme il est écrit : « Au jour de votre joie, à vos solennités et à vos néoménies, etc., vous en ferez mémoire » — et le Chabbat n'y est pas mentionné du tout.

(טז) אין אנו נוהגים - היינו במדינות אלו ומנהג ספרדים לומר:

Nous n'en avons pas l'usage - c'est-à-dire, dans ces pays-ci, de dire le Hallel le soir à la synagogue ; l'usage des Séfarades est de le dire.