משנה ברורה

Michna Beroura — siman 489

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre de la tefila de la seconde nuit de Pessa'h et du compte du Omer
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Après Arvit de la seconde nuit, chacun compte le Omer debout, jours et semaines, de préférence après la sortie des étoiles. Règles d'oubli, d'erreur de nombre, d'écoute d'autrui et des femmes ; ordre kidouch et havdala ; interdit du grain nouveau jusqu'au 16 nissan (17 en diaspora).

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETSeconde nuit de Pessa'h et compte du Omer
À FAIREMa'aravit du second jour
On le dit même si la seconde nuit tombe à motsei Chabbat : ici le Ma'aravit porte sur le thème du compte
À FAIRECompter après Arvit, avant Alénou
On avance le compte pour que les jours soient « complets »
À FAIRECompter soi-même, debout, la nuit
Debout dès la berakha. Chacun bénit et compte pour soi. Toute langue est valable si on la comprend ; sans comprendre, même en langue sainte, on ne s'acquitte pas
À FAIREJours et semaines
Dire les deux. A priori « de l'Omer ». Lekhathila à la sortie des étoiles
À ÉVITERRépondre « aujourd'hui tel jour » avant d'avoir compté
Même en langue étrangère cela peut acquitter. Sans le mot « aujourd'hui », ce n'est pas un compte
À ÉVITERManger dès une demi-heure avant le temps du compte
Même si on a déjà prié. Si le chamach a l'usage d'appeler au compte, on n'est pas strict avant son appel
OUIAssis, sans « dans l'Omer », ou formule inhabituelle (ex. « quarante moins un »)
Bediavad on s'est acquitté. Entre-deux-soleils : la plupart acquittent ; l'Eliya Rabba penche à revenir sans berakha
OUIOublié la nuit
Compter le jour sans berakha ; les nuits suivantes avec berakha
NONSemaines seules sans les jours
On ne s'est pas acquitté. Jours seuls sans semaines : revenir compter sans berakha
NONUn jour entier sauté
Les autres jours sans berakha ; entendre amen d'un autre puis compter. En cas de doute d'avoir sauté : les autres nuits avec berakha
REMAFemmes et esclaves sont exempts (mitsva positive liée au temps). Dans nos pays les femmes n'ont souvent pas l'usage de compter ; le Choul'han Chelomo : elles ne bénissent pas, crainte de se tromper de jour. Usage : chacun compte pour soi, on ne se fie pas à l'officiant. Chez soi : compter avant le kidouch. Au beit haknesset : après le kidouch. Avant la havdala. Après le kaddish Titqabel. Dernier Yom Tov à motsei Chabbat : compter avant le kidouch. Interrogé avant les semaines et a dit « aujourd'hui tel jour » : ne pas recompter avec berakha. Arrivé aux semaines sans les nommer : recompter avec berakha. Berakha en croyant 4 puis compte 5 (et c'est 5) : acquitté. Compte le mauvais jour : revenir bénir, sauf correction dans le temps d'une parole. Grain nouveau : interdit jusqu'au 16 nissan (et un jour de plus hors d'Erets Israël) pour les cinq espèces ; beaucoup ne sont pas attentifs, mais l'homme de conscience sera strict pour lui-même.
Compter soi-même la nuit, debout, jours et semaines, avant de manger. Avancer le compte après Arvit. Un oubli de nuit se rattrape le jour sans berakha ; un jour sauté coupe la berakha ensuite.

Glossaire

Ma'aravit
pièce liturgique de la tefila d'Arvit des fêtes
motsei Chabbat
sortie du Chabbat
Alénou
prière conclusive Alénou lechabéa'h
elles seront complètes
temimot tihyéna : les semaines du Omer doivent être entières
mitsva positive liée au temps
obligation positive dont le temps est fixé ; les femmes en sont exemptes
celui qui écoute est comme s'il prononçait
choméa ke'oné
chemittah et yovel
année sabbatique et jubilé
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
entre-deux-soleils
bein hachemashot, crépuscule douteux entre jour et nuit
sortie des étoiles
tset hakokhavim, début certain de la nuit
délai d'une parole
tokh kedei dibbour, bref intervalle après avoir parlé
grain nouveau
hadash, céréale enracinée après l'offrande de l'Omer
qali
grains grillés au feu
karmel
grains tendres froissés à la main, non grillés
Yiten lékha
versets de bénédiction dits à motsei Chabbat
double doute
sefek sefeika

(א) בליל שני - כתבו האחרונים דאומרים מערבית השייך ליום ב' אפילו חל ליל שני במו"ש ואע"פ דבשארי חגים שחל יום ראשון בשבת אומרים מערבית של יום א' בליל שני שאני הכא דהמערבית הוא מענין של ספירה:

La seconde nuit - Les Aharonim ont écrit que l'on dit le Ma'aravit propre au second jour, même si la seconde nuit tombe à motsei Chabbat. Bien que, pour les autres fêtes dont le premier jour tombe un Chabbat, on dise le Ma'aravit du premier jour à la seconde nuit, ici c'est différent, car le Ma'aravit porte sur le thème du compte.

(ב) אחר תפלת ערבית - וקודם עלינו דכל מה דאפשר לאקדומי מקדמינן כדי שיתקיים יותר מה שכתוב תמימות תהיינה:

Après la tefila d'Arvit - Et avant Alénou : car tout ce que l'on peut avancer, on l'avance, afin de mieux accomplir ce qui est écrit : « elles seront complètes ».

(ג) מתחילין לספור וכו' - ונשים ועבדים פטורות ממצוה זו דהוי מ"ע שהזמן גרמא וכתב המ"א מיהו כבר שויא עלייהו חובה וכמדומה דבמדינותינו לא נהגי נשי כלל לספור וכתב בספר שולחן שלמה דעכ"פ לא יברכו דהא בודאי יטעו ביום אחד וגם ע"פ רוב אינם יודעים פירוש המלות:

On commence à compter etc. - Les femmes et les esclaves sont exempts de cette mitsva, car c'est une mitsva positive liée au temps. Le Magen Avraham a écrit : toutefois elle est déjà devenue pour elles une obligation ; or il me semble que dans nos pays les femmes n'ont pas du tout l'usage de compter. Le livre Choul'han Chelomo écrit qu'en tout cas elles ne doivent pas bénir, car elles se tromperont sûrement d'un jour et, le plus souvent, elles ne connaissent pas le sens des mots.

(ד) הולך וסופר וכו' - דכל שלא עבר הלילה לא נפיק עדיין מכלל הכתוב תמימות תהיינה:

Il va et compte etc. - Car tant que la nuit n'est pas passée, on n'est pas encore sorti du cadre de ce qui est écrit : « elles seront complètes ».

(ה) לספור לעצמו - דכתיב וספרתם לכם משמע שהמצוה חל על כל יחיד ויחיד והנה משמע מזה דבספירה אינו כמו בשאר מצות התלוי באמירה לענין קידוש והבדלה וכיו"ב דאם שמע לחבירו ונתכוין לצאת דיוצא בזה משום דשומע כעונה והכא גילתה התורה דלא יצא כל כמה דלא ספר בעצמו אבל יש מאחרונים שכתבו דכונת התורה הוא רק דלא נימא דמצוה זו אב"ד לבד קאי כמו בשמיטין ויובלות דכתיב שם וספרת לך אלא קאי אציבור אבל באמת אם שמע מחבירו שספר והתכוין לצאת וגם חבירו כוון להוציאו יצא כמו בכל מקום דקיי"ל שומע כעונה וכל זה בספירה אבל בברכה שמברכין על הספירה דכו"ע אפשר לצאת ע"י חבירו אפילו הוא בקי וכמו בכל הברכות מיהו מנהג בכל ישראל שכל אחד מברך וסופר לעצמו ואין סומכין על הש"ץ. כתבו האחרונים דספירה מותר בכל לשון ובלבד שיבין אותו הלשון ואם אינו מבין אפילו סיפר בלשה"ק אינו יוצא דכיון דלא ידע מאי קאמר אין זה ספירה:

Compter pour soi-même - Car il est écrit « vous compterez pour vous », ce qui implique que la mitsva incombe à chaque individu. Il en ressort que le compte n'est pas comme les autres mitsvot qui consistent en une parole, telles que le kidouch, la havdala et similaires : si l'on a entendu son compagnon et que l'on a eu l'intention de s'acquitter, on s'acquitte, car « celui qui écoute est comme s'il prononçait ». Ici, la Torah a révélé que l'on ne s'acquitte pas tant que l'on n'a pas compté soi-même. Mais certains Aharonim ont écrit que l'intention de la Torah est seulement que l'on ne dise pas que cette mitsva n'incombe qu'au tribunal, comme pour les années de chemittah et de yovel où il est écrit « tu compteras pour toi », mais qu'elle incombe à la communauté ; en réalité, si l'on a entendu son compagnon compter, que l'on a eu l'intention de s'acquitter et que le compagnon a eu l'intention de le faire acquitter, on s'acquitte, comme partout où l'on tient que « celui qui écoute est comme s'il prononçait ». Tout cela concerne le compte ; mais pour la berakha que l'on récite sur le compte, tout le monde s'accorde que l'on peut s'acquitter par son compagnon, même si l'on est compétent, comme pour toutes les berakhot. Toutefois l'usage dans tout Israël est que chacun bénit et compte pour soi-même, et l'on ne se fie pas à l'officiant. Les Aharonim ont écrit que le compte est permis dans toute langue, pourvu que l'on comprenne cette langue ; et si l'on ne comprend pas, même si l'on a compté en langue sainte, on ne s'acquitte pas, car puisqu'on ne sait pas ce que l'on dit, ce n'est pas un compte.

(ו) וצריך לספור מעומד - וצריך לעמוד משעה שמתחיל הברכה. ובדיעבד אפילו אם סיפר מיושב יצא [פוסקים]:

Et il faut compter debout - Et il faut se tenir debout dès que l'on commence la berakha. Et bediavad (après coup), même si l'on a compté assis, on s'est acquitté [Posqim].

(ז) וסופר הימים והשבועות - דכתיב תספרו חמשים יום וכתיב שבעה שבועות תספר לך. ואם סיפר ימים לחוד ולא הזכיר שבועות י"א שיצא בדיעבד וי"א שצריך לחזור ולספור ימים ושבועות כדין וע"כ חוזר וסופר בלא ברכה [ואם שכח לחזור ולספור מונה שאר ימים בברכה] ואם מנה שבועות ולא ימים כגון שאמר ביום השביעי היום שבוע אחד ולא הזכיר ימים כלל לכו"ע לא יצא:

Et il compte les jours et les semaines - Car il est écrit « vous compterez cinquante jours » et il est écrit « sept semaines tu compteras pour toi ». Si l'on a compté seulement les jours sans mentionner les semaines, certains disent que l'on s'est acquitté bediavad, et d'autres disent qu'il faut revenir compter jours et semaines selon la règle ; c'est pourquoi l'on revient compter sans berakha [et si l'on a oublié de revenir compter, on compte les autres jours avec berakha]. Si l'on a compté les semaines sans les jours, par exemple qu'au septième jour on a dit « aujourd'hui une semaine » sans mentionner les jours du tout, de l'avis de tous on ne s'est pas acquitté.

(ח) בעומר - וברוב פוסקים הנוסח לעומר מיהו עיקר ד"ז אינו אלא לכתחלה כדי לבאר שהוא מונה מיום שהקריבו את העומר והלאה ואם לא אמר אלא היום כך וכך נמי יצא:

Dans l'Omer - Et chez la plupart des Posqim la formule est « de l'Omer ». Toutefois le fond de cette chose n'est que lekhathila (a priori), afin d'expliciter que l'on compte à partir du jour où l'on a offert l'Omer et ensuite ; et si l'on n'a dit que « aujourd'hui tel et tel », on s'est aussi acquitté.

(ט) וביום שמיני יאמר וכו' - ואם לא אמר אלא היום שמונה ימים ולא סיים שהם שבוע אחד וכו' נמי יצא שהרי הזכיר שבועות אתמול ביום השביעי וכן אם לא אמר אלא היום שבוע אחד ויום אחד בלחוד נמי יצא שהרי כבר הזכיר הימים שעברו כל אחד ביומו. אומרים שבוע אחד ולא אחת. וכן אומרים שני שבועות ולא שתי דשבוע לשון זכר. עד עשרה אומר ימים ומי"א ואילך אומר יום. כן יש לומר מנין המועט מתחלה כגון אחד ועשרים יום וכל אלו הדברים אינן לעיכובא אלא לצחות הלשון:

Et au huitième jour il dira etc. - Et si l'on n'a dit que « aujourd'hui huit jours » sans achever « qui sont une semaine etc. », on s'est aussi acquitté, car on a mentionné les semaines hier, au septième jour. De même si l'on n'a dit que « aujourd'hui une semaine et un jour » seulement, on s'est aussi acquitté, car on a déjà mentionné les jours passés, chacun en son jour. On dit « une semaine » et non au féminin. De même on dit « deux semaines » et non au féminin, car « semaine » (chavoua) est un mot masculin. Jusqu'à dix on dit « jours » et à partir de onze on dit « jour ». De même il faut dire le petit nombre d'abord, par exemple « vingt et un jours ». Tous ces détails ne sont pas indispensables, seulement pour la correction de la langue.

(י) ועל דרך וכו' - ומנהג לומר אחר הספירה יהי רצון וכו' שיבנה בהמ"ק וכו' כלומר ואז נקיים מצות הבאת העומר ויש נוהגים ג"כ לומר מזמור אלהים יחננו וגו':

Et de cette façon etc. - Et l'usage est de dire après le compte « Yéhi ratson etc. » que le Temple soit reconstruit etc., c'est-à-dire : et alors nous accomplirons la mitsva d'apporter l'Omer. Certains ont aussi l'usage de dire le psaume Elohim ye'honénou etc.

(יא) זה וכו' - כתבו האחרונים דאם אמר בלשון אחר כגון ביום ל"ט אמר היום ארבעים חסר אחת נמי יצא:

Ceci etc. - Les Aharonim ont écrit que si l'on a dit dans une autre formulation, par exemple au 39e jour « aujourd'hui quarante moins un », on s'est aussi acquitté.

(יב) חוזרים וכו' - הוא מדברי הרשב"א בתשובה סימן קנ"ד ומבואר שם שהקהל התפללו גם מעריב קודם ולענין מעריב אין להם לחזור ולהתפלל משום טרחא דציבורא (וכדלעיל ריש סימן רס"ג סעיף י"ד) רק לענין ספירה לא משגחינן בטרחא דידהו כי איך יאמר למשל עשרה ימים ואינן אלא תשעה כי אותו היום תשיעי הוא ולא עשירי עד צאת הכוכבים עכ"ד שם:

On revient etc. - C'est des paroles du Rachba dans une responsum, siman 154. Il y est explicité que la communauté avait aussi prié Arvit auparavant ; et pour Arvit ils n'ont pas à revenir prier, à cause de la peine imposée au tsibbour (comme plus haut au début du siman 263 seif 14) ; seulement pour le compte on ne tient pas compte de leur peine, car comment dirait-on par exemple « dix jours » alors qu'il n'y en a que neuf, puisque ce jour-là est le neuvième et non le dixième jusqu'à la sortie des étoiles. Fin de ses paroles là-bas.

(יג) לספור כשתחשך - ובברכה כדין:

Compter quand il fait nuit - Et avec berakha, selon la règle.

(יד) והמדקדקים - ר"ל דמן הדין היה אפשר להקל לספור משתחשך אף קודם צה"כ דבה"ש הוא ספק לילה ואזלינן לקולא בספק דרבנן בספירה בזה"ז שהוא מדרבנן לרוב הפוסקים אלא דמ"מ אינו נכון להכניס עצמו לספק לכתחלה ולהכי המדקדקים ממתינים עד צה"כ שהוא בודאי לילה:

Et les scrupuleux - C'est-à-dire que d'après la stricte règle on aurait pu être indulgent et compter dès qu'il fait nuit, même avant la sortie des étoiles, car l'entre-deux-soleils est un doute de nuit, et l'on va à la légèreté dans un doute rabbinique, le compte de nos jours étant rabbinique selon la plupart des Posqim ; toutefois il n'est pas convenable de s'introduire dans un doute lekhathila, et c'est pourquoi les scrupuleux attendent jusqu'à la sortie des étoiles, qui est certainement la nuit.

(טו) וכן ראוי לעשות - ר"ל לכתחלה ומ"מ בדיעבד אם בירך ביה"ש יצא וכנ"ל אבל הא"ר מפקפק בזה ומצדד דנכון שיחזור ויספור בצה"כ בלי ברכה:

Et ainsi convient-il de faire - C'est-à-dire lekhathila ; toutefois bediavad, si l'on a béni pendant l'entre-deux-soleils, on s'est acquitté, comme ci-dessus. Mais l'Eliya Rabba met cela en doute et penche qu'il convient de revenir compter à la sortie des étoiles sans berakha.

(טז) מבעוד יום - יש מאחרונים שפירשו דהיינו בין השמשות דהוא ספק לילה ויוצאין אז ידי ספירה לפוסקים דס"ל דספירה בזה"ז דרבנן אכן הוא רוצה לדקדק ולספור מצאת הכוכבים וכנ"ל וקאמר המחבר דהוא ימנה עמהם פן ישכח אח"כ ויחשוב בדעתו אם אזכור אח"כ בלילה למנות אין אני רוצה לצאת בספירה זו וכדלקמיה בהג"ה. וע"כ כשיגיע הזמן אח"כ יברך ויספור ועיין בה"ל:

De jour encore - Certains Aharonim ont expliqué que cela désigne l'entre-deux-soleils, qui est un doute de nuit, et l'on s'acquitte alors du compte selon les Posqim qui tiennent que le compte de nos jours est rabbinique ; toutefois il veut être scrupuleux et compter à partir de la sortie des étoiles, comme ci-dessus. Le Mé'haber dit qu'il comptera avec eux de peur d'oublier ensuite, et qu'il pensera en son esprit : si je me souviens ensuite la nuit de compter, je ne veux pas m'acquitter par ce compte-ci, comme plus bas dans la glose. C'est pourquoi, quand le temps arrivera ensuite, il bénira et comptera. Voir Béour Halakha.

(יז) שלא לצאת - ודוקא אם מתכוין שלא לצאת אבל בסתמא יצא למ"ד דמצות א"צ כונה ואף דפסקינן לעיל בסימן ס' דמצות צריכות כונה אפשר לענין ברכה שצריך להזכיר שם שמים צריך לחוש להך דעה:

Pour ne pas s'acquitter - Et seulement s'il a l'intention explicite de ne pas s'acquitter ; mais sans précision, il s'acquitte selon l'avis que les mitsvot n'exigent pas d'intention. Bien que nous tranchions plus haut au siman 60 que les mitsvot exigent une intention, il est possible que pour la berakha, où il faut mentionner le Nom de ה', il faille craindre cet avis.

(יח) ויברך ויספור בלילה - ואפילו בע"ש שכבר קיבל שבת וגם התפלל עם הצבור אפ"ה יברך ויספור בלילה כיון שלא רצה לצאת במה שסיפר עמהן ביה"ש. כתבו האחרונים דאם יצאו הכוכבים מותר לו לספור אפילו לא התפלל עדיין מעריב ואפילו הוא במו"ש דהא לילה הוא לכל מילי ואפילו לקדש ולהבדיל מותר קודם תפלה אלא שאסור במלאכה עד שיבדיל:

Et il bénira et comptera la nuit - Même un vendredi soir, alors qu'il a déjà accepté le Chabbat et a aussi prié avec le tsibbour, néanmoins il bénira et comptera la nuit, puisqu'il n'a pas voulu s'acquitter par ce qu'il a compté avec eux pendant l'entre-deux-soleils. Les Aharonim ont écrit que si les étoiles sont sorties, il lui est permis de compter même s'il n'a pas encore prié Arvit, et même si c'est à motsei Chabbat, car c'est la nuit pour toutes choses ; même sanctifier et faire havdala est permis avant la tefila, seulement le travail est interdit jusqu'à ce qu'il fasse havdala.

(יט) בין השמשות וכו' - נקט בין השמשות משום דבדיעבד אם בירך ביה"ש יצא וכנ"ל וכ"ש אם שאל אותו אחר צה"כ שצריך ליזהר מלהשיב היום כך וכך:

L'entre-deux-soleils etc. - Il a mentionné l'entre-deux-soleils parce que bediavad, si l'on a béni pendant l'entre-deux-soleils, on s'est acquitté, comme ci-dessus ; et à plus forte raison si on lui a demandé après la sortie des étoiles, il faut prendre garde de ne pas répondre « aujourd'hui tel et tel ».

(כ) היום כך וכך - ואפי' בלשון לע"ז. ואם לא אמר היום לית לן בה משום דעיקר מצות ספירה הוא שיאמר היום כך וכך:

Aujourd'hui tel et tel - Même en langue étrangère. S'il n'a pas dit « aujourd'hui », cela ne nous concerne pas : il n'est pas quitte, car l'essentiel de la mitsva du compte est de dire « aujourd'hui tel et tel ».

(כא) אינו יכול וכו' - דאע"ג דלא אמר בעומר יצא בדיעבד וכנ"ל בסק"ח:

Il ne peut etc. - Car même s'il n'a pas dit « dans l'Omer », il s'est acquitté bediavad, comme ci-dessus au seif qatan 8.

(כב) לחזור ולמנות בברכה - שכבר יצא בזה ידי ספירה למ"ד מצות א"צ כונה ואף דאנן קי"ל דצריכות כונה וזה הלא לא כוון לצאת בזה ידי מצוה לענין ברכה צריך להחמיר ולחוש להך דעה ולא יברך על הספירה שימנה אח"כ. ויש עוד עצה שיכוין בפירוש שלא לצאת בזה ידי ספירה. כתבו האחרונים דמיירי ששאל אתו קודם שהגיע לשבועות הא אי שאל לו בשעה שהגיע לשבועות אפילו אמר לו היום כך וכך לאו כלום הוא כל שלא הזכיר שבועות וצריך לחזור ולספור בברכה:

Revenir compter avec berakha - Car il s'est déjà acquitté du compte par cela, selon l'avis que les mitsvot n'exigent pas d'intention. Bien que nous tenions qu'elles exigent une intention, et que celui-ci n'ait pas eu l'intention de s'acquitter de la mitsva par cela, pour la berakha il faut être strict et craindre cet avis, et il ne bénira pas sur le compte qu'il fera ensuite. Il y a encore un conseil : qu'il ait l'intention explicite de ne pas s'acquitter du compte par cela. Les Aharonim ont écrit que l'on parle du cas où on l'a interrogé avant d'arriver aux semaines ; mais si on l'a interrogé au moment où l'on est arrivé aux semaines, même s'il a dit « aujourd'hui tel et tel », ce n'est rien tant qu'il n'a pas mentionné les semaines, et il doit revenir compter avec berakha.

(כג) וכשהגיע הזמן - ר"ל צאת הכוכבים ואפילו אם כבר התפללו ק"ש ותפלה דאל"כ בלא"ה אסור משום ק"ש ותפלה. והסכימו האחרונים דלפי מאי דפסקינן לעיל בסימן רל"ה להחמיר מחצי שעה קודם הזמן ה"ה הכא יש לנו להחמיר שלא לאכול מחצי שעה הסמוך לספירה והלאה [אפילו אם כבר הקדים והתפלל] אך במקום שהמנהג שהשמש קורא לספור ספירה אין להחמיר בקודם זמנו:

Et quand le temps est arrivé - C'est-à-dire la sortie des étoiles ; et même s'ils ont déjà prié le Chema et la tefila, car autrement c'est déjà interdit de toute façon à cause du Chema et de la tefila. Les Aharonim se sont accordés que, selon ce que nous tranchons plus haut au siman 235 d'être strict dès une demi-heure avant le temps, de même ici il faut être strict de ne pas manger dès une demi-heure proche du compte et ensuite [même si l'on a déjà avancé et prié] ; mais dans un endroit où l'usage est que le chamach appelle à compter le Omer, il n'y a pas à être strict avant son temps.

(כד) לאכול - וה"ה שאר מלאכות וכדלעיל בסימן רל"ב ורל"ה:

Manger - Et de même les autres travaux, comme plus haut aux simanim 232 et 235.

(כה) פוסק וסופר - היינו למ"ד ספירה בזה"ז דאורייתא וכדמציין בהג"ה וא"כ לדידן דנקטינן ספירה בזה"ז דרבנן אינו פוסק וכדלעיל בסימן רל"ב לענין מנחה ויש מאחרונים שכתבו דלפיכך חשש הרמ"א פה בעניננו להחמיר כאותו דעה שהוא דאורייתא משום דהוא דבר שאין בו טורח כלל להפסיק מעט ולספור:

Il s'interrompt et compte - C'est-à-dire selon l'avis que le compte de nos jours est de la Torah, comme indiqué dans la glose ; et donc pour nous qui tenons que le compte de nos jours est rabbinique, il ne s'interrompt pas, comme plus haut au siman 232 au sujet de Min'ha. Certains Aharonim ont écrit que c'est pourquoi le Rema a craint ici d'être strict comme cet avis qu'il est de la Torah, parce que c'est une chose qui n'entraîne aucune peine que de s'interrompre un peu et de compter.

(כו) קודם שהגיע הזמן - ולפי מה דכתבנו לעיל דמחצי שעה סמוך לזמן מתחיל האיסור יהיה שייך דינא דרמ"א כשהתחיל לאכול ביותר מחצי שעה קודם הזמן:

Avant que le temps soit arrivé - Et selon ce que nous avons écrit plus haut, que dès une demi-heure proche du temps l'interdiction commence, la règle du Rema s'appliquera lorsqu'il a commencé à manger plus d'une demi-heure avant le temps.

(כז) א"צ להפסיק - אפילו למ"ד ספירה בזה"ז דאורייתא כיון שיש עוד שהות לספור:

Il n'a pas besoin de s'interrompre - Même selon l'avis que le compte de nos jours est de la Torah, puisqu'il reste encore du temps pour compter.

(כח) ופתח - את הברכה:

Et il a commencé - La berakha.

(כט) וסיים כמוהו יצא - ר"ל אף בברכה דאדעתא דהכי פתח הברכה וסיים ואיכא סיום ופתיחה ומ"מ לכתחלה אין לו לברך אלא א"כ יודע מתחלה איזה יום היום דאסור להפסיק אפילו בשתיקה בין הברכה להמצוה יותר מכדי דיבור:

Et il a achevé comme lui, il s'est acquitté - C'est-à-dire même pour la berakha, car c'est dans cette intention qu'il a commencé la berakha et qu'il a achevé, et il y a un achèvement et un commencement. Toutefois lekhathila il ne doit bénir que s'il sait dès le début quel jour on est aujourd'hui, car il est interdit de s'interrompre même par un silence entre la berakha et la mitsva plus que le délai d'une parole.

(ל) וסיים בה' - ר"ל שסיפר חמשה ימים:

Et il a achevé par cinq - C'est-à-dire qu'il a compté cinq jours.

(לא) וטעה וסיים וכו' - ר"ל שסיפר חמשה:

Et il s'est trompé et a achevé etc. - C'est-à-dire qu'il a compté cinq.

(לב) אינו חוזר ומברך - האחרונים תמהו על דין זה דבשלמא ברישא שסיים בה' והוא ה' ניחא דיצא שהרי סיפר כדין אע"ג דבשעת ברכתו סבור שהוא ד' לאו כלום הוא שהרי אף בלא בירך כלל יצא אבל בסיפא מאי מהני לן שבשעת ברכה ידע איזה יום הוא הלא עכ"פ בפיו סיפר יום שאינו והסכימו דבזה צריך לספור מחדש ולברך דברכתו ראשונה היתה לבטלה כיון שסיים אחריה יום אחר אם לא שנזכר תוך כדי דיבור לספירתו שאז חוזר וסופר כדין והברכה עולה לו. ודע עוד דאף דבשו"ע מיירי שבעת הברכה היה יודע יום הספירה ובירך אדעת לספור כהוגן אלא שאח"כ טעה וסיים שלא כהוגן אבל כמה אחרונים הסכימו דאף אם בעת הברכה היה דעתו ג"כ על יום אחר וכן סיפר בטעות מ"מ אם בתוך כדי דיבור נזכר שטעה יסיים תיכף כהוגן ויוצא בזה. עוד כתבו דאם טעה ואמר היום יום ד' בעומר ובתוך כ"ד נזכר שהוא יום חמישי דיו שיסיים חמישי בעומר ויוצא בזה אף שלא אמר היום יום ה' כיון שהוא עדיין תוך כדי דיבור:

Il ne revient pas bénir - Les Aharonim se sont étonnés de ce din : dans le premier cas, où il a achevé par cinq et que c'est bien cinq, on comprend qu'il s'est acquitté, car il a compté selon la règle, bien qu'au moment de sa berakha il ait cru que c'était quatre — cela n'y fait rien, puisque même sans avoir béni du tout il se serait acquitté. Mais dans le second cas, en quoi nous sert-il qu'au moment de la berakha il ait su quel jour c'était ? Après tout, de sa bouche il a compté un jour qui n'est pas le bon. Ils se sont accordés qu'en cela il faut compter à nouveau et bénir, car sa première berakha était vaine puisqu'il a achevé après elle un autre jour — à moins qu'il ne se soit souvenu dans le délai d'une parole après son compte, auquel cas il revient compter selon la règle et la berakha lui est valable. Sache encore que, bien que le Choul'han Aroukh parle du cas où au moment de la berakha il savait le jour du compte et a béni dans l'intention de compter correctement, puis s'est trompé ensuite et a achevé incorrectement, plusieurs Aharonim se sont accordés que même si au moment de la berakha son intention portait aussi sur un autre jour et qu'il a ainsi compté par erreur, néanmoins si dans le délai d'une parole il s'est souvenu qu'il s'était trompé, il achèvera aussitôt correctement et s'acquitte par cela. Ils ont encore écrit que s'il s'est trompé et a dit « aujourd'hui jour quatre dans l'Omer » et que dans le délai d'une parole il s'est souvenu que c'est le cinquième jour, il suffit qu'il achève « cinquième dans l'Omer » et s'acquitte par cela, même s'il n'a pas dit « aujourd'hui jour cinq », puisqu'il est encore dans le délai d'une parole.

(לג) יספור ביום - כדעת הרבה פוסקים דבדיעבד ספירת יום עולה לספירה:

Il comptera le jour - Selon l'avis de beaucoup de Posqim que bediavad le compte de jour vaut pour le compte.

(לד) בלא ברכה - דיש לחוש לדעת הפוסקים דאין זמן ספירה אלא בלילה וכשמברך ביום הוא לבטלה מיהו מכאן ולהבא סופר בכל לילה בברכה ולא הוי כדילג יום אחד לגמרי שאינו סופר עוד בברכה וכדלקמיה:

Sans berakha - Car il faut craindre l'avis des Posqim selon lesquels le temps du compte n'est que la nuit, et quand on bénit le jour c'est une berakha en vain. Toutefois de là en avant on compte chaque nuit avec berakha, et ce n'est pas comme si l'on avait sauté un jour entièrement, auquel cas on ne compte plus avec berakha, comme plus bas.

(לה) שכח לברך וכו' - ר"ל שלא סיפר ולא נזכר עד ספירה שאחריה. וה"ה אם נודע לו שאתמול טעה במנין וספר ספירה אחרת דינו כמו שלא סיפר כלל:

Il a oublié de bénir etc. - C'est-à-dire qu'il n'a pas compté et ne s'en est souvenu qu'au compte suivant. Et de même si l'on a appris qu'hier on s'était trompé dans le nombre et que l'on avait compté un autre compte, son din est comme si l'on n'avait pas compté du tout.

(לו) סופר בשאר ימים - כדעת הרבה פוסקים דאין ספירת הימים מעכבין זה את זה וכל יומא ויומא מצוה בפ"ע היא:

Il compte les autres jours - Selon l'avis de beaucoup de Posqim que les comptes des jours ne se conditionnent pas l'un l'autre, et que chaque jour est une mitsva à part.

(לז) בלא ברכה - לחוש למ"ד דספירת שבע שבתות תמימות בעינן והא ליכא דהא חסר חד יומא ונכון בזה שישמע הברכה מן הש"ץ או מאחד מהמברכין ויענה אמן בכונה לצאת ואח"כ יספור [א"ר ופר"ח]:

Sans berakha - Pour craindre l'avis selon lequel il faut le compte de sept semaines complètes, ce qui n'est pas le cas puisqu'il manque un jour. Et il convient en cela qu'il entende la berakha de l'officiant ou de l'un de ceux qui bénissent et qu'il réponde amen avec l'intention de s'acquitter, puis qu'il compte [Eliya Rabba et Pri 'Hadach].

(לח) יספור בשאר ימים בברכה - דאיכא ספק ספיקא שמא לא דילג כלל ואת"ל שדילג שמא הלכה כאותן פוסקים דכל יום הוא מצוה בפ"ע. וה"ה בכל דבר שדינו לחזור ולספור בלי ברכה מחמת ספק אם לא חזר וסיפר יספור שארי לילות בברכה [אחרונים]. ולכן אם טעה בימים ולא טעה בשבועות או טעה בשבועות ולא טעה בימים דדינו לחזור ולספור בלא ברכה וכנ"ל בסק"ז אם לא חזר וסיפר אפ"ה מונה שאר ימים בברכה ועיין ביאור הלכה:

Il comptera les autres jours avec berakha - Car il y a un double doute : peut-être n'a-t-il pas sauté du tout, et à supposer qu'il ait sauté, peut-être la halakha est-elle comme ces Posqim selon lesquels chaque jour est une mitsva à part. Et de même pour toute chose dont le din est de revenir compter sans berakha à cause d'un doute : s'il n'est pas revenu compter, il comptera les autres nuits avec berakha [Aharonim]. C'est pourquoi si l'on s'est trompé dans les jours et non dans les semaines, ou dans les semaines et non dans les jours, dont le din est de revenir compter sans berakha comme ci-dessus au seif qatan 7, si l'on n'est pas revenu compter, néanmoins on compte les autres jours avec berakha. Voir Béour Halakha.

(לט) אחר קידוש בבהכ"נ - שכל מה שנוכל להקדים קדושת היום יש לנו להקדים ואם סופר בביתו יספור קודם קידוש דאסור לאכול קודם ספירה וכנ"ל:

Après le kidouch au beit haknesset - Car tout ce que nous pouvons avancer de la sainteté du jour, nous devons l'avancer. Et si l'on compte chez soi, on comptera avant le kidouch, car il est interdit de manger avant le compte, comme ci-dessus.

(מ) קודם הבדלה - דאפוקי יומא מאחרינן ליה כל מה דאפשר:

Avant la havdala - Car on recule la sortie du jour autant que possible.

(מא) אחר קדיש תתקבל - ר"ל מה שאומרים אחר ויהי נועם ואתה קדוש דאז הוא גמר התפלה דקדיש קמא אינו גומר שאינו קדיש שלם. ויתן לך אומרים אחר הספירה:

Après le kaddish Titqabel - C'est-à-dire ce que l'on dit après « Vihí noam » et « Ata qadoch », car alors c'est la fin de la tefila ; le premier kaddish ne conclut pas, n'étant pas un kaddish complet. Et « Yiten lékha » on le dit après le compte.

(מב) וכשחל יו"ט האחרון וכו' - להכי נקט יו"ט אחרון דשביעי של פסח אינו חל במו"ש וליל שני של פסח אין מקדשין בבהכ"נ כמ"ש בסי' תפ"ז [הגר"א וח"י]:

Et lorsque le dernier Yom Tov tombe etc. - C'est pourquoi il a mentionné le dernier Yom Tov, car le septième jour de Pessa'h ne tombe pas à motsei Chabbat, et la seconde nuit de Pessa'h on ne sanctifie pas au beit haknesset, comme écrit au siman 487 [Gra et Hok Yaakov].

(מג) יש לספור קודם - כנ"ל דאפוקי יומא מאחרינן כמה דאפשר אע"ג שמקבל הכא קדושת יו"ט בקידושו מ"מ קדושת שבת גדולה מקדושת יו"ט ודעת הט"ז דלאו דוקא אם חל יו"ט אחרון במו"ש דה"ה אפילו בחול נמי יש להקדים ספירה לקידוש דטפי עדיף לאחר קדושת יום השביעי שהוא מן התורה מלקבל קדושת יו"ט אחרון שאינו אלא מדרבנן אבל האחרונים חלקו עליו:

Il faut compter avant - Comme ci-dessus, car on recule la sortie du jour autant que possible. Bien qu'ici on reçoive la sainteté du Yom Tov par son kidouch, néanmoins la sainteté du Chabbat est plus grande que celle du Yom Tov. L'avis du Taz est que ce n'est pas seulement si le dernier Yom Tov tombe à motsei Chabbat : de même même en semaine il faut avancer le compte au kidouch, car il vaut mieux reculer la sainteté du septième jour qui est de la Torah que de recevoir la sainteté du dernier Yom Tov qui n'est que rabbinique. Mais les Aharonim ont contesté cela.

(מד) אסור לאכול חדש - היינו תבואה שנשרשה אחר ט"ז בניסן שהוא זמן הקרבת העומר דאם נשרשה קודם העומר העומר מתירה כדאיתא ביו"ד סימן רצ"ג וע"ש עוד שחדש שייך רק בחמשת המינים חטים ושעורים וכוסמין ושבולת שועל ושיפון:

Il est interdit de manger du grain nouveau - C'est-à-dire la céréale qui a pris racine après le 16 nissan, qui est le temps de l'offrande de l'Omer ; car si elle a pris racine avant l'Omer, l'Omer la permet, comme il est dit dans Yoré Déa siman 293. Voir encore là-bas que le grain nouveau ne concerne que les cinq espèces : froment, orge, épeautre, avoine et seigle.

(מה) אף בזמן הזה - מדכתיב ולחם וקלי וכרמל לא תאכלו עד עצם היום הזה וגו' בכל מושבותיכם משמע מזה דאף בחוץ לארץ נוהג איסור עד עצם היום דהיינו יום הבאת קרבן שהוא ט"ז בניסן ומשום ספיקא דיומא מחמרינן עוד על יום אחד. והנה ביו"ד סימן רצ"ג כתב רמ"א היתר לחדש דהוי ס"ס חדא שמא התבואה היא משנה שעברה ואת"ל משנה זו דלמא נשרשה קודם לעומר וה"ה אם הוא מקום שמביאים תבואה ממקומות אחרים שתבואתן נשרשת קודם לעומר וכתבו האחרונים דבמדינת פולין אין להקל כ"א בחטין ושיפון דרובא דרובא נזרעים בחודש חשון ואין שייך בהם חדש [אם לא אותן שידועין שנזרעו בקיץ] אבל שעורים ושבולת שועל וכוסמין רובן וכמעט כולם נזרעים אחר הפסח וגם אין רגיל להביא שם תבואה ממדינות אחרות אין להקל בם. ומ"מ רוב העולם אין נזהרין כלל באיסור חדש ויש שלמדו עליהם זכות לפי שהוא דבר קשה להיות זהיר בזה ולכן סומכין מפני הדחק על מקצת הראשונים שסוברין שחדש בחו"ל אינה אלא מד"ס שגזרו משום א"י ולא גזרו אלא במקומות הסמוכין לא"י כגון מצרים ובבל ויש שלמדו עליהם זכות שסוברין שחדש אינו נוהג אלא בתבואה של ישראל אבל לא בשל עכו"ם ולפ"ז צריך להזהיר לישראלים שיש להם תבואה זרועה בשדות שלהם שינהגו בה איסור חדש. והנה אף שאין בידינו למחות ביד המקילין מ"מ כל בעל נפש לא יסמוך על התירים הללו ויחמיר לעצמו בכל מה שאפשר לו כי להרבה גדולי הראשונים הוא איסור דאורייתא בכל גווני. ודע עוד דאף שכתבנו לעיל בשם האחרונים דבחטין אין לחוש כלל שמא הם של חדש מפני דהרוב נזרעו בודאי בחודש חשון כהיום שדרך להביא ע"ד מסלת הברזל קמח חטים ממקומות הרחוקין וידוע שבפנים רוסיא נמצא הרבה מקומות שנזרעו החטין בקיץ ומצוי שם חדש כמעט יותר מן הישן אם יודע שבא הקמח משם צריך ליזהר בזה בימות החורף שאז כבר נעשין הקמח מתבואה חדשה. ולענין שכר ויתר דיני חדש עיין ביו"ד סי' רצ"ג ובאחרונים שם:

Même de nos jours - Parce qu'il est écrit « et du pain, du grain grillé et du grain tendre, vous n'en mangerez pas jusqu'à ce jour même etc., dans toutes vos demeures », ce qui implique que même hors d'Erets Israël l'interdit s'applique jusqu'à ce jour même, c'est-à-dire le jour de l'apport de l'offrande, le 16 nissan ; et à cause du doute du jour on est encore strict d'un jour de plus. Or dans Yoré Déa siman 293 le Rema a écrit une permission pour le grain nouveau, car c'est un double doute : d'une part peut-être la céréale est-elle de l'année passée, et à supposer qu'elle soit de cette année, peut-être a-t-elle pris racine avant l'Omer ; et de même s'il s'agit d'un lieu où l'on apporte des céréales d'autres régions dont les céréales prennent racine avant l'Omer. Les Aharonim ont écrit qu'en Pologne on ne peut être indulgent que pour le froment et le seigle, dont la très grande majorité est semée au mois de 'Hechvan et auxquels le grain nouveau ne s'applique pas [sauf ceux dont on sait qu'ils ont été semés en été] ; mais l'orge, l'avoine et l'épeautre, la plupart et presque toutes sont semées après Pessa'h, et l'on n'a pas non plus l'habitude d'y apporter des céréales d'autres pays : on ne peut être indulgent pour elles. Toutefois la plupart des gens ne sont pas du tout attentifs à l'interdit du grain nouveau, et certains ont plaidé en leur faveur parce que c'est une chose difficile que d'y être attentif, et qu'ils s'appuient donc, face à la contrainte, sur quelques Rishonim qui tiennent que le grain nouveau hors d'Erets Israël n'est que rabbinique, décret à cause d'Erets Israël, et qu'ils n'ont décrété que dans les lieux proches d'Erets Israël, comme l'Égypte et Babel. D'autres ont plaidé en leur faveur en tenant que le grain nouveau ne s'applique qu'à la céréale d'Israël, mais non à celle d'un non-juif ; selon cela, il faut avertir les Juifs qui ont des céréales semées dans leurs champs d'y observer l'interdit du grain nouveau. Or, bien que nous n'ayons pas le pouvoir de protester contre les indulgents, néanmoins tout homme de conscience ne s'appuiera pas sur ces permissions et sera strict pour lui-même en tout ce qui lui est possible, car pour beaucoup de grands Rishonim c'est un interdit de la Torah dans tous les cas. Sache encore que, bien que nous ayons écrit plus haut au nom des Aharonim que pour le froment il n'y a pas du tout à craindre qu'il soit de grain nouveau, parce que la majorité est certainement semée au mois de 'Hechvan, aujourd'hui qu'il est d'usage d'apporter par le chemin de fer de la farine de froment de lieux lointains, et qu'il est connu qu'à l'intérieur de la Russie se trouvent beaucoup de lieux où le froment est semé en été et où le grain nouveau y est presque plus fréquent que l'ancien, si l'on sait que la farine en vient, il faut y être attentif en hiver, car alors déjà les farines sont faites de céréale nouvelle. Pour la bière et les autres dins du grain nouveau, voir Yoré Déa siman 293 et les Aharonim là-bas.

(מו) בין קלי - גרעינים של חמשת המינים הנ"ל הקלויין באור:

Que ce soit qali - Les grains des cinq espèces susdites grillés au feu.

(מז) בין כרמל - היינו שנתמולל ביד ולא הובהב באור:

Que ce soit karmel - C'est-à-dire froissé à la main et non grillé au feu.

(מח) עד תחלת וכו' - וכתבו האחרונים דאף הנזהרים מחדש אינם נזהרים בפליטת כלים אם לא שברור לו שנתבשל בו מתבואה חדשה ונראה שאף בזה אין להחמיר רק בתוך מעל"ע מן הבישול הראשון:

Jusqu'au début etc. - Et les Aharonim ont écrit que même ceux qui sont attentifs au grain nouveau ne sont pas attentifs aux absorptions des ustensiles, sauf s'il est clair que l'on y a cuit du grain nouveau ; et il semble que même en cela il n'y a pas à être strict que dans les vingt-quatre heures depuis la première cuisson.

(מט) ובא"י עד תחלת וכו' - דשם אינו אלא יום אחד והא דמחמרינן כל יום ט"ז משום דכתיב עד עצם היום הזה וקי"ל דעד ועד בכלל:

Et en Erets Israël jusqu'au début etc. - Car là-bas ce n'est qu'un jour ; et si l'on est strict tout le 16, c'est parce qu'il est écrit « jusqu'à ce jour même », et nous tenons que « jusqu'à » est inclus.