On retarde Arvit jusqu’à la sortie des étoiles pour que les quarante-neuf jours du ’Omer soient complets. Veille d’étude toute la nuit. Lectures : Akdamot, Dix Paroles au taam elyon, Merkava d’Yéhezkel. Pas de tahanoun ni de jeûne de Roch ’Hodech Sivan jusqu’après Issrou ’Hag. Herbes et arbres en souvenir du Sinaï. Mets lactés puis viande, avec deux pains, souvenir des chétei halé’hem.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
{א} ביום נ' לספירת העומר וכו' - ומאחרין להתפלל ערבית בכניסת שבועות בצאת הכוכבים כדי שיהיו ימי הספירה מ"ט יום תמימות. איתא בזוהר שחסידים הראשונים היו נעורים כל הלילה ועוסקים בתורה וכבר נהגו רוב הלומדים לעשות כן ואיתא בשו"ע האר"י ז"ל דע שכל מי שבלילה לא ישן כלל ועיקר והיה עוסק בתורה מובטח לו שישלים שנתו ולא יארע לו שום נזק. והטעם כתב מ"א ע"פ פשוטו שישראל היו ישנים כל הלילה והוצרך הקב"ה להעיר אותם לקבל התורה [כדאיתא במדרש] לכך אנו צריכין לתקן זה. וצריכין ליזהר אותם הנעורים כל הלילה שלא לברך על נטילת ידים בבוקר רק אחר שעשה צרכיו קודם התפלה ואז מברך על נט"י ואשר יצר וכמבואר לעיל בסימן ד' סק"ל ע"ש ולענין ברכה על טלית קטן יש דעות בין הפוסקים וע"כ יראה לכוין לפטור אותה בברכה שמברך על טלית גדול כמבואר לעיל סימן ח' במ"ב ס"ק מ"ב ולענין ברכת התורה עיין לעיל בסימן מ"ז במ"ב סקכ"ח ולענין ברכת אלהי נשמה וברכת המעביר שנה עיין בסימן מ"ו במ"ב סקכ"ד. נכון ליזהר ע"פ קבלה מלשמש בליל שבועות אם לא בליל טבילה ועיין מה שכתבנו לעיל בסימן ר"מ במ"ב סק"ז ובה"ל שם:
Le jour du cinquantième du compte du 'Omer, etc. - On retarde la tefila d'Arvit à l'entrée de Chavouot jusqu'à la sortie des étoiles, afin que les jours du compte soient quarante-neuf jours complets (temimot). Il est dit dans le Zohar que les premiers hassidim restaient éveillés toute la nuit et s'occupaient de Torah ; la plupart des érudits ont déjà pris l'habitude de faire ainsi. Il est dit dans le Choul'han Aroukh de l'Ari zal : sache que quiconque, cette nuit-là, ne dort absolument pas et s'occupe de Torah a l'assurance que son sommeil lui sera complété et qu'aucun dommage ne lui arrivera. Le motif, écrit le Magen Avraham selon le sens simple : Israël dormait toute la nuit et ה' dut les réveiller pour recevoir la Torah [comme il est dit dans le Midrach] ; aussi devons-nous réparer cela. Ceux qui restent éveillés toute la nuit doivent prendre garde de ne pas bénir « al netilat yadayim » le matin, mais seulement après avoir satisfait leurs besoins avant la tefila ; alors on bénit « al netilat yadayim » et « acher yatsar », comme exposé plus haut au siman 4 seif katan 30, voir là-bas. Quant à la berakha sur le talit katan, il y a des avis parmi les décisionnaires ; on veillera donc à avoir l'intention de l'exempter par la berakha dite sur le talit gadol, comme exposé plus haut au siman 8, Michna Beroura seif katan 42. Pour la berakha de la Torah, voir plus haut au siman 47, Michna Beroura seif katan 28. Pour la berakha « Elohaï nechama » et « hamaavir chéna », voir au siman 46, Michna Beroura seif katan 24. Il convient, d'après la Kabbale, de s'abstenir de relations conjugales la nuit de Chavouot, sauf nuit de tevila ; voir ce que nous avons écrit plus haut au siman 240, Michna Beroura seif katan 7 et Biour Halakha là-bas.
{ב} וקורין בראשון וכו' - והמנהג לומר אקדמות והסכימו כמה אחרונים לומר זה קודם שמתחיל הכהן לברך על התורה וכן המנהג כהיום בכמה קהלות אכן יציב פתגם שאומרים ביום שני בעת קריאת הפטרה נתפשט באיזה מקומות לאמרו אחר פסוק ראשון של הפטרה:
On lit dans le premier, etc. - L'usage est de dire Akdamot. Plusieurs Aharonim ont convenu de le dire avant que le kohen commence à bénir sur la Torah ; tel est l'usage aujourd'hui dans plusieurs communautés. Quant à Yetsiv Pitgam, que l'on dit le second jour au moment de la lecture de la haftara, il s'est répandu en certains lieux de le dire après le premier verset de la haftara.
{ג} מבחודש השלישי - וקורין הדברות בטעם העליון ועיין בבה"ל שביארתי בארוכה:
« Au troisième mois » - On lit les Dibrot (Dix Paroles) selon le taam elyon (cantillation supérieure) ; voir le Biour Halakha où je l'ai expliqué longuement.
{ד} במרכבה דיחזקאל - ונוהגין במקצת מקומות שגדול וחכם קורא זאת ההפטרה וסמך לדבר ולא במעשה מרכבה אא"כ היה חכם ומבין מדעתו וגם יש נוהגין שכל מי שקורא אותה עם המפטיר בלחש אומר אותה ג"כ מעומד מפני כבודה:
La Merkava d'Yéhezkel - En certains lieux, on a l'usage qu'un homme grand et sage lise cette haftara ; l'appui en est : « on n'expose pas l'œuvre de la Merkava, à moins d'être sage et de comprendre de son propre savoir ». Il y a aussi ceux qui ont l'usage que quiconque la lit à voix basse avec le maftir la dise aussi debout, par respect pour elle.
{ה} כל הבכור - ואם חל בשבת שצריכין לקרות יותר דהא בשבת צריך ז' קרואים מתחילין עשר תעשר:
« Tout premier-né » - Si [le second jour] tombe un Chabbat, où l'on doit lire davantage, car le Chabbat il faut sept appelés, on commence à « Asser teasser ».
{ו} במוצאי - מפני כשחל עצרת בשבת היה יום זביחת הקרבנות אחר השבת והוא כעין יו"ט [מ"א] ולפי טעם זה באסרו חג שאחר סוכות מותר להתענות אכן מדברי הגר"א משמע דגם שם אין להתענות וכ"מ בב"י:
À la sortie [de Chavouot] - Parce que, lorsque Atséret tombait un Chabbat, le jour de l'abattage des sacrifices était après le Chabbat, et il est comme une sorte de Yom Tov [Magen Avraham]. Selon ce motif, à l'Issrou 'Hag qui suit Soukot, il est permis de jeûner ; toutefois, des paroles du Gaon de Vilna il ressort que là aussi l'on ne jeûne pas, et c'est aussi ce qui ressort du Beit Yossef.
{ז} וא"א תחנון - וגם אין מתענים בם:
On ne dit pas tahanoun - Et l'on ne jeûne pas non plus ces jours-là.
{ח} מתחלת ר"ח סיון - דמיד בשני בסיון א"ל משה לקדשם לתורה כדכתיב אם שמוע תשמעו בקולי ושמרתם את בריתי וגו' ואח"כ מתחיל ג' ימי הגבלה:
Dès le début de Roch 'Hodech Sivan - Car dès le deux Sivan, Moché leur dit de se sanctifier pour la Torah, comme il est écrit : « Si vous écoutez vraiment Ma voix et que vous gardiez Mon alliance, etc. » ; ensuite commencent les trois jours de hagbala.
{ט} בשבועות - היינו בין ששוטחן בעיו"ט או ביו"ט גופא ואפילו אם אותן עשבים אין ראויין למאכל בהמה כיון שחשב עליהן מבעוד יום שרי לטלטלן כמש"כ סימן ש"ח ס"כ ובפרט אם הם עשבים המריחין אכן אם חל שבועות ביום א' אין לשוטחן בשבת כיון שכונתו לצורך יו"ט ואין שבת מכין ליו"ט אלא ישטחם ביו"ט גופא או בע"ש:
À Chavouot - Que l'on les étende la veille de Yom Tov ou le Yom Tov même. Même si ces herbes ne sont pas propres à la nourriture du bétail, dès lors qu'on a pensé à elles de jour encore, il est permis de les déplacer, comme écrit au siman 308 seif 20 ; surtout s'il s'agit d'herbes odorantes. Toutefois, si Chavouot tombe un dimanche, on ne les étendra pas le Chabbat, puisque l'intention est pour le besoin de Yom Tov et que le Chabbat ne prépare pas pour Yom Tov ; on les étendra le Yom Tov même ou le vendredi.
{י} זכר לשמחת מתן תורה - שהיו שם עשבים סביב הר סיני כדכתיב הצאן והבקר אל ירעו וגו'. כתבו האחרונים במקום שנוהגין לחלק עשבים המריחים בבהכ"נ לא יחלקו מברוך שאמר עד אחר תפלת י"ח כדי שיוכל לברך עליהן דבינתים אסור להפסיק. נוהגין להעמיד אילנות בבהכ"נ ובבתים זכר שבעצרת נידונו על פירות האילן [מ"א] והגר"א ביטל מנהג זה משום שעכשיו הוא חק העמים להעמיד אילנות בחג שלהם:
Souvenir de la joie du don de la Torah - Car il y avait là des herbes autour du mont Sinaï, comme il est écrit : « que le petit et le gros bétail ne paissent pas, etc. » Les Aharonim ont écrit : là où l'on a l'usage de distribuer des herbes odorantes à la synagogue, on ne les distribuera pas depuis « Baroukh chéamar » jusqu'après la tefila des Dix-Huit, afin que l'on puisse bénir sur elles, car entre-temps il est interdit d'interrompre. On a l'usage de dresser des arbres à la synagogue et dans les maisons, souvenir de ce qu'à Atséret on est jugé sur les fruits de l'arbre [Magen Avraham]. Le Gaon de Vilna a aboli cet usage, parce qu'à présent c'est une pratique des nations de dresser des arbres à leur fête.
{יא} בכמה מקומות לאכול - ואם מותר להתענות תענית חלום בשבועות עיין לקמן בסימן תר"ד במ"א ובמה שכתבנו שם במ"ב:
En plusieurs lieux, [on a l'usage de] manger - Quant à savoir s'il est permis de jeûner un jeûne de rêve à Chavouot, voir plus loin au siman 604 dans le Magen Avraham et ce que nous avons écrit là-bas dans la Michna Beroura.
{יב} מאכלי חלב - עיין מ"א ואני שמעתי עוד בשם גדול אחד שאמר טעם נכון לזה כי בעת שעמדו על הר סיני וקבלו התורה [כי בעשרת הדברות נתגלה להם עי"ז כל חלקי התורה כמו שכתב רב סעדיה גאון שבעשרת הדברות כלולה כל התורה] וירדו מן ההר לביתם לא מצאו מה לאכול תיכף כ"א מאכלי חלב כי לבשר צריך הכנה רבה לשחוט בסכין בדוק כאשר צוה ה' ולנקר חוטי החלב והדם ולהדיח ולמלוח ולבשל בכלים חדשים כי הכלים שהיו להם מקודם שבישלו בהם באותו מעל"ע נאסרו להם ע"כ בחרו להם לפי שעה מאכלי חלב ואנו עושין זכר לזה:
Mets lactés - Voir le Magen Avraham. J'ai encore entendu au nom d'un grand un motif juste à cela : lorsqu'ils se tinrent au mont Sinaï et reçurent la Torah [car dans les Dix Paroles leur fut révélé par là toutes les parties de la Torah, comme l'a écrit Rav Saadia Gaon : dans les Dix Paroles est incluse toute la Torah] et descendirent de la montagne chez eux, ils ne trouvèrent rien à manger sur-le-champ sinon des mets lactés ; car pour la viande il faut une grande préparation : égorger avec un couteau examiné comme l'a ordonné ה', extraire les nerfs de suif et le sang, rincer, saler et cuire dans des ustensiles neufs, car les ustensiles qu'ils avaient auparavant, dans lesquels ils avaient cuit durant ces vingt-quatre heures (méet léet), leur étaient devenus interdits. C'est pourquoi ils choisirent pour l'heure des mets lactés, et nous en faisons souvenir.
{יג} ביום ראשון וכו' - גם נוהגין בקצת מקומות לאכול דבש וחלב מפני התורה שנמשלה לדבש וחלב כמש"כ דבש וחלב תחת לשונך וגו':
Le premier jour, etc. - En certains lieux on a aussi l'usage de manger du miel et du lait, parce que la Torah est comparée au miel et au lait, comme il est écrit : « Le miel et le lait sous ta langue, etc. »
{יד} כמו השני תבשילין וכו' כן אוכלים וכו' - ר"ל כשם שבפסח עושין זכר לקרבן כן אנו צריכין לעשות בשבועות זכר לשתי הלחם שהיו מביאין וע"כ אוכלים מאכלי חלב ואח"כ מאכל בשר וצריכין להביא עמהם שתי לחמים דאסור לאכול בשר וחלב מלחם אחד ויש בזה זכרון לשתי הלחם:
Comme les deux mets, etc., ainsi on mange, etc. - C'est-à-dire : de même qu'à Pessa'h on fait un souvenir du sacrifice, ainsi devons-nous à Chavouot faire un souvenir des deux pains que l'on apportait. C'est pourquoi l'on mange des mets lactés puis un mets de viande, et l'on doit apporter avec eux deux pains, car il est interdit de manger viande et lait d'un même pain ; et il y a en cela un souvenir des deux pains (chétei halé'hem).
{טו} ב' לחם וכו' - ולכן נהגו לאפות לחם אחד עם חמאה דאז בודאי יצטרך להביא לחם אחר לאכול עם בשר ויזהר אז להסיק התנור יפה בין לחם ללחם וגם צריך מרדה חדשה דלא כמקצת נשים שמהפכין אותה על צד השני דהא בלוע מעבר אל עבר משמנונית:
Deux pains, etc. - C'est pourquoi l'on a pris l'habitude de cuire un pain avec du beurre : alors on devra certainement apporter un autre pain pour manger avec la viande. On prendra garde alors de bien chauffer le four entre pain et pain, et il faut aussi une pelle neuve (marda) ; non comme certaines femmes qui la retournent de l'autre côté, car le gras est absorbé de part en part.
{טז} על השלחן - ויזהר ליקח מפה אחרת כשרוצה לאכול בשר. וא"צ להפסיק בבהמ"ז אם אינו אוכל גבינה קשה אלא יקנח פיו יפה וידיח כדאיתא ביו"ד סי' פ"ט:
Sur la table - On prendra garde de prendre une autre nappe quand on veut manger de la viande. On n'a pas besoin d'interrompre par le Birkat hamazone si l'on ne mange pas de fromage dur ; on essuiera bien la bouche et l'on rincera, comme il est dit dans Yoré Déa siman 89.
{יז} זכרון לב' הלחם - וא"כ יהיו של חטין דוגמת שתי הלחם. כתב הפמ"ג יש ליזהר בענין מאכלי בשר וחלב בכל מה שנזהרין בכל השנה המבואר ביו"ד סי' פ"ח ופ"ט ושלא לצאת שכרם בהפסדם. עוד כתב בנוסח ברכת הפטרה על התורה ועל העבודה וכו' את יום חג השבועות הזה אבל אין מזכירין לומר מקרא קודש וכו'. ומזכירין נשמות ואומרים אב הרחמים ביום שני ובכל מקום שקורין כל הבכור מזכירין נשמות שיש בו מתנת יד ונודרים צדקה. כשחל שבועות ביום וי"ו זיי"ן אין אומרים פרקים וכשחל שבועות במו"ש אומרים פרקים במנחה בשבת:
Souvenir des deux pains - Ils seront donc de blé, à l'exemple des deux pains. Le Peri Megadim a écrit : il faut prendre garde, pour les mets de viande et de lait, à tout ce dont on se garde toute l'année, exposé dans Yoré Déa simanim 88 et 89, afin que leur gain ne se change pas en perte. Il a encore écrit : dans le texte de la berakha de la haftara : « sur la Torah et sur le service, etc., ce jour de la fête de Chavouot » ; mais on ne mentionne pas de dire « mikra kodesh, etc. » On mentionne les âmes et l'on dit Av haRa'hamim le second jour ; et en tout lieu où l'on lit « Kol haBekhor », on mentionne les âmes, car il y est question du don de la main, et l'on fait des vœux de tsédaka. Quand Chavouot tombe vendredi-Chabbat, on ne dit pas les chapitres (Pirké Avot) ; et quand Chavouot tombe à la sortie du Chabbat, on dit les chapitres à Min'ha le Chabbat.