Partager le jour : moitié Torah et tefila, moitié repas et joie. Honorer et réjouir Yom Tov comme Chabbat : lavage, vêtements, deux pains, vin, viande. Deux repas avec pain ; pas d’usage d’un troisième. Joie biblique, y compris les femmes ; nourrir le pauvre. Hol Hamoed : joie oui, honneur et délice non obligatoires. Jeûne d’un songe ; interdiction de la légèreté ; surveillance publique.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
{א} מצות יו"ט לחלקו וכו' - דבחד קרא כתיב עצרת תהיה לכם ובחד קרא כתיב עצרת לה' אלהיך וע"כ אחז"ל דצריך לחלקו חציו לה' דהיינו לתורה ותפלה וחציו לכם דהיינו לאכילה ושתיה בשביל עונג יו"ט וע"כ יש לגעור בחזנים המאריכים יותר מחציו של יום וכתבו הפוסקים דכך הוא הדרך הנכון בבוקר מקדימין לילך לבה"כ ולבתי מדרשות ומתפללין וקורין בתורה בענינו של יום ומתפללין מוסף וחוזרין לבתיהם ואוכלין והולכין לבתי מדרשות ושונין עד חצי היום ואח"כ כשבא זמן מנחה מתפללין תפלה המנחה להתענג בשמחת יו"ט שאר היום עד הלילה כדי לקיים חציו לכם ועיין לקמיה בסעיף ג':
La mitsva de Yom Tov est de le partager, etc. - Car dans un verset il est écrit « atséret sera pour vous » et dans un autre « atséret pour ה' ton Dieu » ; aussi nos Sages ont-ils dit qu’il faut le partager : moitié pour ה', c’est-à-dire Torah et tefila, et moitié pour vous, c’est-à-dire manger et boire pour le délice de Yom Tov. Aussi faut-il réprimander les officiants qui prolongent au-delà de la moitié du jour. Les décisionnaires ont écrit que la bonne voie est : le matin, on se hâte d’aller à la synagogue et aux maisons d’étude, on prie et on lit dans la Torah le sujet du jour, on prie Moussaf, on rentre chez soi et l’on mange, on va aux maisons d’étude et l’on étudie jusqu’à midi ; ensuite, quand arrive l’heure de Min’ha, on prie Min’ha, pour se réjouir de la joie de Yom Tov le reste du jour jusqu’à la nuit, afin d’accomplir « moitié pour vous ». Voir plus bas au seif 3.
{ב} ואל יצמצם וכו' - שכל מזונותיו ויציאותיו של אדם קצובים לו מראש השנה חוץ מהוצאות שבתות ויו"ט שאם פיחת פוחתין לו ואם מוסיף מוסיפין לו [גמרא]:
Et qu’il ne restreigne pas, etc. - Car toute la nourriture et toutes les dépenses d’un homme lui sont fixées dès Roch Hachana, sauf les dépenses des Chabbats et des Yom Tov : s’il les diminue, on les lui diminue ; s’il les augmente, on les lui augmente [Guemara].
{ג} וצריך לכבדו - דהיינו רחיצה בחמין בעיו"ט כמו בע"ש עיין לעיל סי' ר"ס וכן שילבש כסות נקיה ולא ילבש מלבושי חול וכמו לענין שבת עיין לעיל סי' רס"ב ס"א וב' וה"ה לענין יו"ט ועיין סימן ר"נ שצריך כל אדם להשתדל בעצמו להכין שום דבר לצורך שבת אע"פ שיש לו משרתים וה"ה לענין יו"ט:
Et il faut l’honorer - C’est-à-dire se laver à l’eau chaude la veille de Yom Tov comme la veille de Chabbat ; voir plus haut siman 260. De même, qu’il revête des vêtements propres et ne porte pas les habits de semaine, comme pour Chabbat ; voir plus haut siman 262 seif 1 et 2 ; et il en va de même pour Yom Tov. Voir siman 250 : tout homme doit s’efforcer lui-même de préparer quelque chose pour Chabbat, même s’il a des serviteurs ; et il en va de même pour Yom Tov.
{ד} כמו בשבת - דכתיב וקראת לשבת עונג לקדוש ה' מכובד וימים טובים נאמר בהן מקרא קודש וגם בתורת כהנים איתא מקרא קודש קדשהו ובמה אתה מקדשו במאכל ומשתה וכסות נקיה:
Comme à Chabbat - Car il est écrit : « tu appelleras le Chabbat délice, le saint de ה' honoré » ; et au sujet des Yom Tov il est dit « convocations saintes » ; et aussi dans la Torat Kohanim : « convocation sainte — sanctifie-le » ; et par quoi le sanctifies-tu ? Par nourriture, boisson et vêtements propres.
{ה} ואסור לאכול וכו' - האי לישנא לאו דוקא דגם בע"ש אינו איסור אלא מצוה להמנע מלקבוע סעודה מתשע שעות ולמעלה וכנ"ל בסימן רמ"ט ע"ש:
Et il est interdit de manger, etc. - Cette formulation n’est pas à la lettre : même la veille de Chabbat, ce n’est pas une interdiction, mais une mitsva de s’abstenir de fixer un repas à partir de la neuvième heure ; comme plus haut au siman 249, voir là-bas.
{ו} ממנחה ולמעלה - היינו מזמן מנחה קטנה וכמ"ש מקודם:
À partir de Min’ha - C’est-à-dire à partir de l’heure de Min’ha ketana, comme écrit plus haut.
{ז} שזהו מכלל הכבוד - כדי שיאכל בליל יו"ט לתיאבון:
Car cela fait partie de l’honneur - Afin qu’il mange le soir de Yom Tov de bon appétit.
{ח} יכול לקיים - ר"ל אפילו אם שכח או עבר ולא קיים סעודה שלישית קודם זמן מנחה קטנה יכול לקיים אח"כ אך אז מצוה לכתחלה ליזהר שיאכל רק מעט פת כדי שיאכל בלילה לתיאבון וה"ה כשחל יו"ט ראשון בשבת שייך כל אלו הדברים:
Il peut accomplir - C’est-à-dire : même s’il a oublié ou transgressé et n’a pas accompli le troisième repas avant l’heure de Min’ha ketana, il peut l’accomplir ensuite ; mais alors c’est une mitsva a priori (lekhathila) de veiller à ne manger qu’un peu de pain, afin de manger le soir de bon appétit. Il en va de même lorsque le premier Yom Tov tombe un Chabbat : toutes ces règles s’appliquent.
{ט} וחייב לבצוע - בשתי הסעודות שאוכל ביו"ט וכדלקמיה:
Et il est tenu de rompre [le pain] - Aux deux repas qu’il mange à Yom Tov, comme plus bas.
{י} על שתי ככרות - שגם ביו"ט לא היה יורד המן כמו בשבת והיה יורד בעיו"ט כפלים:
Sur deux pains - Car aussi à Yom Tov la manne ne tombait pas, comme à Chabbat, et elle tombait la veille de Yom Tov en double.
{יא} על היין - היינו גם באמצע סעודה מלבד מה שקידש על היין מתחלה וכמו לענין שבת וכנ"ל בסוף סי' ר"נ וגם מצוה לאכול בשר וכל זה אם ידו משגת ועיין לעיל בסימן רמ"ב. ואיתא בע"ג דף ה' שתקנו להרבות בסעודה ביו"ט הראשון של פסח ובעצרת ובר"ה וביו"ט האחרון של חג:
Sur le vin - C’est-à-dire aussi au milieu du repas, outre le kidouch sur le vin au début, comme pour Chabbat, et comme plus haut à la fin du siman 250. C’est aussi une mitsva de manger de la viande ; tout cela si ses moyens le permettent ; voir plus haut siman 242. Il est dit dans Avoda Zara 5a qu’on a institué d’augmenter le repas au premier Yom Tov de Pessa’h, à Atséret, à Roch Hachana et au dernier Yom Tov de la Fête.
{יב} ובגדי יו"ט וכו' - משום דחייב בשמחה וזהו ג"כ בכלל שמחה ופשוט דכל זה ג"כ בידו משגת:
Et les vêtements de Yom Tov, etc. - Parce qu’il est tenu à la joie, et cela aussi fait partie de la joie. Il est évident que tout cela aussi n’est requis que si ses moyens le permettent.
{יג} ולא נהגו וכו' שלישית - כ"א שתי סעודות ערבית ושחרית וחייב לאכול בהן פת ואם לא אכל בליל יום טוב יאכל ביום שני פעמים ויקדש בשחרית הקידוש של לילה וכמו לענין שבת בסימן רע"א ס"ח וסימן רצ"א ס"א. והנה יש מאחרונים שכתבו דאף דאין נוהגין לעשות סעודה ג' בפת מ"מ טוב שיאכל פירות ויש שכתבו שמזה נתפשט המנהג לאכול ביו"ט תבשיל אחד יותר בשחרית שיחשב במקום סעודה ואע"ג דבשבת אין מועיל זה לענין סעודה ג':
Et l’on n’a pas l’usage, etc. d’un troisième [repas] - Seulement deux repas, le soir et le matin ; et l’on est tenu d’y manger du pain. S’il n’a pas mangé le soir de Yom Tov, il mangera le jour deux fois et fera le matin le kidouch du soir, comme pour Chabbat au siman 271 seif 8 et siman 291 seif 1. Or certains Aharonim ont écrit que, bien qu’on n’ait pas l’usage de faire un troisième repas avec du pain, il est bon toutefois de manger des fruits ; et d’aucuns ont écrit que de là s’est répandu l’usage de manger à Yom Tov un mets de plus le matin, qui compte à la place d’un repas — bien qu’à Chabbat cela ne vaille pas pour le troisième repas.
{יד} מאחרין לבוא וכו' - כדי לטרוח בסעודת יו"ט קודם שילכו לבהכ"נ והאידנא שמאריכין בפיוטים ובניגונים בין יוצר אור וק"ש וקרוב לודאי שיעבור זמן ק"ש צריך להשכים בכל יום טוב כדי לקרות ק"ש בזמן הראוי:
On retarde de venir, etc. - Afin de s’occuper du repas de Yom Tov avant d’aller à la synagogue. De nos jours, où l’on prolonge par les piyoutim et les mélodies entre « Yotser Or » et le Chema, et qu’il est presque certain que l’heure du Chema passera, il faut se lever tôt chaque Yom Tov afin de lire le Chema à l’heure voulue.
{טו} חייב אדם להיות שמח וכו' - והוא מ"ע מן התורה דכתיב ושמחת בחגך ונוהגת גם בנשים [שע"ת בשם הש"א]:
L’homme est tenu d’être joyeux, etc. - C’est un commandement positif de la Torah, car il est écrit « tu te réjouiras en ta fête » ; et il s’applique aussi aux femmes [Chaarei Techouva au nom du Chaagat Aryé].
{טז} במועד - עיין ברמב"ם פ"ו מהלכות יו"ט דגם חוה"מ הוא בכלל מועד לענין שמחה אבל לענין כבוד ועונג אין חייב בחוה"מ דלא נאמר בהן מקרא קודש:
Pendant le moéd - Voir le Rambam, ch. 6 des lois de Yom Tov : Hol Hamoed aussi est compris dans le moéd quant à la joie ; mais quant à l’honneur et au délice, on n’y est pas tenu pendant Hol Hamoed, car il n’y est pas dit « convocation sainte ».
{יז} וחייב להאכיל לגר ליתום וכו' - שנאמר (דברים ט״ז:י״ד) והלוי והגר והיתום וגו' אבל מי שנועל דלתי חצרו ואוכל ושותה הוא ובניו ואשתו ואינו מאכיל ומשקה לעניים ולמרי נפש אין זו שמחת מצוה אלא שמחת כריסו ועל אלו נאמר זבחיהם כלחם אונים להם כל אוכליו יטמאו כי לחמם לנפשם טמא הוא ושמחה כזו קלון הוא להם שנאמר וזריתי פרש על פניכם פרש חגיכם [רמב"ם] וגם בזוה"ק מפליג מאוד בעונש מי שאינו נותן לעני מסעודתו ביו"ט ר"ל והעתיקו ד"ז כל האחרונים ונתפרסם גודל החיוב לכל ישראל וע"כ אינו מצוי שישאר עני ביום טוב בלי סעודה אבל מה נעשה עם האומללים והנדכאים בעיר שמתביישין לפשוט יד ולבקש וע"כ נהגו באיזה מקומות שקודם יו"ט הולכין נבוני לב לבתי העשירים לקבץ עבור אלו המרי נפש ואשרי האנשים שמשימין עין ע"ז שמזכין לעצמן ומזכין לכל אנשי העיר:
Et il est tenu de nourrir le ger (prosélyte), l’orphelin, etc. - Car il est dit (Deutéronome 16, 14) : « le Lévite, le ger, l’orphelin, etc. » Mais celui qui ferme les portes de sa cour, mange et boit, lui, ses fils et sa femme, et ne nourrit ni n’abreuve les pauvres et les affligés : ce n’est pas une joie de mitsva, mais la joie de son ventre ; et sur ceux-là il est dit : « leurs sacrifices sont pour eux comme un pain de deuil, quiconque en mange se rend impur, car leur pain est pour eux-mêmes » ; et une telle joie est une honte pour eux, car il est dit : « je répandrai de la fiente sur vos visages, la fiente de vos fêtes » [Rambam]. Le Zohar aussi s’étend beaucoup sur le châtiment de qui ne donne pas au pauvre de son repas de Yom Tov, à Dieu ne plaise ; tous les Aharonim ont recopié cela, et la grandeur de l’obligation s’est répandue dans tout Israël ; aussi n’est-il pas fréquent qu’un pauvre reste à Yom Tov sans repas. Mais que faire des malheureux et des accablés de la ville qui ont honte de tendre la main et de demander ? Aussi a-t-on pris l’usage, en certains lieux, qu’avant Yom Tov des hommes de cœur aillent chez les riches collecter pour ces affligés ; heureux ceux qui y veillent : ils se méritent à eux-mêmes et méritent à tous les gens de la ville.
{יח} ודין תענית וכו' - משמע מהרמ"א דדעתו לענין תענית חלום דצריך להתענות ביו"ט. ועיין בא"ר שהביא בשם דרשות מהר"ש שלא להתענות ביום שעולין לדוכן מפני שאמר הש"ס דליקום מקמי כהני דפרסי ידייהו ולימא וכו' ומאריך בענין זה ולבסוף מביא בשם אחרונים דהמנהג פשוט להתענות ומ"מ מסיק לבסוף דהיכי דיש עוד צד להקל יש להקל בזה יותר מבשבת:
Et la loi du jeûne, etc. - Il ressort du Rema que son avis, quant au jeûne d’un songe, est qu’il faut jeûner à Yom Tov. Voir l’Elya Rabba, qui rapporte au nom des Derashot du Maharash de ne pas jeûner le jour où l’on monte au doutchan, parce que le Talmud a dit de se lever devant les kohanim qui étendent les mains, etc. ; il s’étend là-dessus, puis rapporte au nom des Aharonim que l’usage répandu est de jeûner ; néanmoins il conclut à la fin que, s’il y a encore un autre motif d’alléger, on allégera ici plus qu’à Chabbat.
{יט} ביו"ט כמו בשבת - יש שכתבו דמי שמתענה ת"ח כיון שאינו מקיים חציו לכם צריך להיות כולו לה' דהיינו ללמוד או לומר תפלות ובקשות אבל בד"מ חלק ע"ז דכיון דמתענה מקרי כולו לה' ועוד דהטעם שהתירו להתענות משום דכיון דנפשו מרה לו התענית עונג הוא לו אם כן מקרי לכם:
À Yom Tov comme à Chabbat - Certains ont écrit que celui qui jeûne un jeûne de songe, puisqu’il n’accomplit pas « moitié pour vous », doit être tout entier pour ה', c’est-à-dire étudier ou dire des tefilot et des suppliques. Mais le Darkhei Moché contredit : puisqu’il jeûne, cela s’appelle tout entier pour ה' ; et de plus, la raison pour laquelle on a permis de jeûner est que, son âme étant amère, le jeûne est pour lui un délice : dès lors cela s’appelle « pour vous ».
{כ} אוכל ושותה וכו' - ואפילו הוא מסגף עצמו מפני תשובה בכל ימות השנה שלא לאכול בשר ושלא לשתות יין בשבתות ויום טוב וחנוכה ופורים חייב לאכול ולשתות [בית יעקב סי' ע"ג ועיין במאירי מש"כ בענין זה בריש פ"ב דביצה]:
Il mange et boit, etc. - Même s’il se mortifie par repentir tous les jours de l’année en ne mangeant pas de viande et en ne buvant pas de vin, à Chabbat, Yom Tov, Hanoucca et Pourim il est tenu de manger et de boire [Beit Yaakov siman 73 ; et voir le Méiri sur ce sujet au début du ch. 2 de Beitsa].
{כא} שיש בה עבודת היוצר - ומדת החסידים אשר השם לנגדם תמיד ובכל דרכיהם ידעוהו בעת שמחתם אז יותר ויותר משבחין להקב"ה אשר שימחם [טור ע"ש]:
Qui comporte le service du Créateur - Et la conduite des pieux, qui ont ה' toujours devant eux et Le connaissent en toutes leurs voies : au moment de leur joie, alors plus encore ils louent le Saint, béni soit-Il, qui les a réjouis [Tour, voir là].
{כב} וכן יזהירו בדבר זה לכל העם וכו' - הנה באמת ד"ז החיוב תמיד להזהיר ולמחות מי שיש בידו אלא שברגל מצוי הקלקול ביותר. ועיין בסי' של"ט בבה"ל ד"ה להקל:
Et de même on avertira tout le peuple à ce sujet, etc. - En vérité, cette obligation d’avertir et de protester incombe toujours à qui en a le pouvoir ; seulement, à la fête, le dérèglement est plus fréquent. Voir au siman 339 dans le Biour Halakha s.v. « pour alléger ».