משנה ברורה

Michna Beroura — siman 534

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois de la lessive pendant Hol Hamoed
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne lave pas pendant Hol Hamoed, afin de laver avant la fête. Exceptions : voyageur d’outre-mer, captif, prisonnier, excommunié absous, vœu absous, mouchoirs, linge d’enfants, tache de nida, une seule chemise. Linge de lin : permis en droit, interdit par l’usage. On n’apporte de chez l’artisan que le nécessaire à la fête.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLois de la lessive pendant Hol Hamoed
À ÉVITERLaver pendant le moéd
Même pour le besoin de la fête : on lave dès la veille de Yom Tov, pour ne pas entrer mal soigné
À FAIREExceptions qui lavent
Voyageur d’outre-mer et cas du siman 531:3-4 ; excommunié à qui l’on a permis ; mouchoirs de main et de nez ; linges de livres ; éponge du bain ; vêtements des petits enfants ; tache trouvée pendant le moéd / nida
À FAIREUne seule chemise
Permis de la laver : elle se salit même lavée avant Yom Tov (certains limitent cela à l’usage talmudique ; chemise de lin : pas lieu d’être strict)
À FAIRETout-petits
Permis de laver leurs vêtements : ils se salissent facilement, peu de peine
OUIMouchoirs
Ils se salissent aussitôt ; même s’il en a beaucoup. Usage actuel (changement seulement de Chabbat en Chabbat) : si seulement deux, la lessive de la veille suffit
OUINon-juif
Usage répandu : donner une chemise à un non-juif, hors de la maison. Donner pour laver après le moéd : permis, sans assigner le travail comme en semaine (siman 543)
NONApporter chez l’artisan
Même pour le besoin de la fête, même artisan non-juif, même de maison à maison : on craint qu’on croie qu’on a fait réparer pendant le moéd
NONArtisan sans pain
On lui donne son salaire et on laisse les objets chez lui (ou maison voisine si on ne s’y fie pas) ; pas les emporter ; le travail reste en privé
REMALaver en public au bord du fleuve : Magen Avraham strict (sauf mouchoirs et choses permises à tous) ; plusieurs Aharonim suivent le Rema (mieux lavé au fleuve + besoin de la fête). Éponge du bain : usage de rigueur (Beit Yossef au nom du Kol Bo).
Lessive interdite au moéd, même pour la fête. Exceptions : cas du 531, mouchoirs, linges, enfants, tache, une chemise. Artisan : salaire sans emporter. Public au fleuve : débat.

Glossaire

kibbous
lessive, lavage des vêtements
medinat hayam
pays d’outre-mer
menoudé
excommunié
mitpa’hot hayadayim
mouchoirs de main
halouk
chemise de dessous
baalat haketem
femme chez qui une tache de nida a été trouvée
sefag
linge dont on s’essuie au sortir du bain
parhessia
en public
tsinea
en privé

(א) אין מכבסין במועד - אפילו לצורך המועד והטעם כדי שיכבס מעיו"ט לצורך יו"ט ולא יכנס למועד כשהוא מנוול:

On ne lave pas pendant le moéd - Même pour le besoin de la fête. La raison : afin que l’on lave dès la veille de Yom Tov pour le besoin de Yom Tov, et que l’on n’entre pas dans la fête mal soigné.

(ב) ואלו שמכבסין הבא ממדינת הים וכו' - עיין לעיל בסימן תקל"א סעיף ג' וד' וכל הדברים שמבואר שם בפנים ובמ"ב לענין גילוח שייך גם בענינינו לענין כיבוס:

Et ceux-ci lavent : celui qui vient d’un pays d’outre-mer, etc. - Voir plus haut au siman 531 seif 3 et 4 ; et tout ce qui y est exposé dans le texte et dans le MB au sujet du rasage s’applique aussi ici à la lessive.

(ג) ומנודה שהתירו וכו' - דמנודה אסור בכיבוס:

Et l’excommunié à qui l’on a permis, etc. - Car l’excommunié a interdiction de lessive.

(ד) ומטפחות הידים - הטעם שדרכן להתלכלך תיכף וא"כ אפילו אם היה מכבסן מעיו"ט היו חוזרין ומתלכלכין ולכן אפילו יש לו הרבה מטפחות מותר לכבסן דצריך לכל יום מטפחת אחרת אכן לפי מה שנהגו כעת שמחליפין רק משבת לשבת ע"כ אפילו יש לו רק שנים אין לכבסן בחוה"מ שדי להם בכביסה שמעיו"ט. כתב הח"א דה"ה פאציילק"ע של חוטם דינו כמטפחות הידים:

Et les mouchoirs de main - La raison : ils ont coutume de se salir aussitôt ; dès lors, même si on les avait lavés la veille de Yom Tov, ils se saliraient de nouveau. Aussi, même s’il en a beaucoup, il est permis de les laver, car il faut un autre mouchoir chaque jour. Toutefois, selon l’usage actuel où l’on ne change que de Chabbat en Chabbat, même s’il n’en a que deux, on ne les lavera pas pendant Hol Hamoed : la lessive de la veille de Yom Tov leur suffit. Le Hayé Adam a écrit qu’il en va de même du mouchoir de nez : son statut est celui des mouchoirs de main.

(ה) הספרים - היינו ספריים שנותנין המטפחות עליהם כשמסתפרין ואית דמפרשי ספרים ממש היינו ספרי קודש והטעם בכל זה הוא כמו במטפחות הידים הנ"ל:

Des livres - C’est-à-dire les linges que l’on pose sur les livres lorsqu’on se fait couper les cheveux. Certains expliquent : des livres véritables, c’est-à-dire des livres saints. La raison, dans tous ces cas, est comme pour les mouchoirs de main ci-dessus.

(ו) הספג - היינו מה שמסתפגין בהן כשיוצאין מבית המרחץ וכתב ב"י בשם כל בו דעכשיו נהגו בזה חומרא וכן ראוי לעשות ועיין בא"ר:

De l’éponge - C’est-à-dire ce dont on s’essuie en sortant du bain. Le Beit Yossef a écrit au nom du Kol Bo qu’aujourd’hui l’on a pris une rigueur à ce sujet, et qu’il convient d’agir ainsi. Voir l’Elya Rabba.

(ז) ובגדי קטנים - כי דרך הקטנים להתלכלך בטיט ובצואה תדיר:

Et les vêtements des petits enfants - Car les petits ont coutume de se salir sans cesse de boue et d’excréments.

(ח) ובעלת הכתם שנמצא במועד - וה"ה כשפרסה נדה ביו"ט וצריכה ללבוש לבנים במועד:

Et celle qui a une tache trouvée pendant le moéd - Il en va de même si elle est devenue nida à Yom Tov et doit porter des blancs pendant le moéd.

(ט) אלא חלוק אחד - דחלוק אחד מתלכלך אפילו כיבסו קודם יו"ט. ויש מן הפוסקים דס"ל דכל זה דוקא בזמן התלמוד שהיה ניכר בעת שפשט חלוקו לכבסו שאין לו אלא חלוק אחד (שמתחלה היה חוגר איזורו על החלוק וכשפושטו חוגר חגורו על בגד העליון שלו) אבל לפי מנהג מלבושים שלנו שאין לנו חגור על חלוק שלנו אין להקל בזה ומ"מ נראה דאם היה החלוק של פשתן אין להחמיר בזה:

Sinon une seule chemise - Car une seule chemise se salit, même si on l’a lavée avant Yom Tov. Certains décisionnaires tiennent que tout cela n’était qu’au temps du Talmud, où il était apparent, lorsqu’on ôtait sa chemise pour la laver, que l’on n’en avait qu’une (car d’abord on ceignait sa ceinture sur la chemise, et en l’ôtant on ceignait sur le vêtement de dessus). Mais selon l’usage de nos vêtements, où nous n’avons pas de ceinture sur notre chemise, il n’y a pas lieu d’alléger. Néanmoins, il semble que si la chemise était de lin, il n’y a pas lieu d’être strict.

(י) ובפרהסיא ע"ג הנהר - עיין במ"א שדעתו להחמיר שלא לכבסן בפרהסיא דאין הכל יודעים שהיה במדינת הים או בשביה וכה"ג לבד במטפחת הידים וכה"ג שאר דברים שמותר לכל אדם יש להתיר בפרהסיא אבל כמה אחרונים מסכימים לדעת הרמ"א דלקמיה דכיון שמתכבס יפה ע"ג הנהר והוא לצורך המועד לא החמירו חכמים בכל השנויין כאן:

Et en public, au bord du fleuve - Voir le Magen Avraham, dont l’avis est d’être strict et de ne pas les laver en public, car tout le monde ne sait pas qu’il venait d’un pays d’outre-mer ou de captivité et similaires — sauf le mouchoir de main et les autres choses permises à tout homme, que l’on peut permettre en public. Mais plusieurs Aharonim s’accordent à l’avis du Rema ci-dessous : puisque cela se lave mieux au bord du fleuve et que c’est pour le besoin de la fête, les Sages n’ont pas été stricts pour tous les cas énumérés ici.

(יא) הקטנים ביותר - ור"ל לאפוקי סתם קטנים אין להתיר בכבוס רק חלוק אחד וכנ"ל:

Les tout-petits - C’est-à-dire : à l’exclusion des petits ordinaires, pour lesquels on ne permet de laver qu’une seule chemise, comme ci-dessus.

(יב) מותר לכבסן - שקלין להתלכלך ואפילו אם היה מכבסן קודם מועד וגם אין טורח בכיבוסן כ"כ:

Il est permis de les laver - Car ils se salissent facilement, même si on les avait lavés avant le moéd, et qu’il n’y a pas tant de peine à les laver.

(יג) והו"ל דברים המותרים וכו' - עיין מ"א:

Et ce sont des choses permises, etc. - Voir le Magen Avraham.

(יד) אי אתה וכו' - ומ"מ כיון דמעיקר הדין שרי נתפשט המנהג להקל ליתן לעכו"מ לכבס כתונת אחת ולחוץ לבית דאע"ג דכל מה שאסור אסור ג"כ ע"י נכרי מ"מ בזה מקילין [א"ר בשם פרישה והובא בח"א]. וליתן להנכרי שיכבס אחר המועד בכל ענין שרי ובלבד שלא ימנה כדרך שהוא עושה בחול כמש"כ ס"ס תקמ"ג:

Tu n’es pas, etc. - Néanmoins, puisque d’après le fond du droit c’est permis, l’usage s’est répandu d’alléger en donnant à un non-juif de laver une chemise, et hors de la maison ; bien que tout ce qui est interdit l’est aussi par un non-juif, ici l’on allège [Elya Rabba au nom du Pericha, rapporté dans le Hayé Adam]. Et donner au non-juif pour qu’il lave après le moéd est permis en tout cas, à condition de ne pas lui assigner le travail comme on le fait en semaine, ainsi qu’écrit à la fin du siman 543.

(טו) מביאין וכו' - אבל אין מוליכין לבית האומן אפילו לצורך המועד [ב"ח וא"ר]:

On apporte, etc. - Mais on n’apporte pas chez l’artisan, même pour le besoin de la fête [Ba’h et Elya Rabba].

(טז) אין מביאין - בין שהאומן גמרו במועד או קודם והטעם משום טרחא וי"א משום שיסברו שנתן לתקנו במועד ויאמרו שהאומן תקנו במועד ולפ"ז אפילו מבית לבית באותה חצר דליכא טירחא ואפילו מאומן נכרי אסור להביא שיסברו שהבע"ה צוה לתקנו במועד. כתב הפמ"ג דלדבר מצוה אע"פ שאין צורך המועד י"ל דמאומן עכו"מ שרי להביא:

On n’apporte pas - Que l’artisan les ait achevés pendant le moéd ou auparavant. La raison : à cause de la peine. D’aucuns disent : parce qu’on croira qu’il les a donnés à réparer pendant le moéd, et l’on dira que l’artisan les a réparés pendant le moéd. Selon cela, même de maison à maison dans la même cour, où il n’y a pas de peine, et même d’un artisan non-juif, il est interdit d’apporter, car on croira que le maître de maison a ordonné de les réparer pendant le moéd. Le Pri Megadim a écrit : pour une affaire de mitsva, même si ce n’est pas un besoin de la fête, on peut dire qu’il est permis d’apporter d’un artisan non-juif.

(יז) נותן לו שכרו - ה"ה דאפילו יש לו מה יאכל ג"כ מותר ליתן לו שכרו. אלא ה"ק אע"פ שאין לו מה יאכל דצריך ליתן לו שכרו וה"א דמותר ליטלן אצלו כדי שלא יתבענו שנית קמ"ל דנותן לו שכרו ומניחן אצלו א"נ משום דרוצה לסיים ואם אינו מאמינו מניחו בבית הסמוך לו ואם יש לו מה יאכל לא יתן לו שכרו ואינו רשאי לפנותן לבית הסמוך לו:

On lui donne son salaire - Il en va de même même s’il a de quoi manger : il est aussi permis de lui donner son salaire. Seulement, voici le sens : bien qu’il n’ait pas de quoi manger — et qu’il faille donc lui donner son salaire — et que l’on eût pu penser qu’il est permis de les prendre chez soi afin qu’il ne les réclame pas une seconde fois, on nous enseigne qu’on lui donne son salaire et qu’on les laisse chez lui. Ou bien : parce qu’il veut achever. S’il ne s’y fie pas, il les dépose dans la maison voisine. S’il a de quoi manger, on ne lui donnera pas son salaire, et l’on n’est pas autorisé à les déménager dans la maison voisine.

(יח) אלא בצנעא - לכאורה צ"ע אם אין לו מה יאכל למה לא יביאם בפרהסיא דהרי מותר ליתן לו לעשות מלאכה כמ"ש סוף סימן תקמ"ב י"ל דמ"מ אסור שהרואה לא ידע שאין לו מה יאכל ולפ"ז כ"ש שאסור לו לעשות המלאכה בפרהסיא:

Sinon en privé - À première vue, cela demande examen : s’il n’a pas de quoi manger, pourquoi ne pas les apporter en public, puisqu’il est permis de lui donner du travail, comme écrit à la fin du siman 542 ? On peut dire : néanmoins c’est interdit, car le regardant ne saura pas qu’il n’a pas de quoi manger. Selon cela, à plus forte raison lui est-il interdit de faire le travail en public.