משנה ברורה

Michna Beroura — siman 542

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois du travail pour autrui pendant Hol HaMoëd
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Réglementations sur la réalisation de travaux pour d'autres personnes pendant Hol HaMoëd, avec les conditions de rémunération et les permissions pour les travailleurs indigents.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETTravail pour autrui pendant Hol HaMoëd — salaire, repas, davar haaved, employé sans nourriture
À FAIRETravail pour le Moëd
Ce qui est nécessaire au Moëd, même avec chinouy ; amateur autorisé à coudre normalement
À ÉVITERSalaire pendant le Moëd
Recevoir une rémunération est une action profane ; interdit contre paiement
OUIMange avec l’employeur
Alors ce n’est plus profane ; permis pour les besoins du Moëd
OUIDavar haaved
L’employé peut prendre un salaire pour rendre service à l’employeur en cas de perte
OUIEmployé sans rien à manger
Permis de travailler, même travail d’artisan, même pas pour le Moëd, pour gagner de quoi vivre
NONPain et eau suffisent
S’il a du pain et de l’eau, interdit de travailler (Magen Avraham)
NONMarchandises à vendre
S’il peut vendre ses marchandises, interdit de faire un travail ; ustensiles ménagers : pas obligé de les vendre
REMACertains permettent de payer si l’employeur ne peut faire autrement et que les ouvriers n’acceptent que contre salaire, pour les besoins du Moëd. Certains permettent aussi s’il n’a pas les nécessités de Yom Tov. Si possible, préférer un non-Juif (Biour Halakha). Travail accepté dans le dénuement : salaire même largement supérieur à la nourriture ; ensuite interdit d’accepter un autre travail. Si possible, travailler en privé pour ne pas afficher la pauvreté ; sinon public permis s’il n’a rien du tout.
Pas de salaire « profane » pendant le Moëd, sauf repas chez l’employeur, davar haaved, ou indigent sans nourriture. Pain et eau = trop riche pour travailler. Ne pas vendre les ustensiles, mais vendre les marchandises d’abord.

Glossaire

Po'el
Employé, ouvrier, ou travailleur rémunéré

(א) מלאכות המותרות - כגון כל דבר שהוא לצורך המועד דבעי שינוי וכן ההדיוט שהתירו לו לתפור כדרכו וכן כמה דברים שאסרו משום טרחא אף שאינה מלאכה ממש:

Les travaux permis - Comme toute chose qui est nécessaire au Moëd et qui nécessite un chinouy, de même l'amateur à qui on a permis de coudre normalement, ainsi que plusieurs choses qui ont été interdites à cause de la fatigue bien qu'elles ne soient pas un travail à proprement parler.

(ב) אבל בשכר אסור - דקבלת שכר במועד כעובדא דחול דמיא. יש מן הפוסקים שסוברין דאם א"א לו לבעה"ב לעשות המלאכה אלא באלו והם אינם רוצים אלא דוקא בשכר מותר ליתן להם מאחר שהוא לצורך המועד:

Mais contre rémunération, c'est interdit - Car recevoir une rémunération pendant le Moëd est considéré comme une action profane. Certains décisionnaires estiment que s'il est impossible pour l'employeur de faire le travail autrement que par eux, et qu'ils ne veulent le faire que contre rémunération, il est permis de la leur donner, puisque c'est pour les besoins du Moëd.

(ג) אלא שאוכל עמו וכו' - דשוב לא הוי כעובדא דחול ושרי לצורך המועד:

Sauf s'il mange avec lui, etc. - Car alors ce n'est plus considéré comme une action profane, et c'est permis pour les besoins du Moëd.

(ד) ודבר האבד וכו' - דכמו שהתירו לבעה"ב ליתן מלאכתו לפועל שאין לו מה לאכול ואף כשהוא שלא לצורך המועד התירו לבעה"ב כדי שיהיה טובה לפועל ה"נ יש להתיר לפועל ליטול שכר בשביל טובת בעה"ב:

Et 'davar ha'aved', etc. - Car de même qu'on a permis à l'employeur de donner son travail à un employé qui n'a pas de quoi manger, et même quand ce n'est pas pour les besoins du Moëd on l'a permis à l'employeur pour faire une faveur à l'employé, de même il faut permettre à l'employé de prendre un salaire pour rendre service à l'employeur (en cas de perte).

(ה) מותר לעשות אפילו וכו' - ר"ל אפילו שלא לצורך המועד והוא מעשה אומן ועיין בבה"ל דאם יכול למצוא עכו"מ לזה נכון שלא ישכור ישראלים:

Il est permis de faire même, etc. - C'est-à-dire même si ce n'est pas pour les besoins du Moëd et que c'est un travail d'artisan. Et voir le Biour Halakha : s'il peut trouver un non-Juif pour cela, il est préférable de ne pas embaucher de Juifs.

(ו) כל מלאכה וכו' - היינו אפילו שלא לצורך המועד וגם לא בעי שינוי וכדלעיל בסימן תקל"ז סט"ו ע"ש:

Tout travail, etc. - C'est-à-dire même si ce n'est pas pour les besoins du Moëd et que cela ne nécessite pas de chinouy, comme mentionné plus haut au siman 537 seif 15, voir là-bas.

(ז) ע"י פועל שאין לו מה יאכל - היינו שאין לו כלל לאכול אבל אם יש לו לחם ומים אסור לו לעשות מלאכה [מ"א] וי"א דאפילו יש לו רק שאין לו צרכי יו"ט ג"כ מותר לו לעשות מלאכה. ועיין במ"א סימן תקל"ד דצריך עכ"פ לעשות בצנעא דהרואה לא ידע שהפועל הוא עני כ"כ ומ"מ אם א"א לו לעשות בצנעא מותר לו לעשות בפרהסיא כיון שאין לו מה לאכול כלל:

Par un employé qui n'a pas de quoi manger - C'est-à-dire qui n'a rien du tout à manger. Mais s'il a du pain et de l'eau, il lui est interdit de faire un travail [Magen Avraham]. Et certains disent que même s'il a (à manger) mais n'a pas les nécessités de Yom Tov, il lui est également permis de faire un travail. Et voir le Magen Avraham au siman 534, qui dit qu'il faut au moins le faire en privé, pour que celui qui le voit ne sache pas que l'employé est si pauvre ; mais s'il lui est impossible de le faire en privé, il lui est permis de le faire en public, puisqu'il n'a rien à manger du tout.

(ח) כדי שישתכר וירויח - ואף אם יש לו כלי בית למכור מותר לעשות מלאכה ואינו מחוייב למכור כלי ביתו אבל אם יש לו סחורות ויכול למוכרם אסור לו לעשות מלאכה [אחרונים] עוד כתבו דמלאכה שמקבל בשעה שאין לו מה יאכל מותר לקבל שכר אפילו הרבה יותר מכדי אכילתו אבל אח"כ אסור לו לקבל לעשות מלאכה אחרת בשל אחרים:

Afin qu'il gagne un salaire et fasse du profit - Et même s'il a des ustensiles ménagers à vendre, il lui est permis de faire un travail et il n'est pas obligé de vendre ses ustensiles ménagers. Mais s'il a des marchandises et peut les vendre, il lui est interdit de faire un travail [Aharonim]. Ils ont aussi écrit que, pour le travail qu'il accepte au moment où il n'a pas de quoi manger, il est permis de recevoir un salaire même largement supérieur à ce qui est nécessaire pour sa nourriture, mais qu'ensuite il lui est interdit d'accepter de faire un autre travail pour d'autres.