Lois concernant l'acceptation du jeûne, le crépuscule de la veille de Ticha Beav et l'étude de la Torah en cette période.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) אא"כ קבל עליו בפירוש שלא לאכול וכו' - וה"ה אם אמר שמקבל עליו התענית ג"כ אסור דודאי כונתו שלא לאכול עוד היום:
אא"כ קבל עליו בפירוש שלא לאכול וכו' - À moins qu'il n'ait explicitement pris sur lui de ne pas manger, etc. - c'est la même chose s'il a dit qu'il prend sur lui le jeûne, car c'est interdit, puisqu'il a manifestement l'intention de ne plus manger de la journée.
(ב) בלב אינה קבלה - והב"ח כתב דהוי קבלה וכן הסכים הגר"א בביאורו. ואסור אז כל מה שאסור בט"ב חוץ מנעילת הסנדל דמותר דהוי כאלו התנה בפירוש חוץ מזה אבל אם לא קיבל בלבו להתענות אפילו בלב אלא שגמר בדעתו שלא לאכול אינו כלום ומותר אפילו באכילה ומ"מ נכון יותר להתנות בפירוש בפה או בלב שאינו מקבל עליו התענית עד ביה"ש:
בלב אינה קבלה - Dans le cœur, ce n'est pas une acceptation - le Bach écrit que c'est une acceptation, et le Gaon de Vilna est du même avis dans son commentaire. Tout ce qui est interdit à Ticha Beav lui est alors interdit, sauf le port des chaussures qui reste permis, comme s'il avait stipulé "sauf cela". Mais s'il n'a pas pris dans son cœur de jeûner (en tant que jeûne), mais a seulement décidé de ne plus manger, cela n'a aucune valeur et il lui est même permis de manger. Quoi qu'il en soit, il est plus correct de stipuler explicitement, avec la bouche ou dans le cœur, qu'il ne prend pas sur lui le jeûne jusqu'au crépuscule (bein hachmachot).
(ג) ובין השמשות שלו אסור - היינו בין בכניסתו ובין ביציאתו אבל א"צ להוסיף עליהם. ועיין לעיל בסימן רס"א דביארנו דביה"ש נקרא מששקעה החמה וה"ה בענינינו:
ובין השמשות שלו אסור - Et son crépuscule est interdit - que ce soit au début ou à la fin, mais il n'est pas nécessaire d'y ajouter du temps (tosefet). Voir précédemment au siman 261 où nous avons expliqué que le crépuscule est compté depuis le coucher du soleil, et c'est la même chose pour notre sujet.
(ד) ומותר ברחיצה וכו' - כבר כתבנו דאם קיבל עליו לאחר שהפסיק סעודתו שלא לאכול עוד ממילא אסור ברחיצה וסיכה ג"כ ודוקא כשקיבל עליו ההוספה מפלג המנחה ולמעלה הא קודם לכן לאו קבלה היא ומה דקיבל בפירוש קיבל ותו לא וכן כשקיבל עליו איסור אכילת בשר ויין מי"ז בתמוז ואילך אין איסור רחיצה בכלל:
ומותר ברחיצה וכו' - Et il est permis de se laver, etc. - nous avons déjà écrit que s'il a pris le jeûne sur lui après avoir terminé son repas pour ne plus manger, le lavage et l'onction lui sont automatiquement interdits aussi. Cela s'applique spécifiquement s'il a pris sur lui cet ajout depuis Plag HaMin'ha et au-delà ; avant cela, ce n'est pas une acceptation valide, et ce qu'il a pris explicitement, il l'a pris, un point c'est tout. De même, s'il a pris sur lui l'interdiction de manger de la viande et de boire du vin depuis le 17 Tamouz et au-delà, l'interdiction de se laver n'est pas incluse.
(ה) קודם שיאמר ברכו - ר"ל דאף שמנהגם היה להתפלל מעריב מבע"י מ"מ לאחר ברכו הוא בכלל לילה לענין זה ובמהרי"ל כתב דיש לחלוץ מנעלים קודם שהולכין לביה"כ. ועכ"פ יראה לחולצם קודם ביה"ש:
קודם שיאמר ברכו - Avant qu'il ne dise Barkhou - c'est-à-dire que même si leur coutume était de prier maariv alors qu'il fait encore jour, néanmoins après Barkhou, cela compte comme la nuit pour ce sujet. Le Maharil écrit qu'il faut enlever ses chaussures avant d'aller au beit haknesset. En tout cas, il veillera à les enlever avant le crépuscule.
(ו) ואם הוא שבת חולצים וכו' - דאסור לשום סימן אבלות בשבת. ולא יגע בהם בידיו דיהיה צריך ליטול ידיו. ובדיעבד אם נגע ינקה ידיו בכל מידי דמנקי:
ואם הוא שבת חולצים וכו' - Et si c'est Chabbat, on se déchausse, etc. - car il est interdit de montrer un signe de deuil pendant Chabbat. On ne les touchera pas avec les mains pour ne pas avoir à faire netilat yadayim. Bediavad (après coup), s'il les a touchées, il nettoiera ses mains avec quoi que ce soit qui nettoie.
(ז) קודם ברכו - מפני הטרוף וכדי שלא יראה עינוי בשבת אומר תחלה המבדיל ובלא שם ומלכות [פמ"ג]:
קודם ברכו - Avant Barkhou - à cause de la confusion et pour qu'on ne voie pas d'affliction pendant Chabbat, il dira d'abord "Celui qui sépare" (Hamavdil) sans prononcer le Nom de ה' ni Sa royauté [Pri Megadim].
(ח) ונהגו וכו' - דתורה משמחת הלב ומ"מ כ"ז אינו מדינא דהא מותר בעט"ב מדינא כל החמשה עינויים ועיקר הטעם משום דהוא יכול ללמוד דברים המותרים בט"ב. והנה מהרבה אחרונים משמע שתפסו המנהג הזה ולא ערערו עליו דאפילו אם חל בשבת הסכימו כמה אחרונים להתנהג כמ"ש הרמ"א וכמו שאכתוב לקמיה אמנם יש איזה אחרונים שפקפקו מאד על המנהג הזה ראשון לכל הרש"ל כתבו עליו שלמד בעצמו אחר חצות והתיר גם לאחרים בזה גם הגר"א בביאורו כתב דחומרא יתירא היא וכן המאמר מרדכי בספרו מאריך בזה וכתב דהוא מביא הרבה לידי ביטול תורה להלומדים שמתרשלים ללמוד דברים המותרים בט"ב דאין אדם לומד אלא מה שלבו חפץ וע"כ דעתו להקל בזה וכתב דכן היה הוא נוהג ע"ש וכן הח"א כתב דהוא חומרא בעלמא וע"כ נראה דמי שרוצה להקל בזה אין מוחין בידו:
ונהגו וכו' - Et la coutume, etc. - car la Torah réjouit le cœur. Toutefois, tout cela n'est pas requis par la stricte loi, car il est permis à la veille de Ticha Beav d'observer les cinq afflictions ; la raison principale (de ne pas étudier) est qu'il peut étudier les textes permis le jour de Ticha Beav. Beaucoup de A'haronim semblent avoir adopté cette coutume sans la contester : même si cela tombe le Chabbat, plusieurs A'haronim ont accepté de se comporter comme l'écrit le Rema, et comme je l'écrirai plus loin. Cependant, certains A'haronim ont fortement mis en doute cette coutume. D'abord, le Maharshal a écrit à son propos qu'il étudiait lui-même après la mi-journée et l'autorisait aussi aux autres. Le Gaon de Vilna, dans son commentaire, a écrit que c'est une rigueur excessive. Le Maamar Mordekhaï, dans son livre, s'étend sur le sujet et écrit que cela cause beaucoup d'annulation de la Torah (bitoul Torah) pour les étudiants, qui se relâchent à étudier les choses permises à Ticha Beav, car un homme n'étudie que ce que son cœur désire. Par conséquent, son avis est d'être indulgent, et il écrit que telle était sa propre pratique. De même, le 'Hayei Adam a écrit que c'est juste une rigueur. Il semble donc que celui qui veut être indulgent à ce sujet, on ne l'en empêchera pas.
(ט) ולכן אם חל בשבת - היינו אפילו עט"ב שחל בשבת א"א פרקי אבות דהוא כלימוד תורה והיינו אחר חצות דקודם חצות מותר בלימוד תורה אפילו כשחל בשבת:
ולכן אם חל בשבת - C'est pourquoi si cela tombe le Chabbat - même pour une veille de Ticha Beav tombant un Chabbat, on ne dit pas les Pirké Avot car cela s'apparente à l'étude de la Torah, et ceci après la mi-journée, car avant la mi-journée, l'étude de la Torah est permise, même quand cela tombe un Chabbat.
(י) אין אומרים וכו' - והט"ז מפקפק מאד על מניעת הלימוד בשבת ומסיים דהלומד בשבת אחר חצות לא הפסיד שכרו והיינו אפילו כשחל ט"ב בשבת וכ"ש כשחל עט"ב בשבת. ונראה דיש לסמוך ע"ז אחרי דאפילו כשחל בחול כמה אחרונים מקילין וכנ"ל:
אין אומרים וכו' - On ne dit pas, etc. - le Taz doute fortement de l'interdiction d'étudier le Chabbat et conclut que celui qui étudie le Chabbat après la mi-journée n'a pas perdu sa récompense. Ceci s'applique même quand Ticha Beav (lui-même) tombe le Chabbat, et à plus forte raison quand la veille de Ticha Beav tombe le Chabbat. Il semble qu'on puisse s'appuyer là-dessus puisque même quand cela tombe un jour de semaine, plusieurs A'haronim sont indulgents, comme mentionné.