Lois relatives aux cinq afflictions de Ticha Beav : manger, boire, se laver, s'enduire, porter des chaussures, et autres interdictions comme l'étude de la Torah ou le travail.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) אסור ברחיצה וכו' ואסור לקרות בתורה וכו' - ואסור בכל אלו הדברים כל היום ואפילו בין השמשות עד צאת הכוכבים ואין מועיל לזה מה שיתפלל מעריב מקודם אך אותן ההולכים בין הנכרים ועוסקים במשא ומתן אחר חצות אותן מותרין לנעול [ועיין לקמן בסי"ז בהג"ה ובמ"ב] ומהם למדו כולם להקל ויש למחות בידם:
אסור ברחיצה וכו' ואסור לקרות בתורה וכו' - Est interdit de se laver, etc., et est interdit de lire la Torah, etc. - Et il est interdit de faire tout cela toute la journée, et même pendant le crépuscule jusqu'à la sortie des étoiles, et prier maariv plus tôt n'y change rien. Cependant, ceux qui marchent parmi les non-Juifs et s'occupent de commerce après la mi-journée sont autorisés à mettre leurs chaussures [et voir plus loin au seif 17 dans le Rema et le Michna Beroura], et de là tout le monde a appris à être indulgent, mais il faut protester contre eux.
(ב) הרעים - ורעות עכו"ם אסור לקרות. ועם התינוקות אסור ללמוד אף דברים הרעים רק מותר ללמוד לו החורבן דאינו אלא סיפור דברים ומשבר לב התינוק ויש מאחרונים שסוברין דמותר ללמוד עם התינוק בדברים הרעים וכאן לא אסר אלא הלימוד שהקטנים לומדים בסדר שלהם דהיינו חומש וגמרא:
הרעים - Mauvaises - et les malheurs des non-Juifs, il est interdit de les lire. Avec des enfants, il est interdit d'étudier même les passages malheureux, il n'est permis de leur enseigner que la Destruction du Temple, car ce ne sont que des récits qui brisent le cœur de l'enfant. Certains A'haronim pensent qu'il est permis d'étudier avec un enfant les passages malheureux, et qu'ici on n'a interdit que l'étude que les enfants font dans leur programme habituel (Houmach et Guemara).
(ג) איכה - וכן אגדת החורבן בפרק הניזקין ובפרק חלק ולקרות בחורבן הנזכר ביוסיפון מותר [לבוש]:
איכה - Eikha - ainsi que l'Aggada sur la Destruction dans le chapitre Hanizakin (Guittin) et dans le chapitre Helek (Sanhedrin). Lire sur la Destruction mentionnée dans le Yossipon est permis [Levouch].
(ד) מגלחין - אע"ג דיש בו גם כמה דיני מנודה ומוחרם מ"מ מותר ללמוד אבל לישא וליתן בהלכה בודאי אסור [מ"א בשם מהרי"ל] וכעין זה כתב ג"כ הט"ז דאפילו במקום דמותר ללמוד היינו שילמוד בפשוטן של דברים אבל לא דרך פלפול. ואפילו בהרהור לפרש דבר חמור אסור מטעם שיהיה לו שמחה אחר שיתיישב לו:
מגלחין - On rase - bien que cela contienne aussi plusieurs lois de l'excommunié et du banni, il est tout de même permis de l'étudier, mais débattre de la halakha est certainement interdit [Magen Avraham au nom du Maharil]. Le Taz écrit de même que, même là où il est permis d'étudier, c'est pour comprendre le sens simple des choses, mais pas par la voie du pilpoul (raisonnement dialectique). Même réfléchir (hirhour) pour expliquer un point complexe est interdit, parce qu'il aura de la joie après l'avoir résolu.
(ה) ע"י הרהור - אף דהרהור לאו כדבור דמי שאני הכא דעיקר טעמא משום שמחה ובהרהור איכא שמחה ומה"ט אסור ללמוד איזה דרוש או קשיא או תירוץ אפילו בדברים הרעים מפני ששמחה היא לו. ואסור להורות הוראה אם לא לחולה הצריך עכשיו ואסור לדון דיני ממונות דדין היינו תורה מיהו אם אין הבע"ד יכולים להמתין עד למחר שנחוצים לדרכם אפשר דשרי דהוי כרבים צריכים לו [אחרונים]:
ע"י הרהור - Par la pensée - bien que la pensée ne soit pas comme la parole, ici c'est différent, car la raison principale est la joie, et dans la pensée il y a de la joie. C'est pourquoi il est interdit d'étudier un drach, une question ou une réponse, même sur les passages malheureux, car cela lui procure de la joie. Il est interdit d'enseigner une décision halachique (hora'a) sauf pour un malade qui en a besoin immédiatement. Il est interdit de juger des affaires financières, car la loi, c'est la Torah. Toutefois, si les plaideurs ne peuvent attendre jusqu'au lendemain car ils sont pressés pour leur voyage, c'est peut-être permis, car cela s'apparente à des "nombreuses personnes qui ont besoin de lui" [A'haronim].
(ו) ומותר לקרות כל סדר היום - דהיינו ק"ש וברכותיה וכל מה ששייך לברכת התפלה:
ומותר לקרות כל סדר היום - Et il est permis de lire tout l'ordre du jour - c'est-à-dire le Chema et ses bénédictions, et tout ce qui appartient aux bénédictions de la tefila.
(ז) ופרשת הקרבנות ומשנת וכו' - דלא גרע כל זה ממה שקורין בתורה ומפטירין בנביא והכל מפני שהוא סדר היום ונוהגין לומר תהלים ושיר היחוד במנחה אע"ג דאסור בת"ת כל היום צ"ל דס"ל כיון שהוא דרך בקשה שרי ובפוזנא נוהגין לומר למחרתו של אמש ושל היום וכן נכון ומעמדות בודאי אין לומר ועיין לקמן סימן תקנ"ט ס"ד דאין לומר פטום הקטורת שאינו מסדר היום וכ"ש שאין לומר סדר הקרבנות הכתוב בסוף סי' א' ומה שכתוב בשו"ע ופרשת הקרבנות היינו פרשת התמיד:
ופרשת הקרבנות ומשנת וכו' - Et le passage des sacrifices et la Mishna de, etc. - tout cela n'est pas pire que ce qu'on lit dans la Torah et la Haftara dans les Prophètes, tout est permis parce que c'est l'ordre du jour. On a coutume de dire les Tehillim et le Chant de l'Unité (Chir Hayi'houd) à min'ha ; bien qu'il soit interdit d'étudier la Torah toute la journée, il faut dire que puisque c'est sous forme de supplication, c'est permis. À Poznań, on a coutume de le dire le lendemain pour la veille et pour le jour, et c'est correct. Les Maamadot ne doivent certainement pas être dits. Voir plus loin au siman 559 seif 4, qu'on ne dit pas le Pitoum Haktoret car cela ne fait pas partie de l'ordre du jour, et à plus forte raison on ne dit pas l'ordre des sacrifices écrit à la fin du siman 1. Et ce qui est écrit dans le Choul'han Aroukh "et le passage des sacrifices" fait référence au passage du Tamid (sacrifice perpétuel).
(ח) ומותר לחזור הפרשה בט"ב - היינו חזן הקורא מותר לו לחזור הפרשה קודם שיקרא והיינו אפילו במנחה דאלו בשחרית פרשה כי תוליד פשיטא דמעין המאורע היא:
ומותר לחזור הפרשה בט"ב - Et il est permis de réviser la paracha à Ticha Beav - c'est-à-dire que le 'Hazan qui lit est autorisé à réviser la paracha avant de la lire, et ce, même à min'ha. Pour cha'harit, la paracha "Ki Tolid", il est évident que cela relève de l'événement.
(ט) חיה כל שלשים יום - דמסתמא אמרינן שהיא חלושה והויא כחולה שאין בו סכנה וע"כ אף דלענין יוה"כ היא לאחר זיי"ן כשאר כל אדם כמש"כ בסימן תרי"ז כאן לענין ט"ב שהוא דרבנן לא גזרו במקום חולי ועיין בט"ז ובשארי אחרונים דאפילו ודאי אין בה סכנה וכן בחולי הכתוב לקמיה ואפילו לא אמרו צריכין אנו לאכול מותר בט"ב ואף שמהרש"ל חולק על עיקר הכרעת השו"ע ודעתו דלענין זה שוה ט"ב ליוה"כ דאפילו אמרה צריכה אני לאכול כיון שהוא לאחר זיי"ן חייבת להתענות אם לא שהיא ג"כ קצת חולה הרבה אחרונים הסכימו דמדינא שרי לאכול אכן כבר נהגו להתענות כמו שכתב הרמ"א כ"ז שאין להם חולשה ונתרפאו מלידתן אבל אם עדיין לא נתרפאה לגמרי או שהיא קצת חולה או חלושה בטבעה לא תתענה בתוך ל' ואם אירע ביולדת בריאה שמתענה ומרגשת באמצע היום שום חולשה יתירה יש לפסוק שלא תתענה בשארית היום [אחרונים]:
חיה כל שלשים יום - La femme accouchée pendant tous les trente jours - car on présume généralement qu'elle est faible et a le statut d'un malade sans danger de mort. C'est pourquoi, bien que pour Yom Kippour elle soit considérée comme tout un chacun après sept jours, comme écrit au siman 617, ici, concernant Ticha Beav qui est d'ordre rabbinique, on n'a pas fait de décret en cas de maladie. Voir dans le Taz et les autres A'haronim : même s'il n'y a certainement pas de danger, et de même pour le malade mentionné plus loin, et même s'ils n'ont pas dit "nous avons besoin de manger", c'est permis à Ticha Beav. Et bien que le Maharshal soit en désaccord avec la décision principale du Choul'han Aroukh, estimant que pour cela Ticha Beav est équivalent à Yom Kippour (où même si elle dit qu'elle a besoin de manger, puisqu'elle a dépassé les sept jours, elle est tenue de jeûner, à moins qu'elle ne soit aussi un peu très malade), de nombreux A'haronim ont convenu que selon la stricte loi, il est permis de manger. Cependant, elles ont déjà pris l'habitude de jeûner comme l'écrit le Rema, tant qu'elles n'ont pas de faiblesse et se sont remises de leur accouchement. Mais si elle n'est pas encore totalement guérie, ou si elle est un peu malade, ou de nature faible, elle ne jeûnera pas dans les trente jours. Si une femme accouchée en bonne santé jeûne et ressent au milieu de la journée une faiblesse excessive, il faut statuer qu'elle ne jeûnera pas le reste de la journée [A'haronim].
(י) חולה - חסר דעה שנתרפא מיום ליום מותר בבשר ויין כל ימי השבוע ולא יתענה בט"ב [מהרי"ל]:
חולה - Un malade - un idiot qui a retrouvé la raison le jour même est autorisé à consommer de la viande et du vin tous les jours de la semaine, et il ne jeûnera pas à Ticha Beav [Maharil].
(יא) שהוא צריך לאכול וכו' - ר"ל שהוא חלוש וחש בגופו אע"פ שאין בו סכנה מאכילין אותו:
שהוא צריך לאכול וכו' - Qu'il a besoin de manger, etc. - c'est-à-dire qu'il est faible et ressent un malaise physique, bien qu'il n'y ait pas de danger de mort, on le fait manger.
(יב) אין צריכין אומד - כצ"ל. ואתרוייהו קאי וכן איתא בתורת האדם ובר"ן והכונה דא"צ לאמוד ולשער אם תבא לידי סכנה עי"ז שתתענה דאפילו אם אין בה סכנה כיון שהיא בכלל חולה א"צ להתענות. ועיין בליקוטי פר"ח שכתב דר"ל דמסתמא מאכילין אותה אבל אם קים לה להיולדת בגווה דמצית להתענות דהיינו שראתה עצמה בריאה אז מחויבת להתענות:
אין צריכין אומד - Ils n'ont pas besoin d'évaluation (oumed) - c'est ainsi qu'il faut lire. Cela se rapporte aux deux, et c'est écrit ainsi dans le Torat HaAdam et le Ran. L'intention est qu'on n'a pas besoin d'évaluer et d'estimer si elle se mettrait en danger en jeûnant, car même sans danger, puisqu'elle est incluse dans la catégorie de malade, elle n'a pas à jeûner. Voir dans le Likouté Pri 'Hadach qui écrit que cela signifie qu'en général on la fait manger, mais si la femme accouchée est sûre en elle-même qu'elle peut jeûner, c'est-à-dire qu'elle se voit en bonne santé, alors elle est tenue de jeûner.
(יג) ומיהו נוהגין להתענות וכו' - היינו אפילו אמרה צריכה אני לאכול ודוקא אחר שבעה אבל תוך שבעה אפילו אמרה אינו צריכה אין לה להתענות וכ"ש תוך ג' דבודאי אסור לה להתענות:
ומיהו נוהגין להתענות וכו' - Cependant, elles ont coutume de jeûner, etc. - c'est-à-dire même si elle a dit : "J'ai besoin de manger", et ce spécifiquement après sept jours. Mais pendant les sept jours, même si elle a dit qu'elle n'en a pas besoin, elle ne doit pas jeûner. À plus forte raison pendant les trois premiers jours, où il lui est certainement interdit de jeûner.
(יד) כל זמן שאין להם צער גדול וכו' - וה"ה אם היא קצת חולה וכנ"ל בסק"ט ואפילו לא אמרה צריכה אני. ועיין במ"א שכתב דאפילו במקום שנוהגין להחמיר בט"ב שנדחה יש להקל שלא תתענה. ועיין בא"ר שכתב דאפילו יולדת שאינה מתענה תתענה איזה שעות אכן אם גם זה קשה לה לא תתענה כלל:
כל זמן שאין להם צער גדול וכו' - Tant qu'ils n'ont pas une grande souffrance, etc. - il en va de même si elle est un peu malade, comme mentionné plus haut au seif katan 9, et même si elle n'a pas dit "J'ai besoin". Voir dans le Magen Avraham qui écrit que même dans un endroit où on a coutume d'être strict pour un Ticha Beav repoussé, il faut être indulgent pour qu'elle ne jeûne pas. Voir dans l'Eliyah Rabba qui écrit que même une femme accouchée qui ne jeûne pas devrait jeûner quelques heures. Cependant, si même cela lui est difficile, elle ne jeûnera pas du tout.
(טו) שהיה לחוש לסכנה - ובאופן זה אסור לה להתענות:
שהיה לחוש לסכנה - Qu'il y aurait lieu de craindre un danger - et de cette façon, il lui est interdit de jeûner.
(טז) והמיקל לא הפסיד - ומכ"ש באדם חלוש והוא חולה שאין בו סכנה אין כדאי להחמיר [ח"א]:
והמיקל לא הפסיד - Et celui qui est indulgent n'a rien perdu - et à plus forte raison pour une personne faible, qui est un malade sans danger de mort, cela ne vaut pas la peine d'être strict ['Hayei Adam].
(יז) אבל בזמן הזה - ר"ל שנהגו הנשים לישב על טיפת דם שבעה נקיים דוקא ממילא אין הטבילה בזמנה ולמה תטבול דהרי מצות עונה לא יוכל לקיים בט"ב:
אבל בזמן הזה - Mais de nos jours - c'est-à-dire que les femmes ont pris l'habitude d'observer sept jours purs pour la moindre goutte de sang ; par conséquent, le mikvé n'a pas lieu en son temps. Pourquoi se tremperait-elle, puisque le devoir conjugal ne pourrait être accompli à Ticha Beav ?
(יח) לא תטבול בו - אלא תרחוץ ותחוף עט"ב ולמוצאי ט"ב חופפת מעט קודם הטבילה דבעינן סמוך לחפיפה טבילה ולענין לבישת לבנים ט"ב עיין לעיל בסימן תקנ"א ס"ג בהג"ה ובמ"ב שם:
לא תטבול בו - Elle ne s'y trempera pas - mais elle se lavera et se peignera la veille de Ticha Beav, et à la sortie de Ticha Beav elle se peignera un peu avant l'immersion (tevilah), car l'immersion doit suivre de près le peignage (hafifa). Concernant le fait de mettre des sous-vêtements blancs à Ticha Beav, voir plus haut au siman 551 seif 3 dans le Rema et le Michna Beroura là-bas.
(יט) מותר לרחוץ להעביר וכו' - דאינו אסור אלא רחיצה של תענוג ומטעם זה נשים המבשלות וצריכות לרחוץ הבשר אף דממילא רוחצת גם ידיה מותר:
מותר לרחוץ להעביר וכו' - Il est permis de laver pour enlever, etc. - car seule la toilette d'agrément est interdite. Pour cette raison, les femmes qui cuisinent et doivent rincer la viande, même si elles se lavent les mains par la même occasion, c'est permis.
(כ) ועיין לקמן סי' תרי"ג ס"ג - וע"ש במ"ב מה שהעתקנו בשם האחרונים בזה ושייך גם לכאן:
ועיין לקמן סי' תרי"ג ס"ג - Et voir plus loin siman 613 seif 3 - et vois là-bas dans le Michna Beroura ce que nous avons rapporté au nom des A'haronim à ce sujet, et qui s'applique aussi ici.
(כא) נוטל אדם ידיו שחרית - משום רוח רעה השורה על הידים דהו"ל כמלוכלך בטיט ובצואה דמותר כ"כ הב"י בסי' תרי"ג וע"ש בביאור הגר"א שמפקפק על דין זה ולכן נ"ל שלא יברך ענט"י בשחרית אחר הנטילה רק אחר שעשה צרכיו יטול ידיו עד סוף קשרי אצבעותיו ואז יברך ענט"י משום תפלה ועיין בספר מטה יהודא שכתב דמותר לרחוץ ידיו אף לתפלת המנחה דהוי כמקבל פני השכינה וכטבילת מצוה שהתירו:
נוטל אדם ידיו שחרית - L'homme fait netilat yadayim le matin - à cause du mauvais esprit qui réside sur les mains, ce qui équivaut à être sali de boue ou d'excréments, pour lesquels c'est permis, comme l'écrit le Beit Yossef au siman 613. Voir le commentaire du Gaon de Vilna qui remet en question cette loi. Par conséquent, il me semble qu'il ne fera pas la berakha sur netilat yadayim le matin après s'être lavé (les doigts), mais seulement après avoir fait ses besoins ; il lavera ses mains jusqu'au bout des articulations de ses doigts, puis fera la berakha sur netilat yadayim pour la tefila. Voir dans le livre Maté Yehouda qui écrit qu'il est permis de se laver les mains même pour la tefila de min'ha, car c'est comme accueillir la Présence divine et comme l'immersion pour une mitsva qui a été permise.
(כב) ומעבירה על עיניו - וה"ה על פניו ידיו ורגליו כיון דאין בה טופח ע"מ להטפיח וכ"ז דוקא בדרך העברה אבל לרחצם בהדיא לא. מי שהוא איסטניס וצריך לקנח פניו במים ואין דעתו מיושבת עליו כל היום עד שיקנח במים יקנח אבל שאר כל אדם אסור:
ומעבירה על עיניו - Et les passe sur ses yeux - il en va de même pour son visage, ses mains et ses pieds, puisqu'il n'y a pas assez d'humidité pour mouiller autre chose (tofa'h al menat lehatpia'h). Tout cela s'applique uniquement par essuyage, mais les laver directement non. Celui qui est délicat (istanis) et a besoin de s'essuyer le visage avec de l'eau, et dont l'esprit n'est pas tranquille de la journée jusqu'à ce qu'il s'essuie avec de l'eau, pourra s'essuyer, mais pour toute autre personne c'est interdit.
(כג) פני רבו וכו' - אפילו בחול דאף דחיובא ליכא להקביל פניו בחול מ"מ מצוה איכא שמא ישמע ממנו איזה ד"ת. ודוקא תלמיד ההולך אצל הרב אבל לילך הרב אצל תלמיד לא התירו לעבור במים שאם יצטרך לו תלמידו ילך הוא אצל רבו וכן בששניהן שוין ג"כ אסור:
פני רבו וכו' - Le visage de son maître, etc. - même en semaine, car bien qu'il n'y ait pas d'obligation d'aller le voir en semaine, il y a quand même une mitsva, peut-être entendra-t-il de lui une parole de Torah. Et cela s'applique précisément à l'élève qui va chez le maître, mais que le maître aille chez l'élève n'a pas été autorisé pour traverser dans l'eau, car si l'élève a besoin de lui, c'est lui qui ira chez son maître. De même, si les deux sont égaux, c'est aussi interdit.
(כד) וכן בחזרה מותר - דאם יהא אסור לחזור ימנע מלילך לדבר מצוה:
וכן בחזרה מותר - Et de même au retour, c'est permis - car s'il était interdit de revenir, il s'abstiendrait d'aller accomplir la mitsva.
(כה) לשמור פירותיו - והתירו בזה מפני הפסד ממון וע"כ בחזרה דליכא בזה משום הפסד אסור:
לשמור פירותיו - Pour garder ses fruits - ils l'ont permis ici à cause de la perte financière, et par conséquent au retour, où il n'y a plus de risque de perte, c'est interdit.
(כו) כהות וכו' - היינו שהיו עייפים מחמת טורח הדרך מותר שאין זה מחמת תענוג אלא לרפואה לחזקם:
כהות וכו' - Engourdies, etc. - c'est-à-dire qu'elles étaient fatiguées par la difficulté du chemin, c'est permis, car ce n'est pas pour le plaisir mais comme remède pour les revigorer.
(כז) והיא מתנגבת - עד שאין בה טופח ע"מ להטפיח הא לא"ה אסור:
והיא מתנגבת - Et il la sèche - jusqu'à ce qu'il n'y ait plus assez d'humidité pour mouiller autre chose, sinon c'est interdit.
(כח) סיכה וכו' - סיכה מיקרי בדבר שדרכו לסוך בו כגון בשמן או בחלב בבורית וכה"ג:
סיכה וכו' - L'onction, etc. - l'onction est définie avec une chose dont c'est l'habitude de s'enduire, comme de l'huile, de la graisse, du savon et similaires.
(כט) אינה אסורה אלא וכו' - ואסור אפילו לסוך אבר אחד כדלקמן בסימן תרי"ד גבי יוה"כ. כלה אחר נשואיה כל שלשים יום מותר לרחוץ פניה וכן לסוך כדי שלא תתגנה על בעלה:
אינה אסורה אלא וכו' - Elle n'est interdite que, etc. - et il est interdit d'enduire même un seul membre, comme on le verra plus loin au siman 614 pour Yom Kippour. Une jeune mariée, dans les trente jours de son mariage, est autorisée à se laver le visage et à s'enduire pour ne pas devenir repoussante pour son mari.
(ל) אבל של בגד או של עץ וכו' - ר"ל אע"ג דמגין על רגלו וגם עשוי בצורת מנעל ממש שרי דלא נקרא מנעל אלא של עור:
אבל של בגד או של עץ וכו' - Mais en tissu ou en bois, etc. - c'est-à-dire que même si cela protège son pied et a la forme même d'une chaussure, c'est permis, car on n'appelle chaussure que celle en cuir.
(לא) ושל עץ מחופה עור - מלמעלה ואף דהשולים הם ג"כ של עץ מ"מ אסור. וה"ה אם היה של בגד ומחופה בעור מלמעלה או השולים הם של עור אסור ועיין בשע"ת [אחרונים]. והנה אע"פ שאסור בט"ב וביוה"כ בנעילת הסנדל מ"מ הסכימו הרבה אחרונים שיוכל לברך ברכת שעשה לי כל צרכי:
ושל עץ מחופה עור - Et en bois recouvert de cuir - par-dessus. Et bien que la semelle soit aussi en bois, c'est néanmoins interdit. Il en va de même si c'était en tissu et recouvert de cuir par-dessus, ou si les semelles sont en cuir, c'est interdit. Voir le Chaaré Techouva [A'haronim]. Bien qu'il soit interdit de porter des chaussures à Ticha Beav et à Yom Kippour, de nombreux A'haronim s'accordent à dire qu'il peut réciter la berakha "qui a pourvu à tous mes besoins".
(לב) בדרך - כתב המ"א הטעם דטורח גדול הוא לילך יחף דרך רחוק אבל כשהולך לשדה סמוך לעיר אסור לנעול וה"ה לבית הקברות אא"כ יש טיט ורפש או בין העכו"מ ולפ"ז כשיושב על העגלה או רוכב צריך לחלוץ אף בדרך רחוק:
בדרך - En chemin - le Magen Avraham écrit que la raison est que c'est une grande peine d'aller pieds nus sur une longue route, mais quand il va aux champs près de la ville, il est interdit de mettre des chaussures, et de même au cimetière, à moins qu'il y ait de la boue et de la fange, ou parmi les non-Juifs. Selon cela, s'il est assis dans une charrette ou s'il chevauche, il doit se déchausser, même sur une longue route.
(לג) מותרים בנעילת הסנדל - וטוב שאז יתן עפר במנעלים:
מותרים בנעילת הסנדל - Sont autorisés à porter des chaussures - et il est bon alors de mettre de la terre dans les chaussures.
(לד) לא יחלוץ וכו' - משום העכו"מ שמלעיגים עלינו:
לא יחלוץ וכו' - Il ne se déchaussera pas, etc. - à cause des non-Juifs qui se moquent de nous.
(לה) כ"א ברחוב היהודים - כתב המ"א נ"ל דאם הרבה עכו"מ עוברים שם מותר וא"ר צידד להחמיר לענין רחוב היהודים אף באופן זה דהבו דלא להוסיף על המנהג. ובעוה"ר הרבה מהמון מקילין באיסור נעילת הסנדל כל היום אף כשיושבין בביתם ועוון גדול הוא דאף כשנקיל בזה בעת שהולך ברחוב שמצוי שם עכו"ם מ"מ תיכף כשבא לביתו מחוייב לחלוץ אותם ועיין לעיל במ"ב סק"א:
כ"א ברחוב היהודים - Uniquement dans la rue des Juifs - le Magen Avraham écrit : "Il me semble que si de nombreux non-Juifs y passent, c'est permis". L'Eliyah Rabba incline à être strict concernant la rue des Juifs même dans ce cas, car on ne doit pas ajouter à la coutume. À cause de nos nombreux péchés, beaucoup parmi le peuple sont indulgents quant à l'interdiction de porter des chaussures toute la journée, même assis chez eux, et c'est une grande faute ! Car même si on est indulgent sur ce point lorsqu'on marche dans une rue fréquentée par des non-Juifs, dès qu'on arrive chez soi, on est tenu de les enlever. Voir plus haut au Michna Beroura seif katan 1.
(לו) וכן נהגו - כתב הח"א ההולכים בין העכו"מ ונוהגין ללבוש המנעלים אף שאין למחות בידם שיש גדולים המתירים מ"מ אין לזה טעם דמה בכך שילעיגו עלינו בלא"ה מלעיגים עלינו ומ"מ אותן היושבים בחנות ודאי אסורים דאיך ידעו הנכרים אם ילכו בלא מנעלים:
וכן נהגו - Et telle est la coutume - le 'Hayei Adam écrit : "Ceux qui vont parmi les non-Juifs et ont coutume de porter des chaussures, bien qu'on ne doive pas protester contre eux car de grands décisionnaires l'autorisent, cela n'a néanmoins aucun sens, car qu'importe qu'ils se moquent de nous, ils se moquent de nous de toute façon ! De toute évidence, ceux qui sont assis dans un magasin sont interdits de le faire, car comment les non-Juifs sauront-ils s'ils marchent sans chaussures ?
(לז) ונכון הדבר - ועיין לקמן סי' תרט"ו דאסור ליגע באשתו כאלו היא נדה ואפשר דה"ה בט"ב [כ"כ הד"מ] ומ"מ ביום יש להקל [מ"א]:
ונכון הדבר - Et la chose est juste - voir plus loin siman 615, qu'il est interdit de toucher sa femme comme si elle était niddah. Il est possible qu'il en aille de même à Ticha Beav [ainsi écrit le Darké Moché]. Toutefois, on peut être indulgent le jour [Magen Avraham].
(לח) אמרינן לנזירא - סחור סחור לכרמא לא תקרב:
אמרינן לנזירא - On dit au Nazir - contourne, contourne, n'approche pas de la vigne !
(לט) מותר בכולן אפילו וכו' - דהא איתא בברייתא ומעלה על שולחנו ואינו מונע עצמו משום דבר והיש אוסרים ס"ל דהוי שבת זו כקובר מתו ברגל דנוהג ברגל דברים שבצנעא ולפ"ז אסור ג"כ לרחוץ ידיו בחמין שגם זה קרוי צנעא:
מותר בכולן אפילו וכו' - Il est permis de faire tout cela, même, etc. - car il est dit dans la Baraïta : "Il dresse sa table et ne se prive de rien". Ceux qui l'interdisent estiment que ce Chabbat est comparable à celui qui enterre son mort pendant la fête, pour qui les aspects intimes du deuil s'appliquent pendant la fête. Selon cela, il est aussi interdit de se laver les mains à l'eau chaude, car cela aussi est appelé intime.
(מ) וכן נוהגין - ומכריז השמש דברים שבצנעא נוהג. אכן אם אירע ליל טבילתה בשבת זו הביא המ"א בשם השל"ה דיש לסמוך בזה על דעה הראשונה וטובלת ומשמשת ויש מחמירין גם בזה ועיין בח"א שכתב דכיון דבליל טבילה הוא מצות עונה יש לסמוך בזה על המתירין והרמ"א שכתב דנוהגין לאיסור היינו במקום שאין כאן מצות עונה משא"כ בליל טבילה ע"ש בנ"א ועיין בביאור הגר"א דמשמע מניה ג"כ דהוא מצדד להלכה כדעת המחבר וא"כ יש לסמוך להקל עכ"פ בליל טבילה:
וכן נוהגין - Et c'est la coutume - et le bedeau annonce que les choses intimes (du deuil) s'appliquent. Cependant, si la nuit de son immersion (tevilah) tombe ce Chabbat, le Magen Avraham a rapporté au nom du Chlah qu'on peut s'appuyer sur la première opinion, elle se trempe et a des rapports. Certains sont stricts même là-dessus. Voir dans le 'Hayei Adam qui écrit que, puisque la nuit de l'immersion correspond à la mitsva conjugale, on peut s'appuyer sur ceux qui le permettent, et le Rema qui a écrit que la coutume est d'interdire parlait du cas où il n'y a pas de mitsva conjugale, contrairement à la nuit de l'immersion. Voir le commentaire du Gaon de Vilna d'où il ressort qu'il penche pour la halakha selon l'opinion du Mé'haber, et par conséquent on peut s'appuyer pour être indulgent, du moins pour la nuit de l'immersion.
(מא) אין שאלת שלום וכו' - וה"ה לומר לו צפרא טבא נמי אסור. וה"ה לשלוח דורון לחבירו בט"ב אסור [אחרונים]:
אין שאלת שלום וכו' - Il n'y a pas de salutation (Chalom), etc. - et de même lui dire bonjour est aussi interdit. De même, envoyer un cadeau à son ami à Ticha Beav est interdit [A'haronim].
(מב) לחבירו בט"ב - ולע"ה טוב שיודיע לו שהיום אסור ליתן שלום ולא יהיה לו איבה עבור זה עליו:
לחבירו בט"ב - À son ami à Ticha Beav - et pour les gens ignorants ('Am Haarets), il est bon de l'informer qu'aujourd'hui il est interdit de saluer, afin qu'il ne nourrisse pas d'inimitié à cause de cela.
(מג) אין עושין - כדי שלא יסיחו דעתם מהאבלות ומטעם זה גם בלילה אסור במלאכה דהא גם בלילה מחוייב להתאבל מיהו כל מלאכה שאין בה שיהוי שרי דאין מסיח דעתו בכך:
אין עושין - On ne fait pas - afin de ne pas détourner son attention du deuil. Pour cette raison, le travail est également interdit la nuit, car on est aussi tenu de s'endeuiller la nuit. Cependant, tout travail qui ne prend pas de temps est permis, car on ne détourne pas son attention ainsi.
(מד) עושה - ולא מיחזי כיוהרא דהרואה אומר דמניעתו ממלאכה הוא מפני שלא נזדמן לו מה לעשות:
עושה - Fait - et cela n'apparaît pas comme de la prétention, car celui qui le voit dira qu'il s'abstient de travailler parce qu'il n'a rien trouvé à faire.
(מה) ואפילו במקום שנהגו שלא לעשות - כגון במדינתינו:
ואפילו במקום שנהגו שלא לעשות - Et même dans un endroit où ils ont coutume de ne pas le faire - comme dans notre pays.
(מו) מותר ע"י עכו"מ - אכן לבנות בנין דאוושא מילתא אסור אפילו ע"י עכו"מ:
מותר ע"י עכו"מ - Est permis par l'intermédiaire d'un non-Juif - cependant, construire un bâtiment, ce qui fait du bruit, est interdit même par un non-Juif.
(מז) אם אפשר בנכרי - ואם א"א בנכרי מותר לעשותה בעצמו כמו בחוה"מ [מ"א] ועיין בביאור הגר"א שמצדד להקל תמיד ע"י ישראל בעצמו:
אם אפשר בנכרי - Si c'est possible par un non-Juif - et si ce n'est pas possible par un non-Juif, il est permis de le faire soi-même, comme pour 'Hol HaMoëd [Magen Avraham]. Voir le commentaire du Gaon de Vilna qui penche pour autoriser toujours le Juif à le faire lui-même.
(מח) דבר האבד מותר - אם יריד או שיירות באים מותר לקנות מהם ע"י עכו"מ [אבל לא ע"י עצמו דמסיח דעתו מאבילות] אפילו קודם חצות וכ"ש למכור דהוי דבר האבד כמש"כ ביו"ד סימן ש"פ ס"ז לענין אבל:
דבר האבד מותר - Une chose périssable (perte financière) est permise - si une foire ou des caravanes arrivent, il est permis de leur acheter via un non-Juif [mais pas soi-même, car il détournerait son attention du deuil], même avant la mi-journée. Et à plus forte raison, il est permis de vendre, car c'est une chose qui entraînerait une perte financière, comme écrit dans le Yoreh Deah siman 380 seif 7 concernant l'endeuillé.
(מט) כל העושה מלאכה וכו' - היינו אפילו במקום שנהגו לעשות ואפילו לאחר חצות ומשמע מגמרא דוקא כשקובע עצמו למלאכה ומסיח דעתו מהאבילות. וע"כ אף שמותר לישא וליתן אחר חצות לא ימשוך בעסקיו כדי שלא יסיח דעתו מן האבילות:
כל העושה מלאכה וכו' - Quiconque fait un travail, etc. - c'est-à-dire même dans un endroit où on a coutume d'en faire, et même après la mi-journée. Il ressort de la Guemara que c'est spécifiquement lorsqu'il se fixe pour travailler et détourne son attention du deuil. Par conséquent, bien qu'il soit permis de faire du commerce après la mi-journée, il ne s'éternisera pas dans ses affaires pour ne pas détourner son esprit du deuil.
(נ) מאותה מלאכה - כלומר מאותן מעות שמרויח מאותה מלאכה:
מאותה מלאכה - De ce travail - c'est-à-dire de l'argent qu'il gagne de ce travail.
(נא) כל האוכל ושותה וכו' - אפילו מעוברת או מניקה או שארי אנשים שהם חלושים בטבען ומצטערים מהתענית [אם לא מי שהוא חולה באמת וכדלעיל בס"ו וע"ש בהג"ה] וכדאי הוא בית אלהינו להצטער על חורבנו עכ"פ יום אחד בשנה:
כל האוכל ושותה וכו' - Quiconque mange et boit, etc. - même une femme enceinte, qui allaite, ou d'autres personnes qui sont de nature faible et souffrent du jeûne [sauf s'il est véritablement malade comme plus haut au seif 6, et voir dans le Rema], il convient à notre maison (Temple) de ה' que l'on s'afflige de sa destruction au moins un jour par an.