משנה ברורה

Michna Beroura — siman 562

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi de l’acceptation du jeûne
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Un jeûne n’est valide que s’il est achevé jusqu’à la sortie de trois étoiles moyennes et accepté la veille à Min’ha. Exceptions : jeûnes coutumiers, conditions posées à l’acceptation, jeûne de songe et jeûne d’heures. On précise aussi Énénou, les vœux et l’asmekhta.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETFin de tout jeûne (les quatre et le particulier) : étoiles, Énénou, acceptation, techouva, asmekhta
À FAIRETrois étoiles moyennes
Même éparses. Deux étoiles = encore crépuscule. Les grandes ne suffisent pas (visibles de jour). Les petites groupées sont pour la sortie de Chabbat et de Yom Kippour seulement.
À FAIREAccepter à Min'ha de la veille
Lekhathila à Min'ha ketana (neuf heures et demie). Bediavad dès Min'ha guedola, ou encore de jour après la tefila. Dire « me voici en jeûne individuel » dans Choméa Tefila, ou mieux après la tefila avant de quitter sa place.
À FAIREStipuler de ne pas achever
Même jusqu’à Min'ha guedola seulement : il dit Énénou, à condition de prier Min'ha avant de manger.
À ÉVITERManger avant Min'ha
Alors on ne dit pas Énénou, même avec stipulation. Acceptation sans précision : achever jusqu’aux étoiles. Les quatre jeûnes (destruction) : il faut achever.
À ÉVITERAccepter seulement la nuit
Après avoir commencé à jeûner sans acceptation de jour : ce n’est pas un jeûne (ni vœu, ni Énénou), même s’il achève jusqu’aux étoiles.
OUIJeûnes de coutume et techouva
Premier jour de seli'hot, veille de Roch Hachana, marié, dix jours de techouva, quarante jours avant Yom Kippour : ni acceptation ni achèvement. Homme faible : jusqu’à Min'ha guedola, Min'ha avec Énénou, puis manger.
OUIYahid, pensée, songe
Énénou dans Choméa Tefila, conclure « car Tu entends », sans « Bénis sois-Tu, ה', qui réponds au moment de la détresse ». Pensée formulée « j’accepte » à Min'ha = acceptation. Qui jeûne chaque année un jour fixé : ni acceptation ni achèvement. Jeûne de songe : même la veille de Chabbat.
NONSans stipulation et pas achevé
Pas un jeûne, pas d’Énénou. Asmekhta « si je ne vais pas en tel lieu, je jeûne » : beaucoup contestent, être strict. « Si ה' me sauve » ou « si mes voies réussissent » : vœu valable.
REMAOfficiant : berakha à part entre « Rédempteur » et « Guérisseur » dans la répétition seulement ; à voix basse comme un yahid. Taz : sauter « le jeûne de notre jeûne » si pas achevé ; Bigdei Yécha et Ma’hatsit haChekel : pas besoin si jeûné jusqu’après midi. Beh"b : amen au Chabbat après Pessa'h ou Soukkot = acceptation. Une acceptation peut couvrir plusieurs jours ; Énénou chaque jour à Min'ha. Marié : mieux de stipuler explicitement.
Un jeûne compte pour le vœu et pour Énénou s’il est accepté de jour et mené jusqu’aux trois étoiles moyennes — sauf stipulation, coutume annuelle ou jeûne de techouva.

Glossaire

béin hachemachot
crépuscule
letsa’ouré
simple affliction, sans viser un jeûne complet
jeûne d’heures
jeûne limité à une partie du jour
asmekhta
engagement conditionnel non ferme
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
déliaison
annulation d’un vœu (hatara)
Beh"b
jeûnes du lundi-jeudi-lundi
jeûne de songe
jeûne après un rêve inquiétant
Yihiyou leratsôn
verset « Que les paroles de ma bouche… »
Min’ha guedola
Min’ha à partir de six heures et demie
Min’ha ketana
Min’ha à partir de neuf heures et demie
Plag hamin’ha
onze heures saisonnières moins un quart

(א) כל תענית וכו' - היינו בין הארבע צומות או איזה תענית יחיד:

Tout jeûne, etc. - c’est-à-dire aussi bien les quatre jeûnes que n’importe quel jeûne individuel.

(ב) ג' כוכבים - דשנים עדיין הוי ביה"ש:

Trois étoiles - car deux, on est encore au crépuscule (béin hachemachot).

(ג) בינוניים - אבל גדולים לא מהני דהם נראין אף ביום. והנה בסימן רצ"ג לענין מוצאי שבת פסק השו"ע דאין לעשות מלאכה עד שיראו ג' כוכבים קטנים ורצופים והוא משום חומרא דשבת וה"ה לענין מוצאי יוה"כ אבל בענינינו סגי בבינונים ואפילו מפוזרים [אחרונים]:

Moyennes - mais les grandes ne suffisent pas, car elles se voient même de jour. Or au siman 293, pour la sortie du Chabbat, le Choulhan Aroukh a tranché qu’on ne fait pas de travail avant d’avoir vu trois étoiles petites et groupées, par rigueur du Chabbat ; il en va de même pour la sortie de Yom Kippour. Mais dans notre sujet, des étoiles moyennes suffisent, même éparses [A’haronim].

(ד) אינו תענית - הן לענין שלא יצא בזה ידי חיוב תעניתו והן לענין שאינו מתפלל עננו:

Ce n’est pas un jeûne - ni pour s’acquitter de l’obligation de son jeûne, ni pour dire Énénou.

(ה) אם דעתו לאכול וכו' - כגון שהתנה בשעת קבלתו שלא להשלים התענית:

S’il a l’intention de manger, etc. - par exemple s’il a stipulé, au moment de l’acceptation, de ne pas achever le jeûne.

(ו) אף על פי שאין משלימין - היינו אם פירש בשעת קבלה שלא להשלים אפילו התענה רק עד מנחה גדולה מתפלל עננו אבל אם קיבל תענית סתם צריך להשלים עד צאת הכוכבים כדלקמן בס"ג [ועיין בביאור הגר"א דמשמע מיניה דבזה אם לא השלים אפילו לדעת מקצת רבוותא אין מתפללין עננו] ואם לא השלים ואכל עיין לקמן סימן תקס"ח ס"א ובהג"ה שם. והא דסתם רמ"א להקל בפירש בשעת קבלה היינו דוקא במתפלל תפלת מנחה קודם אכילתו אבל כשאכל מתחלה בכל גווני אינו מתפלל עננו:

Bien qu’on n’achève pas - c’est-à-dire : s’il a précisé au moment de l’acceptation qu’il n’achèverait pas, même s’il n’a jeûné que jusqu’à Min’ha guedola, il dit Énénou. Mais s’il a accepté un jeûne sans précision, il doit achever jusqu’à la sortie des étoiles, comme plus bas au seif 3 [voir le commentaire du Gra, d’où il ressort que dans ce cas, s’il n’a pas achevé, même selon l’avis de certains maîtres on ne dit pas Énénou]. S’il n’a pas achevé et a mangé, voir plus bas siman 568 seif 1 et la glose là-bas. Que le Rema ait tranché sans réserve pour l’indulgence quand on a précisé au moment de l’acceptation, cela ne vaut que s’il dit la tefila de Min’ha avant de manger ; mais s’il a d’abord mangé, dans tous les cas il ne dit pas Énénou.

(ז) וכן דעת מקצת רבוותא - טעמם דס"ל דמה שאמר הגמרא כל תענית שלא שקעה עליו חמה אינו תענית והיינו אף לענין עננו הוא רק אם קיבל עליו להתענות יום שלם ולא השלים דאינו תענית אז אינו מתפלל עננו אבל אם קיבל עליו רק עד מנחה דהוא לצעורי בעלמא הוי תענית לענין זה שמתפלל עננו בתוך תפלתו אף שאיננו משלים אכן רוב הפוסקים חולקים ע"ז וע"כ הכריע רמ"א דלא נסמוך עליה רק לענין יחיד דיאמרנה בש"ת ויחתום כי אתה שומע וכו' ולא יאמר בא"י העונה בעת צרה ועיין בט"ז שמצדד דאפילו בזה ידלג תיבות צום תעניתנו דלא ליחזי כדובר שקרים כיון דאינו תענית ובספר בגדי ישע פוסק דאינו צריך לדלג כיון שהוא מתענה עד אחר חצות דאז אכילתו הוא כזורק אבן לחמת לא מיחזי כשיקרא עי"ש וכן מצדד בספר מחצית השקל עי"ש:

Et telle est l’opinion de certains maîtres - leur raison : ils tiennent que ce que dit la Guemara « tout jeûne sur lequel le soleil n’est pas couché n’est pas un jeûne », y compris pour Énénou, ne s’applique que s’il a accepté de jeûner tout le jour et n’a pas achevé : ce n’est alors pas un jeûne, et il ne dit pas Énénou. Mais s’il n’a accepté que jusqu’à Min’ha, ce n’est qu’une affliction (letsa’ouré), et c’est un jeûne au regard d’Énénou qu’il dit dans sa tefila, même s’il n’achève pas. Toutefois la majorité des décisionnaires contestent cela ; c’est pourquoi le Rema a tranché qu’on ne s’appuie là-dessus que pour un yahid, qui le dira dans Choméa Tefila et conclura « car Tu entends, etc. », sans dire « Bénis sois-Tu, ה', qui réponds au moment de la détresse ». Voir le Taz, qui penche pour qu’on saute même alors les mots « le jeûne de notre jeûne », afin de ne pas paraître dire un mensonge, puisque ce n’est pas un jeûne. Le livre Bigdei Yécha tranche qu’il n’est pas besoin de sauter ces mots, puisqu’il jeûne jusqu’après midi : son repas est alors comme « jeter une pierre dans une outre », et cela n’a pas l’air d’un mensonge ; voir là-bas. De même penche le Ma’hatsit haChekel ; voir là-bas.

(ח) אבל ש"ץ וכו' - היינו בתפלת חזרת הש"ץ דמוסיף ברכה מיוחדת ע"ז בין גואל לרופא אבל בתפלת הלחש גם הוא יאמר עננו קודם כי אתה שומע ועיין בבה"ל:

Mais l’officiant, etc. - c’est-à-dire dans la répétition de l’officiant, où il ajoute une berakha particulière à ce sujet entre « Rédempteur » et « Guérisseur ». Mais dans la tefila à voix basse, lui aussi dira Énénou avant « car Tu entends ». Voir le Biour Halakha.

(ט) שאין רגילות לקבלם בתפלה - שמקובלים ועומדים מכח מנהגם וגם התענית הוא רק לצעורי בעלמא משום תשובה שיתכפרו עונותיו ולפ"ז אותן הנוהגין להתענות לעולם יום א' של סליחות וער"ה א"צ קבלה והשלמה כיון שמקובלים מכח מנהגם:

Car il n’est pas d’usage de les accepter dans la tefila - car ils sont déjà acceptés et en vigueur par la force de la coutume, et le jeûne n’est qu’une affliction, au titre de la techouva, pour que ses fautes soient expiées. Dès lors, ceux qui ont coutume de jeûner toujours le premier jour de seli’hot et la veille de Roch Hachana n’ont besoin ni d’acceptation ni d’achèvement, puisque ces jeûnes sont déjà acceptés par la force de la coutume.

(י) עד שיצא מביהכ"נ - ערבית ואפילו התפללו מבע"י דהיינו מפלג המנחה ולמעלה דהוא י"א שעות פחות רביע. ותפלת ערבית אין מעכב לזה אלא כיון שהגיע הזמן הזה די ובלבד שיתפלל מנחה תחלה [מ"א] ועיין במחצית השקל בסימן תקפ"א שכתב דעכשיו רבים נוהגים שלא להתענות כ"א עד זמן מנחה גדולה ומתפללים תחלה מנחה וכ"כ בפמ"ג ועכ"פ נראה דבאדם חלוש בודאי יכול לסמוך להקל להתענות רק עד זמן מנחה גדולה ולהתפלל מנחה ותפלת עננו ולאכול:

Jusqu’à ce qu’il sorte de la synagogue - d’Arvit, même s’ils ont prié de jour, c’est-à-dire à partir de Plag hamin’ha, soit onze heures moins un quart. La tefila d’Arvit n’est pas un obstacle : dès que ce moment est arrivé, cela suffit, à condition qu’il prie d’abord Min’ha [Maguen Avraham]. Voir le Ma’hatsit haChekel au siman 581, qui a écrit qu’à présent beaucoup ont coutume de ne jeûner que jusqu’à l’heure de Min’ha guedola et prient d’abord Min’ha ; de même dans le Peri Meguadim. En tout cas, il semble que pour un homme faible on peut certainement s’appuyer sur l’indulgence : jeûner seulement jusqu’à l’heure de Min’ha guedola, prier Min’ha avec Énénou, puis manger.

(יא) וכן חתן וכו' - דמתענה ג"כ רק לצעורי משום תשובה לכפר עונותיו ואין רגילות לקבלו במנחה שלפניו:

Et de même un marié, etc. - car lui aussi ne jeûne que pour s’affliger, au titre de la techouva, afin d’expier ses fautes, et il n’est pas d’usage de l’accepter à la Min’ha de la veille.

(יב) ואז יוכל לשתות וכו' - היינו ג"כ אף שלא התנה בתחלה שלא להשלים אפ"ה יכול לשתות וכנ"ל ומש"כ ואז היינו דלא ישתה קודם מנחה דאז לא יוכל לומר עננו. ומ"מ טוב יותר שיתנה החתן בפירוש שלא להשלים [אחרונים]:

Et alors il pourra boire, etc. - c’est-à-dire même s’il n’a pas stipulé au départ de ne pas achever, il peut néanmoins boire, comme ci-dessus. Ce qu’il a écrit « et alors » signifie qu’il ne boive pas avant Min’ha, car alors il ne pourrait pas dire Énénou. Toutefois il est mieux que le marié stipule explicitement de ne pas achever [A’haronim].

(יג) להשלים - הטעם שמתענין על העבר על החורבן ולא אמרינן לצעורי קמכוין משא"כ ביו"ד ימי תשובה דמתענין על העתיד שיקרע גזר דינם אמרינן דלא קבלו אלא לצעורי וזהו טעם המתענין מ' יום לפני יום הכפורים דא"צ להשלים דהא הם מתענים ג"כ מפני התשובה:

D’achever - la raison : on jeûne pour le passé, pour la destruction, et l’on ne dit pas qu’on n’a visé qu’à s’affliger. Ce n’est pas comme les dix jours de techouva, où l’on jeûne pour l’avenir, pour que soit déchiré leur décret : on dit alors qu’ils n’ont accepté que pour s’affliger. C’est aussi la raison de ceux qui jeûnent quarante jours avant Yom Kippour : ils n’ont pas besoin d’achever, car eux aussi jeûnent en raison de la techouva.

(יד) אף על גב דאינו צריך קבלה - דמקובל ועומד מפני שרגיל בזה בכל שנה:

Bien qu’il n’ait pas besoin d’acceptation - car le jeûne est déjà accepté et en vigueur, puisqu’il en a l’habitude chaque année.

(טו) רק מתענה יום או יומים - מיירי במי שאינו נוהג להתענות כל שנה וא"כ צריך לקבל התענית לכן צריך להשלים אבל מי שמתענה כל שנה אפי' רק קבע יום אחד לזה א"צ קבלה והשלמה ומכ"ש מי שמתנה בשעת קבלה שבודאי א"צ השלמה:

Il ne jeûne qu’un jour ou deux - il s’agit de qui n’a pas coutume de jeûner chaque année ; dès lors il doit accepter le jeûne, donc il doit achever. Mais qui jeûne chaque année, même s’il n’a fixé qu’un seul jour à cela, n’a besoin ni d’acceptation ni d’achèvement ; et à plus forte raison qui stipule au moment de l’acceptation n’a certainement pas besoin d’achever.

(טז) התנה - בשעת קבלת תענית ואפשר דה"ה אם התנה מקודם אמרינן דקבלה שקיבל אח"כ אדעתא דתנאה קמא הוי:

Il a stipulé - au moment de l’acceptation du jeûne. Et il se peut qu’il en aille de même s’il a stipulé auparavant : on dit que l’acceptation qu’il a faite ensuite l’a été sous l’angle de la condition première.

(יז) שקיבל עליו תענית סתם וכו' - היינו שלא פירש בעת הקבלה את כונתו אמרינן דמסתמא היה כונתו כמו בשאר ימות החול דדינו הוא עד צאת הכוכבים כ"ז שלא פירש:

Qui a accepté sur lui un jeûne sans précision, etc. - c’est-à-dire qu’il n’a pas précisé son intention au moment de l’acceptation : on dit que selon toute vraisemblance son intention était comme les autres jours de semaine, dont la règle est jusqu’à la sortie des étoiles, tant qu’il n’a pas précisé.

(יח) אם לא וכו' עד שישלימו הצבור תפלתם - וה"ה דמהני כשמתנה שיתענה רק עד זמן מנחה גדולה ומיקרי תענית ויכול להתפלל עננו:

S’il n’a pas, etc., jusqu’à ce que le tsibbour ait achevé leur tefila - et de même est valable s’il stipule de ne jeûner que jusqu’à l’heure de Min’ha guedola : cela s’appelle un jeûne, et il peut dire Énénou.

(יט) וע"ל סי' רמ"ט - היינו מה שהכריע שם בהג"ה לדינא ועיין שם מה שכתבתי שם במ"ב ובה"ל:

Et voir plus haut siman 249 - c’est-à-dire ce qu’il a tranché là dans la glose pour la pratique ; voir là-bas ce que j’ai écrit dans le Michna Beroura et le Biour Halakha.

(כ) ואפילו בע"ש - דהא מתענין עבורו אף בשבת:

Et même la veille de Chabbat - car on jeûne pour un songe même le Chabbat.

(כא) שלא קבלו עליו היחיד וכו' - לאפוקי תענית צבור דאינו צריך קבלה כמבואר בסי"ב:

Que le yahid n’a pas accepté sur lui, etc. - pour exclure le jeûne communautaire, qui n’a pas besoin d’acceptation, comme exposé au seif 12.

(כב) מבעוד יום אינו תענית - משמע אע"פ שקבלו אח"כ בלילה לא מהני והא דמבואר לקמן בס"י בדעה קמייתא דמהני הקבלה לענין תענית שעות להתפלל ענינו הכא כיון שהתחיל להתענות לשם חובה ואח"כ קבלו לא הוי קבלה כלל [מ"א בסקט"ו] ואפילו השלימו עד צה"כ ג"כ אינו חשוב תענית שנאמר קדשו צום משמע דבעינן הזמנה מקודם [רי"ף]:

[S’il n’a pas accepté] de jour, ce n’est pas un jeûne - il en ressort que même s’il l’a accepté ensuite dans la nuit, cela n’est pas valable. Ce qui est exposé plus bas au seif 10, selon le premier avis, que l’acceptation est valable pour un jeûne d’heures afin de dire Énénou : ici, puisqu’il a commencé à jeûner au titre d’une obligation et n’a accepté qu’ensuite, ce n’est pas du tout une acceptation [Maguen Avraham, seif katan 15]. Et même s’il a achevé jusqu’à la sortie des étoiles, cela n’est pas non plus considéré comme un jeûne : il est dit « sanctifiez un jeûne », d’où il ressort qu’il faut une préparation préalable [Rif].

(כג) לא יצא ידי נדרו - ומ"מ אם התחיל להתענות ביום זה צריך לשלם נדרו במה שקבל עתה אף שלא קבלו מבעוד יום וגם הוי כפרת עון דלא גרע ממי שמצטער עצמו מבשר ויין וכדלקמן בסי"א כ"כ הפמ"ג והגר"א בביאור דברי הרמ"א וביד אפרים וכן בשיורי לקט מפקפקין ע"ז דכיון דהוא סבר לצאת בזה ידי נדרו שנדר מכבר א"כ היה הקבלה בטעות ויכול לחזור בו ולאכול בו ביום:

Il ne s’est pas acquitté de son vœu - toutefois, s’il a commencé à jeûner ce jour-là, il doit s’acquitter de son vœu par ce qu’il accepte maintenant, même s’il ne l’a pas accepté de jour ; et cela vaut aussi comme expiation de faute, car ce n’est pas moins que qui s’afflige en se privant de viande et de vin, comme plus bas au seif 11. Ainsi ont écrit le Peri Meguadim et le Gra dans l’explication des paroles du Rema. Mais le Yad Efraïm, et de même les Chyourei Leket, contestent cela : puisqu’il pensait s’acquitter par là de son vœu déjà formulé, l’acceptation s’est faite par erreur, et il peut se rétracter et manger ce jour-là.

(כד) מיהו י"א דמתפלל ענינו - טעמם דמה שאמרו בגמרא כל תענית וכו' אינו תענית היינו רק לענין שלא יצא ידי נדרו שחייב מקודם אבל שם תענית עליו ויכול להתפלל ענינו ואפילו לא קבלו כלל:

Toutefois certains disent qu’il dit Énénou - leur raison : ce que dit la Guemara « tout jeûne etc. n’est pas un jeûne » ne vaut que pour ne pas s’acquitter d’un vœu déjà obligatoire ; mais le nom de jeûne est sur lui, et il peut dire Énénou, même s’il n’a rien accepté du tout.

(כה) בתענית יחיד - משום דיחיד אומר ענינו בשומע תפלה ואינו קובע ברכה לעצמו וכנ"ל בס"א בהג"ה ומיהו אפשר דדוקא בחדא ריעותא דהיינו שלא קבלו מבעוד יום אבל השלימו עד הערב אבל אם גם אין דעתו להשלימו אפשר דאינו חשוב תענית גם לענין ענינו ונכון שבאופן זה ידלג תיבות צום תעניתנו ויאמר ענינו ד' ענינו ביום זה כי בצרה גדולה אנחנו וכו':

Pour un jeûne individuel - parce que le yahid dit Énénou dans Choméa Tefila et n’institue pas de berakha à part, comme ci-dessus au seif 1 dans la glose. Toutefois il se peut que ce ne soit que pour un seul défaut, à savoir qu’il ne l’a pas accepté de jour, mais qu’il a achevé jusqu’au soir ; mais s’il n’a pas non plus l’intention d’achever, il se peut que ce ne soit pas considéré comme un jeûne même pour Énénou. Il est correct, dans ce cas, de sauter les mots « le jeûne de notre jeûne » et de dire : « Réponds-nous, ה', réponds-nous en ce jour, car nous sommes dans une grande détresse, etc. »

(כו) מתפלל ענינו אע"פ וכו' - ובזה לכו"ע יכול לומר בו שפיר צום תעניתנו אע"פ שלא קבלו מאתמול כלל כיון דמשמיא רמו עליה הוי במקום קבלה מעצמו:

Il dit Énénou bien que, etc. - et en cela, de l’avis de tous, il peut fort bien dire « le jeûne de notre jeûne », même s’il ne l’a pas du tout accepté la veille, puisque le Ciel le lui a imposé : cela tient lieu d’acceptation de sa part.

(כז) בתפלת המנחה - דבעינן שיהא הקבלה סמוך לזמן התחלת התענית ונראה דלכתחלה יותר טוב שיהיה במנחה קטנה דהוא בט' שעות ומחצה ולא קודם ובדיעבד מהני אפילו במנחה גדולה וכתבו האחרונים שבדיעבד אם לא קיבל בתפלת המנחה יכול לקבלו אח"כ כל זמן שהוא יום:

Pendant la tefila de Min’ha - car il faut que l’acceptation soit proche du moment où le jeûne commence. Il semble que lekhathila (a priori) il est mieux que ce soit à Min’ha ketana, c’est-à-dire à neuf heures et demie, et non avant ; bediavad (après coup) c’est valable même à Min’ha guedola. Les A’haronim ont écrit que bediavad, s’il n’a pas accepté pendant la tefila de Min’ha, il peut encore l’accepter ensuite tant qu’il fait jour.

(כח) בשומע תפלה - דמותר לשאול צרכיו בשומע תפלה וכיון שמסיים יהי רצון וגו' כדלקמיה לא הוי הפסק דהוא בכלל שאילת צרכיו:

Dans Choméa Tefila - car il est permis de demander ses besoins dans Choméa Tefila ; et puisqu’il conclut « que telle soit Ta volonté, etc. » comme plus loin, ce n’est pas une interruption, car cela rentre dans la demande de ses besoins.

(כט) הריני בתענית יחיד - אתי לאפוקי דלא נטעי שהוא מקבל עליו להתענות כחומר תענית צבור ומ"מ בדיעבד אף אם אמר בסתמא הריני בתענית מחר ג"כ דינו כתענית יחיד [ב"י]:

Me voici en jeûne individuel - pour écarter qu’on se trompe et croie qu’il accepte de jeûner avec la rigueur d’un jeûne communautaire. Toutefois bediavad, même s’il a dit sans précision « me voici en jeûne demain », sa règle est aussi celle d’un jeûne individuel [Beit Yossef].

(ל) אם הרהר בלבו שהוא מקבל וכו' - ודוקא שהרהר בלשון זה שהוא מקבל אבל מה שבדעתו להתענות לא מיקרי קבלה ויכול לחזור אכן אם התחיל להתענות אסור לאכול בלא התרה:

S’il a pensé dans son cœur qu’il accepte, etc. - et seulement s’il a pensé en ces termes qu’il accepte ; mais le seul fait d’avoir l’intention de jeûner n’est pas appelé acceptation, et il peut se rétracter. Toutefois, s’il a commencé à jeûner, il lui est interdit de manger sans déliaison.

(לא) הוי קבלה - דאע"ג דלענין שבועה ונדר כשאוסר איזה דבר על עצמו לא מהני עד שיוציא בשפתיו אבל תענית דמי לנדר של צדקה דמהני כשגמר בלבו לזה וט"ז כתב דכיון דע"י התענית נתמעט חלבו ודמו חשוב כקרבן ובקרבן כתיב כל נדיב לב עולות:

C’est une acceptation - car bien que pour un serment et un vœu, quand on s’interdit une chose, cela ne vaille pas tant qu’on ne l’a pas énoncé de sa bouche, le jeûne ressemble à un vœu de tsédaka, qui vaut dès qu’on l’a tranché dans son cœur. Le Taz a écrit : puisque par le jeûne sa graisse et son sang diminuent, cela est considéré comme un sacrifice, et au sujet du sacrifice il est écrit : « tout cœur généreux [apportera] des holocaustes ».

(לב) בשעת תפלת המנחה - ולא קודם דלא עדיף הרהור מהוצאה בפה דלא מהני אם הוציא בפיו קודם תפלת המנחה להתענות למחר ופרטי דינים אלו עיין לקמן בסימן תקס"ג:

Au moment de la tefila de Min’ha - et non avant, car la pensée n’est pas supérieure à l’énoncé oral, lequel ne vaut pas s’il l’a énoncé de sa bouche avant la tefila de Min’ha pour jeûner le lendemain. Pour le détail de ces lois, voir plus bas au siman 563.

(לג) וטוב יותר וכו' - קאי אריש הסעיף שכתב אומר בשומע תפלה או אחר וכו' וע"ז קאמר דטוב יותר לקבלו אחר תפלה דהיינו קודם יהיו לרצון או אח"כ קודם שיעקור רגליו:

Et il est mieux, etc. - cela se rapporte au début du seif, qui a écrit : « il dit dans Choméa Tefila, ou après, etc. » ; et là-dessus il dit qu’il est mieux de l’accepter après la tefila, c’est-à-dire avant « Yihiyou leratsôn » ou ensuite, avant de quitter sa place.

(לד) כדי שלא להפסיק - דעצם הקבלה שאומר הריני בתענית אינו שייך לתפלה והאחרונים כתבו דטוב שגם בשומע תפלה יהרהר שמקבל עליו התענית למחר:

Afin de ne pas interrompre - car l’acceptation elle-même, où l’on dit « me voici en jeûne », n’appartient pas à la tefila. Les A’haronim ont écrit qu’il est bon, même dans Choméa Tefila, de penser qu’on accepte sur soi le jeûne pour le lendemain.

(לה) לא הפסיד כלום - דלא נחשב זה להפסק משום דעצם חיוב התענית אינו אלא לכל היום אם לא במקום שהחמירו בפירוש גם ללילה כגון לט"ב או להמבוארים לקמן בסימן תקע"ה ס"ג:

Il n’a rien perdu - car cela n’est pas considéré comme une interruption, l’obligation du jeûne ne portant que sur tout le jour — sauf là où l’on a explicitement été strict aussi pour la nuit, comme Ticha beAv ou les cas exposés plus bas au siman 575 seif 3.

(לו) להתענות בימים ויאכל בלילות - אין הכונה שפירש שיאכל בלילות אלא מסתמא הוא ג"כ מותר כדלקמיה:

De jeûner les jours et de manger les nuits - le sens n’est pas qu’il ait précisé qu’il mangerait les nuits ; mais selon toute vraisemblance c’est aussi permis, comme plus loin.

(לז) ואז מתפלל - ט"ס הוא וצ"ל ואפ"ה מתפלל ור"ל דאף שמתענה גם בלילה אין לומר דהוי כיומא אריכתא ולא יתפלל ענינו אלא במנחה של יום שני אלא כל יום הוא תענית בפני עצמו לענין ענינו ואפילו מתענה ששה ימים רצופים נמי מתפלל כל יום ענינו במנחה:

Et alors il dit - c’est une faute de copiste, et il faut lire « et néanmoins il dit ». C’est-à-dire : même s’il jeûne aussi la nuit, on ne dira pas que c’est comme un jour allongé et qu’il ne dirait Énénou qu’à la Min’ha du second jour ; chaque jour est un jeûne à part pour Énénou, et même s’il jeûne six jours d’affilée, il dit chaque jour Énénou à Min’ha.

(לח) אם סגי בקבלה אחת לכולם - מפני שקבלן בבת אחת:

Si une seule acceptation suffit pour tous - parce qu’il les a acceptés en une seule fois.

(לט) מיהו נהגו העם וכו' - והוא מה שמברכין בשבת שלאחר פסח וסוכות מי שיקבל עליו להתענות בה"ב והעם עונין אמן וזהו הקבלה וא"צ לקבלו עוד במנחה שלפניו ומ"מ אם רוצה אח"כ שלא להתענות הרשות בידו כיון שלא הוציא בפיו. אכן לפי מה שכתבנו לקמן בסימן תקס"ג דיש מחמירין שאפילו בהרהור בלבד הוי קבלה צריך ליזהר לדבריהם אם בעת שענה אמן היה בלבו להתענות שלא לחזור לחזור מזה:

Toutefois le peuple a coutume, etc. - c’est ce qu’on bénit le Chabbat après Pessa’h et Soukkot : « qui acceptera de jeûner Beh"b », et le peuple répond amen : c’est l’acceptation, et il n’est plus besoin de l’accepter encore à la Min’ha de la veille. Toutefois, s’il veut ensuite ne pas jeûner, il en a le droit, puisqu’il n’a pas énoncé de sa bouche. Mais d’après ce que nous avons écrit plus bas au siman 563, que certains sont stricts même pour une simple pensée, qui vaudrait comme acceptation, il faut prendre garde selon eux : si au moment où il a répondu amen il avait dans le cœur de jeûner, qu’il ne se rétracte pas.

(מ) אע"פ שלן בתעניתו וכו' - אשמעינן בזה דלא נימא דבכה"ג הוי כיומא אריכתא ויצא בקבלתו הראשונה:

Bien qu’il ait passé la nuit dans son jeûne, etc. - on nous enseigne par là qu’on ne dira pas qu’en tel cas c’est comme un jour allongé et qu’il se soit acquitté par sa première acceptation.

(מא) אינו תענית - לא לענין לצאת ידי נדרו ולא לענין להתפלל ענינו:

Ce n’est pas un jeûne - ni pour s’acquitter de son vœu, ni pour dire Énénou.

(מב) שלא קבלו עליו מבע"י - משמע אע"פ שקבלו אח"כ בלילה לא מהני ועיין במ"א שדעתו דדוקא אם קבלו אחר שהתחיל להתענות לשם תענית דהקבלה צריך להיות מקודם התחלת התענית הן בתענית שעות והן בתענית יום שלם אבל אם קיבל ע"ע בלילה קודם שהתחיל להתענות אף דלא יצא ידי נדרו בזה דלא נקרא תענית שלם כיון שלא קבלו מבע"י מ"מ עכ"פ תענית שעות הוי כיון שקיבל קודם התחלת תעניתו ומתפלל למחר ענינו לדעה קמייתא שבסעיף יו"ד ויש מאחרונים שחולקין וסוברין דהיכא שדעתו להתענות יום שלם אין עליו שם תענית שעות ובלא קבלה מבע"י אף לדעה קמייתא אין עליו שם תענית כלל אף לענין להתפלל ענינו. ודע דלפי מה שכתב הרמ"א בס"ה לנהוג בתענית יחיד שאומר ענינו בש"ת אף בלא קבלה כלל ה"ה בענינינו כאן וכ"כ הא"ר:

Parce qu’il ne l’a pas accepté de jour - il en ressort que même s’il l’a accepté ensuite dans la nuit, cela n’est pas valable. Voir le Maguen Avraham, dont l’avis est que cela ne vaut que s’il a accepté après avoir commencé à jeûner au titre d’un jeûne : l’acceptation doit précéder le début du jeûne, qu’il s’agisse d’un jeûne d’heures ou d’un jeûne de tout le jour. Mais s’il a accepté sur lui dans la nuit, avant de commencer à jeûner, bien qu’il ne se soit pas acquitté de son vœu par là — car cela n’est pas appelé jeûne complet, puisqu’il ne l’a pas accepté de jour —, c’est du moins un jeûne d’heures, puisqu’il a accepté avant le début de son jeûne, et il dit le lendemain Énénou selon le premier avis du seif 10. Certains A’haronim contestent et tiennent que, lorsqu’il a l’intention de jeûner tout le jour, le nom de jeûne d’heures n’est pas sur lui ; et sans acceptation de jour, même selon le premier avis, le nom de jeûne n’est pas du tout sur lui, même pour dire Énénou. Sache que d’après ce qu’a écrit le Rema au seif 5, de pratiquer pour un jeûne individuel qu’on dit Énénou dans Choméa Tefila même sans aucune acceptation, il en va de même dans notre cas ici ; ainsi a écrit l’Elia Rabba.

(מג) ונמלך להתענות וכו' - מלשון זה משמע לכאורה דאפילו לא הוציא בשפתיו ג"כ סגי ומה שסיים שהרי קבל עליו היינו בלב ואזיל לשיטתיה בס"ו ועיין שם במ"א דדוקא בשקבל עליו אבל אם היה רק בדעתו להתענות לא מיקרי קבלה:

Et il s’est ravisé pour jeûner, etc. - de cette formulation il ressort à première vue que même s’il n’a pas énoncé de sa bouche, cela suffit ; et ce qu’il a conclu « car il a accepté sur lui » vise l’acceptation dans le cœur. Cela va selon son avis au seif 6. Voir là-bas le Maguen Avraham : seulement s’il a accepté sur lui ; mais s’il n’avait que l’intention de jeûner, cela n’est pas appelé acceptation.

(מד) שגם זה תענית שעות וצריך - צ"ל שגם תענית שעות זה צריך:

Que cela aussi est un jeûne d’heures et il faut - il faut lire : « que ce jeûne d’heures aussi doit ».

(מה) שיקבלנו עליו מאתמול - היינו בעת תפלת המנחה:

Qu’il l’accepte sur lui la veille - c’est-à-dire au moment de la tefila de Min’ha.

(מו) נמלך וגמרו - ר"ל שנמלך שלא לאכול אפילו שלא לשם תענית:

Il s’est ravisé et l’a achevé - c’est-à-dire qu’il s’est ravisé de ne pas manger, même pas au titre d’un jeûne.

(מז) הרי זה תענית שעות - ר"ל ומתפלל בהם עננו:

Voici que c’est un jeûne d’heures - c’est-à-dire qu’il dit Énénou pendant ces heures.

(מח) עד חצי היום - לאו דוקא דה"ה אם הקבלה היה עד ג' רביע היום אם דעתו לאכול קודם גמר היום אינו מתפלל ענינו בתפלת המנחה ועיין לעיל בס"א בהג"ה דהיחיד יכול לומר ענינו בש"ת:

Jusqu’à midi - ce n’est pas exact : de même, si l’acceptation était jusqu’aux trois quarts du jour, s’il a l’intention de manger avant la fin du jour, il ne dit pas Énénou dans la tefila de Min’ha. Voir plus haut au seif 1 dans la glose : le yahid peut dire Énénou dans Choméa Tefila.

(מט) שצריך להשלים נדרו - דה"א דמותר לאכול תוך אותו זמן שקיבל עליו דלא הוי נדר כלל קמ"ל דמ"מ צריך להתענות אותו זמן:

Qu’il doit achever son vœu - on aurait pu croire qu’il est permis de manger pendant le temps qu’il a accepté sur lui, comme si ce n’était pas du tout un vœu ; on nous enseigne que néanmoins il doit jeûner ce temps-là.

(נ) ויש אומרים וכו' - ולדינא נראה דצריך להחמיר ולהתענות כדעה ראשונה אף שלא ידע ולא קיבל ע"ע וכ"ש התעניתים הכתובים בפסוק בודאי א"צ לקבל ונראה דאף דעה השניה מודה לזה דאלו כבר רצו כל ישראל וקבלו עליהם כדאיתא בפוסקים:

Et certains disent, etc. - et pour la pratique, il semble qu’il faille être strict et jeûner selon le premier avis, même s’il ne savait pas et n’a pas accepté sur lui. À plus forte raison les jeûnes écrits dans le verset n’ont certainement pas besoin d’acceptation. Et il semble que même le second avis en convient, car tout Israël y a déjà consenti et les a acceptés sur lui, comme il est rapporté dans les décisionnaires.

(נא) יש מי שאומר וכו' - נקט לשון זה לדין הראשון שמה שהתנה הוא דבר הרשות דבזה יש הרבה פוסקים שחולקין וס"ל דאף שהתנאי היה בדבר הרשות כיון שהדבר שהתחייב הוא דבר מצוה לא שייך בזה אסמכתא ומחויב לקיים אבל שני דינים האחרונים כו"ע ס"ל כן:

Il y a qui dit, etc. - il a employé cette formule pour la première règle, à savoir que ce qu’il a stipulé est une chose facultative : sur ce point beaucoup de décisionnaires contestent et tiennent que, même si la condition portait sur une chose facultative, puisque ce à quoi il s’est obligé est une chose de mitsva, l’asmekhta (engagement conditionnel non ferme) n’a pas lieu, et il est tenu de s’exécuter. Mais les deux dernières règles, tous en conviennent.

(נב) אם לא אלך למקום פלוני - וה"ה בקום ועשה כגון שאמר אם אעשה דבר פלוני ועשה:

Si je ne vais pas en tel lieu - et de même dans un cas positif : par exemple s’il a dit « si je fais telle chose » et qu’il l’a faite.

(נג) אשב בתענית - וה"ה אם אמר אתן לצדקה:

Je m’assiérai en jeûne - et de même s’il a dit « je donnerai à la tsédaka ».

(נד) הוי אסמכתא - והאחרונים כתבו דיש להחמיר מאחר שרבים חולקים ע"ז:

C’est une asmekhta - et les A’haronim ont écrit qu’il faut être strict, puisque beaucoup contestent cela.

(נה) אבל אם אמר וכו' - דעשה לזרז עצמו לדבר מצוה וגומר בדעתו ולא הוי אסמכתא:

Mais s’il a dit, etc. - car il l’a fait pour se stimuler à une chose de mitsva et a tranché en son esprit : ce n’est pas une asmekhta.

(נו) אם יצילני ה' מצרה - דמקרא מלא הוא גבי יעקב וידר יעקב נדר אם יהיה אלהים עמדי ושמרני וגו' וכן וידר ישראל נדר לאמר אם נתן תתן את העם הזה בידי וגו':

Si ה' me sauve d’une détresse - car c’est un verset explicite au sujet de Yaakov : « et Yaakov formula un vœu : si Dieu est avec moi et me garde, etc. » ; et de même : « et Israël formula un vœu en disant : si Tu livres vraiment ce peuple en ma main, etc. »

(נז) או אם יצליח דרכי - גם זה מקרא דיעקב ונתן לי לחם לאכול וגו' ומשום דבזכות שהצליח גמר ומקני לכך חייל הנדר:

Ou si mes voies réussissent - cela aussi est un verset de Yaakov : « et qu’Il me donne du pain à manger, etc. » ; et parce que c’est en mérite de cette réussite qu’il a tranché en son esprit et s’est obligé, le vœu prend effet.