משנה ברורה

Michna Beroura — siman 565

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi de la tefila Énénou
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le yahid dit Énénou dans Choméa Tefila, sans berakha à part. En jeûne individuel on ne le dit qu’à Min’ha, de peur d’un boulmos. Seli’hot et Treize Attributs exigent un minyan. On ne se vante pas d’un jeûne privé.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETÉnénou du yahid, moment de la tefila, seli'hot, ne pas se vanter
À FAIREYahid — Énénou
Dans Choméa Tefila, sans berakha à part, même s’il prie avec le tsibbour. Conclure « car Tu entends », sans ‘hatima. Officiant qui a oublié entre « Rédempteur » et « Guérisseur » : même règle.
À FAIREDire Énénou à Min'ha
Même à Min'ha guedola. Oubli dans Choméa Tefila : ne pas revenir en arrière ; l’inclure après la tefila, avant « Yihiyou leratsôn », dans Elohaï netsor.
À ÉVITERÉnénou à Cha'harit d’un jeûne d’un jour
Seulement à Min'ha : crainte qu’un boulmos le force à manger. Ticha beAv et jeûnes qui commencent le soir : dans toutes les tefilot, même Arvit.
À ÉVITERTreize Attributs et seli'hot en yahid
Choses de sainteté : il faut dix. Pas de seli'hot ni Treize Attributs avant minuit, sauf Yom Kippour. HaAderet vehaEmouna en tsibbour seulement à Yom Kippour.
OUIPluriel et seli'hot du yahid
Usage du Rema : « au jeûne de notre jeûne » (quelqu’un jeûne au bout du monde). Un yahid peut dire les seli'hot sans les Treize Attributs, et HaAderet toute l’année.
NONSe vanter d’un jeûne volontaire
Mieux de dire qu’on ne jeûne pas. Si l’on insiste pour qu’il mange : il dit qu’il jeûne. Jeûnes fixés là où la foule est laxiste : mitsva de faire savoir. Faible là où tous jeûnent : manger en privé.
REMATaz : à Cha'harit on peut dire Énénou en omettant « au jour du jeûne de notre jeûne ». Certains A’haronim : « au jour du jeûne de mon jeûne » ; le monde suit le Rema.
Le yahid glisse Énénou dans Choméa Tefila à Min'ha, sans ‘hatima ; seli'hot publiques et Treize Attributs demandent un minyan ; on ne s’affiche pas pour un jeûne volontaire.

Glossaire

boulmos
fringale violente qui force à manger
Elohaï netsor
prière personnelle après l’Amida
Yihiyou leratsôn
verset « Que les paroles de ma bouche… »
HaAderet vehaEmouna
piyout « La magnificence et la foi »
Vaya’avor
verset d’introduction des Treize Attributs
Treize Attributs
les XIII middot de miséricorde

(א) אומר ענינו בשומע תפלה - ר"ל שאינו קובע ברכה לעצמו בין גואל לרופא כמו ש"צ אלא כוללה בשומע תפלה וכדלקמיה בהג"ה:

Il dit Énénou dans Choméa Tefila - c’est-à-dire qu’il n’institue pas une berakha à part entre « Rédempteur » et « Guérisseur » comme l’officiant, mais l’inclut dans Choméa Tefila, comme plus loin dans la glose du Rema.

(ב) בין יחיד המתפלל עם הצבור - דרק לשליח צבור קבעו ברכה לעצמו בין גואל לרופא ולא ליחידים:

Qu’il s’agisse d’un yahid qui prie avec le tsibbour - car c’est seulement pour l’officiant qu’on a institué une berakha à part entre « Rédempteur » et « Guérisseur », et non pour les yehidim.

(ג) ולא יחתום וכו' - ואפילו ש"ץ אם שכח לומר ענינו בין גואל לרופא שאומר בשומע תפלה ג"כ לא יחתום שם בברכה בפ"ע אלא יסיים כי אתה שומע כיחיד:

Et il ne conclura pas, etc. - et même un officiant, s’il a oublié de dire Énénou entre « Rédempteur » et « Guérisseur » et le dit dans Choméa Tefila, ne conclura pas non plus là par une berakha à part, mais terminera par « car Tu entends » comme un yahid.

(ד) יאמר ענינו וכו' - דלעולם לישתתף אינש בהדי צבורא:

Il dira Énénou, etc. - car l’homme doit toujours s’associer au tsibbour.

(ה) בצום תעניתנו - ולא מיחזי כשיקרא מה שאומר בלשון רבים דא"א שלא יהיה אחד בסוף העולם שמתענה היום [מ"א] ויש מאחרונים שמצדדים לומר ביום צום תעניתי או ביום צום התענית והעולם נהגו כרמ"א וכן העתיק בדה"ח:

« Au jeûne de notre jeûne » - et cela n’a pas l’air d’un mensonge de parler au pluriel, car il est impossible qu’il n’y ait personne, au bout du monde, qui jeûne aujourd’hui [Maguen Avraham]. Certains A’haronim penchent pour dire « au jour du jeûne de mon jeûne » ou « au jour du jeûne » ; le monde a pourtant coutume comme le Rema, et c’est ainsi qu’a recopié le Derech ha’Haïm.

(ו) וע"ל סי' רצ"ד סדו"ה - דשם מוכח בס"ד דתיכף כשיסיים ברכת שומע תפלה אין לו לחזור אע"פ שלא פתח בברכה שלאחריה רק אחר תפלתו יכללה באלהי נצור כדלקמיה וגם הסעיף ה' דשם שייך לכאן:

Et voir plus haut siman 294 seif 4 et 5 - car là il ressort du seif 4 que dès qu’il a conclu la berakha Choméa Tefila, il n’a plus à revenir en arrière, même s’il n’a pas encore commencé la berakha suivante : seulement après sa tefila, il l’inclura dans Elohaï netsor, comme plus loin. Et aussi le seif 5 de là s’applique ici.

(ז) לאחר תפלתו - קודם יהיו לרצון:

Après sa tefila - avant « Yihiyou leratsôn ».

(ח) שמא יאחזנו בולמוס - שיהיה צריך לאכול כדי להשיב נפשו. ועיין בט"ז שכתב דאם רוצה להתפלל בשחרית ענינו ולדלג תיבות ביום צום תעניתנו הרשות בידו דאז אין חשש שמא ימצא שקרן:

De peur qu’un boulmos ne le saisisse - qu’il soit obligé de manger pour se ranimer. Voir le Taz qui a écrit que s’il veut dire Énénou à Cha’harit et omettre les mots « au jour du jeûne de notre jeûne », il en a le droit, car alors il n’y a pas de crainte qu’on le trouve menteur.

(ט) בכל תפלותיו - ואפילו בתפלת ערבית שקודם התענית דעצם התענית מתחיל מבערב:

Dans toutes ses tefilot - et même dans la tefila d’Arvit qui précède le jeûne, car le jeûne lui-même commence dès le soir.

(י) כ"א במנחה - ואפילו מתפלל מנחה גדולה יאמר ענינו דאפילו אם יאחזנו בולמוס לא יהיה שקרן בתפלתו דעכ"פ התענה עד חצות [אחרונים]:

Sinon qu’à Min’ha - et même s’il prie Min’ha guedola, il dira Énénou : car même si un boulmos le saisissait, il ne serait pas menteur dans sa tefila, puisqu’il a en tout cas jeûné jusqu’à midi [A’haronim].

(יא) דדבר שבקדושה הם - ואין נאמר בפחות מעשרה:

Car ce sont des choses de sainteté - et on ne les dit pas à moins de dix.

(יב) דרך קריאה - בניגון וטעמים. אין לומר האדרת והאמונה בצבור כ"א ביוה"כ הא יחיד יכול לומר האדרת כל השנה. אין לומר קודם חצות לילה שום סליחות ולא י"ג מדות בשום פנים לעולם חוץ מביום הכפורים [אחרונים]:

Sur le mode de la lecture - avec mélodie et accents de lecture. On ne dit pas HaAderet vehaEmouna en tsibbour sauf à Yom Kippour ; mais un yahid peut dire HaAderet toute l’année. On ne dit avant minuit aucune seli’hot ni les Treize Attributs, en aucune façon et jamais, sauf à Yom Kippour [A’haronim].

(יג) וכן אין וכו' או ויעבור - אף די"ג מדות כבר כתבו המחבר חזר ושנה הרמ"א בשם או"ז דאפילו סליחות לחוד ג"כ אין לומר ביחיד אבל האחרונים תמהו על עיקר הדין דלמה לא יאמר היחיד סליחות דהוא תחנונים בעלמא והסכימו דסליחות בלא י"ג מדות יכול יחיד לומר:

Et de même on ne [dit] pas, etc., ni Vaya’avor - bien que les Treize Attributs aient déjà été écrits par le Mé’haber, le Rema a répété au nom de l’Or Zaroua qu’on ne dit pas non plus les seli’hot seules en yahid. Mais les A’haronim se sont étonnés de ce din lui-même : pourquoi un yahid ne dirait-il pas des seli’hot, qui ne sont que des supplications ? Ils sont d’accord qu’un yahid peut dire des seli’hot sans les Treize Attributs.

(יד) ומפרסם עצמו וכו' - משמע שאם שואלין אותו אם התענה מותר לומר האמת כיון שאינו עושה להשתבח ולהתפאר ומ"מ נכון הוא שבכל גווני יאמר שאינו מתענה כדי שלא להחזיק טיבותא לנפשיה אכן אם מפצירין בו לאכול ואינו יכול להתנצל בלא"ה יאמר שהוא מתענה [ט"ז ומ"א] ופשוט דכל זה בסתם תענית שאדם מקבל ע"ע אבל בתעניתים הקבועין והוא במקום שמקילין בו המון מצוה לפרסם שמתענה כדי שילמדו ממנו. ולהיפך אם הוא במקום שהעולם מחמירין ע"ע להתענות אף תענית בה"ב וכדומה והוא אין יכול להתענות מפני שהוא חלש לא יאכל בפרהסיא בפני המון עם אלא בצנעא [פמ"ג]:

Et il se fait connaître, etc. - il en ressort que si on lui demande s’il a jeûné, il lui est permis de dire la vérité, puisqu’il ne le fait pas pour se vanter et se glorifier. Toutefois il est correct, en tout cas, de dire qu’il ne jeûne pas, afin de ne pas se faire valoir. Mais si l’on insiste pour qu’il mange et qu’il ne peut s’en défendre autrement, il dira qu’il jeûne [Taz et Maguen Avraham]. Et il est évident que tout ceci concerne un jeûne ordinaire qu’un homme accepte sur lui ; mais pour les jeûnes fixés, s’il se trouve dans un lieu où la foule y est laxiste, c’est une mitsva de faire savoir qu’il jeûne, afin qu’on apprenne de lui. À l’inverse, s’il se trouve dans un lieu où le monde se montre strict à jeûner même un jeûne Beh"b et semblables, et qu’il ne peut jeûner parce qu’il est faible, qu’il ne mange pas en public devant la foule, mais en privé [Peri Meguadim].