משנה ברורה

Michna Beroura — siman 566

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Loi du jeûne communautaire
En bref - de quoi parle ce chiour ?

En jeûne communautaire, l’officiant dit Énénou entre « Rédempteur » et « Guérisseur » et l’on lit Vaye’hal à Cha’harit et à Min’ha. On n’écarte la parasha de la semaine que pour les jeûnes largement répandus. Il faut dix jeûneurs pour la berakha à part et pour Vaye’hal à Min’ha. Qui ne jeûne pas ne passe pas devant le pupitre et ne monte pas à la Torah à Min’ha.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETÉnénou de l’officiant, lecture Vaye'hal, minyan de jeûneurs, aliya, kohen
À FAIREOfficiant — Énénou
Entre « Rédempteur » et « Guérisseur ». ‘Hatima : « qui répond au moment de la détresse » (essentiel dans nos sidourim).
À FAIRELire Vaye'hal
Cha'harit et Min'ha pour tout jeûne communautaire. Ticha beAv : à Cha'harit autre lecture ; Vaye'hal seulement à Min'ha. L’officiant attend que tous aient fini « chouv mé’haron » avant de lire.
À FAIREDix qui jeûnent
Requis pour la berakha d’Énénou de l’officiant. Si l’un n’achève pas : pas de berakha à part. Seli'hot de pardon dans « Pardonne-nous ».
À ÉVITERÉcarter la parasha de la semaine
Jeûne non fixé pour tout Israël tombant lundi ou jeudi : on lit la parasha de la semaine à Cha'harit (tadir). Les quatre jeûnes écrits : on écarte et on lit Vaye'hal.
À ÉVITERNon-jeûneur au pupitre ou à Min'ha
Il ne prie pas devant le pupitre. On ne le fait pas monter à Min'ha. Kohen qui ne jeûne pas : sortir aux jeûnes écrits s’il est le seul kohen.
OUISix personnes lundi ou jeudi
Suffisent pour Vaye'hal à Cha'harit (taqqana d’Ezra). À Min'ha, et à Cha'harit un autre jour : dix dans la synagogue. Roch ’Hodech + jeûne : on lit la parasha de Roch ’Hodech à Cha'harit ; bediavad si l’on a lu Vaye'hal, on ne recommence pas.
OUITsédaka à Min'ha
« Le salaire du jeûne, c’est la tsédaka ». Hors de la répétition, pour ne pas troubler l’écoute de l’officiant.
NONMoins de dix jeûneurs
Pas de berakha à part : Énénou dans Choméa Tefila. Pas de Vaye'hal à Min'ha. Yom Kippour Qatan : selon l’usage du lieu.
REMABeh"b d’après Pessa'h et Soukkot, et 20 Sivan : autrefois comme communautaires ; aujourd’hui souvent comme les autres jeûnes. Non-jeûneur au pupitre seulement s’il n’y a personne d’autre (sauver qaddish, Qedoucha, Barékhou). Bediavad appelé à Min'ha : avis partagés ; talmid ’hakham anos peut s’appuyer sur les indulgents. Deux qui soutiennent l’officiant : plus en usage.
Jeûne communautaire : Énénou en berakha à part et Vaye'hal seulement s’il y a assez de jeûneurs. Jeûne peu répandu : on garde la parasha de la semaine à Cha'harit. Qui ne jeûne pas ne monte pas à Min'ha.

Glossaire

Vaye’hal
lecture « Moïse implora » (Chemot 32–34)
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
anos
contraint
oness
contrainte
tadir
plus fréquent, donc prioritaire
Divrei Qabbala
paroles de la Tradition (Prophètes / Écrits)
Yom Kippour Qatan
office de techouva de la veille de Roch ’Hodech
kofer néfech
rachat de l’âme, don expiatoire
pagoum
défectueux
nesi’at kappayim
élévation des mains, bénédiction sacerdotale
Beh"b
lundi-jeudi-lundi, jeûnes d’après Pessa’h et Soukkot
vidouyim
aveux

(א) בין גואל לרופא - דכתיב ד' צורי וגואלי וסמיך ליה יענך ד' ביום צרה:

Entre « Rédempteur » et « Guérisseur » - car il est écrit « ה' mon rocher et mon rédempteur », et immédiatement après : « ה' te répondra au jour de détresse ».

(ב) העונה לעמו ישראל וכו' - ובסידורים שלנו איתא העונה בעת צרה וכן העיקר:

« Qui répond à Son peuple Israël, etc. » - et dans nos sidourim on trouve « qui répond au moment de la détresse », et c’est l’essentiel.

(ג) וקורין ויחל בשחרית ובמנחה - היינו בכל תענית צבור אבל בט"ב קורין בשחרית כי תוליד בנים וגו' ומפטירין בירמיה אסוף אסיפם כדלעיל בסימן תקנ"ט ס"ד בהג"ה ורק במנחה דומה בקריאה לשאר ת"צ. מה שהקהל אומרים שוב מחרון אפך דרך בקשה וכן ד' ד' אל רחום וחנון וגו' העולה לתורה וכן החזן הקורא אין אומר אותן פסוקים עם הקהל רק אח"כ כשסיימו הקהל אז קורא החזן עם העולה בתורה וראוי ליזהר שהש"ץ ימתין עד שיסיימו כולם ואח"כ יתחיל לקרות כדי שישמעו כולם מתורה:

Et l’on lit Vaye’hal à Cha’harit et à Min’ha - c’est-à-dire pour tout jeûne communautaire ; mais à Ticha beAv, on lit à Cha’harit « Ki tolid banim, etc. » et l’on lit la haftara de Yirmeyahou « Assof assifèm », comme plus haut au siman 559 seif 4 dans la glose ; ce n’est qu’à Min’ha que la lecture est semblable aux autres jeûnes communautaires. Quant à ce que l’assemblée dit « chouv mé’haron apékha » sur le mode de la supplication, ainsi que « ה' ה' El ra’houm ve’hanoun, etc. » : celui qui monte à la Torah et le ’hazan qui lit ne disent pas ces versets avec l’assemblée ; seulement ensuite, quand l’assemblée a fini, le ’hazan lit avec celui qui monte à la Torah. Il convient de veiller à ce que l’officiant attende que tous aient terminé, puis commence à lire, afin que tous entendent la Torah.

(ד) בין שחל בשני ובחמישי - עיין לקמן בס"ב בהג"ה דבתעניתים שאין קבועין לכל מנהגינו שאין דוחין פרשת השבוע בשחרית:

Qu’il tombe un lundi ou un jeudi - voir plus bas au seif 2 dans la glose : pour les jeûnes qui ne sont pas fixés pour tous, notre usage est de ne pas écarter la parasha de la semaine à Cha’harit.

(ה) וקורים - ויחל בשחרית ובמנחה וה"ה דאומר הש"ץ ענינו בין גואל לרופא:

Et l’on lit - Vaye’hal à Cha’harit et à Min’ha ; de même, l’officiant dit Énénou entre « Rédempteur » et « Guérisseur ».

(ו) קורין שחרית פרשת ר"ח - ובדיעבד אם קרא ויחל נראה שאין מחזירין אותו דיש לסמוך על הירושלמי דסובר דאף לכתחלה קורין ויחל:

On lit à Cha’harit la parasha de Roch ’Hodech - et bediavad (après coup), si l’on a lu Vaye’hal, il semble qu’on ne le fasse pas recommencer, car on peut s’appuyer sur le Yeroushalmi qui tient que même lekhathila (a priori) on lit Vaye’hal.

(ז) מיהו אם קבעו התענית וכו' - היינו אם הצבור גזרו תענית ולאפוקי תעניתים הכתובין אפילו אם חלו בב' וה' דוחין פרשת השבוע וקורין ויחל לכו"ע:

Toutefois, si l’on a fixé le jeûne, etc. - c’est-à-dire si le tsibbour a décrété un jeûne ; à l’exclusion des jeûnes écrits [dans l’Écriture] : même s’ils tombent lundi ou jeudi, on écarte la parasha de la semaine et on lit Vaye’hal selon tous les avis.

(ח) אין דוחים פרשת השבוע - דהוא תדיר ואין חשוב תענית שלא נתפשט בכל ישראל לדחות פרשת השבוע. ועיין בא"ר שהביא בשם מלבושי יו"ט שדעתו לדינא להורות כהטור וכדעת רב שר שלום דדוחין פרשת השבוע וקורין ויחל אלא דמ"מ כיון שנהגו כן אין לשנות המנהג ועיין בביאור הגר"א שדעתו ג"כ לדינא כהמלבושי יו"ט ותמה על הרמ"א עי"ש אמנם בא"ר מצדד להורות כהרמ"א שכן נמצא באגודה בשם רבותיו עי"ש. ומ"מ בדיעבד אם התחילו לקרות פרשת ויחל אין לחזור כנלענ"ד:

On n’écarte pas la parasha de la semaine - car elle est plus fréquente (tadir), et un jeûne qui ne s’est pas répandu dans tout Israël n’a pas assez de poids pour écarter la parasha de la semaine. Voir l’Elia Rabba qui cite au nom du Malbouchei Yom Tov que, selon la halakha, il faut décider comme le Tour et comme Rav Sar Chalom : on écarte la parasha de la semaine et on lit Vaye’hal ; toutefois, puisque tel est l’usage, on ne change pas la coutume. Voir le commentaire du Gra, qui tient aussi en halakha comme le Malbouchei Yom Tov et s’étonne du Rema, voir là-bas. Cependant l’Elia Rabba penche pour décider comme le Rema, car on trouve ainsi dans l’Agouda au nom de ses maîtres, voir là-bas. Quoi qu’il en soit, bediavad, si l’on a commencé à lire la parasha Vaye’hal, on ne revient pas en arrière, à mon humble avis.

(ט) אלא קורין בשחרית בפרשה - ומ"מ הש"ץ אומר ענינו בין גואל לרופא בשחרית ומנחה:

Mais on lit à Cha’harit dans la parasha - néanmoins l’officiant dit Énénou entre « Rédempteur » et « Guérisseur » à Cha’harit et à Min’ha.

(י) בלבד בה"ב שמתענין אח"פ וכו' - לפי שתעניתים אלו קבעו בכל הארצות ומיעוט הוא אותם שאין מתענים משא"כ בשאר גזירות תענית על מדינה מיוחדת אז אין דוחין פרשת השבוע מכח ויחל וה"ה תענית של כ' סיון ג"כ יש לקרות ויחל אף בשחרית אפילו כשחל ביום ב' וה' שתענית זה הוא קבוע ונתפשט יותר בישראל מב' וה' דאחר פסח וסוכות [ט"ז ול"ח] ונ"ל שהיום שהתענית של כ' סיון אינו קבוע כ"כ שמתענים בו רק יחידים וכן תענית בה"ב שאחר פסח וסוכות דינו כשאר תעניתים ואין דוחין פרשת השבוע בשחרית ולערב קורין ויחל. ואם חל כ' סיון בע"ש שנוהגין שלא להשלים התענית רק עד שעה שיצאו מבהכ"נ צ"ע לענין ענינו איך יעשה וגם לענין קריאת התורה בצבור במנחה:

Seulement le Beh"b que l’on jeûne après Pessa’h, etc. - parce que ces jeûnes ont été fixés dans tous les pays, et ceux qui ne jeûnent pas sont une minorité ; ce qui n’est pas le cas des autres décrets de jeûne portant sur une province particulière : alors on n’écarte pas la parasha de la semaine au profit de Vaye’hal. Il en va de même du jeûne du 20 Sivan : on doit aussi lire Vaye’hal même à Cha’harit, même s’il tombe lundi ou jeudi, car ce jeûne est fixé et s’est plus répandu en Israël que le Beh"b d’après Pessa’h et Soukkot [Taz et Levouch]. Il me semble qu’aujourd’hui le jeûne du 20 Sivan n’est plus autant fixé, seuls des particuliers le jeûnent ; de même le Beh"b d’après Pessa’h et Soukkot a le statut des autres jeûnes : on n’écarte pas la parasha de la semaine à Cha’harit, et le soir on lit Vaye’hal. Si le 20 Sivan tombe la veille de Chabbat, jour où l’usage est de n’achever le jeûne que jusqu’à l’heure où l’on sort de la synagogue, il reste à examiner comment procéder pour Énénou et aussi pour la lecture de la Torah en public à Min’ha.

(יא) יש נוהגין לדונו כת"צ לענין ענינו וכו' - היינו דהש"ץ יאמר ענינו בין גואל לרופא בשחרית ובמנחה וכן ויחל ואם חל ביום ב' וה' לדעת הג"ה לעיל אין דוחין פרשת השבוע:

Certains ont l’usage de le traiter comme un jeûne communautaire pour Énénou, etc. - c’est-à-dire que l’officiant dit Énénou entre « Rédempteur » et « Guérisseur » à Cha’harit et à Min’ha, et de même Vaye’hal ; et s’il tombe lundi ou jeudi, selon la glose plus haut, on n’écarte pas la parasha de la semaine.

(יב) ויש וכו' - ולפ"ז ער"ח שקורין יו"כ קטן שנוהגין במקצת מקומות להתענות שהוא משום תשובה לענין ברכת ענינו ולענין קריאת ויחל תלוי במנהג המקומות ויש מקומות שנוהגין לקרות בו ויחל וכן לומר ענינו בין גואל לרופא במנחה ולא בשחרית משום דבמנחה מרבים בסליחות ווידויים ואין למחות ביד הנוהגין כן דיש להן על מה שיסמוכו אכן במקום שאין מנהג אין לקרות ויחל אף במנחה וכן הש"ץ לא יאמר ענינו רק בשומע תפלה. מנהג ליתן צדקה במנחה דתענית דאגרא דתעניתא צדקתא ויש נוהגין לשער מה שהיה אוכל ביום התענית ליתן לעניים בערב [א"ר] וכן נוהגין בקצת קהלות להכריז ליתן כופר נפש. ומ"מ יראה לעשות כן שלא בחזרת הש"ץ התפלה כי מבלבלין וצריך לשמוע להש"ץ [פמ"ג]:

Et certains, etc. - dès lors, la veille de Roch ’Hodech où l’on lit Yom Kippour Qatan, usage en certains lieux de jeûner par techouva : pour la berakha d’Énénou et pour la lecture de Vaye’hal, cela dépend de l’usage des lieux. Il est des endroits où l’on a l’usage d’y lire Vaye’hal et de faire dire à l’officiant Énénou entre « Rédempteur » et « Guérisseur » à Min’ha et non à Cha’harit, parce qu’à Min’ha on multiplie seli’hot et vidouyim ; on ne s’opposera pas à ceux qui pratiquent ainsi, car ils ont sur quoi s’appuyer. Toutefois, là où il n’y a pas d’usage, on ne lira pas Vaye’hal même à Min’ha, et l’officiant ne dira Énénou que dans Choméa Tefila. Usage de donner la tsédaka à Min’ha d’un jour de jeûne, car « le salaire du jeûne, c’est la tsédaka » ; certains ont l’usage d’estimer ce qu’ils auraient mangé le jour du jeûne et de le donner aux pauvres le soir [Elia Rabba]. De même, dans certaines communautés, on proclame de donner un kofer néfech. Quoi qu’il en soit, on veillera à le faire hors de la répétition de l’officiant, car cela trouble et il faut écouter l’officiant [Peri Meguadim].

(יג) בפני עצמה - אבל יאמרנה בש"ת כשאר יחיד כיון שהוא ת"צ:

En berakha à part - mais il la dira dans Choméa Tefila comme tout yahid, puisque c’est un jeûne communautaire.

(יד) אא"כ יש בבהכ"נ וכו' - ולענין קריאת ויחל כשחל התענית צבור בב' וה' אע"פ שדוחין פרשת השבוע לית כאן ברכה לבטלה (דתקנת עזרא לקרות בשני וחמישי) א"כ די כשיש ששה בבהכ"נ קורין ויחל משא"כ במנחה צריך עשרה בבהכ"נ וה"ה שחרית כשחל באגד"ו צריך עשרה בביהכ"נ דוקא [א"ר ופמ"ג] וי"א שבתענית צבור של ד' צומות כיון דמדברי קבלה הם אפילו אין שם מתענים רק שבעה והשאר אינם מתענים דאניסי שהם חולים יכולים לקבוע ברכת ענינו ולקרות ויחל [שע"ת ע"ש]:

À moins qu’il n’y ait dans la synagogue, etc. - et pour la lecture de Vaye’hal, lorsque le jeûne communautaire tombe lundi ou jeudi, bien qu’on écarte la parasha de la semaine, il n’y a pas ici de berakha vaine (car le taqqana d’Ezra est de lire lundi et jeudi) : dès lors, six personnes dans la synagogue suffisent pour lire Vaye’hal ; ce qui n’est pas le cas à Min’ha, où il faut dix personnes dans la synagogue ; de même à Cha’harit, s’il tombe un dimanche, mardi, mercredi ou vendredi, il faut précisément dix personnes dans la synagogue [Elia Rabba et Peri Meguadim]. Certains disent que pour un jeûne communautaire des quatre jeûnes, puisqu’ils relèvent des paroles de la Tradition (Divrei Qabbala), même s’il n’y a que sept jeûneurs et que les autres ne jeûnent pas parce qu’ils sont anos (contraints) — malades —, on peut fixer la berakha d’Énénou et lire Vaye’hal [Cha’arei Techouva, voir là-bas].

(טו) עשרה שמתענים - ואם יש בהם אחד שאינו משלים לא יאמר ברכת ענינו:

Dix qui jeûnent - et s’il s’en trouve un qui n’achève pas [le jeûne], on ne dira pas la berakha d’Énénou.

(טז) בברכת סלח לנו - מיהו אל רחום שמך וכיו"ב שאינו מענין סליחת עון לא יאמרו עד אחר התפלה ואם שכח לומר הסליחות עד שגמר ברכת סלח לנו יאמר הסליחות אחר תפלת י"ח [מ"א]:

Dans la berakha « Pardonne-nous » - toutefois « El ra’houm cheméka » et formules semblables, qui ne relèvent pas du pardon de la faute, on ne les dira qu’après la tefila ; et s’il a oublié de dire les seli’hot jusqu’après avoir achevé la berakha « Pardonne-nous », il dira les seli’hot après la tefila des dix-huit [Maguen Avraham].

(יז) והוא המנהג הנכון - וכן הסכימו האחרונים:

Et c’est l’usage correct - et les A’haronim en sont d’accord.

(יח) לא יתפלל - ואם אירע שעבר לפני התיבה יאמר בשומע תפלה ענינו ביום צום התענית הזה וה"ה אם אין ש"ץ אחר מוטב שיתפלל מי שאינו מתענה ממה שיתבטלו לשמוע קדיש וקדושה וברכו:

Il ne priera pas [devant le pupitre] - et s’il est arrivé qu’il soit passé devant le pupitre, il dira dans Choméa Tefila « Énénou au jour de ce jeûne-ci » ; de même, s’il n’y a pas d’autre officiant, mieux vaut qu’un non-jeûneur prie plutôt que l’on perde l’écoute du qaddish, de la Qedoucha et de Barékhou.

(יט) שאין עומד לקרות וכו' - עיין במ"א דדוקא במנחה אבל בשחרית מותר לעלות אע"פ שדוחין פ' השבוע וקורין ויחל מ"מ עכ"פ הלא קוראין בתורה בלא התענית אלא א"כ התענית באמצע שבוע ויש מאחרונים שמפקפקין עליו בזה ומ"מ בדיעבד אם קראוהו לכו"ע יעלה:

Qu’on ne fait pas monter à la lecture, etc. - voir le Maguen Avraham : cela ne vise que Min’ha ; mais à Cha’harit, il est permis de monter, bien qu’on écarte la parasha de la semaine et qu’on lise Vaye’hal, car enfin on lit dans la Torah même sans le jeûne — sauf si le jeûne tombe en milieu de semaine. Certains A’haronim en doutent ; quoi qu’il en soit, bediavad, si on l’a appelé, selon tous les avis il montera.

(כ) מי שלא התענה - או שאין בדעתו להשלים התענית:

Celui qui n’a pas jeûné - ou qui n’a pas l’intention d’achever le jeûne.

(כא) יצא הכהן - כדי שלא יאמרו שהוא פגום ומ"מ אם הוא בביהכ"נ ואינו רוצה לצאת אין לחוש דליכא פגם שהכל יודעין שיש בני אדם שאין רגילין להתענות אכן זהו לענין תענית בה"ב וכה"ג אבל בתעניתים הכתובים שהכל מתענים לבד מי שהוא חולה איכא פגמא אם לא יצא וע"כ יזהר לצאת וכ"ז כשאין כהן אחר בביהכ"נ אבל אם יש כהן אחר פשיטא שא"צ לצאת ואם חושש שיקראוהו לעלות יאמר לחזן שלא יקראוהו. ודע דבדיעבד אם קראוהו במנחה למי שאינו מתענה יש דעות בין הפוסקים אם יעלה [דיש מחמירים בזה דהוי חשש ברכה לבטלה דלא תקנו קריאה זו אלא בשביל המתענים והפוסקים שמקילין בזה טעמם דהברכה הוא מפני כבוד הצבור] וע"כ צריך ליזהר מאד שלא להיות בביהכ"נ כדי שלא יקראוהו. ובדיעבד אם קראוהו והוא איש ת"ח ומחמת איזה אונס אירע שלא התענה בת"צ וצר לו לומר להם שלא התענה כדי שלא יהיה ח"ה בדבר נראה שיוכל לסמוך בשעת הדחק על המקילין ויעלה:

Que le kohen sorte - afin qu’on ne dise pas qu’il est défectueux (pagoum). Quoi qu’il en soit, s’il est dans la synagogue et ne veut pas sortir, il n’y a pas à craindre : il n’y a pas de défaut, car tout le monde sait qu’il y a des gens qui n’ont pas l’habitude de jeûner. Cela vaut toutefois pour un jeûne de Beh"b et analogues ; mais pour les jeûnes écrits, que tout le monde jeûne sauf le malade, il y a un défaut s’il ne sort pas : il veillera donc à sortir. Tout cela lorsque aucun autre kohen n’est dans la synagogue ; mais s’il y en a un autre, il est évident qu’il n’a pas à sortir ; et s’il craint qu’on l’appelle à monter, il dira au ’hazan de ne pas l’appeler. Sache que bediavad, si l’on a appelé à Min’ha quelqu’un qui ne jeûne pas, les décisionnaires sont partagés sur le point de savoir s’il montera [certains sont stricts, craignant une berakha vaine, car cette lecture n’a été instituée que pour les jeûneurs ; ceux qui sont indulgents tiennent que la berakha est due à l’honneur du tsibbour]. Il faut donc bien veiller à ne pas être dans la synagogue, afin qu’on ne l’appelle pas. Et bediavad, si on l’a appelé, qu’il est un talmid ’hakham et que, par quelque oness (contrainte), il s’est trouvé ne pas jeûner en ce jeûne communautaire, et qu’il lui est pénible de leur dire qu’il n’a pas jeûné afin qu’il n’y ait pas, à Dieu ne plaise, de profanation du Nom en la matière : il semble qu’en cas de nécessité il puisse s’appuyer sur les indulgents et monter.

(כב) יעמדו שנים - דילפינן ממשה דכתיב ואהרן וחור תמכו בידיו מזה אחד וגו'. וכתבו האחרונים שעכשיו אין נוהגין בזה משום שהכל אומרים בעצמם סליחות עם הש"ץ:

Que deux se tiennent - car nous l’apprenons de Moché, comme il est écrit : « Aharon et ’Hour soutenaient ses mains, l’un deçà, etc. ». Les A’haronim ont écrit qu’aujourd’hui on n’a plus cet usage, parce que tous disent eux-mêmes les seli’hot avec l’officiant.

(כג) ובגלילות האלו אין נושאין וכו' - ומ"מ נראה מכל זה לענין אמירת אלקינו ואלקי אבותינו ברכנו בברכה המשולשת וכו' דבמקום דיש מדינא נשיאת כפים אומרים או"א ברכנו וכו' ועיין לעיל בסימן קכ"ט ס"א ובמ"ב שם מבואר כל פרטי דינים אלו וטעמיהן:

Et dans ces contrées on ne fait pas, etc. - néanmoins, de tout cela il ressort, pour la récitation de « Éloheinou vÉlohei avoteinou, bérékhénou ba-berakha ha-mechoulechet, etc. » : là où la nesi’at kappayim est requise de par la loi, on dit « Éloheinou vÉlohei avoteinou, bérékhénou, etc. ». Voir plus haut au siman 129 seif 1 et dans le Michna Beroura là-bas, où tous les détails de ces lois et leurs raisons sont exposés.